Skip to main content

Full text of "Le comté de Clermont en Beauvaisis : études pour servir à son histoire"

See other formats


This  is  a  digital  copy  of  a  book  that  was  preserved  for  générations  on  library  shelves  before  it  was  carefully  scanned  by  Google  as  part  of  a  project 
to  make  the  world's  books  discoverable  online. 

It  bas  survived  long  enough  for  the  copyright  to  expire  and  the  book  to  enter  the  public  domain.  A  public  domain  book  is  one  that  was  never  subject 
to  copyright  or  whose  légal  copyright  term  has  expired.  Whether  a  book  is  in  the  public  domain  may  vary  country  to  country.  Public  domain  books 
are  our  gateways  to  the  past,  representing  a  wealth  of  history,  culture  and  knowledge  that 's  often  difficult  to  discover. 

Marks,  notations  and  other  marginalia  présent  in  the  original  volume  will  appear  in  this  file  -  a  reminder  of  this  book' s  long  journey  from  the 
publisher  to  a  library  and  finally  to  y  ou. 

Usage  guidelines 

Google  is  proud  to  partner  with  libraries  to  digitize  public  domain  materials  and  make  them  widely  accessible.  Public  domain  books  belong  to  the 
public  and  we  are  merely  their  custodians.  Nevertheless,  this  work  is  expensive,  so  in  order  to  keep  providing  this  resource,  we  hâve  taken  steps  to 
prevent  abuse  by  commercial  parties,  including  placing  technical  restrictions  on  automated  querying. 

We  also  ask  that  y  ou: 

+  Make  non-commercial  use  of  the  files  We  designed  Google  Book  Search  for  use  by  individuals,  and  we  request  that  you  use  thèse  files  for 
Personal,  non-commercial  purposes. 

+  Refrain  from  automated  querying  Do  not  send  automated  queries  of  any  sort  to  Google's  System:  If  you  are  conducting  research  on  machine 
translation,  optical  character  récognition  or  other  areas  where  access  to  a  large  amount  of  text  is  helpful,  please  contact  us.  We  encourage  the 
use  of  public  domain  materials  for  thèse  purposes  and  may  be  able  to  help. 

+  Maintain  attribution  The  Google  "watermark"  you  see  on  each  file  is  essential  for  informing  people  about  this  project  and  helping  them  find 
additional  materials  through  Google  Book  Search.  Please  do  not  remove  it. 

+  Keep  it  légal  Whatever  your  use,  remember  that  you  are  responsible  for  ensuring  that  what  you  are  doing  is  légal.  Do  not  assume  that  just 
because  we  believe  a  book  is  in  the  public  domain  for  users  in  the  United  States,  that  the  work  is  also  in  the  public  domain  for  users  in  other 
countries.  Whether  a  book  is  still  in  copyright  varies  from  country  to  country,  and  we  can't  offer  guidance  on  whether  any  spécifie  use  of 
any  spécifie  book  is  allowed.  Please  do  not  assume  that  a  book's  appearance  in  Google  Book  Search  means  it  can  be  used  in  any  manner 
any  where  in  the  world.  Copyright  infringement  liability  can  be  quite  severe. 

About  Google  Book  Search 

Google's  mission  is  to  organize  the  world's  information  and  to  make  it  universally  accessible  and  useful.  Google  Book  Search  helps  readers 
discover  the  world's  books  while  helping  authors  and  publishers  reach  new  audiences.  You  can  search  through  the  full  text  of  this  book  on  the  web 

at  http  :  //books  .  google  .  com/| 


Digitized  by 


Google 


Fru  JoXh  51 


r^^'Cv 


HARVARD 
COLLEGE 
LIBRARY 


Digitized  by 


Google 


Digitized  by 


Google 


Digitized  by 


Google       ^ 


LE 

COMTÉ  DE  CLERMONT 

EN  BEAUVAISIS 


ÉTUDES  POUR  SERVIR  A  SON  HISTOIRE        / 


1^  Ckimte  DE  L.UÇAY, 

Membre  du  Comité  des  Travaux  historiques 
Et   de   la   Société    des    Antiquaires    de    Picardie. 


LE   DÉNOMBREMENT   DE    1373 


PARIS 

LlBBAIRÎE  HISTORIQUE  DE  J.-B.   DUMOULIN,  LiBRAIRE  DE  LA  SOCIÉTÉ 

DES  Antiquaires  de  France 
13,    Quai    des    Augustins,    13 


1878 


Digitized  by 


Google 


\  • 


Digitized  by 


Google 


LK 


DÉNOMBEEMENT 

DE  1373 


jLj^  Digitized  by  VjOOQIC 


{Extrait  de  la  Revue  historique-nobiliaire^  1876-1877). 


Digitized  by 


Google 


LE 

COMTÉ  DE  CLERMONT 

EN  BEAUVAISIS 


ÉTUDES  POUE  SERVIR  A  SON  HISTOIRE 


L.e  Ckmite  DE  L.UÇAY, 

Membre  du  Comité  des  Travaux  historiques 
Et   de   la    Société    des   Antiquaires    de    Picardie. 


PARIS 

Librairie  historique  de  J.-B.  DUMOULIN,  Libraire  de  la  société 

DES  Antiquaires  de  Frange 

13,    Quai    des    Augustins,    43 


1878 


Digitized  by 


Google 


.  (\  HAtYAUD  COLLEGE  LIBRAIV 

^  r\  6IFT  OF  THE 

HARVARD  UW  6CH001 

MuV  3   i^;^a 


;ïilN27l921 


Digitized  by 


Google 


LE 

COMTÉ  DE  CLERMONT 

EN    BEAUVAISIS 


LE   DÊNOMBEEMENT   DE    1373 


INTRODUCTION  HISTORIQUE 


I. 

Origines  probables  du  comté  de  Clermont;  ses  comtes  propriétaires. 

Les  origines  du  comté  de  Clermont  en  Beauvaisis  sont  incer- 
taines. Ce  comté  ne  semble  pas  en  effet  avoir,  comme  d'autres 
grands  fiefs  et  notamment  comme  le  comté  de  Beaumont-sur- 
Oise,  son  voisin,  correspondu  à  une  division  naturelle  ou  poli- 
tique antérieure.  Aucun  titre  ni  document  n'a  jusqu'à  présent 
fait  connaître  l'existence  dans  la  cité  des  Bellovaques  d'un  pays 
grand  ou  petit  qui  put  le  rappeler  soit  par  le  nom,  soit  par  la 
circonscription*.  La  Géographie  ecclésiastique  du  diocèse  de 
Beauvais,  pas  plus  que  la  Géographie  civile,  dont  tous  les  auteurs 
du  reste  constatent  à  l'époque  mérovingienne  et  carlovingienne 
la  fréquente  et  presque  entière  corrélation*,  ne  fournit  de 


>  La  cité  des  Belloyaqnes,  au  dire  de  M.  Guérard  (Essai  sur  le  système  des  divi- 
sions territoriales  de  la  Gaule),  comprenait  les  quatre  pagi  Belvacensis,  Camlia- 
censis,  Rossontensis  et  Vindiolensis. 

i  Voyez  dans  Louvet,  Histoire  du  diocèse  de  Beauvais,  t.  I,  p.  86-116,  le  Fouillé 
de  rarchidiaconé  de  Clermont  et  de  ses  trois  doyennés  ruraux. 


Digitized  by 


Google 


2  LE   COMTÉ   DE  CLERMONT   EN   BEAUVÂISIS. 

concordance.  Des  trois  archidiaconés  entre  lesquels  ce  diocèse 
se  trouvait  partagé  dès  le  xi*  siècle,  l'un  appelé  primitivement 
Grand  Archidiaconé,  puis  Archidiaconé  de  Beauvais,  a  porté, 
il  est  vrai,  aussi  le  nom  d'Archidiaconé  de  Clermont.  Mais  on 
ne  saurait  établir  d'analogie  entre  ses  limites  et  celles  du 
comté  ;  il  suffit  à  cet  égard,  sans  entrer  dans  aucun  détail,  de 
citer  les  deux  doyennés  ruraux  qu'il  comprenait  avec  celui  de 
aermont  savoir  :  Mouchy-le-Châtel  et  Beaumont,  siège  l'un  et 
l'autre  de  fiefs  très-importants  et  qui  à  aucime  époque  n'ont  été 
placés  dans  la  mouvance  des  seigneurs  de  Clermont.  Il  en  était 
également  ainsi  même  du  doyenné  qui  avait  pris  le  nom  du 
chef-lieu.  Sur  les  34  paroisses,  dont  il  s'est  composé  jusqu'en 
1789,  14  et  parmi  elles  la  grande  baronnie  de  Mello  n'ont  ja- 
mais relevé  du  comté.  Ces  observations  nous  semblent  justifier 
l'opinion  de  Dom  Grenier,  citée  par  M.  de  Cayrol  dans  le  mé- 
moire qu'il  a  présenté  en  1837  à  la  société  des  Antiquaires  de 
Picardie  *. 

«  Clermont,  dit  le  savant  historiographe,  n'était  dans  l'ori- 
gine qu'un  simple  fief  non  titré  mouvant  de  l'église  de  Beauvais, 
pour  lequel  celui  qui  en  était  le  possesseur  devait  payer  quinze 
sols  de  relief.  Sa  qualité  de  comté  ne  remonte  qu'à  Hugues,  et 
il  fut  formé  d'un  démembrement  des  anciens  comtés  de  Beauvais 
et  de  Breteuil,  de  différents  domaines  de  l'abbaye  de  StrDenis 
et  de  la  ch&tellenie  de  Creil.  » 

La  mouvance  de  l'Eglise  ou  Evèché  de  Beauvais  est  un  fait 
incontestable.  Elle  est  énoncée  et  réservée  en  termes  exprès 
dans  les  lettres  de  1269  par  lesquelles  St  Louis  constitua  à  son 
fils  Robert  le  comté  de  Clermont  en  apanage  ;  plusieurs  actes 
des  successeurs  de  Robert  témoignent  que,  malgré  le  haut  degré 
de  puissance  auquel  ils  étaient  parvenus,  ils  ne  cessèrent  de 
prêter  foi  et  hommage  à  Tévêque  de  Beauvais,  et  sur  la  fin  du 
seizième  siècle  une  importante  contestation  judiciaire  s'éleva 
même  à  ce  sujet.  Toutefois  les  expressions  de  l'acte  de  1269 
ainsi  que  de  l'accord  intervenu  la  même  année  entre  le  roi  et 
Renaud  de  Naûteuil,  lors  évêque  de  Beauvais,  ne  sont  pas  telles 
qu'on  ne  puisse  élever  des  doutes  sur  le  point  de  savoir  si  le 

*  Mémoire  sur  Clermont  en  Beauvaisis,  envoyé  à  Dom  Grenier  en  1767,  par 
M.  Lemoine,  valet  de  chambre  du  roi,  accompagné  de  notes  par  M.  de  Cayrol. 
Mémoires  de  la  Société,  année  1838. 


Digitized  by 


Google 


LE    COMTÉ    DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISiS.  3 

domaine  primitif  lui-même,  ou  seulement  une  de  ses  dépen- 
dances ultérieures,  était  soumis  à  l'obligation  de  l'hommage  *. 
JVous  tenons,  quant  à  nous,  pour  la  première  de  ces  deux  opinions 
qui  s'appuie  de  l'autorité  de  Dom  Grenier. 

Quel  fut  ce  domaine  primitif?  Gomment  et  par  quels  accrois- 
sements successifs  le  simple  fief  relevant  de  l'Eglise  de  Beau- 
vais  était-il  au  quatorzième  siècle  devenu  l'une  des  seigneu- 
ries les  plus  considérables  du  royaume,  ayant  rang  de  Gomté- 
Pairie,  et  recevant  l'hommage  direct  de  167  vassaux  lesquels 
à  leur  tour  avaient  plus  de  1500  fiefs  et  arrière-fiefs  dans  leur 
mouvance  ?  Gette  question  nous  semble  devoir  être  ici  abordée 
et  examinée  avec  quelques  détails  ;  car  elle  forme  à  notre  avis 
le  préliminaire  indispensable  de  ce  qui  sera  l'objet  principal  de 
la  présente  étude  :  l'analyse,  le  résumé  du  curieux  Recueil  con- 
servé aujourd'hui  à  la  Bibliothèque  Nationale  sous  le  titre  de 
Livre  des  hommages  du  comté  de  Clermont  en  Beauvoisis^  et  qui 
n'est  autre  que  la  copie  du  Dénombrement  rendu  par  Louis  II 
duc  de  Bourbon  à  Gharles  V,  en  exécution  des  Lettres  Royales 
données  à  Vincennes  le  20  novembre  1371  et  prescrivant  le  re- 
censement par  chaque  bailliage  des  fiefs  et  arrière-fiefs  mou- 
vant de  la  couronne. 

M.  Graves  *  et  Bosquillon,  auteur  d'une  histoire  manuscrite  du 
comté  de  Glermont  en  Beauvaisis',  ne  font  remonter  qu'au  neu- 
vième siècle  ou  même  au  dixième  l'origine  de  Glermont,  et  le 
considèrent  comme  un  des  nombreux  châteaux  forts  qui  s'éle- 
vèrent alors  de  toutes  parts  pour  protéger  le  plat  pays  contre 
les  irruptions  des  Normands.  Deux  arguments  nous  paraissent 
pouvoir  être  invoqués  à  lappui  de  leur  opinion  *.  Si  l'on  jette 


1  ((  Quicumqae  dictum  comitatum  tenebit  episcopis  Belvacensibus,  qui  pro  tem- 
u  pore  fuerint,  homagium  facere  teneatur  de  iis  de  quibus  ipsis  episcopis  con- 
«  sueyerant  homagium  facere  comités  Clarimoutis.  »  Lettres  du  roi  Louis  IX  don- 
nées à  Vezelay  au  mois  de  mars  1269. 

•  Précis  statistique  sur  le  canton  de  Clermont ^  1838,  p.  74. 

'  Bibliothèque  nationale,  fonds  français,  n»  25,  220.  Cette  histoire,  ou  plutôt  ce 
projet  d'histoire,  dû  à  la  plume  de  M.  Bosquillon,  président  dé  l'élection  de  Cler- 
mont, est  dédiée  au  comte  de  Charolais,  tuteur  de  Louis- Joseph  de  Bourbon, 
prince  de  Condé  et  comte  de  Clermont,  ce  qui  permet  d'en  fixer  la  dateyers  1750. 
Dom  Grenier  a  reproduit,  dans  son  tome  XLV  bis,  la  généalogie  de  la  maison  de 
Clermont,  dressée  par  Bosquillon. 

*  Nous  ne  saurions  omettre  de  signaler  ici,  an  moins  en  passant,  l'opinion 
contraire  qui  voit  dans  Clermont  l'oppidum  de»  Bellovaque»,  désigné  par  César 


Digitized  by 


Google 


4  LE   COMTÉ   DE   CLÏHMONT   EN    BEAUVAISIS. 

les  yeux  sur  la  nomenclature  dressée  par  le  premier  de  ces 
deux  auteurs  des  voies  romaines  qui  sillonnèrent  le  pays  des  Bel- 
lovaques,  on  reconnait  qu'aucune  ne  passait  par  Glermont  même, 
et  que  celle  qui  s'en  trouvait  le  plus  rapprochée,  et  qui  ayant 
été  pendant  le  moyen-âge  sa  seule*  communication  directe  avec 
Beauvais  en  prit  vers  le  treizième  siècle  le  nom  de  cakeia  de  Cla- 
romonte  \  était  distante  de  plusieurs  kilomètres,  forte  présomp- 
tion contre  l'existence,  sur  ce  point,  d'une  agglomération  gallo- 
romaine  ou  d'un  fort  militaire  de  quelque  importance.  Le  se- 
cond argument  est  fourni  par  l'ancienne  topographie  ecclésias- 
tique de  la  ville  de  Glermont.  Jusqu'au  seizième  siècle,  presque 
toute  la  basse  ville  ou  faubourg  Saint-André  fut  comprise  dans 
la  paroisse  de  Breuil  le  Vert  ou  Bruslevert  {Bruolium)  ;  de  même 
celle  d'Agnetz  ou  Anest,  {Annetiim)  s'étendait  fort  avant,  englo- 
bant dans  sa  circonscription  les  hameaux  et  lieux  bâtis,  connus 
sous  les  noms  de  La  Croix  Picard,  de  Saint-Laurent,  des  Noyers 
et  de  Béthencourtel.  Cet  état  de  choses,  quoique  modifié  alors, 
existait  encore  tellement  au  dix-huitième  siècle*,  que  Bosquillon, 
dans  son  histoire,  compte  à  la  ville  trois  paroisses,  mais  ajoute 
qu'une  seule  est  située  dans  son  enceinte,  et  que  les  deux  autres 
se  trouvent  éloignées  de  près  d'une  demi-lieue  et  portent  les 
noms  des  villages  d'Agnetz  et  de  Breuil-le-Vert. 

C'est  sur  le  territoire  du  second  de  ces  deux  villages  qu'au 
dire  de  Graves  aurait  été  bâti  le  château  de  Glermont,  et  nous 
partageons  son  avis.  En  effet,  les  termes  des  deux  chartes 
de  la  fin  du  onzième  et  du  milieu  du  douzième  siècle,  par  les- 
quelles Hugues  de  Glermont  et  Renaud  son  fils  donnèrent  à 
l'abbaye  de  Saint-Germer  le  prieuré  et  l'Église  de  Breuil  ',  per- 
mettent de  conclure  que  les  terres  de  cette  paroisse  touchaient 
alors  aux  murs  de  la  forteresse.  Il  est  certain  d'ailleurs  que 
Breuil-le-Vert  appelé  aussi  Breuil-le-Gomte  {Bruolium  Comitis) 

dans  ses  commentaires  sous  le  nom  de  Bratuspanlium.  V.  entre  autres  \ Étude 
7iouvelle  sur  la  campagne  de  Jules  César  contre  les  Bellovaques  par  M.  Peigné- 
Delacour,  Senlis,  1869  ;  et  dans  le  tome  IX  des  Mémoires  delà  Société  académique 
de  l'Oise  les  Recherches  de  M.  de  TEpinois  sur  Tancien  comté  et  les  comtes  de 
Glermont^  du  xi»  au  xiiio  siècle. 

•  Notice  archéologique  du  département  de  VOise  par  Graves,  p,  223. 

•  Il  n'a  pris  fin  que  de  nos  jours,  en  vertu  d'une  ordonnance  royale  du  mois 
de  février  1835. 

•  V.  Louvel,  Histoire  et  antiquitez  du  pays  de  Bemwaisis^  t.  I,  p.  652-654. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS.  5 

dans  quelques-uns  ^s.  anciens  titres,  appartint  dès  l'origine 
aux  seigneurs  de  la  maison  de  Clennont  et  resta  dans,  leurs 
mains  jusqu'au  commencement  du  douzième  siècle,,  qu'il  passa 
à  la  famille  des  comtes  de  Saint-Pol,  par  le  mariage  de  Marguerite 
fille  de  Renaud  II  avec  Hugues  II  de  Candavesne. 

Le  passage  de  Dom  Grenier,  que  nous  avons  cité  d'après 
M.  de  Cayrol,  fixe  au  temps  de  Hugues. la  création  du  comté  de 
Clermont  par  l'adjonction  de  diverses  autres  seigneuries  au  do- 
maine primitif.  Certains  textes  nous  donneraient  lieu  de  croire 
que  cette  création  serait  même  un  peu  postérieure.  Nous 
signalerons  les  doutes  que  nous  pouvons  éprouver  à  ce  sujet, 
lorsque  nous  aurons,  cherché  à  indiquer  quels  furent  les  prédé- 
cesseurs de  Hugues  ainsi  que  la  famille  à  laquelle  ils  apparte- 
naient. La  tâche  ne  laisse  pas  de  présenter  des  difficultés  presque 
insolubles,  à  raison  tant  de  la  rareté  des  documents  que  des  diver- 
gences qu'offrent  les  auteurs;  aussi  nous  nous  bornerons  à  ré* 
sumer  ici  ces  divergences  sans  avoir  la  prétention  de  les  con- 
cilier. 

Du  Cange,  dans,  son  Histoire  delà  ville  cTAmiem  (Edition  Har- 
douin,  p.  192)>  considère  Hugues  comme  filsputnéde  Manassès 
comte  de  Dammartin  en  Gœlle,  lequel  aurait  été  lui-même  issu 
de  Hilduin  II,  comte  de  Montdidier  *.  VArt  de  vérifier  les  dates 
(t.  II,  p.  697.)  et  le  père  Anselme  {Histoire  gjinéalogique  des 
grands  offkiersdela  Couronne ,  t^VI,^p.  45»et  suites)  lui  donnent  au 
contraire  pour  père  Renaud,  qui  vivait  sous  le  règne  de  Henri  I^', 
et  par  lequel  ils  comimencent  la  généalogie  des  seigneurs 
de  Clermont 

L'historien  du  Yalois,  Carlier,  nous  reporte  près  de  trois  quarts 
de  siècle  en  arrière.  Suivant  lui  (t.  I,  p.  275),  Hilduin,  Haudouin 
ou  Gilduin  fils  aîné  et  successeur  de  Guillaume  comte  de  Ponthieu 
et  de  Montreuil,  aurait  ajouté  à  l'héritage  paternel,  qui  com- 
prenait aussi  Nanteuil  en  Valois,  les  comtés  de  Breteuil  et  de 


1  Le  fils  aîné  d'Hilduin  II,  Hilduin  UI,  lui  suocéda  dans  le  comté  de  IMontdi- 
dier,  lequel  passa  après  lui  h  son  fils  Hilduin  IV,  comte  d'Arcis,  de  Ramerupt  et 
de  Breteuil  en  Beauvaisis.  Celui-ci  aurait  été  père  d'Ebbes  II,  comte  de  Roucy, 
d'André,  comte  d'Arcis  et  de  Ramerupt,  et  de  Waleran,  tige  des  comtes  et  sei- 
gneurs de  Breteuil.  Du  Cange,  Ibid,,  p.  188-193.  Dom  Grenier,  Mémoire  de  M.  de 
Cayrol,  p.  16,  note,  dit  également  que  Hugues  descendait  de  la  maison  de 
Dammartin. 


Digitized  by 


Google 


ft  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISW. 

Ciermoni  et  les  aurait  transmis  à  Tun  de  ses  fils  Hilduin  II  que 
nous  voyons  en  effet  qualifié  dans  VArt  de  vérifier  les  dates 
(t.  II,  p.  754)  de  seigneur  de  Rameru,  de  Breteuil  et  de  Nan- 
teuil,  appelé  de  lui  Nanteuil  le  Haudoin  '.  Hilduin  II  eut  deux 
fils,  Manassës  et  Hilduin,  lesquels  vivaient  encore  en  1029. 

N'y  aurait-il  pas  une  certaine  présomption  d'identité  entre  ce 
dernier  Hilduin  et  Gilduin  ou  Hilduin  que  Louvet  dans  ses  An- 
ciennes Remarques  de  la  noblesse  Beauvaisine  (p.  228  et  391)  fait 
figurer  comme  comte  de  Breteuil  et  de  Clermont  en  Tan  mil 
vingt?  Nous  ne  nous  refuserions  pas  à  l'admettre;  mais  l'assi- 
milation qui  nous  semblerait  bien  plus  vraisemblable  encore  se- 
rait celle  de  Gilduin  ou  Hilduin  avec  un  personnage  que  Bos- 
quiUon  considère  comme  son  prédécesseur  en  la  seigneurie  de 
Clermont,  peut-être  comme  son  père,  et  qui  souscrivit  en  1023 
au  palais  de  Gompiègne  sous  le  nom  de  Balduin  avec  plusieurs 
seigneurs  de  Beauvaisis,  parmi  lesquels  Aubert  et  Guillaume 
de  Creil  {Aubertus  Creduliensis  et  Vuilelmus  f rater  ejus)  la  charte 
de  confraternité  et  d'association  de  prières  entre  l'Eglise  de 
Beau  vais  et  l'abbaye  Saint-Waast  d'Arras.  Dans  cette  charte,  que 
reproduit  Louvet  (t.  II,  p.  186-188)  Balduin,  est  surnommé  de 
Clermont  {Balduinus  de  Claromonte)  et  le  Nobiliaire  historique 
de  Tabbé  de  Camps  *  établit  positivement  que  son  surnom  ne  lui 
pouvait  venir  que  de  la  seigneurie  de  Clermont  en  Beauvaisis, 
mais  n'ajoute  aucune  indication  sur  sa  personnalité.  Nul  autre 
document  que  celui  do  1023  ne  fait  à  notre  connaissance  men- 
tion de  Balduin^  et  dans  cette  situation  nous  serions  assez  dis- 
posé à  croire  à  une  altération  résultant  d'une  erreur  du  copiste, 
et  par  suite  à  la  possibilité  que  ledit  Balduin  ait  été  précisément 
Hilduin  de  Breteuil. 

Quoi  qu'il  en  soit  du  reste  de  son  origine,  ce  dernier  apparaît 
comme  seigneur  de  Clermont  et  de  Breteuil  dans  les  documents 
des  premières  années  du  onzième  siècle  '  ;  il  était  en  même 


*  Cependant  l'auteur  de  Y  Art  de  vét^ifier  les  dates  croit  problématique  la  con- 
quête de  Breteuil  et  de  Clermont  par  Hilduin  U*. 

*  Bibliothèque  nationale,  collection  Ms.,  t.  I,  P*  29. 

*  La  preuTe  la  plus  certaine  qu'en  produit  Louvet  relativement  &  Clermont, 
nous  semble  être  la  donation  faite  par  Gilduin  à  la  mense  épiscopale  du  Mans 
d'une  rente  de  20  livres  à  prendre  sur  le  domaine  de  cette  seigneiu'ie,  en  recon- 
naissance de  ce  que  Tévéque  Avesgaud  de  Bellesme  lui  avait  concédé  les  reliques 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS.  7 

temps  vicomte  ou  vidame  de  Chartres  *,  charge  qu'il  exerçait  sous 
Tautorité  souveraine  d'Eudes  II  comte  de  Blois  et  de  Champagne. 
Ce  seigneur,  l'un  des  plus  puissants  de  son  temps,  était  celui  qui, 
par  acte  d'échange  aj^rouvé  du  roî  Robert  Fan  t015,  avait  aban- 
donné à  Tévêque  Roger  et  à  ses  successeurs  le  comté  de  Beau^ 
vais.  Mais  il  n'avait  pas  pour  cela,  croyons-nous,  rompu  tout 
lien  féodal  avec  les  vassaux  de  son  ancien  domaine  héréditaire, 
et  telle  serait,  à  notre  avis,  la  raison  pour  laquelle  les  seigneurs 
de  Breteuil  figuraient  encore  au  douzième  siècle  parmi  les  feu* 
dataires  du  comté  de  Champagne  '  ;  tel  serait  aussi  le  motif  qui 
en  1037  ^itralna  Galeran,  fils  de  Gilduin,  à  la  suite  d'Eudes 
dans  l'expédition  que  celui-ci  dirigea  contre  le  royaume  de 
Bourgogne  et  où  il  trouva  la  mort.  Blessé  au  funeste  combat  de 
Bar  (15^  novembre)  Galeran  n^échappa  aufer  des  vainqueurs  que 
par  la  protection  de  Richard,  abbé  de  S'  Vanne  de  Verdun,  qui 
sur  le  champ  de  bataille  même  le  revêtit  de  l'habit  religieux. 
Transporté  à  l'abbaye  de  Saint-Vanne,,  guéri  par  les  soins  qu'il  y 
reçut,  Gateran  renonça  au  monde  et  se  fit  moine.  «  De  tout  cela 
le  comte  Gilduin  deument  averti,  dit  Louvet  [Anciennes  Re^ 
marques  y  p.  230),.  se  transporta  aussitôt  au  monastère,  où  esmeu 
de  la  charité  et  du  bon  exemple  de  S^  Richard  et  de  ses  religieux 
il  prist  l'habit  et  passa  le  reste  de  ses  jours  vivant  selon  la  règle 
de  Saint-Benoist  et  la  réforme  qui  y  avait  été  nouvellement  éta- 
blie. » 

Toutefois  cette  retraite  de  Gilduin  ne  put  avoir  lieu,  comme 
semble  l'indiquer  Louvet,  immédiatement  après  la  bataille  de 
Bar;  car  nous  le  trouvons  agissant  comme  vicomte  de  Chartres 
jusqu'en  1046  et  deux  ans  après  (1048)  parmi  les  assistants  de 
la  cour  plénière  tenue  par  Henri  I"  à  Senlis  '.  11  eut  son  fils 

de  saint  Constantin  pour  Tabbaye  de  (lotre-Dame,  qu'il  venait  de  construire  ou 
de  restaurer  auprès  de  son  château  de  Breteuil.  La  rente  s'acquittait  encore  à 
répoquc  où  furent  écrites  les  Anciennes  Remarques  de  la  noblesse  beanvaisine, 
c'est-à-dire  au  milieu  du  xyip  siècle. 

^  n  Tétait  dès  1019  suivant  M.  E.  de^  Lépinois,  Histoire  de  Chartres,  t.   T,  p.  51. 

s  Feoda  Campanie,  2e  registre,  composé  sous  Henri  le  Libéral  (1152-1186),  collec- 
tion de  Champagne,  t.  CXXXVI,  p.  317  à  la  Bibliothèque  nationale,  Ms  ;  V.  aussi 
d'Arbois  de  Jubainvilie,  Histoire  des  ducs  et  comtes  de  Champagne,  t.  II,  docu- 
ments. Cet  auteur  a  consacré  à  Gilduin  de  Breteuil  et  à  sa  généalogie  ime  longue 
note  à  laquelle  nous  renvoyons  le  lecteur,  t.  II,  p.  37-38. 

»  Cartulaire  de  Saint-Père,  t.  I,  p.  161,  et  E.  de  Lépinois,  t.  II,  p.  612;  Martèno 
Ampliss.  coil.y  t.  VU,  col.  58. 


Digitized  by 


Google 


8  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS. 

Evrard  I  pour  successeur  dans  le  comté  de  Breteuil  *,  ainsi  que 
dans  le  vicomte  de  Chartres.  Louvet  ni  aucun  autre  auteur  ne 
font  connaître  à  qui  échut  après  lui  la  seigneurie  de  Clermont*; 
mais  comme  d'autre  part  rien  n'indique  que  cette  seigneurie 
soit  sortie  par  la  force  de  ses  mains  ou  de  celles  de  sa  famille, 
peut-être  n'aurait-on  pas  absolument  tort  de  voir  sinon  un  fils 
de  Gilduin,  oublié  par  les  généalogistes,  du  moins  un  de  ses 
parents  dans  Renaud  qui  en  apparaît  comme  possesseur  en 
1034,  et  par  lequel  sans  insister  davantage  sur  l'hypothèse  que 
nous  venons  de  hasarder,  nous  commençons,  avec  tArt  de  véri- 
fier les  dates  et  le  Père  Anselme,  la  Liste  chronologique  des 
comtes  de  Clermont  de  la  première  race. 

I.  — Renaud  P'.  Il  est  cité  dans  V Histoire  ecclésiastique  d'Orderic 
Vital  ',  comme  l'un  des  chefs  de  l'armée  qu'Henri  P'  conduisit  en 
1054  en  Normandie  au  secours  des  barons  révoltés  contre  le  duc 
Guillaume,  et  qui  fut  battue  à  Mortemer  en  Bray.  Six  ans  après 
cet  événement,  il  aurait,  suivant  Bosquillon,  été  pourvu  de  la 
charge  de  chambrier  de  France,  l'un  des  grands  offices  de  la 
couronne,  et,  en  effet,  on  trouve  dans  la  liste  des  chambriers 
dressée  par  du  Gange  un  personnage  du  nom  de  Renaud  (1060- 
1065)  mais  dont  la  famille  n'est  pas  spécifiée. 

L'Art  de  vérifier  les  dates  dit  que  Renaud  vivait  encore  en 
1084  et  qu'il  n'est  pas  certain  que  cette  année  ait  été  la  dernière 
de  sa  vie.  Ordéric  Vital,  Guihert  de  Nogent  et  les  quelques  titres 
qui  parlent  de  lui,  dénomment  Renaud  seulement  seigneur  de 
Clermont  (Rainaldtis  de  Claromonte)  sans  lui  donner  le  titre  de 


*  Le  comté  de  Breteuil  étendait  alors,  suivant  Louvet,  Anciennes  remarques, 
p.  454,  ses  bornes  et  limites  jusques  aux  portes  de  Beauvais,  qui  en  est  distant 
de  six  lieue»,  comprenant  les  quatre  châtellenies  de  Bonneuii,  BreteuiU  Catkeux, 
Francastel,  ainsi  que  celle  de  Grévecœur  qui  n'en  fut  démen>brée  qu'au  milieu  du 
xii»  siècle,  en  faveur  d'une  branche  cadette.  Du  côté  d'Amiens  la  chAtellenie  de 
Conti  était,  ou  tout  au  moins  ne  devait  pas  tarder  à  être  dans  sa  mouvance.  En 
effets  on  voit  par  titre  de  1142^  Evrard  III  de  Breteuil,  céder  au  chapitre  d'Amiens 
le  quart  qu'il  possédait  en  la  vicomte  de  ce  nom.  Ibid.,  p.  231,  et  l'abbé  Daire, 
Doyenné  de  Conti,'  On  trouve  dans  le  tome  CLXVII  de  Dom  Grenier,  f»»  19ti-2i3) 
une  généalogie  de  la  maison  de  Breteuil. 

*  Louvet  se  borne  à  mentionner  après  Gilduin,  comme  comte  de  Clermont  en 
1020,  «  Hugues,  qui  vivait  du  temps  d'Anselme,  évéque  de  Beauvais  en  l'an  mil 
cent.  » 

«  Édition  Le  Prévost,  1855,  t.  UT,  p.  234  et  237. 


Digitized  by 


Google 


IJE   COMTÉ   DE  CLERMONT   EN    BEAUVAISIS.  9 

comte,  qn'il  ne  porta  pas  en  effet,  croyons-nous.  Son  alliance 
n'est  pas  connue;  il  eut  pour  fils  Hugues  qui  suit  \ 

IL  —  Hugues,  Il  fut  du  vivant  de  son  père  surnommé  de 
Mouchi,  Montiacensis  {Art  de  vérifier  les  dates)  d'une  seigneurie 
qu'il  possédait  et  qui  était,  croyons-nous,  Mouehy  Saint-Éloi  '. 
Bosquillon  veut  qu'il  ait  accompagné  Guillaume  le  Bâtard,  duc 
de  Normandie^  à  la  conquête  de  l'Angleterre  (1066)  et  qu'ayant 
ensuite  passé  en  Italie  au  secours  de  Roger,  duc  de  Fouille, 
frère  de  Robert  Guiscard,  il  l'ait  aidé  à  chasser  les  Sarrasins  de 
la  Sicile.  Si  l'on  adoptait  cette  opinion,  peut-être  devrait-on  voir 
en  lui,  malgré  l'avis  contraire  de  M.  le  Prévost  (t.  III,  p.  83)  cet 
Hugues  le  borgne  de  Clermont  {Hugo  monoculus  de  Claromonte) 
qu'Orderic  Vital  fait  figurer  en  1083  parmi  les  principaux  con- 
seillers de  Boémond,  prince  de  Tarente. 

Le  premier  acte,  dans  lequel  Hugues  apparaisse  comme  sei- 
gneur de  Clermont,  est  une  charte  dont  Louvet  (t.  I,  p.  652)  fixe 
la  date  aux  environs  de  l'an  1100  et  par  laquelle  il  fit  donation  à 
l'abbaye  de  Saint-Germer-de-Flay  du  prieuré  de  Breuil-le-Vert. 
Les  énonciations  de  cette  charte  permettent  de  déterminer  avec 
quelque  certitude  quelles  étaient  les  possessions  de  la  maison 
de  Clermont  au  début  du  douzième  siècle.  Elles  comprenaient 
en  Beauvaisis,  les  seigneuries  de  Clermont  et  de  Breuil-le-Vert, 
à  laquelle  il  convient  sans  doute  d'ajouter  celle  de  Mouchy- 
Saint-Éloi  '.  La  dime  de  Villers*,  comprise  dans  la  donation,  en 

'  Le  p.  Anselme  attribue  à  Renaud  pour  fille  Marguerite,  qu'il  fait  seconde 
femme  de  Hugues  IV  du  nom,  comte  de  Saint-Pol.  n  y  a  là  à  notre  avis  une 
double  erreur  du  savant  généalogiste.  Tout  d*abord  ce  ne  pourrait  être  Hugues  IV 
qui  devint  comte  de  Saint-Pol  seulement  en  1174,  mais  son  arrière-grand-përe 
Hugues  II  (1083-1130),  que  la  fille  de  Renaud  I«r  aurait  épousé.  Hugues  II  con- 
tracta en  effet  une  seconde  union  avec  une  Marguerite  de  Clermont  qui  avait 
pour  père,  tous  les  documents  Tattestent,  Renaud  II  et  non  Renaud  I<». 

*  Aujourd'hui  canton  de  Liancourt.  Ce  ne  pouvait  être  en  effet  Mouchy-le- 
Chatel  qui  appartenait  alors  au  célèbre  Dreux  de  Mouehy.  Les  comtes  de  la  pre- 
mière race  possédèrent  du  reste  jusqu'à  la  fin  à  Moucby-Saint-Éloi  non-seulement 
la  mouvance,  mais  encore  des  biens  accensés.  Voir  coll.  Moreau,  t.  CXV,  f.  71 
et  56,  deux  chartes  de  Catherine,  comtesse  de  Clermont  et  4e  Blois,  mai  et 
juin  1211. 

*  Nous  serions  disposé  à  y  joindre  également  les  droits  de  morte-main  et  de 
formariage  que  le  comte  de  Clermont  percevait  encore  au  xiv»  siècle,  dans  vingt 
localités  (dénombrement  de  1373)  de  compte  à  demi  avec  Tabbaye  de  Saint-Denis, 
dont  les  domaines  en  Beauvaisis  étaient  fort  étendus  et  comprenaient  des  fiefs  et 
arrière-fiefs,  aussi  bien  que  des  terres  censitaires. 

*  Aujourd'hui,  comme  Précy,  du  canton  de  Crcil. 


Digitized  by 


Google 


10  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS. 

même  temps  que  des  biens  à  Précy  sont  une  grave  présomption 
qu'alors  aussi  déjà  la  chàtellenie  de  Creil  appartenait  à  Hugues  ; 
il  est  certain  du  reste  qu'il  en  fut  seigneur  ;  mais  nous  ne  sau- 
rions préciser  s'il  le  devint  par  héritage  paternel,  comme  l'avance 
Bosquillon,  ou  par  concession  royale,  ainsi  que  l'impliquerait  un 
acte  du  temps,  dont  M.  Mathon,  dans  son  Histoire  de  Creil^  cite 
un  fragment  non  daté  *. 

Toujoiœs  aux  termes  de  notre  charte,  il  possédait  dans  le 
Parisis,  district  de  l'Ile  de  France,  le  château  fort  de  Luzarches 
et  comme  tel  se  trouvait  feudataire  de  l'Evêque  de  Paris  *.  Ce 
château  fut  entre  son  gendre  Mathieu  I,  comte  de  Beaumont- 
sur-Oise,  et  lui,  l'occasion  d'une  guerre  à  laquelle  Suger  attribue 
l'une  des  premières  interventions  de  la  royauté  capétienne  en 
Beauvaisis  '.  Mathieu  avait  reçu  comme  dot  d'Emme  de  Cler- 
mont,  sa  feihme,  la  moitié  de  la  seigneurie  de  Luzarches  ;  il 
s'empara  de  vive  force  de  l'autre  moitié  et,  sûr  de  l'alliance  de 
Bouchard  III  de  Montmorency  ainsi  que  de  celle  de  Dreux  de 
Mouchy,  refusa  d'obtempérer  aux  injonctions  de  son  suzerain 
Louis  VI,  auquel  Hugues  s'était  empressé  de  recoiu-ir.  L'armée 
royale  entra  en  campagne  ;  mais  ses  débuts  ne  furent  pas  heu- 
reux ;  elle  échoua  devant  Chambly.  Nonobstant,  Mathieu  ne 
tarda  pas  à  solliciter  la  paix  qui  lui  fut  accordée  à  condition  de 
rétablir  les  choses  sur  leur  ancien  pied. 


•  Histoire  de  la  ville  et  du  château  de  Creil,  1861,  p.  28.  «  Ego  Hugo  Rainaldi 
(c  filius,  régis  beneficio  Credulii  dominos,  et  ego  Valleranus  ipsi  Hugoni  et  con- 
«  sanguinitate  et  ejusdem  castelli  participatione  coDJuratos.  »  Quel  était  ce  Valle- 
rand,  ainsi  associé  à  la  possession  de  la  chàtellenie  de  Creil  ?  BosquiUon  affirme 
son  identité  avec  Vallerand  ou  Galleran  de  Breteuii,  successeur  (1076)  de  son 
frère  Evrard  II,  qu*au  degré  précédent  il  a  déjà  présenté  comme  seigneur  par 
indivis  de  Creil  avec  Renaud,  mais  sans  en  apporter  de  preuves.  Creil  était 
maison  royale  en  636  ;  nous  avons  vu  qn'en  1023  il  appartenait  à  deux  frères 
Aubert  et  Guillaume.  Ce  dernier  eut  vers  1030  un  différend  avec  Tabbaye  de 
Saint-Bertin,  relativement  à  un  chàteau-fort  appelé  Humbertusium,  bâti  sur  les 
bords  du  Thérain,  et  fut,  aux  plaids  royaux  de  Senlis,  condamné  à  restitution. 
Déjà  un  Guillaume  de  Creil  avait  été,  suivant  Dom  Grenier  (t.  CCXLII),  en  guerre 
avec  Hugues  Capet  pour  le  fort  de  Creil.  Peut-être  de  ces  divers  faits  pourrait-on 
conclure  à  une  confiscation,  dont  Hugues  de  Clermont  aurait  profité? 

*  La  mouvance  de  Luzarches  (aiyourd'hui  chef-lieu  de  canton,  Seine-et-Oise), 
est  expressément  énoncée  dans  le  Cartulaire  de  Notre-Dame  de  Paris,  t.  I,  p.  7; 
Voir  aussi  Lebeuf,  Histoire  du  diocèse  de  Paris,  t.  FV. 

'  Vie  de  Louis  le  Gros,  édition  de  la  Société  de  THistoire  de  France.  Voir 
p.  16-20,  l'historique  de  la  guerre  entre  Hugues  de  Clermont  et  Mathieu  de 
Bcaumout. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS.  11 

Ces  événements  se  passaient  en  1 102.  L'histoire  se  tait  depuis  sur 
le  compte  de  Hugues,  que  Suger  qualifiait  du  reste  alors  déjà  de 
vieillard.  Il  était  certainement  mort  en  1 114/année  où  Renaud  II, 
son  fils,  figui*a  comme  seigneur  de  Clermont  à  la  dédicace  de  la 
Collégiale  de  cette  ville.  Il  avait  épousé  à  une  époque,  que  nous 
ne  saurions  préciser,  Marguerite,  fille  de  Hilduin,  comte  de 
Montdidier*,  et  d'Alix,  comtesse  de  Roucy,  dont  indépendam- 
ment de  Renaud  il  eut  plusieurs  enfants,  savoir  :  Guy,  blessé  à 
la  bataille  de  Brenneville  (1119)  ;  Raoul,  chanoine  de  Beauvais  ; 
Ërmentrude,  femme  de  Hugues  d'Avranches,  comte  de  Chester 
en  Angleterre  ;  Richilde,  mariée  à  Dreux  II,  seigneur  de  Mello, 
fils  d'un  autre  Dreux  premier  possesseur  de  cette  grande  baron- 
nie  ;  et  Emme,  dont  nous  avons  parlé  plus  haut,  femme  de 
Mathieu,  quatrième  comte  de  Beaumont-sur-Oise.  A  cette  liste 
donnée  par  le  P.  Anselme,  nous  devons  ajouter  Adélaïs,  épouse 
de  Gislebert  d'Angleterre  {de  AngKâ),  qui  se  dit  fille  de  Hugues  de 
Clermont  et  de  Marguerite  dans  la  donation  par  elle  faite  vers  1 140 
au  prieuré  de  SaintrLeu  d'Ësserent  pour  la  fondation  de  son  anni- 
versaire (Coll.  Moreau,  t.  LIX,  fol.  75).  Ni  Suger,  ni  les  chartes 
que  nous  avons  eues  sious  les  yeux,  ne  donnent  à  Hugues  le  titre 
de  comte  ;  elles  le  qualifient  seulement  seigneur  de  Clermont. 

III.  —  Renaud  II.  Il  est  le  premier  qui  incontestablement,  à 
notre  avis  du  moins,  se  soit  qualifié  de  comte  de  Clermont,  qua- 
lification qu'il  nous  semble  avoir  due  à  l'union  qu'il  contracta 
avec  Alix  ou  Adélaïde  de  Vermandois,  fille  d'Herbert  FV  et 
d'Adèle  de  Valois.  Cette  princesse,  quand  elle  épousa  Renaud, 
était  déjà  veuve  d'Hugues  dit  le  Grand,  troisième  fils 
d'Henri  I",  roi  de  France  *.  Héritière  du  Vermandois  par 
son  frère ,  dernier  descendant  mâle  de  la  race  de  Char- 
lemagne,  elle  possédait  le  comté  de  Valois  et  celui  de  Crespy 
du  côté  maternel  ;  son  second  mari  en  prit  naturellement  les 
titres  ;  plus  tard,  lorsque  ces  comtés  furent  devenus  le  partage 


*  Art  de  vénfier  les  dates.  Cet  Hilduin  IV  devint  comte  de  Roucy  à  la  mort  de 
son  beau-père  Ebbes  I^r,  archevêque  de  Reims,  et  fut  la  tige  de  la  seconde 
maison  de  Roucy. 

*  Hugues  de  France  périt  en  Palestine  le  18  octobre  liOl,  laissant  de  son 
mariage  contracté  vers  1080,  sept  enfants  dont  trois  fils,  Raoul  IV,  comte  de  Ver- 
mandois et  de  Valois,  Simon,  évéque  de  Noyon,  et  Henri,  tige  des  sires  de 
Chaumont  en  Vexin. 


Digitized  by 


Google 


12  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAI8IS. 

des  enfants  du  premier  lît,  Raoul  n'en  aurait  pas  moins  conservé, 
croyons-nous,  le  titre  de  comte,  lequel  passant  ensuite  de  sa 
personne,  à  laquelle  il  était  ainsi  demeuré  attaché,  aux  domaines 
patrimoniaux,  se  serait  transmis  avec  eux  à  ses  successeurs  en 
la  seigneurie  de  Clermont  *. 

L'époque  du  mariage  de  Renaud  et  d'Alix  de  Vermandoîs 
n'est  pas  connue.  Il  datait  de  [dusieurs  années  déjà  lorsque  à 
l'occasion  de  la  dédicacé  de  la  nouvelle  église  Collégiale  de 
Saint- Arnoult  de  Clermont,  qui  eut  lieu  le  24  juin  11 14  ou  11 15% 
Renaud  accorda  au  Chapitre  de  ce  nom  une  foire  de  trois  jours  à  la 
saint  Jean-Baptiste  de  chaque  année  avec  les  droits  de  tonlieu, 
forage,  rouage,  travers  et  justice  y  attachés.  Peu  de  temps 
après  en  effet,  au  plus  tard  en  lil8,  il  mariait  la  fille  unique  née 
de  cette  union,  Marguerite,  à  Charles  de  Danemarckdit  le  Bon, 
cousin  et  héritier  de  Baudouin  VII,  comte  de  Flandre,  et  lui 
constituait  en  dot  le  comté  d'Amiens,  que  Louis  le  Gros  venait 
d'enlever  à  la  maison  de  Boves  pour  le  donner  ou  plutôt  le  res- 
tituer à  l'héritière  légitime,  sa  tante  Alix.  Celle-ci  se  dessaisit 
vers  le  même  temps  du  Vermandois  en  faveur  de  Raoul  fils  aîné 
issu  de  son  mariageavec  Hugues  de  France  '^  etmourut,  suivant 
Carlier,  en  1123. 

Après  quelques  années  de  veuvage,  Renaud  contracta  une 
nouvelle  alliance  avec  Clémence  de  Bar,  fille  de  Renaud  I*', 
comte  de  Bar  et  de  Gisèle  de  Vaudemont. 

^  Voyez  à  Tappui  de  Tôpinion  que  nous  émettons  ici,  l'intitulé  de  la  charte 
relative  au  prieuré  de  Breuil-le-Vert  (Louvet»  t.  I,  p.  653}.  Elle  commence  ainsi  : 
Renaud  comte,  seigneur  de  Clermont  {Eguo  Rainaldus  cornes  Clarimontis  Dominus), 

*  Abbé  Delettre,  Histoire  du  diocèse  de  Beauvais,  Cette  concession,  à  laquelle 
concoururent  «  les  barons  et  vasseurs  du  terrouer  de  tout  Clermont  »  pour  ce 
qui  avait  trait  à  la  justice,  fut  soumise  par  Renaud,  en  1147,  à  la  confirmation  de 
l'évoque  Eudes  HL.  Voyez  Louvet,  t  I,  p.  700.  La  fondation  du  Chapitre  Saint- 
Arnoul  est  bien  antérieure  à  la  dédicace  de  1115.  Le  célèbre  Guibert,  abbé  de 
Nogent^sous-Coucy,  qui  était  originaire  des  environs  de  Clermont,  nous  apprend 
en  effet,  Histoire  de  sa  vi>,  coll.  Guizot,  t.  IX,  p.  366-369,  que  dans  la  seconde 
moitié  du  xp  siècle  les  prébendes  canoniales  étaient  à  la  collation  du  seigneur  du 
lieu  et  qu'il  fut  pourvu  de  Tune  d'elles. 

8  Voir  du  Cange,  Histoire  d'Amiens  et  de  ses  comtes^  livre  IV,  et  VArt  de  vérifier 
les  dates.  Plus  de  vingt  ans  après  la  mort  d'Alix  surgit  entre  Raoul  II  de  Ver- 
mandois et  son  beau-père  Renaud  de  Clermont,  une  guerre  dont  la  cause  n'est 
pas  connue,  mais  dont  les  conséquences  furent  telles  pour  le  second,  qu'il  dut 
recourir  à  la  médiation  d'Eudes  III,  évêque  de  Beauvais  et  de  Suger,  qui  par- 
vinrent à  apaiser  le  différend.  Voir  D.  Grenier,  Généalogie  de  la  maison  de  Cler- 
mont  y  t.  XLV  bis. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT    EN    BEAUVAISIS.  13* 

C'est  par  leurs  libéralités  envers  les  établissements  religieux 
que  nous  sont  principalement  connus  les  seigneurs  des  xi*  et 
xn*  siècles  ;  car  le  clergé  seul  alors  était  en  mesure  de  rédiger 
par  écrit  les  actes,  et  avait  des  archives  pour  les  conserver.  Les 
fondations  faites  par  Renaud  témoignent  à  la  fois  de  son  opu- 
lence et  de  sa  piété.  En  1130,  de  concert  avec  Mathieu  de  Beau- 
mont,  qui  possédait  par  indivis  avec  lui  la  seigneurie  de  Lu- 
zarches,  il  donna  à  un  ermite  nommé  Ascelin  un  bois  situé  à 
deux  lieues  de  cette  ville  pour  l'entretien  des  compagnons  de  sa 
vie  érémitique,  don  qui  fut  l'origine  du  monastère  d'Hérivaux 
(Gailia  christiana,  t.  VII,  col.  817).  En  1144,  il  concéda  au 
prieuré  de  Saint-Leu  d'jcisserent  la  tierce  partie  des  droits  de 
travers  qu'il  percevait  au  pont  de  Creil*.  En  1147,  il  confirma 
les  donations  de  son  père  au  prieuré  de  Breuil-le-Vert  et  en 
accrut  l'importance  (Louvet,  t.  I,  p.  653).  Vers  le  même  temps 
il  accordait  aux  chanoines  réguliers  de  Saint-Quentin  de  Beau- 
vais  qui  desservaient  le  prieuré  de  Gournay-sur-Aronde, 
doyenné  de  Ressons,  l'exemption  du  droit  de  travers  dans 
toute  rétendue  de  ses  domaines  (Coll.  Moreau,  t.  LXV,  p.  15. 
V.  Ibid.,  t.  LXX,  p.  172,  la  confirmation  du  comte  Raoul). 

En  1150,  nous  trouvons  Renaud  faisant  fortifier  son  château 
de  Montataire  et  réclamant  aux  religieux  de  Saint-Leu  d'Esse- 
rent  la  fourniture  annuelle  d'une  voiture  de  planches  pour  la 
réparation  du  pont  jeté  près  de  là  sur  la  rivière  du  Thérain 
[Histoire  de  Creil,  p.  29).  En  1156,  du  consentement  et  avec  le 
concours  de  la  comtesse  Clémence  son  épouse  *,  il  amortit  en 
faveur  du  prieuré  de  Villers-Saint-Sépulchre ,  doyenné  de 
Mouchy,  des  biens  situés  à  Angicourt  et  à  Dodunvillers  et 
légués  par  un  de  ses  chevaliers  nommé  Albert,  lequel  suivant 
une  pieuse  habitude  du  siècle  y  avait  pris  l'habit  religieux  dans 
les  derniers  jours  de  sa  vie  (Coll.  Moreau,  t.  LXVIII,  P41). 


*  Voir,  Mathon,  Histoire  de  Creil,  p.  72,  les  chartes  confirmatives  de  Louis  VII  et 
de  révéque  de  Beauvais. 

*  A  une  époque  non  détenninée  les  deux  époux  avaient  octroyé  aux  meseaux 
ou  lépreux  de  Qermont,  deux  pains  chaque  jour  ainsi  qu'une  mesure  de  vin  dont 
six  faisaient  le  setier,  et  par  semaine  4  deniers  Beauvaisins  pour  cuisine,  le  tout 
pendant  le  séjour  qu*ils  (le  comte  et  la  comtesse)  feraient  au  château  et  en  la 
chàtellenie  de  Clermont.  Bibliothèque  nationale,  F.  F.  20,082,  f»  556,  Vidimus  de 
celte  charte. 


Digitized  by 


Google 


-i4  LE   COMTÉ  DE   CLERHONT   EN    BEAUVAISIS. 

L'amortissement  de  1156  est  le  dernier  document  où  nous 
voyons  figurer  Renaud  II.  Il  était  depuis  longtemps  déjà  en 
procès  avec  l'abbaye  Saint-Lucien  pour  un  droit  de  gîte  qu'il  pré- 
tendait sur  les  terres  de  ladite  abbaye  à  Rozoy  et  à  Cinqueux 
(doyenné  de  Pont)  lorsqu'il  mourut,  et  comme  l'accord  intervenu 
à  ce  sujet  entre  Raoul  son  successeur  et  l'abbé  Pierre  *  est  men- 
tionné expressément  dans  la  charte  conftrmative  des  possessions 
des  religieux  de  Saint-Lucien ,  donnée  en  1 1 57  par  Henri  de  France 
evèque  de  Reauvais,  nous  devons  en  conclure  que  la  date  do 
son  décès  ne  peut  varier  qu'entre  les  derniers  mois  de  1156  et 
les  premiers  de  1157. 

Nous  avons  déjà  parlé  de  la  fille  née  du  premier  mariage  de 
Renaud  avec  Alix  de  Vermandois,  à  laquelle  il  avait  fait  épouser 
Charles  le  Ron,  héritier  présomptif  de  Raudoin  YII  et  son  suc- 
cesseur en  1119  dans  le  comté  de  Flandre.  Charles  ayant  suc- 
combé le  2  mars  1127  sous  le  fer  d'un  assassin,  Marguerite  de 
Clermont,  à  laquelle  il  ne  laissait  pas  d'enfants,  ne  tarda  pas  à 
se  remarier  avec  Hugues  II,  Champ  d'Avène,  comte  de  Saint-Pol 
et  en  eut  deux  fils  Raoul  et  Gui,  auxquels  elle  transmit  la  sei- 
gneurie de  Hreuil-le-Vert,  recueillie  par  elle  dans  l'héritage  pa- 
ternel *.  Après  la  mort  d'Hugues  de  Saint-Pol  (1 131)  elle  convola 
à  de  troisièmes  noces  avec  Raudoin  d'Encre. 

De  Renaud  II  et  de  Clémence  de  Rar,  sa  seconde  femme, 
naquirent  : 

1.  Raoul,  qui  fut  comte  de  Clermont  ; 

2.  Simon,  lequel  épousa  la  belle-sœur  de  son  frère,  Mahaud 
ou  Mathilde,  fille  puînée  de  Yaleran  IV  de  Rreteuil.  Il  devint  par 
son  mariage  seigneiu*  d'Ailly-sur-Noye  et  de  Tartigny  en  Pi- 
cardie et  fut  la  tige  des  Clermont  d'Ailly  et  Clermont  Nesle, 


*  Le  texte  de  cet  accord  existe  dans  le  tome  LXXI  de  la  coll.  Moreau,  f»  1\ 
mais  avec  une  erreur  de  date. 

*  Cette  seigneurie  était  encore  au  xiii«  siècle  dans  la  maison  de  Champ  d'Avène. 
Louvet,  Anciennes  remarques,  p.  270.  Hugues,  lorsqu'il  épousa  Marguerite  de 
Clermont,  était  lui-même  veuf  d'Elisinde  et  en  avait  eu  un  fils,  Hugues  III,  qui 
lui  succéda  dans  le  comté  de  Saint-Pol.  Le  P.  Anselme  donne  pour  second  mari 
à  Marguerite,  au  lieu  d'Hugues,  Thierry  d'Alsace,  comte  de  Flandre  en  1128; 
mais  cette  opinion,  que  partage  Morëri,  est  contredite  par  du  Cange  ainsi  que  par 
VAii  de  vérifier  les  dates;  elle  ne  nous  semble  pas  admissible. 


Digitized  by 


Google 


LE  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN   BEAUVAISIS.  1$ 

seigneurs  d*Offémont  et  de  Mello,  qui  ne  s'éteignirent  que 
dans  le  courant  du  seizième  siècle  ^ 

3.  Hugues,  d'abord  Primicier  de  TEglise  de  Metz,  puis  abbé 
de  SaintrGermer  (1172-1180)*,  de  Saint-Lucien  (1180-1183),  et 
enfin  de  Cluny,  où  il  mourut  en  1188  suivant  les  uns,  en  1199 
suivant  les  autres. 

4.  5.  6.  Gui,  Renaud  et  Gautier,  qui  moururent  jeunes,  ou 
dont  l'histoire  du  moins  n'a  pas  conservé  le  souvenir. 

7.  Marguerite,  dame  en  partie  de  Luzarches,  laquelle  épousa 
vers  1152  Guy  le  Bouteiller  de  Senlis,  deuxième  du  nom,  sei- 
gneur de  Chantilli  et  mourut  en  1 187  peu  avant  son  mari.  (André 
du  Chesne,  Histoire  manuscrite  de  la  maison  des  Bouteillers  de 
Senlis^  S.  F,  Fr.  16798.)  Leur  fils.  Gui  III,  fut  seigneur  en  partie 
de  Luzarches  et  comme  tel  rendit  foi  et  honmiage  à  l'évèque 
de  Paris  {Cartuiaire  de  Notre-Dame  de  Paris,  1. 1,  p.  7). 

8.  Mathilde ,  femme  de  Rognes  de  la  Toumelle ,  d'une  des 
principales  maisons  du  Yermandois,  et  mère  de  Robert,  lequel 
figure  en  1218  avec  son  cousin  Guy  parmi  les  héritiers  de  Thi- 
bault de  Blois. 


*  André  du  Chesne,  Histoire  de  la  maison  de  Dreux,  fo  23,  dit  qu'il  ne  naquit 
pas  d'enfants  du  mariage  de  Simon  et  de  Mahaud  de  Breteuil»  mais  cette  opi- 
nion est  contredite  par  tous  les  auteurs,  notamment  par  le  P.  Anselme  (t.  VI)  et 
par  Dom  Grenier.  Suivant  ce  dernier  (tome  CCXLII,  f»  108  et  suiv.,  Généalogie 
des  seigneurs  d'Ailly-sur-Noye),  Simon  ne  vivait  plus  en  1194  et  laissa  pour  enfants 
entre  autres,  Raoul,  seigneur  d'Ailly,  qui  épousa  Gertrude,  sœur  et  héritière  de 
Jean  II,  sire  de  Nesle.  Ce  fut  ce  Raoul  qui,  ainsi  que  nous  le  verrons  plus  loin, 
vendit  à  Philippe-Auguste,  moyennant  quatre  mille  livres,  les  droits  que  lui 
ouvrait  sur  le  comté  de  Clermont  la  mort  sans  enfants  de  Thibault  de  Blois  (1218). 
Les  armes  de  Simon  de  Clermont  étaient  de  gueules  à  deux  bars  d'or  adossés,  sur 
un  écu  semé  de  trèfles  de  même,  sans  lambeL  Contrairement  à  l'opinion  du 
P.  Anselme,  dit  Dom  Grenier  (loco  citato),  elles  différaient  de  celles  du  comte 
Raoul,  son  frère.  Peut-être  Simon  les  aurait-il  adoptées  pour  rappeler  sa  descen- 
dance de  la  maison  princière  de  Bar,  dont  les  armoiries,  à  la  couleur  del'écusson 
près  s'en  rapprochaient  en  effet  beaucoup.  Nous  reviendrons  sur  cette  question  à 
l'article  de  Raoul.  Plus  tard,  après  l'alliance  avec  les  maisons  d'Offemont  et  de 
McUo,  les  Qermont-Nesle  écartelèrent  aux  î  et  4  de  Mello,  dor  à  deux  fasces  de 
gueules  et  un  orle  de  merlettes  de  même;  aux  2  et  3  bandé  d'or  et  de  gueules  de  six 
pièces, 

*  Il  était  en  môme  temps  abbé  de  Saint-Evremont  de  Creil  et  en  cette  qualité 
donna  conjointement  avec  Raoul  son  frère,  en  1175,  l'église,  les  prébendes  et  les 
revenus  du  canonicat  de  Saint-Evremont  aux  religieux  de  Saint-Leu  d'Esserent, 
où  leurs  ancêtres  avaient  leurs  sépultures.  Histoire  de  Creil,  p.  29. 


Digitized  by 


Google 


16  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS. 

Le  Père  Anselme  et  Bosquîllon  arrêtent  là  la  liste  des  enfants 
issus  du  mariage  de  Renaud  II  et  de  Clémence  de  Bar.  Louvet 
{Anciennes  Remarques  de  la  noblesse  Beauvaisine,  p.  393  et  His- 
toire  du  diocèse  de  Beauvais,  t.  II,  p.  5),  leur  attribue  une  autre 
fille,  que  d'après  un  titre  de  Saint-Quentin  de  Beauvais  de  Tan- 
née 1165*  il  appelle  Comtesse.  Sur  ce  dernier  point  nous  croyons 
qu'il  pourrait  y  avoir  une  légère  erreur  de  l'ancien  historien  du 
Beauvaisis,  qui  nous  semble  avoir  pris  le  titre  de  la  donatrice 
pour  son  nom  propre.  Et  en  effet  une  charte  de  Raoul,  comte 
de  Clermont,  sans  date  déterminée,  mais  que  la  collection  Moreau 
place  entre  1177  et  1203*,  inscrit  au  nombre  des  témoins  Al- 
béric  comte  de  Danmiartin  et  Mahaut  comtesse  de  Dammartin, 
sœur  dudit  Raoul,  mais  cette  charte  même  est  une  preuve  de 
pluâ  à  l'appui  de  l'existence  d'une  troisième  fille  de  Renaud  II 
et  de  Clémence.  Cette  Mathilde,  comtesse  de  Dammartin,  nous 
la  retrouverons  d'ailleurs  en  1218  cédant  à  Philippe  Auguste  ses 
droits  sur  le  comté  de  Clermont  moyennant  une  rente  annuelle 
de  cent  livres  sur  la  prévoté  de  Crépy.  Maintenant  quel  était 
son  mari?La  charte  l'appelle  comte  de  Dammartin.  Il  y  eut  deux 
seigneurs  de  ce  nom,  dont  le  second  fut  le  fils  et  l'héritier  du 
premier.  C'est  évidemment  d'Albéric  II  qu'il  est  ici  question; 
car  rArt  de  vérifier  les  dates  le  marie  précisément  à  une  Mahaud 
sans  indiquer  toutefois  la  famille  dont  celle-ci  était  issue,  tandis 
qu'il  appelle  Clémence  la  femme  d'Albéric  I".  Mais  ici  se 
présente  une  difficulté  historique.  L'ouvrage  que  nous  venons 
de  citer,  —  et  le  Père  Anselme  comme  André  du  Chesne  et  Bos- 
quillon,  sont  du  même  avis  —  veut  que  Clémence,  comtesse  de 
Dammartin  et  mère  d'Albéric  II  ne  soit  autre  que  la  veuve  de 
Renaud  II,  comte  de  Clermont.  S'il  en  était  ainsi,  Albéric  II  se 
trouverait  avoir  épousé  sa  sœur  utérine,  ce  qui  rendrait  notre 


•  Donation  au  prieuré  de  Goumay-sur-Aronde  par  Raoul,  comte  de  Clermont. 
a  Consensu  fratrum  Simonis,  Galieri,  et  sororum  Margaritse,  Matildis  et  Comi- 
tissa,  » 

>  TomeLXXXI,  fo201.  Ensaisinement  par  Raoul,  comte  de  Clermont,  de  la  vente 
de  la  terre  de  Maisoncelles  à  l'abbaye  de  Breteuil  «  ut  igitar  hoc  in  perpetuum 
«  sine  aliqua  contradictione  teneatur,  presenti  pagina  feci  commendari,  et  sigilli 
«  mei  auctoritate  muniri  et  reliquos  testes  qui  afTuerunt  subnotari  :  Petrus  pres- 
te byter  de  Garda,  Albericus  Domni  Martini  comes,  et  Mahaut  soror  mea  Domni 
u  Martini  comitissa,  Rainaldus  Castellanus  Britulii,  etc.  »  Archives  de  Vabbaye  de 
Breteuil,  lay.  2. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT    EN    BEAUVAISIS.  17 

hypothèse  impossible.  Mais  cette  hypothèse  nous  parait  s'ap- 
puyer sur  des  documents  difficiles  à  réfuter,  la  charte  de  1165, 
celle  de  Raoul  comte  de  Clermont  ainsi  que  celle  de  1218,  et 
nous  croyons  au  contraire  qu'il  en  est  tout  difTéremment,  malgré 
l'autorité  des  auteurs  qui  la  soutiennent,  de  l'opinion  qui  fait 
une  même  personne  de  Clémence,  comtesse  de  Dammartin,  et  de 
Clémence,  épouse  ou  plutôt  veuve  de  Renaud  comte  de  Cler- 
mont en  Reauvaisis,  et  que  le  second  mariage  de  celle-ci  peut  et 
doit  être  considéré  comme  apocryphe  *. 


*  VArt  de  vérifier  les  dates,  le  P.  Anselme  et  Bosquillon  se  bornent  à  énoncer 
ridentité  sans  apporter  de  preuves  à  Tappni.  André  Duchesne,  qui  a  avancé  le 
fait  le  premier,  Histoire  de  la  maison  de  Bar,  fo  23,  est  plus  explicite  et  en  même 
temps  moins  affirmatif.  «  Il  est  vrai,  dit-il,  que  Thistorien  Albéric  ne  parle  point 
du  second  mariage  de  Qémence  de  Bar  avec  le  comte  de  Dammartin,  mais  je  Tai 
recueilli  de  plusieurs  conjectures  et  raisons  fort  vraisemblables.  Car  en  premier 
lieu  quelques  titres  de  Tabbaye  de  Saint-Denis  en  France  font  mention  d'une 
Clémence,  comtesse  de  Dammartin,  veuve  en  l'année  1153.  Secondement  par  une 
charte  de  Tabbaye  d'Andres,  Hugues  de  Qairemont,  abbé  de  Quny,  fils  de  dé- 
mence, est  dit  oncle  de  Renaut,  comte  de  Boulogne  et  de  Dammartin,  fils  d* Al- 
béric II,  ce  qui  ne  pourroit  convenir,  sinon  en  accordant  qu' Albéric  et  Hugues 
étoient  frères  utérins.  Ou  bien  il  faudroit  que  Mahaut,  mère  du  comte  Renaud, 
eût  été  sœur  du  mesme  Hugues.  En  quoi  il  n'y  a  point  d'apparence,  vu  qu'après 
la  mort  de  Catherine,  comtesse  de  Clermont,  fille  du  comte  Raoul  et  d'Alix  de 
Breteuil,  les  enfants  de  cette  Mahaut  ne  participèrent  point  à  la  succession 
d'icelle,  comme  firent  ceux  de  Marguerite  de  Clermont,  sœur  de  Hugues  et  de 
Raoul.  En  troisième  lieu,  Rigordus,  auteur  du  siècle,  dit  sous  Tannée  1212  que  la 
comtesse  de  Clermont  lors  vivante,  savoir  est  Catherine,  fille  de  Raoul,  étoit  cou- 
sine de  Renaut  de  Dammartin.  Bref  Albéric  écrit  qu'en  la  même  année  Renaut 
sortant  du  royaume  se  retira  par  devers  le  comte  de  Bar,  Thibaut  I^',  lequel  il 
qualifie  aussi  son  cousin.  D'où  il  s'ensuit  que  Clémence,  comtesse  de  Dammartin, 
son  aïeule,  doit  avoir  été  de  la  maison  de  Bar  et  la  même  que  Clémence  de  Bar, 
conjointe  avec  Renaut,  comte  de  Clairmont  en  Beauvaisis.  i» 

Les  documents,  que  nous  avons  donnés  plus  haut,  permettent  de  répondre 
pour  ainsi  dire  article  par  article  à  l'argumentation  d'André  du  Chesne.  Et  tout 
d'abord  si  des  titres  de  Saint-Denis  font  mention  d'une  Clémence,  comtesse  de 
Dammartin,  veuve  en  l'année  1153,  il  ne  peut  y  avoir  identité  entre  elle  et  Clé- 
mence de  Bar,  comtesse  de  Clermont,  puisque  celle-ci  figure  trois  années  après, 
en  1156,  avec  Renaud  II  son  premier  mari,  dans  une  charte  d'amortissement  en 
faveur  du  prieuré  de  Villers-Saint-Sépulchre.  Cette  seule  preuve  nous  semble 
péremptoire.  Mais  nous  pouvons  ajouter  que  la  parenté  de  Hugues  de  Clermont 
et  de  Renaut,  comte  de  Dammartin,  énoncée  dans  la  charte  de  l'abbaye  d'Andres, 
comme  celle  de  ce  même  Renaut  et  de  Catherine  de  Clermont,  ou  bien  encore  de 
Thibaut  de  Bar,  s'expliquent  tout  aussi  bien  dans  le  cas  où,  ainsi  que  nous  le 
pensons,  Mahaut,  sœur  d'Hugues,  a  été  femme  d'Albéric  II,  que  dans  celui  où 
Clémence  de  Bar  aurait  épousé  en  secondes  noces  AlEéric  I«r.  Notre  hypothèse  du 
reste  n'est  pas  demeurée  inaperçue  pour  André  du  Chesne  ;  il  l'indique  expressé- 
ment, mais  ce  qui  l'a  empêché  de  l'adopter  c'est,  dit-il,  qu'à  la  mort  de  Catherine, 


Digitized  by 


Google 


18  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS. 

rv.  —  Raoul.  Voici  le  plus  célèbre  sans  contredit  comme  le 
plus  puissant  des  comtes  de  Clermontdela  première  race.  Châ- 
telain de  Creil  en  1152  {Histoire  de  Creil,  p.  29),  il  succéda  à 
son  père  Renaud  II  dans  les  premiers  mois  de  1157  au  plus  tard. 
Des  lettres  de  Louis  YII  datées  de  Senlis  Tan  de  Tincamation 
1162  (Collection  Moreau  t.  LXXI,  p.  172,  et  D.  Grenier,  t.  CCIX 
p.  166),  nous  le  représentent  comme  possédant  alors,  conjoin- 
tement avec  le  chapitre  de  Saint-Pierre  de  Beauvais,  la  seigneu- 
rie de  Litz,  localité  du  doyenné  de  Mouchy  située  sur  la  rivière 
de  Brèche,  aux  abords  de  la  voie  romaine  de  Beauvais  à  Saint- 
Martin-Longueau,  et  commettant  à  l'égard  du  chapitre  de  tels 
empiétements,  que  le  monarque  avait  été  obligé  d'intervenir. 
Par  ses  ordres,  la  forteresse  de  Litz  fut  détruite  de  fond 
en  comble  et  Raoul,  auquel  les  lettres  donnent  le  surnom  de 
Roux  [Ru/us)j  prit  par  serment  rengagement  de  ne  pas  la 
reconstruire  en  même  temps  que  de  ne  plus  molester  ni  le 
village  ni  ses  appartenances.  Est-ce  en  dédommagement  de 
cet  acte  de  soumission  que  le  comte  de  Clermont  reçut  peu 
après  la  charge  de  connétable  ?  Nous  ne  saurions  le  dire  ;  toujours 
est-il  qu'il  s'en  trouvait  investi  en  1164  et  qu'il  continua  à 
l'exercer  jusqu'à  sa  mort,  c'est-à-dire  près  de  trente  ans  (1164- 
1191).  Le  connétable  faisait  alors  déjà  partie  des  grands  officiers 
de  la  couronne  ;  toutefois  il  n'était  encore  que  le  chef  des  écuries 
royales  [Cames  stabuli).  La  prééminence  de  ses  fonctions  date 
en  réalité  de  la  suppression  du  grand  sénéchal,  c'est-à-dire 
précisément  de  l'année  1191. 

Les  libéralités  de  Raoul  envers  les  établissements  religieux 
ue  furent  pas  moindres  que  celles  de  son  père.  Nous  ne  rappelle- 
rons dans  ce  résumé  que  les  plus  importantes,  ainsi  que  ses 
principaux  actes  *.  En  1162,  il  avait  fait  don  à  l'abbaye  d'Ours- 

comtesBe  de  Clennont,  ou  pour  être  plus  exact  de  Thibaut  son  fils,  les  héritiers 
de  Mahaut  n*auraient  pas,  comme  ceux  de  Marguerite,  autre  sœur  d'Hugues  et  de 
Raoul,  participé  à  sa  succession.  Or,  la  charte  de  Philippe-Auguste  concédant  à 
Mahaut,  comtesse  de  Dammartin,  une  rente  de  100  livres  sur  la  prévôté  de  Crépy, 
Tient  tout  à  fait  à  rencontre  de  cette  assertion.  Le  moine  de  Trois  Fontaines,  Al- 
béric,  écrivain  contemporain,  était  donc  dans  le  vrai  en  ne  parlant  pas  du  second 
mariage  de  Clémence  de  Bar. 

*  Nous  sommes  obligé  de  passer  sous  silence ,  notamment,  toute  une  série  de 
chartes,  qui  ont  cependant  leur  intérêt^  celles  portant  confirmation  par  le  comte 
des  donations  faites  par  ses  vassaux  aux  divers  couvents  et  monastères  et  amor- 
tissement au  profit  desdits  établissements. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ    DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS.  19 

camp  de  toute  la  couture  ou  culture  de  la  Vallière,  quil  possé- 
dait par  droit  d'héritage  sur  le  territoire  de  Gournay-sur* 
Aronde  à  charge  de  cinq  muids  de  blé  ou  d'avoine  suivant  la 
récolte,  et  l'abbaye  lui  avait  alloué,  de  son  côté,  par  forme  de 
bénéfice  la  somme  de  60  livres,  moyennant  laquelle  il  s'engagea  à 
sauvegarder  ses  possessions  contre  toute  attaque.  (Collection 
Moreau,  t.  LXXI  etCartulaired'Ourscamp,  p.  158.)  En  1163  du 
consentement  de  ses  frères  Gauthier  et  Simon  et  de  ses  sœurs 
Marguerite,  Mathilde  et  Comtesse,  il  donna  à  l'église  Notre-Dame 
de  Goumay  toutes  les  terres  labourables  qu'il  possédait  sur  cette 
paroisse  (Louvet,  Anciennes  Remarques,  p.  393)  ;  mais  s'il  s'était 
ainsi  dessaisi  des  domaines  utiles  de  l'héritage  paternel, 
Raoul  n'en  conservait  pas  moins  à  Goumay  dos  droits  considé- 
rables et  venait  même  de  les  accroître.  Un  échange  intervenu 
entre  lui  etAlbéricde  Hangest,  un  accommodement  conclu  avec 
J'abbé  de  Saint-Quentin  et  le  prieur  de  Gournay  l'avaient  mis 
en  possession  du  bourg  situé  en  dehors  des  murs  de  la  ville 
proprement  àiie  [extra  muras  de  Gomaco),  ainsi  que  du  terri- 
toire qui  en  dépendait,  et  pour  y  attirer  la  population  il  avait 
accordé  à  quiconque  fixerait  sa  résidence  (hospiiaffium)  en  ce  lieu 
exemption  de  toute  taxe  et  charge,  moyennant  une  redevance 
annuelle  de  quatre  muids  d'avoine  et  quatre  chapons.  La  charte 
par  lui  octroyée  (Collection  Moreau,  t.  LXXIV,  p.  81,  a.  1165) 
stipulait  en  outre,  relativement  aux  droits  dejustice(/ori5  facta) 
lesquels  formaient  une  des  principales  branches  du  revenu  seî*- 
gneurial,  que  toute  accusation  d'un  crime  ou  délit  autre  que 
ceux  de  sang  répandu,  de  rapt,  de  meurtre  ou  de  trahison, 
n'obligerait  celui  qui  ne  pourrait  justifier  de  son  innocence  qu'au 
paiement  d'une  amende  de  cinq  sous  de  monnaie  Beauvaisine. 

La  charte  de  1162,  relative  à  Gournay,  est  celle  qui  la  pre- 
mière fasse  mention  de  l'épouse  de  Raoul.  Elle  se  nommait  Alix 
ou  Aëlis  et  était  fille  aînée  de  Valeran  IV,  seigneur  de  Breteuil  *. 


*  Voici  d*aprè8  Dom  Grenier,  tome  CLXVII,  f<»»  191  et  suiv.,  la  liste  des  seigneurs 
de  Qreteuili  lesquels,  vers  la  fin  du  zi^  siècle  échangèrent,  on  ne  sait  pourquoi, 
leur  titre  de  comte  contre  celui  de  simples  châtelains.  Evrard  I<>',  fils  et  héritier 
de  Gilduin,  fut  père  d'Evrard  II  qui,  ayant  renoncé  au  monde  vers  1073  ou  1076, 
pour  se  faire  moine,  partagea  ses  domaines  entre  ses  deux  frères.  Hugues,  Tun 
d'eux,  eut  la  vicomte  de  Chartret-  et  devint  le  chef  des  fameux  seigneurs  du 
Puiset,  Tautre,  Galcran  ou  Valleran  II,  conserva  pour  sa  part  la  terre  patrimo- 


Digitized  by 


Google 


20  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEÂUVAISIS. 

Les  premières  années  de  Funion  du  comte  et  de  la  comtesse 
de  Clermont  paraissent  avoir  été  stériles,  et  c'est  en  1168  seule- 
ment que  leur  naquit  un  fils.  La  date  de  cet  heureux  événement 
nous  est  fournie  par  la  donation  de  Tannate  des  prébendes  de 
l'église  Saint-Arnoul  de  Clermont  et  de  Saint-Evremond  de 
Creil  que  Raoul  fit  à  son  occasion  aux  chevaliers  du  Temple 
(Archives  nationales,  S.  5932,  n**  9).  Ce  fut  sans  doute  le  même 
sentiment  qui  lui  inspira  Tannée  suivante  le  désistement  au  pro- 
fit de  l'évèque  de  Paris  des  droits  qu'il  prétendait  comme  sei- 
gneur suzerain  de  Luzarches  sur  une  prébende  de  Notre-Dame, 
qu'avait  possédée  Pierre  de  Mouchy.  {Cartulaire  de  Notre-Dame 
de  Paris  y  t.  I,  p.  39.) 

En  1171,  Raoul  fit  un  échange  avec  le  prieuré  de  Saint-Chris- 
tophe-en-Halatte  et  exempta  les  denrées  appartenant  à  cette 
maison  religieuse  du  paiement  des  droits  de  travers  à  Creil  (fftV 
toiredeCreilj  p-  30).  La  même  année,  de  concert  avec  sa  femme, 
il  accorda  à  titre  d'aumône  à  l'Hô  tel-Dieu  de  Reauvais  le  droit  de 
prendre  le  mort  bois  dans  le  bois  d'Escud,  paroisse  de  Maulers 
doyenné  de  Montagne  (Collection  Moreau,  t.  LXXVII).  C'est  à 
cette  époque  qu'ils  apparaissent  pour  la  première  fois  comme 
seigneurs  de  la  chàtellenie  de  Rreteuil  ^ 


niale  de  Breteuil  et  la  transmit  à  Galeran  III,  dont  le  fils  Evrard  III  périt  glorieu- 
sement à  la  seconde  croisade»  laissant  d'une  fille  ou  d'une  petite  fille  de  Thomas 
de  Marie,  comte  d'Amiens,  deux  enfants,  Valleran  IV  et  Hugues  qui  forma  la 
maison  de  Crévecœur  en  Beauvaisis.  Cf.  André  du  Chesne,  Histoire  de  la  maison 
de  Dreux,  f»  23  ;  Louvet,  Anciennes  Remarques  de  la  noblesse  beauvaisine,  et  d'Ar- 
bois  de  Jubainville,  Histoire  des  ducs  et  comtes  de  Champagne,  t.  II,  p.  37.  Val- 
leran rv  se  maria  deux  fois.  Sa  première  femme  Uoldeburge,  dont  ni  Dom  Gre- 
nier ni  LouTct  ne  donnent  le  nom  de  famille,  mais  qui  nous  semble  avoir  appar- 
tenu, au  moins  par  sa  mère,  à  l'ancienne  maison  de  Bulles  (Cf.  Lettres  de  fonda* 
tion  de  l'abbaye  de  Froidmont,  Louvet,  t.  I,  p.  576^  et  coll.  Moreau,  t.  LXVIII  et 
LXX,  chartes  d'Holdeburge,  dame  de  Breteuil,  en  faveur  de  la  maison  de  Saint- 
Lasare  de  Beauvais  et  l'église  de  Wariville),  le  rendit  père  d'Aelis  et  deMathilde, 
femme,  ainsi  que  nous  l'avons  dit  déjà  précédemment,  de  Simon  de  Clermont. 
En  secondes  noces  Valleran  épousa  Alix  de  Dreux-Braine  et  en  eut  une  fille, 
Anicie,  que  nous  retrouverons  en  1218  parmi  les  héritiers  de  Thibaut  de  Blois. 

'  En  1 165  le  comte  et  la  comtesse  de  Clermont  avaient  assisté  à  la  dédicace 
solennelle,  faite  par  Tévéque  de  Beauvais,  de  l'église  paroissiale  de  Breteuil,  que 
venait  de  construire  l'abbé  Laurent,  pour  l'usage  des  habitants  du  nouveau  bourg 
qui  s'était  formé  autour  de  l'abbaye,  et  en  souvenir  de  cette  cérémonie  le  comte 
avait  transféré  au  monastère  la  possession  des  fours  banaux  de  la  ville.  GalHa 
christiana,  t.  IX,  col.  801  ;  Histoire  de  Breteuil,  Bibliothèque  nationale,  Fr. 
12020.  La  succession  de  Galeran  IV  comprenait  en  outre  de  Breteuil,  la  chÂtel- 


Digitized  by 


Google 


LÇ  COMTÉ   DE   GLERMONT   EN   BEÂUVAISIS.  21 

En  1174,  sur  la  demande  et  Finterventioii  de  Barthélémy, 
évêque  de  Beauvais,  le  comte  de  Clermont  renonça  à  un  différend 
qu'il  avait  avec  l'abbaye  de  Lannoy  ou  ftriostel,  au  sujet  de 
certains  fiefs  appartenant  à  Guillaume  de  Belsart  et  à  Giraud  de 
Conti  et  sis  dans  le  doy winé  de  Montagne  ;  et  en  échange  de 
services  religieux  tant  pour  ses  prédécesseurs  que  pour  lui-même 
il  accorda  aux  moines  de  ce  couvent  asile  sur  ses  terres  et  pro- 
tection en  cas  de  guerre.  (Collection  Moreau,  t.  LXXIX,  f^  31.) 

Le  chroniqueur  de  Hainaut,  Gislebert  de  Mpns,  cite  le  conné- 
table Raoul  parmi  ceux  qui  accompagnèrent  le  comte  Baudoin  V 
dit  le  Courageux  dans  son  expédition  contre  Jacques  d'Avesnes  * 
(H75).  On  trouve  dans  Louvet  (t  I,  p.  647  et  s.)  sous  la  même 
année,  un  accord  important  intervenu  entre  M  et  l'abbé  de 
Cluny  relativement  au  prieuré  de  Saint-Leu  d'Esserent.  Ce 
prieuré  se  trouvait  depuis  longtemps  déjà  en  butte  aux  vio- 
lences des  chevaliers  qui  habitaient  le  même  bourg,  et  ne 
pouvait  obtenir  des  paysans  de  ses  domaines  l'acquittement 
régulier  de  leurs  redevances.  Il  réclama  du  comte  de  Clermont 
un  protectorat  que  celui-ci  s'empressa  de  lui  accorder,  moyen- 
nant le  dreît  de  construire  à  Esserent  un  manoir  avec  murs  et 
fossés,  mais  sans  tour,  la  moitié  de  la  justice  du  lieu,  et  un  cens 
annuel  de  deux  muids  d'avoine  par  chaque  feu.  En  échange  de 
ces  concessions,  pour  lesquelles  lui  et  ses  héritiers  durent  prêter 
foi  ot  hommage  aux  abbés  de  Cluny,  il  s'engagea  à  assurer  au 
monastère  le  tranquille  exercice  de  ses  droits  et  en  outre  à  trans- 
férer à  Esserent  le  marché  qui  se  tenait  à  Creil  et  à  abandon- 
ner aux  religieux  la  moitié  du  produit  de  ce  marché,  ainsi  que  du 
péage  du  pont  en  pierre  qui  pourrait  être  construit  en  cet 
endroit  sur  l'Oîsev  (Lettres  de  février  1175). 

C'est  vers  I77&que,  d'après  V Art  de  vérifier  les  dates j  recom- 
mencèrent entre*  Raoul  et  le  chapitre  de  Saint-Pierre  de  Beau- 
vais des  démêlés  qui,  une  seconde  fois  assoupis,  devaient  se  rani- 
mer encore  quelques  années  plus  tard  et  n'avaient  pas  pris  fin  au 


lenie  d'Ailly-sur-Noye  (aujourd'hui  ch^^Ueu  de  canton  de  la  Somme)  et  Tartigny, 
qui  échurent  à  Mathildc,  femme  de  Simon  de  Clermont,  et  la  chàtellenie  de 
Catheu,  qui  semble  avoir  été  le  partage  d^Amicie.  Cependant  Catherine,  fille  de 
Raoul  et  d'Aelis,  possédait  à  Catheu  des  droits  de  roage  dont  elle  fit  don  en  1201 
aux  nonnains  de  Wariville  (coll.  Moreau,  t.  Cil). 
*  Edition  du  marquis  du  Chastelar,  1784,  in-4o,  p.  92. 


Digitized  by 


Google 


22  LE   COMTÉ    DE   CLERMONT    EN    BEAUVAISIS. 

moment  de  sa  mort.  Ce  chapitre  possédait  parmi  ses  nombreux 
domaines  un  vaste  massif  boisé  désigné  sous  le  nom  de  forêt  de 
Noirvaux,  et  situé  vôrs  la  source  de  la  petite  rivière  de  Bresche, 
non  loin  de  la  chaussée  romaine  de  BeauvaisàVendeuil,  Il  vou- 
lut en  faire  opérer  le  défrichement.  Le  comte  lui  en  dénia  la 
faculté  et  expulsa  violemment  les  ouvriers  qui  s*étaient  mis  à 
l'œuvre. 

Les  chanoines  recoururent  aux  armes  spirituelles  et  ful- 
minèrent contre  leur  adversaire  une  excommunication.  Celui-ci 
après  avoir  résisté  quelque  temps  entra  en  négociation  et  fina- 
lement se  désista  de  son  opposition.  Il  fit  même  plus  ;  le  cha- 
pitre ayant  abandonné  aux  Bernardins  de  Ghaalis  la  forêt  de 
Noirvaux  à  change  de  la  défricher  et  sous  réserve  du  droit  de 
champart^  il  sui\4t  cet  exemple  pour  tout  ce  qui  pouvait  lui  appar- 
tenir dans  ladite  forêt  (a.  H80  et  H82,  -^  Collection  Moreau, 
t.  LXXXIV,  LXXXVI  et  XCI.) 

Cependant  leroî  Louis  YII  était  mort  (1180),  laissant  la  cou- 
ronne au  jeune  priiice  issu  de  son  mariage  avec  Adèle  de 
Champagne  et  qui  est  connu  dans  l'histoire  sans  le  nom  de  Phi- 
lippe-Auguste. Deux  factions  partageaient  alors  la  cour  de 
France  :.  celle  de  la  reine  mère  appuyée  de  la  puissante  maison  de 
Champagne,  et  celle  du  comte  de  Flandre,  Philippe  d'Alsace,  par- 
rain du  nouveau  monarque  et  désigné  par  Louis  au  lit  de  mort 
comme  so.n  tuteur.  Le  comte  de  Clermont  appartenait  à  la  pre- 
mière et  y  exerçait  même,  au  dire  d'un  annaliste  contemporain 
(Gisld)ertdeMoiis,  p.  105),  conjointementaveclesirede  Coucy, 
h.  principale  influence.  Philippe  d'Alsace  l'emporta  d'abord  et  fit 
épouser  à  son  pupille  sa  nièce  Isabelle  de  Hainaut,  mais  évincé  en-^ 
suite  il  se  retira  dans  ses  États  pour  y  préparer  une  guerre  dont 
les  prétextes  ne  manquaient  pas  du  reste  de  part  ni  d'autre.  Eu 
effet,  tandis  que  le  roi  réclamait  la  restitution  de  quelques  do- 
maines du  Vermandois  que  Louis  VII  avait  concédés  en  jouis-^ 
sance  au  comte  de  Flandre,  et  contestait  l'hommage  des  terrea 
de  l'évêché  d*Amiens,  Philippe  d'Alsace  élevait  de  son  côté, 
comme  comte  de  Vermandois  et  de  Valois  du  chef  de  sa  femme 
Elisabeth,  sœur  et  héritière  en  1167  de  Raoul  V  dit  le  Lépreux^ 
des  prétentions  de  suzeraineté  à  l'égard  du  château-fort  de  Pier- 
refonds,  de  la  baronnie  de  Coucy,  et  en  Beauvaisis  de  plusieurs 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS.  23 

fiefs,  notamment  de  la  châtellenie  de  Breteuil  *.  C'était  le  moyen 
le  plus  efficace  et  le  plus  direct  de  tirer  vengeance  de  deux 
d'entre  ceux  qui  l'avaient  supplanté  dans  la  faveur  royale.  Les 
hostilités  éclatèrent  simultanément  avec  une  extrême  violence 
en  Berry,  en  Bourgogne  et  sur  les  frontières  de  Picardie  ; 
elles  furent  toutefois  promptement  arrêtées  par  une  trêve  que  la 
médiation  du  roi  d'Angleterre  convertit  en  paix  définitive  (H83 
ou  1184).  Un  article  spécial  du  traité  af^ra^chit  Raoul  de  la  vas- 
salité du  comte  de  Flandre  et  le  plaça  désormais  dans  la  mou- 
vance de  la  couronne'. 

Les  campagnes  de  Clermont,  de  Creil,  celles  de  Breteuil  et 
cette  dernière  ville  elle-même  peut-être  '  avaient  eu  particulière- 
ment à  souffrir  de  la  guerre»  Les  irruptions  du  sénéchal  Hélin, 
gouverneur  de  Crépy,.  avaient  laissé  peu  de  métairies  debout  ;  la 
plupart  des  terres  étaient  demeurées  en  friches.  Raoul  s'appli- 
qua à  réparer  ces  désastres.  Le  Cartulaire  d'Ourscamp  nous  four- 
nit un  acte  delui^  en  date  de  Tannée  1182,  par  lequel  pour  dé- 
dommager l'abbaye  des  pertes  qu'elle  a  pu  éprouver  de  son  fait, 
au  temps  de  la  guerre  entre  le  roi  de  France  et  le  comte  de 
Flandre,  il  autorise  les  religieux  à  défricher  dans  leur  forêt  dite 
de  Saint- Vandrille,  sur  la  jparoisse  de  Bailleul-le-Soc,  doyenné 
de  Pont,  autant  de  terrain  qu'il  est  nécessaire  pour  15 
muids  de  semence.  C'est  une  pensée  analogue  qui  nous  semble 
avoir  déterminé  la  convention  intervenue  l'année  suivante  entre 
le  comte  de  Clermont  et  Guillaume,  abbé  de  Saint-Denis,  aux 
termes  de  laquelle  le  premier  obtint  la  faculté  d'édifier  un  vil- 
lage nouveau  sur  les  domaines  do  l'abbaye  aux  territoires  de 

*  Suivant  Gislebert  de  Mons,  p.  63,  Breteuil,  Bulles,  Milly,  etc.,  auraient 
rélevé  du  comté  de  Vermandois.  Mais  en  ce  qui  concerne  le  preûaier  de  ces  faits, 
son  assertion  parait  contredite  par  le  1^'  registre  des  Feodla  Campanije,  Bibliothèque 
nation.,  coll.  de  Champagne,  t.  GXXXI,  p.  30ar308,  qui  inscrit  Breteuil  parmi  les 
mouvances  du  comté  de  Champagne,  à  moins  que,  fait  qui  n'était  pas  anormal 
alors,  cette  châtellenie  ne  fût  tenue  par  deux  hommages.  Sur  cette  guerre,  voir 
Gislebert  de  Mons,  p.  105-109  ;  Guillaume  Le^  Breton,  Vie  de  Philippe- Auguste  y 
p.   197,  et  d'Oudegherst,  Annales  de  Flandre,  1. 1,  p.  459463. 

«  «  Liber  omnino  a  comité  Flandria  et  ex  toto  in  manu  régis  Francorum.  » 
Chronique  de  Nicolas  Trivet,  Spicilége,  t.  III,  p.  386,  et  Roger  de  Hoveden,  AnnaL 
Anglorum  ad  ann.  1185.  La  même  stipulation  fut  étendue  au  sire  de  Cou&y,  et 
l'évéque  d'Amiens  fut  déclaré  tenir  cette  ville  en  flef  du  roi. 

*  D'après  Carlier,  les  ville  et  château  de  Breteuil  auraient  été  occupés  par  les 
Flamands.  VArt  de  vérifier  les  dates  dit  même  que  le  château  aurait  été  réduit  eu 
cendres  par  le  comte  de  Haiuaut,  allié  de  Philippe  d'Alsace. 


Digitized  by 


Google 


24  LE   COMTÉ    DE   CLERMONT    EN    BEAUVAISIS. 

Liancourt  et  de  Verderonne,  doyenné  de  Pont,  sous  condition 
que  la  justice,  les  droits;  redevances  et  émoluments  de  toutes 
sortes  tant  des  hôtes  que  du  village  appartiendraient  par  moitié 
aux  deux  contractants.  Les  moines  se  réservaient  toutefois 
exclusivement  les  dîmes  ainsi  que  le  champart.  Les  habitants  de 
la  nouvelle  agglomération  devaient  jouir  des  mêmes  libertés  et 
indemnités  {liberam  ad  consuetudines)  que  ceux  de  la  Villeneuve 
du  roi  située  sur  la  rivière  d'Aronde.  Ils  étaient  tenus  de  suivre 
le  comte  dans  toutes  ses  guerres,  expéditions  et  chevauchées, 
les  tournois  exceptés.  En  échange  de  ces  avantages  qui  lui  étaient 
conférés  en  accroissement  de  fief  (m  augmentum  feodistd)RsiOvl 
déclare  renoncer  àla  perception  d'une  taille  qu'il  s*était  appropriée 
indûment  et  par  violence  sur  les  hôtes  de  SaintrDenîs  à  Liancourt 
et  à  Verderonne.  Un  article  spécial  de  la  charte  de  H  83*  constate 
les  droits  qu'en  vertu  de  titres  antérieurs  le  comte  et  l'abbé  per- 
cevaient en  commun  sur  certains  hôtes.  Il  s'agît  là,  croyons- 
nous,  des  droits  de  morte-main  et  de  formariage,  dont  nous 
avons  déjà  parlé,  et  que  nous  trouverons  rappelés  dans  le 
dénombrement  de  1373. 

Nous  ne  saurions  dire  si  la  charte,  que  nous  venons  d'analy- 
ser sommairement,  fut  ou  non  suivie  d'exécution.  Le  Précis  sta- 
tistique deM.  Graves  ne  nous  fournit  à  ce  sujet  aucune  indication, 
et  Félibien,  dans  son  Histoire  de  l'abbaye  de  Saint-Deîiis ,  en  la 
mentionnant  (p.  205)  se  tait  également  également  sur  le  nom  du 
village  nouveau  dont  elle  avait  pour  objet  la  création.  Si  les 
essais  de  colonisation  de  Raoul  aux  environs  de  Liancourt  ne 
paraissent  pas  avoir  été  couronnés  de  succès,  il  en  fut  différem- 
ment d'une  entreprise  semblable  à  laquelle  il  se  livra  peu  d'an- 
nées après  dans  la  forêt  de  Hez.  Cette  forêt,  que  certains  titres 
au  xii''  siècle  dénomment  de  Haitz,  Hais  et  Hors,  et  qui  d'après 
Itouvet  s'appela  aussi  de  Hermès,  forme  encore  aujourd'hui  un 


1  Cette  ckarte  figure  au  tome  LXXXVII  de  la  coHection  Moreau,  et  au  tome  W, 
fo  784  du  Cartulaire  blanc  de  Saint-Denis  (Arch.  nat.).  Non-seulement  par  ses  dis- 
positions principales,  mais  encore  par  sa  contexture,  elle  reproduit  presque  inté- 
gralement un  accord  conclu  en  1152  entre  l'abbé  Eudes  de  Deuil  et  Mathieu  III, 
comte  de  Beaumont,  Recherches  historiques  sur  les  comtes  de  Beaumont^  preuves 
p.  10-12,  relativement  au  village  de  Saint-Martin-du-Tertre.  Toutefois,  et  c'est  ïk 
une  marque  des  progrès  de  Tesprit  public,  le  second  des  deux  documents  stipule 
en  faveur  des  habitants  de  l'agglomération  projetée  des  franchises  sur  lesquelles 
se  taisait  le  premier. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLBRMONT   EN   BEAUVAISIS.  25 

massif  important,  bien  que  son  étendue  primitive  ait  été  nota- 
blement réduite  par  les  défrichements  auxquels  les  villages  cir- 
eonvoisins  ont  dû  leur  origine.  On  ne  peut  préciser  l'époque  à 
laquelle  elle  devint  en  son  enti^  le  domaine  des  comtes  de  Cler- 
mont.  Sans  nul  doute  une  partie  leur  en  appartenait  déjà,  lorsqu'ils 
élevèrent  à  son  extrémité  occidentale  le  château  fort  dont  ils 
devaient  tirer  leur  nom  patronjnoaique,  et  de  même  la  possession 
par  eux  de  la  forteresse  de  Litz  semble  impliquer  celle  d'une 
certaine  superficie  boisée  environnante.  Mais  il  n'en  est  pas 
moins  constant  que  les  maisons  deBuUesetdeBreteuily  avaient 
également  des  droits,  et  comme  Raoul  est  le  premier  seigneur 
de  Clermont  qui  nous  apparaisse  dans  les  chartes  disposant  du 
sol  forestier  de  Hez  ou  de  ses  produits,  il  semble  assez 
rationnel  de  conclure  que  ce  fut  son  mariage  avec  Aêlis  de  Bre- 
teui)  qui  le  rendit  propriétaire  de  Tensemble,  par  la  réunion 
entre  ses  mains  à  ce  qui  lui  était  échu  par  héritage  paternel  de 
ce  qui  avait  appartenu  aux  deux  maisons  dont  nous  venons  de 
parler.  Quoi  qu'il  en  soit,  la  forêt  demeurait  encore  inhabitée,  au 
dire  de  Louvet,  et  était  pour  la  majeure  partie  comprise  dans 
la  circonscription  de  la  paroisse  de  Courlieu,  aujourd'hui  Rue- 
Saint-Pierre,  lorsqu'en  1186  ou  1187  Raoul  se  résolut  à  y  faire 
une  tentative  d'établissement,  lequel  parait  avoir  eu  un  double 
but  :  accroître  les  produits  du  domaine  seigneurial,  couvrir  par 
un  ouvrage  avancé  les  approches  de  la  ville  de  Clermont  du  côté 
de  Beauvais.  Le  bourg  nouveau,  bâti  peut-être  autour  d'un  ren^ 
dez-vous  de  chasse  déjà  existant  qui  devait  être  en  même  temps 
un  manoir  fortifié,  fut  doté  d'une  charte  de  franchises,  analogue 
à  celle  de  Gournay-sur-Aronde.  Tout  hôte  venant  y  fixer  sa  de- 
meure fut  déclaré  exempt  de  taille,  moyennant  un  cens  annuel 
de  deux  muids  d'avoine,  deux  chapons  et  six  deniers  de  mon- 
naie Beauvaisine  par  masure,  et  eut  droit  au  mort  bois  dans  ta 
forêt  tant  pour  son  chauffage  que  pour  son  usage  *.  L^appel 
publié  par  le  comte  de  Clermont  attira  à  la  Neufville  *  une 
affluence  telle  d^habitants,  que  les  localités  environnantes  s'en 

«  Collection  Mo.rea»,  t.  XC,  Mes.  FFr  4663,  a»  LXiv  et  Mss.  20,082,  p. 

*  La  nouvelle  agglomération  retint  la  dénomination  de  la  Neufville,  en  y  joi- 
gnant d^abord  le  nom  de  le  Comte  puis  de  Hez,  pour  la  distinguer  de  la  Neuville- 
le-Roi  sur  TAronde,  à  laquelle  se  rapporte,  croyons-nous,  la  charte  de  commune 
accordée  en  1200  par  Philippe-Auguste,  Ordonn.,  XF,  p.  278,  et  que  M.  Graves 
attribue  mal  à  propos,  suivant  nous,  à  la  première. 


Digitized  by 


Google 


26  LE  COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 

trouvèrent  comme  dépeuplées  au  grand  détriment  des  seigneurs. 
Ceux-ci,  voyant  leurs  domaines  abandonnés,  se  pourvurent  au- 
près du  comte  et  en  obtinrent  qu'il  ne  recevrait  aucuns  de  leurs 
tenanciers  sur  ses  terres  qu'ils  n'eussent  justifié  s'être  libérés  à 
leur  égard  conformément  au  droit  féodal  *. 

Raoul  avait  jeté  en  même  temps  à  la  Neuville  les  fondations 
d'une  Eglise  qui  ne  fut  primitivement  qu'un  vicariat  dépendant 
de  la  paroisse  de  Gourlieu,  mais  à  laquelle  des  bulles  Pontifi- 
cales de  1249,  1250  et  1269  transférèrent  le  titre  curial,  en  main- 
tenant ce  bénéfice  à  la  collation  du  chapitre  de  Gerberoy. 

Si  l'ensemble  de  la  forêt  de  Hez  faisait  partie  du  domaine  du 
comté,  il  y  existai  tcependant  plusieurs  enclaves  sur  lesquels  divers 
particuliers  laïques  ou  ecclésiastiques  avaient  des  droits,  ou  tout 
au  moins  élevaient  des  prétentions.  Tel  était  entre  autres  le  bois 
de  Saint-Pierre  que  le  chapitre  de  Beauvais  revendiquait  comme 
dépendant  de  la  seigneurie  de  Litz.  Raoul  l'avait  nonobstant  dé- 
friché et  en  avait  concédé  le  sol,  assure  M.  Graves,  à  ses  hôtes 
de  la  Neufville  pour  y  élever  leurs  demeures.  De  là  un  troisième 
différend  qui  attira  sur  lui  une  sentence  d'excommunication, 
d'abord  du  cardinal  légat  archevêque  de  Reims,  puis  du  Saint- 
Siège  même  {A  ri  de  vérifier  les  dates  et  Collection  Moreau ,  t.  XCXI) . 
Au  lit  de  mort  devant  Saint-Jean-d'Acre  (6  juillet  1191),  le  comte 
de  Clermont  prescrivit  à  ses  héritiers  de  réparer  le  dommage 
par  lui  causé  aux  chanoines.  La  croix,  qu'il  avait  prise  trois  ans 
auparavant  à  Tentrevue  de  Gisors,  avait  dès  lors  vraisemblable- 
ment suspendu  la  procédure  prescrite  contre  lui  par  le  bref  pon- 
tifical d'excommunication,  qui  est  daté  de  Vérone  le  28  mai  de 
l'année  1186  ou  1187. 

Du  reste  ce  démêlé  purement  temporel  et  local  n'avait  nulle- 
ment fait  obstacle  aux  bonnes  relations  de  Raoul  avec  le  reste  du 
clergé.  Précisément  en  l'année  1187,  il  contracta  avec  l'abbaye 
de  Saint-Lucien  pour  les  villages  de  Rozoy  et  de  Beaupuits, 
doyennés  de  Pont  et  de  Ressons^  une  association  analogue  à 
celle  conclue  douze  ans  auparavant  avec  le  prieuré  de  Saint-Leu 
d'Esserent.  La  charte  y  relative  (Collection  Moreau,  t.  XCIX,  Ms. 
Fr.  4663,  n^  IV  et  Fr.  20,082  f*  5S8)  fait  mentionde  deux  autres 
associations  :  l'une  avec  l'abbaye  de  Saint-Denis,  dont  nous  avons 

•  Beaumauoir,  Les  Coutumes  du  Beauvoisis,  c.  xxxii,  édition  Beugnot,  t.  I, 
I>.  471-472. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   D£   CLERMONT   EN   BEÂUVAISIS.  27 

déjà  parlé,  Tautre  avec  celle  de  Corbie.  Nous  n'avons  pu  retrou- 
ver Tacte  qui  concerne  cette  dernière  ;  mais  elle  nous  paraîtrait 
s'être  appliquée  à  la  seigneurie  de  Thury-sous-Clermont,  pour 
laquelle  l'abbé  de  Corbie  payait  encore  au  xiv®  siècle  au  comté 
une  redevance  de  soixante  anguilles  par  chaque  année.  (Dénom- 
brement de  1373.) 

Nous  avons  à  signaler  dans  le  même  ordre  d'idées  la  charte, 
que  cite  Louvet,  par  laquelle  Lambert  abbé  de  Saint-Germermit 
en  1190  le  village  et  la  seigneurie  de  Rieux,  doyenné  de  Pont, 
sous  la  protection  du  comte  de  Clermont,  moyennant  un  cens 
annuel  de  deux  muids  d'avoine  sur  chaque  hôte.  Enfin  peut- 
être  est-ce  aussi  du  temps  de  Raoul  que  date  l'institution  de 
TAvouerie  de  Halloy,  mentionnée  au  Dénombrement  de  1373. 
Cette  seigneurie  de  Halloy,  qui  fut  longtemps  comprise  dans  La 
circonscription  de  Grandvilliers,  diocèse  d'Amiens,  appartenait 
pour  partie  à  l'abbaye  de  Lannoy. 

Cependant  Jérusalem  venait  de  tomber  au'  pouvoir  du  sultan 
Saladin,  et,  se  faisant  l'interprète  du  sentiment  et  du  deuil  uni- 
versels, le  souverain  Pontife  conviait  les  peuples  et  les  rois  à  une 
nouvelle  croisade.  Philippe-Auguste  et  Henri  H  d'Angleterre 
prirent  ensemble  la  croix  à  l'entrevue  de  Gisors  (janvier  1187). 
Parmi  ceux  qui  s'engagèrent  à  marcher  avec  eux  à  la  déli- 
vrance des  lieux-saints,  Gislebert  de  Mons  cite  (p.  69)  au  pre- 
mier rang  le  connétable  de  Clermont,  L'expédition  ainsi  décidée 
ne  devait  être^entreprise  que  bien  des  mois  après,  en  1190  seu- 
lement. Dans  l'intervalle  Raoul  n'eut  garde  de  manquer  à  la 
pieuse  pratique,  par  laquelle  la  plupart  des  barons  et  des  cheva- 
liers cherchaient  à  appeler  la  protection  divine  sur  leur  lointain 
voyage.  Il  fit  aux  pauvres  et  aux  monastères  de  ses  domaines  de 
larges  aumônes.  Ce  fut  alors  qu'il  donna  à  l'abbaye  de  Froidmont 
la  partie  de  la  forêt  de  Hez  qui  était  du  côté  du  marais,  ainsi  que 
le  bois  de  la  Houssière  paroisse  de  Bailleul-sur-Thérain  (Collec- 
tion Mereau,  t.  XCII);  au  prieuré  de  Wariville  une  charretée  de 
bois  chaque  jour  dans  la  forêt  de  Hez ,  des  terres  et  *des  vignes 
à  Sacy-le-grand,  un  muids  de  froment  sur  la  grange  deMaison- 
celles  (Collection  Moreau,  t.  XCH  et  Mss.  Fr.  4663,  lxxv)  ;  à  l'ab- 
baye de  Saint-Fuscien,  au  diocèse  d'Amiens,  la  dîme  des  an- 
guilles de  Paillard  et  de  la  Falloise,  au  doyenné  de  Moreuil 
même  diocèse.   (Collection  Moreau,  ibid.)  En  même  temps,  il 


Digitized  by 


Google 


28  LE   COMTÉ   DE   GLERMONT   EN    BEAUVAISIS. 

confirmait  et  étendait  la  donation  par  lui  faite  en  1 177  sous  cer- 
taines réserves  à  Tàbbaye  de  Breteuil  de  la  terre  dte  Maisoncelles 
Tuillerie,  doyenné  de  Breteuil,  et  renonçait  aux  droits  que  cette 
abbaye  lui  avait  antérieurement  cwicédés  sur  le  village  de  Mou- 
tiers,  doyenné  de  Ressons  (Collection  Moreau,  t.  LXXXI).  Il  resti- 
tuait également  au  chapitre  d^Amiens  la  quatrième  partie  de  la 
dime  de  Rumaisnil,  au  doyenné  de  Conti,  qu'ils  détenait  injuste- 
ment. {Gallia  Cfirùtiatia,  t.  IX,  80^.) 

A  une  époque  quenous  ne  saurions  préciser,  Raoul  avait&it  don 
à  la  maison  des  lépreux  ou  méseaux  de  Clermont  de  la  dime  du 
pain  nécessaire  à  sa  dépense  «  quant  longuement  sa  courtaura  été 
dedans  la  seigneurte  de  Clermont  »  {Charte  confirmative  de  saint 
Louis,  a.  1251,  Mss  Fr.  20,082,  P  556).  En  1190,  û  accorda  à 
la  mal'adrerie>  qu'il  venait  de  fonder  à  Cr^l,  h  même  libéralité 
pendant  tout  le  temps  de  sa  résidence  dans  Tétendue  de  la  chà- 
tellenie,  fit  consacrer  par  Tévèque  de  Beauvafs  une-  chapelle 
qu'il  avait  construite  en  l'honneur  de  Saitit-Michel  dans  l'enclos 
de  la  maladrerie,  et  affecta^  cette  chapelle  un  chapelain  et  un 
clerc  pour  ta  desservir  {Histoire  de  Creif,  p.  34  et  Mss.  Fr.  4663 
XIII). 

Le  comte  Raoul  de  Clermont  fut  du  nombre^  des  guerriers 
que  la  peste  emporta  sous  les  murs  de  Saint-Jean-d'Acre.  Avant 
d'expirer,  il  avait  exprimé  ses  dernières  volontés  que  des  lettres 
de  Philippe-Auguste  de  juillet  1191  transmirent  en  Europe  (Lou- 
vet,  1. 1,  p.  702).  Il  enjoignait  à  ses  héritiers  de  réparer  tous  les 
torts  qu'il  avait  pu  causer  à  autrui,  notamment  au  chapitre  de 
Beauvais,  pour  ce  qui  concernait  le  bois  de  Litz,  et  instituait 
dans  la  collégiale  de  Saint-Arnouït  de  Clermont  une  chapelle 
dotée  de  revenus  suffisants  pour  le^  service  divin. 

D'Aëlis  de  Breteuil,  qui  lui  survécut  au  moins  jusqu'en  1195*, 
il  avait  eu  quatre  enfants  :  Raoul  et  Adèle  morts  avant  lui  ; 
Catherine  qui  porta  le  comté  de  Clermontdans  la  maison  de  Cham- 
pagne ;  et  Mathilde  ou  Mahaut  laquelle  se  maria  avec  un  sei- 
gneur de  Vierzon  en  Berry,  Guillaume,  suivant  la  Thaumassière 

*  Elle  confirma  en  effet  la  dite  année  H95  une  donation  faite  par  Guillaume 
d'Orviler  à  l'abbaye  de  Chaalis  (coll.  Moreau,  t.  XCVI).  Elle  fut  enterrée  dans 
Téglise  du  prieuré  de  filles  de  WariviUe,  qui  avait  été  de  sa  part  Tobjet  de  nom- 
breuses libéralités.  Voir  coll.  Moreau,  t.  XGIV  et  XCVIII  ;  V.  aussi  IbUl,,  les  dona- 
tions faites  ou  confirmées  par  Aelis  à  Tabbaye  de  Froidmont. 


Digitized  by 


Google 


LE  COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS.  29 

{Histoire  de  Berry^  t  II,  jk  497),  Hervé  II,  d'après  le  P.  Anselme, 
et  ne  laissa  pas  de  postérité  ^ 

Bans  bon  nombre  des  actes  que  nous  avons  cités,  Raoul  s'in- 
titulait comte  par  la  grâce  de  Dieu,  et  cette  qualification,  signe 
de  rindépendance  qu'il  prétendait  pour  le  gouvernement  de  ses 
États  patrimoniaux,  lui  est  même  conservée  dans  un  Vidimus 
de  Louis  IX  de  l'an  1255  •. 

Avec  lui  prit  fin  la  première  race  des  comtes  propriétaires  de 
Clermont  en  Beauvaisis,  celle  qui  avait  créé  le  comté  et  en 
avait  reçu  son  nom  patronymique.  Mais  si  la  branche  aînée  de 
cette  illustre  maison  tomba  alors  en  quenouille,  une  branche 
cadette,  issue  de  Simon,  frère  de  Raoul,  devait  se  perpétuer 
non  sans  éclat  jusqu'au  xvi®  siècle.  Nous  en  avons  déjà  parlé  au 
degré  de  Renaud  II,  et  il  ne  nous  reste  plus,  avant  de  passer  au  para- 
graphe de  Catherine  et  do  Louis  de  Blois,  qu'une  question  à  exa- 
miner ou  plutôt  à  indiquer,  celle  des  armoiries  que  portèrent 
les  comtes  de  Clermont.  Le  P.  Anselme  et  les  autres  généalo- 
gistes les  blasonnent  ainsi  :  de  gueulesy  à  deux  bars  (for  adossés 
sur  un  écu  semé  de  trèfles  de  même.  Ces  armes  ont  été  assuré- 
ment celles  de  la  branche  des  seigneurs  d'Ailly  et  de  Nesles 
mais  l'ont-elles  été  également  de  la  branche  aînée?  Bien  que 
dans  la  salle  des  croisades  à  Versailles,  l'écu  de  gueules  du 
connétable  soit  chargé  de  deux  bars,  la  question  nous  parait 
à  tout  le  moins  douteuse  devant  une  énonciation  de  Dom  Gre- 
nier que  nous  avons  déjà  reproduite  au  degré  de  Renaud  II.  Dé- 
crivant les  armes  de  Simon  de  Clermont,  telles  que  nous  venons 
de  les  indiquer,  le  savant  historiographe  de  Picardie  ajoute  :  «  Ses 
armes  sont  différentes,  quoi  qu'en  dise  le  P.  Anselme  (t.  VI,  p.  46) 
de  celles  du  comte  Raoul  son  frère  •.  »  Cette  opinion  trouve  sa 
confirmation  dans  le  fait  aujourd'hui  généralement  constaté  ^  qu'à 

*  Elle  vivait  encore  en  1200,  année  où  elle  est  mentionnée  par  son  beau-frère 
Louis  de  Blois  dans  une  charte  portant  donation  à  Tabbaye  de  Froidmont  du  bois 
de  Cormeilles.  Ck)ll.  Moreau,  t.  GC,  f«  40. 

«  Ms8.  F  20,082,  to  556  ;  V.  coll.  Moreau,  t.  LXXI,  fo«  71  et  159  (a  1161)  ;  74,  fo  10; 
79,  fo  31  (a  1174)  ;  81,  ^  198  (vers  1190)  et  90,  f»  129  (a  1188).  La  charte  de  dona- 
tion à  Wariville  de  Tannée  1190  (Àrch.  nat.^  P  1362,  cote  1078)  inscrit  parmi  les 
témoins,  le  sénéchal,  le  maréchal  et  le  camérier  du  comte. 

'  Tome  CCLXII,  fo  108,  Généalogie  des  seigneurs  efAilly-sur-Noye,  article  Simon 
de  CSermont. 

^  Voyez  un  article  très-remarque  publié  par  M.  A.  de  Barthélémy  en  1872  dans 
la  Revue  de  la  Société  des  Antiquaires  de  VOuest,  sous  le  titre  :  Essai  sur  Vorigine 
des  armoiries  féodales. 


Digitized  by 


Google 


30  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS. 

l'origine  les  armoiries  féodales  étaient  réelles ,  c'est-à-dire 
tenaient  au  fief  non  à  la  personne  de  son  possesseur,  et  que  ce  ne 
fut  qu'à  partir  du  xiii®  siècle  que,  devenues  personnelles,  ellefe  se 
conservèrent  héréditairement  dans  les  familles,  quelques  chan- 
gements ultérieurs  qu'aient  subis  leurs  possessions  territoriales. 
Maintenant  quel  fut  le  blason  du  comté  de  Clermont?  L'inven- 
taire général,  dressé  par  M.  Douet  d'Arcq,  des  sceaux  conservés 
aux  Archives  Nationales  permet  sinon  de  le  déterminer,  du 
moins  de  le  conjecturer  avec  quelque  certitude. 

Les  sceaux  du  connétable  ne  sont  pas  dans  un  état  de  con- 
servation suffisant  pour  que  l'on  distingue  les  emblèmes  tracés 
sur  le  bouclier*.  Mais  il  en  est  différemment  pour  sa  fille  Cathe- 
rine et  pour  le  fils  de  celle-ci  Thibault  de  Blois,  qui  possédèrent 
Buccessivement  après  lui  le  comté  de  Clermont.  On  a  de  la  pre- 
mière deux  contre-sceaux  :  l'un  appendu  à  une  donation  aux 
Templiers,  de  l'an  1211  et  qui  est  décrit  ainsi  par  l'Inventaire 
général  (n**  957)  :  écu  parti  à  dextre  iïune  bande  accompagné  de 
tneriettes  ou  cotices  (de  Blois),  à  senestre  de  cinq  gerbes  en 
croix  \  —  l'autre,  qui  accompagnait  une  charte  d'octobre  1198 
confirmative  de  la  donation  faite  à  l'Hôtel-Dieu  de  Beauvais  de 
la  terre  de  Francastel,  et  sur  lequel  D.  Grenier  a  reconnu  trois 
pièces  qui  paraissaient  être  des  gerbes  posées  deleii  (Collection 
Moreau,  t.  XCIX,  f"  26.).  Quant  à  Thibault,  six  gerbes  en  orle 
figurent  sur  le  contre-sceau  de  l'acte  de  novembre  1213  par  le- 
quel il  se  porta  caution  envers  Philippe-Auguste  pour  Blanche 
comtesse  de  Champagne.  Si  des  indications  qui  précèdent  on 
rapproche  le  fait  que  les  cinq  gerbes  en  croix  se  retrouvent  sur 
un  contre-sceau  de  Raoul  de  Clermont,  seigneur  d'Ailly,  fils 
de  Simon,  de  l'année  1203  (Inventaire  général,  n**  1849),  c'est-à- 
dire  à  une  époque  où  sa  proximité  de  lignage  semblait  lui  donner 
encore  des  droits  au  comté,  droits  qui  s'ouvrirent  en  efl'et  un 
peu  plus  tard,  on  pourrait,  croyons-nous,  être  amené  à  considé- 
rer ces  emblèmes  comme  ayant  formé  les  armoiries  primitives 
du  comté  de  Clermont  *. 


i  Cependant  nous  devons  dire  que  M.  Douet  d'Arcq  a  cru  entrevoir  à  la  rigueur 
un  lion  sur  le  sceau  de  Raoul  appendu  à  la  charte  de  société  avec  Tabbé  de 
Saint-Denis  de  Tan  1183. 

•  Telle  est  l'opinion  de  M.  de  Barthélémy,  qui  fait  remarquer  (p.  2!)  que  les 
gerbes  disparurent  des  sceaux  des  comtes  de  Blois,  dès  que  ceux-ci  ne  furent 
plus  possesseurs  du  comté  de  Clermont. 


Digitized  by 


Google 


LE  COMTÉ  DE  GLERMONT  EN  BEAUVAISIS.  31 

V.  —  Cathewne  de  Clermont  ET  Louis  de  Blois  *.  Fille  aînée 
de  Raoul,  comte  de  Clermont  etd'Aëlis  de  Breteuil,  Catherine 
épousa  du  vivant  de  son  père,  vers  1190,  croyons-nous*,  Louis 
fils  de  Thibault  dit  le  Bon,  comte  de  Blois  et  de  Chartres,  et  de  sa 
seconde  femme  Alix  de  France. 

La  mort  simultanée  de  Thibault  et  de  Raoul,  sous  les  murs  de 
Saint-Jean-d'Acre,  rendit  dès  1191  les  nouveaux  époux  proprié- 
taires des  comtés  de  Blois  et  de  Chartres  ainsi  que  de  celui  de 
Clermont.  Toutefoi«,  en  ce  qui  concerne  ce  dernier,  le  premier 
acte  de  leur  administration  que  nous  ayons  trouvé  ne  remonte 
qu'à  1195,  ce  qui  pourrait  faire  penser  que  la  comtesse  Aëlis  en 
aurait  conservé  l'usufruit  '. 

Le  12  juin  de  ladite  année  119S,  le  comte  et  la  comtesse  don- 
nèrent à  foi  et  hommage  à  Ansold  de  Ronquerolles,  divers  biens 
sis  à  Monthatère  près  Creil,  et  entre  autres  le  champart,  le  vinage 
et  le  vin  des  Pressoirs.  (Collection  Moreau,  t.  XCVI,  f*  115.) 

Cette  même  année  Catherine,  suivant  Louvet  (t.  II,  p.  80),  fon- 
da à  Maulers  une  chapelle  qu'elle  dota  de  12  livres  tournois  de 
rente. 

En  1196,  elle  accorda  comme  dame  de  Breteuil  son  consen- 
tement à  la  cession  faite,  à  charge  de  cens,  par  l'abbé  du 
Bec  aux  religieux  de  Chaalis  de  tout  ce  que  son  monastère  pos- 
sédait, tant  en  terres  qu'en  bois,  sur  le  territoire  de  Sainte-Eusoye 
ainsi  que  dans  l'étendue  de  la  chàtellenie,  et  promit  de  garantir 
les  nouveaux  possesseurs  contre  tous  troubles  et  évictions.  (Col- 
lection Moreau,  t.  XCVII,f  149.) 

L'année  1197  est  particulièrement  mémorable  dans  l'histoire 
du  comté  de  Clermont.  C'est  alors,  en  efifet,  que  les  villes 
de  Clermont  et  de  Creil,  jusque-là  exclusivement  soumises  à 

*  Les  armes  de  la  maison  de  Champagne,  dont  celle  de  Blois  formait  une 
branche»  étaient  :  D'azur  à  une  bande  d'argent,  accompagnée  de  deux  doubles 
coiices  poiencées  et  contrepotencées  d'or  de  treize  pièces, 

*  CaUierine  est  nommée  dans  les  chartes  de  son  père  pour  la  première  fois  en 
1178.  Elle  figure  avec  son  époux  en  1190,  dans  la  confirmation  par  Raoul  de  Cler>- 
mont  du  don  à  Tabbaye  de  Breteuil  de  la  terre  de  Maisoncelles  Tuilerie  (coll. 
Moreau,  t.  LXXXI).  Louis  de  Blois  ayant  Tingt-sept  ans  seulement  en  lrl99,  au  dire 
de  Capefigue,  Histoire  de  Philippe- Auguste ,  t.  II,  p.  206,  le  mariage  ne  peut  guère 
avoir  été  antérieur  à  1190. 

>  Nous  n'indiquerons  bien  entendu  ici  des  actes  de  Louis  de  Blois  que  ceux 
relatifs  au  comte  de  Clermont,  laissant  dans  Tombre  tout  ce  qui  a  trait  à  ses 
domaines  patrimoniaux. 


Digitized  by 


Google 


32  LE   COMTÉ   DE   CLEBMONT   EN    BEAUVAISIS. 

rautorité  et  à  la  juridiction  des  officiers  seigneuriaux,  obtinrent 
le  droit  de  s'administrer  elles-mêmes,  ainsi  que  la  substitution 
d'une  redevance  fixe  et  déterminée  aux  tailles  et  prestations  arbi- 
traires dont  leurs  habitants  étaient  antérieurement  tenus.  Les 
actes,  qui  consacrèrent  ce  changement  considérable  dans  Tétat 
des  personnes,  nous  paraissent  appartenir  sans  conteste  à  la 
catégorie  des  chartes  d'affranchissement  ou  de  coutumes,  c'est-à- 
dire  établies  par  le  commun  accord  du  seigneur  et  des  bour- 
geois, sans  association  ni  conjuration  de  ces  derniers.  Les  deux 
chartes  sont  calquées  sur  le  mémo  modèle  ;  nous  analyserons 
celle  de  Clermont  \  en  indiquant  ensuite  les  quelques  variantes 
relatives  à  Creil. 

Le  comte  Louis  de  Blois,  déclare  dans  le  préambule  qu'en 
l'honneur  de  Dieu  et  dans  l'intérêt  du  pays  {ad  patriœ  uliHta- 
tem)  il  a  pour  le  salut  de  son  âme  et  de  celles  de  ses  prédéces- 
seurs octroyé,  du  consentement  de  safenmie  Catherine  et  de  sa 
belle-sœur  Mahaud,  aux  habitants  et  manants  de  Clermont 
{homines  Claromonte  manentes)  les  concessions  suivantes,  sauf  le 
droit  des  églises  et  des  chevaliers  : 

Tout  habitant  de  Clermont  précédemment  soumis  à  la  taille 
en  sera,  lui  et  ses  héritiers,  dorénavant  affranchi,  ainsi  que  de 
toute  oblation,  emprunt  et  prêt  forcé  {oblatione,  impruntato  et 
rogâ  coactâ),  même  des  corvées  hors  de  la  ville,  à  condition  d'ac- 
quitter une  redevance  annuelle  de  cinq  sous  de  monnaie  Beau- 
vaisine*  par  chaque  masure,  c'est-à-dire  tenement  édifié  d'une 
maison  qu'il  habitera  ou  possédera.  Le  cens  ci-dessus  fixé  devra 
être  acquitté  le  jour  de  la  fête  de  Saint-Remy  (!•'  octobre), 
sous  peine  d'être  porté  au  double  en  cas  de  non  paiement  à 
l'échéance,  l'ensemble  des  bourgeois  en  étant  solidairement 
responsable. 

Les  bourgeois  auront  la  faculté  d'élire  chaque  année  huit 
d'entre  eux  pour  administrer  les  affaires  de  la  ville  ;  ces  admi- 
nistrateurs à  chaque  renouvellement  feront  serment  d'observer 
de  bonne  foi  les  coutumes  de  la  ville  ;  ils  statueront  sur  les 

^  Il  existe  plusieurs  copies  en  français  de  la  charte  de  Clermont,  Mss.  Fr.  4,663, 
f»  115,  20,082,  fo  553  ;  D.  Grenier,  t.  LXXXIX,  fo  57,  et  deux  vidimus  en  latin. 
Arch.  nat.,  carton  J  167  et  P  1362,  cote  1102. 

•  Ces  cinq  sous  semblent  pouvoir  sans  trop  grande  erreur  être  estimés  repré- 
senter yingt  à  vingt-cinq  francs  de  nos  jours,  en  tenant  compte  de  la  valeur  et 
du  pouvoir  respectifs  de  l'argent  au  \ii<^  siècle  et  au  x\x^. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS.  33 

demandes  en  décharge  formées  pv  les  pauvres  qui  se  préten- 
draient surchargés. 

Tous  les  habitants  de  Glermont ,  qui  étaient  jusqu'alors  de 
condition  serve,  demeureront  à  l'avenir,  eux ,  leurs  héritiers  et 
tenures  francs  et  quittes  de  toutes  servitude.  Si  quelqu'un 
veut  abandonner  la  ville,  il  en  aura  toute  liberté  à  moins  qu'il 
n'ait  commis  quelque  forfait  pour  lequel  il  devra  alors,  avant  son 
départ,  donner  satisfaction  suivant  les  usages  et  coutumes  de 
la  ville.  Quiconque  voudra  venir  habiter  Glermont  le  pourra  en 
se  confoimant  auxdites  coutumes. 

Les  forfaitures  ou  amendes  des  délits  ruraux  appartiendront 
comme  antérieurement  au  comte.  Nul  ne  sera  arrêté,  ou  s'il  est 
arrêté,  ne  sera  retenu,  s'il  peut  fournir  caution  de  comparaître 
en  justice,  à  moins  qu'il  ne  soit  accusé  de  meurtre,  guet-apens, 
trésor  recelé,  incendie,  homicide,  rapt,  vol  avec  effraction.  La 
garde  des  prisonniers  est  abandonn4e  aux  bourgeois.  Ds  ne 
pourront  retenir  captif  un  étranger  devant  la  taille  au  comte, 
sans  l'assentiment  de  ce  dernier.  Ils  devront,  toutes  les  fois 
qu'ils  seront  convoqués,  suivre,  conune  c'était  antérieurement 
lusage,  leur  seigneur  ou  son  représentant  en  tout  ost  (exerci- 
tum)  et  chevauchée  {expeditionem). 

Le  comte  et  la  comtesse  auront  trois  mois  de  crédit  pour 
solder  les  denrées  alimentaires  qu'ils  achèteront  à  Glermont,  et 
dont  ils  continueront  à  fixer  le  prix. 

Chaque  fois  que  le  prévôt  de  Glermont,  les  sergents,  le  capi- 
taine de  la  ville,  seront  changés,  ils  s'engageront,  par  serment, 
à  observer  les  coutumes  sus-énoncées  fermement  et  de  bonne 
foi. 

La  charte  de  Greil  *,  avons-nous  dit,  présente  identiquement 
les  mêmes  dispositions  que  celle  de  Glermont.  Les  seules  diffé- 
rences que  nous  ayons  à  signaler  sont  que  le  cens  annuel  de 
cinq  sous  se  devait  acquitter  en  monnaie  parisis,  au  lieu  de 
monnaie  Beauvaisine,  c'est-à-dire  inférieure  d'un  treizième, 
et  que  le  nombre  des  administrateurs  électifs  ou  pairs  se  trou- 
vait fixé  à  six. 

La  munificence,  dont  le  comte  et  la  comtesse  de  Glermont 

^  La  charte  de  Creil  se  trouve  au  fo  95  du  Mss.  Fr.  4663  avec  la  date  du  23  fé- 
vrier 1197  ;  V.  au88i  Arch.  nat.,  P  1362  «,  cote  1067. 

3 


Digitized  by 


Google 


34  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 

avaient  faît  preuve  en  faveur  <Jes  établissements  religieux  dès  leur 
prise  de  possession,  ne  se  démentit  pas  dans  Tannée  H97.  Ils 
confirmèrent  au  prieuré  de  Wariville  les  libéralités  faites  par  leurs 
prédécesseurs  et  y  ajoutèrent,  le  5  octobre,  vingt  livres  beauvai- 
sines  à  toucher  annuellement  sur  les  revenus  du  domaine  de 
Clermont  et  dix  autres  sur  le  travers  de  Francastel  pour  l'habil- 
lement des  religieuses.  En  même  temps  «  compatissant  à  la 
pauvreté  de  la  maison  de  Froidmont  et  désirant  réunir  le  cou- 
vent dispersé,  »  ils  concédèrent  &  l'abbé  et  &  ses  religieux  la 
faculté  de  vendre  publiquement  les  bois  qu'ils  possédaient  sous 
la  garde  et  tutelle  des  seigneurs  de  Breteuil.  (Coll.  Moreau, 
t.  XCVIIL) 

En  1198,  le  comte  accorda  aux  bons-hommes  de  l'abbaye  de 
Ressons-en-Thelles  dix  muids  de  vin  de  rente  perpétuelle,  à 
prendre  à  Clermont  au  temps  des  vendanges,  et  ime  charge  ou 
sommier  de  bois  mort  (jjiaque  jour  dans  la  forêt  de  Hez  (Coll. 
Moreau,  t.  XCIX).  La  comtesse  Catherine  confirma  ce  don  de  son 
époux,  ainsi  que  celui  par  lequel  il  transférait  à  l'Hôtel-Dieu  de 
Beauvais  toutes  les  terres  labourables  qu'il  possédait  &  Fran- 
castel, avec  le  champart  dudit  lieu,  à  charge  d'entretenir  un 
chapelain,  qui  prierait  Dieu  chaque  jour  pour  le  salut  de  l'âme 
des  donateurs,  et  de  celles  de  leurs  parents  (ibid.). 

Le  cartulaire  d'Ourscamp  nous  fournit  une  charte  des  mêmes, 
de  Tannée  1199,  amortissant  au  profit  du  monastère  de  ce  nom, 
plusieurs  dîmes  aux  territoires  d'Erreuses  et  de  BaiUeul-le-Soc, 
ainsi  qu'au  bois  de  Saint-Denis,  situé  entre  Yalsemer  et  Cres- 
sonsart  S 

Ce  fut  au  printemps  de  cette  même  année,  que  dans  un  tour- 
nois, crié  entre  Bray-sur-Somme  et  Encre,  les  prédications  de 
Foulques,  curé  de  NeuiUy,  décidèrent  les  premières  adhésions 
à  la  quatrième  Croisade. 

Le  comte  de  Blois  était  présent ,  et  s'empressa  de  prendre  la 
croix  avec  Thibault,  comte  de  Champagne,  son  cousin,  Bau- 
douin, comte  de  Flandre,  Hugues,  comte  de  Saint-Pol,  Etienne, 
comte  du  Perche,  Simon  de  Montfort,  Gautier  4©  Brienne  et 

1  Ce  Cfiu*talaire  contient  plusieurs  autres  chartes,  tant  de  Louis  de  Blois  que  de 
Catherine,  portant  confirmation  de  libéralités  faites  par  divers  particuliers.  Nous 
les  passons  ici  sous  silence,  et  il  en  est  de  même  en  ce  qui  concerne  les  abbayes 
de  Froidmont,  de  Saint-Martin-au-Bois  et  de  Chaalis. 


Digitized  by 


Google 


LE  COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS.  35 

GeoÉfroy  de  Villehardouin,  qui  devait  être  rhistorien  de  cette 
nouvelle  expédition  d'outre-mer.  Les  préparatifs  n'en  furent 
pas  moins  longs  que  ceux  de  la  précédente,  et  Louis  de  Blois,  à 
l'exemple  de  son  beau-père,  ne  ménagea  pas,  avant  de  partir, 
aux  établissements  religieux  de  ses  domaines  les  libéralités,  ni 
les  fondations.  L'abbaye  de  Froidmont  reçut  de  lui  le  bois  de 
Cormeilles,  sur  le  territoire  de  la  paroisse  de  ce  nom,  doyenné 
de  Conty,  avec  faculté  de  le  défricher  et  d'y  construire  une 
grange  (an  1200,  coll.  Moreau,  t.  CI)  ;  la  maison  des  meseaux  de 
Mouchy,  un  sommier  de  bois  dans  la  forêt  de  Hez  (an  1200,  Mss. 
Fr.  4663,  f  114);  le  prieuré  de  Wariville,  le  roage  du  lin  et  du 
chanvre  à  Breteuil,  Gatheu,  la  Faloise  et  Paillart,  ainsi  que  le 
chauffage  pour  trois  de  ses  granges,  savoir  :  celle  de  Courli, 
dans  la  forêt  de  Hez,  celle  de  Puiz,  dans  la  forêt  d'Escud,  et  celle 
de  Paillart,  dans  la  forêt  d'Haillecourt,  près  Esquennoy  (an  1201 , 
coll.  Moreau,  t.  Cil  et  Mss.  Fr.  4663,  n'  71)  ;  le  prieuré  de  Saint- 
Nicolas  de  Belle-Fontaine,  dépendant  du  précédent,  et  sis  sur  le 
territoire  de  Paillart,  au  doyenné  de  Moreuil ,  le  bois  mort  dans 
le  bois  d'Avesnes,  ainsi  que  renonciation  au  champart  dû  sur 
ses  terres  (an  1202,  coll.  Moreau ,  t.  CIII)  ;  enfin  l'abbaye  de 
Chaalis,  la  confirmation  de  tous  les  dons  faits  par  le  comte  Raoul 
ainsi  que  par  Evrard  et  Galeran  de  Breteuil  (ibid.). 

Le  8  mai  1202,  le  comte  de  Blois  signait  une  charte  portant 
donation  et  remise  à  l'abbaye  de  Saint-Denis  d'une  corvée  de 
charroi  à  laquelle  étaient  assujettis  les  tenanciers  de  cette  abbaye 
sur  le  territoire  de  Verderonne.  Ce  dut  être  le  dernier  de  ses 
actes  avant  de  quitter  la  France,  car  les  Croisés  s'étaient  donné 
rendez-vous  à  Venise  pour  la  Saint-Jean-Baptiste  de  ladite 
année.  On  sait  par  quel  concours  de  circonstances  l'expédition, 
détournée  de  son  but  primitif,  aboutit  à  la  prise  de  Constanti- 
nople  et  à  la  fondation  de  l'empire  latin  d'Orient.  Dans  le  par- 
tage que  se  firent  les  vainqueurs,  Louis  de  Blois,  qui,  au 
témoignage  des  chroniqueurs  contemporains,  s'était  signalé  en 
toutes  les  rencontres,  se  vit  attribuer  la  province  de  Bithynie, 
avec  Nicée  pour  capitale  ;  mais  il  n'en  jouit  pas  longtemps.  Ayant 
engagé  témérairement  la  bataille  d'Andrinople  contre  les  Va- 
laques  et  les  Comans,  il  y  perdit  la  vie  le  15  avril  1205  ^ 

1  Chronique  d'Ernoul  et  de  Bernard  le  Trésorier,  édition  de  la  Société  de  This- 
toire  de  France,  p.  382-384. 


Digitized  by 


Google 


36  LE  COMTÉ   DE  CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 

Demeurée  en  France,  Catherine  avait  été  chargée  de  pour- 
voir à.  Tadministration  des  aomaines  héréditaires  des  maisons 
de  Clermont  et  de  Blois.  «  Domini  comitis  Jherosolimam  pro- 
fecti  vices  in  ejus  absencià  supplens  »,  dit-elle,  dans  une 
charte  de  Tannée  1202 ,  eonfirmative  d'une  cession  faite  à 
l'abbaye  d'Ourscamp.  (Cart.  p.  4  et  162.) 

En  1203,  au  mois  d'août,  elle  était  à.  Mantes,  où,  avec  plu- 
sieurs grands  feudataires  de  la  Couronne,  elle  prit  rengagement 
de  seconder  le  roi  Philippe-Auguste  dans  sa  résistance  à  la  mé- 
diation que  la  Cour  de  Rome  voulait  lui  imposer  en  faveur  de 
Jean  sans  Terre  (Arch.  nat..  Trésor  des  chartes,  J.  628). 

En  novembre  1206,  elle  notifiait  à  ses  officiers  qu'elle  pre- 
nait sous  sa  protection  l'abbaye  de  Beaupré,  ainsi  que  tous  les 
biens  que  ladite  abbaye  possédait  dans  l'étendue  de  ses  seigneu- 
ries. (Coll.  Moreau,CIX).  Ce  fut  à  la  même  époque  que,  suivant 
un  ancien  obituaire  de  l'église  cathédrale  de  Beauvais,  elle  fit 
don  à  cette  église  des  reliques  de  saint  Pierre  et  de  saint  André, 
et  de  quelques  autres  saints,  part  du  butin  attribuée  à.  Louis  de 
Blois,  lors  de  la  prise  de  Constantinople  et  que  celui-ci  lui  avait 
envoyée.  (Louvet,  t.  II,  p.  323.) 

La  mort  de  son  époux  sur  le  champ  de  bataille  d'Andrinople 
ne  dut  modifier  en  rien  la  situation  de  Catherine.  Des  trois  en- 
fants issus  de  leur  union ,  Thibault ,  Raoul  et  Jeanne  ^ ,  le 
premier  seul  survivait,  et  son  jeune  âge  lui  rendait  longtemps 
encore  iiécessaire  la  tutelle  maternelle. 

Nous  avons  parlé  en  son  temps  de  la  création  du  bourg  de  la 
Neufville-en-Hez  par  Raoul  de  Clermont;  le  comte  y  avait  en 
même  temps  jeté  les  fondations  d'un  château.  Son  gendre  et  sa 
fille  poursuivirent  les  travaux  commencés  et  firent  du  château 
une  forteresse.  C'est  ainsi  que  Catherine  qualifie  sa  résidence 
seigneuriale  de  la  Neufville  dans  la  charte  du  mois  de  février 
1208,  énonciative  des  revenus  qu'elle  a  assignés  à  la  nouvelle 
chapelle  construite  par  elle  dans  l'enceinte  de  ladite  forteresse 
«  en  Thonneur  de  la  benoîte  vierge  »  dont  elle  porte  le  nom. 
(Mss.  Fr.  4663  et  D.  Grenier,  t.  CXVI.) 

L'année  suivante  (1209),  elle  fit  une  fondation  analogue  dans 
son  château  de  Creil  et  y  établit  un  chapelain,  avec  mission  de 

^  Jeanne  est  citée  pour  la  première  fois  dans  une  charte  de  1198,  et  Raoul  dans 
uue  charte  de  1201. 


Digitized  by 


Google 


LE  COMTÉ   DE  CLERMONT  EN   BEAUVAISIS.  37 

prier  pour  le  repos  des  âmes  de  son  pfere  et  de  sa  mère,  ainsi 
quedesonmari.  (Mss.  fr.  4663,  n'xf,  D.  Grenier,  CCXLII,  f  130.) 

Ce  fut  ce  même  désir  d'assurer  la  célébration  de  l'anniver- 
saire de  ses  parents  et  du  sien  propre,  qui  la  détermina,  en 
1211,  à  faire  donation  aux  Templiers  de  son  domaine  ou  ville 
d'Esquennoy,  près  Breteuil,  avec  la  justice  et  toutes  ses  dépen- 
dances. Le  service  devait  être  célébré  annuellement  dans  Téglise 
du  Temple  à  Paris,  et  une  pitance  de  20  s.  parisis  être  distribuée 
à  ceux  qui  y  assisteraient.  (Arch.  nat.,  S  5,  215,  supp.  n*  8.) 

Ladite  année  1211  vit  se  terminer  une  contestation  judi- 
ciaire qu'avait  fait  naître  entre  l'abbé  de  Saint-Lucien  et  la 
comtesse  de  Clermont  la  propriété  d'un  bois  situé  sur  le  terri- 
toire de  Saint-Félix  et  dépendant  de  la  forêt  de  Hez.  L'affaire 
avait  pris  des  proportions  assez  considérables  pour  être  défé- 
rée par  les  moines  au  Saint-Siège,  qui  délégua  le  doyen  et 
deux  chanoines  de  l'Église  de  Paris  pour  l'examiner.  Leur  sen 
tence  adjugea  la  propriété  du  bois  à  l'abbaye,  réservant  seule- 
ment à  la  comtesse  le  droîl  de  garde  et  de  chasse.  Il  paraîtrait, 
toutefois,  qu'un  transaction  intervint  sur  cette  sentence,  car  des 
lettres  de  Philippe- Auguste,  également  de  1211,  réglant  le  mode 
d'exploitation  du  bois  de  St.-Lucien,  portent  que  les  parties  se 
partageront  par  moitié  le  produit  de  la  coupe  annuelle  de  ce  bois, 
lequel  ne  pourra  jamais  être  défriché  sans  leur  assentiment  mu- 
tuel. (Coll.  Moreau,  t.  CXV  et  CXYI,  D.  Grenier,  175,  f  64  et  75.) 

Ce  différend  venait  à  peine  d'être  apaisé  quand  en  surgit  un 
autre,  beaucoup  plus  grave  à  raison  de  son  objet  et  surtout  des 
conséquences  qu'il  devait  entraîner.  Le  siège  épiscopal  de  Beau- 
vais  était  alors  occupé  par  Philippe  de  Dreux,  qu'un  ancien 
auteur,  Loisel,  nous  représente  comme  plus  porté  «  à  faire  le 
comte  et  l'homme  de  guerre  que  le  dévot  et  religieux  éVfeque.  » 

De  retoiff  à  la  fin  de  1210  de  la  croisade  contre  les  Albigeois, 
le  prélat  avait  conçu  le  projet  de  transformer  en  château  fort  la 
maison  de  plaisance  que  ses  prédécesseurs  possédaient  à  Bresles, 
village  situé  à  peu  près  à  égale  distance  de  Beauvais  et  de  Cler- 
mont, sur  la  lisière  occidentale  de  la  forêt  de  Hez.  La  mise  à  exé- 
cution de  ce  projet  inspira  à  Catherine  de  vives  inquiétudes.  Elle 
craignit  que  la  nouvelle  forteresse  ne  devînt  pour  ses  domaines 
un  dangereux  voisinage,  et  réclama  l'assistance  de  son  cousin 
Renaud  de  Dammartin,  comte  de  Boulogne.  Celui-ci,  qui  dans  sa 


Digitized  by 


Google 


38  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 

jeunesse  avait  été  Tun  des  seigneurs  les  plus  dévoués  de  Phi- 
lippe-Auguste,  nourrissait  depuis  quelques  années  déjà  des 
sentiments  d^hostilité  contre  le  monarque,  auquel  il  reprochait, 
non  tout  à  fait  sans  raison,  ses  tentatives  incessamment  diri- 
gées contre  Tindépendance  des  feudataires  de  la  couronne.  Il 
saisit  avec  empressement  l'occasion  qui  lui  était  offerte  de 
frapper,  dans  la  personne  de  l'évêque  de  Beauvais,  un  parent  du 
v*oi  en  même  temps  qu*un  défenseur  de  sa  politique.  Réunissant 
les  vassaux  de  la  comtesse  de  Glermont,  il  attaqua  Bresles  et  en 
ruina  les  fortifications.  Les  représailles  ne  se  firent  pas  at- 
tendre; à  la  tète  de  la  commune  de  Beauvais  et  de  renforts 
amenés  par  ses  neveux,  fils  du  comte  de  Dreux,  Philippe  in- 
vestit à  son  tour  le  manoir  de  la  Neuville,  le  prit  et  le  rasa 
jusqu'à  fleur  de  terre.  Ces  faits  se  passaient  en  Tannée  1212  S 
et  Louvet  les  considère  comme  le  prélude,  le  point  de  départ 
de  la  lutte  qui  s'engagea  alors  entre  Philippe-Auguste  et 
une  coalition  formée  du  roi  d'Angleterre,  du  comte  de  Flandre, 
de  celui  de  Boulogne  et  de  l'empereur  Othon,  lutte  qui  devait 
deux  ans  après  se  terminer  dans  les  champs  de  Bouvines 
(27  juillet  1214)  par  une  affirmation  éclatante  de  la  prépondé- 
rance désormais  acquise  à  la  monarchie  capétienne. 

Catherine  de  Clermont  ne  fut  pas  témoin  de  ces  événements. 
Suivant  Bosquillon,  elle  mourut  au  début  de  la  guerre  à  laquelle 
sa  querelle  avec  l'évêque  de  Beauvais  avait  donné  naissance,  et 
en  effet  la  dernière  charte  que  nous  ayons  trouvée  d'elle  et  par 
laquelle  elle  accordait  aux  religieux  de  Chaalis  libre  passage 
pour  les  troupeaux  de  leurs  fermes  de  Troussures  et  de  Ro- 
tangy^  doyennés  de  Breteuil  et  de  Montagne,  lorsqu'ils  vien- 
draient aux  pâtures  communes  du  pays,  est  en  date  du 
24  avril  1212.  (Coll.  Moreau,  t.  CXVI.) 

Thibaut  de  Blois^  Fils  unique  de  Catherine  de  Clermont,  il 
succéda  à  sa  mère  en  1212  dans  le  comté  de  Clermont  et  dans 
la  chàtellenie  de  Breteuil,  comme  il  avait  succédé,  en  1205,  à 
Louis  son  père  dans  les  comtés  de  Blois  et  de  Chartres. 

Nous  ne  saurions  déterminer  l'époque  de  sa  naissance,  elle 
doit  être  antérieure  à  1200,  bien  que  la  première  charte  où  son 
nom  figure  soit  celle  de  ladite  année,  portant  donation  du  bois 

>  Guillaume  Le  Breton,  édition  Gai20t,  t.  Il,  p.  252,  et  Louvet^  t.  II,  p.  341-342. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE  CLERMONT   EN   BEACVAISIS.  39 

de  Cormeîlles  à  Tabbaye  de  Froidmont.  En  tous  cas,  son  exis- 
tence fut  courte  et  ne  fournit  aucun  événement  mémorable. 
Dom  Grenier  cite  (t.  XLV  bis^  f  7)  des  lettres  de  lui  données  à 
Saint-Germain-en-Laye  au  mois  de  septembre  1212,  par  les- 
quelles il  se  reconnaît  débiteur  de  4,000  1.  envers  Blanche,  com- 
tesse de  Champagne,  à  cause  du  droit  de  rachat  ou  de  mutation 
des  fiefs  tenus  d'elle,  et  donne  pour  sa  caution  le  roi  de  France, 
les  barons  et  sujets  de  ses  terres.  Par  un  acte  du  mois  d'août 
précédent  il  s'était  engagé  au  même  titre  à  payer  une  somme  de 
7,000  I.  au  roi  et  lui  avait  rendu  hommage.  (Martëne,  I,  1109.) 

Le  19  juillet  1213  le  nouveau  comte  confirma  à  l'abbé  et  au 
couvent  de  Chaalis  l'amortissement  de  tout  ce  qu'ils  possédaient 
à  Erreuses  et  dans  l'étendue  de  la  châtellenie  de  Breteuil.  La 
charte  (coll.  Moreau,  t.  CXVII)  fait  mention  de  l'acquiescement 
de  la  comtesse  Mahaut  son  épouse.  Cette  Mahaut  était  fille  do 
Robert  III,  comte  d'Alençon,  et  de  Jeanne  de  la  Guierche  {Art 
de  vérifier  les  dates).  La  date  et  les  circonstances  de  son  mariage 
ne  nous  sont  pas  connues. 

En  juillet  1215,  les  archives  de  Froidmont  enregistrent  la 
donation  faite  par  Thibaut  à.  ce  monastère  de  toutes  les  terres 
adjacentes  à  la  grange  abbatiale  de  Cormeilles  le  long  de  la 
chaussée  ou  voie  romaine  de  Beauvais  à  Amiens,  sous  réserve 
d'une  redevance  de  dix  muids,  moitié  froment,  moitié  avoine, 
redevance  dont  il  fit  remise  entière  aux  moines  en  avril  1218. 
(Coll.  Moreau,  t.  CXIX  et  CXXIII.)  Deux  autres  chartes  du 
même  comte  sont  relatives  à  Froidmont,  l'une  de  mars  1217, 
l'autre  de  1218,  et  ont  pour  même  objet  la  confirmation  des 
libéralités  de  ses  parents  et  prédécesseurs.  (Coll.  Moreau, 
t.  CXXIII  et  CXXV  et  Louvet,  édition  de  1614,  p.  569.)  Ces 
divers  documents,  comme  la  charte  de  1213,  font  mention  du 
concours  et  de  l'acquiescement  de  la  comtesse  de  Clermont. 
Mais  le  nom  de  la  donatrice  a  changé.  Ce  n'est  plus  le  sceau  de 
Mahaut  d'Alençon  qui  figure  au  pied  de  l'acte,  c'est  celui  de 
Clémence  des  Roches,  fille  de  Guillaume,  sénéchal  d'Anjou  et  de 
Marguerite  de  Sablé,  qu'un  second  mariage  a  unie  à  Thibaut  ; 
ni  l'une  ni  l'autre,  du  reste,  de  ces  deux  femmes  ne  devaient  lui 
donner  d'enfants.  Atteint,  suivant  les  uns,  de  la  lèpre,  suivant 
les  autres,  de  la  peste,  le  fils  de  Louis  et  de  Catherine,  le  riche 
possesseur  des  comtés  de  Blois,  de  Chartres  et  de  Clermont,  était 


Digitized  by 


Google 


40  LB  COMTÉ   DE  CLERMONT   EN   DEÂUVAISIS. 

condamné  à  une  fin  prématurée,  et  il  y  louchait  déjà  lorsqu'il 
signa  à  la  Ferté- Vineuil ,  en  Beauce,  sa  dernière  charte  en 
faveur  de  Froidmont.  L'Art  de  vérifier  ks  dates  dit,  en  effet,  qu'il 
mourut  Tan  1218  avant  Pâques,  et  Pâques  tomba,  cette  année 
là,  le  IS  avril. 

C'est  de  la  même  résidence  de  Vineuil  et  du  même  mois  d'a- 
vril que  sont  datées  trois  autres  chartes,  véritables  dispositions 
testamentaires  de  Thibaut.  Deux  d'entre  elles  confirmaient  au 
prieuré  de  Wariville  les  dons  faits  par  ses  parents,  accordaient 
aux  religieuses  trois  muids  de  froment  à  prendre  annuellement 
sur  le  grenier  seigneurial  de  Breteuil,  et  réglementaient  leurs 
droits  d'usage  dans  la  forêt  de  Hez.  (Coll.  Moreau,  t.  CXXIII 
et  Ms.  Fr.  4663,  n*  lxxu).  La  troisième  dotait  l'église  Saint- 
Evremont  de  Creil  de  40  1.  parisis  de  rente  à  prendre  à  la 
Saint-Remy  sur  les  cens  de  Creil,  dont  20  devaient  être  distri- 
buées le  jour  de  l'anniversaire  du  comte,  et  les  20  autres  le 
jour  de  l'anniversaire  de  sa  mère  aux  chanoines  et  clercs  de 
ladite  église  qui  assisteraient  au  service.  (Ms.  fr.  4663,  n°  ix.) 

Thibaut,  nous  l'avons  déjà  dit,  n'avait  pas  eu  d'enfants;  il  ne 
laissait  ni  frères  ni  sœurs.  Les  domaines  composant  sa  succession 
se  devaient  donc  partager,  selon  leur  provenance,  entre  les  col- 
latéraux des  lignes  paternelle  et  maternelle.  Ses  deux  tantes, 
sœurs  de  Louis  de  Blois,  prirent:  l'une  Marguerite,  mariée 
alors  en  troisièmes  noces  à  Gautier  II  d'Avesnes,  le  comté  de 
Blois,  l'autre  Elisabeth,  femme  de  Sulpice  d'Amboise,  celui  do 
Chartres. 

Du  côté  maternel,  les  héritiers  se  subdivisaient  en  deux 
branches,  Clermont  et  Breteuil.  Catherine,  en  effet,  on  s'en 
souvient,  avait  réuni  sur  sa  tête  les  biens  des  deux  maisons.  Or, 
suivant  les  coutumes  féodales,  chaque  maison  avait  droit  au 
retour  des  fiefs  provenant  originairement  d'elle.  L'application 
de  cette  règle  fit  écheoir  la  châtellenie  de  Breteuil  à  Amicie, 
sœur  consanguine  d*Aëlis  femme. du  connétable  Raoul  et, 
par  conséquent,  grande  tante  de  Thibaut.  Cette  troisième  fille 
de  Galeran  de  Breteuil  avait  épousé,  en  premières  noces,  Bau- 
douin du  Donjon.  Devenue  veuve,  elle  s'était  remariée,  au 
plus  tard  en  1213,  avec  Jean  Briart,  chevalier.  Les  deux  époux 
figurent  comme  seigneurs  de  Breteuil  dans  une  charte  de  la  fin 
de  Tannée  1218,  portant  ensaisinement  d'une  vente  de  quatre 


Digitized  by 


Google 


LE  COIirrÉ   DE  CLERMONT   EN   BEAUVAISIS.  41 

muids  de  blé  faite  à  la  léproserie  de  Beauvais  par  Raoul  de 
Noyers  \ 

Dans  le  comté  de  Clermont,  Thibaut  avait  quatre  héritiers. 
Trois  étaient  cousins  germains  de  sa  mère  :  Raoul  de  Clermont, 
seigneur  d'Ailly,  fils  de  Simon  de  Clermont  et  de  Mathilde  de 
Breteuil,  Guy  le  Bouteiller  de  Senlis  et  Robert  de  la  Toumelle, 
qui  avaient  l'un  et  l'autre  pour  mère  une  Clermont,  sœur  de 
Simon.  La  qualité  de  fils  du  frère  puiné  du  connétable  donnait 
à  Raoul  un  avantage  marqué  sur  ses  deux  cohéritiers  du  même 
degré,  qui  descendaient  seulement  par  les  femmes  de  Renaud  II, 
l'auteur  commun,  bien  que  la  législation  féodale  reconnût  alors 
à  ceux-ci  des  droits  qu'ils  n'auraient  pu  invoquer  dans  le  cou- 
rant du  siècle  précédent.  Cependant  les  antiques  privilèges  de 
la  masculinité  subsistaient  encore  et  c'est  à  leur  application 
qu'il  convient,  suivant  nous,  d'attribuer  le  fait  que  l'ensemble 
de  l'héritage  de  la  maison  de  Clermont  n'ait  pas  été  dévolu  à 
Mahaut,  comtesse  de  Dammartin  ',  dernière  survivante  des  filles 
de  Renaud  II  et  par  conséquent  grande  tante  de  Thibaut  et  sa 
plus  proche  parente. 

La  multiplicité  des  prétendants  à  la  possession  du  comté  de 
Clermont  parut  à.  Philippe-Auguste  l'occasion  favorable  d'une 
application  nouvelle  du  système  d'annexion,  que  depuis  son 
avènement  il  ne  cessait  de  poursuivre  par  la  voie  des  acquisi- 
tions aussi  bien  que  par  celle  des  conquêtes  à  main  armée.  Il 
traita  séparément  avec  chacun  des  cohéritiers.  Raoul  de  Cler- 

*  Collection  Moreau,  t.  CXXV,  fo  23.  Jean  Briart  mourut  vers  i220  (charte 
d'Amicie  fondant  l'anniversaire  du  dit  Briart  dans  Tabbaye  de  Froidmont  (coll. 
Moreau,  p.  128),  et  sa  veuve  contracta  peu  après  une  troisième  union  avec  Gautier 
de  Risnel,  auquel  elle  devait  encore  survivre.  Elle  mourut  en  1226  laissant  de  son 
second  mariage,  suivant  Dom  Grenier,  deux  filles  qui  lui  succédèrent  dans  les 
cbâtellenies  de  Breteuil  et  de  Catbeu. 

*Nous  avons  déjà  parlé  de  cette  Mahaut  de  Clermont  et  cherché  à  établir  que 
c'était  elle  qui  avait  épousé  Albéric  II,  comte  de  Dammartin.  Leur  Ûls  aîné  était 
le  célèbre  Renaud  de  Dammartin,  comte  de  Boulogne,  qui  expiait  alors  dans  les 
fers  l'initiative  de  la  coalition  féodale  de  1214.  Assurément  sa  rébellion  ne  dut 
pas  être  sans  nuire  aux  droits  que  sa  mère  avait  à  faire  valoir  sur  l'héritage  de 
Clermont,  et  peut-être  trouverait-on  là  jusqu'à  un  certain  points  en  se  rappelant 
qu'Ide  de  Boulogne,  femme  de  Renaud,  était  petite-fille  d'Etienne,  roi  d'Angle- 
terre, l'explication  de  cette  assertion  de  Chopin,  Traité  du  domaine^  livre  III, 
titre  IV,  répétée  par  du  Puy,  des  Droits  du  roi,  p.  782,  que  «  le  comté  par  le 
moyen  et  alliance  des  femmes  escbeut  en  la  maison  d'Angleterre,  et  par  la  rébel- 
lion des  Anglais  fut  acquis  et  confisqué  au  roi.  » 


1 


Digitized  by 


Google 


42  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 

mont  d'Ailly  lui  céda  moyennant  quatre  mille  livres  parîsis 
«  quiconque  chose  qu'il  avoit  de  droit  en  le  conté  de  Cler- 
mont  et  es  appartenanches  d'ichelle  tant  en  fief  quant  do- 
maine^ ».  A  Robert  de  la  Tournelle,  le  roi  donna  ce  qu'il  avait 
à  Bonneuil',  sauf  le  droit  de  monte  ou  montage  des  grains  et 
celui-ci  en  échange  «  de  bonne  foy  jura  sur  les  sainz  sacrez  que 
ne  par  lui  ne  par  autre  en  le  conté  de  Glermont  de  l'eschaeto 
messire  Thibaut,  conte  de  Blois  et  de  Glermont,  aucune  chose 
desores  ne  avant  réclameroit  ne  travailleroit  en  aucune  manière 
monsieur  le  Roy  ou  ses  hoirs.  »  (Mss.  Fr.  4663,  f*  112.  Catalogue 
des  actes  de  Philippe-Auguste,  n*  1834).  Sous  la  même  condition 
Guy,  fils  de  Guy  le  Bouteiller,  reçut  en  fief  et  hommage-lige  ce 
qui  était  du  domaine  de  la  couronne  à  Rully  et  à.  Chamicy, 
doyenné  de  Pont.  (Mss.  Fr.  4663,  f^  113.  Cart.  de  Philippe- 
Auguste,  f*  76).  Enfin  la  renonciation  de  la  comtesse  de  Dam- 
martin  lui  valut  une  rente  de  cent  livres  parisis  sur  la  Prévôté 

A  Nous  n'avons  pas  Tacte  de  cession  de  Raoul  à  Philippe- Auguste,  mais  seule- 
ment Facte  confirmatif  fait  par  lui  en  novembre  1229  à  la  demande  de  Louis  VIII 
et  moyennant  un  supplément  de  prix  qui  ne  laissait  pas  d'être  considérable, 
puisque  Graves  nous  apprend,  Précis  du  canton  de  Breteuil,  p.  48,  que  Simon  de 
Beaussault  et  Clémence  Briart,  sa  femme,  racbetèrent  en  1226,  3,000  livres  pour 
leur  terre  de  Breteuil,  mouvante  du  roi. 

Mss.  Fr.  4,663,  fo  112.  —  «  Je  Raouls  de  Glermont  fais  chose  congnute  à  tous 
tant  présens  comme  avenir,  que  je  ay  quictié  a  tousjours  quiconque  chose  je 
avoie  de  droit  en  la  conté  de  Glermont  et  es  appartenanches  dichelle,  tant  en  fief 
quant  demaine,  a  men  très  chier  seignieur  Philippe  conte  de  Boulongne  et  de 
Glermont  et  a  ses  hoirs  de  se  char  et  a  men  très  chier  seignieur  Loys  par  la 
grâce  de  Dieu  sage  roy  de  France  et  à  ses  hoirs  à  tousjours,  se  li  conte  aura  tres- 
passé  sans  hoir  de  se  char  ;  et  en  seur  que  tout  je  ai  juré  seur  les  sains  sacrez 
garder  à  tousjours  cheste  donation,  et  que  seur  che  des  ore  en  avant  ne  trayray 
en  plait  ne  en  autre  manière  de  travcilx  par  moy  ne  par  autre  le  conte  devant 
dit,  ne  aucun  de  se  partie  ne  Monsieur  le  Roy  n&  sez  hoirs,  se  le  dite  conté  ara 
venu  à  Monsieur  le  roy  ou  à  sez  hoirs,  en  ychelle  manière  que  il  est  dit  devant  ; 
en  seur  que  tout  cheste  quictacion  garder  inviolablement,  jurèrent  ensement 
Jehans  et  Simons  mes  fieus  ;  pour  cheste  quictacion  adechertez  donna  a  moy  de 
bone  mémoire  Philippes  jadiz  roy  des  Frans  sages  iiii<^  libr.  parisiz;  enseurque- 
tout  Monsieur  li  roys  Loys  pour  cheste  quictacion  quicta  à  moy  le  rachat  de  l'es- 
chaete  de  lamission  de  le  dame  d&  Bretuel  de  le  terre  de  Bretuel  et  dez  aparté- 
nanchez  dichelle  tant  fiez  comme  demainez  dou  fief  de  monsieur  le  roy  mouvans, 
quant  a  monsieur  le  roy  apartient  se  je  ara  vescu  aprez  le  amission  devant  dite  ; 
que  che  tiengne  fort  à  tousjours,  je  ay  confermé  cheste  présente  page  de  men 
scel.  Fait  à  Ghaumont,  en  lan  de  nostre  Seignieur  mil  II»  XXIII  au  mois  de 
novembre.  » 

*  Bonneuil  en  Valois^  canton  de  Grépy,  suivant  M.  L.  Delisle  ;  Bonneuil  le  Plessis, 
canton  de  Grévecœur,  suivant  Graves,  Précis  du  canton  de  Breteuil^  p.  41. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS.  43 

de  Crespy,  dont  avec  rassentiment  de  Philippe-Auguste,  elle  fit 
presque  immédiatement  don  aux  religieuses  du  Parc-aux-Dames  *. 

Quel  était  l'objet  de  la  cession  ainsi  faite  au  roi  par  les  héri- 
tiers de  Thibaut,  ou  en  d'autres  termes  de  quoi  se  composait  le 
comté  de  Clermont  ?  Nous  allons  essayer  de  le  déterminer  sans 
pouvoir  cependant  le  faire  d'une  manière  exacte  ni  complète,  car 
les  documents  nous  manquent  pour  cette  époque  '. 

Le  comté  de  Clermont,  comme  les  autres  grands  fiefs,  compre- 
nait deux  sortes  de  biens  territoriaux  :  les  domaines  dont  le 
comte  possédait  la  seigneurie  immédiate  avec  tous  les  droits  do 
justice,  redevances  et  cens  y  attachés,  les  fiefs  dont  il  n'avait 
que  la  suzeraineté. 

Dans  la  première  catégorie  nous  rangerons  : 

Clermont,  dont  chaque  masure  devait  aux  termes  de  la  charte 
de  1197,  un  cens  annuel  de  cinq  sous.  Le  seigneur  y  percevait 
en  outre  les  droits  de  halage  et  tonlieux  sur  les  denrées  et  mar- 
chandises (boucherie,  pain,  sel,  animaux,  laine,  pelleterie,  toiles, 
firiperie  *)  ainsi  qu'un  péage  ou  travers  qui  s'étendait  jusqu'au 
village  d'Angy  et  aux  villages  environnants. 

La  Neuville  le  Comte  ou  en  Hez.  Les  habitants  de  ce  bourg 
n'étaient  assujettis  par  la  charte  de  Raoul  (1187)  qu'au  paye- 
ment annuel  de  deux  mines  d'avoine,  deux  chapons  et  six  de- 
niers Beauvaisins. 

Sur  le  territoire  de  la  Neuville,  comme  sur  celui  de  Cler- 
mont, existaient  quelques  petits  fiefs  ou  tenures  nobles  appar- 
tenant à  d'autres  qu'au  comte. 

La  forêt  de  Hez. 

Celle  de  la  Houssière,  sur  le  territoire  de  Bailleul  sur  Thérain. 

Creil,  dont  la  charte  d'affranchissement  stipulait  en  faveur  de 
ses  bourgeois  les  mêmes  droits  et  redevances  que  celle  de  Cler- 
mont. 

Le  travers  de  Creil. 

La  forêt  de  la  Pommeraye. 

*  Mai  1218.  Archives  nationales,  K  185,  no  73  ;  Catalogue  des  actes  de  Philippe- 
Auguste,  no»  1825  et  1826;  coll.  Moreau,  t.  CXXIV,  fo  202. 

*  Le  premier  dénombrement  complet  du  comté  de  Clermont,  est  celui  de  1373, 
dont  nous  avons  l'intention  de  présenter  à  nos  lecteurs  le  résumé  dans  la  suite 
de  ce  travail. 

*  Dénombrement  de  1373. 


1 


Digitized  by 


Google 


44  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEÂUVAISIS. 

Le  marché  transporté  de  Creîl  à  Saînt-Leu  d'Esserent^  con- 
formément à  la  convention  qui  était  intervenue  en  il75  entre 
le  comte  Raoul  et  Tabbé  de  Gluny  et  qui  attribuait  aux  moines 
la  moitié  des  produits. 

L'avouerie  de  Saint-Leu  d'Esserent  qui  consistait,  aux  termes 
de  la  même  convention,  dans  la  possession  d'un  manoir,  la 
moitié  de  la  justice  du  lieu,  et  une  redevance  de  deux  mines 
d'avoine  par  feu^ 

Le  bourg  de  Gournay-sur-Aron(te,  que  le  comte  Raoul  avait 
acquis  par  échange  de  la  maison  de  Hangest  et  de  Tabbaye  de 
Saint-Quentin  de  Beauvais,  et  aux  habitants  duquel  il  avait 
concédé  en  1165  l'exemption  de  toutes  charges  et  impositions 
au  prix  d'une  redevance  annuelle  de  quatre  mines  d'avoine  et 
de  quatre  chapons. 

Des  biens  à  Sacy-le-Grand  et  des  cens  à  Mouchy-Saint-Éloi  *. 

Des  droits  de  morte-main  et  de  formariage  perçus  de  compte 
à  demi  avec  l'abbé  de  Saint-Denis  en  divers  lieux. 

Les  avoueries  de  Rozoy,  de  Beaupuits,  de  Rieux  et  de  HaUoi  ; 
Rozoy  et  Beaupuits  appartenaient  à  l'abbaye  de  Saint-Lucien, 
Rieux  et  Halloi  à  celle  de  Saint-Germer. 

Une  redevance  de  soixante  anguilles  par  an  sur  le  domaine  de 
Thury-sous-Clermont  due  par  l'abbaye  de  Corbie. 

Le  dénombrement  de  1373  mentionne  comme  faisant  encore 
partie  du  comté  de  Clermont  divers  droits  et  redevances  :  entre 
autres  les  travers  de  Nointel,  de  Baillenval,  de  Liancourt,  de 
Breuil,  de  Longuyane  (ou  Saînt-Martin-Longueau),  les  Pré- 
vôtés de  Breuil  et  de  Giencourt,  les  tailles  d'Agnets,  de  Cannette- 
court  et  de  Boisicourt,  l'avouerie  de  Marceilles,  mais  nous  ne 
saurions  dire  si  leur  possession  n'était  pas  le  résultat  d'acquisi- 
tions postérieures. 

L'administration  des  domaines,  le  recouvrement  des  cens  et 
taxes  étaient  confiés  à  des  officiers  seigneuriaux  appelés  Prévôts 
et  qui  se  trouvaient  en  même  temps  investis  de  fonctions  judi- 

1  Le  marché  fut  rétabli  à  Creil  par  lettres  patentes  de  novembre  1374. 

*  Accensement  par  Catherine,  comtesse  de  Clermont,  à  Nivelon  de  Senlis,  son 
cousin,  de  vignes  et  d'une  pièce  de  terre  qu'elle  avait  à  Mouchy-Saint-Éloi  (coll. 
Moreau,  t.  CXV,  f«  56).  Pour  Sacy-le-Grand  et  les  droits  de  champart  et  de 
vinage,  etc.,  qu'y  possédaient  les  comtes.  Voir  Dom  Grenier,  t.  XCVII,  fo  38  ; 
Mss.  Fr.  4,663,  n»  75  ;  et  de  Lépiuois,  Rediet'ches  historiques,  charte  de  Catherine 
de  1209  en  faveur  de  Saiut-Leu  d'Esserent. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE  CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 


45 


cîaires.  Il  y  avait  un  Prévôt  à  Clennont,  un  autre  à  Creil.  Du 
premier  relevaient,  entre  autres,  les  mairies  *  d'Agnetz  et  de 
Cannettecourt  ;  du  second,  celles  de  Montataire  etdeCinqueux  ; 
Les  comtes  de  Glermont  jouissaient  de  la  plupart  des  droits 
régaliens  ;  il  semblerait  même  qu'ils  aient  eu  la  prérogative  de 
battre  monnaie.  Nous  ne  connaissons  pas,  il  est  vrai,  de  pièces 
frappées  à  leur  effigie,  mais  nous  verrons,  en  janvier  1320, 
Philippe  le  Long  acheter  à  Louis  de  Bourbon,  moyennant  quinze 
mille  livres  de  bons  petits  tournois,  les  droits  que  celui-ci  avait 
à  cet  égard  comme  comte  de  Clennont  et  sire  de  Bourbon. 

Le  Cartulaire  de  Philippe-Auguste  nous  a  conservé  la  liste 
des  fiefs  ou  plutôt  des  feudataires  relevant  du  comté  de  Gler- 
mont en  1218.  (Dom  Grenier,  t.  LFV).  Il  y  en  avait  68  pour  le 
comté  proprement  dit,  savoir  : 


Johannes  de  Conty. 
Abbas  de  Hanges. 
Rob.  de  Turnell. 
Guido  de  Pratis. 
Simon  de  Argenlieu. 
Théob.  de  Gressonssart. 
Florentins  de  Novavilla. 
Guill.  de  Gressonssart. 
Mag*  W.  Baillot. 
Ansoldus  Ronquerol. 
Guido  de  Therotte. 
Petrus  de  Monasteriis. 
Petrus  de  Lys. 
Simon  de  Dargies. 
Hugo  Gandavenne. 
Gomes  Sancti-Pauli. 
Rad.  Gandavenne. 
Joh.  Gandavenne. 
Rem.  Perone. 
Simon  Monachus. 
Joh.  Legleantier. 


Joh.  de  Stratis. 
Rem.  de  Gurcy. 
Joh.  Darion. 
Girardus  de  Betz. 
Prior  de  Longua  Aqua. 
Joh.  de  Remin. 
Joh.  de  Villiers. 
Joh.  de  Gurcy. 
Math,  de  Feucheroliis. 
Evrardus  de  Gharron. 
Amoldus  de  Soisy. 
Teob.  de  Giencuriâ. 
Rem.  de  Britolio. 
Joh.  de  Nointel. 
Simon  de  Meoreno. 
Aeliz  de  Buzencuria. 
Ansoldus  de  Dargies. 
Maria  Gholette. 
Joh.  dePlesseïo. 
Rogo  de  Premereio. 
Odoard.  de  Gastaneo. 


*  La  mairie  au  moyen  âge  constituait  un  office  souvent  héréditaire,  dont  le 
titulaire  était  à  la  fois  tenancier  féodal,  intendant  et  officier  de  justice  chargé  de 
fuire  les  ajournements. 


Digitized  by 


Google 


46 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS. 


Thomas  de  Canis. 
Gilo  de  Longua  Aqua. 
Fulco  Drouin. 
Galf.  de  Luat. 
Emelina  de  Bulencourt. 
Joh.  de  Luat. 
Âmicia  Boviler. 
Joh.  de  Novavilla. 
Ansoldus  de  Goongniëre. 
Joh.  de  Goocurt. 
Simon  de  Chivereis. 
Rad.  de  Goongniëre. 
Gilo  d'Erquinvilliers. 


Odo  li  Ardans. 
Arnulfus  de  Quesnels. 
Ansehnus  Servions. 
Rad.  de  Novavilla. 
Odo  de  Stratis. 
Joh.  de  Goesdun. 
Rogo  de  Franscières. 
Rog.  d'Aivregny. 
Joh.  de  Laumes. 
Simon  d'Espineiises. 
Simon  de  Mainbeville. 
Manasseus  de  Gornaïo. 
Renaldus  de  Mesnilio. 


La  châtellenie  de  Creil  comptait  21  fiefs  dans  sa  mouvance. 
Voici  la  nomenclature  de  leurs  possesseurs  d'après  le  même  do- 
cumenty  ou  plutôt  d'après  la  copie  que  nous  en  fournit  le 
tome  LFV  de  Dom  Grenier  : 


Johannes  de  Cramoisy. 
Amalricus  de  Vilers. 
Petrus  de  Monte. 
Radulphus  Dannel. 
Hugo  de  Curtoloco. 
Odo  de  Summevilla. 
Odo  Mongnevillaris. 
Theobaldus  li  Poz. 
Renaldus  Abbas. 
Renaldus  de  Montatëre. 
Helisent  Cramoisy. 


Guillemus  de  Pratis. 
Odo  de  Chauferi. 
Odo  de  Vallibus. 
Bartholomeusde  Silvanectis. 
Bartholomeus  de  Soissiaco. 
Petrus  Choisel. 
Philippus  de  Fayel. 
Uxor  Theobaldi  Marescalli. 
Odo  RonqueroUes. 
Johannes  de  Noermont. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DB  CLBRMONT   £N   BBAUVAISIS.  47 


IL 


Comtes  apanagistes  de  la  première  race  :  Philippe  Burepel;  Mahaud 
de  Dammartin  et  Alphonse  de  Portugal;  Jeanne  et  Gatccher  de 
Châtillon. 

Réuni  au  domaine  de  la  Couronne  dans  les  conditions  que 
nous  venons  de  dire  *,  le  comté  de  Clermont  en  Beauvaisis 
devait  presque  immédiatement  en  être  détaché  pour  constituer 
pendant  plus  de  trois  siècles  Tapanage  des  puînés  de  la  maison 
de  France.  L'auteur  de  VArt  de  vérifier  les  Dates  veut  même  que 
dès  Tannée  1218,  c'est-à-dire  précisément  celle  où  l'acquisition 
eut  lieu,  Philippe-Auguste  l'ait  transféré  au  fils  issu  de  son 
union  avec  Agnès  de  Méranie,  Philippe,  surnommé  Hurepel  ou 
le  héricé  [hirsutus).  Mais  cette  opinion  nous  paraît  contredite 
par  des  documents  certains,  desquels  résulterait  que  le  comté 
serait  au  contraire  demeuré  aux  mains  et  en  la  possession  du 
roi  jusqu'à  sa  mort.  Ce  sont  d'abord  quatre  chartes  de  Philippe- 
Auguste.  Par  l'une  de  1218,  il  fait  don  aux  meseaux  ou  lépreux 
de  Creil  de  la  dîme  de  son  pain  pendant  tout  le  temps  de  son 
séjour  dans  ledit  château  ou  dans  la  chàtellenie  (Ms.  Fr.  4663, 
n"  x)  ;  par  l'autre  de  1220,  il  accorde  aux  religieux  de  Saint- 
Denis  le  droit  de  défricher  les  bois  qui  leur  appartenaient  entre 
Estrées  et  Cressonsart,  et  de  tirer  parti  du  sol  au  mieux  de  leurs 
intérêts,  sous  la  réserve  toutefois  qu'il  n'y  serait  pas  élevé  de 
forteresse  et  qu'aucune  atteinte  ne  serait  portée  aux  droits,  re- 


1  Cette  réunion  donna  lieu,  au  point  de  vue  du  droit  féodal  et  de  son  applica- 
tion, à  un  incident  qui  mérite  d'être  relaté,  car  il  fournit  une  preuve,  à  joindre 
à  tant  d'autres,  des  tendances  de  Philippe-Auguste  à  mettre  en  toute  circonstance 
la  royauté  hors  de  page,  voire  même  à  son  détriment  actuel.  Après  la  mort  de 
Thibaut,  le  comte  de  Beaumont  qui  relevait,  pour  la  moitié  de  la  ch&tellenie  de 
Luzarches,  du  comte  de  Clermont  (lequel  était  lui-même  vassal  de  ce  chef  de 
Tévêque  de  Paris),  se  présenta  au  roi  afii>  de  lui  faire  hommage  à  raison  de  son 
acquisition  nouvelle.  Mais  Philippe- Auguste  lui  dit  qu'il  ne  voulait  pas  recevoir 
cet  hommage  parce  qu'il  ne  voulait  pas  être  l'homme  de  l'évoque  de  Paris,  et, 
rompant  ou  plutôt  raccourcissant  la  chaîne  féodale,  l'engagea  à  s'adresser  direc- 
tement au  prélat.  (Cartulaireiie  Notre-Dame  de  Paris,  tome  I,  p.  183.) 


Digitized  by 


Google 


48  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 

devances  et  mortes-mains  qu'il  avait  l'habitude  de  prélever  dans 
les  villages  d'Estrées,  de  Moyvillers  et  de  Bailleul.  (Collection 
Moreau,  t.  CXXVIII.)  La  troisième,  également  en  date  de  1220, 
concède  à  Tabbaye  de  Froidmont  en  toute  propriété  trois  cent 
cinquante  arpents  de  bois  et  vingt-cinq  arpents  de  friches  dans 
la  forêt  de  Hez,  autour  du  mont  de  Hermès,  en  échange  des 
droits  d'usage  que  ladite  abbaye  tenait  des  comtes  de  Clermont. 
(Ms.  Fr.  4,663,  n»'  lx  et  lxiii  '  et  Louvet,  éd.  de  1614,  p.  S70.) 
La  dernière  charte  sans  date,  mais  que  M.  L.  Delisle,  qui  Ta 
reproduite  dans  l'appendice  de  son  catalogue  p.  522,  croit  des 
environs  de  1220,  est  relative  à  la  haute  justice  de  Liancourt 
que  contestait  le  Chapitre  de  Beauvais. 

Ainsi  à.  tout  le  moins  jusqu'en  1220  Philippe-Auguste  fit  acte 
de  propriété  et  d'administration  dans  le  comté  de  Clermont. 
Des  lettres  de  Philippe  Hurepel  nous  permettent  de  conclure 
qu'il  en  fut  de  même  jusqu'à  l'avènement  de  Louis  VIII  (14  juil- 
let 1223).  Ces  lettres  conservées  aux  archives  nationales  (J.  238, 
n"  47)  sont  datées  de  Melun  au  mois  de  février  1223  (1224). 
Philippe  y  déclare  que  son  cher  frère  et  seigneur  Louis  roi,  en 
considération  de  la  donation  que  leur  père  Philippe  lui  a  précé- 
demment faite  du  comté  de  Mortain,  de  Domfront-en-Passais  et 
de  la  terre  de  Cotentin,  estimés  produire  8,000  livres  parisis 
de  revenu  ',  lui  a  confirmé  en  pleine  propriété  pour  lui  et  ses 
héritiers  à  naître  de  l'épouse  qui  lui  est  fiancée  *  le  comté  de 
Mortain  et  Domfront  avec  toutes  leurs  appartenances  et  dépen- 
dances ;  qu'en  échange  de  la  terre  de  Cotentin  il  lui  a  donné  le 
jcomié  de  Clermont  et  un  quartier  de  Dammartin  avec  leurs 
fiefs,  domaines,  bois  et  tenures  en  dépendant  tels  que  le  roi 


1  L*acte  qui  se  trouve  également  aux  Archives  nationales  (P  1364  *  c.  1334)  fait 
mention  parmi  ses  signataires  de  Jean,  abbé  d'Ourscamp,  parce  que  Froidmont 
dépendait  de  ce  monastère.  L'abbé  de  Froidmont  reconnut  en  outre  qu'il  ne  pou- 
vait vendre  le  bois  qu'il  avait  dans  la  forêt  de  Hez  avant  que  la  vente  du  roi  fût 
finie.  (Ms.  Fr.  4663,  n*  LXI.) 

*  Par  l'article  8  de  son  testament  de  l'année  1222,  Philippe-Auguste  avait  légué 
à  son  fils  Philippe  dix  mille  livres  parisis  de  revenu.  {Guillaume  Le  Breton. 
Édition  Guizot,  tome  II,  p.  347.)  Nous  serions  disposé  à  croire  que  l'acte  de 
février  1223  eut  pour  principal  objet  de  régler  ce  qui  était  relatif  à  ce  legs. 

*  Heredibus  meis  de  uxore  meà  despomata.  Ces  expressions  répétées  jusqu'à  six 
fois  dans  la  charte  sembleraient  indiquer  que  le  mariage  de  Philippe  et  de 
Mahaud  de  Dammartin  n'était  pas  alors  encore  consommé. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS.  49 

Philippe  les  avait  légitimement  achetés  des  héritiers  directs  '  ; 
et  qu'il  lui  a  donné,  en  outre,  le  comté  d'Aumale,  la  terre  de 
Calais,  celle  d'Alisy  et  celle  de  Lislebonne*,  le  tout  devant  être 
tenu  à  hommage  lige  de  la  couronne  aux  us  et  coutumes  soit 
de  Normandie,  soit  de  France,  avec  la  haute  justice  qu'on  ap- 
pelle plaid  de  Tépée  {pladtum  ensis)*  De  son  côté,  Philippe  a 
renoncé  à  la  rente  annuelle  de  3,000  livres  parisis  qui  lui  était 
payée  sur  le  trésor;  il  consent,  au  cas  où  il  mourrait  sans  hoirs, 
que  les  biens  qui  viennent  de  lui  être  ainsi  assignés  fassent  re- 
tour au  roi  ou  à  ses  successeurs. 

Tous  les  feudistes  ont  considéré  et  signalé  la  clause  insérée 
dans  les  lettres  de  1223  '  et  qui  stipulait  le  retour  à  la  couronne 
à  défaut  d'hoirs,  terme  général  comprenant  alors  aussi  bien  les 
filles  que  les  fils,  comme  la  première  dérogation  à  l'ancien  droit 
qui  reconnaissait  aux  enfants  puînés  de  France  la  pleine  et  in- 
commutable  propriété  des  terres  qui  leur  avaient  été  consti- 
tuées en  apanage.  Elle  inaugura  le  second  état  de  la  législation 
sur  la  matière  et  son  interprétation  ne  devait  pas  tarder  à  sou- 
lever une  grave  contestation  judiciaire  que  nous  aurons  à 
relater. 

Dans  la  charte  qui  vient  d'être  analysée,  Philippe  Hurepel 
s'intitule  comte  de  Boulogne.  Cet  important  comté  lui  provenait 
du  chef  de  sa  femme  et  la  chronique  d'André  {Recueil  des  hisUh- 

*  C'est  sans  doute  pour  assurer  l'acquisition  de  Clermont  contre  toute  revendi- 
cation ultérieure,  que  Louis  VIII  avait  négocié  trois  mois  auparavant  (novembre 
1223}  avec  Raoul  de  Clermont  d'Ailly,  l'acte  confirmatif  que  nous  avons  reproduit 
plus  haut. 

>  En  mai  1226,  Louis  VIII  donna  encore  à  son  frère  la  seigneurie  de  La  Morlaye. 
(Ms.  latin,  9778,  p.  152.)  Du  reste,  Mortain,  Aumale,  Calais,  Lislebonne  et  peut-être 
Domfiront  étaient  des  domaines  confisqués  après  la  bataille  de  Bouvines,  sur 
Renaud  de  Dammartin,  beau-père  de  Philippe  Hurepel.  Il  ne  s'agissait  donc  réel- 
lement, en  ce  qui  les  concernait,  que  d'une  restitution.  Le  roi  s'était  réservé  la 
garde  et  possession  des  forteresses  de  Mortain  et  de  Lislebonne.  Mais  en  décembre 
1226,  Louis  IX  rendit  à  son  oncle  Philippe  ces  deux  forteresses  à  charge  de  foi  et 
hommage.  Du  Puy,  Droits  du  Roi,  p.  901  et  D.  Grenier,  tome  CLXVII,  fo  337. 

'  Elle  a  été  reproduite  par  Louis  VIII  dans  son  testament  du  mois  de  juin  1225, 
article  5.  «  Nous  voulons  et  ordonnons  que  la  terre  que  tient  de  nous  notre  très- 
cher  et  fidèle  frère  Philippe,  comte  de  Boulogne,  retourne  à  notre  successeur  roi 
de  France,  si  le  dit  comte  de  Boulogne  meurt  sans  héritiers.  »  V.  Chopin,  Domaine 
de  France,  livre  XIV,  titre  XIV.  Husson,  Du  Domaine  de  la  couronne  et  des  apanages 
des  enfants  de  France,  Lefèvre  de  la  Planche,  Traité  du  Domaine,  tome  III, 
chapitre  m. 


Digitized  by 


Google 


50  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS. 

rienSj  t.  XVIII,  p.  578),  nous  apprend  que  ce  fut  en  effet  en 
1223  qu'il  alla  personnellement  eu  prendre  possession.  Il  avait 
été  fiancé  dès  sa  plus  tendre  enfance  à  Mahaud,  fille  ainée 
dlde,  comtesse  de  Boulogne  et  de  Mortain,  et  de  son  quatrième 
mari  Renaud,  comte  de  Dammartin  \  La  part  active  prise  par 
celui-ci  &  la  coalition  féodale  de  1214  n'avait  pu  que  confirmer 
davantage  Philippe-Auguste  dans  le  désir  de  replacer  ainsi  sous 
sa  dépendance  et  comme  en  sa  main  les  nombreux  domaines 
des  maisons  de  Boulogne  et  de  Danmiartin,  en  même  temps 
que  la  captivité  de  leur  possesseur  et  la  confiscation,  que  sa 
félonie  lui  avait  fait  encourir,  assuraient  la  réalisation  de  ce 
désir.  Suivant  VAri  de  vérifier  les  dateSy  le  mariage  aurait  eu 
lieu  en  1216,  mais  certaines  des  expressions  que  nous  avons 
relevées  dans  la  charte  ci-dessus  nous  sembleraient  de  nature  à 
faire  penser  que  la  célébration  en  aurait  été  postérieure  de  près 
de  sept  années,  ce  qui  servirait  peut-être  à  expliquer  pourquoi 
on  ne  trouve  pas  antérieurement  à.  la  date  de  1223,  ni  dans  les 
duroniques  ni  dans  les  chartes,  les  titres  de  comte  de  Dam- 
martin et  de  Boulogne  attribués  à  Philippe. 

Quoiqu'il  en  soit,  du  reste,  M.  Léopold  Delisle  a  dressé  par 
ordre  chronologique  le  catalogue  des  actes  de  ce  prince,  de 
ladite  année  jusqu'en  1233  *,  et  nous  emprunterons  au  travail 
du  savant  auteur  les  mentions  qui  concernent  le  comté  de  Cler- 
mont. 

La  première  de  mai  1225  est  relative  à  l'accensement  du 
bois  d'Ageu.  Ce  bois,  situé  entre  le  ruisseau  de  Longueaue  et 
rOise,  appartenait  par  indivis  au  comte  de  Clermont  et  à  Philippe 
de  Béthisy.  Mais  les  habitants  de  Rieux,  de  Brenouille  et  du 
Mesnil  de  Pont  Sainte-Maxence  y  prétendaient  des  droits  d'u- 
sage. Les  deux  propriétaires  s'entendirent  pour  leur  en  con- 
céder le  sol  avec  faculté  de  défrichement,  moyennant  un  cens 
annuel  de  40  livres  parisis  et  sous  réserve  de  la  justice,  de  la 


^  Philippe  Hurepel  naquit  en  i200.  Par  acte  du  mois  d'août  de  Tannée  suivante, 
Renaud  et  Ide  s'engagèrent  à  lui  donner  en  mariage  leur  fille  aînée  et  héritière 
Mahaud.  Cette  promesse  fut  renouvelée  et  les  conditions  du  mariage  fixées  en 
novembre  1209  et  mai  1210.  Catalogue  des  actes  de  Philippe-Auguste,  n©»  674,  1178, 
1217-1219. 

«  Recherches  sur  les  comtes  de  Dammartin  au  xiii®  siècle.  Mémoires  de  la 
Société  des  Antiquaires  de  France ^  année  1869. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS.  51 

chasse  de  la  grosse  bête,  ainsi  que  des  lods  et  ventes  et  autres 
droits  dont  la  perception  demeura  confiée  à  un  maire.  Les  con- 
cessionnaires furent  autorisés  à  instituer  de  leur  côté  un  garde 
ou  sergent.  (Coll.  Baluze,  t.  CCCXC,  n"  487.) 

La  môme  année  ou  plutôt  au  commencement  de  la  suivante 
(janvier  1226  n.  s.)  Philippe  fit  un  accord  avec  Tabbaye  de 
Saint-Denis  pour  des  droits  de  roage  et  de  justice  qu'ils  possé- 
daient par  indivis  à  Moyvillers,  Estrées  Saint-Denis  et  Bailleul- 
le-Soc  (coll.  Moreau,  t.  CXXXVI);  il  devait  quatre  ans  après,  en 
août  1230,  abandonner  à  ladite  abbaye  la  mouvance  de  plusieurs 
fiefs  nobles  sis  aux  mêmes  lieux,  ne  se  réservant  que  l'hom- 
mage lige  de  la  maison  forte  et  de  la  prévôté  de  la  moyenne 
justice  à  Estrées.  {Ibid.,  t.  CXLIIL) 

Louis  VIII  était  mort  alors  et  Philippe  Hurepel,  après  avoir 
d'abord  pris  parti  pour  le  jeune  roi  son  neveu  dans  les  troubles 
qui  signalèrent  les  débuts  de  la  régence  de  Blanche  de  Castille, 
n'avait  pas  tardé  à  se  joindre  à  la  ligue  des  barons  révoltés  et 
dont,  au  témoignage  de  Joinville,  il  serait  même  devenu  le  chef. 
Ce  fut  à  cette  époque  qu'il  se  retira  à  Calais  qui  n'était  encore 
qu'un  simple  village  du  comté  de  Boulogne,  et  le  fit  fortifier  \ 
Pendant  ce  temps  les  comtes  de  Flandre  et  de  Champagne  rava- 
geaient ses  domaines  dans  le  nord  de  la  France.  En  1229  ou 
1230  au  plus  tard  il  fit  sa  paix  avec  la  régente  et  rentra  en  grâce, 
n  mourut  aux  environs  du  18  janvier  1234  nouveau  style, 
non  sans  soupçon  de  poison.  Il  avait  donné  en  1232  le  moulin 
de  Bekerel ,  sans  doute  près  Warti ,  à  Tabbaye  de  Froidmont 
(Mss.  latin  5471,  p.  43).  On  trouve  dans  la  Collection  Moreau 
deux  chartes  de  Philippe  et  de  Mahaut  sa  femme  l'une  (t.  CXLV) 
de  décembre  1231  relative  à  un  accord  avec  l'abbaye  de  Chaalis, 
l'autre  (t.  CXLVII)  de  mai  1233  en  faveur  de  l'abbaye  de 
Beaupré. 

M.  Douet  d'Arcq  a  décrit  dans  son  Inventaire  géfiéral  (t.  I, 
p.  435),  le  sceau  de  Philippe  Hurepel.  Il  portait  un  écu  fleurde- 
lisé brisé  d'un  lambel,  s'écartant  ainsi,  nous  apprend  le  Réper- 
toire  universel  de  jurisprudence  (v°  nom),  de  l'usage  ancien  qui 
avait  fait  prendre  jusqu'alors  aux  puînés  de  la  maison  de  Franco 

*  Du  Pay,  Droits  du  Roi,  p.  735.  V.  coll.  Moreau,  tome  CCCXCVI,  l'acte  du  prêt 
d'une  somme  de  8,000  livres  fait  par  les  bourgeois  de  Calais,  en  1228,  à  Philippe 
pour  les  fortifications  de  leur  ville. 


Digitized  by 


Google 


52  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 

non-seulement  le  nom,  mais  encore  les  armes  des  maisons  où 
ils  avaient  contracté  alliance  \ 

Suivant  VArt  de  vérifier  les  dates,  Philippe  aurait  laissé  de  son 
union  avec  Mahaud  de  Dammartin  deux  enfants  :  Albéric,  qui 
aurait  été  comte  de  Dammartin  et  serait  allé  s'établir  en  Angle- 
terre, et  Jeanne,  mariée  à  Gaucher  de  Ghatillon.  Mais  M.  Léopold 
Delisle  nous  semble  avoir  établi  sans  réplique  que  Texistence  du 
premier  n'est  rien  moins  que  prouvée  et  que  Jeanne  seule  sur- 
vécut à  son  père. 

Un  si  riche  héritage  aux  mains  d'une  femme  et  d'un  enfant 
devait  éveiUer  bien  des  convoitises.  Aussi  dès  l'hommage  reçu 
de  Mahaud  en  janvier  1234  (Teulèt  II,  259),  Louis  IX  s'em- 
pressa-t-il  de  lui  faire  prendre  l'engagement  de  livrer  à  première 
réquisition  les  forteresses  de  Boulogne  et  de  Calais  pour  l'espace 
de  dix  années  {Ibid, ,  et  Du  Puy,  p.  755)  puis  de  ne  pas  se  rema- 
rier sans  son  consentement  (février  1238,  n.  s.,  Teulet,  II,  284). 
Elle  signait  en  même  temps  la  même  promesse  en  ce  qui  con- 
cernait sa  fille,  et  donnait  pour  pleige  ou  caution  Hugues  de 
Ghatillon  comte  de  Saint-Fol  et  de  Blois  {Ibid.y  281  et  Dupuy, 
p.  321).  Ge  fut  avec  le  neveu  de  cet  Hugues  de  Ghatillon  fils  de 
Guy  de  Ghatillon  comte  de  Saint-Fol  et  d'Agnès  de  Donzy  *, 
que  Mahaud  fiança  sa  fille  Jeanne  au  mois  de  décembre  de  l'an- 
née suivante  1236.  L'âge  trop  peu  avancé  des  futurs  époux  fit 
retarder  la  célébration  du  mariage  jusqu'en  1241 ,  d'après  le 
P.  Anselme  '. 

«  «  Ce  qui  enhardit  Philippe  à  ce  faire,  dit  Loiseau,  Des  Ordres^  ch.  vu,  n*»  26, 
ce  fat  qu^alors  la  maison  de  France  commençait  d'entrer  en  plus  grande  autorité, 
comme  Du  Tillet  a  remarqué,  à  cause  que  le  roi  Philippe  son  père  avait  conquis 
et  réuni  plusieurs  duchés  et  comtés,  à  la  faveur  des  voyages  de  la  Terre-Sainte  et 
autres  plusieurs  bonnes  occasions  dont  il  s'était  bien  su  prévaloir.  » 

'  Guy  de  Ghatillon,  frère  de  Hugues,  était  devenu  comte  de  Saint-Pol  en  mai 
1223  par  cession  temporaire  de  sa  mère  Elisabeth  de  Gamp-d'Avesnes,  dernière 
représentante  de  la  branche  afnée  de  cette  illustre  famille.  {Catalogue  des  actes  de 
Philippe- Auguste,  n®  2215.)  11  mourut  en  1226  au  siège  d* Avignon;  sa  femme,  Agnès 
de  Donzy,  héritière  des  comtés  de  Nevers,  Auxerre  et  Tonnerre,  Tavait  précédé 
d'une  année  dans  la  tombe.  Elisabeth,  rentrée  en  possession  du  comté  de  Saint- 
Pôl,  le  donna  à  son  autre  fils  Hugues. 

*  Us  étaient  mariés  en  novembre  1242,  puisqu'à  cette  date  ils  confirmèrent  le 
testament  de  la  comtesse  Mahaud.  (L.  Delisle,  Recherches  sur  les  comtes  de  Dam- 
martin, p.  32.)  En  mars  1245  (1246,  n.  s.).  Gaucher  de  Ghatillon  délaissa  au  roi, 
pour  le  rachat  du  relief  que  Jeanne,  sa  femme,  devait  à  raison  de  son  mariage, 
la  terre  de  Rémi,  près  Gompiègne,  quMl  possédait  du  chef  de  sa  grand'mère  Elisa- 
beth de  Gamp-d'Avesnes.  (Gartulaire  de  Philippe-Auguste,  fo  195,  reproduit  par 
M.  Bordier  dans  sa  notice  sur  Philippe  de  Beaumanoir.) 


Digitized  by 


Google 


LE  COMTÉ  I>E   GLERMONT   EN   BEAUVAISIS.  53 

Par  le  contrat  de  décembre  1236,  il  avait  été  octroyé  à  la 
comtesse  Mahaud,  dit  Louvet  {Anciennes  remarques  y  p.  400), 
qu'elle  tiendrait  toute  sa  vie  les  comtés  de  Clermont  et  d'Au- 
male  avec  les  seigneuries  d'Alisy  et  de  Lislebonne  laissant 
seulement  à  sa  fille  celle  de  Domfront  *,  quelques  autres  terres 
provonues  de  son  mari  Philippe  de  France,  et  comme  Jeanne 
mourut  sept  ans  avant  sa  mère,  il  résulte  que  celle-ci  doit  être 
considérée  comme  ayant  seule  porté  le  titre  de  comtesse  de 
Clermont  jusqu'à  l'époque  de  la  seconde  réunion  du  comté  à  la 
couronne  *. 

Voici  la  nomenclature  des  principaux  actes  de  Mahaud  qui 
nous  sont  parvenus ,  relativement  à  l'administration  de  ce 
comté,  et  que  nous  avons  relevés  pour  la  plupart  dans  le  travail 
de  M.  L.  Delisle. 

En  1234,  elle  confirme  une  donation  faite  à  l'abbaye  de 
Froidmont  par  Arnaud  de  Borron  ' ,  et  en  1235  la  vente  d'une 
terre  sise  à  Courroi  consentie  à  l'abbaye  de  Beaupré  par  Gervais 
de  MiUy.  (Collection  Moreau,  t.  CL,  f  122  et  t.  CLI,  f  91.)  La 
même  année  1235,  au  mois  de  décembre,  elle  fonde  dans  l'hôpi- 
tal de  Creil  une  chapelle  en  Thonneur  de  sainte  Anne  et  assigne 
au  chapelain  chargé  de  la  desservir  une  rente  de  12  livres 
parisis  par  an  sur  le  travers  de  Creil  (Mss.  F.  4663,  n*  xiv)  ;  elle 
donne  à  son  chambellan  une  maison  sise  dans  ladite  ville.  (Teu- 
let,  n,  304.)  En  décembre  1238,  elle  dote  la  chapelle  Saint- 
Arnoul  de  Clermont,  d'une  rente  de  blé  sur  son  moulin  de 
Gouvieux.  (Collection  Moreau,  t.  CLV,  f  84.)  En  avril  1239,  elle 
rachète,  moyennant  120  livres  parisis,  à  Jean  de  Boullancourt, 


>  En  juillet  1246,  Gaacher  de  ChatiUon  s'eugagea  à  rendre  au  roi,  quand  il  en 
serait  requis^  son  château  de  Domft'ont.  (Registre  E  de  Philippe-Auguste, 
f«  42.) 

<  Le  contre-sceau  de  Mahaud  de  Dammartin,  appendu  à  une  charte  de  1239,  est 
chargé  de  deux  écus,  Tun  ayant  la  pointe  en  Tair  semé  de  fleurs  de  lis  avec  un 
lambel  (armes  de  Philippe  Hurepel),  Tautre  la  pointe  en  bas  fascé  de  six  pièces 
avec  une  bordure  (armes  de  Dammartin).  (Douet  d'Arcq,  I,  435.) 

'  En  août  1244,  Mahaud  confirma  encore  de  concert  avec  Alphonse  de  Portugal, 
son  second  époux,  à  Tabbaye  de  Froidmont,  la  possession  d*une  masure  sise  à 
Clermont.  (Coll.  Moreau,  tome  CLXVI,  fo  107.)  Une  charte  de  la  même  collection 
nous  apprend  qu'au  mois  de  décembre  précédent  elle  avait  eu  un  différend  avec 
ladite  abbaye  et  qu'elle  avait  pris  pour  arbitres  Tabbé  d'Ourscamp,  Mathieu  de 
Trie  et  Robert  de  Cressonsacq.  (T.  CLXll,  fo  17.) 


Digitized  by 


Google 


54  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEÂUVAISIS. 

les  droits  d'usage  qu'il  possédait  dans  la  forêt  de  Hez,  du  chef 
de  sa  femme.  (Archives  nationales,  P.  1369  *,  c.  1757.) 

Elle  se  trouvait  alors  sur  le  point  de  contracter  un  second  ma- 
riage avec  Alphonse,  frère  du  roi  de  Portugal*  et  neveu  de  la  reine 
Blanche  par  sa  mère  Urraque  de  Castille,  et  une  inscription 
commémorative  de  la  dédicace  de  l'église  de  Cambronne-lès- 
Clermont  (Graves,  Précis  statistique  du  canton  de  Aiouj/j  p.  48), 
constate  que  ce  mariage  était  célébré  en  décembre  1239.  Les 
deux  époux  conférèrent,  au  mois  de  juillet  1244,  aux  religieux 
de  l'ordre  de  la  Trinité  et  des  captifs,  établis  déjà  depuis  plu- 
sieurs années  au  Bois  Saint-Jean,  paroisse  de  Warti,  l'ancien 
Hôtel-Dieu  de  Clermont  situé  dans  la  basse  ville,  sur  le  fief 
Saint-André,  sous  condition  d'y  exercer  à  perpétuité  l'hospita- 
lité, et  pour  leur  en  assurer  les  moyens,  leur  accordèrent  une 
foire  annuelle  le  jour  de  la  fête  de  leur  saint  patron  avec  tous 
les  droits  y  attachés.  (Mss.  F.  4663,  n*»  LXXXV  \)  Au  mois  do 
septembre  suivant,  ils  dotèrent  de  12  livres  parisis  de  rente  à 
prendre  sur  leur  prévôté  de  Dammartin  le  prieuré  de  Saint- 
Thibaut,  fondé  en  1066  au  lieu  dit  Saint-Remy  près  du  village 
de  Rue  Saint-Pierre,  sur  les  confins  de  la  forêt  de  Hez,  et  qu'ils 
venaient  de  faire  reconstruire  ;  ils  en  attribuèrent  en  même 
temps  le  patronage  à  l'abbaye  de  Saint-Symphorien  de  Beau- 
vais.  (Louvet,  Histoire  du  diocèse  de  Beauvais,  t.  II,  p.  12.) 

Cependant  les  Portugais  s'étaient  soulevés  contre  leur  roi 
Sanche  II,  frère  d'Alphonse,  et  avaient  sollicité  celui-ci  de  venir 
se  mettre  à  leur  tête  (1246).  De  retour  dans  sa  patrie  Alphonse 
ne  tarda  pas  à  ceindre  la  couronne  et  oubliant,  suivant  l'expres- 
sion de  Louvet,  son  mariage  contracté  en  France  prit  une  nou- 
velle alliance  dans  la  maison  de  Castille.  L'épouse  délaissée  se 
pourvut  auprès  du  Saint-Siège  ;  le  pape  Alexandre  IV ,  après 
avoir  vainement  tenté  de  rappeler  Alphonse  au  respect  de  la  foi 
jurée,  le  frappa  d'excommunication,  et  ne  consentit  à  l'en  rele- 
ver qu'après  la  mort  de  Mahaud. 


1  Le  sceau  d'Alphonse  de  Portugal  existe  aux  Archives  nationales.  Il  est  équestre 
aux  armes  (mi-parti  de  châteaux  et  de  fasces  semé  de  fleurs  de  lis).  Contre- 
sceau  :  mi-parti  semé  de  fleurs  de  lis  et  d'un  fkscé  de  six  pièces  avec  une  bordure. 
—  Douet  d*Aroq,  I,  435. 

■  V.  Lettres  conOrmatives  de  Tévéque  de  Beauvais  ,  juin  1248.  Ck)U.  Moreau, 
tome  CLXIX,  fo  29. 


Digitized  by 


Google 


LE  COBITÉ   DE   CLERMONT  EN   BBAUVAÎSIS.  55 

Celle-ci  prolongea  son  existence  jusqu'au  mois  de  janvier 
1259  nouveau  style.  De  1247  à  1252  elle  semble  s'être  associée 
sa  fille  Jeanne  pour  Tadministration  du  comté  de  Clermont.  Du 
moins  on  trouve  la  mère  et  la  fille  approuvant  concurremment 
en  mai  1247,  la  concession  viagère  que  la  commune  de  Clermont 
avait  faite  de  la  jauge  de  Clermont  à  Thomas  de  Boulogne.  (Mss. 
Fr.  4663,  f"  116  et  20,082,  f  553);  donnant  en  mai  1249,  à 
Ëmmeline  Camuse  et  à  Pierre  son  mari,  une  masure^  sise  à  La 
Neuville-le-Comte,  près  le  monastère  de  Sainte-Marie,  franche 
et  quitte  de  tous  droits,  sauf  2  deniers  de  cens  à  la  Saint-Remy 
(20,082,  f  123);  affranchissant  en  décembre  1251,  et  mettant 
hors  de  fief  au  même  lieu  et  moyennant  le  même  cens  annuel, 
une  masure  avec  grange  en  faveur  de  Pierre  Achard,  qui  reçut 
en  outre  le  droit  d'usage  pour  brûler  et  bâtir  dans  la  forêt  de 
Hez.  (Archives  nationales,  P  1362  *,  c.  1046.)  Au  mois  de 
novembre  1251  elles  avaient  confirmé  des  donations  faites  au 
prieuré  de  Wariville.  (Collection  Moreau,  t.  CLXXIII,  f  17.) 

Jeanne  était  veuve  alors  et  depuis  déjà  un  an.  Son  mari 
Gaucher  de  Châtillon  s'était  croisé  en  1246,  et  deux  ans  après  il 
avait  accompagné  le  roi  saint  Louis  dans  l'expédition  d'É- 
gjrpte.  «  Moût  bien  se  maintint  outre  mer  et  moût  eust  valu  se 
il  eust  vescu,  »  dit  de  lui  Joinville,  mais  il  fut  tué  après  des 
prodiges  de  valeur  à  la  meurtrière  journée  de  la  Massoure.  Il  ne 
laissait  pas  d'enfants  et  sa  femme  devait  bientôt  le  suivre  dans 
la  tombe  K  Le  dernier  acte  d'elle,  dont  on  ait  connaissance,  est 
celui  en  date  du  28  décembre  1251  par  lequel,  du  consentement 
de  sa  mère,  elle  modifia  et  accrut  le  droit  de  prendre  du  bois 
dans  la  forêt  de  Hez,  dont  jouissait  la  Maison-Dieu  de  Saint- 

*  Il  existe  deux  chartes  de  Gaucher  de  Châtillon  et  de  sa  femme  concernant  le 
comté  de  Clermont.  Par  Tune  de  mars  1246  (1247)^  ils  prient  Tabbé  de  Saint- 
Denis  de  recevoir  Thommage  de  Simon  de  Villers  pour  un  fief  sis  à  Verderoune. 
(Coll.  Moreau,  tome  CLXV.  fo  187).  L'autre  de  !247  est  relative  à  l'abbaye  de 
Royaumont.  (Ms..  latin,  9,977,  p.  81.)  En  novembre  1251,  Jeanne  confirma  à 
Mathieu  de  Trie  le  droit  d'usage  dans  la  forêt  de  Hez  pour  sa  maison  du  Plessis- 
Billebault.  Dans  cet  acte,  elle  s'intitule  «  fille  et  hoir  de  noble  homme  Philippe, 
de  bonne  mémoire  jadis  comte  de  Boulogne  et  de  Clermont.  n  (Ms.  Fr.,  4,663, 
fo  114.)  Le  contre-sceau  de  Jeanne  (Douet  d'Arcq.  Inventaire  n»  1785)  appendu  à 
l'acte  de  1245,  porte  deux  écus  :  l'un  ayant  la  pointe  en  l'air  semé  de  fleurs  de 
lis  avec  un  lambel  de  cinq  pendants,  l'autre  la  pointe  eu  bas  chargé  de  trois  pals 
de  vair  avec  un  chef  (armes  de  Gaucher  de  Châtillon). 


Digitized  by 


Google 


S6  LE  COBfTÉ  DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 

Jean-de-Beauvais.  (Coll.  Moreau,  l.  CLXXIII,  f*  22.)  En  même 
temps  elle  donnait  au  prieuré  de  Saint-Leu  d*Esserent,  dans 
Féglise  duquel  elle  avait  choisi  sa  sépulture,  tout  ce  qu'elle  pos- 
sédait au  village  de  ce  nom  (Cartulaire  de  Saint-Leu,  coll.  Ba- 
luze,  t.  XLVI,  f*  78),  et  instituait  sa  mère  héritière  de  la  part 
qui  pouvait  lui  revenir  dans  les  acquêts  de  Philippe  Hurepel  son 
père  \ 

La  comtesse  Mahaut  survécut  sept  ans  à  sa  fille.  Le  2  no- 
vembre 1255  elle  confirmait  des  chartes  de  Tabbaye  de  Chaalis. 
(Coll.  Moreau.  t.  CLXXVI,  f  233.)  En  mai  1257  elle  approuvait 
un  accord  conclu  entre  l'abbaye  de  Froidmont  et  les  habitants 
de  la  Neuville-en-Hez.  {Ibid.,  t.  CLXXIX,  f  17.)  Au  mois  de 
septembre  suivant  elle  donnait  en  fief  et  hommage  à  Jehan 
Floiri  et  à  ses  hoirs  la  maison  de  Cantepie,  sise  à  Clermont. 
(Ms.  Fr.  4,663,  f  94.)  Elle  mourut  le  14  janvier  1259. 

A  cette  époque,  si  elle  possédait  encore  le  comté  de  Clermont, 
ce  n'était  qu'à  titre  viager  et  précaire.  La  succession  de  Jeanne 
de  Boulogne  avait,  en  effet,  en  ce  qui  concernait  le  comté,  sou- 
levé entre  saint  Louis,  dès  son  retour  en  France,  et  ses  frères 
Charles,  comte  d'Anjou,  et  Alphonse,  comte  de  Poitiers,  une 
contestation  judiciaire  que  nous  résumons  ici  d'après  Choppin 
{Du  Domaine  de  la  couronne,  livre  II,  ch.  xi),  et  Husson  {Des 
partages  et  apanages  des  Enfants  de  France,  p.  42). 

Le  roi  prétendait  que  la  mort  de  Jeanne  sans  hoirs  devait 
entraîner  la  réversiop  du  comté  à  la  couronne,  à  raison  de  son 
caractère  d'apanage.  Mais  Charles  d'Anjou  et  Alphonse  de  Poi- 
tiers contestaient  cette  doctrine.  Ils  soutenaient  que  la  condition, 
sous  laquelle  seule  le  retour  avait  été  imposé  par  les  lettres  de 
1223  et  le  testament  de  Louis  VIII,  avait  failli,  puisque  Philippe, 
loin  d'être  décédé  sans  hoirs,  avait  laissé  une  fille  qui  lui  avait 
succédé  ;  qu'il  ne  s'agissait  pas  de  la  succession  de  Tapanager 
qui  seul  avait  été  chargé,  mais  de  la  succession  de  l'héritière  de 
celui-ci,  jusqu'à  laquelle  la  charge  n'avait  pas  été  étendue, 
qu'ainsi  le  comté  de  Clermont  étant  libre  dans  la  succession  de 
Jeanne,  il  devait  appartenir  aux  héritiers  qu'elle  avait  laissés 

*  Balaze,  Hvttoire  delà  maison  d'Anvei^gne,  II,  101.  Par  le  même  testament  elle 
donna  au  curé  de  la  Neuville,  pour  son  anniversaire,  l'usage  du  vert  bois  dans  la 
forêt  de  liez.  (Louvet,  t.  I,  p.  818.) 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE  CLERMONT  EN   BEAUVAISIS.  57 

ab  intestat  du  côté  et  ligne  d'où  le  comté  lui  était  échu;  que 
saint  Louis  IX  et  eux,  étant  cousins  paternels  de  la  défunte  et 
en  égalité  de  degré,  ils  devaient  y  avoir  chacun  la  portion  que 
la  coutume  de  France  leur  donnait.  Mais  il  fut  jugé  par  le  Par- 
lement que,  tel  que  pût  être  le  successeur  de  Philippe,  fils  ou 
petit-fils  décédé  sans  hoirs,  le  seul  défaut  de  descendants  du 
premier  apanager  faisait  advenir  la  condition  insérée  dans  les 
lettres  de  1223  et  le  testament  de  Louis  VIII;  et  que  saint 
Louis  IX  reprenait  le  comté  non  comme  parent  et  cousin  de  la 
défunte,  mais  comme  roi  successeur  à  la  couronne  du  testateur. 
(Arrêt  du  mois  de  septembre  12S8  *.) 

Lorsque  la  comtesse  Mahaut  mourut,  le  comté  de  Clermont 
fit  donc  retour  immédiat  au  domaine  royal.  Saint  Louis,  après 
en  avoir  conservé  plusieurs  années  l'administration  directe,  en 
investit  par  son  testament  Robert,  son  quatrième  fils,  tige  de 
l'illustre  maison  de  Bourbon,  c'est  ce  que  nous  verrons  dans  le 
paragraphe  suivant. 


*  Bibliothèque  nationale,  Ms.  F,  Dupuy,  327,  fo  59,  et  Martène,  Amplissima  col- 
lectio,  I,  f»  1345.  Un  autre  arrêt  de  la  Toussaint  1267  adjugea  au  contraire  contre 
le  roi  aux  héritiers  de  Mahaud,  savoir  Mathieu,  comte  de  Dammartin,  Guillaume 
Baudoin  et  Michel  de  Fiennes,  Enguerrand  et  Renaud  de  Picquigny,  en  vertu  du 
testament  de  Jeanne  de  Boulogne,  les  acquêts  de  la  communauté  de  Philippe  Hure- 
pel,  panni  lesquels  figuraient  un  arpent  de  vigne  à  Creil  dans  le  clos  du  roi,  une 
maison,  un  cellier  et  un  jardin  édifié  d'un  colombier  au  môme  lieu,  le  Bois  de 
Barthélémy  et  le  Bois  de  FoucheroUes  dans  la  forêt  de  Pommeraie,  le  Bois  de 
Pinnegay,  le  Bois  de  sire  Odon  de  Chauffery,  le  Bois  de  sire  Pierre  de  Lys  situé 
clans  la  forêt  de  Hcz,  une  partie  de  jardin  sis  contre  les  fossés  du  château  à  la 
Neuville  avec  une  cave  dans  ledit  jardin.  {Olirrii  t.  I,  p,  261 .) 


Digitized  by 


Google 


58  LE  COMTÉ   DE  CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 


m. 

Savit  Louis. —  Les  comtes  apanagistes  de  la  seconde  race  :  Robert; 
Louis  /*';  Charles  IV  le  Bel,  comte  de  Clermont;  Louis  i" 
rentre  en  possession  du  comté;  Pierre  7*'. 

1.  Mis  par  Tarrêt  de  septembre  1238  en  possession  de  Tînté- 
gralité  du  comté  de  Clermont^  saint  Louis  le  réunit  au  domaine 
de  la  couronne.  Clermont,  Creil,  la  Neuville-en-Hez,  Gournay- 
sur-Aronde  prirent  de  nouveau,  comme  au  temps  de  Philippe- 
Auguste,  rang  parmi  les  prévôtés  royales  *.  Plusieurs  années  du 
reste  avant  cette  réunion,  lorsque  la  mort  de  Jeanne  de  Bou- 
logne sans  enfants,  ouvrant  la  succession  au  profit  de  ses  colla- 
téraux, n'eût  laissé  qu'à  titre  précaire  ses  propres  aux  mains  de 
Mahaud  de  Dammartin,  on  trouve  le  monarque  intervenant  déjà 
dans  l'administration  du  comté,  auquel  une  tradition  locale  res- 
pectable, que  nous  ne  saurions  passer  ici  sous  silence,  tendrait 
même  à  le  rattacher  par  les  liens  de  la  naissance  *.  C'est  ainsi 
qu'en  mai  12SS  il  avait  donné  au  maieur  de  Clermont*  une 
charretée  de  bois  à  prendre  par  semaine  en  la  forêt  de  Hez  (Ms. 
Fr.  4,663,  f  101),  et  qu'au  mois  de  novembre  suivant,  conti- 
nuant aux  meseaux  ou  lépreux  de  la  même  ville  les  libéralités 
des  comtes  Renaud  et  Raoul,  il  leur  avait  octroyé  la  dîme  do 

*  Brussel,  Usage  général  des  fiefs,  cap.  xxxiii.  De  la  recette  des  prévôtés  qui 
formèrent  le  domaine  des  rois  de  1202  à  1300. 

*  L'opinion  qui  fait  naître  saint  Louis  au  château  de  la  Neuville-en-Hez,  le 
25  avril  1214  ou  1215,  a  donné  lieu,  dans  le  courant  du  xviiio  siècle,  à  une  longue 
et  vive  controverse.  Soutenue  par  Montfaucon  et  par  Tabbé  Lebœuf,  elle  s'appuie 
des  termes  formels  de  lettres  patentes  de  1468,  1475  et  1601,  portant  exemption 
de  taille  à  ce  titre  en  faveur  des  habitants  de  la  Neuville.  Elle  a  néanmoins  ren- 
contré de  savants  contradicteurs,  entre  autres  un  mattre  en  la  matière,  M.  Natalis 
de  Wailly.  Son  mémoire,  lu  à  rAcadémte  des  Inscriptions  et  Belles-Lettres  et 
publié  en  1866  dans  la  Bibliothèque  de  tÉcole  des  Charles,  résume  et  élucide  la 
question.  Nous  ne  pouvons  qu'y  renvoyer  le  lecteur. 

'  Ce  maieur  n'était  pas  le  chef  de  l'administration  municipale  instituée  par  la 
charte  de  Louis  de  Blois  de  l'année  1197,  mais  l'officier  féodal,  chargé  de  l'admi- 
nistration et  de  la  police  de  la  seigneurie.  Voyez  Ms.  Fr.  4663,  f»  34,  l'aveu  du 
fief  Messire  Drieu  Le  Maire,  comprenant  dans  le  dénombrement  des  droits  y 
attachés  «  une  cartée  de  bos  chascune  semaine  en  la  forêt  monsieur,  ainsi  qu'une 
espaule  de  bœuf  chascune  semaine,  puis  le  jour  le  saint  Ernoul  (11  août)  dusqucs 
à  la  saint  Martin  diver,  scur  les  estaus  de  la  boucherie  de  Clermont.  » 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS.  59 

son  paîn  pendant  tout  le  temps  de  son  séjour  dans  l'étendue  de 
la  châtellenie  {Ibid.y  f  98  et  Ms.  Fr.  20,082,  f  S36.)  En  1259, 
il  confirma  au  profit  du  curé  de  la  Neuville  et  de  ses  successeurs 
la  donation  faite  par  Jeanne  de  Boulogne  de  lusage  du  vert 
bois  dans  la  forêt  à  leur  ardoir  et  à  leur  édifier  (Louvet,  t.  I, 
p.  818,  Ms.  Fr.  4,663,  n**  Lxxry),  et  au  chapelain  du  château  les 
rentes  constituées  tant  par  la  comtesse  Catherine  que  par  Phi- 
lippe-Auguste et  Philippe  Hurepel,  dont  il  assigna  le  paiement 
sur  le  revenu  de  la  prévôté  de  Clermont*.  En  mai  1261,  il  ratifia 
la  concession  de  l'usage  du  bois  sec  dans  la  forêt  de  Hez,  que  la 
Maison>Dieu  des  pauvres  de  Saint-Jean-de-Beauvais  tenait  de 
la  bienfaisance  de  Jeanne  de  Boulogne,  et  y  ajouta  celui  du  bois 
vert.  (Ms.  Fr.  4,663,  n*  Lxvn.)  Deux  ans  après  (mars  1263)  il 
approuvait  la  donation  que  Renaud  de  Warti,  chantre  deTéglise 
Sainte-Marie  de  Senlis,  venait  de  faire  aux  Trinitaires  de  Cler- 
mont  d'un  manoir  sis  en  la  Gauchie  de  Warti,  et  renonçait,  à 
leur  profit,  à  une  rente  de  dix  muids  et  demi  d'avoine  qu'il  avait 
sur  ce  manoir.  {Ibid.,  n**  xvn.) 

Les  registres  des  Olim  nous  fournissent  (t.  I,  p.  78,  79,  192, 
546  et  789)  plusieurs  arrêts  concernant  l'administration  du 
comté  de  Clermont.  Il  y  en  a  deux  de  1259  ;  l'un  règle  un  bor- 
nage dans  la  forêt  de  Hez  avec  le  prieur  de  Saint-Thibaut; 
l'autre  reconnaît  aux  habitants  des  Hayes,  paroisse  do  Saint- 
Maximin,  leurs  droits  d'usage  dans  le  bois  seigneurial  dit  de 
Brocia*.  Les  demandeurs  avaient  justifié  de  plus  de  quarante 
ans  de  paisible  possession.  Les  habitants  de  Creil  n'ayant  pu 
produire  la  même  preuve  pour  la  forêt  de  la  Pommeraie  furent 
déboutés  à  la  Pentecôte  1264  de  la  faculté  d'y  faire  du  bois  sec. 
Le  Parlement  de  la  Chandeleur  1262  (1263)  avait  été  appelé  à 
juger  une  contestation  entre  le  bailli  de  Senlis  et  les  bateliers 
de  l'Oise  relativement  au  tarif  applicable  au  passage  du  port  de 
Creil;  il  fut  décidé  que  la  taxe  serait  désormais  perçue  non 

*  Voir  Ms.  Fr.,  4663,  no  xiv  et  26,082,  fo  559,  la  charte  confirmative  de  Philippe 
le  Hardi  (avril  12T7),  donnant  en  outre  audit  chapelain  de  la  Neuville  deux  pièces 
de  vigne  assises  au  territoire  de  Thnry,  lieu  dit  Castel-Thieiry. 

s  Ces  droits  n'appartenaient  pas  à  titre  purement  gratuit  aux  habitants  des 
Hayes,  car  en  échange  ils  acquittaient  une  redevance  annuelle  de  4  mines 
d'avoine,  4  chapons  et  2  deniers  de  cens  par  masure  ;  ils  étaient  en  outre  teuus 
de  charrier  des  pieux  et  des  palis  aux  vignes  du  roi  à  Creil,  ainsi  que  des  clayon- 
nages  pour  les  fortifications  du  château. 


Digitized  by 


Google 


60  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN  BEAUVAISIS. 

d'après  le  mode  de  construction  du  bateau,  maïs  d'après  sa  con- 
tenance ;  que  les  bateaux  portant  huit  cuviers  (dolia)  de  vin,  ac- 
quitteraient deux  deniers,  et  ceux  portant  neuf  tonneaux  {tonellos) 
et  plus,  quarante  deniers.  Ce  fut  encore  à  la  Chandeleur  1269 
(1270)  une  question  d'eaux  et  forêts  qui  s'agita  et  fut  résolue 
contre  les  officiers  royaux,  lesquels,  invoquant  d'anciennes  con- 
ventions périmées,  prétendaient  interdire  aux  religieux  de 
Froidmont  toute  exploitation  de  bois  qu'ils  possédaient  dans  la 
forêt  de  Hez,  tant  que  l'adjudication  des  coupes  domaniales  ne 
serait  pas  terminée. 

Le  comté  de  Clermont  venait  alors  une  fois  de  plus  et  pour 
près  de  trois  siècles  de  changer  do  condition.  Au  moment  de 
partir  pour  la  croisade,  où  il  devait  trouver  la  fin  et  le  couron- 
nement de  sa  vie.  Saint  Louis  avait  voulu  régler  les  apanages 
de  ses  fils  puînés. 

Celui  du  sixième  et  dernier  Robert  fut  l'objet  de  lettres 
patentes  du  mois  de  mars,  que  nous  rapporterons  ici  en  leur 
entier  *  : 

«  Loys,  par  la  grâce  de  Dieu,  roi  des  Frans  y  Nous  faisons 
chose  cognue  tant  aux  présents  comme  à  venir,  que  nous  à 
Robert  notre  fil,  et  à  ses  hoirs  de  son  corps ,  donnons  et  assi- 
gnons ces  choses  qui  dessoua  sont  dénotées  après  notre  décès, 
à  tenir  et  possessier  : 

«  C'est  à  scavoir  notre  chastel  de  Clermont,  avec  toutes  ses 
appartenances,  la  Neuville  en  Hès,  la  forest  et  les  apparte- 
nances d'icelle,  Creelg  avec  toutes  les  appartenances,  Sachy  (le 
grand)  avec  toutes  ses  appartenances  et  tout  ce  que  nous  avons 
à  Goumay  sur  Aronde,  et  quelcunques  autres  choses  que  nous 
avons  et  possessons  en  la  comté  de  Clermont  en  seur  que  tout. . . 
et  Méri  avec  les  appartenances,  fiefs  et  domaines,  et  quel- 
cunques autres  choses  que  nous  avons  illenc. 

«  Et  toutes  ces  choses  devant  dites  y  cil  Robert  et  si  hoirs 
tenront  en  fié  et  hommage  lige  de  nous  roi  des  Frans,  et  de  ce 
seront  tenu  rendre  service  dehuz  à  yceux;  des  choses  toutes 
voyes  que  li  comte  de  Clermont  ont  tenu  ou  devront  tenir  des 
évêques  de  Beauvais  et  de  l'abbé  de  Saint-Dcnys,  sont  tenu  tant 

*  Recueil  des  anciennes  fois  françaises ^  t.  I,  p.  353-354. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS.  61 

ycîeux  noire  fieux,  comme  le  hoir,  faire  hommage  à  Tévesque 
et  à  Tabbé  qui  auront  esté  pour  le  temps.  Adecertes  cette  dona- 
tion et  assignation  nous  faisons  sans  les  dons,  fiez  et  aumosnes, 
données  et  ottroîées  jusques  oi  oreslieux  et  terre  devant  dit,  et 
sauves  donations  et  restitutions,  si  aucunes  en  avons  fait  ou 
avons  ordonnée  estre  fait  à  yceux,  et  sauf  adecertes  et  tout  le 
droit  d'autruy. 

«  Et  si  il  aura  avenu  par  aventure  icelui  nostre  fil,  ou  Toir, 
ou  les  hoirs  morir  sans  hoirs  de  son  corps,  toutes  les  choses 
devant  dites  retourneront  franchement  à  nostre  hoir  ou  succes- 
seur, que  pour  le  temps  aura  tenu  le  royaume.  Que  ce  soit  ferme 
et  estable  et  permanent  à  tous  jours,  nous  avons  fait  garnir  ces 
lettres  par  l'impression  de  notre  scel. 

«  Fait  à  Paris,  Tan  du  seigneur  1269,  au  mois  de  mars.  » 

Ainsi  Tapanage  constitué  à  Robert  de  France  était  formé  du 
comté  de  Clermont,  tel  que  Philippe-Auguste  Tavait  acquis  des 
héritiers  de  Thibaut  de  Blois,  à  Taddition  près  d'un  ou  plutôt 
de  deux  domaines.  En  effet,  indépendamment  de  la  seigneurie 
deMéry*,  dont  il  est  fait  mention  expresse,  la  donation  com- 
prenait certainement  partie  de  la  châtellenie  de  Remy  ',  qui  fut 
en  1303  la  dot  de  Blanche,  fille  de  Robert,  lorsqu'elle  épousa  le 
comte  de  Boulogne  et  d'Auvergne. 

Parmi  les  clauses  de  l'acte  de  1269,  il  convient  de  signaler 
celle  qui  reproduisait  en  termes  plus  explicites  les  dispositions 
des  lettres  de  1223  stipulant  la  réversion  de  l'apanage  à  la  cou- 
ronne à  défaut  d'hoirs,  ainsi  que  celle  qui  avait  trait  à  l'hom- 
mage dû  par  le  comte  de  Clermont  tant  à  l'évêché  de  Beauvais 
qu'à  l'abbaye  de  Saint-Denis.  Des  conventions  spéciales  étaient 
intervenues  à  cet  égard  entre  le  roi,  l'évêquè  Renaud  de  Nan- 
teuil  (Ghoppin,  Du  domaine  de  France ,  livre  III,  titre  III),  et 

1  Méry,  aujourd'hui  canton  de  Maignelay,  appartenait,  en  1218,  au  domaine  de  la 
couronne,  puisqu'au  mois  de  novembre  de  ladite  année  Philippe-Auguste  donna 
à  Pierre  Hennequin,  de  Méry,  Tautorisation  de  construire  un  moulin  à  vent  dans 
l'étendue  de  son  fief.  L.  Delisle,  Catalogue  des  actes  de  Philippe-Auguste.  Méry  était 
placé  sous  l'autorité  du  bailli  de  Vermandois  (bail  de  1282). 

*  Remy,  ou  du  moins  l'un  de  ses  fiefs,  avait  été  cédé  en  1245,  par  Gaucher  de 
Châtillon,  à  la  couronne,  pour  le  droit  de  rachat  qu'il  devait  à  l'occasion  de  son 
mariage  avec  Jeanne  de  Boulogne.  Un  autre  fief,  sis  également  à  Remy ,  apparte- 
nait à  Amaury  de  Montfort,  qui  le  vendit  à  Robert  ;  mais  le  sire  de  Clermont-Nesie 
en  opéra  le  retrait  lignager.  Voir  à  l'article  de  Louis  IT,  an  1392. 


Digitized  by 


Google 


62  LE  COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 

l'abbé  Mathieu  de  Vendosme.  (Coll.  Moreau,  t.  CLXXXII, 
P  170.)  Moyennant  la  réserve  de  leurs  droits  pour  le  cas  où  le 
comté  sortirait  des  mains  du  roi  ou  de  celles  de  ses  successeurs, 
tous  deux  avaient  consenti  à  ce  qu'il  fût  affranchi  jusque-là  de 
Tobligation  de  Thommage;  ils  avaient  en  outre  fait  remise  à 
la  couronne  des  redevances  et  arrérages  qui  pouvaient  leur 
être  dus  à  raison  de  tout  manquement  antérieur  à  cette  obli- 
gation. 

2.  Robert,  comte  de  Clermont  '  (1270-1318).  C'était  seule- 
ment à  la  mort  de  Louis  IX  que  Robert  devait  entrer  en  jouis- 
sance de  son  apanage.  On  sait  que  cet  événement  ne  tarda  pas 
à  se  réaliser.  Le  saint  roi  expira  sur  les  plages  d'Afrique  le 
25  août  1270.  Agé  seulement  de  14  ans,  —  il  était  né  en  jan- 
vier 1236,  —  Robert  n'avait  pas  fait  partie  de  la  croisade.  Il 
semble  que  son  état  de  minorité  ait  retardé  quelque  temps  sa 
prise  de  possession;  du  moins  nous  trouvons  dans  les  Olim  des 
arrêts  rendus  en  1271  et  1272,  desquels  on  pourrait  conclure 
que  les  officiers  royaux  continuaient  encore  à  cette  époque  à 
pourvoir  à  l'administration  du  comté.  Le  premier  est  relatif  au 
serment  que  les  habitants  de  Clermont  réclamaient  du  prévôt 
du  roi  [de  prœposito  Domini  régis  ville  ejusdem)  au  moment  de 
son  entrée  en  charge,  conformément  aux  termes  de  leur  charte 
de  coutume.  Ces  termes  étaient  trop  formels  pour  qu'ils  n'ob- 
tinssent pas  gain  de  cause  (t.  I,  p.  836).  Il  en  fut  différemment 
pour  l'exemption  du  service  militaire  que  prétendaient  les  mêmes 
habitants  ainsi  que  ceux  de  la  Neuville-en-Hez,  Gournay-sur- 
Aronde  et  Creil,  en  vertu  de  leurs  privilèges  municipaux.  Le 
Parlement  jugea  que  l'amende  imposée  aux  hommes  qui,  dû- 
ment convoqués,  manqueraient  de  se  rendre  à  l'armée  du  roi, 
n'avait  pas  le  caractère  de  taille  et  ne  rentrait  pas  dès  lors  dans 

*  Robert,  comte  de  Clermont,  comme  Philippe  Hurepel,  son  grand-oncle,  con- 
serva les  armes  de  la  maison  de  France,  d'azur  semé  de  fleurs  de  Us  d'or,  en  les 
chargeant  d'une  bande  de  gueules.  Ses  descendants  firent  de  même.  Suivant 
Louvet,  ce  fut  Louis  If,  qui  à  l'exemple  du  roi  Charles  V,  son  beau-frère,  réduisit 
à  trois  le  nombre  des  fleurs  de  lis  de  son  écusson.  Le  P.  Anselme  n'attribue  ce 
changement  qu'à  son  fils  Jean  lo'.  Les  armoiries,  qui  décorent  le  Ms.  20,082, 
donnent  presque  entièrement  raison  à  l'opinion  de  ce  dernier.  Nous  disons 
presque  entièrement,  car  en  trois  endroits  dudit  manuscrit,  notamment  au  f<»  39 
(déclaration  de  la  prévôté  de  Clermont)  nous  avons  trouvé  l'écusson  d'azur  à 
trois  fleurs  de  lis  d'or  à  la  bande  de  gueules. 


Digitized  by 


Google 


LB   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS.  63 

la  catégorie  des  franchises  concédées  par  les  anciens  comtes. 
(Ibid.,^,  886  et  887.) 

Ce  fut  en  l'année  1272,  suivant  le  P.  Anselme,  que  Robert 
contracta  mariage  avec  Béatrix  de  Bourgogne*,  dame  de  Bour- 
bon, de  Charolais  et  de  Saint-Just  en  Champagne,  fille  unique 
de  Jean  de  Bourgogne,  seigneur  de  Charolais  et  d'Agnès  de 
Bourbon*.  Les  noces  se  célébrèrent  en  grande  pompe  à  Clermont 
en  Beauvaisis  et  pour  cela  ne  fut  tenu  Parlement  à  la  Pentecôte  '. 
Leur  lignée  devait  illustrer  à  jamais  le  nom  de  Bourbon  et  trois  . 
siècles  plus  tard  s'asseoir  sur  le  trône  de  France. 

La  série  des  actes  de  Robert,  relatifs  à  l'administration  du 
comté  de  Clermont,  ne  remonte  pas  au  delà  de  1280,  c'est-à-dire 
de  l'époque  où  cette  administration  était  confiée  à  Philippe  de 
Beaumanoir,  qu'ont  immortalisé  ses  Coutumes  de  Beauvaisis, 
rédigées  précisément  alors  qu'il  exerçait  les  fonctions  de  bailli 
de  Clermont*  (1279-1282).  Ce  fut  lui  qui,  de  concert  avec  Jean 

<  Les  armes  de  Béatrix  étaient»  d'après  le  même  auteur,  aux  1  et  4  bandé  d'or  et 
d'azur,  à  la  bordure  engrêlée  de  gueules,  qui  est  Bourgogne  ancien,  aux  2  et  3  d*or 
au  lion  de  gueules  à  Torle  de  dix  coquilles  d'azur,  qui  est  Bourbon  ancien.  D'après 
La  Mure  (Histoire  des  comtes  de  Forez),  elle  n'aurait  porté  que  Bourbon 
ancien. 

*  Jean  était  fils  putné  d'Hugues  IV,  duc  de  Bourgogne,  et  d'Yolande  de  Dreux, 
sa  première  femme.  U  mourut  avant  son  père,  dont  la  succession  fut  partagée  en 
1279.  Ce  partage,  opéré  sous  l'autorité  du  roi  de  France,  attribua  à  Béatrix  les 
cbâteanx  du  Charolais  et  divers  fiefs,  gardes  et  péages  faisant  partie  des  baronnie 
et  comté  de  CbÂlon.  Agnès  de  Bourbon,  seconde  fille  d'Archambaud  X  et  d'Yo- 
lande de  Cbâtillon,  sœur  de  Gaucher,  avait  eu  en  partage  la  sirerie  de  Bourbon, 
tandis  que  sa  sœur  aînée,  Mahaud,  transmettait,  les  comtés  de  Nevers,  d' Auxerre 
et  de  Tonnerre  aux  trois  filles  issues  de  son  union  avec  Eudes  de  Bourgogne. 
Ayant  perdu  Jean,  son  premier  mari  (1265),  Agnès  épousa  en  1277  Robert,  comte 
d'Artois,  dont  elle  prétendit  avantager  les  enfants  du  premier  lit  au  détriment  de 
Béatrix.  Mais  une  décision  du  roi  (1281)  maintint  les  droits  de  celle-ci.  Voir  Art 
de  vérifier  les  dates  et  Huillard-BréhoUes,  Titres  de  la  maison  de  Bourbon.  C'est  à 
cette  importante  publication,  faite  sous  les  auspices  de  la  Direction  générale  des 
Archives,  que  nous  emprunterons  désormais  la  plupart  de  nos  documents. 

*  Le  traité  de  mariage  de  Robert  de  Clermont  et  de  Béatrix  de  Bourbon,  fut 
confirmé  en  juillet  1276  par  Philippe  III,  qui  l'année  suivante  (décembre  1277) 
dota  son  frère  d'une  rente  viagère  de  4,000  livres  (Huillard-BréhoUes  et  Ms.  Fr. 
4663,  no  xxiii). 

*  Sur  Philippe  de  Beaumanoir,  voyez  Les  Coutumes  de  Beauvaisis,  édition  de 
M.  le  comte  Beugnot,  introduction,  et  une  très-curieuse  notice,  publiée  par 
M.  Bordier,  dans  le  tome  VII  des  Mémoires  de  la  Société  Académique  de  VOise, 
lequel  contient  ses  comptes  comme  bailli  de  Clermont.  En  juin  1282,  Amaury  de 
Montfort,  chanoine  de  Rouen,  inféoda  à  Philippe  de  Beaumanoir  diverses  terres 
situées  à  Remy  et  ailleurs  que  celui-ci  n'avait  tenues  jusque-là  qu'en  censive. 


Digitized  by 


Google 


64  LB   COMTÉ   DE   CL£RMONT   EN    BEAUVAISIS. 

bailli  de  Maulers,  régla  les  conditions  d'un  échange  important, 
intervenu  au  mois  d'août  1281  entre  le  comte  et  Fabbaye  de 
Saint-Lucien  de  Beauvais.  Aux  termes  de  cet  échange,  le  pre- 
mier devint  propriétaire  du  manoir  et  de  tout  ce  que  Tabbaye 
possédait  en  terres,  droits  de  justice  et  autres  à  Sacy-le-Grand, 
ainsi  que  du  bois  de  Saint-Lucien,  attenant  à  la  forêt  de  Hez; 
il  avait  cédé,  de  son  côté,  aux  religieux  trente-deux  livrées  de 
terre  et  cent  vingt-sept  arpents  tant  de  bois  que  de  friés  ;  il  avait 

Robert,  comte  de  Glermont,  confirma  cette  inféodation  par  acte  de  janvier  1284. 

(M s.  Fr.  4663,  f»  109.)  Nous  placerons  ici  la  liste  des  actes  de  Robert  qui  ne  nous 

ont  pas  paru  devoir  figurer  dans  le  texte.  Tous,  à  quatre  exceptions  près,  que  nous 

indiquerons,  sont  empruntés  au  Ms.  Fr.  4^663.  —  Juillet  1280,  charte  relative  aux 

cartées  de  bûches,  que  le  chapelain  de  Creil  avait  le  droit  de  prendre  chaque 

>  ^/V^     année  en  la  forêt  de  Pommeraie.  --J282i^vrjl^ Jugement  rendu  par  Beaumanoir 

'.cUa,   ).i7^j^uC     gj^  faveur  du  prieuré  de  Breuil  le  Vert  contre  la  corporation  des  fripiers  de  Cler- 

JijY'  J'/iiilffL.  ro      mont  au  sujet  des  droits  à  percevoir  sur  les  étaus  à  la  foire  de  Breuil  (D.  Gre- 

'       I    J_4J[.-  ~      j^.^^^  ^  CCLVI,  fo  351).  —  1282,  juin.  Actes  par  lesquels  Robert  donne  à  cens  : 

^^i   h\  i'^i    Ja  *°  ^  Guillaume,  dit  de  Biauvcz,  une  maison  sise  à  Clermont,  devant  la  porte  des 

~"''  T  '^      mbines  de  Froimont;  —  2<»  et  à  Arnaud  de  la  Fourmeterie  une  autre  maison  en 

}  u 

la  même  ville.  —  1282,  novembre.  Bail  perpétuel  de  diverses  pièces  de  terre  sises 

au  territoire  de  Méry  à  Pierre  le  Châtelain  (Huillard-Bréholles,  n»  718).  —  1282. 
Acte  par  lequel  Jean,  dit  MaiUier,  reconnaît  tenir  de  Robert,  comte  de  Clermont, 
trois  pièces  de  terre  a  siâes  au  terroir  de  Villeneuve-en-Hez  entre  le  senstier  qui 
va  au  boz  de  Fayel  et  le  voy  de  Ulm  Gilbert  qui  tent  à  Bury  ;  »  affirmant  de  plus 
que  le  couvent  de  Saint-Germer  de  Flay  a  droit  à  la  moitié  de  la  récolte.  —  1283, 
juillet.  Acte  par  lequel  Robert  accorde  à  Jean  de  Escanteilli  la  permission  d'éta- 
blir un  bac  pour  Tusage  de  sa  maison  sur  TQise  à  Laverchines,  moyennant  une 
redevance  annuelle  et  perpétuelle  de  XII  deniers  parisis.  —  1283,  juillet.  Actes 
donnant  à  cens  à  Amauri  de  la  Fourmeterie,  sergeant  de  Clermont,  une  place 
sise  audit  Clermont  et  a  une  vigne  assise  de  lez  le  pressouer  de  Clermont  près  la 
cauchie  de  Bequerel.  »  —  1283,  août.  Actes  donnant  à  cens  :  !<>  à  Simon  de  Cres- 
sonsart,  une  maison  sise  à  Clermont  ;  2o  à  Enguerrand,  dit  le  Barbier,  une  pièce 
de  vigne,  assise  près  de  la  ville  de  Clermont,  au  lieu  qui  est  dit  Lez  Martiaus.  — 
1283,  février.  Acte  par  lequel  Robert,  comte  de  Clermont,  amortit  dix  muids  de 
vin  et  deux  arpents  de  terre  et  demi  assis  en  le  cauchie  de  Bequerel,  et  autorise 
rétablissement  d'une  chapelle  en  l'église  de  Clermont.  —  1284,  juillet.  Acte  par 
lequel  Robert  donne  à  cens  à  Hugues  de  Gisors,  son  charpentier,  «  li  mes  hay- 
meci  de  la  valée,  entre  le  chemin  par  lequel  on  va  don  mont  Saint -Vincent  à 
Torcequeville  d'une  part  et  entre  Rogy  d'autre.  »  —  1284,  février.  Acte  par  lequel 
Robert  donne  à  Thibaut  de  Fouleuzes,  chevalier,  à  cause  de  loyal  service,  en  foi 
et  hommage-lige,  le  bois  qu'il  possède  à  Breuil-le-Sec,  appelé  boy  de  Gaaingni. 
—  1285,  mai.  Acte  donnant  à  cens  à  Thomas,  dit  le  Coc  de  Creil,  «  une  terre  qui 
est  appelée  communément  Larris  dou  conte,  assise  de  les  le  boue  du  comte  de 
Dampmartin  de  lez  Creilg,  boutant  sur  le  quemin  par  lequel  on  va  de  Creil  à 
Paris.  »  —  1286,  novembre.  Acte  donnant  à  cens  à  Pierre  Choisel  «  un  arpent  de 
masure  au  Plessie,  assis  entre  le  crois  et  la  ville  dou  Plessie  tenant  au  chemin 
par  lequel  on  va  dou  Plessie  à  Creilg.  »  —  1287.  Acte  par  lequel  Robert,  comte 
de  Clermont,  permet  à  Jean,  dit  Chalemel,  «  de  édifier  et  faire  un  moulin  eu 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS.  65 

consenti,  on  outre,  que  la  terre  de  Fieuz,  qui  était  dans  la  mou- 
vance de  Clermont,  en  fût  distraite  et  désormais  rattachée  au 
ressort  de  la  prévôté  royale  de  Montdidier.  (D.  Grenier, 
t.  CCLXII,  f  42  et  Ms.  Fr.  4,663,  f  105).  Le  même  désir  d'a- 
grandir, d'agglomérer  son  domaine  seigneurial  de  Sacy  devait 
faire  conclure  à  Robert,  en  mai  1284,  un  nouvel  échange  avec 
Mathieu  de  la  Tournelle.  (Ms.  Fr.  4,663,  f  110  et  Huillard- 
BréhoUes,  n"  741.) 

Ladite  année  1281  le  Parlement  eut  à  juger  à  la  Saint-Martin 
une  contestation  entre  les  préposés  du  comte  et  le  couvent  de 
Royaumont  relativement  au  péage  de  Creil.  Les  religieux  pré- 
tendaient une  exemption  totale  de  la  taxe  pour  le  transport  par 
eau  des  marchandises  et  denrées  achetées  pour  leur  usage.  Rs 
obtinrent  de  ne  payer  que  le  droit  afférent  aux  bateaux  vides, 
abstraction  faite  du  contenu,  à  moins  que  la  destination  de  ce 
contenu  ne  fût  commerciale.  {Olim,  t.  II,  p,  195.) 

Un  des  moyens  les  plus  fructueusement  mis  en  œuvre  par  la 
royauté  pour  étendre  le  cercle  de  son  action  fut  l'octroi  aux 
couvents  et  monastères  de  lettres  de  sauvegarde,  à  l'aide  des- 
quelles ceux-ci  parvenaient  à  se  soustraire  plus  ou  moins  com- 
plètement aux  obligations  et  à  la  suzeraineté  féodales.  En  1283, 
les  moines  d'Ourscamp,  alléguant  que  tous  leurs  biens  avaient 
été  placés  par  Philippe- Auguste  sous  la  protection  royale  *,  dé- 
nièrent au  comte  de  Clermont  tout  droit  de  justice  sur  leur 
grange  de  Wamaviller,  paroisse  de  Rouvillers,  doyenné  de 
Ressons.  Mais  un  arrêt  de  la  cour  du  roi  du  mois  de  mars 


son  estanc  de  Saumont,  qui  est  dit  estanc  dou  Perroy.  »  —  1290.  Acte  par  lequel 
Robert  accorde  à  Geoffroy  Aquillon  III  sous  parisis  de  gage  à  prendre  sur  le  tra- 
yers  de  Creil.  —  1303,  novembre.  Concession  à  Tabbaye  de  Ressons  d'une  charge 
de  bois  mort  par  jour,  pendant  les  six  mois  d'hiver,  dans  la  forêt  de  Hez.  (CoU. 
Moreau,  t.  CCXVII,  fo  241.)  •—  1309,  mars.  Don  par  Robert  de  cens  et  héritages 
sis  à  Canesteconrt,  à  Guillaume  de  Loisy,  son  chambellan,  et  à  ses  hoirs  pour  les 
bons  et  loyals  services  qu'il  a  faits  et  fait  de  jour  en  jour  à  I.oys  son  fils  aîné.  — 
A  une  époque  indéterminée,  Robert  accorda  aux  Trinitaires  de  Clermont  le  droit 
de  prendre  chaque  semaine,  depuis  le  dimanche  le  plus  proche  de  saint  Amoul 
(H  août),  jusqu'au  dimanche  le  plus  proche  de  saint  Martin  d'hiver,  une  épaule 
de  bœuf  aux  boucheries  de  la  ville.  (Graves,  Précis  statistique,  p.  93.) 

*  1190,  juin.  Philippe-Auguste  prend  sous  sa  protection  les  abbayes  d'Ourscamp 
au  diocèse  de  Noyon,  de  Froidmont,  Beaupré  et  Lannoy  au  diocèse  de  Beau  vais, 
et  de  Chaalis  au  diocèse  de  Senlis.  L.  Delisle,  Catalogue  des  actes  de  Philippe- 
Auguste.  Ces  privilèges  furent  renouvelés  par  le  même  monarque  en  1221  et 
étendus  à  toutes  les  maisons  religieuses  de  l'ordre  de  Citeaux.  Ibidem, 


Digitized  by 


Google 


66  LB  COMTi  DE  CLERMONT  EN   BEAUVAISIS. 

décida  que  cette  grange  devait  continuer  à  être  considérée 
comme  placé  sous  la  garde  du  comte.  H  en  advint  de  même  en 
1285,  où  une  déclaration  de  Mathieu,  abbé  de  Saint-Denis  et  de 
Simon  sire  de  Nesles,  lieutenants  du  roi  de  France,  maintint  à 
Robert,  en  vertu  de  son  comté,  droit  de  supériorité,  de  justice  et 
de  garde  sur  le  prieuré  de  Cressonsart,  nonobstant  les  préten- 
tions contraires  du  prieur  dudit  lieu  ainsi  que  du  couvent  de 
Saint-Martin-des-Champs  dont  il  dépendait.  (Huillard-BréhoUes, 
Ti**726  et  771.)  Ces  deux  précédents  favorables  ne  furent  pas 
sans  contredit,  sans  déterminer,  dans  une  certaine  mesure, 
l'entreprise  que  nombre  d'années  après  les  officiers  du  comte 
dirigèrent  contre  les  droits  de  haute  et  de  basse  justice,  que 
Fabbaye  de  Saint-Denis  possédait  sur  le  territoire  de  ses  deux 
granges  ou  fermes  d'Erreuses  et  des  Loges,  paroisse  deBailleul- 
le-Soc,  doyenné  de  Pont,  Toutefois  Tenquête  ayant  établi  que 
les  religieux  exerçaient  ces  droits  de  tout  temps,  le  Parlement 
de  la  Chandeleur  1312  (a.  s.)  leur  en  confirma  la  saisine.  {Olim, 
t.  IV,  f^  228.) 

Robert  existait  alors  encore,  mais  il  n'était  plus  comte  de 
Clermont  que  de  nom.  Dès  1279,  dans  un  tournoi,  il  avait  reçu 
de  telles  contusions  que  son  corps  et  son  esprit  s'en  ressen- 
tirent toute  sa  vie  *.  Aussi,  lorsqu'il  vint  à  perdre  sa  femme 
(1*'  octobre  1310),  délaissa-t-il  à  son  fils  aine  Louis  la  sirerie  de 
Bourbon  et  peu  après  lui  fit-il  également  abandon  de  l'adminis- 
tration du  comté  de  Clermont  *.  La  cession  n'avait  pas  eu  tou- 
tefois lieu  à  titre  gratuit.  Louis  s'était  engagé  à  payer  toutes 
les  dettes  contractées  par  son  père  et  à  lui  faire  une  pension 
annuelle  de  4,000  livres  tournois  pour  les  dépenses  de  son 
hôtel.  (Huillard-BréhoUes,  n**  1387  et  1388.) 

^Désormeaux,  Histoire  de  la  maison  de  Bourbon,  i 772-1788,  4  vol.  in-4«.Voir  aussi 
Bistoire  des  comtes  de  Forez^  ducs  de  Bourbon,  par  La  Mure  et  de  Chantelauze. 
Par  lettres  da  28  janvier  1306,  le  pape  Clément  V  releva  pour  cause  de  maladie  le 
comte  Robert  du  vœu  qu'il  avait  fait  de  passer  en  Terre-Sainte,  à  condition 
toutefois  qu'il  payerait  10,000  livres  de  bonne  monnaie  à  ceux  qui  y  passeraient 
à  sa  place.  (Huillard-Bréholles,  n«»  1169.) 

*  1314,  janvier.  Louis  X,  sur  Tattestation  de  Tévêque  de  Cbftlons,  de  Louis, 
comte  d'Évreux,  son  oncle,  d'Enguerrand,  sire  de  Marigny  et  de  Pierre,  seigneur 
de  Chambly,  ses  chevaliers  et  chambellans,  reçoit  en  sa  foi  et  hommage,  pour  le 
comté  de  Clermont,  son  cousin  Louis,  comte  de  Clermont,  en  faveur  duquel 
Robert  s'en  était  dessaisi  du  vivant  du  roi  Philippe  IV.  (Huillard-Bréholles, 
no  1379.) 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ  DE  CLERMONT   EN   BEAUVAISIS.  67 

Retiré  dans  la  maison  des  Bonshommes  du  Bois  de  Yin- 
cennes,  qu'il  embellit*,  Robert  y  passa  les  dernières  années  de 
sa  vie;  il  mourut  le  7  février  1317  (a.  s.)  ayant  fait  son  testa- 
ment le  6  décembre  précédent.  Comme  il  avait  déjà  transféré 
ses  biens-fonds  à  son  fils  aîné,  ce  testament  n'avait  pour  objet 
que  des  legs  pieux.  Il  ordonnait  la  construction  d'une  chapelle 
dans  l'église  de  Clermont,  avec  un  autel,  où  un  prêtre,  doté  de 
16  livrées  de  rente  au  parisis  sur  la  prévôté,  dirait  chaque  jour 
la  messe  pour  le  repos  de  l'âme  du  testateiu*.  Cent  livres  tour- 
nois étaient  affectées  à  ces  travaux,  pour  lesquels  tout  le  bois 
nécessaire  devait  être  pris  dans  la  forêt  de  Hez.  Cent  sous  par 
an  à  toucher  sur  la  prévôté  étaient  attribués  aux  chanoines,  vi- 
caires et  clercs  de  la  même  église  et  dix  sous  parisis  aux  frères 
Trinitaires  pour  la  célébration  d'un  anniversaire  perpétuel.  La 
Maison-Dieu  de  Clermont  était  dotée  d'une  rente  annuelle  de 
seize  sous.  ACreil  également  les  chanoines,  vicaires  et  clercs  de 
l'église  du  châtel  devaient  recevoir  une  rente  de  50  sous  pour 
un  anniversaire,  et  un  chapelain  était  institué  avec  les  mêmes 
obligations  et  le  même  traitement  qu'à  Clermont. 

De  son  union  avec  Agnès  de  Bourbon  Robert  eut  six  enfants, 
savoir  : 

A.  Louis  I",  dont  nous  parlerons  plus  loin; 

B.  Jean,  auquel  une  décision  arbitrale  de  Philippe  le  Bel,  rati- 
fiée le  12  février  1315  (n,  s.)  par  Louis  X,  attribua  pour  sa  part 
d'héritage  la  baronnie  de  Charolais,  la  terre  de  Saint-Just,  en 
Champagne,  et  miUe  livrées  de  terres  assises  au  comté  de  Cler- 
mont sur  les  seigneuries  de  Sacy  et  de  Mery,  d'après  le  dénom- 
brement de  1373.  (Huillard-Bréholles,  n""  1,383.)  De  Jeanne  dame 
d'Argies  et  de  Catheux,  déjà  veuve  (1306)  d'Hugues  de  Nesle 
comte  de  Soissons,  et  qui  se  remaria  à  Hugues  de  Châtillon, 
seigneur  de  Leuze,  il  laissa  deux  filles  :  Béatrix,  femme  (1327) 
de  Jean  P%  comte  d'Armagnac,  et  Jeanne,  qui  épousa  (1351) 
Jean  I"  de  la  Tour,  comte  d'Auvergne  et  de  Boulogne  5 

^  Janvier  1315  (n.  e.).  Louis  X,  considérant  que  Robert  son  oncle  a^  demeuré 
longtemps  à  la  maison  des  Bonshommes  du  bois  de  Vincennes  et  y  a  fait  de 
grandes  réparations,  accorde  à  Louis  de  Clermont  et  à  ses  héritiers,  à  perpétuité, 
le  droit  de  demeurer  dans  ladite  maison.  Ce  môme  droit  fut  simultanément 
reconnu  à  Louis  pai'  le  prieur  et  le  couvent  de  Grandmont.  (Huillard-BréhoUes, 
no»  1380  et  1393.) 


Digitized  by 


Google 


68  LE  COMTÉ  DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 

C.  Pierre,  grand  archidiacre  de  Téglise  cathédrale  de  Paris, 
vivant  encore  en  1330; 

D.  Blanche,  première  femme  (2Ï5  juin  1303-1312)  de  Ro- 
bert VII,  comte  d'Auvergne  et  de  Boulogne,  auquel  elle  porta 
en  dot  la  chàtellenie  de  Remy  ou  Remin  en  Beauvaisis  ; 

E.  Marie,  qui  prit  Thabit  de  Saint-Dominique,  en  1299,  au 
monastère  de  Montargis,  fut  transférée  en  1304  au  couvent 
nouvellement  fondé  par  Philippe  le  Bel  à  Poissy,  y  fut  élue 
prieure  en  1330,  se  démit  de  ces  fonctions  en  1344  par  suite  de 
cécité,  et  mourut  le  17  mai  1372  à  Tàge  de  87  ans,  après  73  ans 
de  religion  *  ; 

F.  Et  Marguerite,  première  femme  (1307-1809)  de  Jean  de 
Flandre,  comte  de  Namur.  Pour  remplir  ses  dernières  volontés, 
son  frère  Louis  assigna  en  1316  à  Fabbaye  de  Froidmont,  à 
charge  de  célébrer  chaque  jour  une  messe  pour  le  repos  de  son 
&me,  une  rente  annuelle  de  25  livres  tournois  sur  la  halle  de 
Clermont.  (Huillard-Bréholles,  n^  1,430.) 

Des  documents  contemporains  de  Robert  permettent  de  déter- 
miner quels  étaient  de  son  temps  le  ressort  et  l'importance  du 
comté  de  Clermont.  Ce  sont  d'abord  les  Comptes  de  Beaumojioir, 
dont  quatre  sont  augourd'hui  conservés  à  la  Bibliothèque  natio- 
nale {Mélanges  de  Clérembauiy  t.  IX)  *.  Ils  constatent  que  le  comté 
comprenait  alors  sept  prévôtés  :  Clermont,  Creil,  Sacy-le-Grand, 
La  Neuville-en-Hez,  Remy,  Goumay  et  Méry. 

C'est  ensuite  et  surtout  un  très-curieux  état  inséré  dans  le 
Mss  Fr.  4663  (f  •  63  et  64)  sous  le  titre  de  «  coppie  d'un  ancien 
roulle  ou  quel  estaient  escripts  les  villes  de  la  conté  de  Cler- 
mont (1303).  »  Il  s'agit,  de  la  répartition  sur  ces  localités,  d'une 
aide  imposée  par  Philippe  le  Bel,  à  tous  les  habitants  taillables 
du  royaume,  pour  la  guerre  de  Flandre  '.  En  reproduisant  les 
cent  soixante-cinq  noms  de  cette  liste  ^,  nous  avons  cherché  à 


•  Sur  cette  Marie  de  Clermont,  voyez  D.  Grenier,  t.  LIV. 

*  Comptes  de  la  Chandeleur  et  de  TAscension  1280  et  1281.  Ils  ont  été  publiés 
par  M.  Bordier  dans  le  tome  VII  des  Mémoires  de  la  Société  Académique  de 
l'Oise^  ~'ï''T)  _,«,'■     •'■'.,■•     -- '    .7(!i\ 

s  Les  villes  ou  paroisses  du  cointé  de  Clermont  furent  taxées  à  3,335  livres  15 
sols  3  deniers  pour  l'entretien  de  559  sergents. 

^  Elle  a  été  déjà  reproduite  par  M.  Bordier  dans  sa  notice  sur  Beaumanoir  et 
par  M.  Cocheris.  Catalogue  des  Manuscrits  sur  la  Picardie. 


Digitized  by 


Google 


LB^  eOMTÊ  DE  CXERMONT  EN  BEAUVAISIS. 


69 


déterminer  aussi  complètement  qu'il  nous  a  été  possible,  le 
doyenné,  auquel  appartenaient  avant  1789,  ainsi  que  le  canton, 
dont  font  aujourd'hui  partie  les  localités  qu'ils  désignent  : 


Clermont. 

Anet  (Agnets),  Boulencourt,  Pay,  Bé- 

thencourt,  RoiMiuerolles,  Ramécourt, 

hameaux. 
Warty  (Fit^ames),  Berône,  hameau. 
Bmieulg-le-Sec. 
Noiotel. 

Villers-les-Castenoy. 
Brueulg-le-Vert ,  Guencourt  et  Rote- 

leu,  hameaux. 
Ranteny  (Rantigny),  Uny,  hameau. 
Sailleville,  hameau  de  LaigaevlUe. 
€anet  (tecourt?) ,  hameau  de  Breuil- 

le-Vert. 
NuUy  (Neûilly.) 

Camberonii.e,  Vaux  etArs,  hameaux. 
Auvillers,  hameau  de  Neuilly. 
Ansat. 

Bstoy  (Etouy.) 
Houdainville. 
Toiry  (Thury). 

€auffi*y  et  Aussoutraines,  hameau. 
Hardencourt,  hameau  de  Rozoy. 
Senécourt,  hameau  de  Bailleval. 
Béthencourt-Saint-Nicolas^  hameau  de 

Bailleval. 
Havrechy,   Le    Mez  et  Buisencourt, 

hameaux. 
Lieuyiller. 
GhatiUon^ 
Fumechon. 
RivecQurt. 

Saint-Rimolt-Essuilet. 
RouviUers. 
Bertecourt.. 
Lamecourt. 
Saint  -  Remy  -  sut  -  Bresche ,    hameau 

d^Agnets.. 
Thieux. 
Wavegnies. 
Cu^niôres. 
Buicourt. 
Arsis. 
FouUeuses. 
Semoy. 
Cressonsact. 
Hômévillers. 
Franciôres. 
Arion. 
Bliûcourt. 


DOYENNÉ. 

Clermont. 


Id. 
Pont. 
Id. 
Id. 
Id. 

Clermont. 
Id. 
M. 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 
Breteuil. 
Clermont. 

Id. 

Id. 
Font. 

Id. 

Id. 

là. 
Breteuit. 

Id. 

Id. 
Pont. 
Mouchy. 
Ressens. 
Mouchy. 
Pont. 

Clermont- 
Breteuil. 

Id. 
Pont. 
Montagne. 
Pont. 

Id. 

Id. 
Ressens. 

Id. 
Coudun. 
Pont. 

Id. 


CANTON. 

Clermont. 


Id. 

Id. 

Id. 

Liancourt. 

.    Id. 

Clermont. 
Liancourt. 
Liancourt. 

Clermont. 
Mouy. 

Id. 

Id. 

Id. 
Clermont. 
Mouy. 

Id. 
Liancourt. 

Id. 

Id. 

Id. 

Clermont. 
Saint-Just. 

Id. 

Id. 
EstréesS-Denis. 
Saint- Just. 

Id. 
Noailles. 
Clermont. 

Clermont. 

Froissy. 

Saint-Just. 

Id. 
Songeons. 
EstréesS-Denis. 
Clermont. 
Saint-Just. 

Id. 
Estrées  S -Denis 

Id. 
Clermont. 

Id. 


Digitized  by 


Google 


70 


LE  COBfTÉ  DE  CLERMONT  EN   BEAUVAISIS. 


Lesglantier» 

Fournival. 

Valescotirt. 

Mainbeville. 

Le  Plessis-Saint-Aubin. 

Cressy,  Rueilg,  hameaux  ti'Aîrion. 

Erquinvillier,  hameau  de  Cuiguiôres. 

Boutenangle,  hameau  de  SaîHt-R^ny- 
en-rEau. 

Nouroy. 

Angiviller. 

Espiueuses. 

Trois-Estos,  hameau  de  Cettioy. 

Remecourt. 

Louviaucourt,^hameau  de  BaillevaU 

Avregny. 

Hermelacourt. 

Jaux. 

Saintr-Remy-à-rEau, 

Bulles. 

Le  Plessier^sur-Bulles- 

Le  Mesnil. 

Le  Quesnel-isuivBulles. 

La  Nueville. 

FresmoQt,  hauieau  de  BaîUôul  -  sur- 
Thératn. 

Harmes. 

Bailleulg-Bur-Thérin. 

Viller8-Saiut-Sépulchre,Hez,  hameau. 

Fay-Oultre-le-BoS,  hameau  de  Saint- 
Félix. 

Fay-Saiut-^uentiki. 

Mellemout,  hameau  de  Warluis. 

Rochjr,  Condé,  hameau. 

Caigni  (Grillon.) 

Rômérangle. 

Cilly,  Tillart,  hamei^u. 

Rieux  vers  Champuis,  hameau  du  Ha- 
mel. 

Sachi-le-Grant. 

Betencourt«les-Ro%ay,  hameau  de  Bail- 
levaL 

Remin. 

Gournay. 

Amplanques^Aussoutraines. 

Moienneville. 

Môry, 

Milly. 

Saint-Omer,  ViUepois,  hameau. 

Marceilles. 

Auohi,  hameau  de  Villers-sur-Auchy. 

Hanaohes. 

Martincourt. 

Lanleu,  hameau  de  Ville-en-Bray. 

Hanvoiles. 

Vraencourt. 


DOtSNNÂ. 


OANtON. 


Ressoûd« 

Malgnelay. 

BreteuiL 

Samt-Just. 

U. 

Id. 

Pont. 

Clermont. 

Id, 

Id. 

Id, 

Id. 

Id. 

Saint-Just. 

Breteûil. 

Id. 

Id. 

Id. 

Ressens. 

Id. 

Pont. 

Clermont. 

Ressens. 

Saint-Just. 

Pont. 

Clermont. 

Id. 

Liancourt. 

Id. 

Clermont. 

Coudun. 

Estrées  S*-Denis 

Id. 

Compiôgne. 

Breteûil. 

Saint-Just. 

Id. 

Clermont, 

Id. 

Saint-Just, 

Id. 

Id. 

Id. 

Froîssy. 

Clennont. 

Clermont. 

Mouchy. 

Nivillers. 

Id. 

Noailleô. 

Id. 

Nivillers. 

Id, 

NoaiUes. 

Clermont. 

Mouy. 

Mouchy. 

Nivillers, 

Id. 

NoaiUes. 

Id. 

Nivillois. 

Montagne, 

Songeons. 

Breteûil. 

Clermont. 

Mouchy. 

NoaiUes. 

Montagne. 

GrandvilUers, 

Pont. 

Liancourt. 

Id. 

Id. 

Estrées  S -Denis 

Coudun. 

Ressens. 

Ressens. 

? 

? 

Saint-Just. 

Ressens. 

Id. 

Maignelay, 

Montagne. 

Marseille, 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 

Songeons, 

Bray. 

Id. 

Montagne. 

Id. 

Bray. 

Id. 

Id 

Id. 

Montagne. 

Id. 

Digitized  by 


Google 


LE  COMTÉ  DR  CLERUONT  EN  BEADVAISIS. 


71 


Hodaat  (en  Bray.) 

Bray. 

Le  Coudray. 

Glatigny. 

Id. 

Songeons. 

Canny. 

Montagne. 

Formerie. 

Espaux,  hameau  d*Oméoourt. 

Id. 

Id. 

Ainnecourt,  hameau  d'Hécourt. 

Bray. 

Songeons. 

0ns  en  Bray^ 

Id. 

Auvenil. 

Villep»-8ur-Barthélemy-les-Sau. 

Mouchy. 

Id. 

Saint-AubiMes-Ons. 

Bray. 

Le  Coudray. 

Cuideville  (Oandeville)  et  Cau  deRalnne 

(Courroy),  hameaux  de  Milly. 

Montagne. 

MarseUle. 

Harchies. 

Bray. 

Beauvais. 

Conty. 

Conty  (Somme). 

Conty. 

Contres. 

Id. 

Id. 

Fresnemoutiers. 

Id. 

Id. 

Conteilles. 

Id. 

Id. 

Champuîs. 

Grandvilliers. 

Grandvilliers. 

La  Vermère» 

Id. 

Id. 

Le  HameL 

Montagne. 

Id. 

Moujssures. 

Conty. 

Conty. 
Id 

Lusiers,  hameau  de  Conty. 

Id. 

Tilloy. 

Id. 

Id. 

Le  BosqueL 

Id. 

Id. 

Belleuses. 

Id. 

Id 

Le  Sauchoi  sur  Poix. 

Id. 

Poix  (Somme). 

Flory-les-Coucy. 

Id. 

Conty. 

C  ourcelles-Rubecourt. 

Grandvilliers. 

Id. 

Sommereux-Marend  heuiL 

Id. 

Grandvilliers. 

Creilg. 

Clermont. 

Creil. 

Vaus,  hameau  de  CreiL 

Id. 

Id. 

Montatôre. 

Id. 

Id. 

Saint-Leu. 

Id. 

Id. 

Pressy. 

Beaumont. 

Id. 

Blaincourt. 

Id. 

Id. 

Cramoisy. 

Clermont. 

Id. 

Longueau,  hameau  de  Saint-Martin. 

Pont. 

Liancourt. 

Basincoupt. 

Id. 

Id. 

Chiveriôres. 

Id. 

Estrées  S -Denis 

Moigneville,  Moignevillette ,  hameau. 

Id. 

Liancourt. 

Saint-Queu. 

Id. 

Id. 

Rieu. 

Id. 

Id. 

Villers-Saint-Pol. 

Clermont. 

CreiL 

Angicourt. 

Poat. 

Liancourt. 

Eques  (Esches.) 

Beaumont. 

Méru. 

Soisi  (Choisy.) 

Pont. 

Clermont. 

La  Mollaie. 

î 

î 

Laigne  ville. 

Clermont. 

Liancourt. 

La  Malassise,  hameau  d'Apremont. 

Id. 

Creil. 

DOYENNE. 


CANTON. 


Si  Ton  résume  les  indications  fournies  par  la  liste  qui  pré- 
cède, on  trouve  que  les  cent  soixante-cinq  villages  et  lieux 
habités,  placés  en  1303  dans  le  ressort  du  comté  de  Clermont, 
appartenaient  à  onze  doyennés  ecclésiastiques,  entre  lesquels 


Digitized  by 


Google 


72  LB   COMTÉ   DB  CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 

ils  se  répartissaient  de  la  manière  suivante  ^  :  Clermont,  35  ; 
Pont,  39;  Breteuil,  16;  Mouchy,  15;  Montagne,  15;  Bray,  9; 
Ressens,  9;  Coudun,  4;  Beaumont,  3;  Conty,  11  et  Grand- 
villiers,  7 ,  ces  deux  derniers  du  diocèse  d'Amiens.  Il  y  avait 
en  outre  trois  localités,  dont  nous  n'avons  pu  parvenir  à  retrou- 
ver et  indiquer  la  position.  Cette  dissémination  des  mouvances, 
ce  défaut  de  groupement  nous  semblent  une  démonstration  com- 
plète de  Tassertion  émise  au  début  que  le  comté  de  Clermont  ne 
se  serait  constitué  que  par  des  accroissements  successifs,  et 
n'aurait  correspondu  à  aucune  division  naturelle  ou  politique 
antérieure, 

3.  Louis  I"  (1318-1341).  Né  vers  1279  ou  1280,  à  Clermont, 
Louis  fils  aîné  de  Robert  lui  succéda  en  1318.  Il  se  trouvait  déj^ 
alors,  ainsi  que  nous  l'avons  indiqué  plus  haut,  préposé  depuis 
plusieurs  années  à  l'administration  des  domaines  paternels.  Ce 
fut  lui,  au  dire  de  Pasquier  {Rechei^ches  de  la  France,  p.  478),  qui 
«  prit  le  surnom  de  Bourbon,  pour  lui  et  sa  postérité,  retenant 
toutefois  à  soy  les  armes  de  France  au  baston  de  gueules,  témoi- 
gnage asseuré  à  ses  survivans  de  son  extraction  royalle ,  et  de 
là  en  avant  ce  fut  une  loy  en  ceste  famille  que  le  père  portait  le 
titre  de  duc  de  Bourbon,  et  son  fils  aisné,  celui  de  comte  de 
Clairement.  » 

Louis  fit  ses  premières  armes  en  1296,  dans  la  campagne  de 
Flandre,  et  fut  armé  chevalier  l'année  suivante.  Il  se  distingua 
au  combat  de  Courtray  (1302)  ainsi  qu'à  la  bataille  de  Mons-en- 
Puelle  (1304),  où  il  menait  neuf  compagnies  d'hommes  d'armes 
formées  de  ses  vassaux,  que  le  droit  féodal  l'obligeait  de  four- 
wr  au  roi.  (Désormeaux.) 

En  1310,  Philippe-rle^Bel  lui  donna  l'office  de  chambrier  de 
France,  vacant.par  le  décès  du  comte  de  Dreux  (1309).  C'était 
une  des  quatre  grandes  charges  de  la  couronne,  qui  conférait  à 
son  titulaire  le  privilège  de  souscrire  les  chartes  des  souverains, 


<  Voici  la  répartitiou  actuelle  par  canton  :  Clermont,  34  ;  Lioncourt,  21  ;  Saint- 
Jast,  21  ;  Songeons,  10;  Creil9  ;  Moay,  9  ;  Noailles,  7  ;  Estrées  Saint-DenisJ  ;  Mar- 
seille, 6  ;  GrandyiUiers,  6  ;  NiTillers,  5  ;  Le  Coadray,  2  ;  Formerie,  2  ;  Auneuil,  2  ; 
Maignelay,  2  ;  Froissy,  2  ;  Ôeanvais,  1  ;  Méru,  1  ;  Compiègne,  1  ;  Ressons,  1  ; 
Ck)nty  12,  et  Poix  1.  Au  total,  22  cantons,  dont  2  appartenant  au  département  de  la 
Somme. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ  DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS.  73 

et  de  prendre  part  au  jugement  des  pairs.  Le  chambrier  avait  la 
surintendance  des  ornements  et  bijoux  royaux  ainsi  que  du 
trésor  particulier.  Sa  juridiction  s'étendait  sur  dix-sept  corps 
de  marchands  et  d'artisans  ;  il  jouissait  à  Paris  de  beaucoup  de 
cens  et  de  rentes,  qui  lui  donnaient  droit  de  justice  et  de  con- 
trainte. Son  office  constituait  une  sorte  de  fief  à  vie,  tenu  à  foi 
et  hommage,  et  qui  se  transmit  dans  la  maison  de  Bourbon  jus- 
qu'à l'époque  de  la  défection  du  connétable  *. 

Cette  même  année  1310,  Louis  de  Bourbon  épousa  au  mois 
de  septembre  Marie  de  Hainaut,  fille  puînée  de  Jean  II  d'Avesnes, 
comte  de  Hainaut,  de  Hollande,  de  Zélande  et  de  Frise,  et  de 
Philippe  de  Luxembourg.  La  dot  de  la  future  s'élevait  à  42,000 
livres  *• 

En  1315,  nous  trouvons  le  comte  de  Clermont,  servant  à  ses 
dépens,  dans  l'expédition  de  Flandre,  expédition  qui  n'eût  du 
reste  que  de  pitoyables  résultats,  et  ayant  obtenu  du  nouveau 
roi  Louis  X,  pour  s'indemniser,  la  faculté  de  lever  une  aide  sur 
les  gens  taillables  de  ses  domaines.  La  répartition  de  cette  aide, 
dans  le  comté  de  Clermont,  fut  confiée  à  messires  Pierre  de 
Chappes  et  Régnant  de  Fayel,  lesquels  comprirent  dans  leurs 
rôles  les  habitants  de  la  Neuville-en-Hez,  pour  60  livres  tour- 
nois. Ceux-ci  s'exécutèrent,  mais  se  pourvurent  aussitôt  par 
devant  leur  seigneur,  arguant  des  franchises  que  leur  conférait 
la  charte  du  comte  Raoul,  et  ils  obtinrent  à  la  date  du  13  août 
1315,  des  lettres  de  non  préjudice,  dont  copie  figure  au  f*  129 
du  Mss,  Fr.  20,082. 

Le  règne  de  Philippe  V  est  une  époque  importante  dans 
l'histoire  des  finances  et  des  monnaies.  A  l'organisation  des  ser- 
vices du  recouvrement  et  du  contrôle  sur  des  bases  plus  ration- 
nelles correspondit  une  tentative  de  suppression,  par  voie  de 


*  François  I«'  en  disposa  alors  en  faveur  de  son  troisième  fils,  le  duc  d'Orléans, 
à  la  mort  duquel  (1545)  la  charge  fut  supprimée  et  ses  attributions  réparties  entre 
les  premiers  gentilshommes  de  la  Chambre  et  le  grand-mattre  de  la  garde- 
robe. 

•  Jean  H  d'Avesnes  étant  mort  en  1304,  ce  furent  sa  veuve  Philippe  de  Luxem- 
bourg et  son  fils  et  successeur  Guillaume  qui  figurèrent  au  contrat  et  s'engagèrent 
au  paiement  de  la  dot  (22  septembre  1310,  Huillard-BréhoUes,  n»  1289).  Marie  de 
Hainaut  portait  :  écartelé  au  1  et  4  d'or  au  lion  de  sable  armé  et  lampassé  de 
gueules  qui  est  de  Flandre,  au  2  et  3  d'or  au  lion  de  gueules  armé  et  lampassé 
d'azur  qui  est  de  Hollande. 


Digitized  by 


Google 


74  LB  couté  de  clermont  en  beauvaisis, 

remboursement,  du  droit  de  fabrication  dont  jouissaient  encore 
un  certain  nombre  de  barons  et  de  prélats  en  France.  Louis  de 
Bourbon  figurait  parmi  ceux-ci  à  un  double  titre,  comme  comte 
de  Clermont  et  comme  seigneur  de  Boiu^bon.  Le  27  janvier  1320 
(1321),  il  rendit,  bailla  et  délaissa  perpétuellement  à  toujours,  à 
Philippe  et  à  ses  successeurs  rois  de  France,  ses  coins  et  ses 
monnaies  de  ses  comté  de  Clermont  et  baronnie  de  Bourbou, 
s'engageant  tant  en  son  nom  personnel  qu'au  nom  de  ses  hoirs 
et  successeurs,  an  y  plus  ouvrer  ni  tenir  coing,  ni  faire  monnaie. 
Le  prix  de  la  cession  avait  été  fixé  à  quinze  mille  livres  de  bons 
petits  tournois  *. 

Les  habitants  de  la  ville  de  Clermont  continuaient  à  jouir  des 
privilèges  et  franchises  qui  leur  avaient  été  octroyés  par  la  charte 
de  1197.  CependantUsembleraitque  certaines  des  dispositions  de 
cette  charte  f oiu^nissaient  matière  à  difficultés,  car  en  mai  1 32S,  ils 
présentèrent  requête  à  Louis  de  Bourbon,  alors  à  son  chàtel  de 
Clermont  pour  en  obtenir  la  confirmation  *.  Celui-ci,  après  s'être 
fait  lire  et  exposer  en  français  les  lettres  de  son  prédécesseur  le 
comte  de  Blois,  déclara  en  approuver  le  contenu  sous  certaines 
réserves,  toutefois,  stipulées  de  la  volonté  et  consentement  tant 
des  pairs  que  des  habitants,  et  qu'il  formulait  ainsi  :  «  Au  temps 
a  venir  toutes  les  foiz  que  les  quatre  cas  ou  l'im  des  quatre  aven- 
dront  en  nostre  temps  ou  au  temps  de  noz  successeurs  contes  de 
Clermont,  c'est  assavoir  se  nous  ou  nostre  successeur  aUons 

^  L'acte  de  ceesion  est  en  original  aux  Ardiives  nationales,  J.  459,  no  46.  Son 
texte  est  fonnel  et  comprend  aussi  bien  les  monnaies  de  Clermont  que  celles  de 
Bourbon  ou  plutôt  de  Souvigny,  que  Louis  possédait  en  commun  avec  le  prieur 
dudit  lieu.  Nous  devons  toutefois  dire  que  si  les  numismates  ont  conservé  et  décrit 
des  types  des  seconde^  ils  n'en  possèdent  aucun  des  premières.  On  pourrait 
même  ajouter  que  Louis  de  Bourbon  n'est  inscrit  que  pour  sa  monnaie  de  Sou- 
Vigny  dans  la  célèbre  ordonnance  de  1315.  Mais  l'auteur  du  Dictionnaire  de 
Numismatiqtie  (encyclopédie  Migne)  fait  observer  que  cette  ordonnance  ne  com- 
prend pas  tous  les  seigneurs  qui  conservaient  encore  en  France  le  droit  de  battre 
monnaie. 

*  Déjà  quelques  années  auparavant,  les  habitants  de  Bulles  s'étaient  également 
adressés  au  comte  de  Clermont  pour  qu'il  confirm&t,  en  sa  qualité  de  suzerain, 
la  charte  de  commune^  que  Guillaume  de  Mello  et  Robert  de  Conti  avaient  con- 
cédée à  leurs  aïeux  en  1181,  et  que  Vitasse  de  Conti  venait  (1296)  de  sanctionner 
à  nouveau.  Le  comte  obtempéra  à  leur  désir,  en  décidant  toutefois  que  doréna- 
vant la  connaissance  des  cas  de  viol  et  d'homicide,  qui  étaient  rachetablesrunpour 
67  sols,  l'autre  pour  dix  livres,^  serait  réservée  à  sa  cour.  (Graves,  Précis  du 
canton  de  Clermont,  p.  66.) 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERBfONT   EN   BEAUVAISIS.  75 

outre  mer,  item  se  nous  ou  nostre  successeur  estions  en  prison, 
dont  Diex  nous  gart,  item  se  nous  ou  nos  successeurs  faisions  un 
de  noz  filz  dievalier,  item  se  nous  ou  notre  successeur  marions 
une  de  noz  filles  ;  en  chacun  de  ces  quatre  cas  li  homme  et  li 
habitants  paieront  trois  cenz  livres  parisis,  toutes  foiz  que  li 
quatre  cas  avendront,  ou  li  uns  des  quatre,  et  est  à  entendre  que 
tant  pout  nous  que  pour  chascun  de  nos  successeurs  contes  de 
Qermont,  ils  ne  paieront  que  de  la  chevalerie  d'un  fils  et  du 
mariage  d'une  seule  fille,  laquelle  sonmie  d'argent  li  hommes 
et  li  habitantz  dt  la  dite  ville  paieront  à  nous  ou  à  noz  succes- 
seurs quant  li  cas  avendront,  et  ce  aucun  des  habitantz  estait 
contraire  du  paier,  nous  conte  de  Clermont  et  ceux  qui  de  nous 
aiuront  cause,  leur  prometons  à  faire  le  constraindre  de  paier 
avec  les  autres,  et  est  assavoir  que  du  temps  passé  de  touz  les 
quatre  cas  qui  sont  avenuz  nous  les  avons  quittez  et  quittons 
excepté  le  cas  de  nostre  chevalerie  duquel  il  paieront  trois  cenz 
livres  maintenant,  tant  seulement,  car  nostre  père,  que  Diex 
absoiUe,  nous  fist  chevalier  et  en  fist  demande  en  son  temps.  Et 
sera  l'imposition  faite  toute  les  foiz  que  li  cas  adviendra  par  trois 
des  pers  et  trois  des  moiens  esleuz  par  le  commun,  lesquelles  sis 
personnes  jureront  sur  sainz  évangiles  par  devant  le  baillif  de 
Clermont  de  faire  l'imposition  bien  loialement  à  leur  povoir; 
item  comme  il  soit  contenu  en  la  dite  charte  ci-devant  escripte 
en  ces  paroles  :  mecum  vel  cum  mandata  meo  in  exercitum  et 
expeditionem  ibunt  siciU  soient  quoties  subfnoniti  fuerunt;  nous  les 
déclairons  en  ceste  manière  que  lesdiz  habitanz  chascun  selon 
son  pouvoir  vendront  avecques  nous  ou  avec  nostre  mande- 
ment en  notre  ost  ou  chevauchiée  par  toute  nostre  dite  conté  et 
dedenz  les  ressors  d'icelles.  »  (Archives  nationales,  J,  167  pièce 
1  et  P.  1,362,  c.  1102.) 

Ce  n'était  pas  seulement  pour  sa  chevalerie  que  Louis  de 
Bourbon  songeait  alors  à  réclamer  des  habitants  de  Clermont 
l'aide  de  trois  cents  livres,  c'était  aussi  pour  l'un  des  autres  cas 
prévus  par  la  charte,  celui  d'un  voyage  outre  mer.  Il  y  avait 
nombre  d'années  déjà  qu'il  nourrissait  le  projet  de  ce  voyage, 
qu'il  l'avait  annoncé  publiquement  comme  Texécution  d'un  vœu 
fait  par  son  père,  et  qu'il  avait  adressé  à  la  France  et  mèm^  à  la 
chrétienté  tout  entière  un  appel  auquel  beaucoup  s'étaient  dé- 


Digitized  by 


Google 


76  LE   COMTÉ   DE  CXERMONT   EN   BEAUVAISIS. 

clarés  prêts  à  répondre  \  En  1318,  Philippe  V,  s'associant  à 
cette  pensée  de  croisade,  Tavait  nommé  capitaine  général  de 
tous  les  gens  d'armes  qu'il  devait  envoyer  en  terre  sainte  avant 
d'y  passer  en  personne  ;  il  s'était  engagé  en  outre  à  faire  en 
sorte  de  lui  procurer  le  concours  du  Saint-Siège,  lequel  l'auto- 
risa, en  effet,  à  percevoir  pour  les  préparatifs  de  l'expédition 
25,000  livres  sur  les  revenus  de  l'archevêché  d'Auch  vacant 
depuis  plusieurs  années.  Parvenu  au  trône,  Charles  FV  renou- 
vela (avril  1322)  les  promesses  et  les  concessions  faites  par  Phi- 
lippe au  comte  de  Clermont.  Celui-ci  entre  temps,  toujours 
dans  le  même  but,  avait  acheté  d'Eudes,  duc  de  Bourgogne,  pour 
le  prix  de  40,000  livres  tournois,  tous  les  droits  et  actions  qui 
pouvaient  lui  appartenir  du  chef  de  son  frère  Louis,  prince  de 
Morée,  tant  sur  la  principauté  d'Achaie  que  sur  le  royaume  de 
Salonique  (14  avril  1321,  n.  s.)*.  Nonobstant,  la  croisade  ne 
devait  pas  avoir  lieu,  entravée  qu'elle  fut  par  diverses  circons- 
tances et  finalement  par  les  débuts  de  la  guerre  de  cent  ans. 
Après  avoir  consommé  beaucoup  de  temps  et  de  peines,  Louis 
de  Bourbon  dut  y  renoncer  et  se  faire  relever  par  le  pape 
Jean  XXII  de  ses  vœux  et  engagements  (4  septembre  1333). 

4.  Cependant  Charles  IV  avait,  ainsi  que  nous  l'avons  dit, 
succédé  sur  le  trône  de  son  frère  Philippe  V  (janvier  1322). 

Ce  troisième  et  dernier  fils  de  Philippe  le  Bel  et  de  Jeanne  de 
Navarre  était  né  en  1294  au  château  de  Clermont,  et  cet  heu- 
reux événement,  nous  apprend  Graves  {Précis  statistique,  p.  79) 
y  avait  été  fêté  par  de  grandes  réjouissances,  qu'interrompit  la 
mort  subite  de  Jean  de  Briènne,  comte  d'Eu,  oncle  de  la  reine, 
qui  était  venu  assister  à  ses  couches.  Il  avait  conservé  pour  le 
lieu  de  sa  naissance  un  sentiment  de  prédilection  et,  devenu 
roi,  voulut  le  réunir  au  domaine  de  la  couronne  ;  il  en  proposa 
donc  l'échange  à  Louis  de  Bourbon  qui  accepta.  Les  actes  rela- 
tifs à  cet  échange  sont  en  date  du  mois  de  décembre  1327 
(Huillard-Bréholles,  n^»  1849   et  1850),   et  furent  passés  au 

>  Sar  ce  projet  de  croisade  de  Louis  I«'  de  Bourbon  (1316-1333),  voyez  un  inté- 
ressant article  de  M.  de  Boislisle  inséré  dans  V Annuaire  delà  Société  de  l* Histoire 
de  France,  année  1872. 

*  Huillard-Bréholles,  Titres  de  la  maison  de  Bourbon,  n»  1589.  En  énonçant  le 
fait,  Désormeaux  ajoute  que  «  la  postérité  de  Louis  renonça  sagement  à  un  tilre 
que  personne  ne  lui  avait  contesté.  » 


Digitized  by 


Google 


y 


LE   COMTÉ   DE   CLBRMONT   EN   BEAUVAISIS.  77 

Louvre,  près  Paris.  Lt)uîs  céda  le  comté  de  Clermont,  qu'il 
promit  de  dégager  de  toutes  les  charges  qui  pourraient  y  avoir 
été  mises  pour  cause  du  douaire  de  sa  femme  ou  de  tout  autre 
douaire,  et  reçut  en  compensation  le  comté  de  la  Marche,  les 
châteaux  et  châtellenies  d'Issoudun,  de  Saint-Pierre-le-Moutier 
et  de  Montferrand,  de  façon  à  lui  parfaire  1,500  livrées  de  re- 
venu '.  En  même  temps  ces  terres  étaient  unies  à  la  baronnie 
de  Bourbonnais  pour  être  érigées  avec  elle  en  duché-pairie. 
«  Nous  espérons,  disaient  les  Lettres  patentes,  que  la  postérité 
du  nouveau  duc,  marchant  sur  ses  traces,  sera  dans  tous  les 
temps  rappui  et  Tomement  du  trône.  » 

Charles  lY  n'a  laissé  comme  comte  de  Clermont  que  deux 
souvenirs.  Ce  fut  à  lui  que  la  ville  dut,  sinon  la  construction 
entière,  du  moins  Tinitiative  de  la  construction  de  sa  première 
enceinte  fortifiée*.  L'autre  souvenir  est  moins  favorable  et 
témoigne  de  l'esprit  d'envahissement  qui  animait  alors  l'admi- 
nistration royale.  A  peine  l'annexion  était-elle  consommée,  que 
le  bailli  de  Senlis  requit  les  habitants  de  la  ville  de  contribuer  à 
l'expédition  de  Flandre  soit  de  leurs  personnes,  soit  en  payant 
subside.  Ceux-ci  s'y  refusèrent,  arguant  de  leurs  anciens  privi- 
lèges ainsi  que  de  la  transaction  récemment  intervenue  avec 
Louis  de  Bourbon,  aux  termes  de  laquelle  et  moyennant  l'enga- 
gement par  eux  pris  d'acquitter  dorénavant  une  aide  de  trois 
cents  livres  dans  quatre  cas,  spécifiés  en  ladite  transaction,  ils 
n'étaient  tenus  au  service  militaire  que  dans  le  ressort  du 
comté.  Le  bailli  ayant  insisté,  ils  adressèrent  immédiatement 
une  supplique  au  «  roi  et  à  son  noble  conseil  »  qui  évoqua  l'af- 
faire (Archives  nationales  J.  167,  pièce  2).  Elle  ne  devait  pas 
avoir  de  suites.  En  effet,  Charles  IV  étant  mort  le  31  jan- 
vier 1328  (1329),  Philippe  VI,  son  successeur,  remit  presqu'aus- 
sitôt  Louis  de  Bourbon  en  possession  du  comté  de  Clermont 
que,  suivant  du  Puy,  il  érigea  pour  lui  en  1331  en  pairie*.  Il 

>  Ces  1,500  livrées  de  terre  ne  représentaient  pas  le  revenu  du  comté  de  Cler- 
mont, car  un  article  spécial  du  contrat  portait  engagement  de  bailler  à  Louis 
d'autres  terres  pour  compenser  la  plus  value  dudit  comté.  (Huillard  Bréholles, 
no  1851.) 

«  Graves,  Précis  statistique,  p.  T7. 

>  Des  Droits  du  Roi^  p.  781.  Le  fait  de  cette  érection,  dont  nous  n'avons  pas  trouvé 
les  lettres,  est  également  affirmé  par  ÏÉtat  de  la  France,  (Voyez  notamment 
édition  de  1727,  t.  III,  p.  24.) 


Digitized  by 


Google 


78  LE  COMTi  DE  CLERMONT  EN   DEÂUVAISIS. 

reprit  Issoudun,  Saînt-Pierre-le-Moutîer  et  Montferrand,  mais 
laissa  au  duc  le  comté  de  la  Marche  comme  compensation  des 
2,000  livres  de  rente  à  héritage  qu'il  possédait  sur  le  trésor  du 
chef  de  sa  femme,  en  vertu  de  lettres  de  Philippe  le  Long,  de 
novembre  1317  *. 

5.  Louis  de  Bourbon  était  de  nouveau  comte  de  Clermont  le 
21  juillet  1324,  jour  où  il  fit  rédiger  à  Lyon  les  conventions  et 
accords  arrêtés  entre  lui  et  les  procureurs  de  Hugues,  roi  de 
Chypre,  au  sujet  du  mariage  projeté  entre  Marie  sa  fille  et  Guy 
de  Lusignan.  (Huillard-Bréholles,  n*  1,893.)  Nous  trouvons 
dans  le  même  recueil  deux  autres  actes  de  ladite  année  1329, 
relatifs  à  Clermont.  Le  6  novembre,  le  duc  de  Bourbon  assigna 
à  l'église  du  Mont-Saint-Michel,  en  Normandie,  32  livres  tour- 
nois de  rente  amortie  à  prendre  sur  le  travers  de  Creil,  pour  la 
fondation  de  trois  cierges  qui  devaient  être  allumés  devant 
Tautel  Saint-Michel,  sur  les  chandeliers  d'argent  qu'il  avait 
donnés  à  cette  église,  pendant  les  trois  jours  de  la  fête  du  saint*. 
Le  14  décembre  suivant  il  fit  don  de  cent  livres  parisis  de  rente 
annuelle  à  prendre  sur  les  émoluments  de  la  prévôté  de  Cler- 
mont à  Jean  de  Nesle,  seigneur  d'Offémont,  lequel  lui  en  prêta 
foi  et  hommage  et  s'obligea,  en  outre,  pour  lui  et  ses  hoirs  sei- 
gneurs d'Offémont,  à  ne  jamais  transporter  ladite  rente  hors  de 
sa  main.  C'était  ce  qu'on  appelait  un  fief  en  l'air  ou  fief  volant, 
création  assez  usitée  à  l'époque  par  les  grands  vassaux  comme 
par  les  souverains  pour  augmenter  le  nombre  de  leurs  hommes 


^  C*est  ce  qui  résulte  d'une  enquête  ordonnée  vers  1331  par  Philippe  de -Valois, 
concernant  deux  échanges  consentis  en  faveur  du  duc  de  Bourbon  par  les  rois 
Philippe  V  et  Charles  IV,  échanges  dont  la  Chambre  des  Comptes  proposait  Tan- 
nulation  pour  cause  de  lésion.  11  y  est  dit  que  rechange  relatif  à  Clermont  ayant 
été  rétracté  pour  certaines  causes,  le  comté  de  La  Marche  avait  été  néanmoins 
laissé  au  duc  pour  2,000  livres  de  rente  à  héritage  qu'il  prétendait  sur  le  Trésor, 
mais  qu'en  réalité  il  n'avait  droit  qu'à  1,280  livres.  (Huillard-Bréholles,  no  1940.) 
Une  décision  du  10  juin  1338,  par  laquelle  Philippe  VI  fit  remise  à  Louis  de  Bour- 
bon de  tout  ce  qu'il  pouvait  devoir  à  l'État  depuis  le  temps  passé  jusqu'à  la  date 
d«  ladite  décision,  mit  fin  à  la  procédure  entamée  par  les  gens  des  comptes. 

*  En  1330  nouvelle  donation  pieuse  plus  importante  en  faveur  de  la  Char- 
treuse établie  près  Paris.  Louis  affecte  à  la  fondation  d'un  autel  dans  l'église 
de  ce  monastère  une  rente  de  4  livres  parisis  sur  la  mairie  des  Hayes  ;  il  y  ajoute 
pour  l'entretien  de  trois  frères  une  autre  rente  de  51  livres  parisis  à  prendre  tant 
sur  ladite  mairie  des  Hayes  que  sur  la  censé  qu'il  a  en  la  ville  de  Brenouille. 
(Huillard-Bréholles,  no  1930.)  16  janvier  1382.  Lettres  confirmatives  de  Charles  VI. 


Digitized  by 


Google 


I 

I 

l 


LE  COMTÉ  DE  CLERMONT   EN   BEAUVAISIS.  79 

En  février  1331  (n.  s.)  Philippe  VÎ,  à  la  demande  de  Louis 
de  Bourbon,  annexa  au  comté  de  Clermont  la  terre  de  Lardiëres 
près  Méruy  que  celui-ci  venait  d'acheter  de  Jean,  dit  Brunet,  et 
qui  avait  relevé  jusque-là  de  la  châtellenie  de  Beaumont-sur- 
Oise  ;  il  l'autorisa  en  même  temps  à  donner  ladite  terre  en  fief 
à  Drue  de  Roye  et  à  en  recevoir  Thommage^  quoique  cet  hom- 
mage appartint  au  roi.  (Huillard-Bréholles,  n*  1,943  et  Douet- 
d'Arcq,  Recherches  sur  les  comtes  de  Beaitnumt^sitr^Oise.) 

La  confiscation  prononcée  par  le  Parlement  contre  Robert 
d'Artois  devait  quelques  années  après  valoir  au  ressort  du  comté 
de  Clermont  un  accroissement  nouveau.  Philippe  VI,  en  consi- 
dération des  bons  services  de  son  cousin,  lui  donna  à  perpétuité 
le  25  janvier  1337  deux  domaines  provenant  de  cette  confisca- 
tion, Franconville  et  Baillet  en  France*,  qui  rapportaient  600  à 
700  livres  parisis  de  revenu.  (Huillard-Bréholles,  n"*  2,149.) 

Le  duc  de  Bourbon  ne  survécut  pas  longtemps  à  une  trêve  de 
deux  ans  qu'il  venait  de  ménager  à  Arras  entre  Philippe  VI  et 
Edouard  d'Angleterre.  Il  mourut  en  janvier  1341  (1342)  et  fut 
inhumé,  conmie  son  père,  à  Paris,  dans  l'église  des  Jacobins 
de  la  rue  Saint-Jacques.  «  Le  roi  perdit  en  lui,  dit  Désormeaux, 
rhomme  le  plus  sage  de  son  royaume,  le  seul  peut-être  dont 
l'expérience  et  l'autorité  fussent  capables  de  prévenir  ou  de 
réparer  les  maux,  sous  le  poids  desquels  la  France  manqua  de 
succomber.  » 

De  Marie  de  Hainaut,  qui  mourut  en  1354,  il  avait  eu  : 

I.  —  Pierre  l"  qui  suit. 

n.  —  Jacques,  mort  au  berceau  en  1318. 

m.  —  Un  autre  Jacques,  tige  des  comtes  de  la  Marche.  Son 
père  avait  obtenu  de  Philippe  VI,  en  octobre  1334,  des  lettres 
fixant  à  5,000  livrées  parisis  de  terre  ses  droits  successifs.  L'as- 
signation prévue  par  l'acte  de  1334  n'ayant  pas  eu  lieu 
avant  la  mort  de  Louis,  une  contestation  s'éleva  entre  les  deux 
frères;  elle  fut  terminée  par  transaction  de  1346,  dont  le  texte 
est  inséré  dans  le  Ms.  Fr.  20,082.  Jacques  reçut  le  comté  de  la 
Marche  et  plusieurs  autres  terres,  auxquelles  il  joignit  de  1351 

^  Aujourd'hui  département  de  Seine-et-Oise ,  cantons  de  Montmorency  et 
d'Ecouen. 


Digitized  by 


Google 


80  LE   COMTÉ  DE   CLERMOin'   EN   BEAUVAISIS. 

à  1360,  par  don  du  roi  Jean,  le  comté  de  Ponthieu  saisi  sur 
Edouard  III  d'Angleterre.  Connétable  do  France,  de  1354  à  1356, 
qu'il  se  démit  en  faveur  de  Gauthier  de  Brienne,  il  mourut  le 
6  avril  1361,  des  blessures  qu'il  avait  reçues  au  combat  de  Bri- 
guais contre  les  Tard-Venus.  Il  laissait  de  son  mariage  (1335), 
avec  Jeanne  de  Chatillon-Saint-Paul,  fille  et  héritière  de  Hugues 
seigneur  de  Leuse,  de  Condé  et  de  Carency,  entre  autres  Jean 
de  Bourbon,  comte  de  la  Marche,  et  comte  de  Vendôme  du  chef 
de  sa  femme  Catherine  de  Vendôme  ;  leur  quatrième  descendant 
Charles  de  Bourbon,  créé  duc  de  Vendôme  et  pair  de  France  au 
mois  de  février  1514,  eut  de  Françoise  d'Alençon  Antoine  de 
Bourbon,  roi  de  Navarre,  et  Louis  de  Bourbon,  prince  de  Condé. 

rV.  —  Jeanne  femme  (février  1318),  de  Guigne  VIII,  comte 
de  Forez.  Sa  petite-fille,  Anne,  devait  épouser  Louis  II,  duc  de 
Bourbon. 

V.  —  Marguerite,  mariée,  1*  en  1320,  à  Jean  II,  sire  de  Sully, 
de  la  maison  des  anciens  comtes  de  Champagne,  2*  à  Hutin  de 
Vermeilles,  chevalier  et  chambellan  du  roi. 

VI.  —  Béatrix,  laquelle  épousa  par  traité  de  décembre  1334, 
au  château  du  Bois  de  Vincennes,  Jean  de  Luxembourg,  roi  de 
Bohême  et  de  Pologne*.  Les  conventions  matrimoniales,  arrê- 
tées en  présence  du  roi  de  France,  attribuaient  à  la  future 
épouse  comme  dot  5,000  livrées  de  terres,  dont  1,000  assises 
sur  le  duché  du  Bourbonnais  et  les  4  autres  sur  les  ville,  chàtel, 
baronnie  et  châtellenie  de  Creil,  que  son  père  lui  donna  avec 
toutes  seigneuries,  justices  haute  et  basse,  hommages,  fiefs, 
arrière-fiefs  et  gardes  d'églises,  sans  rien  retenir  hormis  l'hoin- 
mage  et  le  ressort  pour  le  comté  de  Clermont,  mais  sous  réserve 
du  droit  de  retour  au  cas  où  Béatrix  trépasserait  sans  hoirs  du 
roi  de  Bohême.  Celui-ci  lui  avait  assigné  comme  douaire 
6,000  livrées  de  terre  sur  les  châtellenies  d'Arlon,  de  Bouloigne 

1  Jean^  comte  de  Luxembourg  de  son  chef,  était  devenu  roi  do  Bohême  et  de 
Pologne  par  sa  première  femme  Isabeau,  fille  et  héritière  de  Wenceslas,  dit  le 
Saint.  11  en  avait  eu  plusieurs  enfants,  entre  autres  Charles  IV  qui  lui  succéda 
sur  le  trône  de  Bohême  et  fut  empereur  d'Allemagne.  Celui-ci  ratifia  le  20  no- 
vembre 1339  le  contrat  de  mariage  de  son  père,  et  le  18  décembre  1356  Tattribu- 
tion  que  Jean  avait  faite  le  21  mai  1337  à  sa  seconde  femme  d'une  rente  de 
15  marcs  par  semaine  à  prendre  sur  les  revenus  de  sa  monnaie  de  Chrudine 
«  pour  soutenir  l'éclat  du  rang  royal.  »  (Huillard-Bréholles,  no»  2159  et  2233.) 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   D£  GLERMONT   EN   BEAUVAISIS.  8i 

le  Châtel,  de  Marville,  de  Saînt-Mard,  de  Damvilliers  et  à  défaut 
sur  le  comté  de  Luxembourg.  Ce  comté  était  assuré  aux  enfants 
mâles  à  naître  du  mariage  (Ms.  Fr.  20,082,  f  565-569)*.  Cheva- 
lier intrépide,  non  moins  que  politique  habile,  Jean  de  Luxem- 
bourg devint  aveugle  peu  de  temps  après  son  second  mariage, 
ce  qui  ne  l'empêcha  pas  de  guerroyer.  Il  tomba  sur  le  champ  de 
bataille  de  Crécy,  le  26  août  1346,  ayant  fait  attacher  son  che- 
val à  ceux  de  quatre  de  ses  chevaliers  avec  lesquels  il  périt  dans 
la  mêlée.  Un  fils  unique  Wenceslas  était  né  de  son  union  avec 
Béatrix.  Duc  de  Luxembourg  par  érection  de  son  frère  aîné  (13 
mars  1354),  il  s'était  marié  la  même  année  avec  Jeanne  de  Bra- 
bant  déjà  veuve  de  Guillaume,  comte  de  Hollande  et  du  Hainaut, 
et  mourut  le  7  décembre  1383,  sans  postérité.  Sa  mère  avait 
épousé  en  secondes  noces  Eudes,  sire  de  Grancey,  chevalier, 
et  de  concert  avec  lui,  elle  céda  en  1374  au  roi  Charles  V,  la 
baronnie  de  Creil  et  toutes  ses  appartenances  et  dépendances,  en 
échange  de  l'usufruit  des  ville  et  châtellenic  de  Bar-sur-Aube, 
estimées  12,000  florins  d'or".  Wenceslas  de  Luxembourg,  reçut 
de  son  côté,  pour  prix  de  sa  renonciation  aux  droits  que  lui  con- 
férait le  contrat  de  mariage  maternel,  une  somme  de  16,000  fr. 
d'or.  (Archives  nationales,  J.  160,  n"  31,  32  et  33.)  Une  fois  en 
possession  de  Creil,  Charles  V,  considérant  que  cette  ville  com- 
mandait sur  les  deux  rives  de  l'Oise  et  lui  assurait  les  moyens 

^  Le  23  janvier  1335  (n.  st.)  Loais  manda  à  tous  les  habitants  de  la  chÂtellenie 
de  Creil  de  rendre  foi  et  hommage  &  Béatrix  de  Bourbon,  sa  fille,  à  laquelle  il 
Tenait  de  donner  ladite  chAtellenie  à  Toccasion  de  son  mariage  avec  Jean,  roi  de 
Bohème.  (HuiUard-Bréholles,  n^  2070.)  M.  Bordier  a  inséré  dans  les  pièces  justi- 
ficatives de  sa  notice  sur  Beaumanoir  la  nomenclature  des  droits  utiles  apparte- 
nant à  la  nouvelle  reine  en  vertu  de  cette  donation  :  i^  L'exploitation  de  plusieurs 
villages  voisins  habités  par  des  serfs  (les  Ageux,  Saint-Queux^  les  Hayes)  ;  2»  les 
prés  de  Creil  ;  3«  les  péages  de  Villers  Saint-Pol,  Nogent,  Sailleville,  Laigneville, 
Mouchy  Saint-Éloi  ;  4»  cens  en  argent  et  en  grains  à  Faiel  et  à  Creil  ;  5»  forêt  de 
Pommeraie  avec  garenne  pour  le  gros  et  le  menu  gibier  ;  6o  produits  du  four 
banal  de  Creil,  péages  sur  terre  et  sur  eau,  droits  sur  la  vente  du  poisson,  sur  le 
scel  des  actes  et  du  tabellionnage.  Pendant  qu'elle  était  propriétaire  de  Creil, 
Béatrix  fit  donation  de  marais  considérables  en  dépendant  aux  habitants  de  Creil, 
de  Montataire  et  de  Nogent-les-Vierges  &  condition  que  les  clergés  des  trois 
paroisses  feraient  au  mois  de  juin,  chaque  année,  une  procession  en  sa  mémoire, 
procession  dont  Tuâage  s'est  conservé  jusqu'à  nos  jours.  Histoire  de  Creil, 
p.  39. 

*  Ce  fut  du  moins  la  somme  que  Charles  V  paya  à  Béatrix  le  3  mars  1375,  en 
opérant  le  retrait  à  son  profit  de  ladite  seigneurie  de  Bar-sur-Aube.  (Archives 
nationale,  J  100,  no  4096.) 

6 


Digitized  by 


Google 


82  UC   COMTÉ   DB   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS. 

de  mettre  les  pays  d'alentour  à  Tobri  des  incursions  des  ennemis, 
Tunit  irrévocablement  au  domaine  de  la  couronne,  par  déclara- 
tion du  5  janvier  1374  (a.  s.),  en  même  temps  que  Tétang  de 
Gouvieux,  qu'il  venait  d'acheter  20,000  francs  d'or  avec  ses 
appartenances  et  une  partie  de  la  ville  de  la  Morlaye,  au  comte 
de  Dammartin  ^  Cette  union  de  Creil  au  domaine  devait  persis- 
ter jusqu'au  xvi*  siècle,  nonobstant  les  réclamations  formées 
par  Louis  II  de  Bourbon,  après  la  mort  de  Wenceslas,  et  que 
nous  relaterons  en  leur  lieu.  Béatrix  de  Bourbon  conserva  toute 
sa  vie  le  rang  et  les  honneurs  de  reine.  Elle  mourut  le  23  dé- 
cembre 1385. 

VII.  —  Marie,  mariée,  1*  en  1330,  à  Guy,  prince  de  Galilée, 
fds  de  Hugues  FV  de  Lusignan,  roi  de  Chypre,  2*  le  9  sep- 
tembre 1347,  à  Robert  d'Anjou,  prince  d'Achaie  et  de  Tarente. 
Elle  mourut  en  1387,  instituant  pour  légataire  universel  Louis  II, 
duc  de  Bourbon,  son  neveu. 

6.  Pierre  P'  (1341-1356).  Il  naquit  en  1311  et  fut  accordé  par 
traité  du  5  octobre  1322  (Huillard-Bréholles,  n'  1656)  avec  Isa- 
belle, fille  de  Charles,  comte  de  Valois,  et  de  sa  troisième 
femme  Mahaut  de  Châtillon  Saint-Paul*.  L'extrême  jeunesse 
des  deux  fiancés  fit  retarder  la  célébration  du  mariage  jusqu'au 
25  janvier  1336.  Mais  la  dot  d'Isabelle,  fixée  à  25,000  livres 
tournois,  avait  été  payée  depuis  longtemps  déjà,  car  nous  trou- 
vons Louis  P'  achetant  au  mois  de  mars  1327  des  deniers  et  au 
profit  de  sa  belle-fille  des  biens-fonds  et  une  rente  de  80  livres 
parisis  de  Jean  de  Chepoix,  chevalier,  le  tout  à  la  Neuville-Roy, 
et  au  mois  de  juin  suivant  une  terre  à  Nogent,  près  Creil,  de 
Guillaume,  seigneur  de  Cardonnay.  {Ibid.,  lï"*  1,827,  1,831, 
1,838.) 

Quant  à  Pierre,  ce  fut  seulement  en  mars  1341  que  les 


*  Du  Pny,  Des  Droits  du  Bot,  p.  843.  —  Cet  étang  était,  avant  la  grande  inonda* 
tion  de  1658  qai  le  ruina,  Tétang  le  plus  célèbre  du  Beauvaisis  ;  il  s'étendait 
depuis  la  rivière  d'Oise  jusqu'à  Chantilly.  L'étang  de  Gouvieux  avait  été  érigé  en 
fief  vers  1272,  par  Jean  de  Trie,  comte  de  Dammartin  en  faveur  de  Simon  de 
Trie,  son  frère.  (0/tm,  tome  II,  p.  70.) 

*  La  branche  des  Valois,  avant  Tavénement  au  trdne  de  Philippe  VI,  fils  de 
Charles  de  Valois  et  de  Marguerite  d'Anjou  sa  première  femme,  portait  pour 
armes  :  d'azur  semé  de  fleurs  de  lis  à  la  bordure  de  gueules. 


Digitized  by 


Google 


LE  COMTÉ   DE  CLERMONT   EN   BEAUVAISIS.  83 

4,000  livrées  de  terre,  que  luî  avait  promises  son  père,  furent 
assises  sur  la  châtellenie  de  Gournay,  les  ventes  de  la  forêt  de 
Hez,  les  terres  de  Baillet  et  de  Franconville,  le  trésor  du  roi  à 
Paris,  le  travers  de  Longueaue,  les  fiefs  d'Estrées  et  de  Moin- 
villiers,  les  cens  de  Bailleul-le-Soc,  Clermont,  Warty,  la  Neu- 
ville-en-Hez  et  le  fonds  des  bois  de  Jurequîn.  {Ibid.f  n"*  2,278, 
2286-87.)  Quelques  mois  après  il  succédait  au  duché  de  Bour- 
bonnais ainsi  qu'au  comté  de  Clermont. 

Beau-frère  de  Philippe  VI,  le  nouveau  duc  eut  aux  événe- 
ments politiques  et  militaires  du  règne  une  part  considérable. 
Le  8  août  1345  il  fut  placé  comme  lieutenant  du  roi,  en  toutes 
les  parties  de  la  Langue-d*Oc  et  de  Gascogne,  à  la  tète  des 
troupes  destinées  h  arrêter  l'invasion,  dont  une  armée  anglaise 
menaçait  le  midi  du  royaume.  La  descente  d'Edouard  III  en 
Cotentin,  suivie  de  la  dévastation  de  cette  province,  de  l'Ile  de 
France,  du  Beauvaisis,  de  la  Picardie,  du  Vimeu,  du  Ponthieu 
et  du  désastre  de  Crécy,  vint  interrompre  le  cours  des  succès 
qu'il  remportait  de  concert  avec  Jean,  duc  de  Normandie. 

n  tomba  glorieusement  sur  le  champ  de  bataille  de  Poitiers 
(19  septembre  1356)  et  fut  enterré  en  l'église  des  Frères  Prê- 
cheurs de  cette  ville. 

Beau,  bien  fait,  brave  et  galant,  Pierre  avait  porté  trop  loin, 
nous  apprend  l'historien  de  la  maison  de  Bourbon,  le  luxe  et  la 
magnificence.  Chargé  de  dettes  il  fut,  sur  la  fin  de  sa  vie,  ex- 
communié par  le  Saint-Siège  à  la  requête  de  ses  créanciers,  et 
il  fallut  que  son  fils  Louis  II  prit  l'engagement  formel  de  les 
désintéresser,  pour  obtenir  du  pape  Innocent  VI  l'absolution 
pour  Tâme  du  défunt,  en  même  temps  que  l'autorisation  de 
déposer  son  corps  en  terre  sainte.  (Huillard-Bréholles, 
n»  2,741.) 

Parmi  les  actes  de  Pierre  I"  de  Bourbon  qui  nous  ont  été 
conservés,  peu  concernent  le  comté  de  Clermont-  En  1347,  il 
confirma  un  accord  passé  entre  le  chapitre  de  la  collégiale  et 
le  seigneur  d'Angiviller,  et  qui  avait  pour  but  de  substituer  une 
rente  de  20  livres  parisis  au  repas  ou  mangier  qu'une  fondation, 
remontant  au  xi*  siècle,  avait  institué  le  jour  de  la  Saint-Arnoul 
dans  ladite  collégiale  «  mangier  pendant  lequel  se  faisait  tant 
de  excès  de  gloutonnerie  et  yvrestes  que  à  la  fois  s'en  ensui- 
vaient bateures,  occizions  et  moult  d'autres  périls  et  mauls,  et 


Digitized  by 


Google 


84  LE  COMTÉ  DB   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 

nulle  prîère  ne  autre  bien  ne  sî  faisait  pour  Tâme  de  l'ausmo- 
nante,  et  par  ainsy  ce  qui  devait  estre  converti  en  œuvres  de 
piété  estait  jà  despièça  par  ledit  mauvais  abus  converti  en 
œuvres  de  vices  abhominables  à  Dieu  et  à  toutes  personnes  ver- 
tueuses. »  (Ms.  Fr.  4,663,  f  116.) 

En  1348,  il  fit  don  du  premier  canonicat  qui  viendrait  à  vaquer 
dans  la  collégiale  de  Saint- Arnoul  aux  religieux  du  monastère 
de  Froidmont*.  Il  octroya  en  même  temps  à  ce  monastère  le 
droit  d'accoler  à  ses  armes  celles  de  Bourbon.  {Gallia  chrisiiana, 
t.  X,  instrum.,  n**  xlv,) 

En  décembre  1349,  il  assigna  à  son  clerc  Yvonnet  de  Crépon, 
en  considération  de  son  mariage  avec  Gillette,  fille  de  feu 
Jacques  de  Survilliers,  une  rente  viagère  de  20  livres  sur  la 
recette  du  comté  de  Clermont,  réversible  par  moitié  sur  la  tête 
de  ladite  Gillette.  (Huillard-Bréholles,  n°  2,547.) 

En  janvier  1331  (n.  st.),  pour  remédier  à  la  manière  abusive 
dont  les  religieux  de  THôtel-Dieu  de  Beauvais  exerçaient  leur 
droit  d'usage  dans  la  forêt  de  Hez,  il  décida  qu'à  l'avenir  il  leur 
serait  permis  de  faire  porter  à  leur  maison  de  Fay  autant  de 
charges  de  bois  par  jour  qu'ils  le  pourraient,  mais  seulement 
depuis  le  jour  de  carême  prenant  jusqu'à  la  Saint-Remy  d'oc- 
tobre. (/ôtrf.,n«  2,587.) 

Le  5  novembre  de  la  même  année  intervint,  entre  le  duc  de 
Bourbon  et  le  chapitre  de  Saint-Arnoul,  relativement  aux  répa- 
rations de  leur  église,  que  chacune  des  parties  prétendait  à  la 
charge  exclusive  de  l'autre,  une  transaction  importante.  Le  duc 
se  chargea  lui  et  ses  successeurs  d'entretenir  à  ses  dépens  le 
mur  de  l'église  qui  tenait  lieu  de  clôture  à  son  château,  com- 
mençant vers  le  bout  de  son  ancienne  grande  salle  vers  l'occi- 
dent jusqu'à  l'autre  chef  de  l'église  vers  l'orient  ;  de  plus,  comme 
il  avait  fait  plusieurs  guérites,  bretesches  et  défenses  pour  la 
sûreté  du  château  vers  l'orient  sur  le  chef  de  l'église,  il  s'obligea 
pareillement  de  les  réparer  et  soutenir  dans  toute  leur  étendue, 
tant  pour  les  fondements  des  murs,  les  piliers,  les  tourelles  et 
les  couvertures  que  les  gouttières,  s'il  en  fallait  quelques-unes, 

1  Cette  donation  est  rappelée  dans  deux  autres  de  Louis  II,  du  mois  de 
février  1367  et  janvier  1409^  qui  la  renouvellent  en  constatant  que  jusqu'alors 
elle  n'a  pas  été  suivie  d'effet.  (D.  Grenier,  t.  LIV,  f»  45.) 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT  EN   BEÂUVÂISIS.  8S 

et  quant  à  la  première  voûte  de  l'église  vers  le  chef  sur  lequel 
les  bretesches  et  guérites  étaient  assises,  il  fut  dit  qu'il  en 
ferait  la  moitié  et  les  chanoines  l'autre,  lesquels  supporteraient 
et  acquitteraient  toutes  les  autres  réparations  de  l'église,  fonde- 
ments, murailles,  couvertures,  vitres,  serrures,  voûtes,  cloches 
et  clocher.  Afin  d'indemniser  le  chapitre  des  dépenses  actuelles 
qu'il  serait  obligé  de  faire,  le  duc  lui  accordait  pour  cette  fois 
seulement  la  tenture  d'un  arpent  de  la  haute  forêt  de  Hez  ;  il 
confirmait  en  outre  à  perpétuité  tous  legs,  aumônes,  oblations 
faites  et  à  faire  à  leur  fabrique.  (Ms.  Fr.  4,663,  f*  111  et  Dom 
Grenier,  t.  LIV,  f  39.) 

Du  mariage  de  Pierre  I"  de  Bourbon  et  dlsabelle  de  Valois, 
qui  lui  survécut  jusqu'au  26  juillet  1383,  qu'elle  mourut  dans  le 
couvent  des  Cordelières  du  faubourg  Saint-Marcel,  à  Paris,  où 
elle  s'était  retirée*,,  naquirent  Louis  II,  qui  fut  duc  de  Bourbon, 
et  sept  filles,  savoir  : 

A.  Jeanne,  née  le  2  février  1337,  accordée  en  juillet  1349, 
mariée  le  8  avril  1350  à  Charles,  dauphin  de  Viennois,  fils  aîné 
du  roi  Jean  II  et  qui  lui  succéda  en  1354  sur  le  trône  de  France 
sous  le  nom  de  Charles  V.  Sa  dot  avait  été  de  100,000  florins. 
Elle  mourut  en  couches  le  6  février  1378  (n.  st.). 

B.  Blanche,  qui  épousa  en  juillet  1352  Pierre  le  Cruel,  roi  de 
CastiUe,  auquel  elle  porta  300,000  florins  de  dot,  tant  de  son 
père  que  du  roi.  Elle  mourut  empoisonnée  en  1361. 

C.  Bonne,  mariée  en  août  1355  à  Aimé  VI,  comte  de  Savoie, 
surnommé  le  Comte  vert,  et  qui  fut  dotée  par  le  roi  de  France 
d'une  rente  de  3,000  livres  tournois. 


*  En  septembre  1366,  Isabelle  abandonna  à  Louis,  son  fils,  les  ville  et  chôtel- 
lenie  de  Souvigny,  les  château  et  ville  de  la  Neuville-en-Hez  avec  1,000  livres  de 
rentes,  400  livres  de  rentes  sur  les  émoluments  de  la  Chancellerie  de  Moulins, 
son  hôtel  de  Maumoulin  et  sa  maison  de  Notre-Dame  des  Champs  contre  l'usu- 
fruit des  ville  et  prévoté  de  Malicome  et  de  la  chàtellenie  de  Chaveroche. 
(Huillard-Bréholles ,  n«  2969.)  Froissart  a  raconté  (édition  Buchon,  livre  î, 
partie  II,  ch.  cclxxviii,  ccicix,  ccc  et  ceci),  comment  les  compagnies  anglaises 
prirent  en  1369  le  châtel  de  Bellcperche  en  Bourbonnais  et  la  mère  du  duc  de 
Bourbon  qui  était  dedans,  et  comment  celui-ci  vint  mettre  aussitôt  le  siège 
devant  Belleperche,  mais  ne  put  empêcher  les  comtes  de  Canterberge  et  de 
Pennebrock  d*emmener  captives  la  duchesse  et  les  personnes  de  sa  suite.  Isabelle 
après  trois  ans  de  captivité  fut  échangée,  peut-être  délivrée  par  force  d'armes,  et 
peu  après  cette  mésaventure  se  retira  au  couvent  du  faubourg  Saint-Marcel. 


Digitized  by 


Google 


86  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 

D.  CatKerine,  femme  de  Jean  VI,  comte  d'Harconrl  et  d'Aumale. 
En  considération  de  ce  mariage  contracté  le  14  octobre  13S9, 
Louis  II  donna  12,000  deniers  d*or  et  2,000  livrées  de  terre  à 
asseoir  en  France  comme  dot  à  sa  sœur,  laquelle  renonça,  en 
échange,  atout  ce  qui  poiurait  lui  appartenir  dans  la  succession 
de  ses  père  et  mère.  (HuiUard-Bréholles,  n*  2,788.) 

E.  Marguerite,  mariée  en  1368  (contrat  du  4  mai)  à  Arnaud 
Amanieu  II,  sire  d'Albret,  grand  chambellan  de  France,  dont 
elle  eut  Charles  I"  d'Albret,  connétable,  tué  à  Azincourt,  cin- 
quième aïeul  de  Jeanne  d*Albret.  Moyennant  une  somme  de 
30,000  livres  d'or,  une  fois  payée  et  une  rente  de  4,000  livrées 
de  terre,  que  lui  constituèrent  ses  beau-frère  et  sœur  le  roi  et  la 
reine  de  France,  elle  renonça  à  tous  ses  droits  tant  dans  la  suc- 
cession de  ses  père  et  mère  que  de  son  frère  le  duc  de  Bourbon, 
si  ce  dernier  venait  à  mourir  sans  lignée.  (Huillard-Bréholles, 
n^  3,047.) 

F.  Isabelle,  morte  sans  alliance. 

G.  Marie,  religieuse  puis  prieure  du  monastère  de  Poissy,  où 
elle  mourut  le  2  janvier  1402.  Elle  avait  pris  le  voile  à  Tàge  de 
4  ans,  en  présence  du  roi  Jean  et  de  toute  la  cour.  Par  acte  de 
mars  1381,  son  frère  lui  assigna  une  rente  viagère  de  300  livres 
à  prendre  annuellement  sur  les  revenus  du  comté  de  Clermont 
et  les  aides  du  diocèse  de  Beauvais,dontle  roi  lui  avait  concédé 
une  partie.  (Huillard-Bréholles,  n*"  3,473.)  On  trouve  une  notice 
sur  elle  dans  le  tome  LIV  (f*  52)  de  Dom  Grenier. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS.  87 


IV. 


Louis  II  de  Bourbon  dit  le  Bon,  comte  de  Clermont.  Vordonnance 
du  20  novembre  4371  et  le  dénombrement  de  1373. 

I.  Les  circonstances,  dans  lesquelles  Louis  II  succédait  à  son 
père,  Pierre  I",  étaient  critiques.  Les  quatre  années  qui  s'écou- 
lèrent entre  la  défaite  de  Poitiers  et  le  traité  de  Brétigny  appor- 
tèrent au  comté  de  Clermont,  comme  à  tout  le  pays  entre  Seine 
et  Loire,  un  innombrable  contingent  de  maux.  Demeurées  sans 
emploi  par  suite  de  la  trêve  intervenue  entre  les  deux  couronnes 
(22  mars  1357),  des  compagnies  de  soudoyers  anglais,  navarrais, 
gascons,  s'y  répandirent  et  commirent  les  plus  affreux  excès, 
arrêtant  les  voyageurs,  massacrant  sans  pitié  tous  ceux  qui 
refusaient  de  leur  payer  rançon,  pillant  les  paysans  jusque  dans 
leurs  demeures.  En  même  temps  ceux-ci  poussés  à  bout  se  sou- 
levèrent. Le  21  mai  1358  éclata  aux  environs  de  Compiègne  et 
de  Clermont  la  terrible  insurrection  connue  dans  l'Histoire  sous 
le  nom  de  Jacquerie.  Placés  sous  le  commandement  d'un  des 
leurs,  Guillaume  Cale,  originaire  de  Clermont,  suivant  Froissart, 
de  Mello,  si  l'on  en  croit  le  continuateur  de  Guillaume  de  Nangis, 
les  Jacques  prirent  les  armes  presque  simultanément  en  Beau- 
vaisis,  en  Brie,  dans  l'Ile-de-France,  ainsi  que  dans  les  évêchés 
de  Laon,  de  Noyon  et  de  Soissons,  et  déclarant  la  guerre  aux 
nobles,  saccagèrent  et  ruinèrent  toutes  les  demeures  seigneu- 
riales sur  les  bords  de  l'Oise. 

Les  gentilshommes,  de  leur  côté,  réunirent  leurs  forces  et 
firent  appel  au  roi  de  Navarre,  alors  à  son  château  de  Longue- 
ville  près  Dieppe.  Celui-ci,  allié  du  prévôt  des  marchands  de 
Paris,  Etienne  Marcel,  le  soutien  actif  sinon  le  promoteur  de 
la  Jacquerie,  avait  vu  sans  déplaisir  les  commencements  d'une 
révolte  qui  semblait  de  nature  à  servir  ses  visées  ambitieuses, 
n  ne  tarda  pas  cependant  à  s'émouvoir  d'excès,  qui  n'avaient 
pas  épargné  ses  propres  partisans,  et  répondant  aux  sollicita- 
tions qui  lui  avaient  été  adressées,  entra  en  Beauvaisis  à  la  tête 
de  1,000  lances.  Une  première  rencontre  eut  lieu  à  Mello.  Le 


Digitized  by 


Google 


88  LE   COMTÉ   DE   CLËRMONT   EN    BEAUVAISIS. 

combat  décisif  s'engagea  aux  environs  de  Clermont  et  se  ter- 
mina par  la  déroute  des  Jacques,  dont  trois  mille  périrent  dans 
la  mêlée.  Guillaume  Cale,  fait  prisonnier  avec  plusieurs  de  ses 
complices,  fut  conduit  à  Clermont  et  y  eut  la  tête  tranchée.  Les 
bourgeois  de  cette  ville,  qui  l'avaient  peut-être  livré  au  roi  de 
Navarre,  reçurent  en  récompense  du  service  ainsi  rendu  des 
lettres  de  sauvegarde  *. 

La  fin  de  la  Jacquerie,  qui  donna  lieu  à  de  sanglantes  repré- 
sailles, ne  rendit  pas  la  paix  au  Beauvaisis.  Une  lutte  ouverte 
ne  tarda  pas  à  éclater  entre  Charles  le  Mauvais  et  le  Dauphin, 
régent  du  royaume.  Les  troupes  du  premier,  grossies  de  merce- 
naires anglais,  s'emparèrent  par  surprise  de  grand  nombre  de 
forteresses  environnant  Paris.  Elles  occupèrent  entre  autres 
Creil  en  juillet  1358,  La  Neuville-en-Hez  et  la  Hérelle,  près 
Breteuil,  vers  la  même  époque,  Pont-Sainte-Maxence  en  1359*. 
De  Creil,  où  il  commandait  le  cours  de  l'Oise,  le  capitaine 
navarcais  Jean  de  Fodrynghey  rançonnait  tous  ceux  qui  allaient 

*  Siméon  Luce,  Histoire  de  la  Jaequerie,  in-8« ,  1859  ,  chap.  iv ,  p.  170-176. 
«  Qnant  cenlx  du  plat  pais,  disent  des  lettres  de  septembre  1359^  aujourd'hui 
conservées  aux  Archives  nationales  (JJ.  90,  n«  288),  sceurent  que  le  roy  de  Navarre 
estoit  venu  à  Clermont  et  que  le  capitaine  de  Beauvoisis  et  ses  complices  estoient 
baillés  et  mis  ès-mains  du  roy  de  Navarre  par  ceulx  de  Clermont  et  qu'ils  estoient' 
mis  à  mort  et  que  la  diste  ville  de  Clermont  estoit  mise  en  la  sauvegarde  dudit 
roy  de  Navarre,  les  genz  d'Angicourt  firent  aler  Hue  de  Sailleville  (leur  capitaine 
au  temps  des  effrois)  par  devers  ycelui  roi  de  Navarre  pour  avoir  une  sauvegarde 
de  lui  aussi  comme  avoient  plusieurs  autres  villes  du  pais  environ  afin  que  ils  ne 
fussent  ars  ne  gastez.  »  Voir  sur  les  événements  de  toute  cette  période  l'édition 
de  Froissart  par  M.  S.  Luce,  tome  V,  ainsi  que  VHistoire  de  Bertrand  du  Guesclin^ 
1876,  in-8o.  Il  résulte  de  trois  actes^  découverts  par  le  même  auteur  aux  Archives 
nationales,  que  le  régent  se  rendit  en  mai  1338  à  Clermont  en  Beauvaisis,  en  vue 
sans  doute  de  s'entendre  avec  le  roi  de  Navarre  pour  une  action  commune 
contre  les  Jacques. 

«  Pariant  de  l'occupation  par  les  Anglo^Navarrais  de  Creil,  de  la  Hérelle  et  de 
Mauconseil,  autre  forteresse  sise  aux  environs  de  Noyon^  Froissart  dit  (t.  V, 
p.  320)  :  «  Si  moutepliièrent  telement  il  Navarois  que  ils  prisent  le  forte  ville  et 
le  chastiel  de  Cray,  par  quoy  il  estoient  mestre  de  la  rivière  de  Oise,  et  le  fort 
ehastiel  de  la  Harielle,  à  trois  liews  de  Amiens,  et  depuis  Mauconseil  qu'ils  rem- 
parèrent  et  fortifièrent  telement  que  il  ne  doubtoient  assaut  ne  siège.  Ces  trois 
forteresses  fisent  sans  nombre  tant  de  destourbiers  au  royaume  de  France  que 
depuis  en  cent  ans  ne  fu  restoré.  Et  estoient  en  ces  forterèces  bien  quinze  cents 
conbatans,  et  couroient  par  tout  le  pays  ensi  qu'ils  voloient,  ne  nulz  n'alloit  au 
devant  et  s'espardirent  tantost  partout.»  —  U  existait  encore  en  1375  à  la  Neuville- 
en-Hez  de  nombreuses  traces  de  l'occupation  navarraise.  Le  Dénombrement  parle 
de  maisons  dissipées  et  détruites  pour  les  fossés  et  arrière-fossés  du  chàtel 
i«  quand  les  ennemis  furent  en  LVIII  en  Beauvaisis.  » 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS.  89 

de  Paris  à  Compiègne,  à  Noyon,  à  Soissons  ou  à  Laon  \  Il  gagne 
cent  mille  francs  à  délivrer  des  sauf-conduits  tant  pour  les 
voyageurs  que  pour  les  marchandises.  Le  18  novembre  1359, 
Jean  de  Grailly,  captai  de  Buch,  profita  d'un  sauf-conduit  que 
le  régent  lui  avait  accordé  sur  les  instances  de  Charles  le 
Mauvais,  pour  enlever  par  escalade,  h  l'aide  d'échelles  de  corde 
et  de  grappins  d'acier  le  château  de  Clermont.  Dès  lors,  les 
forteresses  de  Clermont,  de  Creil,  de  la  Hérelle,  de  Mauconseil  se 
prêtèrent  un  mutuel  appui  pour  tenir  à  discrétion  le  plat  pays 
de  Vexin  et  de  Beauvaisis  *.  Les  campagnes  se  dépeuplèrent  et 


^  Le  prieuré  de  Saint-Leu  d'Esserent  et  Tabbaye  de  Royaumont  ne  purent  se 
racheter  du  feu  et  du  glaive  qu'à  prix  d'argent  (Siméon  Luce,  Histoire  de  du  Gués- 
clin,^.  328).  Aussitôt  le  rétablissement  de  l'autorité  royale  en  Beauvaisis  les  deux 
eouvents  s'empressèrent  de  solliciter  pour  ce  fait  des  lettres  de  rémission.  On  lit 
dans  celles  accordées  en  juin  1359  aux  religieux  de  Saint-Leu  (Archives  natio- 
nales, J.  J.  90,  vi9  184)  :  a  Néantmoins  les  Anglois  et  Navarrois  de  la  garnison  de 
Crael,  especialement  le  capitaine  dudit  lieu,  esmen  de  rechief  à  présent  de  cruauté 
et  de  tirannie  envers  les  dits  religieux  et  envers  tout  le  pays  d'environ^  ont  fait 
savoir  aux  habitans  de  toutes  les  vUles  voisines  et  par  especial  ans  diz  religieux 
et  les  ont  menaciez  que,  s'il  ne  se  rançonoient^  composoient  ou  finoient  ans  diz 
ennemis  en  rachestant  de  eulx  le  feu  et  le  glaive,  il  gasteroient  et  ardroient 
l*E^se  et  les  villes  et  lieux  dessus  diz  et  occiroient  les  personnes.  Pour  lesquelles 
choses  et  menaces,  les  habitants  de  laditte  ville  de  Saint-Leu  et  de  plusieurs 
autres  villes  voisines  se  sont  fuiz  desdites  villes  et  n'y  demeure  à  présent  aucuns 
pour  les  très  granz  rençons  que  les  diz  ennemis  en  vouloient  avoir,  lesquelles  il  ne 
peussent  paier  et  ceulz  que  les  diz  ennemis  ont  peu  trouver  ou  atteindre  qui  ne 
se  sont  voulu  rançonner  il  ont  tué  et  mis  à  mort;  et  pour  ce  que  les  diz  religieux 
ne  scèvent  où  foyr,  ou  aler,  se  n'est  en  leur  ditte  église,  ils  se  sont  raenconnez 
aosdis  ennemis.  »  C'est  pour  résister  aux  Anglo-Navarrais  de  Creil  que  les  habi- 
tants de  Longueil-Sainte-Marie  et  des  environs  de  Compiègne  s'organisèrent  sous 
la  direction  d'un  simple  paysan  qui  fut  le  véritable  héros  de  ces  tristes  guerres. 
Jean  de  Venette  a  raconté  en  quelques  pages  inspirées  les  exploits  de  Guillaume 
L'Aloe  et  de  son  valet  le  Grand  Ferré  (S.  Luce,  éd.  de  Froissart,  t.  V,  p.  xxxviii, 
et  Bulielin  de  la  Société  de  l'Histoire  de  France,  1875). 

*  Voici  le  récit  que  Froissart  donne  de  cet  événement  :  «  Puis  chevaucha  le 
captaus  de  Beus  tant  sus  une  nuit,  parmi  le  bon  pays  de  Vexin  et  de  Biauvoisis, 
qu'il  vint  &  Clermont  en  Biauvoisin  une  grosse  ville  nient  (non)  fremée  et  bon 
chastiet,  voires  de  une  grosse  tour  que  il  y  a  et  chaingles  (enceinte)  environ. 
Li  captaus,  ains  son  département  de  Normandie,  avoit  avisé  cesto  forterèce  à 
prendre.  Si  l'en  chei  si  bien  que,  sus  un  ajournement,  ses  gens  le  prisent, 
emblèrent  et  eschiellèrent  sus  les  viilains  dou  pays.  Et  entrèrent  li  Navarrois  par 
eschiellement  dedens  :  de  quoi,  qui  le  ditte  tour  voit,  on  se  poet  esmervillier  com- 
ment ce  se  poet  faire,  car  à  la  veue  dou  monde,  c'est  cose  impossible  dou  prendre. 
Tontesfois  il  achiévèrent  leur  emprise  par  eschielles  de  cordes  et  grawés  d'acier. 
Et  y  entra  premièrement  en  rampant  comme  uns  cas,  Bemars  de  la  Salle,  qui  en 
son  vivant  en  eschiella  plusieurs.  Et  tant  fisent  en  ceste  empainte  que  Clermons 
demora  au  captai  de  Beus,  qui  le  tint  un  grant  temps  et  plusieurs  bons  compa- 


Digitized  by 


Google 


90  LE  COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 

partout  les  terres  restèrent  en  friche  faute  de  bras  pour  les 
cultiver. 

Cet  état  de  choses  se  prolongea  malheureusement.  Clermont 
ne  fut  évacué  que  vers  1363  moyennant  une  rançon  levée  sur 
le  pays  environnant.  Creil  et  Mauconseil  l'avaient  été  dès  la  fin 
de  1359  par  le  même  procédé.  Le  versement  à  opérer  pour  la 
délivrance  de  Creil  avait  été  d'abord  fixé  entre  le  roi  de  Navarre 
et  leshabitants  de  Paris  à  6,000  royaux  ;  mais  Jean  de  Fodrynghey 
exigea  une  somme  plus  considérable*.  Le  13  mai  1360  une  con- 
vention, que  signèrent  le  comte  de  Warwick,  maréchal  d'Angle- 
terre, d'une  part,  et  la  ville  de  Paris,  de  l'autre,  régla  les  condi- 
tions de  l'évacuation  de  quatre  autres  lieux  forts  du  Beauvaisis, 
La  Neuville-en-Hez,  la  Hérelle,  Pont-Sainte-Maxence  et  Lihus 
près  Crèvecœur.  La  rançon  fut  de  24,000  écus  d'or,  que  payèrent 
par  moitié  les  Parisiens  et  les  pays  où  étaient  situées  lesdites 
forteresses  '. 

A  peine  sorti  de  tutelle  •,  —  il  était  né  le  4  août  1337,  — 
Louis  de  Bourbon  ne  se  trouvait  pas  encore  en  mesure  de  pour- 
voir à  la  défense  et  à  la  libération  de  ses  domaines  héréditaires. 
Désormeaux  nous  apprend  toutefois  qu'il  se  comporta  vaillam- 

gnons  dedens,  qui  durement  travillièrent  et  cuvriièrent  depuis  le  bon  pays  de 
Vexin  et  de  Biauvoisis,  parmi  Taide  des  aultres  forterèches  qui  se  tenoient  nava- 
roises  là  environ,  Cray,  Le  Herielle  et  Mauconseil.  Et  estoit  tous  li  plas  pays  a 
yaus,  ne  nulz  n'aloit  au  devant  (t.  V,  p.  134).  » 

*  L'évacuation  de  Creil  est  déjà  présentée  comme  un  fait  accompli  dans  des 
lettres  de  rémission  délivrées  en  janvier  1360  (Archives  nationales,  J.  J.  90, 
no  365). 

«  S.  Luce,  Histoire  de  du  Guesclin,  p.  492  et  493.  Le  18  mars  1363  (n.  s.)  le  Par- 
lement ordonna  une  enquête  et  le  dépôt  des  compte  et  assiette  à  faire  pour  le  len- 
demain de  la  Trinité  dans  un  procès  intenté  par  le  sire  de  Flavy  aux  habitants  de 
Senlis,  auxquels  il  réclamait  une  somme  de  200  deniers  d*or  au  mouton  pour  le 
rachat  du  château  de  Clermont  et  d'autres  forteresses.  (Archives  nationales,  zi* 
17,  folio  375). 

'  Cette  tutelle  avait  été  confiée  au  moins  à  Torigine  à  Jacques  de  Bourbon, 
frère  de  son  père,  lequel  l'avait  mise  à  profit  pour  se  faire  envoyer  en  possession 
du  comté  de  la  Marche  et  de  la  chàtellenie  de  Montaigu  en  Combrailles  à  raison 
de  Tapanage  dont  Pierre  !•'  était  tenu  envers  lui.  1«'  décembre  1357.  Huillard- 
Bréholles,  en  donnant  l'analyse  de  l'acte  du  !«'  décembre  (no  2755),  ajoute  qu'il  fut 
plus  tard  considéré  comme  surpris  par  Jacques  à  son  neveu.  Le  comté  de  la 
Marche  n'en  resta  pas  moins  aux  héritiers  du  premier,  et  devait  par  eux  passer 
dans  la  maison  d'Armagnac;  seulement  il  fut  décidé  par  lettres  royales  du 
28  décembre  1371,  contrairement  aux  prétentions  de  Jean,  fils  de  Jacques,  que  ce 
n'était  pas  au  Roi  mais  au  duc  de  Bourbonnais  qu'en  revenait  l'hommage 
(Mss.  Fr.  20,082,  fo  3). 


Digitized  by 


Google 


LE  COMTÉ  DB  CLERMONT   EN   BEAUVAISIS.  9i 

ment  aux  côtés  de  son  beau-frère  le  Dauphin  Charles,  pendant  les 
années  qui  suivirent  la  défaite  de  Poitiers  et  où  ce  prince  eut  à 
lutter  à  la  fois  contre  les  ravages  des  grandes  compagnies  et 
contre  une  nouvelle  invasion  d'Edouard  III,  que  fit  échouer  la 
patriotique  résistance  des  populations. 

Le  traité,  dont  les  préliminaires  furent  signés  à  Brétigny  le 
8  mai  1360,  imposait  entre  autres  conditions  au  roi  Jean  une 
rançon  de  trois  millions  d'écus  d'or  ;  20  otages  choisis  parmi  la 
haute  noblesse  et  42  notables  devaient  se  constituer  pleiges  de 
son  complet  payement.  Le  jeune  duc  de  Bourbon  fut  au  nombre 
des  premiers  et  s'engagea  jusqu'à  concurrence  de  100,000  francs 
d'or.  Le  31  octobra  1360  il  s'embarqua  pour  l'Angleterre  «  et 
demoura,  nous  apprend  son  historien  S  en  cellui  hostaige,  à  ses 
propres  cousts,  frais  et  despens,  pour  son  souverain  seigneur, 
l'espace  de  sept  ans  complès,  montant  la  despense  la  somme  de 
quarante  mille  francs  passés,  sans  le  principal  qui  montait 
cent  mille  francs  d'or  ;  lesquels  cent  mille  francs  ses  pays  de 
Bourbonnais  et  de  Beauvoisin  payèrent  comptant,  avec  toute  sa 
despense  ;  car  en  ce  temps-là  le  roi  Charles  de  France  ...  avoit 
tant  à  faire  en  son  royaume,  tant  pour  les  esmotions  d'aucunes 
ses  communes,  appelés  Jacques  et  Maillets,  comme  pour  le  roi 
de  Navarre,  et  d'autres  grandes  compaignîes,  qui  lui  estoient 
contraires,  que  le  roi  n'avoit  peu  aidier  au  duc,  nonobstant  qu'il 
ot  espousée  sa  sœur  aisnée  à  femme.  » 

Si  Charles  V  s'était  trouvé  hors  d'état  de  libérer  son  beau- 
frère  vis-à-vis  du  trésor  anglais  *,  il  avait  néanmoins  cherché  à 
lui  créer  des  ressources  *.  C'est  ainsi  qu'en  1365  il  lui  avait 
octroyé  la  faculté  d'établir  un  marché  le  mardi   de  chaque 

^  La  Chroniqtœ  du  bon  duc  Loys  de  Bourbon^  par  Jehan  d'OrreTÎlle ,  dit  Cabaret, 
édition  de  la  Société  de  TUistoire  de  France^  1876,  p.  5. 

'  An  moment  du  départ  de  Louis  de  Bourbon  pour  l'Angleterre  il  avait  recouru 
à  un  procédé  anssi  expéditif  qu'arbitraire  pour  dégager  sa  situation  pécuniaire. 
Par  lettres  données  à  SaiotOmer  le  7  août  1360,  il  annula  et  révoqua  toutes  alié- 
nations de  biens  et  concessions  d'offices,  qui  avaient  pu  être  obtenues  par 
importunité  dudit  Louis,  quand  il  était  en  bas  Age,  et  ne  maintint  que  les  dons 
faits  avec  sa  propre  autorisation,  par  la  raison  qu'il  avait  alors  l'administration 
des  biens  de  son  beau-frère  (Huillard-Bréholles,  n«  2802.) 

>  Déjà  le  26  novembre  1358,  des  lettres  du  roi  (Archives  nationales,  J.  J.  86, 
no  601)  avaient  fait  don  au  comte  de  Clermont  de  toutes  les  forfaitures  échues  ou 
à  échoir  dans  l'étendue  de  son  comté  «  attendanz  les  griefs  pertes  et  dommages 
que  nostre  dit  frère  a  euz  à  cause  de  noz  guerres  et  par  especial  en  ycelle  conté 
de  Clermont,  de  laquelle  la  greigneur  partie  est  occupée  à  présent  par  les  diz 
ennemis.  » 


Digitized  by 


Google 


92  LE  COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 

semaine  à  Marseille,  doyenné  de  Montagne,  et  d'en  percevoir 
les  droits,  émoluments  et  profits  de  compte  à  demi  avec  Tévêque 
de  Beauvais,  qui  partageait  avec  lui  la  suzeraineté  dudit  lieu  *. 
Le  19  mai  1366,  pour  subvenir  à  la  défense  de  son  comté  de 
Clermont  menacé  par  l'approche  des  grandes  compagnies,  il  lui 
concéda  une  part  à  percevoir  sur  les  aides  ordonnées  audit 
comté  et  en  tout  le  diocèse  de  Beauvais,  telle  qu'il  l'avait  déjà 
accordée  du  reste  aux  autres  princes  de  son  sang  sur  les  terres 
qu'ils  tenaient  de  la  couronne*.  Cette  part  fut  arbitrée  au  tiers 
et,  suivant  mandement  adressé  le  2  septembre  1366  par  les 
généraux  élus  sur  le  fait  des  Aides  au  receveur  du  diocèse  de 
Beauvais,  dut  produire  mille  francs  d'or  en  trois  ans  (Huillard- 
BréhoUes,  n*»»  2946,  2962).  Même  somme  de  1,000  1.  lui  fut 
attribuée  le  11  avril  1369  sur  les  Aides  levées  au  comté  de  Cler- 
mont pour  la  délivrance  du  roi  Jean*.  (n)id.,  3099.) 

1  Dom  Grenier  a  inséré  dans  le  tome  LIV  de  sa  collection  (fo  41)  les  tcnncs  de 
raccord  intervenu  entre  Jean  de  Dormans,  évéque  de  Beauvais  et  le  duc  de 
Bourbon,  le  6  avril  1365,  au  sujet  du  tarif  des  droits  à  percevoir  sur  le  marché 
de  Marseille.  Ce  tarif  présente  un  certain  intérêt,  car  il  est  la  reproduction 
textuelle,  suivant  enquête  faite  par  les  Baillis  de  Beauvais  et  de  Clermont,  de  celui 
appliqué  (Tancienneté,  au  profit  des  Évoques,  dans  la  ville  de  Gerberoy,  grand 
entrepôt  au  moyen  âge  de  la  Picardie  et  de  la  Normandie.  Les  taxes  en  étaient 
ainsi  réglées  :  «  pour  marchandises  à  cheval,  3  mailles  ;  à  col,  1  denier.  Autant 
pour  les  mercbiers  qui  achètent  denrées  pour  gagner  soit  prou  ou  petit.  Maille 
pour  tout  ce  que  le  merchier  vend  à  tablette  ;  2  deniers  pour  les  draps  à  vendre 
pour  le  vendeur,  et  1  denier  pour  l'acheteur.  Item  ceux  qui  vendent  cauches 
(chausses)  ou  caperons  cousus  1  maille  pour  le  vendeur  et  autant  pour  Tacheteur. 
Item  un  mesguichier  doit  3  mailles  ;  un  boulangier^  3  mailles  ;  un  marchand  de 
solers  nuefs  3  mailles.  Item  les  candeliers  soit  sieu  (suif),  chh*e,  candelles,  oint, 
oille,  fer,  achier,  3  mailles.  Item  cuir  à  poil,  1  maille.  Item  poisson  de  mer, 
1  denier  ;  rien  pour  le  poisson  d'eau  douce.  Item  bouchers,  3  mailles.  Item  qui 
vend  sel,  pour  le  sel  1  denier.  Item  lantemiers  doivent  Tan  une  lanterne  ;  serru- 
riers, pour  l'an,  une  serrure.  Vendeurs  de  fauchilles,  pour  Tan,  une  fauchille. 
Item  boirier,  pour  Fan  une  boire.  Item  pos  de  terre,  s'acquittent  pour  un  pot  la 
journée.  Item,  écuelle  ou  plateau  de  même.  » 

*  De  même  en  1340,  les  nobles,  hauts  justiciers  et  habitants  des  bonnes  villes 
de  Vermandois  et  Picardie  ayant  octroyé  à  Philippe  VI  une  aide  extraordinaire 
pour  pourvoir  aux  frais  des  guerres  qu'il  avait  alors  à  soutenir,  celui-ci  avait 
abandonné  moitié  du  produit  au  duc  de  Bourbon  dans  l'étendue  de  son  comté 
(Archives  Ni«»,  X,  P  1362«,  n»  1105.)  Il  existe  aux  Archives  et  nous  reproduisons 
plus  loin  un  État  de  la  valeur  des  impositions  extraordinaires  levées  vers  le  milieu 
du  xive  siècle  au  comté  de  Clermont. 

s  Le  26  septembre  précédent,  les  généraux  trésoriers  sur  le  fait  des  Aides,  pour 
la  délivrance  du  feu  roi  Jean,  avaient  mandé  aux  grenetiers  d'Amiens  et  de  Beau- 
vais de  laisser  le  duc  de  Bourbon  prendre  sans  gabelle  six  charretées  de  sel  à  Abbe- 
ville  et  à  Noyelle  sur  la  mer  pour  le  ravitaillement  de  Clermont  en  Beauvaisis 
et  de  ses  autres  châteaux.  (Huillard-BréhoUes,  no  3070.) 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ  DE  CLERMONT   EN   BEAUVAISIS.  93 

A  cette  époque  et  depuis  quelque  temps  déjà  Louis  de  Bour- 
bon était  revenu  en  France  et  avait  repris  l'administration  de 
ses  domaines  patrimoniaux'.  Sa  captivité  n'avait  pas  du  reste 
fait  obstacle  à  ce  qu'il  passât  plusieurs  fois  sur  le  continent  à  la 
faveur  de  saufs-conduits.  C'est  ainsi  qu'en  1364  il  avait  assisté 
au  sacre  de  son  beau-frère  Charles  V,  et  que  le  24  février  1366 
il  put  rendre  à  l'évêque  de  Beauvais  les  foi  et  hommage  réservés 
par  les  Lettres  de  saint  Louis. 

Le  5  mai  1370,  Louis  II  fut  nommé  lieutenant  général  par 
le  roi  avec  pleins  pouvoirs  au  pays  de  Picardie  par  delà  la  rivière 
de  Somme  et  au  pays  de  Caux  par  deçà  la  rivière  de  Seine.  Le 
19  août  de  Tannée  suivante  1371,  il  épousa  à  Ardes  en  Auvergne 
sa  cousine  issue  de  germain  Anne  *,  enfant  unique  du  premier 
mariage  de  Béraud  II,  Dauphin  d'Auvergne,  comte  de  Clermont, 
sire  de  Mercœur,  avec  Jeanne  de  Forez,  morte  le  17  février  1366, 
qui  était  fille  elle-même  de  Guignes  VIII  et  de  Jeanne  de 
Bourbon.  Le  traité  de  ce  mariage  avait  été  signé  dès  le  4  juillet 
1368  à  Montbrison,  et  la  dot  de  la  future  épouse  avait  compris 
tout  ce  qui  lui  reviendrait  dans  le  comté  de  Forez,  la  terre  de 
Roannais  et  la  châtellenie  de  Thiers.  (Huillard-BréhoUes, 
n*  3065.)  Ce  n'étaient  pas  les  seuls  biens  qu'Anne  dut  apporter 
à  son  mari.  Ses  oncles  maternels  Louis  I"  et  Jean  II  étant 
décédés  sans  postérité,  le  comté  de  Forez  échut  à  leur  mère 
Jeanne  de  Bourbon,  laquelle,  par  acte  du  15  février  1382,  en  fit 
donation  à  sa  petite-fille  *.  Celle-ci  hérita  en  outre  de  la  sei- 


1  Suivant  d'Orreville  {Chronique,  p.  6),  Louis  II,  en  débarquant  en  France, 
«  amena  ung  grant  chevalier  d'Angleterre,  appelé  messire  Hue  de  Carvelay,  à 
Clermont  en  Beauvoisin,  et  là  demoura  le  duc  l'espace  de  deux  mois,  pour  payer 
aucuns  restes,  qu'il  devoit  encores  en  Angleterre.  »  H  partit  ensuite  pour  son 
duché  de  Bourbonnais  où,  arrivé  à  Moulins,  il  institua  l'ordre  célèbre  de  l'Écu  d'or. 
(Ibidem,  chap.  m.)  Au  xvii«  siècle  on  voyait  encore  au  chÂteau  de  Clermont  en 
Beauvaisis,  nous  apprend  le  P.  Menestrier,  l'écu  d'or  représenté  en  plusieurs 
endroits,  sur  Vécu  une  bande  de  perles  où  il  y  avait  écrit  Allen  (tout  ou  tous). 

*  Anne  écartelait  ses  armes  partie  du  Forez  :  de  gueules  au  Dauphin  cfor  crété 
et  oreille  de  gueules,  et  partie  du  Dauphiné  d'Auvergne  :  d^or  au  Dauphin  d'azur 
crété  et  oreille  d'argent. 

*  La  donation  était  également  faite  à  Louis  II,  qui,  dès  le  mois  de  mai  1370, 
avait  racheté,  moyennant  30,000  1.  t.  d'or,  au  duc  d'Anjou  les  droits  qu'il  pré- 
tendait sur  ce  comté  à  titre  tant  de  donataire  que  d'acquéreur  de  Renaud^  comte 
de  Forez,  son  oncle.  (Lamure,  t.  III.)  Le  23  août  1400,  Louis  II  ajouta  à  ses  pos- 
sessions du  Forez  la  baronnie  du  Beaujolais  et  partie  de  la  Bombes  par  cession 
d'Edouard  II,  dernier  héritier  mâle  de  la  maison  de  Beaujeu.  Il  acquit  le  surplus 
de  la  Dombcs  avec  Trévoux,  sa  capitale,  d'Humbert  VII,  en  1402. 


Digitized  by 


Google 


94  LE  COMTÉ   DE  CLERMONT  EN   BEÂUVAISIS. 

gneurie  ou  baroanie  de  Mercœur  du  chef  du  comte  Béraud  son 
père  '. 

2.  La  vie  du  troisième  duc  de  Bourbon  a  été  écrite  en  1429  par 
Jean  d'Orreville,  dit  Cabaret,  sur  Tordre  de  Charles  de  Cler- 
mont^  son  petit-fils.  Ce  n'est  ni  une  véritable  chronique,  ni  une 
histoire,  nous  apprend  son  dernier  éditeur,  M.  Chazaud,  mais 
plutôt  un  essai  de  panégyrique  officiel,  une  sorte  de  cyropédie 
française  du  xv*  siècle,  dont  Tauteur  se  montre  aussi  peu  sou- 
cieux que  son  devancier  athénien  de  tout  ce  qui  n'est  pas 
absolument  personnel  à  son  héros,  et  aussi  empressé  que  lui  à 
célébrer  dans  son  prince  l'exemple  et  le  modèle  de  tous  les 
talents  et  de  toutes  les  vertus.  (Édition  de  la  Société  de  l'Histoire 
de  France.  Introduction,  p.  xxj.) 

Nous  n'avons  pas  l'intention  d'en  donner  ici  même  le  résumé. 
Nous  laisserons  également  de  côté  les  pages  intéressantes,  que 
M.  de  Chantelauze  dans  son  édition  de  Lamure  a  consacrées  à 
Louis  II,  premier  comte  de  Forez  de  la  maison  de  Bourbon. 
Nous  voici  arrivé,  en  effet,  à  ce  que  nous  avons  annoncé,  en 
commençant,  comme  l'objet  principal  de  cette  étude,  au  Dénom- 
brement du  comté  de  Clermont  en  Beauvaisis,  rendu  en  exécu- 
tion des  Lettres  royales  données  par  Charles  V  à  Vincennes  ,  le 
20  novembre  1371,  c'est-à-dire  quelques  mois  après  le  mariage 
du  duc  de  Bourbon  et  d'Anne  dauphine  d'Auvergne.  Le  lecteur 
trouvera  bon  toutefois  qu'avant  d'en  aborder  l'analyse  nous  rela- 
tions encore  ici  brièvement  les  actes  postérieurs  de  Louis  II 
concernant  Clermont,  d'autant  plus  que  ce  prince  devait,  sur  la 
fin  de  sa  vie,  apporter  aux  conditions  constitutives  de  son  apa- 
nage une  dérogation  profonde,  et  qui  fut  l'origine  du  fatal  procès 
engagé  au  xvi®  siècle  entre  Louise  de  Savoie  et  le  connétable  de 
Bourbon. 

En  1375  *,  Charles  V  était  à  Clermont  et  y  promulgua  une 

*  De  son  mariage  avec  Margaerite  de  Sancerre  Béraad  avait  eu,  entre  autres 
enfants,  Béraud  IV,  qui  lui  succéda  dans  le  Dauphine  d'Auvergne  et  le  comté  de 
Clermont,  seigneuries  que  sa  fille  et  héritière  Jeanne  devait  porter  à  Louis  de 
Bourbon  comte  de  Montpensier. 

*  La  Cour  semble  avoir  séjourné  assez  fréquemment  à  cette  époque  sur  les 
bords  de  l'Oise,  sans  doute  à  l'occasion  des  travaux  de  construction  que  Charles  V 
faisait  alors  dans  sa  nouvelle  propriété  de  Creil,  dont  le  château  devait  si  long- 
temps abriter  la  démence  de  son  éls,  car  Uuillard-BréhoUes  mentionne  à  la  date 
du  7  novembre  1375  un  acte  par  lequel  Jeanne,  reine  de  f  rance,  déclare  que 
rhdtel  de  l'Épée,  où  elle  est  logée  à  Verberie,  appartient  à  son  frère  le  duc  de 
Bourbon  et  qu'elle  ne  veut  rien  entreprendre  sur  ses  droits. 


Digitized  by 


Google 


LB   COMTÉ  DE  CLERMONT   EN   BEAUVÂISIS.  95 

ordonnance  portant  que  lorsque  le  jugement  rendu  par  les  vas- 
saux du  comté,  qui  h  cause  de  leurs  fiefs  étaient  tenus  de  rendre 
la  justice,  serait  cassé,  ils  ne  pourraient,  au  lieu  de  la  responsa- 
bilité qu'ils  encouraient  précédemment,  être  condamnés  qu'à 
une  amende  de  60  1.  et,  qu'au  contraire,  lorsque  le  jugement 
serait  confirmé,  les  appelants  paieraient  une  amende  égale  qui 
serait  partagée  entre  les  juges.  (  Ordonnances  des  Rois  de 
France,  t.  VI,  p.  142.) 

Le  26  février  1377  (n.  st.)  il  abandonna  à  son  beau-frère  le 
quint  denier,  que  celui-ci  devait  au  Trésor  à  raison  de  la  vente 
que  Tristan  de  Maignelers,  chevalier ,  seigneur  dudit  lieu ,  de 
Montigny  et  de  Coivrel,  venait  de  lui  faire,  le  31  janvier  précé- 
dent, moyennant  mille  francs  d'or,  d'une  rente  annuelle  et  per- 
pétuelle de  cent  livres  tournois  hypothéquée  sur  le  châtel  de 
Maignelay  ^  ses  appartenances  et  dépendances  tant  domaines 
que  justice  et  seigneurie,  ladite  rente  érigée,  en  outre,  pour 
l'acquéreur  en  fief  relevant  directement  du  roi.  (Arch.  nat., 
P.  1369',  n'  1736).  Tristan  de  Maignelers  ou  de  Maignelay, 
grand  échanson  de  France,  était  alors  dans  de  mauvaises  affaires 
pécuniaires  ;  fait  prisonnier  à  Poitiers  il  avait  dû  pour  le  paie- 
ment de  sa  rançon,  aliéner  ou  engager  la  plupart  de  ses  terres. 
A  sa  mort  (1378),  le  duc  de  Bourbon,  créancier  privilégié,  parait 
être  devenu  adjudicataire  de  Maignelay,  dont  il  rendit  foi  et 
hommage  au  roi  le  10  mars  1379  (Huillard-Bréholles,  n*"  3414). 
Toutefois  la  prise  de  possession  ne  fut  pas  définitive;  car 
après  de  longs  incidents  judiciaires ,  cette  terre  dégagée  par 
Charles  VII  en  faveur  d'Antoinette  de  Maignelay,  cousine  et 
émule  d'Agnès  Sorel,  lui  fut  constituée  en  dot  lorsque  le  mo- 
narque la  maria  en  14S0  à  André  baron  de  Villequier,  premier 
gentilhomme  de  la  Chambre  '. 

Revenant  à  Louis  II  de  Bourbon  nous  le  trouvons  en  1378 
recevant  du  roi  un  don  nouveau  et  considérable.  La  chàtellenie 
de  Milly,  dans  la  mouvance  de  Bulles,  dont  elle  constituait  l'ar- 
rière-fief  le  plus  important,  était  passée  vers  le  milieu  du  xrv^ 
siècle,  avec  la  main  de  Jeanne ,  héritière  de  l'ancienne  maison 


^  Doyenné  de  Ressons,  aujourd'hui  chef-lieu  de  canton  de  rarrondissement  de 
Clermont. 

•  Voir  Graves,  Précis  statistique  du  canton  de  Maignelay,  p.  47-48  et  P.  Anselme, 
Histoire  généalogique  des  grands  officiers  de  la  couronne. 


Digitized  by 


Google 


96  LE   COMTÉ   DE   CLERJfONT   EN    BEAUVAISIS. 

de  ce  nom,  à  N. . .  de  Picquigny ,  seigneur  de  Fluy .  Ce  seigneur  — 
parent,  peut-être  frère  de  Jean  de  Picquigny,  Tàme  damnée  du 
roi  de  Navarre  qui  lui  dut  sa  délivrance  de  la  prison  d'Arleux 
(novembre  1357),  le  possesseur  de  la  redoutable  forteresse  de  la 
Hérelle  d'où  il  mit  si  longtemps  à  contribution  tous  les  pays 
d'alentour,  —  eut  deux  fils,  dont  lalné  Robert  suivit  également  le 
parti  de  Charles  le  Mauvais,  et  s'en  montra  à  tel  point  l'adhé- 
rent et  le  conseiller  dévoué  qu'en  1378,  lorsqu'éclata  entre  ce 
prince  et  Charles  V  une  guerre  nouvelle,  il  fut  déclaré  coupable 
de  lèse-majesté  et  condamné  à  la  confiscation  de  tous  ses  biens, 
n  avait,  conmie  aîné,  hérité  des  deux  tiers  de  la  chàtellenie  de 
Milly.  Des  lettres  patentes  du  22  juillet  1378  (Arch.  nat.,  F  1364', 
n«  1332  et  Ms.  fr.  20,082,  f*  S69)  attribuèrent  ces  deux  tiers,  dont 
le  revenu  était  évalué  à  huit  cents  livres  de  terres  parisis,  au  duc 
de  Bourbon  qui  venait  précisément  alors  de  diriger  avec  Dugues- 
clin  une  expédition  heureuse  contre  les  troupes  navarraises  et 
les  forteresses  qu'elles  occupaient  en  Normandie  *.  Celui-ci  con- 
serva quelques  années  seulement  entre  ses  mains  le  domaine 
qui  lui  était  ainsi  concédé.  Le  10  juillet  1389  il  en  fit  don  à 
Renaud  de  Roye,  chambellan  du  roi  ;  une  clause  toutefois  de 
l'acte  de  donation  réservait  le  droit  de  retour ,  en  cas  d'extinc- 
tion de  la  postérité  du  donataire,  et  eUe  ne  devait  pas  tarder  à 
recevoir  son  application.  Le  dernier  tiers  de  la  chàtellenie  était 
demeuré  à  Renaud  de  Picquigny,  second  fils  de  Jeanne  de 
Milly.  n  le  légua  à  sa  femme  Isabelle  de  Neuville  qui  le  trans- 
mit à  son  fils  d'un  premier  lit  Jacques  de  Bouflers,  dont  les  des- 
cendants s'en  trouvaient  encore  possesseurs  dans  le  courant  du 
xviu*  siècle  '.  Ce  fut  Renaud  de  Picquigny  qui,  de  concert  avec 
Isabelle  de  Ferrières,  veuve  du  sire  de  Roye,  abolit  les  droits  de 
servitude,  mortemainet  formariage  qui  pesaient  encore  sur  une 

^  Les  lettres  avaient  eu  soin  de  stipuler  qu'au  cas  où,  par  suite  d'un  traité  ou 
pour  tout  autre  cause  justifiée  par  Tintérèt  du  royaume,  Milly  viendrait  à  être 
restitué  à  Robert  de  Picquigny,  aucune  indemnité  ne  serait  due  à  Louis  de 
Bourbon.  Charles  VI,  le  12  décembre  4380,  confirma  le  don  de  la  terre  de  Milly  à 
son  oncle,  au  nom  duquel  Wiet-Questel,  sergent  royal  au  bailliage  de  Senlis,  en 
prit  possession  et  saisine  le  26  du  même  mois.  (Huillard-Bréholles,  n»  3467.) 

*  Voyez  un  État  des  fiefs  tenus  du  comté  de  Qermont  avec  la  suite  des  pos- 
sesseurs desdits  fiefs,  depuis  1373  jusqu'en  Tan  1500,  dressé  par  M*  Jean  Dargilliére, 
greffier  juré  du  bailliage.  Archives  de  TOise,  E  39.  Un  échange,  conclu  le  21  sep- 
tembre 1699  entre  le  roi  et  le  duc  de  Boufflers,  mit  ce  dernier  en  possession  de 
la  totalité  de  la  chàtellenie  de  Milly. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS.  97 

partie  de  la  population  de  Milly,  laquelle  s'en  affranchit  moyen- 
nant vingt  livres  de  terre  par  an  au  parisis.  La  charte,  que  Louvet 
a  reproduite  in  extenso  dans  son  Histoire  de  la  ville  et  cité  de  Beau- 
vais  (p.  594-599),  est  datée  du  17  novembre  1400  et  revêtue  de 
l'approbation  de  Louis,  duc  de  Bourbon,  tant  en  son  nom  per- 
sonnel que  comme  ayant  le  gouvernement  de  son  fils  aîné  Jean, 
lors  comte  de  Clermont^ 

Renaud  de  Roye  n'avait  pas  été  le  seul  à  ressentir  les  effets 
de  la  munificence  de  Louis  IL  En  février  1377,  ce  prince  avait 
donné  à  messire  Hutin  Le  Baveux,  son  chambellan,  et  qui 
devait  être  l'un  de  ses  exécuteurs  testamentaires,  l'usufruit  de 
ses  terres  et  châtels  de  FranconviUe-au-Bois  et  de  Baillet  en 
France.  Au  mois  de  février  1382  (n.  st.),  en  considération  de 
son  mariage,  il  lui  conféra  ainsi  qu'aux  hoirs  descendants  de 
son  corps  *  la  pleine  propriété  desdites  terres,  à  charge  de  les 
tenir  en  fief,  et  d'en  être  son  homme.  (Huillard-Bréholles, 
n®  3494.)  Dès  lors  l'hommage  de  Franconville  et  de  Baillet  fut 
porté  au  comté  de  Clermont,  et  c'est  pourquoi  nous  avons  cru 
devoir  placer  à  la  suite  de  l'analyse  du  dénombrement  de  1373 
un  État  en  brief  des  revenu  et  valeur  des  deux  seigneuries,  que 
nous  ont  fourni  les  Archives  nationales. 

Ce  fut  le  16  septembre  1380  qu'une  mort  prématurée  enleva 
la  couronne  à  Charles  V  pour  la  faire  passer  sur  la  tête  de  son 
fils,  à  peine  âgé  de  onze  ans,  et  dont  le  règne  devait  être  une  des 
plus  douloureuses  périodes  de  l'Histoire  de  France.  Le  testa- 
ment du  monarque  défunt  attribuait  aux  ducs  de  Bourbon  et  de 
Bourgogne  la  garde  et  la  tutelle  du  jeune  roi  ;  naais  ils  durent 
les  partager  avec  le  duc  d'Anjou.  Devenu  majeur,  Charles  VI 
conserva  son  oncle  maternel  seul  des  princes  du  sang  dans 
ses  conseils,  et  lorsqu'une  cruelle  maladie  (août  1392)  l'eut  forcé 
à  remettre  en  d'autres  mains  l'administration  de  son  royaume, 
il  voulut  que  celui-ci  continuât  à  y  prendre  la  principale  part. 

1  Louis  avait  donné  son  approbation  à  double  titre^  en  qualité  de  suzerain  et 
à  raison  des  droits  qu'il  tenait  de  Tacte  du  iO  juillet  1389.  Un  arrêt  du  26  mars 
1395,  cité  par  Bosquillon,  lui  avait  attribué  la  connaissance  des  nobles  de  la  chft- 
tellenie»  à  l'exclusion  du  seigneur  de  Milly. 

'  Cette  réserve  ne  fut  pas  aussi  profitable  au  domaine  du  comté  que  celle  insérée 
dans  la  donation  relative  à  Milly.  Au  xviii*  siècle  les  deux  seigneuries  apparte- 
naient encore  à  la  famille  d'O,  qui  descendait  par  les  femmes  du  premier  dona- 
taire. 


Digitized  by 


Google 


98  LB  COMTÉ   DE   CLBRMONT   EN   BEACYAISI^. 

Entre  temps  le  duc  de  Bourbon  avait  dirigé  outre  mer  une 
expédition  que  le  dernier  historien  des  princes  de  Condé  relate 
en  ces  termes.  Louis  II  de  Bourbon ,  surnommé  la  fleur  des  che- 
valiers, élève  et  compagnon  de  Duguesclin,  passait,  dit  M.  le 
duc  d'Aumale  (t.  I,  p.  10),  pour  un  des  plus  grands  princes  de 
son  temps.  Sa  renommée  était  telle  que  les  Génois,  voyant  leur 
commerce  ruiné  par  les  Barbaresques,  s'adressèrent  à  lui  pour 
les  délivrer  de  ces  pirates.  Dans  une  expédition  brillante ,  orga- 
nisée à  ses  frais,  le  duc  après  avoir  débarqué  à  Carthage,  aux 
lieux  illustrés  par  la  mort  de  son  saint  aïeul,  battit  les  rois  de 
Tunis  et  de  Bougie,  leur  imposa  une  paix  honteuse  et  fit  mettre 
en  liberté  tous  les  captifs  ;  puis,  à  son  retour,  il  s'empara  de 
Cagliari  et  détruisit  la  flotte  arabe  (1390). 

Lorsqu'il  avait  été  préposé  à  la  garde  du  roi,  le  duc  de  Bour- 
bon, «  voyant  qu'il  le  fallait  remanoir,  se  pensa,  nous  apprend 
d'Orreville,  de  mectre  ordonnance  en  ses  pays,  et  que  ad  ce 
convenoitung  chevalier  saige,  qni  représentast  sa  personne  au 
gouvernement  de  ses  pays.  »  Il  fit  choix  d'un  nivernais  le  sire 
de  Norris  dont  la  longue  administration  fut,  en  effet,  très-profi- 
table à  son  maître,  si  l'on  en  juge  par  les  accroissements  que 
reçurent  alors  tous  ses  domaines  et  notamment  celui  de  Cler- 
mont  \  dont  nous  nous  occupons  seul  ici. 

Le  4  novembre  1392,  Jean  P',  comte  d'Auvergne  et  de  Bou- 
logne, vendit  au  duc  de  Bourbon  la  terre  et  chàtellenie  de 


*  Ce  fut  le  sire  de  Norris  que  le  duc  chargea  en  1383  d'aller  à  Qermont  apaiser 
un  mouTement  populaire,  qui  paraît  8*être  relié  à  ceux  qui  agitaient  alors  le  nord 
de  la  France.  «  Et  quant  le  sire  de  Norris  fut  à  Paris,  le  duc  de  Bourbon  lui  dit 
qu'il  aToit  faite  bonne  diligence  de  lui  amener  ses  gens,  a  mais  quant  est  de  vous 
qui  estes  ici,  je  en  sui  bien  liez,  car  on  m'a  tant  rapporté  en  bien  de  vos  œuvres, 
qu'il  m'en  est  moult  bel.  Cependant  de  présent  vous  ne  pouvez  venir  avecques 
moi.  Car  j'ai  sentu  une  grande  rumonr  que  il  y  a  à  Qermont  en  Beauvoisin,  ou 
en  celle  part  convient  que  vous  alliez,  et  que  vous  prengniez  de  mes  gens  pour 
estre  bien  accompaigné  xzv  ou  trente^  car  vous  savez  que  ceulx  de  Beauvoisin 
sont  voulentiers  coustumiers  de  faire  mal  et  mouvoir  quelque  rébellion,  et  voyez 
que  ceste  ville  de  Paris  se  murmure  en  tout  mal,  et  ont  jà  les  Flamens  cbacié  leur  sei- 
gneur le  conte,  qui  est  bien  taillé  de  tout  perdre,  si  le  roi  ne  se  haste  de  aller  le 
secourir.  Et  sont  alliés  ceulz  de  Flandres  ensemble  ceulx  de  Paris,  qui  est  com- 
mune renoDunée.  »  Et  sur  ce  s'en  alla  le  sire  de  Norris  par  le  commandement  de 
son  maistre  en  Beauvoisin  à  grant  regret  de  le  laisser,  qui  par  son  sens  apaisa 
les  gens  d'icelle  contrée,  et  tant  par  justice  comme  par  doulces  paroles,  les 
mit  en  la  bonne  grftce  et  obéissance  du  duc  de  Bourbon,  leur  seigneur.  »  La 
Chronique  du  bon  duc  Loys  de  Bourbon,  C.  LIV. 


Digitized  by 


Google 


LE  COBfTÉ   DE   CXERMONT   EN   BEACVAISIS.  99 

Remin  ou  Remy  en  Beauvaisis.  Cette  châtellenie ,  on  s'en  sou- 
vient ,  avait  formé  la  dot  de  Blanche ,  fille  aînée  de  Robert , 
comte  de  Clermont,  lorsqu'elle  avait  épousé  en  1303  Robert  VII 
dit  le  Grand,  comte  d'Auvergne  et  de  Boulogne,  et  sa  posses- 
sion, contestée  pendant  près  d'un  demi-siëde  entre  les  maisons 
de  Boiu'bon  et  d'Auvergne,  venait  d'être  définitivement  attri- 
buée à  la  seconde  par  arrêt  du  Parlement  du  21  mars  1379  *. 

Deux  ans  avant  cette  acquisition,  laquelle  comprit  également 
les  fiefs  de  Sacy-le-Grand  qui  avaient  fait  le  partage  de  Jean  de 
Clermont,  baron  de  Charolais,  et  qu'il  avait  transmis  à  sa  fiUe, 
femme  de  Jean,  comte  d'Auvergne  et  de  Boulogne  (Ms.  fr., 
25,220)  avait  eu  lieu  celle  du  fief  Barbançon  à  Hermès.  Jean  de 
Ligne  en  était  possesseur  du  chef  de  sa  femme  Eustache  de 
Barbançon;  il  le  céda  en  1390  au  duc  de  Bourbon  qui  devait  en 
faire  donation  au  mois  de  novembre  1402  à  l'abbaye  de  Froid- 
mont,  pour  la  fondation  d'une  messe  quotidienne  au  mattre- 
autel  et  de  deux  anniversaires  par  an.  (Ms.  fr.  25,220  et  Dela- 
dreue.  Notice  sur  ^abbaye  de  Froidmont.) 

1  Vidimas  délivré  le  5  juillet  4392.  -  Archives  nationales,  P  1463*,  n»  1094.  On 
voit  par  les  considérants  de  Tarrét  du  21  mars  que  la  seigneurie  de  Rémy  se 
composait  de  deux  fiefs.  L*un  était  sans  doute  celui  que  Gaucher  de  Chàtillon 
avait  délaissé  au  roi  en  mars  1245.  L'autre,  beaucoup  plus  considérable  puisquMl 
comprenait  trois  parties  de  tous  les  revenus,  droits  et  profits,  avait  été  vendu 
par  Amaury  de  Montfort,  clerc,  à  Robert  comte  de  Clermont  ;  mais  Raoul  de 
Clermont-Nesle,  connétable  de  France,  en  avait  opéré  le  retrait  lignager  et  sa 
fille  Alix,  épouse  de  Guillaume  de  Flandres,  Tavait  constitué  en  dot  à  sa  fille 
atnée  Marie  lorsque  celle-ci  était  devenue  la  seconde  femme  de  Robert  VII,  comte 
d'Auvergne  et  de  Boulogne,  dont  elle  eut  Jean  !«'  qui  devint  possesseur  des  deux 
comtés  en  1361  à  la  mort  de  Philippe  duc  de  Bourgogne.  V.  Huillard-Bréholles, 
vfi  1522,  la  procuration  donnée  le  29  mars  1319  (n.  st.)  par  Alix  dame  de  Nesles  à 
Gilles  de  Laval,  chevalier,  pour  requérir  Louis,  comte  de  Clermont,  de  recevoir 
en  sa  foi  et  hommage,  Robert,  comte  de  Boulogne  et  Marie  de  Flandres^  sa 
femme^  pour  tout  le  fief  que  ladite  dame  tient  à  Rémy  du  comté  de  Clermont,  et 
qu^elle  entend  transporter  ti  sa  fille  et  à  son  gendre.  A  la  mort  de  Robert  VII, 
le  fils  issu  de  son  mariage  avec  Blanche  de  Clermont,  Guillaume  XII  avait  assis  le 
douaire  de  sa  belle-mère ,  ainsi  que  Tapanage  de  son  fk^re  consanguin,  sur 
diverses  terres  et  entre  autres  sur  la  part  de  Rémy  qui  lui  appartenait  du  côté 
maternel.  Louis  !•'  de  Bourbon  avait  fait  opposition  à  cette  assignation  qui  lui 
semblait  compromettre  ses  droits  éventuels  de  réversion  et  elle  avait  été  révo- 
quée. Mais  Jeanne,  comtesse  de  Boulogne  et  d'Auvergne,  fille  de  Guillaume,  et 
Philippe  de  Bourgogne,  son  époux,  Tavaient  renouvelée  avec  l'approbation  du  Roi, 
et  Louis  II  de  Bourbon,  ayant  repris  l'instance  en  1363,  se  trouva  d'autant  plus 
débouté  par  l'arrêt  du  21  mars  1379,  qu'il  fut  établi  que  Jeanne  de  Clermont, 
femme  de  Jean  I«',  comte  d'Auvergne  et  de  Boulogne,  se  trouvait  la  plus  proche 
héritière  collatérale. 


Digitized  by 


Google 


100  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISÏS. 

En  1394,  le  sire  de  Norris  entreprit  sur  le  territoire  de  Reuil- 
sur-Aré,  au  lieu  ditCressy,  la  construction  d'un  étang  qui  ne 
devait  pas  être  de  moindre  étendue  que  celui  de  Gouvieux*.  (D'Or- 
reville,  c.  lviii.)  Cette  entreprise  ne  put  toutefois  s'accomplir 
sans  difficultés.  Raoul  de  Flavy  y  fit  opposition  et  ne  se  désista 
que  lorsqu'une  sentence  arbitrale  du  17  juin  lui  eut  attribué  un 
dédommagement  sur  la  terre  de  RonqueroUes,  qu'à  une  époque 
indéterminée,  mais  antérieure  au  dénombrement  de  1373,  le  duc 
de  Rourbon  avait  acquise  d'un  nommé  Jean  Paix  est  bonne, 
auquel  l'avait  vendue  Rillebault  de  Trie,  seigneur  de  Fresnes. 
(Mss.  20,082,  P  79.)  Il  fallut  de  même  en  1407  (contrat  du  10 
juillet)  acheter  de  Guillaume  de  Lieuvillers  dit  le  Resgue  et  de 
Jeanne  de  Campremy  les  droits  que,  comme  seigneurs  d'Airion, 
ils  prétendaient  sur  le  nouvel  étang  de  Crécy  \ 

La  châtellenie  de  Rulles  appartenait  par  indivis  depuis  la  fin 
du  xii°  siècle  aux  maisons  de  MeUo  et  de  Gonti.  Elle  était  la 
seigneurie  sans  contredit  la  plus  considérable  du  Glermontois 
tant  à  raison  de  ses  domaines  propres  que  de  ses  mouvances. 
Aussi  les  comtes  n'eurent-ils  garde  de  négliger,  dès  qu'elle  leur 
fut  offerte,  l'occasion  d'en  devenir  propriétaires.  Graves  nous 
SL^^^rend  {Précis  statistique  y  p.  66)  que  de  1340  à  1398  ils  l'ac- 
quirent par  portions  détachées.  Toutefois  l'opération  n'était 
guère  avancée  encore  en  1373,  ainsi  qu'en  fait  foi  le  dénombre- 
ment, où  le  duc  de  Rourbon  ne  figure  à  l'article  de  Rulles  que 
pour  un  fief  de  peu  d'importance.  Du  reste,  bien  que  l'ac- 
quisition de  la  totalité  soit  certaine',  nous  n'avons  trouvé  la 
mention  expresse  que  d'un  seul  acte  (Dom  Grenier ,  t.  CXCVI), 
celui  du  6  novembre  1398  par  lequel  David,  sire  et  Rer  d'Auxy, 
vendit  à  Louis  II  le  quart  de  Rulles  avec  la  seigneurie  de 
Moyenneville  pour  la  somme  de  1,100  livres  de  la  monnaie 
courante  alors  à  compter  un  écu  d'or  à  la  couronne  du  roi 


*  Ms.  Fr.  25,220  et  Archives  nationales,  P  1285.  Inventaire  des  titres  du  duc  de 
Bourbonnais  conservés  à  Moulins,  dressé  par  Jehan  d'Argillière,  escuyer  esleu 
de  Clermont  pour  le  roi  notre  sire  et  receveur  général  du  comté  de  Qermont 
en  Beauvoisis  en  1501.  —  L'étang  de  Crécy  n'existe  plus  aujourd'hui,  il  a  été 
desséché  dans  le  courant  du  xviu*  siècle. 

*  Dans  l'État  des  fiefs  tenus  du  comté  de  Clermont,  dressé  par  d'Argillière 
en  1500  (Archives  de  l'Oise,  E  39),  on  trouve  à  la  suite  de  l'énumération  des 
divers  fiefs  formant  le  domaine  de  Bulles,  qu'ils  appartiennent  à  Ma^  le  comte 
et  sont  réunis  à  sa  table. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT    EN   BEAUVAISIS.  101 

pour  22  SOUS  6  deniers  tournois  pièce.  Le  sire  d'Auxy  avait  agi 
dans  cette  circonstance  à  un  double  titre,  en  son  nom  personnel 
comme  héritier  de  son  aïeule  Marie  d'Encre,  dame  de  Bulles  en 
partie  et  de  Monceaux,  et  au  nom  de  sa  femme  Marguerite  de 
La  Trémoille,  dont  la  mère  était  de  la  maison  de  Mello. 

En  même  temps  qu'il  assurait  la  réunion  au  domaine  de  Cler- 
mont  de  la  châteUenie  de  Bulles,  le  vigilant  administrateur  de 
ce  domaine,  le  sire  de  Norris  négociait  une  autre  cession  non 
moins  importante,  celle  de  la  châtellenie  de  la  Hérelle  qui  valait 
six  cents  livres  de  rente.  (D'Orreville,  c.  lviii.)  Du  terrible  capi- 
taine navarrais  Jean  de  Picquigny,  qui  y  trépassa  vers  1360 
étranglé,  suivant  Froissart,  par  son  chambellan,  elle  était  échue 
à  sa  fille  Marguerite,  femme  de  Hugues  de  Melun,  seigneur 
d'Antoing  et  d'Epinoy.  Leur  fille  et  héritière  Isabelle  se  maria 
deux  fois.  Elle  épousa  d'abord  Robert  de  Namur  puis  Bertrand, 
seigneur  de  la  Bouverie.  Ce  fut  de  concert  avec  ce  dernier  que 
le  5  février  1399  (1400)  elle  vendit  au  duc  de  Bourbon  les  châ- 
teau et  seigneurie  de  la  Hérelle,  avec  toutes  leurs  appartenances 
et  dépendances.  (Inventaire  d'Argillière  et  Lamure  *.) 

3.  Si  le  comté  de  Clermont  avait  reçu  les  accroissements  con- 
sidérables que  nous  venons  de  dire,  Louis  II  avait  été  par  contre 
obligé  de  renoncer  à  Tespoir  qu'il  avait  quelque  temps  nourri 
d'y  rattacher  la  châtellenie  de  Creil  *.  Cette  châtellenie,  dot  de 

•  La  Hérelle,  dit  M.  Graves  {Précis  statistique  sur  le  canton  de  Breteuily  p.  72), 
était  dans  Torigine  un  domaine  royal,  dont  Philippe-Auguste  fît  présent  en  1199 
à  Barthélémy  de  Roye,  chambrier  de  France.  Alix  de  Roye,  sa  fille  atnée,  apporta 
cette  seigneurie  en  dot  en  1214  à  Raoul  de  Nesle,  seigneur  de  Flavy,  de  la  maison 
duquel  elle  passa  dans  celle  de  Picquigny  par  le  mariage  de  Béatrix  de  Nesle 
avec  Ferry  de  Picquigny,  seigneur  d'Ailly-sur-Somme.  La  châtellenie  de  la  Hérelle 
relevait  de  Montdidier  et  était  de  son  ressort  jucyciaire.  Comme  depuis  l'acquisi- 
tion de  1399  elle  ne  cessa  de  suivre  la  fortune  du  comté  de  Clermont,  nous  avons 
cru  intéressant  d'indiquer  ici  d'après  Dom  Grenier  (t.  CXVIll),  l'état  de  ses  mou- 
vances au  XY II 10  siècle.  18  fiefs  en  relevaient,  savoir  :  les  fîefs  de  BoulainviUiers, 
de  Malcroissant,  d'Argenlieu,  du  Hamel,  de  Nédonchel,  de  Portemer,  de  Neuf- 
Moulin,  de  la  Salle,  Bertaut  et  deux  autres,  le  tout  sur  la  paroisse  de  la  Hérelle  ; 
deux  fiefs  sur  la  paroisse  de  Mory-Maucrux  ;  deux  à  Bacouel,  paroisse  de  Chepoix  ; 
le  fief  de  Bruilevert,  paroisse  de  Gannes  ;  celui  de  Coquesaille,  paroisse  de  Séré- 
villers  ;  enfin  la  terre  et  seigneurie  de  Guerbigny„  près  Montdidier. 

*  Déjà  en  1369,  Louis  II  avait  essayé  de  rentrer  en  possession  de  Creil.  Huillard- 
BréhoUes  cite  sous  le  no  3105  de  son  Recueil  un  mandement  de  Gilles,  seigneur 
de  Nédonchel,  chevalier,  gouverneur  de  Clermont,  aux  sergents  de  ce  comté  en 
date  du  6  mai  1369,  portant  ordre  de  saisir  et  mettre  sous  la  main  du  duc  de 


Digitized  by 


Google 


102  LE   COMTÉ  DB  CLERMONT  EN   BEÀUVÂISIS. 

Béatrix  de  Bourbon,  reine  de  Bohême,  avait  été  cédée  en  1374, 
ainsi  qu'on  Ta  vu  plus  haut,  par  cette  princesse  et  par  Eudes  de 
Grancey,  son  second  mari,  au  roi  Charles  V  qui  l'avait  unie  au 
domaine  de  la  couronne  et  placée  en  même  temps  dans  le  res- 
sort du  bailliage  de  Senlis^  Béatrix  étant  morte  en  1385  après 
son  fils  unique  Wenceslas,  le  duc  de  Bourbon  prétendit  que  la 
clause  de  réversion,  stipulée  par  le  contrat  de  mariage  de  1334, 
se  trouvait  ouverte  et  intenta  un  procès  en  réintégration,  que 
Du  Puy  a  résumé  en  ces  termes  {Droits  du  Roi,  p.  797)  :  Le  duc 
alléguait  le  décès  sans  enfants  de  Béatrix  sa  tante  ;  la  condition 
de  retoiu*  lui  semblait  advenue.  Le  roi  disait  que  lorsque 
Charles  Y  son  père  acquit  cette  baronnie,  la  prohibition  d'aliéner 
était  finie  par  la  mort  du  roi  de  Bohême,  le  duc  de  Brabant  son 
fils  étant  intervenu  au  contrat  de  vente.  Outre  ce  il  y  avait 
procès  pour  Gaillefontaine,  Rosay  et  autres  terres  que  Philippe 
le  Bel  avait  données  en  1310  à  Charles  de  Valois  son  frère, 
lorsqu'il  avait  épousé  Mahaut  de  Saint-Fol  et  que  Charles  V 
avait  depuis  confirmées  en  1359  à  Isabelle  de  Valois,  duchesse 
de  Bourbon,  sa  belle-mère,  mais  qui,  deux  années  après,  avaient 
été  retirées  à  celle-ci,  comme  formant  le  douaire  de  la  reine 
Blanche*,  sur  quoi  il  y  eut  transaction  du  14  novembre  1394,  par 
laquelle  il  fut  convenu  que  pour  Creil,  Gaillefontaine,  Rozay,  et 
autres  terres  que  le  duc  cédait  au  roi.  Sa  Majesté  lui  baillait  Chas- 
tel-Chinon,  Lourme,  Oronce,  Bracy,  avec  tous  les  droits,  hommes 

Bourbon»  pour  défaut  d'homme^  les  ohastel,  viUe,  baronnie  et  appartenances  de 
Creil  et  d*en  ôter  tous  les  officiers  qui  n*y  auraient  pas  été  établis  au  nom  du  duc 
par  M.  d»  Grancey.  La  saisie  eut  liçu  le  lendemain,  mais  elle  ne  parait  pas  ayoïr 
eu  de  suites. 

*  Aussitôt  devenu  possesseur  de  la  cbâtellenie  de  Creil,  Charles  V  ne  s*était  pas 
contenté  d*en  agrandir  et  embellir  la  résidence  seigneuriale,  il  s*était  également 
occupé  d'en  rétablir  les  revenus  ^i,  parait-il,  avaient  fort  dépéri  dans  les  derniers 
troubles.  Par  acte  du  27  novembre  1374  (Archives  nationales,  JJ.  106,  f»  113,  v«) 
il  interdit  les  foires  et  marchés  qui  se  tenaient  depuis  quelque  temps  à  Sauqueuses 
et  à  Saintr^Leu  d'Esserent  au  détriment  de  Creil.  «  Comme  par  la  prinse  des  enne^ 
mis  de  nostre  royaume  qui  es  ans  LVIII,  LIX,  LX  darain  passés  occupèrent  nostre 
ville  de  Creel,  elle  ait  esté  et  soit  encores  déserte  en  grante  partie  et  les  biens  des 
bourgoiz  et  habitanz  dicelle  perduz,  gastez  et  dissipez  tant  que  leurs  héritaiges 
ont  été  deserz  et  petitement  labourez  dont  ilz  souloient  vivre  en  plus  grant  partie 
et  par  ce  furent  et  ont  esté  mis  à  telle  povreté  que  pou  de  gens  ont  converse  avec 
eulx  et  que  toute  marchandise  est  faillie  en  ladite  ville  et  le  marchie  qui  y  estoit 
et  est  au  mardi,  lequel  estoit  grant  et  bon  et  là  où  grant  quantité  du  peuple  venoit 
et  affluoit,  a  esté  du  tout  mis  au  néant.  » 

*  Du  Puy,  Les  Droits  du  jRot,  p.  873,  et  Huillard-Bréholles,  n»  2783. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ  DE  CLERMONT   EN    BEAUVAISIS.  103 

et  femmes  de  corps  et  tout  le  reste  fors  la  foi  et  hommage,  res- 
sort et  souveraineté  *.  Chastel-Chinon  seul,  outre  qu'il  confinait 
au  Bourbonnais,  rapportait,  nous  apprend  d'Orreville  (c.  liv), 
cinq  à  six  mille  livres  de  rente,  tandis  que  Creil  n'en  valait  que 
trois  mille,  et  que  les  terres  attribuées  à  Isabelle  de  Valois  pro- 
duisaient à  peu  près  pareille  somme  *.  L'échange  conclu  était 
donc  loin  de  se  trouver  désavantageux  pour  Louis  II  ;  mais  le 
comté  de  Glermont  n'en  demeurait  pas  moins  démembré,  et  le 
regret  de  ce  démembrement,  imparfaitement  compensé  par  l'ac- 
quisition de  Bulles  et  de  la  Hérelle,  ne  fut  pas  sans  inspirer 
dans  une  certaine  mesure  la  clause  insérée  dans  le  contrat  de 
mariage  de  Jean  de  Bourbon,  et  qui  eut  pour  effet  de  faire  désor- 
mais du  comté  de  Glermont  l'apanage  exclusif  des  mâles  de  la 
maison  de  Bourbon. 

De  son  union  avec  Anne,  dauphine  d'Auvergne,  Louis  II 
avait  eu  quatre  enfants,  deux  filles,  dont  l'une,  Catherine^ 
mourut  en  bas  âge,  l'autre,  Isabelle,  vivait  encore  en  1438,  ainsi 
qu'il  résulte  d'un  compromis  qui  intervint  la  dite  année  entre  elle 
et  ses  cohéritiers  relativement  au  dauphine  d^Auvergne,  mais 
ne  contracta  pas  d'alliance  ',  et  deux  fils.  Le  plus  jeune,  Louis, 
seigneur  de  Beaujolais ,  mourut  en  1404 ,  encore  adolescent. 
L'aîné  Jean  était  né  en  mars  1380  et  comptait  par  conséquent 
vingt  ans  à  peine  lorsqu'il  fut  fiancé  et  marié,  le  24  juin  1400  *, 


*  Cette  cession  était  subordonnée  à  Tissa e  d'un  procès,  lors  entamé  entre  le 
Domaine  et  les  héritiers  de  Jeanne  d*Eu,  duchesse  d'Etampes  et  comtesse 
d'Athènes.  Il  aboutit  en  1395  à  une  transaction  qui  assura  au  duc  de  Bourbon  la 
propriété  des  terres  en  question.  (Du  Puy,  p.  772-773.) 

*  Lesdites  terres  ayant  été,  ainsi  que  nous  venons  de  le  dipe,  retirées  le 
25  mai  1361  par  le  roi  Jean  comme  faisant  partie  du  douaire  de  sa  belle-mère 
Blanche  de  Navarre,  seconde  femme  de  Philippe  de  Valois,  ce  prince  avait  assigné 
en  échange  à  Isabelle  de  Valois  3,000  tr,  de  rente  ^  prendre  sur  le  péage  de 
Sain  t- Jean-de-Losne . 

'  Sainte-Marthe  prétend  qu'Isabelle  aurait  épousé,  par  dispense,  son  oncle 
maternel  Béraud  lU,  comte  de  Glermont,  Dauphin  d'Auvergne,  mais  cette  opinion 
a  été  réfutée  par  le  P.  Anselme. 

^  «  Et  par  iceulx  jours  que  l'Empereur  grégeois  {Manuel  Paléologue)  estoit  à 
Paris,  fut  faict  le  mariage  de  Jehan,  comte  de  Glermont,  fils  au  duc  de  Bourbon, 
et  de  l'excellente  et  vertueuse  princesse  dame  Marie,  fille  au  duc  de  Berry, 
laquelle  avoist  esté  comtesse  de  Blois  et  d'Eu,  où  fut  la  feste  grande  et  solennelle, 
au  palais  à  Paris,  et  y  estoit  le  roi  François  et  le  grec  empereur  ensemble  la 
haulte  baronie  de  France.  »  Xa  Chronique  du  bon  duc  Loys  de  Bourbon^ 
c.  UXXVI. 


Digitized  by 


Google 


i04  LE   COMTÉ   DE   GLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 

à  Marie  de  Berry,  fille  de  Jean  de  France,  troisième  fils  du  roi 
Jean,  duc  de  Berry,  comte  de  Poitou,  d'Étampes,  d'Auvergne 
et  de  Boulogne,  et  de  Jeanne  d'Armagnac,  sa  première  femme. 
Agée  de  trente  ans,  la  nouvelle  épouse  avait  été  déjà  mariée 
deux  fois,  d'abord  en  1385  à  Louis  de  Ghàtillon,  comte  de 
Dunois  S  puis  en  janvier  1392  à  Philippe  d'Artois,  comte  d'Eu, 
connétable  de  France,  mort  en  1397  *.  Elle  apportait  en  dot  à 
Jean  le  duché  d'Auvergne,  apanage  de  son  père,  et  le  comté  de 
Montpensier,  acheté  par  lui  en  1384  de  Bernard  de  Yentadour, 
héritier  de  la  maison  de  Beaujeu.  Cette  dot  lui  avait  été  consti- 
tuée dans  des  conditions  particulières,  qu'il  convient  d'indiquer 
ici. 

Par  un  acte  entre  vifs  du  4  novembre  1386,  Jean,  duc  de 
Berry,  avait  disposé  en  faveur  du  roi  de  France  et  de  la  cou- 
ronne de  tous  ses  biens  et  apanages,  comprenant  les  duchés  de 
Berry  et  d'Auvergne,  les  comtés  de  Poitou  et  de  Montpensier, 
pour  en  jouir  à  son  décès  s'il  mourait  sans  laisser  d'enfants 
mâles  et  sous  la  condition  de  payer  alors  à  chacune  de  ses  deux 
filles  Bonne  '  et  Marie  une  somme  de  60,000  livres.  Charles  VI 
avait  accepté  les  mêmes  jour  et  an  la  donation  qui  lui  était  ainsi 
faite.  Mais,  en  considération  du  mariage  de  Marie  de  Berry  et 
de  Jean  de  Bourbon,  il  consentit  par  lettres  de  janvier  1400  que 
nonobstant  ladite  donation,  le  duché  d'Auvergne  et  le  comté  de 
Montpensier  fussent  assurés  à  titre  incommutable  aux  nouveaux 
époux,  sous  la  seule  réserve  du  droit  de  retour,  s'ils  venaient  à 
décéder  sans  postérité  masculine.  (Du  Puy,  p.  899.) 

La  chambre  des  Comptes  n'enregistra  la  libéralité  royale  qu'a- 
près deux  jussions,  et  cependant  cette  libéralité  avait  été  loin 
d'avoir  eu  lieu  à  titre  purement  gratuit.  En  effet,  d'une  part  Jean 


1  n  était  fils  de  Gui  II»  comte  de  Blois,  qui  lui  ayant  survécu  vendit  en  1391  le 
Blésois  et  le  Dunois  à  Louis  de  France^  duc  d'Orléans. 

*  De  son  mariage  avec  le  comte  d'Eu,  Marie  de  Berry  avait  eu  trois  enfants  : 
1«  Charles  d'Artois,  comte  d'Eu,  connétable  de  France,  mort  en  1472,  le  dernier 
de  la  maison  des  comtes  d'Artois  descendant  de  Louis  VIII  ;  2»  Bonne,  femme  : 
A  de  Philippe  de  Bourgogne,  comte  de  Nevers,  dont  elle  eut  deux  fils,  B  et  de 
Philippe  le  bon  duc  de  Bourgogne,  son  neveu,  qui  n'en  eut  pas  d'enfants; 
3^  Catherine,  première  femme  de  Jean  de  Bourbon  sire  de  Carenci. 

'  Bonne,  sœur  ainée  de  Marie,  épousa  successivement  Amédée  VII,  comte  de 
Savoie  (1376),  et  Bernard  VII,  connétable  d'Armagnac  (1394).  Jean,  duc  de  Berry, 
avait  eu  en  outre  trois  fils  qui  tous  les  trois  moururent  avant  lui. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ  DE  CLERMONT  EN   BEAUVAISIS.  105 

de  Berry  avait  délaissé  à  la  couronne  la  possession  immédiate 
de  la  vicomte  de  Cariât,  de  la  ville  et  seigneurie  de  Montferrand 
ainsi  que  de  la  châtellenie  d'Ussou,  et  renoncé  à  exiger  la  somme 
réservée  dans  la  donation  de  1386  en  faveur  de  sa  fille  (Du  Puy, 
p.  899  et  971).  D'autre  part,  Louis  II,  par  contemplation  de  Toc- 
troi  fait  par  le  roi  en  accroissement  du  mariage  de  son  fils  avait 
stipulé,  par  lettres  du  mois  de  mai  1400  (Archives  nationales, 
P.  1370,  cote  1886),  que  au  casque  lui,  son  fils  le  duc  Jean  et  les 
enfants  mâles  qui  descendraient  du  dit  mariage  iraient  de  vie 
à  trépas  sans  hoirs  mâles,  d'eux  procréés  par  légitime  mariage, 
ses  duché  de  Bourbonnais  et  comté  de  Glermont,  ensemble  leurs 
appartenances  et  dépendances  *  viendraient  et  appartiendraient 
au  roi  Charles  et  à  ses  successeurs  rois,  comme  leur  propre 
héritage  et  domaine,  et  seraient  unis  perpétuellement  à  la  cou- 
ronne, avec  cette  seule  réserve  que  le  roi  ou  ses  successeurs 
seraient  tenus  de  marier  bien  et  convenablement,  selon  leur 
état,  les  filles  que  pourraient  laisser  le  donateur  ou  ses  héri- 
tiers. Celui-ci  se  réservait  aussi  la  disposition  de  1,200  livides 
parisis  de  rente  pour  des  fondations  charitables. 

Dans  les  considérants  de  l'acte  du  mois  de  mai  1400  '  le  duc 
de  Bourbon  déclarait  qu'il  était  principalement  mû  par  le  désir 
que  «  Testât  de  la  couronne  de  France,  dont  noz  prédécesseurs 

1  Voici  rénamération  de  ces  appartenances  et  appendances  qui  a  son  intérêt, 
car  elle  permet  d'apprécier  ce  dont  se  composait  alors  le  domaine  seigneurial  : 
«  villes,  chasteaulx  et  autres  forteresses,  bours,  villes  et  villaiges,  maisons, 
manoirs  et  habitations^  fours,  moulins,  rivières,  estaings,  viviers  et  autres  eaues, 
forestz,  boys,  garennes,  aulnolz  et  pasturaiges,  terres,  vignes,  prés,  saulçois, 
cens,  censives,  dixmes,  peaiges,  travers  et  coustumez,  fiefs,  rereûefs,  hommes, 
hommaiges,  vassaulx,  vausseillaiges,  hommes  et  femmes  de  serve  condicion, 
taillables  à  volonté,  et  autrement  comment  que  ce  soit,  jurisdictions  et  justices 
aultes,  moiennes  et  basses,  gardes,  patronnaiges,  présentations,  collation  de 
béncffices  et  autres  haultèces,  noblèces  et  seigneuries,  droiz,  rentes,  prouffiz, 
émoluments  et  autres  choses  quelsconques.  » 

•  Parlant  de  la  déclaration  de  1400,  Pasquier  {Recherches  de  France,  1.  VI,  c.  xi) 
s'exprime  ainsi  :  «  C'était  à  bien  dire  un  troc  et  au  lieu  du  duché  d'Auvergne, 
ancien  domaine  de  France  qui  ne  pouvait  tomber  en  quenouille  ni  par  consé- 
quent es  mains  de  la  princesse  Marie,  faire  passer  en  contre-échange  à  la  cou- 
ronne le  Bourbonnais  et  le  Forez,  auxquels  elle  n'eût  eu  aucune  part  défaillans 
les  mâles  ...  Car,  quant  au  comté  de  Glermont,  ajoute-t-il,  il  n'en  fallait  aucune 
déclaration  comme  étant  apanage  de  France.  »  Cette  dernière  assertion  de 
l'auteur  des  Recherches  est  contredite  par  Husson  dans  son  Mémoire  sur  les 
apanages  des  fils  de  France.  î\  établit  que  jusqu'en  1400  on  n'avait  jamais  douté 
dans  la  maison  de  Bourbon  que  les  femelles  aussi  bien  que  les  mâles  ne  fussent 
capables  de  succéder  au  comté  de  Clermont,  et  les  termes  de  la  déclaration  de 
Louis  II  lui  donnent  raison. 


Digitized  by 


Google 


106  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN  BEAUVAISISU 

ducs  de  Bourbonnais  et  comtes  de  Glermont  et  nous  sommes 
yssus  et  descenduz,  preigne  accroissement  en  tout  bien,  et  que 
nos  subgectz  esdits  duchié  de  Bourbonnais  et  comté  de  Gler- 
mont, qui  de  tout  temps  ont  esté  bons,  vrays  et  obéyssans 
envers  nos  dits  prédécesseurs  et  nous,  soient  et  leurs  succes- 
seurs au  temps  à  venir,  paisiblement  traitiez  et  gouvernez,  >» 
avantages,  qu'au  cas  où  la  descendance  masculine  directe  de  la 
maison  de  Bourbon  viendrait  à  défaillir,  ils  ne  pourraient  tenir 
d'aucun  autre  gouvernement  mieux  que  de  la  couronne  de 
France  c<  où  la  fontaine  de  toute  grftce,  miséricorde  et  débon- 
naireté  temporelle  afflue  et  habonde.  » 

Jean,  comte  de  Glermont,  et  Marie  de  Berry  sa  femme,  avec 
Tautorisation  de  leur  père  et  beau-père ,  passèrent  au  mois  de 
mai  suivant  les  déclarations  nécessaires  pour  le  retour  à  la  cou- 
ronne, à  défaut  de  leur  descendance  masculine,  tant  des  duchés 
de  Bourbonnais  et  d'Auvergne  que  des  comtés  de  Glermont  et 
de  Montpensier.  Autant  en  fit  Gharles  de  Bourbon,  comte  de 
Glermont,  leur  fils,  par  lettres  données  à  Moulins  le  13  août 
1425.  (Archives  nationales,  P.  1370,  c.  1886  '.) 

Depuis  le  24  juin  1400  jusqu'à  sa  mort,  Louis  II  ne  passa  plus 
d'actes  pour  le  comté  de  Glermont  *,  que  comme  ayant  le  gou- 
vernement de  son  fils  atné  Jean,  comte  de  Glermont.  G'est  ainsi 
qu'il  se  qualifie  dans  les  lettres  d'affranchissement  des  serfs  de 
Milly  du  mois  de  novembre  1400;  dans  celles  du  13  novembre 

1  Les  divers  actes  concernant  la  réversion  du  Bourbonnais  et  du  comté  de 
Glermont  sont  imprimés  dans  le  tome  III  de  Lamure.  M.  Douet-d'Arcq  a  publié 
les  lettres  de  Louis  II  dans  son  choix  de  Pièces  inédites  relatives  au  règne  de 
Charles  VI. 

*  Les  actes  antérieurs  de  Louis  II,  que  nous  n^avons  pas  indiqués  dans  le  cours 
de  ce  travail  sont  :  la  concession  le  27  janvier  4372  au  seigneur  de  Gicourt  et  à 
ses  gens  et  serviteurs  du  droit  d*usage,  de  chauffage,  de  pâturage  et  de  panage 
dans  la  forêt  de  Uez,  à  cause  de  sa  maison  de  Gicourt  ;  Tamortissement  en 
faveur  de  Gilles  de  Nédonchel,  gouverneur  du  comté,  de  30  1.  de  rente  annuelle  à 
affecter  à  des  fondations  pieuses.  Janvier  1376  :  (Dom  Grenier,  t.  LIV  et  Ms. 
Fr.  20,082,  f»  574)  Toctroi  aux  bourgeois  et  habitants  de  Nointel,  en  janvier  1379, 
d'une  foire  annuelle  ;  (Uuillard-Bréholles,  b9  3412)  le  don  d'un  fief  fait  en  1388 
à  Borgne-Fouquant,  son  écuyer,  et  l'accensement  d'une  terre,  le  18  décembre  de 
la  même  année,  à  Jean  de  Caen  (Ms.  Fr.  4663).  Suivant  Graves  {Précis  statistique, 
p.  90),  qui  cite  à  ce  sujet  des  lettres  de  mars  1403  adressées  par  Louis  II  aux  habi- 
tants de  Glermont,  ce  prince  aurait  dans  les  premières  années  du  xv«  siècle  obtenu 
la  créaUon  dans  ladite  ville  d'un  grenier  à  sel,  dont  les  émoluments  se  perce- 
vaient à  son  profit,  mais  le  grenier  de  Glermont  aurait,  comme  trente  autres 
accordés  depuis  seize  ans  à  divers  seigneurs^  été  supprimé  par  l'ordonnance  sur 
la  police  générale  du  royaume  du  25  mai  1413. 


Digitized  by 


Google 


LE  GOMTi  DE  CLERMONT  EN  BBAUVAISIS.  107 

1401  portant  don  à  Tabbaye  de  Froidmont  du  fief  Barbenconsia 
à  Hermès  ;  enfin  dans  celles  du  16  janvier  1408  (Dom  Grenier, 
t.  LFV),  par  laquelle  voulant  assurer  aux  religieux  de  la  dite 
abbaye  la  donation,  faite  par  son  père  Pierre  et  par  lui-même, 
d'une  des  prébendes  de  la  collégiale  de  Notre-Dame  de  Cler- 
mont,  il  leur  octroie  et  affecte  celle  actuellement  vacante  par  le 
décès  de  maître  Simon  de  Saint-Germer. 

Profondément  affecté  de  la  mort  de  son  plus  jeune  fils  Louis, 
qui  lui  fut  enlevé  le  12  septembre  1404  à  Tàge  de  seize  ans  et 
demi,  le  duc  de  Bourbon  avait  songé  dès  lors  à  se  retirer  de  la 
cour  et  à  mettre  en  même  temps  ordre  à  ses  affaires,  qu'il  avait 
fort  embarrassées  en  subvenant  maintes  fois  de  ses  propres 
deniers  aux  dépenses  de  Thôtel  du  roi.  L'assassinat  de  son 
neveu  le  duc  d'Orléans  (23  novembre  1407),  le  détermina  *.  Il 
s'était  prononcé  hautement  le  premier  contre  le  meurtrier,  et 
Monstrelet  le  cite  avec  son  fils  le  comte  de  Clermont  parmi  les 
grands  qui  allèrent  à  la  rencontre  de  la  duchesse  d'Orléans  et 
de  son  fils  aîné,  lorsqu'ils  vinrent  réclamer  justice  du  roi. 

Il  mourut  à  Montluçon  le  19  août  1410,  au  moment  où  il  réu- 
nissait ses  troupes  pour  prendre  une  part  active  à  la  confédéra- 
tion que  les  ducs  d'Orléans,  de  Berry,  de  Bretagne  et  de  Bar, 
les  comtes  d'Alençon  et  d'Armagnac  avaient  formée  l'année  pré- 
cédente contre  le  duc  de  Bourgogne  *  et  à  laquelle  son  fils  Jean 

*  Voyez  d'OrrcTille,  c.  Lxxxvi,  comment  le  duc  d^Orléans  fût  occis  à  Paris,  et 
comment  le  dac  de  Bourbon  en  ot  amère  douleur,  et  c.  lxxxviti,  comment  le 
duc  de  Bourbon  print  congié  du  roi,  et  s'en  yint  en  son  pays,  où  il  ordonna  ses 
fais  ;  et  comment  le  sire  de  Norris,  par  son  bon  conseil,  pourveut  aux  affaires  du 
duc. 

*  Jean  Sans  Peur  était  alors  maître  du  roi  et  de  la  capitale,  et  c'est  à  son 
influence  que  Ton  doit  imputer  les  lettres  du  43  avril  1410  (Douet-d'Arcq,  Choix 
dé  Pièces  inédites,  t.  I,  p.  325),  par  lesquelles  Charles  VI  enleva  au  comte  de  Cler- 
mont les  capitainerie  et  garde  des  ville  et  chastel  de  Creil,  dont  il  était  pourvu» 
pour  les  transférer  au  Dauphin  Louis,  mari  de  la  fille  aînée  de  Jean.  Les  lettres 
royales  donnaient  toutefois  un  motif  particulier  à  cette  mesure.  Charles  VI  décla<t 
rait  qu'il  y  était  mû  par  la  considération  que  son  «  très-chier  et  très  amé  fllz 
ainsné  par  la  gr&ce  de  notre  Seigneur  croist  et  augmente  moult,  tant  en  sens, 
cognoissances,  entendement  et  autres  bonnes  mœurs  et  vertus,  comme  aussi  en 
corpulence  de  sa  personne,  et  que  chose  très-convenable  et  profitable  à  sa  santé 
lui  sera  doresnavant  soy  exerciter  et  chevauchier,  à  prendre  aucune  foiz  des 
solaz  et  esbatemens  à  chacier,  et  autres  déduis  à  lui  appartenans,  et  que  les 
chastel  et  ville  de  Creil  entre  les  autres  du  domaine  de  la  couronne  cy  environ 
sont  asseï  en  pays  et  lieoz  assez  propres  et  convenables  aux  choses  dessus 
dictes.  » 


Digitized  by 


Google 


108  LE  COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEÂUVAISIS. 

avait  adhéré.  La  duchesse  de  Bourbon,  Anne,  dauphine,  le 
rejoignit  dans  la  tombe  le  19  septembre  1416. 

4.  Nous  avons  déjà  mentionné  dans  le  cours  de  cette  étude, 
le  Dénombrement  des  domaines,  terres,  fiefs,  seigneuries  et 
mouvances  du  comté  de  Clermont  opéré  sous  Louis  II  de 
Bourbon,  et  nous  avons  même  indiqué  dans  quelles  conditions 
il  avait  eu  lieu.  Il  nous  faut  maintenant  y  revenir  avec  quelques 
détails.  Le  20  novembre  1371,  par  lettres  données  au  Bois  de 
Vincennes,  le  roi  Charles  V,  renouvelant  un  ordre  par  lui  déjà 
formulé,  mais  qui,  il  le  reconnaît  lui-même,  était  demeuré 
inexécuté,  avait  enjoint  à  la  chambre  des  Comptes  de  Paris  de 
mander  tantost  et  sans  délai  à  tous  ses  baillis  et  sénéchaux 
qu'ils  fissent  crier  et  publier  solennellement,  par  tous  les  lieux 
notables  de  leur  ressort,  que  tous  ceux  qui  tenaient  aucune 
chose  du  roi  en  fief  en  baillassent  vrais  et  entiers  dénom- 
brements. Ces  dénombrements,  destinés  à  être  enregistrés  dans 
des  livres  spéciaux  déposés  au  siège  du  bailliage  ou  de  la 
sénéchaussée,  devaient  contenir  mention  du  fief  ou  des  fiefs, 
du  lieu  et  de  la  châtellenie  où  ils  se  trouvaient  situés,  ainsi 
que  des  arrière-fiefs  qui  en  étaient  mouvants.  La  déclaration 
devait  être  fournie  dedans  la  feste  de  Pasques  prochainement 
venant,  faute  de  quoi  les  officiers  royaux  étaient  invités  et 
même  tenus  à  saisir  les  fiefs  non  déclarés,  et  à  en  lever  et 
percevoir  les  revenus  *. 

Nous  ne  saurions  dire  si  ces  pénalités  sévères  eurent  pour 
effet  d'assurer  Texécution  par  toute  la  France  de  la  véritable 
statistique  ordonnée  par  les  lettres  du  20  novembre.  Il  est  à 
croire  que  d'une  part  la  négligence  déjà  précédemment  signalée 
chez  les  officiers  royaux,  de  l'autre  et  surtout  des  hostilités  sans 
cesse  renouvelées  avec  les  Anglais  apportèrent  bien  des  obs- 
tacles à  son  entier  accomplissement.  Mais  en  ce  qui  concerne 
le  comté  de  Clermont,  le  travail  fut  mené  à  bonne  fin  *,  ainsi 

«  Ordonnances  des  Rois  de  France,  t.  V,  p.  432. 

>  Il  ne  parait  pas  s'être  restreint  an  seul  comté,  nxais  avoir  compris  l'ensemble 
des  possessions  de  la  maison  de  Bourbon.  Car  les  Archives  nationales  possèdent 
BOUS  la  cote  P  1362»,  n»  1043,  un  Extrait  fait  en  la  Chambre  des  Comptes  du  Roy 
notre  sire  à  Paris  d'un  papier  long,  relié  sur  la  façon  et  volume  de  ceulz  que 
l'on  fait  à  Montpellier,  ouquel  est  escript  et  compris  en  biens  le  revenu  des  pays 


Digitized  by 


Google 


LE  COMTÉ  DE   GLERMONT   EN   BEAUVAISIS.  10& 

qu'en  témoigne  le  volumineux  et  intéressant  recueil,  dont 
nous  nous  occupons,  et  il  avait  été  entrepris  presque  immé- 
diatement après  la  promulgation  des  lettres  royales.  En  effet, 
Louvet,  qui  lui  a  fait  de  très-nombreux  emprunts  pour  ses 
Anciennes  Remarques  de  la  noblesse  Beauvaisinej  lui  donne  la  date 
de  1373  S  date  qui  se  trouve  confirmée  par  le  procès-verbal 
d'arpentage  de  la  forêt  de  Hez,  inséré  au  f  130  du  Mss.  Fr. 
20,082 ,  les  mesureurs  jurés,  chargés  de  l'opération,  déclarant 
qu'ils  l'ont  commencée  le  mardi  7"  jour  du  mois  de  mars 
MCCCLXXIII  au  commandement  de  messire  (iilles,  seigneur 
de  Nédonchel,  chevalier  et  gouverneur  de  Clermont. 

Ce  fut  par  les  soins  de  Gilles  de  Nédonchel  qui ,  à  sa  qua- 
lité de  gouverneur  du  comté  ',  joignait   celle  de  seigneur  de 


et  domaines  que  Ms^  le  duc  de  Bourbonnais  tenait  en  France  enranMCCCLXXVII, 
en  ce  comprins  les  charges  comme  fiefs,  aumosnes  et  gaiges  d'officiers  :  c'est 
assavoir  de  Bourbonnais,  Fourez,  Beaujolais,  le  comté  de  Clermont  en  Beau- 
voisin^  la  Ghambererie  de  France,  Bailloel  et  Franconville,  etc.  Toutefois  cet  État 
pourrait  avoir  été  rédigé  non  en  vue  de  satisfaire  à  Fordonnance  de  4371,  mais 
bien  pour  l'édification  de  la  Chambre  des  Comptes  que  Louis  II  institua  à  Moulins 
par  lettres  de  novembre  1374  (Huillard-BréhoUes,  n»  3277).  Le  20  décembre  1377 
le  duc  nomma  un  commissaire  chargé  de  dresser  l'état  des  fiefs  et  bénéfices 
relevant  de  son  duché  de  Bourbonnais.  V.  La  Chronique  du  bon  duc  Loys  de 
Bourbon,  par  M.  Chazaud,  appendice. 

1  La  date  de  1373  est  également  celle  que  nous  relevons  dans  les  Anecdotes  de 
la  ville,  domaine  et  comté  de  Clermont  en  Beauvaisis.  Ce  Recueil  manuscrit,  écrit  au 
commencement  du  xix«  siècle,  a  pour  auteur  M.  Chrestien  de  Beauminy;  nous  en 
devons  la  communication  à  Tobligeance  de  M.  l'abbé  Boufflet,  archiprétre  de 
Qermont,  qui  vient  de  restaurer  avec  autant  de  goût  que  de  zèle  son  antique 
église  paroissiale,  et  nous  en  fait  espérer  la  prochaine  monographie. 

*  U  en  remplissait  les  fonctions  au  moins  depuis  1369  ;  car  nous  avons  vu  que 
cette  année-là  il  procéda^  au  nom  du  duc  de  Bourbon,  à  la  saisie  de  la  chàtellenie 
de  CreU^  et  il  avait  vraisemblablement  succédé  à  Aymé  de  Laye,  chevalier 
auquel,  suivant  titre  cité  par  Huillard-Bréholles  (n»  2797),  Louis  II  fit  payer,  le 
3  juin  1360,  sur  la  recette  de  Clermont,  cent  royaux  d'or  pour  une  fois,  outre  ses 
gages  de  gouverneur,  et  quatre-vingts  florins  pour  prix  d'un  roncin  qu'il  avait 
acheté  audit  chevalier.  Gilles  de  Nédonchel  était  encore  gouverneur  de  Clermont 
en  janvier  1376  (1377),  date  à  laquelle  il  sollicita  et  obtint  du  duc  l'amortissement 
de  30  livres  de  rente  annuelle  assises  sur  son  hôtel  sis  au  bout  de  la  ville  tenu 
en  fief  et  à  défaut  sur  sa  terre  de  Cressonsacq.  De  ces  30  livres,  27  livres  10  sous 
étaient  attribués  aux  Trinitaires  pour  la  fondation  d'une  chapelle  ou  vicairie  per- 
pétuelle, et  2  livres  10  sous  à  la  collégiale  Notre-Dame  (Ms.  4663,  n»  121).  11 
renouvela  et  accrut  ces  donations  au  mois  de  mars  1384  (Ms.  20^082,  fo  574),  en 
vue  de  la  sépulture  qu'il  élisait  dans  ladite  collégiale,  et  mourut  le  1*'  octobre 
de  l'année  suivante,  au  témoignage  de  Dargillière  (Archives  de  l'Oise,  E  39). 


Digitized  by 


Google 


iiO  L£  COMTi  DE  CLBRMONT  EN   BEÀUVAISIS. 

rimportante  terre  de  Cressonsac,  que  fut  commencé,  pour- 
suivi et  achevé  le  dénombrement  *.  Divers  éléments  contri- 
buèrent à  sa  rédaction  :  pour  les  églises  et  monastères,  un 
livre  terrier  où  était  consigné  le  détail  de  leurs  rentes,  terres 
et  possessions ,  livre  plusieurs  fois  mentionné  dans  le  dé- 
nombrement, mais  qui  malheureusement  n'est  pas  parvenu 
jusqu'à  nous  ;  pour  les  fiefs  et  arrière -fiefs  mouvants  de 
Glermont,  la  collection  des  hommages  et  aveux,  conservés 
dans  les  archives  du  comté  et  dont  le  Ms.  n**  4663  contient 
une  série  presque  complète  se  rapportant  à  Tannée  1350  ou 
environ  *.  Les  mêmes  archives  possédaient  également  toutes 
les  indications  relatives  aux  domaines  directs  du  duc,  aux 
droits  seigneuriaux,  tant  ordinaires  qu'extraordinaires,  tant 
honorifiques  qu'utiles  qui  lui  appartenaient  comme  comte  de 
Glermont. 

M.  de  Beaumîny,  dans  le  Recueil  que  nous  avons  déjà  cité, 
affirme  (p.  94),  qu'il  fut  fait  deux  exemplaires  du  dénombre- 
ment :  l'un  pour  les  Archives  de  Glermont,  où  il  fut  conservé 
avec  grand  soin,  l'autre  pour  la  Ghambre  des  Comptes  de  Paris, 
et  que  ce  dernier  ayant  été  consumé  dans  l'incendie  de  la 
Chambre,  en  1737,  Glermont  lui  donna  le  sien,  et  n'en  posséda 
plus  dès  lors  qu'une  copie.  Les  indications,  que  nous  avons 
recueillies ,  sont  de  nature  à  confirmer  cette  assertion.  De  l'ex- 
pédition, destinée  aux  administrateurs  du  domaine  royal ,  nous 
ne  savons  rien,  sinon  qu'Hermant,  qui  écrivait  son  Histoire 
ecclésiastique  et  civile  du  diocèse  de  Beauvais,  vers  la  fin  du 


1  Le  travail  ne  fut  pas  certainement  terminé  en  1373,  puisque,  toujours  à 
propos  de  la  Neuville,  on  lit  dans  le  dénombrement  de  cette  chàtellenie  que  le 
four  banal  en  «  est  baillé  à  ferme  en  cest  an  1374  à  28  livres  p.;  »  peutrétre  se 
prolongea-t-il  quelques  années  encore,  ce  qui  justifierait  la  date  de  1378,  adoptée 
par  M.  A.  de  Marsy  dans  l'intéressante  note  sur  le  Terrier  du  comté  de  Clermont 
en  BeauvaisiSt  que  la  Société  Académique  de  TOise  a  insérée  au  tome  VI  de  ses 
Mémoires. 

*  Folio  10  et  s.  :  Ghe  sont  fiefs,  arrière-fiefs  tenus  de  Monseigneur  le  comte  de 
Clermont  et  de  la  Chastelerie.  M.  de  Lépinois  a  largement  mis  à  contribution 
cet  état,  nous  apprend-il,  pour  ses  recherches  historiques  et  critiques  sur  Tancien 
comté  et  les  comtes  de  Clermont  en  Beauvaisis  du  xi«  au  xiii«  siècle.  On  trouve 
aussi  dans  la  collection  de  Dom  Grenier  (t.  XIII),  une  liste  des  fiefs  du  comté  de 
Clermont  tenus  par  foy  et  hommage,  avec  les  lieux  où  ils  sont  situés,  dressée 
pour  M.  le  duc  de  Bourbon  par  Guyart  de  Laly,  au  mois  de  février  1352.  Cette 
liste,  qui  ne  comprend  que  114  fiefs,  est  très-incomplète. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE  CXERMONT  EN   BEAUVÂISIS.  111 

xvu*  siècle,  dit  quelque  part  avoir  été  admis  à  la  compulser  '  ;  elle 
n'existe  plus  aujourd'hui,  et  il  est  plus  que  probable  qu'elle  a  péri, 
en  effet,  avec  tant  d'autres  documents  précieux,  dans  le  déplo- 
rable incendie  de  1737.  L'histoire  de  la  minute,  ou  du  moins 
du  double,  conservé  d'abord  à  Glermont,  sur  lequel  a  été  faite  la 
copie  manuscrite,  qui  porte  actuellement  le  n**  20,082  du  Cata- 
logue du  Fonds  français  de  la  Biblothëque  nationale,  est  plus 
complète.  M.  de  Marsy  en  a  retrouvé,  dans  l'ancien  fonds  Saint- 
Victor  (n**  1120,  p.  39),  une  description,  que  nous  nous  empres- 
sons de  lui  emprunter  ".  C'est  l'extrait  délivré  le  19  octobre 
1474,  par  Jehan  Louvet,  licencié  ès-lois ,  conseiller  de  Monsei- 
gneur le  duc  de  Bourbonnais  et  d'Auvergne,  commis  et  estably 
par  icelluy  seigneur  lieutenant  général  de  M.  le  gouverneur 
de  la  conté  de  Clermont,  à  la  requête  de  Simon  d'Erquinvillers, 
de  la  déclaration  de  certains  fiefs  au  sujet  desquels  il  se  trou- 
vait en  procès  avec  Dame  Jacqueline  de  Fayel.  Le  lieutenant  gé- 
néral du  gouverneur  de  la  conté  de  Clermont,  en  certifiant  cet 
extrait,  disait  qu'il  avait  été  pris  par  Jehan  Dargillière,  greffier 
juré  du  bailliage,  «  sur  un  ancien  livre  fait  etescript  sur  parche- 
min, couvert  de  bazenne  rouge  entre  deux  aiz,  sur  chacun  costé 
duquel  sont  clouez  cinq  grOs  clous  dorez  ;  ledit  livre,  vulgaire- 
ment nommé  et  appelé  le  Terrier  de  la  conté  de  Clermont,  par- 


*  «  n  n*y  a  rien  de  plus  curieux  pour  la  connaissance  de  la  noblesse  de  Beau- 
vaisis,  que  le  grand  dénombrement  de  la  seigneurie  de  Clermont  et  de  celles  de 
Creil  et  de  Bulles,  qui  en  sont  les  dépendances,  que  fit  faire  Pierre  de  Bourbon  en 
Tan  13..,  et  qui  se  conserve  en  la  Chambre  des  Comptes  de  Paris.  Je  n'en  ai  eu 
la  communication  que  pendant  deux  heures  chez  M.  de  Vion  d'Héronval,  mais 
je  ne  m'étonne  pas  que  ces  fameux  généalogistes  en  aient  tiré  tant  de  lumières 
qui  sont  répandues  en  plusieurs  endroits  de  leurs  écrits,  n  y  avait  fait  peindre  les 
écussons  de  tous  ses  nobles  vassaux  et  les  visages  de  ceux  d'entre  eux  qui 
n'étaient  que  roturiers.  »  (Bibliothèque  nationale,  Ms.  ft*.,  n»  5,  t.  II,  p.  989.) 

*  M.  de  Marsy  paraît  croire  que  le  manuscrit  original^  sur  lequel  a  été  effectuée 
par  les  soins  de  François  de  Gaignières,  au  XYii«  siècle,  la  copie  en  question, 
était  celui  déposé  aux  archives  de  la  Chambre  des  Comptes.  L'extrait  que  nous 
publions  d'après  lui  établirait,  à  notre  avis,  que  le  savant  précepteur  des  fils  du 
grand  Dauphin  aurait  eu  au  contraire  communication  de  l'exemplaire  gardé  à 
Clermont,  et  ce  qui  en  est  pour  nous  la  meilleure  preuve,  c'est  qu'assurément  le 
dénombrement  présenté  par  Louis  II  à  Charles  V  ne  contenait  pas  les  diverses 
pièces  insérées  tant  au  commencement  qu'à  la  fin  du  volume,  et  dont  plusieurs, 
notamment  les  vidimus  de  Jean  de  Cognerio,  sont  même  de  date  postérieure  à 
celle  dudit  dénombrement.  Le  manuscrit  coté  aujourd'hui  20,082  F.  Fr.,  n'a  reçu 
ce  numéro  que  dans  un  remaniement  récent  des  catalogues  de  la  Bibliothèque  ; 
il  a  été  longtemps  désigné  sous  lé  n«  1361  du  fonda  Gaignières. 


Digitized  by 


Google 


112  LE   COMTÉ  DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 

ceque  dedans  icelluy  sont  déclairés  et  contenuz  par  ordre  ,-  la 
dédaracion  de  toutes  les  charges  et  revenues  de  ceste  dicte 
conté  ;  pareillement  la  dédaracion  des  revenues  de  toutes  les 
églises,  colliéges,  abbayes  et  prieurez,  qui  sont  situez  en  ladite 
comté,  et  les  fiefz  et  arrières-fiefz  qui  sont  en  icelle  :  et  si  y  sont 
peintz,  enluminez  et  armoriez,  les  chasteaulx,  villes  et  places, 
de  ladicte  comté  ;  et  sur  chacun  fief  et  arrière-fief  les  armes  des 
seigneurs  gentilzhommes  et  autres  non  nobles  qui  les  tenoient 
et  possessoient  :  c'est  assavoir  sur  chacun  fief  qui  est  tenu  et 
possessé  par  aucuns  chevaliers  baneretz  sont  peintes  et  mises 
en  banière ,  et  sur  les  armes  des  autres  chevaliers  non  portant 
baniëre,  y  a  seulement  sur  Tecu  de  leurs  armes  une  baneroUe 
d'or  en  façon  de  guidon  ;  sur  les  fiefs  possessez  par  gens  nobles 
non  chevaliers,  sont  armoriez  leurs  armes  en  escusson;  et  sur  ceulx 
qui  sont  possessez  par  gens  non  nobles,  y  sont  paincturées  au- 
cunes armes  à  plaisance,  mises  par  différence  en  ung  cueur,  en 
lieu  d'un  escu  ;  et  aussi  sur  les  fiefs  tenus  nuement  du  chastel 
dudit  Clermont,  possessez  par  chevaliers  et  autres  gens  nobles, 
est  mis  au  dessus  de  l'escusson  ung  guidon  armorié  des  armes 
de  mondit  seigneur  le  duc.  Ou  commencement  duquel  terrier 
est  écrit  :  «  Nos  Johannes  de  Cognerio,  legis  doctOTy  consiliarius 
Dominl  nostri  ducis  Bourbonii,  Comitis  Claromontensis  et  Foren- 
sis.  »  Et  ou  sixième  feuillet  en  suivant,  en  la  première  page,  qui 
est  le  principal  commencement  dud.  terrier,  est  pourtraict  et 
figuré  en  armes  mondit  seigneur  le  duc  sur  un  cheval  housse 
de  ses  armes,  et  au  dessoubz  de  luy  est  escript  ce  qui  ensuit  :  Et 
pour  ce  que  trop  ennuyeuse  et  obscure  chose  seroit  aux  regardants 
en  ce  livre  a  trouver  les  terres  et  possessions  et  les  hommes  de 
fief  de  mondit  seigneur  le  duc  et  autres  choses  escriptes  et  dé- 
nommées en  icellui  livre,  si  aucune  déclaration  nestoit  faite 
comment  et  par  quelle  manière  ils  seront  trouvez,  il  est  dé- 
clairé  cy  après  par  ordre  et  par  nombre  en  quelz  feuillietz  et 
lieux  dud.  livre  chacun  fief  et  hors  fief,  et  possessions  et  rentes 
et  autres  choses  oudit  livre  contenues  seront  trouvées.  » 

L'identité,  que  M.  de  Marsy  a  constatée  entre  les  dessins  du 
copiste  de  Gaignières  et  ceux  de  l'extrait  dressé  deux  siècles  au- 
paravant, permet  de  juger  de  la  fidélité  de  la  copie  sous  le  titre 
d'Hommages  du  comté  de  Clermont  en  BeauvaisiSy  que  possède  la 
Bibliothèque  nationale  et  dont  les  lignes  ci-dessus  donnent  une 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT    EN   BEAUVAISIS.  113 

description  assez  exacte  pour  que  nous  n'ayons  pas  à  y  revenir. 

L'exemplaire  des  Archives  de  Clermont  est  encore  mentionné 
par  le  même  Jehan  Dargilliëre  *  en  tête  de  l'état  qu'il  dressa 
sur  la  fin  du  xv*  siècle,  des  fiefs  tenus  directement  du  comté 
(Archives  de  l'Oise,  E  39),  comme  «  un  grand  livre  en  parchemin, 
écrit  en  lettre  bâtarde ,  fort  richement  historié  et  armorié , 
nommé  le  Terrier.  » 

Le  grand  livre  de  parchemin,  «  appelé  vulgairement  le  papier 
Terrier  et  Pancarte  des  fiefs,  terres,  possessions  et  revenus  du 
comté  de  Clermont,  »  existait  encore  en  1601  entre  les  mains  de 
M*  Simon  Vigneron,  avocat  du  roi  au  bailliage,  qui  le  14  avril  de 
la  dite  année  en  fit  délivrer  aux  habitants  et  manants  du  bourg  de 
la  Neuville-en-Hez  un  extrait  déclaratif  de  leurs  droits,  fran- 
chises et  libertés  '.  Il  avait  donc  échappé  au  sac  que  les  troupes 
royales  firent  subir  en  1590,  l'espace  de  dix-sept  jours  entiers, 
à  la  ville  et  au  château  de  Clermont,  et  pendant  lequel  furent 
brûlés,  déchirés  et  jetés  dans  la  rue,  tous  les  papiers  tant  des 
greffes  du  domaine,  bailliage,  eaux  et  forêts  que  des  autres  per- 
sonnes publiques  et  praticiens  '. 

Qu'est-il  devenu  depuis?  De  prime  abord  nous  aurions  été 

^  Un  autre  d'Argillière,  également  du  prénom  de  Jean,  mais  qui  remplissait  les 
fonctions  d'eslu  de  Clermont  pour  le  roi  et  de  receveur  général  de  la  comté  et 
se  qualifiait  d'écnyer,  fut  commis,  en  1500,  par  Anne  de  France,  duchesse  de 
Bourbon,  pour  aller  à  Moulins,  coopérer  au  premier  inventaire  des  archives  de 
la  maison  de  Bourbon.  Voir  Huillard-Bréholles,  introduction.  Nous  avons  déjà 
cité  rinventaire  rédigé  par  ce  d'Argillière. 

«  Petit  Cartulaire  de  la  Neuville-en-Hez,  aux  archives  de  l'Oise.  Le  compulsoire  de 
1601  nous  apprend  que  le  livre  terrier  était  alors  u  couvert  de  cuire  de  veau 
noire.  » 

'  Certificat  des  greffiers  et  notaires  de  Clermont  du  lundi  trentième  jour  d'oc- 
tobre 1623,  passé  par  devant  Jehan  de  Saint  Leu,  licencié  ès-lois,  conseiller  du 
roi,  prévôt  en  garde  et  juge  royal  ordinaire  du  comté.  Les  comparants  attes- 
tèrent unanimement,  sous  la  foi  du  serment,  que  toutes  les  armoires  et  coffres 
qui  étaient  dans  la  chambre  du  trésor  des  titres  du  domaine  dans  le  château  de 
Clermont,  avaient  été  rompus  et  tous  les  titres  et  papiers  qui  y  étaient  contenus, 
pillés,  déchirés  et  gâtés  par  les  soldats  qui  en  avaient  vendu  un  grand  nombre 
aux  revendeurs  de  sel  et  merciers  de  la  ville,  lesquels  s*en  étaient  longtemps 
servis  à  mettre  leur  sel  pour  le  débiter  à  petites  mesures  aux  particuliers,  et 
même  on  avait  vu  plusieurs  feuillets  en  parchemin  des  dénombrements  des  fiefs 
et  seigneuries  relevants  dudit  comté,  employés  par  les  soldats  aux  fallots  pour 
faire  leurs  rondes  la  nuit  (Archives  nationales,  K,  113,  n»  10).  Sur  l'histoire  de 
Qermont  pendant  les  troubles  de  la  Ligue,  on  peut  consulter  une  curieuse  bro- 
chure publiée  en  1853  par  M.  Féret,  au  dévouement  et  à  la  générosité  duquel  la 
ville  de  Clermont  doit  sa  bibliothèque  et  ses  archives  municipales. 

8 


Digitized  by 


Google 


114  LE   COMTÉ   DE   CLERMONt   EN    BEAUVAISIS. 

disposé  à  le  reconnaître  dans  le  manuscrit  aujourd'hui  conservé 
aux  Archives  nationales,  sous  le  titre  de  Cariulaire  de  Clermont 
en  Beauvaisisy  et  qui  porte  le  n*  1093  de- la  série  KK.  Car  malgré 
son  titre  différent,  ce  cartulaire  n'est  autre  que  le  dénombre- 
ment de  1373,  mais  après  examen,  il  nous  a  paru  difficile  d'ad- 
mettre que  le  manuscrit  des  Archives  ait  été  celui  sur  lequel  Gai- 
gnières  a  fait  exécuter  sa  copie.  D'une  part,  on  n'y  trouve  point 
les  enluminures  et  les  miniatures  des  châteaux,  villes  et  monas- 
tères dépendants  du  comté,  non  plus  que  le  portrait  en  armes 
du  duc  de  Bourbon;  de  l'autre  il  comprend  uniquement  le  livre 
Terrier  et  par  suite  ne  commence  qu'à  la  table  que  le  procès-ver- 
bal de  1474  déclare  être  le  principal  commencement  dudit  Ter- 
rier et  figurer  à  la  première  page  du  sixième  feuillet.  A  moins 
d'une  mutilation  récente  et  assez  peu  vraisemblable,  on  serait 
donc  amené  à  conclure  que  les  officiers  du  bailliage  de  Cler- 
mont n'auraient  pas  envoyé  en  1737  à  Paris,  comme  l'a  pensé 
M.  de  Beauminy,  l'exemplaire  original,  dont  ils  étaient  déten- 
teurs, mais  seulement  une  ancienne  copie  \ 

Mais  le  surplus  de  l'assertion  de  M.  de  Beauminy  n'en  de- 
meure pas  moins  exact.  C'est  bien  de  la  Chambre  des  comptes 
que  provient  en  effet,  le  ms.  KK.  1093;  son  classement  dans 
une  série  formée  pour  la  majeure  partie  des  archives  de  cette 
coiu*,  en  témoigne;  —  et  la  mention  «  rap.  le  T'juin  1739,  » 
qui  figure  inscrite  en  tête  de  son  premier  feuillet,  nous  semble 
établir  en  outre  pertinemment  que  l'entrée  au  chartrier  du  domaine 
eut  précisément  lieu,  alors  qu'on  s'occupait  à  en  reconstituer  les 
titres,  à  combler  les  lacunes  qu'avait  faites  le  terrible  incendie 
dont  nous  avons  parlé  *. 

1  Une  annotation  placée  surTun  des  feuillets  blancs  qui  se  trouvent  en  tête  du 
Ms.  KR  1093,  dit  que  son  écriture  est  d'environ  1460  à  U80,  nouvel  argument 
contre  l'assimilation  de  ce  Ms.  à  Toriginal,  lequel  aurait  alors  été  détruit  dans  la 
période  révolutionnaire,  car  il  n'existe  plus,  à  notre  connaissance  du  moins,  ni  à 
Clermont,  ni  aux  archives  de  TOise,  ni  dans  les  Dépôts  publics  de  Paris. 

'  Dans  Fétude  sur  les  Droits  seigneuriaux  du  comté  de  Clermont  en  Beauvaisis, 
d*aprés  le  dénombrement  de  1373,  que  nous  avons  publiée  en  1869  (Mémoires  de 
la  Société  académique  de  VOise,  t.  VII),  nous  avions  émis  une  autre  hypothèse  et 
pensé  que  le  manuscrit,  dont  nous  nous  occupons,  aurait  pu  prendre  place  au 
dépôt  de  la  Chambre  des  Comptes  dès  le  xvi«  siècle,  c'est-à-dire  à  Têpoque  où 
cette  Chambre  fut  constituée  séquestre  des  titres  de  la  branche  aînée  de  la  maison 
de  Bourbon,  lors  de  Tarrét  du  Parlement  du  16  janvier  1523,  déclarant  le  fameux 
connétable  «  crimineux  de  lèze  majesté,  rébellion  et  félonie.  »  Mais  nous  ne 
connaissions  alors  ni  le  compulsoire  de  1601,  ni  le  passage  de  M.  de  Beauminy 
qui  nous  paraissent  de  nature  &  écarter  ladite  hypothèse. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ  DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS.  115 

Quoi  qu'il  en  soit  du  reste  de  leur  provenance,  le  manuscrit 
des  Archives  (KK.  1093)  et  celui  de  la  Bibliothèque  nationale 
(F.Fr.  20,082)  sont  en  ce  qui  concerne  le  livre  Teirier,  iden- 
tiques en  tous  points,  tant  pour  les  divisions  que  pour  le  texte. 
Leur  pagination  seule  diffère.  Le  premier  ne  compte  que 
381  feuillets  de  parchemin  numérotés  ;  le  second  en  compte 
576  en  papier  pour  la  majeure  partie,  sur  lesquels  les  actes 
étrangers  au  dénombrement  en  prennent  30,  savoir  :  cinq  au 
commencement  du  livre  et  les  vingt-cinq  autres  à  la  fin.  Tous 
deux  sont  de  format  in-folio  ;  tous  deux,  sans  titre  intérieur  ni 
intitulé,  ni  formule  les  terminant,  commencent  et  finissent  par 
un  certain  nombre  de  feuillets  blancs;  ils  ne  portent  aucune 
attestation  soit  d'un  fonctionnaire,  soit  d'un  officier  public  cer- 
tifiant leur  authenticité,  leur  conformité  avec  l'original. 

Voici  les  titres  de  leurs  principales  divisions  : 

Déclaracion  des  églises  qui  ont  maisons,  terres,  rentes  et 
autres  possessions  en  la  comté  de  Clermont  (20,082,  f  H  et  s.  — 
KK.  1,093,  f  3  et  s.) 

Déclaracion  de  la  prévosté  de  Clermont  et  des  autres  offices 
appartenant  à  Monseigneur  le  duc  à  Clermont,  et  des  autres 
marchiez  et  droiz  dudit  Monseigneur  le  duc  en  ladite  ville  et  la 
manière  comment  on  les  bailles,  et  quels  droits  Monseigneur  a 
et  prent  en  iceulx  marchiez  et  services,  et  comment  ils  se 
cuellent  et  ont  este  accoustumez  en  cueillir  et  lever  (20,082 
f  39  et  s.  —  KK.  1,093  f  19  et  s.). 

Dénommément  et  desclaration  de  la  terre  de  RonqueroUes 
(20,082,  f  79  et  s.  —  KK.  1,093,  f  53  et  s.) 

Dénommément  a^  desclaracion  du  chastel  de  la  Nuefville-en- 
Hez  avecques  ses  cens,  rentes  et  proufis  mis  en  prévosté  (20,082, 
f  99  et  s.  —  KK.  1,093,  f»  67  et  s.). 

Desclaracion  du  nombre  des  arpenz  de  boz  que  le  forest  de 
Hez  peut  contenir  (20,082,  f  130  et  suiv.  —  KK.  1,093,  f  91 
et  suiv.). 

Desclaracion  du  chastel  de  Gournay-sur-Aronde  avec  ses  cens, 
rentes  et  prouffits  mis  en  prévosté  (20,082,  f*  135  et  s.  —  KK. 
1093,  f  95  et  s.). 

Noms  des  hommes,  des  femmes  et  des  enfants  qui  sont  de 
condicion  esquels  Monseigneur  le  comte  partist  et   prcnt   la 


Digitized  by 


Google 


116  LK   COMTÉ   DK   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS. 

moitié  des  mortes  mains  et  formariages  contre  l'abbé  de  Saint- 
Denis  et  par  la  main  dudit  abbé,  et  les  villes  dont  ils  sont 
(20,082,  f  141  et  s.  —  KK.  1,093,  f  98  et  suiv.). 

Nombre  des  boz  et  forest  de  Jurequin,  appartenant  à  Monsei- 
gneur le  duc  (20,082,  f  158.  —  KK.  1,093,  f  103). 

Au  folio  104  du  Ms.  KK.  1,093  et  au  folio  181  du  Ms.  Fr. 
20,082  commence,  pour  se  poursuivre  jusqu'à  la  fin  du  volume, 
la  liste  de  tous  les  possesseurs  de  châtellenies ,  seigneuries, 
terres,  cens  et  rentes  relevant  en  fief  ou  arrière  fief  du  comté  de 
Clermont.  En  regard  de  chaque  nom  sont  blasonnées  les  armoi- 
ries du  feudataire. 

L'un  et  l'autre  manuscrit  contient  la  table  des  fiefs  et  hors 
fiefs,  décrite  dans  le  procès-verbal  de  1474.  Celui  de  la  Biblio- 
thèque nationale  en  possède  en  outre  une  seconde,  donnant  par 
ordre  alphabétique  les  noms  de  toutes  les  familles  mentionnées 
dans  le  dénombrement.  Cette  table,  d'écriture  moderne,  remplit 
onze  pages,  non  numérotées,  placées  à  la  fin  du  volume. 

Le  dénombrement  de  1373  nous  semble  offrir  un  intérêt  par- 
ticulier à  raison  de  l'époque  à  laquelle  il  a  été  rédigé.  Il  pré- 
sente en  effet  le  tableau  de  l'organisation  d'un  grand  fief  alors 
précisément  que  la  législation  des  temps  féodaux  est  sur  le 
point  de  faire  place  à  un  droit,  à  des  us  plus  modernes  *.  C'est 
donc  comme  un  inventaire  fait  in  extremis  et  dont  certaines 
révélations  ne  laissent  pas  que  d'avoir  leur  valeur.  Nous  appre- 
nons ainsi  que  le  servage  n'avait  pas  encore  disparu  du  Beau- 
vaisis,  puisque  près  de  400  hommes,  femmes  et  enfants,  répartis 
dans  vingt  localités,  acquittaient  au  profit  du  comte  de  Clermont, 
des  droits  de  mortes-mains  et  de  formariages,  et  les  aveux  des 
feudataires  font  également  mention  d'hostises  et  d'hommes  de 
corps  *.  Les  signes  distinctifs  des  blasons  permettent  de  cons- 
tater que  sur  dix-sept  cents  fiefs  et  arrière-fiefs  mouvants  du 


*  Cette  législation  persistait  cependant  encore  ;  nous  en  avons  pour  preuve 
des  lettres  du  roi  Jean  du  19  septembre  1351,  insérées  dans  le  Ms.  20,082  (fo  573), 
et  fixant  aux  nobles  des  pays  de  Vermandois  et  de  Beauvaisis  le  délai  qui  devait 
s'écouler  entre  le  défi  et  les  hostilités  dans  les  guerres  qu'ils  pourraient  avoir  les 
uns  contre  les  autres.  Malgré  les  efforts  réunis  de  TÉglise  et  de  la  royauté,  Tusage 
barbare  des  guerres  privées  ne  devait  prendre  fin  en  France  qu'an  siècle  suivant. 

*  Nous  avons  déjà  vu  du  reste  plus  baut  que  la  charte  d'affranchissement, 
octroyée  aux  serfs  de  Milly  par  les  seigneurs  de  cette  châtellenie  et  approuvée  par 
Louis  II,  date  seulement  du  mois  de  novembre  1400. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS.  11 Y 

chàtel  de  Clermont,  cent  à  peine  appartenaient  à  des  roturiers, 
et  que  par  suite  la  fortune  territoriale  demeurait  encore  presque 
concentrée  aux  mains  de  la  noblesse.  Le  nombre  des  fiefs  en  la 
main  du  suzerain,  par  défaut  d'homme,  se  trouvait  aussi  fort* 
peu  considérable.  Nous  pourrions  multiplier  à  cet  égard  les 
remarques;  elles  se  présenteront  d'elles-mêmes  aux  lecteurs 
qui  parcourront  notre  trop  brève  analyse.  Nous  nous  bornerons 
à  une  seule  observation  dont  l'importance  n'échappera  à  aucun 
d'eux.  C'est  du  règne  de  Jean  II  et  de  celui  de  Charles  V  que 
datent  les  premières  tentatives  sérieuses  pour  soumettre  les 
diverses  parties  du  royaume  à  des  impôts  généraux  au  profit  de 
la  royauté,  et  ces  impôts  ou  plutôt  ces  aides,  ainsi  qu'on  les 
appelait,  n'affectèrent  jamais  durant  les  deux  règnes,  qu'un 
caractère  temporaire  et  spécial*,  notre  dénombrement  peut  donc 


*  Afin  d'obtenir  Tacquiescement  des  grands  feudataires  &  Timposition  ainsi  faite 
sur  lears  vassaux  et  sujets,  le  roi  leur  abandonnait  généralement  une  quote-part 
du  produit  de  cette  imposition.  11  agit  de  la  sorte  en  1340  et  en  1366  à  Tégard  du 
duc  de  Bourbon.  Les  Archives  nationales  conservent  (P  1362*.  n».  1104)  un  état 
de  la  valeur  des  taxes  indirectes  dans  le  comté  de  Clermont^  qui  est  sans  date, 
mais  que  M.  Huillard-Bréholles  croit  approximativement  de  1360.  Nous  le  repro- 
duisons ici  : 

Ensuit  la  valleur  des  impositions  des  villes  estans  en  la  conté  de  Clermont  au 
diocèse  de  Beauvais,  esquelies  Mons'.  de  Bourbonnois  a  tout  ou  le  plus  grant 
partie  tenues  de  lui,  et  aussui  le  valleur  du  vin  vendu  à  détail  esdites  villes. 

Et  premier  l'imposition  de  toutes  denrées,  excepté  le  imposition  du  vin  vendu 
en  gros,  qui  se  vallie  à  part. 

Limposition  du  doienné  de  Clermont,  excepté  les  villes  estans  en  le  chastelerie 
de  Creil,  montent  pour  an,  à  iiP^  xuii  1.  xu  s. 

L'imposition  du  vin  vendu  en  gros  exceptées  les  villes  dessusdites  monte 
pour  an,  à  vi««.  lxxyiii  1. 

Le  viii«  du  vin  vendu  à  détail  monte  pour  les  villes  dessusdites  à 

xn««.  XLiii  1.  un  s. 

Somme  dudit  doienné  ii™.  viii««.  lxiiu  L  xvi  s, 

Item  l'imposition  du  doienné  de  Pont  de  toutes  denrées  excepté  le  vin  en  gros 
et  les  villes  dessusdites  monte  pour  an,  à  ui^.  lzzx^xi  1.  m  s. 

L'imposition  du  vin  en  gros,  à  viii««.  xzxiiii  1. 

Le  VHP.  du  vin  vendu  à  détail  monte  à  vj^.  xii  1.  xii  s.  p. 

Somme  dudit  doienné  Xviii'^^  xxxvii  1.  xv  s.  p. 

Item  l'imposition  du  doienné  de  Moncy  comme  dessus,  monte  à     Lvi  1.  x  s.  p. 

L'imposition  du  vin  en  gros  dudit  doienné  monte  pour  an,  à  xxx  1.  p. 

Le  VHP.  dudit  doienné  monte  pour  an,  à  lxxvii  1.  p. 

Somme  dudit  doienné  vm^.  m  1.  x  s. 

Item  l'imposition  du  doienné  de  Breteuil  comme  dessus  monte  à        vi».  vi  1. 

L'imposition  du  vin  en  gros  monte  à  vi  1.  ini  s.  p. 

Le  vni«.-du  vin  vendu  en  gros  monte  k  vii".  vi  1.  p. 


Digitized  by 


Google 


118  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS. 

être  considéré  comme  donnant  Tétat  complet  des  charges  ordi- 
naires qui  pesaient  antérieurement  sur  les  populations. 

Nous  avions,  pour  le  résumé  que  nous  nous  proposions  de  faire 
du  livre  des  hommages  ou  cartulaire  de  Glermont,  à  choisir  entre 
le  manuscrit  des  Archives  et  celui  de  la  Bibliothèque  nationale. 
Nous  nous  sommes  décidé  pour  le  dernier,  non-seulement  parce 
qu'il  est  plus  complet  et  possède  la  seconde  table  que  nous 
avons  dite,  mais  aussi  et  surtout  parce  qu'il  a  été  l'objet  des 
études  de  Dom  Grenier.  Le  savant  bénédictin,  reconnaissant 
toute  la  valeur  du  dénombrement  de  1373  pour  l'histoire  de  l'an- 
cienne Picardie,  n'a  pas  reculé  devant  la  longue  et  difficile  tâche 
de  décrire  les  dix-sept  cents  blasons  qu'il  contient;  son  mémoire 
est  inséré  dans  le  tome  LIV  de  sa  collection  (f  '  53-96),  sous  ce 
titre  :  Extrait  d'un  gros  volume  à  la  Bibliothèque  du  Roi  qui  est 
un  registre  d'aveux  et  dénombrements  servis  au  comté  de  Clermont 
en  Beauvaisis.  Il  a  singulièrement  aidé  sur  ce  point  notre  travail. 


Somme  dudit  doieoné  il».  Lxxviii  1.  un  s.  p. 

Item  rimposition  du  doienné  de  Ressons  sanz  le  vin  vaut  pour  an  Lxxv  1.  un  g. 
L'imposition  du  Tin  vendu  en  gros  vault  pour  an  xiii  1. 

Le  VIII*.  du  vin  à  détail  vault  pour  an  Lxxi  1.  p. 

Somme  dudit  doienné,  vi^^.  xix  1.  un  s.  p. 

Item  l'imposition  du  doienné  de  Coudun  vaut  pour  an  xxxviii  1.  x  s. 

L'imposition  du  vin  vendu  en  gros  vaut  pour  an  xx  1.  x  s. 

Le  viii«.  du  vin  à  détail  vaut  pour  an  uii^K  xi  1. 

Somme  dudit  doienné  vii»x  1.  p. 

Item  les  impositions  du  doienné  de  Bray  vallent  pour  an  xvi  1. 

Les  impositions  du  vin  en  gros  vallent  pour  an  néant. 

Le  vni«.  du  vin  à  détail  vaut  pour  an  x  1.  x  s. 

Somme  dudit  doienné  xxvi  1.  x  s.  p. 

Item  les  impositions  du  doienné  de  la  Monteingnie  vallent  pour  an 

XLVIII  L  IIII  8. 

L'imposition  du  vin  en  gros,  néant. 

Le  vni*.  du  vin  à  détail  monte  pour  an,  à  un»  xii  1.  vu  s. 

Somme  dudit  doienné  vn«  1.  xin  s.' 

Item  les  villes  de  la  cbastelerie  de  Greil  qui  sont  en  plusieurs  doiennés  vallent 
pour  lesdis  aides  che  qui  ensuit  : 

Les  impositions  sans  le  vin  montent  pour  an,  à  ini««.  xyii  1. 

•  L'imposition  du  vin  en  gros  monte  à  ii««.  xxxv  1. 

Le  VHP.  du  vin  à  détail  monte  à  vi«.  xui  1.  p. 

Somme  toute  des  trois  parties  xn«<.  nii",  xni  1. 


Digitized  by 


Google 


LE  LIVRE  DES  HOMMAGES 


OU 


COMTÉ    DE    GLERMONT    EN    BEAUVAISIS 

(Bibliothèque  nationale,  Us,  F.  Fr.  20,082). 


DÉCLARACION  DES  ÉGLISES  \ 

Ci  après  sensieuent  les  Églises  qui  ont  maisons^  terres^  rentes  et 
autres  possessions  en  la  conté  de  Clermont  soubz  la  garde  de 
M.  le  Duc  de  Bourbonnais^  conte  de  Clermont^  et  ou  ressort  de 
lad.  conté;  desquelles  rentes  y  terres  et  possessions  dycellcs 
Églises  desclaracion  est  faite  plus  à  plain  ou  terrier  des 
Églises  (f  •  11  et  suivants). 

(Noas  avons  déjà  dit  que  ce  terrier  était  aujourd'hui  perdu.) 

L'abbé  de  Clugny  par  moien  de  Saînt-Martin-des-Champs 
[diocèse  de  Paris]  tient  en  la  conté  de  Clermont  et  ou  ressort, 
soubz  la  garde  dudit  Mons.  le  Duc,  ce  qui  s*enssuit  : 

Le  prioré  de  Gressonsart'  et  toutes  les  deppendances  assises 
à  Gressonsart ,  et  es  terrouoirs  de  la  Nueville-le-Roy  ' ,  de 
Venette  *,  de  Jaux  *,  de  Hennencourt  •  et  de  Liencourt  ^. 

1  En  marge  de  chaque  nom  d*abbaye  se  trouve  un  petit  dessin  dans  la  lettre 
ornée  qui  représente  le  costume  de  Tabbé,  vu  à  mi-corps.  Les  abbayes,  dont  nous 
n'avons  pas  indiqué  le  diocèse,  appartenaient  à  celui  de  Beauvais.  M.  de  Marsy 
a  publié  dans  le  tome  Y!  des  Mémoires  de  la  Société  Académique  de  l'Oise  cette 
partie  du  dénombrement  de  1373  jusqu'à  la  déclaracion  du  chapitre  Notre-Dame. 

*  Canton  de  Saint-Just.  Don  du  prieuré  de  Gressonsart  par  Pierre,  évéque  de 
Beauvais,  à  l'abbaye  de  Saint-Martin-des-Champs,  en  1133. 

*  Canton  de  Saint-Just. 

^  Canton  de  Compiègne. 

*  Canton  de  Compiègne. 

*  Armancourt,  canton  d'Estrées- Saint-Denis. 

"^  Liancourt-sous-Clermont,  cheMleu  de  canton. 


Digitized  by 


Google 


120  LE   COMTÉ   B£   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS. 

Le  prioré  de  Francîères  *• 

L'abbé  de  Saînt-Benoît-seur-Loire  [diocèse  d'Orléans]  tient 
en  lad.  conté  le  prioré  de  Warty-Saint-Pierre  ". 

L'abbé  de  Corbie  [diocèse  d'Amiens]  tient  en  lad.  conté  son 
manoir  de  Thory  '. 

L'abbé  de  Saint-Waast-d'Arras  [diocèse  d'Arras]  tient  en  lad. 
conté  son  manoir  de  Baillenval  *. 

L'abbé  de  Saint-Lucian-de-Beauvaîs  tient  en  lad.  conté,  ses 
boiz  dessus  Saint-Félix  ',  joignant  à  la  forest  de  Hez  avecque 
plusieurs  autres  rentes. 

L'abbé  de  Vezelay  [diocèse  d'Autun]  tient  en  lad.  conté  ce  qui 
s'enssuit  : 

Le  prioré  de  Bulles  •. 

Le  prioré  de  Monstereul-sur-Bresche  '. 

L'abbé  de  Saint-Genner-de-Flay  tient  en  lad.  conté  plusieurs 
rentes  appendantes  au  corps  de  lad.  église,  avec  les  priorés  qui 
s'enssuient  : 

Le  prioré  de  Villers-Saînt-Sépulcre  *. 

Le  prioré  de  Saint-Remy-soubz-Clermont  *  et  la  maison  de 
Havrechy  *®  et  plusieurs  possessions  appendens  aud.  prioré. 
Le  prioré  de  Bruel-le-Vert". 
Le  prioré  de  Bruel-le^Sec  ". 
Le  prioré  de  Fresnemontier  *'. 

<  Canton  d^Estrées-Saint-Denls. 

s  Aujourd*hai  Fitz-James,  canton  de  Clermont. 

*  Thtiry,  canton  de  Mouy. 

*  Bailleval,  canton  de  Llancourt. 

s  Canton  de  Mouy.  Transaction  de  Tan  1211  entre  Catherine,  comtesse  de  Cler- 
mont, et  Fabbaye,  relativement  au  bois  de  Saint-Félix. 

*■  Canton  de  Clermont.  Le  prieuré  de  Bulles  avait  été  donné  vers  1081  par 
Hugues  de  Dammartia  à  Tabbaye  de  Vézelay,  au  préjudice  de  Tabbaye  de  Saint-' 
Lucien. 

7  Canton  de  Froissy. 

*  Cantc»n  de  Noailles.  Donation  en  1060  du  prieuré  de  ViUers  par  Lancelin  de 
Beauvais  à  Tabbaye  de  Saint-Germer. 

*  Saint-Remy-r Abbaye,  commune  d'Agnetz,  canton  de  Clermont. 
10  Canton  de  Clermont. 

i>  Canton  de  Clermont.  Donation  du  prieuré  de  Breuil,  en  1100,  par  Hugues  de 
Clermont.  Confirmation  par  Renaud,  en  1)47. 
1*  Canton  de  Clermont.  Donation  en  1194  par  Bernard  d'Angivillers. 
u  Canton  de  Conty  (Somme). 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS.  121 

Le  prîoré  de  Notre-Dame-de-Pois  ^ 

L'abbé  de  Saînt-Symphorian  emprez  Beauvais  tient  en  ladite 
conté  plus"  héritages, 

Et  le  prioré  de  Saint-Thibaut  en  la  forest  de  Hez  *. 

L'abbé  de  Bretuelg  ^  tient  en  lad.  conté  sa  maison  de  Noyn- 
tel  *,  sa  maison  d'Autreville  '  et  ses  rentes  de  Harmes  •  et  de 
Hodenc  '. 

L'abbé  de  Saint- Vincent-de-Senlis  [  diocèse  de  Senlis]  tient 
en  lad.  conté  plusieurs  rentes  et  vignes. 

L'abbé  de  Saint-Fussian  [diocèse  d'Amiens]  tient  en  lad. 
conté  le  prioré  de  Ranteny  *. 

L'abbé  de  Saint-Quentin  enprez  Beauvais,  tient  en  lad.  conté 
plusieurs  rentes  et  aumosnes  avec  les  prierez  qui  s'enssuivent  : 

Le  prioré  du  Fay-Saint-Quentin  •. 

Le  prioré  de  Goumay  **. 

Le  prioré  de  Héméviller  **. 

Le  prioré  de  Milly  ". 

Le  prioré  de  Conty  ". 

L'abbé  de  Saint -Martîn-au-Boz,  ou  de  Ruricourt,  près 
Maignelay,  tient  en  lad.  conté  plusieurs  héritages  et  posses- 
sions. 

Le  prioré  de  Sarnoy  *\ 


>  Canton  de  Poix  (Somme). 

*  Commune  de  Rue-Saint-Pierre^  canton  de  Clermout.  Fondation  du  prieuré  de 
Saint-Thibaut  yers  1066.  Don  par  Alphonse  de  Portugal  et  Mahaut  de  Dammartin 
à  l'abbaye  de  Saint-Symphorien  de  Beauvais,  en  1244. 

'  Breteuil,  cheMieu  de  canton.  Cette  abbaye  de  Tordre  de  Saint-Benoit  avait 
été  fondée  ou  restaurée  vers  1035  par  Gilduin  de  Breteuil. 
^  Canton  de  Liancourt. 

•  Autreville,  commune  do  Breuil-le-Sec,  canton  de  Clermont. 
«  Canton  de  Noailles. 

'  Hodenc-rÉvéque,  canton  de  Noailles. 

*  Rantigny,  canton  de  Liancourt. 

•  Canton  de  Nivillers.  Donation  vers  1069  par  Guy,  évoque  de  Beauvais,  fonda- 
teur de  Tabbaye  de  Saint-Quentin. 

^^  Goumay-sur-Aronde,  canton  de  Ressons.  Donation  par  l'évoque  Guy  dans  les 
mêmes  conditions.  Exemption  du  droit  de  travers  concédé  à  ce  prieuré  par 
Renaud  de  Clermont  (1147)  et  Raoul,  son  fils  (1160). 

*»  Canton  d'Estrées-Saint-Denis. 

**  Canton  de  Marseille.  Fondation  et  donation  par  Sagalon  de  Milly,  en  1154. 

^>  Somme.  Donation  en  1151  par  Henri,  archidiacre  de  Beauvais. 

i*  Canton  de  Grandvilliers, 


Digitized  by 


Google 


122  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT   EN   BEAUVÂISIS. 

L'abbé  de  Saint-Just  *  tient  en  lad.  comté  plus"  renies  et 
possessions. 

La  maison  du  Pré  *. 

La  maison  de  Morviller  *. 

La  maison  de  Ranteny  ^. 

L'abbé  de  Vaussery  •  en  Bourgoigne,  tient  en  lad.  conté  sa 
maison  de  Pieumeles  •. 

L'abbé  de  Sery,  en  Ponthieu  [diocèse  d'Amiens],  tient  en  lad. 
conté  plusieurs  rentes  et  possessions. 

L'abbé  de  Ressons  [diocèse  de  Rouen]  "',  tient  en  lad.  conté 
plusieurs  rentes  et  possessions. 

L'abbé  de  Saint-Jehan  d'Amiens  [diocèse  d'Amiens],  tient  en 
lad.  conté  son  manoir  d'Autreville  *  et  plusieurs  rentes  en  lad. 
ville  d'Autreville  et  au  manoir  et  ville  de  Nointel  •. 

L'abbé  d'Ourscamp  [diocèse  de  Noyon],  tient  en  lad.  conté 
plus"  rentes  et  possessions  avec  les  maisons  et  granges  qui  s'en 
suivent  : 

La  grange  de  Warnaviller  *^. 
La  grange  d'Archonval  ". 
La  grange  de  la  Saulx  ". 
La  grange  des  Loges  ". 
La  grange  de  Berthennessart  '\ 

L'abbé  de  Froidmont"  tient  en  la  comté  de  Clermont,  le 

^  L*abbaye  de  Saint-Just-en-Chaussée  fat  fondée  en  1107  par  l'évèque  Gode- 
froy,  et  restaurée  par  Tévêque  Eudes  îïly  en  1147. 
'  Commune  de  Moyenneville,  canton  de  Saint-Just. 

>  Commune  de  Catillon,  canton  de  Saint-Just. 
^  Rantigny,  canton  de  Liancourt. 

>  M.  de  Marsy  a  fait  justement  observer  qu*il  n^existait  pas  d*abbaye  de  ce  nom 
en  Bourgogne»  et  qu'il  devait  être  ici  question  de  Valsery  au  diocèse  de 
Soissons. 

®  Pieumelles,  commune  d'Arsy,  canton  d'Estrées-Saint-Denis. 
^  Aujourd'hui  canton  de  NoaiUes. 

>  Commune  de  Breuil-le-Sec,  canton  de  Clermont. 
'  Canton  de  Liancourt. 

io  Warnavillers,  commune  de  Rouvillers,  canton  de  Saint-Just. 
**  Archonval,  commune  de  Goumay-sur-Aronde,  canton  de  Ressons.  De  cette 
grange  dépendait  la  culture  de  la  Vallière  donnée  en  1162  par  le  comte  Raoul. 
1*  La  Saulx,  commune  de  Bailleul-sur-Thérain,  canton  de  Nivillers. 
>>  Commune  de  Bailleul-le-Sec,  canton  de  Clermont. 
1^  Commune  de  Bailleul-le-Sec,  canton  de  Clermont. 
^^  L'abbaye  cistercienne  de  Froidmont,  fondée  en  1134  par  les  seigneurs  do 


Digitized  by 


Google 


L£  COMTÉ   DU   CLKRMONT   UN    BUAUVAISIS.  123 

corps  de  son  église  et  les  appartenances,  avec  ce  qui  s'enssuit  : 

Premièrement,  la  maison  de  la  Vieille-Abbaye  et  les  apparte- 
nances d  ycelle  maison  \ 

La  maison  de  Parfondeval  *. 

La  maison  de  Maurewart  *. 

La  maison  de  Harmes  ^. 

La  maison  de  la  Verrière  *. 

La  maison  de  Clermont  '. 

La  maison  du  Plessier  \ 

L'abbé  de  Lannoy  *  tient  en  lad.  conté,  une  partie  de  l'église 
de  l'abbaye  de  Lannoy. 

Item,  une  partie  de  la  ville  de  Thieuloy  '. 

Item,  leur  maison  d'Escorchevaque  **. 

Item,  la  ville  de  Thieuloy  ". 

Item,  la  ville  de  Saint-Mor  ". 

Item,  la  ville  de  Haloy  ",  et  une  partie  de  Mont-Aubert  **, 
avecques  les  appartenances. 

Balles,  fat  de  la  part  des  comtes  de  Clermont  Tobjet  de  nombreuses  libéralités, 
qae  nous  avons  indiquées  en  leur  temps.  Nous  rappellerons  seulement  les  dons  faits 
par  Raoul,  en  1190,  d'une  partie  de  la  forêt  de  Hez  ainsi  que  du  bois  de  la 
Houssière,  à  Bailleul-sur-Thérain,  et  par  les  comtes  Louis  et  Thibaut  de  Blois,  en 
1200  et  1212,  de  terres  et  bois  sur  la  paroisse  de  Cormeilles,  canton  de  Crève- 
cœur. 

Commune  de  Ballleul-sur-Therain,  canton  de  Nivillers. 

Commune  de  Warluis,  canton  de  Noailles. 

*  Mauregard,  commune  de  Reuil-sur-Brèche,  canton  de  Froissy. 
^  Canton  de  Noailles. 

*  Commune  de  la  Neuville-en-Hez,  canton  de  Clermont. 

*  1201.  Autorisation  donnée  par  Cathenne,  comtesse  de  Clermont,  et  Louis  de 
Blois,  son  époux,  aux  religieux  de  Froidmont,  d'acheter  une  maison  dans  la  ville 
de  Clermont.  Cette  maison,  sise  dans  la  rue  Saint- André,  fUt  d'abord  dite  de  la 
Sirène,  puis  porta  l'enseigne  du  Grand-Cerf. 

'  Le  Plessier-BiUebault,  commune  d'Ansacq,  canton  de  Mouy. 

*  Abbaye  de  l'ordre  de  Ctteaux,  fondée  en  1134,  à  Briostel,  paroisse  de  Saint- 
Maur,  puis  transférée  dans  la  vallée  du  Thérinet,  sur  la  terre  de  Vieux-Moulins, 
donnée  par  le  seigneur  du  Ply.  Elle  prit  alors  le  nom  de  Lannoy.  Les  seigneurs 
de  Breteuil  et  de  Clermont  figurèrent  au  premier  rang  de  ses  bienfaiteurs.  En  1174, 
le  comte  Raoul  avait  accordé  aux  religieux  de  Lannoy  asile  sur  ses  terres  en 
temps  de  guerre  et  les  avait  pris  sous  sa  sauvegarde. 

*  Thieuloy-Saint-Antoine,  canton  de  GrandviÛiers. 

^^  Commune  de  Saint-Maur,  canton  de  Grandvilliers. 

1*  Thieuloy-la- ville,  canton  de  Poix  (Somme). 

i*  Saint-Maur-en-Chaussée,  canton  de  Grandvilliers. 

"  Canton  de  Grandvilliers. 

**  Commune  de  Thérines,  canton  de  Songeons. 


Digitized  by 


Google 


i24  LE  COMTÉ   DE   CLERMONT   EX   BEÂUVAISIS. 

L*abbé  de  Beaupré  ^  lient  en  lad.  conté,  sa  maison  du  Cau- 
roy  *  avec  plus"  héritages. 

Le  manoir  de  Contres  *. 

Le  manoir  de  Monstereul  *. 

La  maison  de  Sarcus  *. 

L'abbesse  de  Chelles  Sainte-Bautenc  [diocèse  de  Paris]  tient 
en  lad.  conté  plusieurs  rentes  et  possessions  et  les  maisons  qui 
s'enssuivent  : 

La  maison  de  Euny  *. 

La  maison  de  NuUy  ^. 

L'abbesse  de  Notre-Dame-la-Royale  •  tient  en  lad.  conté  plu- 
sieurs héritages  à  Euny  •  et  seur  la  rivière  de  Bresche. 

L'abbesse  de  Saint-Pol  emprez  Beauvais  tient  en  lad.  conté 
plusieurs  héritages,  rentes  et  aumosnes. 

L'abbesse  de  Penthemont  *^  tient  en  lad.  conté  plusieurs  rentes 
et  aumosnes. 

L'abbesse  de  Saint-Anthoîne  emprez  Paris  tient  en  lad.  conté 
plusieurs  rentes  et  aumosnes. 

L'abbesse  de  Monchel  tient  en  lad.  conté  plusieurs  rentes  et 
aumosnes. 

L'abbesse  de  Moncy-le-Perreux  tient  en  lad.  conté  plusieurs 
rentes  et  aumosnes. 

Le  menistre  de  Clermont"  tient  en  lad.  conté  l'église  de  la 
Trinité  de  Clermont  et  la  maison  desseur  le  Boz-Saint-Jehan. 


«  Abbaye  de  Tordre  de  Cîteaux,  fondée  en  1135  ,  par  Manassès  de  MiUy, 
seigneur  de  Bulles  et  d'Achy,  sur  le  territoire  de  cette  dernière  seigneurie.  Elle 
fut  d'abord  connue  sous  le  nom  de  Pré-en-Beauvaisis.  Par  lettres  de  novembre 
1206^  Catherine,  comtesse  de  Clermont,  prit  les  religieux  de  Beaupré  sous  sa 
protection  spéciale. 

*  Commune  de  Milly,  canton  de  Marseille. 

*  Canton  de  Conty  (Somme). 

*  Commune  de  Blacourt,  canton  du  Coudray. 
»  Canton  de  Grandvilliers. 

*  Uny-Saint-Georges,  commune  de  Rantigny,  canton  de  Liancourt. 
'  NeuiUy-sous-Clermont,  canton  de  Mouy. 

*  Maubuisson,  près  Pontoise,  diocèse  de  Paris. 

*  Uny-Saint-Georges. 

"  Abbaye  cistercienne,  fondée  en  1217,  àTextrémité  du  faiibourg  Saint-Jean,  à 
Beauvais,  transférée  en  1671,  à  Paris,  rue  de  Grenelle. 

"  Nom  du  supérieur  des  Trinitaires  de  Clermont.  Établis  d'abord  au  bois  Saint- 
Jean,  paroisse  de  Warti,  aujourd'hui  Fitz-James,  ils  avaient  reçu  en  1245,  d'Al- 
phonse de  Portugal  et  de  Mabaud  de  Dammartin,  Tancien  Hôtel-Dieu  de  Clermont 


Digitized  by 


Google 


LÉ  COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS.  125 

Le  chapîstre  de  Notre-Dame  d'Amiens  tient  en  lad.  conté 
certaine  terre  à  Clermont  et  à  Noyntel. 

Le  chapistre  de  Gerberoy  tient  en  lad.  conté  la  terre  de  0ns- 
en-Bray  *  et  de  Saint-Aubin  ". 

Le  chapistre  de  Saint-Pierre  de  Beauvaiz  *. 

L'abbé  de  Saint-benys  *. 

L'abbé  de  Châlis  [diocèse  de  Senlis]  tient  en  lad.  conté  plu- 
sieurs rentes  séanz  à  Saint-Paul  emprez  Beauvais  *,  nommées 
le  Bequet,  et  certains  prez  à  Reimberviller  •. 

L'abbé  de  Mortemer  en  Lyons  [diocèse  de  Rouen]  tient  en 
lad.  conté  plusieurs  terres  et  boz  joignant  à  leur  grange  de 
Cannessiez^. 

L'abbé  de  Beaubec  [diocèse  de  Rouen]  tient  en  lad.  conté,  sa 
grange  et  maison  de  Colognies  •  et  plusieurs  rentes  à  Noyntel  *. 

L'abbé  du  Gart  [diocèse  d'Amiens]  tient  en  lad.  conté  la 
maison  de  Meneviller  *^  et  la  maison  de  la  Vaqueresse  ". 

dans  la  basse  ville,  sous  condition  d*y  exercer  à  perpétuité  l'hospitalité.  Les 
donateurs  leur  avaient  en  même  temps  conféré  le  droit  de  tenir  une  foire 
annuelle  et  d*en  percevoir  les  produits.  Des  lettres  de  Robert  de  Cressonsacq, 
évèque  de  Beauvais,  confirmèrent,  en  1248,  cette  libéralité.  Les  bâtiments  de 
Tancien  couvent  des  Trinitaires  sont  actuellement  occupés  par  la  sous-préfecture. 
L'église,  édifiée,  ou  plutôt  réédifiée  vers  1392,  n'existe  plus. 

>  Canton  d*Auneuil.  Cette  terre  d*0ns-en-Bray  ne  comprenait  évidemment 
qu'une  faible  partie  de  la  grande  cbÂtellenie  de  ce  nom,  dont  nous  indiquerons 
plus  loin  les  seigneurs  laïques. 

*  Saint-Aubin-en-Bray,  canton  du  Coudray. 

*  La  même  lacune  existe  dans  les  deux  manuscrits.  Le  chapitre  cathédral  de 
Beauvais  possédait  dans  retendue  du  comté  de  Clermont,  notamment  le  domaine 
de  Litz  et  le  bois  de  Saint-Pierre,  attenant  à  la  forêt  de  Hez,  au  sujet  duquel  il 
avait  eu  de  longs  démêlés  avec  Raoul.  Mais  il  refusait  vraisemblablement  de  se 
considérer  comme  placé  sous  la  garde  du  comte  de  Clermont,  vassal  de  l'église 
de  Beauvais. 

*  Même  observation  que  ci-dessus.  Le  comte  de  Clermont  devait  hommage, 
aux  termes  des  lettres  de  1269,  à  l'abbé  de  Saint-Denis  comme  à  Tévêque  de 
Beauvais.  On  trouvera  plus  loin  l'indication  des  localités  où  le  comte  et  l'abbé 
percevaient  de  compte  à  demi  des  droits  de  mortes-mains  et  de  formariages. 

s  Canton  d'Auneuil. 

«  Rainvillers,  canton  d'Auneuil. 

''  Cannessières,  canton  d'Oisemont  (Somme). 

*  Commune  de  Saint- Amoult,  canton  de  Formerie. 
»  Canton  de  Liancourt. 

«>  Canton  de  Maignelay. 

^1  Commune  de  Quevauvilliers,  canton  de  MoUiens-Vidame  (Somme). 


Digitized  by 


Google 


126  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEÀUVÂISIS. 

L'abbé  de  Chercamp  [diocèse  d'Arras]  tient  en  lad.  conté  sa 
maison  du  Pont*. 

Le  grant  Prieur  de  France,  à  cause  de  Tospital  Saînt-Jehan- 
de-Jherusalem,  tient  en  la  conté  de  Clermont  ce  qui  s'enssuit  : 

La  maison  de  Sommereulx  *. 

La  maison  de  Nully  '. 

L'abbesse  de  Fontevrault  [diocèse  de  Poitiers]  tient  en  lad. 
conté  les  prierez  et  maisons  qui  s'enssuivent  : 

Le  prioré  de  Wariville  *. 

La  maison  de  Faïel  ^^  la  grange  et  appartenances. 

La  grange  de  Courlieu  *. 

La  grange  d'Argillières  '. 

Et  la  grange  du  Bu^-Maubert  *. 

Déclaracion  des  héritages,  cens,  rentes,  possessions  et  revenus  que 
tient  et  possesse  en  la  conté  de  Clermont  k  Chapitre  de  Notre- 
Dame  de  Clermont  •  tant  amorti  comme  autrement  soubz  la 
garde  et  protection  de  monseigtieur  le  Duc.  (f  "  21  et  s.) 

Les  revenus  étaient  répartis  entre  les  chanoines  delà  manière 
suivante  : 


>  Angicourt;  canton  de  Liancourt. 
«  Canton  de  Grandvilliers. 

'  Canton  de  Mouy.  La  commanderie  de  Neuilly-sous-Clermont  avoiit,  comme 
celle  de  Sommereulx,  primitivement  appartenu  aux  Templiers.  Le  Temple  de 
Neuilly,  incendié  par  les  Anglais,  vers  1370,  ne  fut  reconstruit  qu'à  la  fin  du  siècle 
suivant.  —  Mannicr,  Les  Commanderies  du  grand-prieuré  de  France.  Les  hospi- 
taliers possédaient  en  outre,  par  don  du  comte  Raoul  de  1168,  Tannate  des 
Prébendes  de  Saint-Amoul  de  Clermont  et  de  Saint-Evremond  de  Creil. 

*  Ce  prieuré,  fondé  en  1134  par  Alix  de  Bulles  sur  les  bords  de  la  Brèche,  au 
nord  de  Litz,  aujourd'hui  commune  du  canton  de  Clermont,  fut  Tobjet  de  nom- 
breuses libéralités  de  la  part  des  seigneurs  de  Breteuil  et  des  comtes  de  Cler- 
mont. Les  granges,  dont  Ténumération  suit,  en  dépendaient. 

*  Canton  d'Estrées-Saint-Denis. 

«  Aujourd'hui  Rue  Saint-Pierre,  canton  de  Clermont. 

^  Largillière,  commune  de  Fournival,  canton  de  Saint-Just. 

*  Commune  de  Nourard-le-Franc,  canton  de  Saint-Just. 

>  Louvet  considère  (t.  Il,  p.  700)  Fépoque  de  la  fondation  du  chapitre  de  Notre- 
Dame  de  Clermont  comme  incertaine.  Ce  chapitre,  qui  portait  aussi  le  nom  de 
Saint-Amoul,  de  la  principale  relique  conservée  dans  son  trésor,  existait  dès  le 
milieu  du  xi«  siècle,  puisque  Guy,  évêque  de  Beauvais,  en  fondant  l'abbaye  de 
Saint-Quentin  (vers  1069}  la  dota  d'une  des  prébendes  de  Saint-Amoul,  et  que 
Guibert  de  Nogent  fut  quelques  années  plus  tard  pourvu  par  le  seigneur  de 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLBRMONT   EN    BEAUVAISIS.  127 

Berlin  de  Fresnes,  chanoine  :  —  revenus  à  Lierval  \  Rosteleu', 
le  Croquet,  le  Chasteler  de  Clermont  ',  Saint-Remy  *  ;  —  colla- 
tion de  tous  les  bénéfices  vacants  au  mois  de  janvier,  qui  appar- 
tiennent à  la  collation  du  chapitre. 

Messire  Pierre  Darras,  chanoine,  —  à  Cantepie  *,  le  Tieuloy, 
la  Croix  de  Giencourt  *,  Bruelg-le-Sec  ',  Ars  ',  Goudanviller-lez- 
Mondidier*,  Saint-Remy,  —  collation  des  bénéfices  vacants  en 
février. 

Messire  Robert  Dorly,  chanoine,  —  au  Tieuloy,  Giencourt, 
le  Pancheron  **,  le  Chasteler,  Saint-Remy,  —  collation  des  béné- 
fices vacants  au  mois  de  mars. 

Clermont  d'une  antre  de  ces  prébendes.  En  1114  ou  1115^  l'église  de  la  collégiale 
fut  reconstruite  et,  à  l'occasion  de  sa  consécration  par  révoque  Pierre  de  Dam- 
martin,  le  comte  Renaud  accorda  au  chapitre  une  foire  de  trois  jours  à  la  Saint- 
Jean-Baptiste  de  chaque  année  avec  les  droits  de  tonlieu,  forage,  roage,  travers 
et  justice  y  attachés.  L'église  était  alors  située,  ainsi  qu'on  le  voit  par  un  accord 
intervenu  en  1351,  entre  les  chanoines  et  le  duc  Pierre  de  Bourbon,  contre  le 
mur  d'enceinte  du  chAtean,  adossée  à  la  grande  salle  ancienne,  vers  TOccident.  Elle 
fut  presque  entièrement  détruite,  en  1359,  par  le  captai  de  Buch,  et  il  ne  resta 
sur  pied  qu'une  chapelle  dite  de  Sainte-Françoise.  Démolie  à  son  tour  pendant 
les  troubles  de  la  Ligue,  cette  chapelle  fut  remplacée,  en  1608,  par  un  nouvel 
édifice  que  la  princesse  d'Uarcourt  devait  reconstruire  encore  en  1715,  et  qui  a 
définitivement  disparu  en  1796.  Les  prébendes  étaient  au  nombre  de  douze,  y 
compris  deux  demies  ;  elles  étaient  à  la  collation  du  comte  de  Clermont,  sauf 
deux,  Tune  appartenant  à  l'abbé  de  Saint-Quentin,  comme  nous  Tavons  indiqué 
ci-dessus^  l'autre  à  l'abbaye  de  Froidmont,  en  vertu  d'une  donation  du  duc  Pierre 
de  l'année  1348,  renouvelée  par  Louis  II,  en  1367  et  1408.  Une  troisième  prébende 
devait  être  affectée  par  l'ordonnance  de  Blois,  en  1579,  au  précepteur  du  collège 
de  Clermont  (Louvet,  t.  I,  p.  109  et  869).  Il  y  avait  aussi  attachés  à  la  collégiale 
des  chapelains  et  des  vicaires,  dont  on  verra  plus  loin  l'énumération  et  les  fonc- 
tions. L'un  des  chanoines  prenait  le  titre  de  prévôt.  Un  arrêt  du  19  mars  1425, 
cité  par  Louvet,  soumettait  l'église  Notre-Dame-du-Chatel  de  Clermont  à  la  visite 
du  diocésain.  Le  chapitre  payait  200  livres  de  taxe  papale  et  128  livres  2  eous 
6  deniers  de  taxe  royide  (Département  fait  par  l'assemblée  du  chrgé  de  France, 
en  1580).  C'est  en  tête  de  cette  déclaration  et  non  de  celle  de  la  Prévôté,  comme 
nous  l'avons  dit  plus  haut  par  erreur,  que  figure  l'écusson  aux  trois  fleurs  de  lis. 
Il  est  accompagné  d'une  miniature  représentant  la  collégiale. 

*  Neuilly-sons-Clermont,  canton  de  Mouy. 

*  Breuil-le-Vert,  canton  de  Clermont. 

*  Le  Chatellier,  à  Clermont. 

*  Agnetz,  canton  de  Clermont. 

*  Fief  de  Cantepie,  sis  à  Clermont. 

«  Breuil-le-Vert,  canton  de  Clermont. 
7  Canton  de  Clermont. 

*  Cambronne,  canton  de  Mouy. 

*  Canton  de  Maignelay. 
«•  A  Clermont. 


Digitized  by 


Google 


128  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 

Œude  Blandin,  chanoine,  —  Panchoron,  le  Perrequoy ', 
Canetecourt  ",  Baillefontaine,  Olivier  ',  Clermont,  rue  de  Lan- 
uoy,  Saint-Remy,  —  collation  des  bénéfices  vacants  au  mois 
d'avril. 

Les  bénéfices  vacants  au  mois  de  mai  sont  conférés  en  com- 
mun par  les  seigneurs  de  TÉglise. 

Pauquier  de  Ver,  chanoine, — à  Gresillon,  Rullon,  Pancheron, 
les  Buhas,  Saint-Remy,  —  collation  des  bénéfices  vacants  en 
juin. 

Jehan  de  Crevecuer,  chanoine,  —  à  Clermont  (vigne  Saint- 
Sépulcre),  Baillefontaine,  Ars,  Saint-Remy  —  collation  des 
bénéfices  vacants  en  juillet. 

Jehan  Vaillant,  chanoine,  —  à  Warty-le-Grand  *,  Clermont 
(fontaine  du  Pied-du-Mont),  les  Gloriettes*,  Giencourt,  Mont- 
de-Crannes  *,  Bruel,  Buhas,  Canetecourt,  Rosteleu,  —  colla- 
tion des  bénéfices  vacants  en  août. 

Messire  Symon  Thibout,  chanoine,  —  à  Clermont  (Olivier), 
le  Postis,  soubz  le  Chastel,  Saint-Remy,  —  collation  des  béné- 
fices vacants  en  septembre. 

Messire  Jehan  de  Bouquenangle,  chanoine,  —  au  Tieuloy, 
Perrequoy,  Bruel-le-Sec,  Saint-Remy,  —  collation  des  bénéfices 
vacants  en  octobre. 

Messire  Lorenz  de  Hédicourt,  chanoine,  —  au  Perrequois, 
soubz  le  Chastel,  Pancheron,  Espineuses '',  —  collation  des 
bénéfices  vacants  en  novembre. 

Deux  demi-prouvendes  tenues  par  messire  Pierre  Fortet  et 
messire  Robert  Gentil,  —  à  Rosteleu,  Saint-Remy,  —  collation 
des  bénéfices  vacants  en  décembre. 

L'abbé  de  Saint-Quentin,  chanoine,  —  à  Arion,  «  hostises 
arses  et  péries  par  le  fait  des  guerres;  »  possède  28  mines  de 
grain. 

Lesdits  seigneurs  sont  haut-justiciers  des  lieux  susdits. 


*,  •  A  Clermont. 

«  Breuil-le-Vert,  cunton  de  Clennont. 

*  Aujourd'hui  Fitz-James,  canton  de  Clermont. 

»  A  Clermont. 

«  Breuil-le-Vert,  canton  de  Clermont. 

'  Canton  de  Clermont. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS.  129 

CettSy  rentes^  vinages  et  autres  dettes  deus  chacun  an  à  ladite 
église  de  Clermont  : 

A   CLERMONT. 

Plusieurs  hostises  *  détruites  par  la  guerre,  excepté  cinq  ; 
1**  près  la  porte  du  bourg;  2°  près  de  la  porte  de  Noyntel;  S*"  au 
dessous  de  la  fontaine  de  Lannoy  ;  et  deux  autres.  Plus  diverses 
rentes,  cens  et  dîmes,  aux  Gloriettes,  la  fontaine  du  pied  du 
Mont,  Pancheron,  les  Buhas,  Perrequois,  Cantepie,  Grasset;  la 
garde  de  la  foire  Saint-Jean-Baptiste;  profits  de  la  justice  en  la 
ville  et  banlieue  de  Clermont  le  jour  de  la  fête,  ladite  justice 
administrée  par  un  Bailli  spécial. 

Rentes  et  cens  à  Warty  %  Bequerel  '  et  Giencourt  *. 

EN   LA   VILLE   DE    SENECOURT  *. 

Hostises  détruites  par  la  guerre;  il  n'en  reste  plus  que  cinq; 
outre  cens,  tailles  et  dîmes;  haute  justice  dans  les  tenures  du 
chapitre.  -;. 

-  .      AKKlGNBViLL»^.— -        .•-^:   •    - 

n  n'y  a  plus  que  trois  hostises;  plusieurs  cens  de  peu  de  va- 
leur ;  haute  justice. 

A  ARS''. 

Six  hostises  seulement;  cens  de  peu  de  valeur;  haute  justice. 

A   NOINTEL*   ET   AUTREVILLE*. 

Seulement  quatre  hostises;  tailles  et  cens  peu  importants; 
haute  justice. 

*  On  appelait  hostise  la  tenure  d'un  hôte,  généralement  composée  d'une  petite 
habitation  et  de  quelques  pièces  de  terre.  Les  hôtes  étaient  des  espèces  de  fer- 
miers et  de  locataires  qui  devaient  au  propriétaire  ou  seigneur  des  rentes  et  des 
services  pour  le  domaine  qu'ils  exploitaient.  Ils  ne  jouissaient  pas  au  moyen  âge 
d'une  liberté  parfaite.  Voyez  Guérard,  Prolégomènes  du  cartulaire  de  Saint -Père 
de  Chartres. 

\  «  Aujourd'hui  Fitz-James,  canton  de  Qermont. 

*  Breuil-le-Vert,  canton  de  Clermont. 
>  Eiilleval,  canton  de  Liancourt 

*  Canton  de  Liancourt. 

■^  Cambronne,  canton  de  Mouy. 

*  Canton  de  Liancourt. 

*  Breuil-le-Sec,  canton  de  Clermont. 

9 


Digitized  by 


Google 


130  le  comté  de  clermont  en  beauvaisis. 

saint-remy-a-l'yaue  *. 

Trois  hostises  seulement  ;  plusieurs  terres,  dîmes,  revenus  et 
cens.  Le  chapitre  y  a  un  maire  fieffé. 

ANGIVILLER  *. 

Baillé  au  temps  passé  pour  20  fr.  de  terre  ;  seulement  trois 
hostes;  revenus  et  cens  ;  la  mairie  fieffée  dépend  du  chapitre. 

REMECOURT  '. 

Quatre  hostes  seulement;  quelques  rentes  et  dîmes;  haute 
justice. 

ARION*. 

Les  hostises  toutes  détruites;  cens  de  peu  de  valeur;  haute 
justice. 

LE   GAUCHIE   DE   RAMEGOURT  ^. 

Deux  hostes  seulement,  petits  revenus. 

Dans  les  villes  suivantes,  le  chapitre  jouit  de  revenus  et  de 
cens  peu  importants  : 

Thory  *,  —  Ansac  ^  —  Merlemont  ',  —  Fay-outre-le-Bos  *,  — 
Sachy-le-Grand  **,  —  Lierval  ",  —  Canetecourt  **,  —  Vaulz  *', 
—  Ranteny'*,  —  Merlou  ",  —  Cuignière  **,  —  Erquinvil- 
1er  *^  —  Erquery  '%  —  Nully  *%  —  Merart**^,  —  Havrechy  ",  — 
Rouviller  ",  —  Auviller  ". 

S  *  Canton  de  Saint-Just. 

>,  *  Canton  de  Clermont. 

*  Agnetz,  canton  de  Clermont. 

•,  ^  Canton  de  Mouy. 

«  Warluis,  canton  de  Noailles. 

»  Saint-Félix,  canton  de  Mouy. 

10  Canton  de  Liancourt. 

"  Neuilly-80U8-Clermont,  canton  de  Mouy. 

1"  Breuil-le-Vert,  canton  de  Clermont. 

^  Cambronne,  canton  de  Mouy. 

<^  Canton  de  Liancourt. 

**  Mello,  canton  de  Creil. 

*«,  "  Canton  de  Saint-Just. 

*•  Canton  de  Clermont. 

"  Neuilly-sous-Clermont,  canton  de  Mouy. 

^  Bury,  canton  de  Mouy. 

*i  Canton  de  Clermont. 

'*  Canton  de  Saint-Just. 

^  Neuilly-sous-Clermont,  ctnton  de  Mouy. 


Digitized  by 


Google 


LB   COMTÉ  DE   CLERMONT   EN   BEAUVÂISIS.  131 

Hommages  sans  les  maires  fiefez  desditz  seigneurs^  dont  mention 
est  faite  ci-dessus. 

Gauchier  d'Angy  tient  un  fief  au  terroir  de  Nully,  —  avec 
charge  d'être  sergent  en  la  terre  du  chapitre  à  Nully,  et  venir 
aux  plaids  d'iceulx  seigneurs. 

Philippe  d'Auffay,  écuyer,  tient  à  cause  de  sa  femme,  fille  de 
feu  Florent  de  NuÙy,  un  fief  à  Nully. 

Jehan  du  Prez,  tient  un  fief  qui  est  en  débat,  au  terroir  de 
Nully;  et  une  maison  arse  dans  la  ville  de  Nully. 

Chapelks  appartenant  à  la  collation  du  chapitre. 

Mile  Fremaut,  chapelain  de  la  chapelle  du  grand  hostel. 

La  suite  manque  dans  le  manuscrit  20,082  comme  dans  le 
manuscrit  des  archives 

<c  Cest  tordonnanche  comment  et  en  quelle  manière  Péglise 
Nostre-Dame  de  Clermont  doit  être  desservie  et  le  divin  service  fait 
et  célébré  en  icelky  et  ladite  église  avecques  le  spirituel  et  le  tem- 
porel souffisamment  gouvernés  par  les  chanoines^  par  les  vicaires 
et  par  les  chapelains  de  ladite  église,  qui  pour  celle  cause  sont 
bénéficiés  et  rentes.  > 

Ce  règlement  *  est  curieux  et  permet  de  constater  que  le  ser- 
vice divin  était  en  effet  «  célébré  continuellement  et  sans  def- 
faut  »  dans  la  collégiale  au  xiv*  siècle. 

n  y  avait  six  chapellenies  *,  à  la  collation  du  chapitre  et  des- 
servies chacune  par  un  prêtre  particulier,  c'étaient  : 

A  11  est  reproduit  dans  le  Ms.  K  R  1,093,  le  Ms.  Fr.  4,663,  et  le  tome  LFV  de 
Dom  Grenier. 

<  L'une  de  ces  chapellenies  avait  été  fondée  par  le  comte  Raoul  dans  son 
testament  du  mois  de  juillet  1191,  daté  de  Saint-Jean-d'Acre  ;  l'autre  par  Robert 
comte  de  Clermont,  également  dans  son  testament  du  6  décembre  1317.  H  y  avait 
une  autre  chapelle,  désignée  par  le  règlement  comme  la  chapelle  «  qui  jadis  fut 
Dame  Florie,  »  et  que  cette  dame,  bourgeoise  de  Clermont,  avait  dotée  sur  la  fin  du 
xiii»  siècle  (charte  confirmative  de  Robert,  de  février  1283).  M.  de  Lépinois  dit 
qu'elle  était  dédiée  à  saint  Sébastien.  Au  xyiip  siècle,  il  n'existait  plus  dans  la 
collégiale  que  cinq  chapellenies  sous  les  titres  de  Saint-Sébastien,  Saint-Lucien, 
Saint-Jean-1'Évangéliste,  Sainte-Marie-Madeleine  et  du  grand  autel  (Louvet,  t.  I, 
p.  110). 


Digitized  by 


Google 


132  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 

Le  chapelain  de  Notre-Dame  qui  avait  été  institué  «  très  le 
commencement  de  la  fondation  de  ladite  église  »  et  qui  devait 
alternativement  avec  le  chapelain  de  F  autel  de  la  Madelaine^  le- 
quel lui  était  pour  ce  associé,  chanter  chaque  jour  la  grand'messe 
au  maître-autel,  solennellement,  à  diacre  et  à  sous-diacre  ; 

Le  chapelain  de  l'autel  Saint-Jehan,  auquel  incombait  le  soin 
de  «  chanter  chacun  jour  la  messe  matineuse  devant  Nostre- 
Dame  environ  leure  de  solailz  levant  continuelment  et  sans 
faillir;  » 

Le  chapelain  de  Saint-Lucien^  chargé  de  toutes  les  messes  des 
obbis  ; 
Le  chapelain  de  l'autel  Saint^Nicolas; 
Le  chapelain  de  F  autel  Sainte-Croix  ^  auquel  il  était  interdit  de 
posséder  aucun  autre  bénéfice. 

L'abbé  de  Saint-Quentin  de  Beauvais  se  faisait  suppléer  dans 
son  canonicat  par  un  vicaire  perpétuel,  qui  était  tenu  de  chan- 
ter «  toutes  les  évangilles  des  grans  messes  et  de  toutes  autres 
messes  à  note  pour  toute  Tannée.  » 

Tous  les  vicaires  de  l'église  se  levaient  à  matines  chacun  jour 
continuellement  et  chantaient  à  tour  de  rôle  toutes  les  épîtres. 
L'abbé  de  Saint-Quentin,  toujoiu's  à  cause  de  sa  chanoinie, 
était  tenu  de  venir,  en  sa  propre  personne,  à  l'église  Notre-Dame 
et  faire  le  service  solennellement  la  veille  de  la  fête  de  Saiat- 
Arnoul  à  vespres,  et  le  lendemain  jour  de  la  fête,  chanter  la 
grand'messe. 

Le  ministre  de  la  Trinité  et  son  collège  devaient  venir  à  l'é- 
glise les  quatre  jours  de  rouvoisons  (rogations),  et  aller  tous 
ensemble  aux  processions  chacun  jour  et  aux  autres  processions 
qui  étaient  ordonnées  à  faire  aux  fêtes  solempnées  et  à  autres 
jours. 

Ledit  ministre  en  sa  personne  et  le  curé  de  Saint-Samson  de- 
vaient et  étaient  tenus  de  porter  la  fierté  ou  châsse  à  la  proces- 
sion le  jour  de  l'Ascension. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS.  133 


PREVOSTÉ  DE  CLERMONT. 

C'est  le  desclaracion  de  le  Prévosté  de  Clermont  et  des  autres  offices 
appartenens  à  Monseigneur  le  duc  à  Clermont  et  des  autres  mar- 
chiez  et  droiz  dudit  Monseigneur  le  duc  en  ledite  ville^  et  la  ma- 
nière comment  on  les  baille  et  quels  droits  Monseigneur  a  et 
prant  en  iceulx  marchiez  et  services,  et  comment  ils  se  cuellent 
et  ont  été  accoustumez  en  cueillir  et  lever  (f*  39  et  suiv.)  *. 

La  Prévosté  de  Clermont  est  ordenerement  baillée  à  trois 
ans  *  et  congnoist  le  prevost  de  tous  cas  entre  toutes  parties , 
quelles  que  elles  soient ,  excepté  les  officiers  qui  mesferaient  en 
leurs  offices ,  dont  il  ne  congnoist  point,  excepté  les  sergens  en 
cas  de  présent  mesfait  ausquels  il  puet  souspendre  leurs  of- 
fices et  les  emprisonner  si  le  cas  le  désire. 

Item  le  prévost  prant  amende  de  soixante  soûls  en  plusieurs 
choses  seur  non  nobles,  c'est  assavoir  se  uns  homs  concèle  * 


1  Cette  partie  du  dénombrement  a  déjà  été  publiée  par  nous  dans  les  Mémoires 
de  la  Société  académique  de  rOise,  t.  VII. 

*  «  Ce  qui  formait  les  revenus  de  la  prévôté  d'une  seigneurie,  dit  Brussel  {Usage 
des  fiefs  en  France,  cap.  xzxiii),  était  ses  métairies,  fours,  moulins,  pressoirs, 
prés,  rivières,  étangs,  marchés,  halles,  étaux,  sceau,  greffes,  tabellionnages,  et, 
comme  dans  la  suite  des  temps,  ces  choses,  à  Texception  des  vignes  et  des  bois, 
avaient  été  données  à  ferme  au  prévôt  de  la  seigneurie,  cela  fit  qu'elles  prirent 
toutes  ensemble,  avec  l'exercice  de  la  justice  et  les  émoluments  qui  en  prove- 
naient, le  nom  de  prévôté.  Les  prévôtés  n'étaient  pas  toujours  baillées  à  ferme  au 
plus  offrant  et  dernier  enchérisseur;  souvent  aussi,  au  moins  dans  les  domaines 
de  la  couronne,  elles  étaient  données  en  garde  à  la  nomination  des  gens  du  pays, 
sauf  institution  du  Grand  Conseil.  Voyez  Pasquier,  Recherches  de  France^  livre  II, 
chap.  XXII,  les  nombreuses  variations  de  la  législation  à  cet  égard.  Le  prévôt^  à 
la  fois  officier  de  justice  et  de  finances,  était  placé  sous  les  ordres  du  baiUi.  Pour 
parer  aux  inconvénients  qui  pouvaient  résulter  du  fait  que  les  prévôts  étaient 
eux-mêmes  les  receveurs  de  leur  prévôté,  Philippe-Auguste,  dans  son  testament 
de  Tan  1190^  ordonna  aux  baillis  d'établir  dans  chaque  ville  quatre  prud'hommes, 
sans  l'avis  desquels,  ou  du  moins  de  deux  d'entre  eux,  le  prévôt  ne  traiterait 
aucune  des  affaires  de  cette  ville.  L'ordonnance  de  Philippe  le-Bel,  pour  la  réfor- 
mation du  royaume  (1302),  défendit  aux  prévôts,  qui  tiendraient  à  ferme  leurs 
prévôtés,  de  taxer  les  amendes  ni  même  de  les  prononcer,  voulant  qu'elles  le 
fussent  par  les  sénéchaux,  baillis  ou  échevins,  à  raison  des  usages  des  lieux. 
(Brussel,  chapitre  déjà  cité.) 

'  Conceler  :  frauder. 


Digitized  by 


Google 


134  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 

pour  quel  cas  que  se  soit  les  droiz  de  son  seigneur  il  doit 
soixante  sous. 

Item  se  uns  homs  se  combat  à  sanc  et  à  plaie  ou  à  persure  de 
main  garnie  (armée),  il  doit  soixante  sous* 

Item  d'un  cas  de  nouvellette  \  l'amende  est  de  soixante  sous 
et  les  arranunes  '. 

Item  d'un  desfault,  en  cas  d'asseurement  ',  le  prevost  a 
soixante  sous. 

Item  de  prison  brisée,  soixante  sous. 

Item  d'une  reclameur  de  héritage  de  propriété  ou  simple  sai- 
sine *,  soixante  sous. 

Item  a  le  prévost  accoustumé  de  pranre  sur  toutes  amendes 
de  XX  livres  et  au  dessus  soixante  sous,  et  par  dessous  xx 
livres,  se  il  ne  le  demande  au  procureur,  il  n'y  prant  riens  et 
concelement  despands  soixante  sous,  et  en  plusieurs  autres  cas 
que  on  ne  desclaire  pas  ,  ledit  prévost  prant  soixante  sous. 

Item  a  le  prévost  toutes  autres  amendes  de  dix  sous  et  de 
cinq  sous  sur  toutes  personnes,  tant  pour  desfaulx,  pour  res- 
clameurs,  pour  desobéissances,  pour  batailles  faictes  sans  sanc, 
ou  main  garnie. 

Item  le  prévost  puet  congnoistre  par  toute  la  conté  en  ladite 
prévosté  quant  il  en  a  la  prevencion  '. 

Item  toutes  amendes  de  la  mairie  *  de  Clermont,  de  Canette- 
court  et  d'Agnes  sont  au  prévost  de  Clermont. 


1  Nouvellette  :  trouble  dans  la  possession.  Voyez  la  définition  de  la  nouvellette 
ou  nouvelle  dessaisine.  Beaumanoir,  t.  1,  cap.  xxxii^  et  les  Coutumes  de  Clermont, 
réformées  en  1539.  Rubriche  de  complainte  en  cas  de  saisine  et  de  nouvellette. 

*  Ârrammes  ou  errammes,  suivant  le  Coutumier  général  de  procédure  ;  amende 
de  défaut  suivant  le  Glossaire  du  droit  français. 

*  Assurance  donnée  de  ne  point  poursuivre  la  vengeance  d'un  méfait  ou  de  ne 
point  troubler  Tordre.  Voyez  Beaumanoir^  t.  II,  c.  LX. 

*  Saisine  :  mise  en  possession.  (Glossaire.) 

*  D'après  les  anciennes  coutumes  de  Clermont,  le  comte  avait  la  connaissance 
de  tous  les  délits  excédant  soixante  sous  parisis  d'amende,  et  pour  les  autres 
délits  droit  de  prévention  sur  tous  ses  vassaux  et  par  tout  le  comté,  en  manière 
que  là  où  il  prévenait  la  connaissance  de  tels  délits  lui  appartenait  et  il  en  pre- 
nait les  amendes.  Mais  ce  droit  de  prévention  (de  premier  occupant)  fut  régle- 
menté et  restreint  au  profit  des  bauts  justiciers,  lors  de  la  réformation  desdites 
coutumes  en  1539.  V.  Nouveau  Coutumier  général,  t.  II,  p.  793. 

9  La  mairie  constituait  au  moyen  âge  un  office  souvent  héréditaire,  dont  le 
titulaire  était  à  la  fois  tenancier  féodal,  intendant  préposé  au  recouvrement 
des  taxes,  cens  et  autres  revenus  du  seigneur,  et  officier  de  justice  chargé  de 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS.  135 

Item  sont  et  appartiennent  audit  prévost  toutes  les  amendes 
du  ban  de  aoust  en  temps  de  moisson. 

Le  peiment  de  le  prévosté  de  Clermont  se  paie  par  la  ma- 
nière que  s'ensuit  : 

Le  peiment  du  bailliage  de  Clermont. 

Le  peiment  des  lettres  de  baillie  de  Clermont. 

Quint  denier  *  est  dehu  au  seigneur  quant  on  vent  aucun  fief 
tenu  de  lui,  de  toute  la  sonmie  de  la  vendue,  et  puet  ledit  sei- 
gneur pranre  cheval  de  service  de  son  home,  s'il  lui  playsoit, 
avant  qu'il  viengne  à  dessaisine  '. 

Rachat  de  fiefz  puet  pranre  le  sires  une  foys  quant  il  li  plaist 
de  toutes  personnes  non  nobles  qui  tiennent  fief  venu  de  main 
noble,  la  valeur  de  trois  anz  si  le  fief  n'a  esté  racheté  '. 

La  congnoissance  des  nobles  appartient  à  Monseigneur  le 
comte  seul  et  pour  le  tout  excepté *. 

faire  les  ajournements,  de  saisir  les  malfaiteurs  et  de  leyer  les  amendes.  Gué- 
rard,  Prolégomènes  de  Saint-Père  de  Chartres.  Voyez  Ms.  Fr.  4663,  f©  34,  le 
dénombrement  du  fief  messire  Drieu  Le  Maire  tenu  du  chastel  de  Clermont. 
L'État  des  fiefs  dressé  par  Dargillière  (Archives  de  TOise,  E  39),  constate  qu'à 
la  fin  du  quinzième  siècle,  les  mairies  de  Clermont  et  de  Canettecourt  étaient 
depuis  longtemps  déjà  réunies  au  domaine;  celle  d*Agnetz  fut  acquise  en  1513 
par  la  duchesse  Anne. 

^  Sur  le  droit  de  quint,  V.  Beaumanoir,  c.  xrvii  et  les  Coutumes  de  1339^ 
rubriche  de  matière  féodale.  Le  droit  était  perçu  non-seulement  quand  le  fief 
était  vendu,  mais  encore  quand  il  y  avait  dans  ce  fief  une  mutation  éqaipoUente 
à  vente.  Aux  termes  de  Tart.  80  des  Coutumes  de  1539  «  quant  aucuns  fiefs  ou 
arrière-fiefs  mouvants  de  Clermont  étaient  vendus  ou  transportés,  le  vendeur 
devait  et  était  tenu  envers  le  seigneur,  dont  les  dits  fiefs  étaient  mouvants,  pour 
droit  seigneurial  payer  le  quint  denier  de  la  vente  et  transport.  Et  outre,  au  cas 
que  la  vente  fut  faite  francs  deniers  au  vendeur,  Tacheteur  payait  en  sus  le 
requint  du  quint  denier,  et  le  seigneur  n'était  tenu  de  saisir  l'acheteur  que  pre- 
mier dudit  droit  il  ne  fut  payé  et  contenté.  »  Les  héritages  roturiers  acquittaient, 
au  lieu  de  droit  de  quint,  un  droit  de  lods  et  ventes. 

*  Qu'il  viengne  à  dessaisine  :  qu'il  cède  la  possession.  Sur  l'obligation  du  cheval 
ou  roucin  de  service,  V.  Glossaire  du  droit  français* 

*  Dans  les  premiers  siècles  du  moyen  âge,  aucun  roturier  ne  pouvait  posséder 
de  fief;  mais  cette  règle,  absolue  d'iû)ord,  se  modifia  avec  le  temps^  et  Ton  peut 

^lire,  dans  les  Coutumes  de  Beauvaisis,  le  chapitre  que  Beaumanoir  consacre  à 
indiquer  u  comment  homme  de  poeste  (de  condition  servile)  peut  tenir  franc  fief, 
en  foi  et  hommage.  »  L'acquisition  d'un  fief  par  un  vilain  donnait  lieu  à  la  per- 
ception d'un  droit  spécial  désigné  sous  le  nom  de  droit  de  franc-fief,  et  qui  devint 
domanial  à  partir  de  Charles  V. 

^  Le  texte  des  deux  manuscrits  laisse  également  une  lacune  après  le  mot 
excepté.  Voyez  Beaumanoir,  cap.  x,  De  la  justice  du  comte  de  Clermont,  et 
Notice,  p.  cj.  Les  exceptions  étaient  vraisemblablement  celles  des  cas  royaux,  dont 
le  nombre  ne  fit  que  s'accroître,  et  dont  connaissait  le  bailli  de  Senlis. 


Digitized  by 


Google 


136  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 


Ensieut  la  déclaration  des  autres  marchiez  et  rentes 
de  Monseigneur  le  Duc. 

Ce  chapitre  est  relatif  aux  taxes  perçues  sur  le  commerce  et 
l'industrie.  Il  comprend  de  nombreuses  subdivisions.  Sous  le 
régime  féodal,  le  seigneur  de  la  terre  était  considéré  en  quelque 
sorte  comme  le  maître  des  métiers.  Pour  avoir  le  droit  d'exercer 
un  métier  ou  un  négoce  sur  ses  terres,  il  fallait  lui  payer  une 
somme  d'argent,  ou  s'engager  à  l'acquittement  d'une  redevance 
annuelle.  Le  Roi  ne  faisait  pas  autrement  à  Paris,  ainsi  qu'en 
témoigne  le  Livre  des  Métiers  d'Etienne  Boileau  (Collection  des 
Documents  inédits  de  l'Histoire  de  France),  et  les  droits  de 
halage  et  de  tonlieu,  dontl'énumération  figure  dans  la  deuxième 
partie  du  livre  que  nous  venons  de  citer,  portent  sur  les  mêmes 
objets,  ou  à  peu  près,  que  ceux  indiqués  dans  le  dénombrement 
de  Clermont. 

Nous  nous  bornerons  à  une  analyse,  relativement  succincte  , 
de  cette  partie  dudit  dénombrement,  renvoyant  le  lecteur,  qui 
désirerait  en  connaître  les  intéressants  détails,  à  l'étude  spéciale 
que  nous  avons  publiée  en  1869,  dans  les  Mémoires  de  la  Société 
académique  de  F  Oise. 

Le  Halage  de  Clermont.  —  Ce  droit,  qu'acquittait  chaque 
marchand  pour  l'étal  sur  lequel  il  exposait  ses  draps,  était  de 
quatre  deniers  par  jour,  sauf  le  jeudi  absolut  (Jeudi-Saint),  à 
l'Ascension,  à  la  Saint-Jean-Baptiste  (24  juin),  à  la  Saint-Arnoul 
(18  juillet),  et  à  la  Saint-André  (30  novembre),  où  il  s'élevait 
jusqu'à  douze  deniers.  Mais,  par  contre,  ces  jours-là,  le  mar- 
chand ne  payait  qu'un  seul  denier  de  tonlieu  *,  tandis  que  le 
reste  du  temps,  il  acquittait  pareille  somme  pour  chaque  pièce 
de  drap.  Autant  devait  l'acheteur,  à  moins  qu'il  ne  fût  clerc  ou 
noble.  Cette  exemption,  que  Beaumanoir  constate  également, 

1  Le  mot  de  tonlieu,  qui  vient  de  la  basse  latinité  {teloneum)j  désignait  dans 
l*origine  le  droit  de  douane  qu'acquittaient  les  marchandises  transportées  par 
terre  ou  par  eau.  Plus  tard,  et  c'est  ainsi  qu'il  doit  être  pris  dans  le  présent 
dénombrement,  il  s'entendit  d'une  taxe  perçue  dans  les  foires  et  marchés  sur  les 
bestiaux,  marchandises  et  denrées.  {Prolégomènes  du  Cartulaire  de  Saint-Père  de  ^ 

Chartres,  §  119.) 


Digitized  by 


Google 


LE  COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS.  137 

en  termes  exprès  {Coutumes  de  Beauvaisis,  cap.  xxx),  s'étendait 
aux  tonlieux  de  la  toile,  des  grains  et  des  animaux,  ainsi  qu'aux 
travers  \  mais  sous  la  condition  expresse  pour  l'exempt,  de  ne 
pas  faire  acte  de  commerce. 

Les  faux  draps  sans  lisière  pouvaient  seuls  être  vendus  hors 
de  la  halle.  Le  droit  de  halage  était  affermé. 

Le  Tonlieu  de  la  Freperye. —  La  corporation  des  fripiers,  très- 
considérable  au  moyen  âge  et  dont  les  marchands,  qui  criaient 
dans  les  rues  la  cote  et  la  chape,  ou  cote  et  surcote,  ne  for- 
maient qu'une  subdivision,  vendait  des  vêtements,  des  pelle- 
teries, du  linge,  du  cuir  même.  Les  seuls  articles,  pour  lesquels 
elle  figure  dans  le  dénombrement  de  Clermont,  sont  les  peaux 
d'agneaux,  les  robes  fourrées  à  femme  et  les  surcots,  sorte  de 
pardessus  sans  manches,  soit  à  homme,  soit  à  femme,  fourrés 
de  gros  vair  ou  de  connins  (lapins). 

L'acheteur  et  le  vendeur  étaient  passibles  chacun  d'une  taxe. 
Cette  disposition  était  commune  à  tous  les  tonlieux. 

Le  Tonlieu  de  la  toile  frappait  non-seulement  les  toiles  ', 
mais  la  tapysserie  ',  c'est-à-dire  les  tissus  de  laine,  destinés  à 
servir  de  couverture  ou  à  d'autres  usages  identiques,  et  les  lits 
de  plumes,  avec  certaines  modérations  de  taxe  pendant  les  cinq 
jours  de  fêtes  énoncés  plus  haut  au  paragraphe  du  halage. 

Le  Tonlieu  de  la  Pleterye.  —  Dans  ce  paragraphe  du  tarif 
sont  inscrites  les  pannes  d'agneaux,  de  poulanne  (fourrure  ve- 
nant de  Pologne  :  Glossaire  de  Dticange)^  de  callet  (peau  ou 
drap  venant  de  Barbarie,  ibidem) y  d'esquevinesse  (écureuil),  les 
pièces  de  gros  vair,  les  peaux  de  connins  (lapins). 

Les  marchands  de  souliers  de  cuir  de  vaches,  de  cuir  vendu, 
soit  à  étal,  soit  es  maisons,  mais  dans  ce  dernier  cas  seulement, 


*  A  Paris  (Livre  des  Métiers,  p.  278),  les  ecclésiastiques,  les  gentilshommes  et 
les  bourgeois  ne  payaient  pas  non  plus  de  droit  de  chaude  pour  les  objets  des- 
tinés à  leur  usage  et  les  denrées  de  leur  crû. 

>  L'acheteur  d'une  seule  aune  de  toile,  de  même  que  celui  d'une  demi-aune  de 
drap,  ne  devait  pas  de  droit. 

•  n  y  avait  à  cette  époque  (Livre  des  Métiers) ^  indépendamment  des  tapissiers 
de  tapis  sarrasinois  ou  de  luxe,  auxquels  une  ordonnance  de  1302  incorpora  les 
ouvriers  de  tapis  de  haute  lisse,  les  tapissiers  de  tapis  nostrez  qui  ne  pouvaient 
fabriquer  que  des  articles  d'étoffe  grossière  et  de  couleur. 


Digitized  by 


Google 


138  LE  COlfTÉ  DE   CLERMONT  EN   BEAUVAISIS. 

si  le  marchand  était  forain,  de  pièces  de  cuivre  et  d*airain  neuf, 
de  cire  à  la  livre,  acquittaient  soit  par  jour,  soit  par  semaine, 
des  redevances  différentes  suivant  la  profession.  La  redevance 
n'était  qu'annuelle  et  de  douze  deniers  pour  les  tonneliers. 

La   RENTE  DE  LA  BoUCHERIE   ET  LE  TONNELIEU.  —  LcS  boUChcrS 

avaient  vingt  et  un  étaux  à  Clermont  ;  onze  devaient  seulement 
4  sous  par  an  ;  les  taxes  des  autres  variaient  entre  vingt  et  cin- 
quante-six sous. 

Chaque  boucher,  qui  tuait  chars  à  Clermont,  payait  depuis 
Pâques  jusqu'à  la  Saint-Remy  (1"  octobre),  un  denier  par  se- 
maine pour  trois  moutons  tués,  deux  deniers  pour  quatre  jusqu'à 
six  et  ainsi  de  suite  ;  de  la  Saint-Remy  à  Carème-prenant  (mardi- 
gras),  la  rétribution  était  fixe,  d'un  denier  par  semaine.  Pour 
chaque  veau  tué  on  devait  un  denier.  Pour  chaque  cent  de  sieu 
(suif)  le  vendeur  payait  deux  deniers  et  l'acheteur  deux  deniers. 
Pour  chacun  lard  vendu  le  tonlieu  était  d'un  denier. 

«  Item  est  dehu  à  Monsieur,  chacun  dimenche  de  l'an,  une 
espauUe  de  chacune  animale,  bœuf  ou  vache,  tués  par  les 
bouchiers  de  Clermont  ou  qui  tués  seraient  pour  vendre  audit 
Clermont.  Desquelles  espaulles,  le  maire  de  Clermont  *  prant  à 
cause  de  sa  mairerie,  depuis  le  plus  prochain  dimanche  de  la 
Sainct-Ernoul  jusques  au  plus  prochain  dimenche  de  la  Sainct- 
Andrieu,  chacun  dimenche  une  espaulle,  et  le  ministre  de  Cler- 
mont prent,  à  cause  de  leur  église  Sainct-Andrieu  de  Clermont, 
depuis  le  prochain  dimenche  de  la  Saint-Ernoul  jusques  au  plus 
prochain  de  Noël,  chacun  dimenche  une  espaulle. 

«  Item  doibvent  les  bouchers  de  chacun  pourcel  qu'ils  tuent 
les  deux  jambes  de  devant  coppées  en  trois. 

«  Et  dient  les  bouchers  que  les  trois  jours  de  la  foire  Sainct- 


1  n  s'agit  ici  do  tenaocier  féodal,  dont  nous  avons  indiqué  plus  haut  les  attri- 
butions. On  trouve  en  effet  ce  droit  nommément  exprimé  dans  le  dénombrement 
du  fief  messire  Drieu  Le  Maire  tenu  du  chàtel  de  Clermont  (Ms.  4663,  fo  34).  Le 
maire  touchait  de  tout  nouvel  mercier,  se  il  vouloit  avoir  estai  nouvellement,  uns 
wan,  de  nouvel  chavetier  deux  deniers,  de  nouvel  voirrier  un  voire.  11  avoit  sur 
les  criages  des  vins  par  la  porte  dou  bourc  en  amont  dusques  au  chastel,  pour 
chacun  cri  un  denier  ;  le  seing  de  mesure  à  blé,  à  sel,  à  avoine  de  Clermont,  par 
chascune  mesure  quatre  deniers  et  de  mesure  à  vin,  à  barilz  et  à  kanc  à  carier 
un  denier,  excepté  les  mesures  à  blé  et  à  avoine  que  le  comte  livrait  à  ses  mar- 
chands qui  tenaient  son  tonlieu. 


Digitized  by 


Google 


LE  COMTÉ   DE  a.ERHONT   EN   BEÂUVAISIS.  139 

Jehan  à  Clennont  durant,  et  le  jour  Sainct-Andrieu,  ils  ne 
doibvent  point  les  dites  rentes.  » 

La  BEIfTE  DE  LA  HÉREN6ERIE  ET  POISSONNERIE  ET  LE  TONNELIEU.  — 

Le  poisson  vendu  en  gros  était  taxé  par  soume  (charge  d'une 
bête  de  somme)  à  un  denier  pour  le  vendeur,  un  denier  pour 
l'acheteur.  Le  millier  de  harengs  payait  même  tonlieu.  Il  y  avait 
en  outre  im  droit  quotidien  d'estallaige,  plus  élevé  en  carême 
que  pendant  le  reste  de  Tannée  ou  en  chamaigey  comme  on  di- 
sait alors. 

Le  poisson  d'eau  douce  ne  devait  rien,  non  plus  que  les 
moulles  et  le  coquillage  bivalve,  connu  sous  le  nom  de  hannons. 

Le  TONNELIEU  DE  LA  LAINE.  —  Tous  marchands  vendants  laine 
payaient  de  vingt  sous  quatre  deniers,  et  autant  l'acheteur. 

Le  tarif  comprenait  ensuite  les  cordonniers,  les  marchands  de 
cuirs  à  poil,  avec  exemption  pour  les  cuirs  vendus  par  les  bou- 
chers de  Clennont,  les  merciers,  les  marchands  de  ferronnerie, 
de  blancs  taillans  (ferblantiers),  les  maingnans  (chaudronniers 
ambulants),  les  serruriers,  les  marchands  de  faucilles,  de  fu- 
tailles, de  cerceaux,  de  plateaux  et  écuelles  de  bois,  les  vanniers. 

Plusieurs  s'acquittaient  en  nature  et  devaient,  comme  à  Paris 
{Lwre  des  métiers) y  une  pièce  de  leurs  œuvres.  Les  articles  fa- 
briqués avec  du  bois  de  la  forêt  de  Hez  jouissaient  de  l'exemp- 
tion de  la  taxe. 

Le  Tonnelieu  du  pain. —  Chaque  boulanger,  qui  livrait  du  pain 
aux  revendeurs,  devait  par  hotée  une  poitevine,  et  le  revendeur 
une  poitevine  également.  Le  pain  apporté  par  les  forains  était 
payé  suivant  le  mode  de  transport  (char,  chartée,  somme  à  che- 
val et  à  brouette,  hoste,  sac  porté  à  col). 

Le  MiNAiGE  de  Clermont.  —  Sous  cette  rubrique  étaient  portées 
deux  taxes  distinctes  :  le  minage  proprement  dit,  perçu  au  pro- 
fit du  seigneur,  qui  fournissait  la  mine  ou  mesure  et  appointait 
un  mesureur  chargé  de  constater  la  légalité  des  transactions  ; 
il  n'était  rien  dû  de  ce  chef  pour  les  grains  non  mesurés  ;  — 
et  le  tonlieu  des  blés  et  grains  acquitté  proportionnellement  aux 
quantités  vendues. 

Le  Tonnelieu  des  bestes.  —  L'acheteur  et  le  vendeur  devaient 


Digitized  by 


Google 


140  LE   COMTÉ  DB   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 

chacun  :  par  tête  de  cheval  deux  deniers  ;  de  vache  ou  porc,  un 
denier;  de  brebis  une  obole. 

La  rente  du  sel  et  le  change  de  Clermont  ne  figuraient  dans 
le  dénombrement  que  pour  mémoire.  D'une  part,  en  effet,  l'im- 
pôt sur  le  sel,  d'abord  levé  au  profit  de  chaque  seigneur  \  était 
devenu  royal  depuis  1342,  et  de  l'autre,  Louis  I"  de  Bourbon 
avait,  ainsi  que  nous  l'avons  déjà  indiqué,  vendu  le  27  janvier 
1320,  à  Philippe  le  Long,  pour  quinze  mille  livres  de  bons 
petits  tournois,  le  droit  de  battre  monnaie  qui  lui  appartenait 
comme  comte  de  Clermont  et  sire  de  Bourbon. 


C'est  la  desclaradon  du  Travers  de  Clermont^  appartenant  à 
Monseigneur  le  Duc^  et  comment  on  le  doit  cueillir  en  ladite  ville 
et  es  branches  qui  en  dépendent  (f  46  et  suiv.). 

Le  travers  était  un  droit  perçu  par  le  seigneur  sur  les  mar- 
chandises transportées  à  travers  ses  terres  d'un  lieu  à  un  autre. 
Le  produit  de  ces  taxes  avait  primitivement  au  moins ,  comme 
celui  des  péages,  pour  affectation  l'entretien  des  chemins,  et 
c'était  l'objet  pour  lequel  les  seigneurs  avaient  été  autorisés  à 
les  établir  *. 

Telle  est  sans  doute  la  raison  pour  laquelle,  toutes  denrées 
quelles  qu'elles  fussent,  menées  à  brottes  (brouettes)  ou  portées 
sur  col  de  homme  ou  de  femme,  ne  devaient  point  de  travers 
à  Clermont. 

'  An  commencement  du  xv»  siècle,  Louis  II  obtint  de  son  neveu  Charles  VI 
rétablissement  d'un  grenier  à  sel  seigneurial  à  Clermont,  mais  Tordonnance  sur 
la  police  du  royaume  du  25  mai  1413  le  supprima  en  même  temps  que  les  trente- 
cinq  autres  accordés  depuis  seize  ans  «  par  faveur  ou  importunité  »  de  seigneurs 
du  lignage  royal  ou  autres,  ce  qui,  avec  les  exemptions  consenties,  avait  eu  pour 
résultat,  ajoutait  Tarticle  127,  de  «  grandement  amoindrir  et  apeticer  le  prouffit 
et  émolument  de  la  gabelle.  »  Dès  la  fin  du  même  siècle^  Clermont  était  redevenu 
le  siège  d'un  grenier  à  sel  royal,  dont  des  lettres  patentes  concédèrent  la  jouis- 
sance temporaire  au  duc  et  à  la  duchesse  de  Bourbon. 

•  Quelquefois  le  travers  avait  pour  synonyme  la  chaude.  Il  en  était  ainsi  notam- 
ment dans  la  banlieue  de  Paris.  Le  Livre  des  Métiers  donne  de  la  chaucié  la 
définition  suivante  :  «  Chaucié  est  une  coustume  assise  et  estaèlie  anciennement 
seurs  chars,  seurs  chairettes,  seurs  somiers  chargiés  asquex  li  chauciers  prendent 
leurs  chauciès  à  Tuu  plus  k  l'autre  mains.  Lesquèles  chauciéssont  prises  et 
demandées,  si  comme  il  est  contenu  ci-dessus,  par  la  rèson  défaire  appareiller 
les  chauciès,  les  chemins,  les  pons  et  les  pasages  dedans  la  banliue  de  Paris.  » 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLBRMONT   EN   BEAUVAISIS.  141 

Le  tarif  n'atteignait  que  les  transports  par  char,  par  char- 
rettes, et  à  dos  de  cheval.  Voici  la  nomenclature  de  ses  divers 
articles  :  le  vin  ;  le  cuir  à  poil  ;  le  drap  ;  la  waide  (pastel)  et  la 
warance  (garance)  ;  la  mercerie,  terme  qui  comprenait  alors 
tout  ce  qui  tenait  à  Thabillement  et  à  la  parure,  quelquefois 
Tépicerie,  la  droguerie  et  la  quincaillerie  (Livre  des  métiers, 
p.  192)  ;  le  fer  brut  et  ouvré  ;  le  plomb  ;  la  laine  blanche  et 
noire,  avec  modération  de  taxe  pour  les  marchands  de  Beauvais  ; 
les  fromages  ;  la  volaille  ;  le  sel,  le  poisson ,  les  harengs  ;  les 
cuirs  tannés  et  le  cuir  rouge  ;  les  futailles  ;  le  sieu  (suif)  et 
Toint  (graisse)  ;  les  graine  ;  les  chevaux,  les  vaches,  les  pour- 
ceaux, les  bêtes  à  laine  blanche  et  noire,  celle-ci  plus  taxée  que 
l'autre. 

n  y  avait  exemption  expresse  pour  Fozière  (oseraie)  et  le  par- 
chemin. 

Les  denrées  descendues  en  la  comté  de  Clermont  ne  devaient 
pas  de  travers.  Celles  amenées  en  la  ville  et  mises  «  à  estai  en 
halle  ou  ailleurs  »  pouvaient  être  réexportées  en  franchise  sous 
la  condition  de  ne  pas  séjourner  plus  de  huit  jours.  Les  chevaux 
et  pourceaux,  conduits  à  la  foire  de  Clermont,  n'étaient  soumis 
au  droit  qu'à  la  sortie. 

«  Item  est  assavoir  que  le  travers  de  Clermont  s'estend  jus- 
ques  en  la  ville  de  Angy  *  et  es  villes  '  de  environ,  et  le  liève 
on  e  cuelle  en  le  manière  que  on  le  queuil  à  Clermont,  réservé 
que  les  marchans  menans  marchandises  quelles  que  elles  soient, 
venant  par  le  grant  chemyn  de  Senlis,  passans  au  long  d'Angy, 
et  allans  le  droit  chemyn  de  Beauvais,  ou  travers  que  ils  doi- 
vent, monseigneur  le  duc  a  le  tiers,  M.  de  Moy  le  tiers,  et  l'abbé 
de  Royaulmont  le  tiers. 

«  Item  quant  on  maine  de  ladite  ville  d'Angy  aucunes  denrées 
à  Moy  •  ou  au  delà  on  n'en  doit  à  monseigneur  le  duc  aucun 
travers. 

«  Item,  et  se  on  maine  de  ladite  ville  d'Angy  aucunes  denrées 


1  Canton  de  Mony. 

«  A  cette  époque  le  mot  ville  était  synonyme  de  village.  Voir  Livre  des  Métiers, 
p.  432,  la  nomenclature  des  bourgs  et  villages  de  la  banlieue  de  Paris,  soumis  à 
la  taille  du  blé  et  du  vin.  Ils  sont  tous  dénommés  villes. 

*  CheMieu  de  canton  de  Tarrondissement  de  Clermont. 


Digitized  by 


Google 


142  LE  COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 

soit  vin  ou  autre  chose  à  Beauvaiz,  le  travers  en  appartient  à 
monseigneur  le  duc  seul  et  pour  le  tout. 

«  Item  pareillement  des  villes  de  Merart,  de  Boisicour  *,  d'An- 
sac  •,  de  Thory  ',  de  Fillierval  *,  et  de  Houdainville  *,  excepté 
que  ceux  de  Houdainville  dient  que  quant  on  charge  vins  en  leur 
ville  pour  mener  à  Beauvaiz,  iceulx  vins  ne  les  marchands  ne 
doivent  point  de  travers 

«  Item  tous  les  habitants  de  la  conté,  qui  mainent  leurs  vins 
hors  creus  en  leurs  héritages,  ne  doivent  point  de  travers,  et 
aussy  ne  doivent  nobles  et  clercs  point  de  travers  se  ils  ne  mai- 
nent marchandise.  • 

«  Item  tous  marchans  qui  amainent  vins  par  la  montagne  de 
vers  Saint-Leu  et  ils  descendent  à  la  cauchie  de  Ramecourt  •, 
ils  se  puent  acquitter  à  celui  qui  a  le  boeste  pour  le  traversier 
de  Clermont.  » 

Le  Travers  de  Nointel  '  se  liève  et  cuelle  en  la  manière  que 
divise  est  à  dessus  ou  travers  de  Clermont.  Ce  travers  n'ap- 
partenait pas  en  entier  au  duc  ;  il  partageait  certains  de  ses  pro- 
duits avec  le  seigneur  d'Atichy  comme  possesseur  de  fiefs  à 
Nointel. 

Le  transport  à  col  ou  par  brouettes  était  taxé  à  un  denier  pour 
le  duc  et  un  denier  pour  M.  d'Atichy . 

Le  payement  du  travers  de  Nointel  exemptait  du  payement  de 
celui  de  Clermont  et  réciproquement.  Il  en  était  de  même  pour 
Bruelg. 

Les  Travers  de  Baillenval  *,  de  Leencourt  •,  de  Bruelg  '*  se 
cuellent  et  lièvent  par  la  manière  que  fait  le  travers  de  Cler- 
mont. 


'  Mérart  et  Boisicourt,  hameaux  de  la  commune  de  Bury,  canton  de  Mony. 
«  Canton  de  Mouy. 
'  Canton  de  Mouy. 

*  Hameau  de  Thury. 
8  Canton  de  Mouy. 

«  Hameau  de  la  commune  d'Agnetz,  canton  de  Clermont. 
"^  Canton  de  Lianeourt. 
s  Canton  de  Lianeourt. 

*  CheMieu  de  canton  de  rarrondissement  de  Clennont. 
*o  Breuil-le-Sec,  canton  de  Clermont. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEÂUVAISIS.  143 

Le  Travers  de  Longuyaue,  alias  Longeaune  (coutume  de  Sen- 
lis,  procès-verbal  de  1339)  actuellement  Longueau,  commune 
de  Saint-Martin-Longueau,  canton  de  Liancourt.  C'était,  sui- 
vant M.  Graves  {Notice  archéologique ^  p.  252),  le  point  à  partir 
duquel  rayonnaient,  au  moyen  âge,  plusieurs  voies  dans  l'éten- 
due de  la  Picardie.  Parmi  les  pièces  annexes  du  Ms.  20,082 
figure  (p.  573)  le  règlement  sur  la  manière  dont  se  percevait  ce 
travers  *.  Il  débute  ainsi  :  «  Ensuit  Finstitution  et  ordonnance 
de  recevoir  le  péage  et  travers  de  Longueaue,  près  Pont  Sainte- 
Maxence  et  les  mètes  où  s'estend  ledit  travers  qui  sont  à  la 
rivière  d'Aronde,  à  la  rivière  de  Bresche,  à  la  fontaine  de  la 
porte  dudit  Pont  Sainte-Maxence,  au  rû  de  Roulce  et  au  pont 
de  Ver,  et  se  doit  recevoir  et  s'estend  oultre  les  rivières  de  Oise 
d'Aronde  et  de  Bresche.  » 

La  Prévosté  de  Bruelg  *,  appartient  à  M.  le  duc,  qui  se  com- 
prant  es  choses  qui  s'ensuit  (f*  49)  : 

Ce  domaine  de  minime  importance  se  composait,  outre  le  tra- 
vers, de  quarante-huit  sous  de  cens  à  le  Saint-Remy,  de  quel- 
ques pièces  de  terre,  de  pré,  etd'aulnois,  ainsi  que  de  champarts 
et  terrages,  redevances  en  nature  prélevées  sur  les  récoltes. 

La  Prévosté  de  Giencourt  '  n'est  portée  que  pour  mémoire 
dans  le  manuscrit  20,082. 

Vignes  du  domaine  (P  50).  —  Elles  se  composaient  d'environ 
sept  arpents,  dont  un  à  Giencourt,  accensés  à  moitié  et  à  tiers 
pot. 

Ce  sont  les  Vinages  *  jadis  du  domaine  donnés  et  aumosnés 


*  Ce  tarif  frappait  toutes  denrées  qui  séjournaient  moins  d*an  et  jour  dans 
rétendue  du  territoire  sujet  ;  il  n'y  avait  d'exception  que  pour  celles  destinées  à 
la  consommation  de  l'Université  de  Paris.  Certains  de  ses  articles,  qu'on  retrouve 
du  reste  dans  d'autres  tarifs  de  la  même  époque,  sont  curieux.  Ainsi  le  juif  était 
taxé  à  quatre  deniers  et  la  juive  au  même  taux,  sauf  les  cas  où  elle  était  enceinte, 
et  payait  huit  deniers  ;  les  ménétriers  payaient  aussi  quatre  deniers  pour  chacun 
instrument  s'ils  ne  voulaient  «  acquitter  de  leur  mestier.  » 

*  Breuil-le-Sec,  canton  de  Clermont. 

»  Hameau  de  Breuil-le-Vert,  canton  de  Clermont. 

*  Droit  féodal  que  percevaient  les  seigneurs  sur  le  vin  récolté  dans  leurs 
domaines  ou  transporté  êi  travers  leurs  terres.  Le  muid  de  Clermont  valait  2  hec- 
tolitres é5  litres. 


Digitized  by 


Google 


144  LB   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUYAISIS. 

par  M.  le  duc  de  Loys  aïeul  de  M.  le  duc  qui  est  à  présent  et  par 
ses  successeurs  : 

Au  seigneur  d'Âufemont  de  par  sa  femme  40  muids  de  vin  ; 
au  seigneur  de  Secourt,  à  Guillaume  de  la  Toumelle  et  à  Char- 
les de  Campremy,  10  muids  chacun,  à  cause  de  leurs  devan- 
ciers; à  Tabbé  de  Saint-Denis,  don  d'aumosno,  3  muids  ;  à 
Tabbé  de  Bretuel,  id.,  3  muids  ;  à  l'abbé  de  Ressons  en  Thelle, 
id.  4  muids  *  ;  au  maire  de  Clermont,  5  muids  ;  —  sous  réserve 
pour  le  comte  de  Clermont,  par  tous  les  vinages  dessus  dits,  de 
la  justice  et  seigneurie  ;  des  amendes  de  fouler ,  entonner  sans 
congié,  de  défaut  de  cens,  de  roage  *  emporté,  de  cens  non  payé 
des  ventes,  et  de  tous  autres  droits  de  segnorage. 

A  Tabbé  de  Seris,  en  Ponthieu,  avaient  été  donnés  et  souloit 
prendre  7  muids,  lesquels  il  avait  arrenté  sans  consentement  du 
seigneur. 

Les  pressouers  du  comte  à  Clermont,  et  où  les  deux  pres- 
souers  sont  tous  garnis  de  leurs  cuviers  et  autres  choses  appar- 
tenantes, et  la  chambre  pour  mettre  les  vins,  sont  assis  entre 
le  chastel  et  la  porte  de  Nointel. 

Les  prés  du  seigneur  à  Clermont,  entre  la  cauchié  de  Rame- 
court  et  la  cauchié  de  Warty,  55  arpents,  dont  le  maire  de 
Canettecourt  doit  livrer  48  afeneurs  pour  en  afener  une  partie, 
et  le  maire  de  Clermont  47  afeneurs  pour  afener  l'autre. 

Le  gardin  derrière  le  chastel  et  les  fossés  entour  et  les  hayes 
qui  sont  autour  et  environ  nommez  le  chasteler  '. 

Le  Vivier  le  Comte,  aboutant  d'un  côté  à  messire  J.  de  Sesse- 
val,  et  de  l'autre  au  pavement  qui  va  à  Creilg. 

Rentes  en  villenâge  *  de  tous  les  héritages  tenus  à  pur  du 
seigneur  à  Clermont  et  es  villes  voisines. 

Le  produit  de  ces  droits  était  considérable  à  Clermont  notam- 
ment, où  la  charte  communale  de  1197  avait,  on  s'en  souvient. 


'  Don  du  comte  Louis  de  Blois  de  Tannée  1 198.  V.  Supra, 

*  Taxe  sur  le  transport  et  la  Tente  en  gros  des  yins. 

»  Le  mot  chatelier,  dit  M.  Graves  (Notice  archéologique,  p.  185),  indique  les  vigies 
etranchées  établies  sur  les  hauteurs  pour  surveiller  les  routes. 

*  «  Noz  appelons  viienage,  dit  Beaumanoir,  cap.  xiv,  héritage  qui  est  tenu  de 
seigneur  à  cens,  à  rente  ou  à  champart,  car  de  celui  qui  est  tenu  en  fief  on  ne 
doit  rendre  nule  tele  redevance.  »  Par  héritages  à  pur  on  doit  entendre  ceux 
mouvant  directement  et  sans  intermédiaire  du  comte.  (Glossaire  du  droit  français,) 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS.  145 

imposé,  en  échange  de  Taffranchissement  de  la  taille  et  de  toutes 
servitudes,  aux  habitants  et  manants  de  la  ville,  l'acquittement 
d'une  taxe  annuelle  de  cinq  sous  de  monnaie  beauvaisine  par 
chaque  masure  possédée  dans  son  enceinte  '.  Il  en  résulte  que 
rénumération  fort  longue  des  censitaires  fournit  par  cela  mémo 
une  statistique  exacte  de  Clermont  à  la  fin  du  xw"*  siècle.  Elle 
permet  également  de  constater  les  traces  encore  subsistantes 
presque  à  chaque  pas  des  ravages  commis  par  les  Jacques  et 
surtout  par  les  compagnies  anglo-navarraises,  en  même  temps 
que  les  nécessités  d'une  défense  presque  quotidienne,  néces- 
sités qui  devaient  se  prolonger  pendant  trois  quarts  de  siècle. 
Les  rentes  en  villenage  n'occupent  pas  moins  de  vingt-sept 
feuillets  du  Ms.  20,082.  Nous  ne  saurions  donc  en  présenter 
ici  que  le  résumé  *. 

'  Indépendamment  de  la  censé  proprement  dite  de  cinq  sous  la  plupart  des 
maisons  payaient  un  certain  nombre  de  deniers  de  surcens. 

^  En  regard  de  ce  résumé  et  pour  son  intelligence  même  nous  ne  croyons  pou- 
voir mieux  faire  que  de  placer  quelques  lignes  empruntées  à  la  description  de 
Tancien  Clermont  par  M.  Graves  {Précis  statistique^  p.  98)  et  par  M,  de  Beauminy 
{Anecdotes f  p.  3).  Au  moyen  âge  la  ville  était  divisée  en  trois  parties.  Le  château 
à  l'extrémité  nord-est  au  sommet  de  la  butte,  occupait  non-seulement  l'emplace- 
ment où  Tordonnance  du  21  juin  1826  a  établi  la  maison  centrale  de  détention, 
mais  aussi  Tespace  limité  par  la  rue  de  l'Église  et  par  celle  du  Châtelier  où  l'on 
voit  encore  une  porte  fortifiée.  Aux  bâtiments  du  château,  vers  l'occident,  se 
trouvait  adossée  la  collégiale  Notre-Dame.  On  sait  qu'en  1373  elle  venait  d'être 
presque  entièrement  détruite  par  le  captai  de  Buch.  La  ville  proprement  dite  ou 
haute  ville,  qui  porta  d'abord  le  nom  de  bourg,  était  bornée  par  le  château  au 
nord-est,  par  un  mur  qui  passait  à  l'ouest  dans  les  jardins  au-dessus  du  chemin 
de  tour  de  ville,  et  à  l'est  par  une  clôture  parallèle  à  l'ancienne  route  de  Com  ' 
piègne  ;  il  y  avait  une  porte  dite  du  bourg,  située  à  l'extrémité  basse  de  la  place, 
et  qui  la  séparait  du  faubourg  ;  sur  cette  porte,  démolie  en  1758  comme  la  sui- 
vante, figuraient  les  armes  de  la  ville  {de  gueules  à  la  tour  d'or  amaisonnée  de 
sable,  au  chef  d'azur  chargé  de  cinq  fleurs  de  lis  d'or).  Une  autre  porte,  dite  de 
Breuil-le-Vert  ou  primitivement  de  la  Hart,  s'ouvrait  au  bout  de  la  rue  des  Lom- 
bards, à  côté  de  la  Tour  de  Buha  qui  renfermait  les  anciennes  prisons  démolies 
au  commencement  de  ce  siècle.  Une  troisième,  qui  subsiste  encore  dans  la  rue  du 
Châtelier,  près  de  l'entrée  du  château,  s'appelait  porte  de  Nointel  et  conduisait  à 
Pont-Sainte-Maxence  et  Compiègne  par  le  faubourg  du  Pont-de-Pierre.  Ces  trois 
portes  sont  mentionnées  dans  notre  dénombrement.  L'enceinte  de  la  haute  ville 
qui,  suivant  les  uns,  date  de  Philippe- Auguste,  suivant  d'autres  de  Charles  IV 
seulement,  comprenait  l'église  paroissiale,  l'hôtel-de-ville,  les  boucheries,  une 
place  peu  considérable,  mais  successivement  agrandie  et  garnie  de  deux  puits. 
L'hôtel-de-ville,  l'édifice  le  plus  important  après  le  château,  et  qui  par  son  archi- 
tecture semble  une  construction  du  xiv«  siècle,  n'est  pas  cependant  nommément 
désigné  dans  le  dénombrement  de  1373,  à  moins  qu'on  n'adopte  l'opinion  de 
M.  de  l'Épinois  {Recherches  historiques,  p.  50)  qui  s'appuyant  sur  un  compte 

10 


Digitized  by 


Google 


146  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 

Il  y  avait  d'abord  les  cens  deheus  à  Clermont  chascun  an  à 
M.  le  duc  au  jour  de  la  saint  Denisy  que  on  appelle  anciennement 
les  cens  du  Hanap-le-Comte  (f°  51). 

A  commencier  en  prez  le  chastel  à  la  poterne  en  allant  aval 
la  ville  à  main  dextre  se  trouvaient  trente  maisons,  payant  cens, 
dont  la  maison  du  chapelain  de  la  chapelle  matineuse  et  celle 
de  M®  Thibout,  curé  de  Saint-Samson,  quatre  courtieulx  ou 
courtils,  et  une  masure. 

A  la  suite  des  halles  aux  draps  (f  54)  on  comptait  vingt  autres 
maisons,  dont  une  possédée  en  fief  par  Gille  de  Nodonchel,  et 
trois  masures. 

La  porte  du  Bourg  était  tenue  par  Havet  d'Estrées  à  foi  et 
honmiage  de  Jean  de  Bazantin  comme  seigneur  de  Ronque- 
rolles. 


de  1514,  actuellement  conservé  dans  les  Archives  de  Clermont,  ainsi  que  sur  le 
procès-verbal  de  la  révision  des  coutumes  en  1539,  croit  qu'il  fut  d*abord  connu 
sous  le  nom  de  halie.  On  pourrait  alors  le  retrouver  dans  le  bâtiment  de  la  halle 
aux  draps  indiqué  au  folio  54.  De  temps  immémorial  et  jusqu'en  1789  l'hôtel-de- 
ville  fut  le  siège  des  diverses  juridictions  du  comté  en  même  temps  que  de  la 
mairie.  Les  fortifications  de  la  haute  ville  cessèrent  d'être  entretenues  à  partir 
de  1703  ;  les  fossés  étaient  remplis  vers  1762  et  leur  emplacement  à  dater  de  1767 
fut  concédé  peu  à  peu  aux  propriétaires  limitrophes  pour  établir  des  jardins.  La 
basse  ville  appelée  aussi  du  couvent  des  Trinitaires,  qui  avec  Thôtel-Dieu  (fondé 
à  la  fin  du  xv«  siècle)  en  formait  le  principal  établissement,  faubourg  Saint-André^ 
aboutissait  au  carrefour  de  ce  nom  et  se  ramifiait,  comme  aujourd'hui,  en  trois 
branches.  Elle  était  fermée  au  sud-est  par  la  porte  dite  de  Creil,  au  delà  de 
laquelle  était  un  petit  faubourg  de  même  nom,  au  sud-ouest  et  du  côté  de  Mouy, 
par  une  porte  nommée  de  Paris  ainsi  que  le  faubourg  et  la  rue  qui  était  à  la  suite 
parce  que  c'était  primitivement  le  chemin  de  la  capitale  ;  cette  porte,  construite 
au  xvi®  siècle  par  Charles  de  France,  duc  d'Orléans  et  comte  de  Clermont,  fut 
abattue  en  1780.  Enfin  il  y  avait  dans  la  rue  des  Fontaines^  au-dessus  de  l'abreu- 
voir, une  troisième  porte  qui  servait  d'issue  à  deux  faubourgs  ;  le  premier  nommé 
de  Saint-Laurent,  à  cause  de  la  chapelle  et  de  la  maladrerie  de  Saint-Laurent 
(fondée  par  Renaud  II  entre  la  route  de  Beauvais  et  la  chaussée  de  Ramecourt), 
et  qui  conduisait  à  Beauvais,  et  le  second  dit  de  l'Équipée,  se  prolongeant  jus- 
qu'au pont  de  Fitz-James  sur  la  Bresche.  C'était  la  route  de  Montdidier,  Saint- 
Just  et  Amiens.  Presque  tout  le  faubourg  Saintr André  et  ses  annexes  dépendaient 
au  spirituel  des  paroisses  de  Breuil-le-Vert  et  d'Agnetz.  Suivant  M.  de  l'Épinois 
les  trois  portes  du  faubourg  de  Clermont  ne  figurent  dans  aucun  document  topo- 
graphique antérieur  au  xvi«  siècle  ;  elles  ne  remonteraient  donc  pas  au  delà  de 
cette  époque.  D'après  les  calculs  faits  par  M.  Bordier  {Philippe  de  Beaumanoir, 
1869,  lw>  partie,  pièces  justificat.  no  xxxviii)  sur  le  rôle  de  l'aide  imposée  en 
1303  par  Philippe-le-Bel  aux  habitants  du  comté  de  Clermont,  la  population  de 
cette  ville  aurait  été  au  xiv©  siècle  de  4,150  âmes,  non  compris  les  nobles,  les 
ecclésiastiques  et  les  indigents.  Elle  est  aujourd'hui  en  totalité  de  5,774. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS.  147 

Plusieurs  maisons  sont  indiquées  comme  détruites  pour  l'éta- 
blissement des  fossés  et  arrière-fossés. 

Puis  venaient  les  cens  dûs  à  la  Saint-Remy  (f**  56).  Ils  commen- 
çaient au  fief  de  la  Bretesche  et  de  là  à  la  place  «  où  souloit  être 
l'abitacle  *  »  construction  alors  déjà  détruite  et  dont  nous  ne 
saurions  préciser  la  destination,  on  comptait  vingt-deux  mai- 
sons, parmi  lesquelles  rhostelàTÉpée,  Thostelau  Cisne,  Thostel 
au  Bar,  Thostel  de  la  Couronne,  plusieurs  places  vides,  et  les 
tenures  do  Notre-Dame.  Quelques-unes  de  ces  maisons  payaient, 
outre  le  cens  de  la  Saint-Bemy,  une  redevance  particulière  à  la 
saint  Denys  pour  les  issues  qu'elles  possédaient  par  derrière  es 
fossez.  Jehan  de  Touffreville  était  inscrit  parmi  les  censitaires 
pour  «  les  fossez  de  sa  terre  du  Val,  devant  Tabitacle.  »  Un  autre 
particulier  pour  «  le  conduit  de  lyaux  de  la  fontaine  de  Launoy 
qui  venait  es  rotouoirs  (rouissoirs)  de  sa  maison.  » 

De  l'autre  coté  de  la  ville,  en  venant  de  Saint-Ladre,  au  lez 
devers  les  marez  en  montant  amont  vers  la  croix  Saint-Andrieu, 
(f*  60)  il  y  avait  l'hôtel  des  Croissants,  trente-huit  maisons, 
vingt-deux  places. 

Dans  l'autre  rue  en  venant  à  l'hostel  des  Quatre  Fils  Aimon 
(f*  62)  il  y  avait  six  places  et  onze  maisons,  dont  trois  tenues  de 
Havet  d'Estrées,  les  deux  maisons  du  Chastelet  et  celle  du 
Heaume. 

Et  d'illenc  jusques  aux  vignes  du  Tieuloy  n'avait  nulles  mai- 
sons jusques  à  un  postiz  qui  va  es  dites  vignes  (f  63). 

Quelques  maisons  enssuivant  étaient  à  l'abbé  de  Froidmont. 

Puis  celles  jusques  au  moutier  Saint-Andrieu  étaient  de  la 
Trinité  (f  64). 

Ensemble  vingt-deux  maisons  et  trente  places. 

Les  halles  aux  tanneurs  et  aux  chave tiers  (f*  63).  Les  tanneurs 
avaient  des  étaux  bien  faits  et  bien  couverts  qui  ne  payaient  que 
quand  ils  y  mettaient  leurs  denrées.  Les  chavetiers  avaient 
vingt-quatre  étaux  payant  chacun  six  sols  de  cens  «  mais  à  pré- 
sent il  n'y  en  a  nulz,  car  ils  ont  été  abbatus,  parce  qu'ils  sont 
trop  près  des  fossez.  » 

Après  venaient  :  quarante-deux  maisons  et  six  places,  dont 
l'une  où  fut  l'hostel  à  l'Ane-Boy  et  l'autre  appelée  Thostel  aux 
Balances  ; 

*  V,  Ducange,  vo  habitaculum  et  La  Cume  Sainte-Palaye.  (Glossaire,) 


Digitized  by 


Google 


148  LE  COMTÉ  DE  CLBRMONT   EN   BEAUVÂISIS. 

La  porte  de  la  Hart  (f*  63)  et  en  venant  à  la  Froumenterie  ou 
grenier  aux  grains,  au  côté  droit  vers  Saint-Samson  \  vingt- 
huit  places  et  dix-neuf  maisons,  dont  la  maison  à  limage,  le 
cellier  du  chapitre  de  Notre-Dame,  la  maison  du  curé  de  Saint- 
Samson  et  le  jardin  dudit  lieu,  tenu  de  Notre-Dame  une  partie, 
une  partie  des  hoirs  Florent  de  NuUy ,  l'autre  de  Saint-Ladre  ;  la 
grande  maison  de  TÉcole  ;  près  de  Tâtre  ou  cimetière  *  de  Saint- 
Samson  la  place  où  Ton  enfouissait  les  gens  excommuniés  et 
autres  qui  ne  pouvaient  être  enterrés  en  terre  sainte,  place  qui 
avait  été  jadis  donnée  à  Téglise  par  Lancel  le  Bouchier  (f  69)  ; 
Tautre  place  ensuivant  où  souloit  avoir  maison  en  laquelle 
demeura  en  son  temps  M®  Regnault  de  Souvegny,  auquel  M.  le 
comte  Robert  la  donna  à  sa  vie  et  après  vint  en  la  main  de  Mon- 
seigneur qui  la  bailla  à  Guillaume  de  Souvigny  parmi  deux 
deniers  de  cens  et  six  de  surcens  et  depuis  fut  abattue  par  les 

1  II  n*y  eut  pendant  plusieurs  siècles  à  Clermont,  dit  M.  Graves  (Précis  statts- 
tique,  p.  94),  d'autre  église  que  celle  de  la  collégiale.  Ce  fut  seulement  vers  1327 
qu'on  éleva  à  l'entrée  du  bourg,  près  des  murs  du  château,  peut-être  sur  l'em- 
placement d'une  ancienne  chapelle  dédiée  à  Nicolas,  un  bâtiment  pour  les 
besoins  de  la  paroisse,  que  l'évéque  Jean  de  Marigny  consacra  en  1347  sous  le 
vocable  de  saint  Samson,  évoque  de  Dol.  Le  service  presbytéral  fut  d'abord  fait  à 
tour  de  rôle  par  les  chanoines,  chacun  en  ayant  la  charge  une  semaine  ;  puis  ils 
commirent  l'un  d'entre  eux  pour  le  remplir.  C'est  ainsi  qu'on  voit  dans  notre 
dénombrement  maître  Thibout  titulaire  d'une  des  prébendes  du  chapitre^  porté 
en  même  temps  comme  curé  de  Saint-Samson.  Une  bulle  du  pape  Innocent  VllI, 
de  l'an  1489,  autorisa  l'union  de  la  cure  à  l'église  et  mense  de  la  collégiale  ;  les 
chanoines  nommèrent  alors  un  vicaire  amovible.  Enfin,  à  la  suite  de  difficultés 
qui  ne  furent  aplanies  qu'en  1524  (Lettres  de  ratification  du  chapitre  de  Beauvais 
du  6  mai),  Saint-Samson  fut  pourvu  d'un  curé  titulaire  à  la  collation  du  chapitre, 
avec  réserve  en  faveur  de  celui-ci  des  honneurs  de  l'église  les  jours  de  Saint- 
Samson  et  de  Saint-Nicolas,  ainsi  que  d'une  redevance  annuelle  de  20  livres. 
L'église  fut  partiellement  incendiée  en  1 432  et  consacrée  à  nouveau  en  1506  par 
Louis  de  Villiers  de  l'Isle-Adam,  évêque  de  Beauvais.  Dom  Grenier  en  donne  la 
description  suivante  (t.  GGXVII,  p.  205)  :  a  L'église  de  Saint-Samson  a  été  bâtie 
en  quatre  temps  diflérents.  Le  grand  portail  et  la  tour  où  est  l'escalier  pour 
monter  au  clocher  parait  de  cinq  cents  ans.  L'aile  gauche,  où  sont  les  fonts  et  les 
chapelles,  parait  avoir  été  ajoutée  au  grand  portail  sous  Charles  VII,  à  cause  des 
trois  fleurs  de  lys  qui  sont  à  la  voûte.  Le  clocher  parait  avoir  été  construit  du 
temps  de  Pierre  de  Bourbon  et  d'Anne  de  France,  ce  qui  se  reconnaît  par  leurs 
armes  mi-parti  de  France  et  de  Bourbon,  placées  à  l'entrée  et  au  dehors  du  clo- 
cher (la  flèche  de  ce  clocher,  qui  avait  cent  pieds  d'élévation,  fut  consumée  par 
un  incendie  accidentel  le  4  août  1785).  Le  reste  de  l'église  a  été  bâti  en  1540  avec 
le  portail  du  sépulcre.  C'est  un  édifice  considérable  tant  par  son  élévation  que 
par  sa  délicatesse.  » 

«  V.  Ducange,  v»  atnum.  Le  cimetière  de  Saint-Samson  était  primitivement  sis 
autour  de  l'église.  ïl  fut  transféré  en  juin  1786  au-dessous  du  châteller,  sur  un 
emplacement  donné  par  le  prince  de  Gondé. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS.  149 

guerres  ;  les  trois  places  ensuivant  tenues  de  Notre-Dame  et  où 
la  demeure  était  au  chapelain  de  Saint-Lucien  en  Téglise  du 
chately  —  c'était  derrière  cette  demeure  que  se  trouvaient  les 
pressouers  Monsieur  ;  —  la  porte  par  laquelle  on  allait  à 
Nointel. 

Toutes  les  places  depuis  la  place  du  Loquet  jusqu'à  la  porte 
de  la  Gauchie  étaient  tenues  de  Notre-Dame  les  unes,  et  les 
autres  du  seigneur  de  Lierval  *. 

n  y  avait  en  tout,  non  compris  les  quelques  fiefs  que  nous 
avons  indiqués,  deux  cent  cinq  maisons,  parmi  lesquelles  les 
hôtels  ou  hôtelleries  figuraient  en  nombre  relativement  consi- 
dérable. Il  y  avait  en  outre  plus  de  cent  places  ou  tenures  vides. 
Places  comme  maisons  étaient,  sauf  le  cas  d'amortissement  *  en 
faveur  du  chapitre  Notre-Dame  et  des  Trinitaires,  soumises  au 
cens,  et  la  taxe  atteignait  en  outre  les  aisements  des  maisons 
sur  les  murs  de  la  ville,  les  postiz  ou  issues  sur  les  fossés,  les 
étaux  mis  aux  jours  de  foires  devant  les  portes,  des  auvents  et 
appentis,  des  pressoirs,  dans  certains  cas  jusqu'à  l'égoût  de  l'eau 
tombant  sur  les  bâtiments  domaniaux  et  aux  fosses  à  fieuz.  En 
cinq  ou  six  endroits  un  censitaire  se  trouve  inscrit  avec  ses  par- 
sonniers  ou  associés.  Ce  mode  d'exploitation  était  si  fréquent  au 
moyen  âge  qu'il  aurait  à  peine  eu  besoin  d'être  mentionné  ici 
si,  fait  qui  nous  semble  au  contraire  assez  rare,  le  chef  d'une  de 
ces  associations,  messire  Paon  des  Quesnes,  n'était  pas  indiqué 
comme  chevalier. 

Ce  sont  ks  avaines  dehues  à  M.  le  duc  chascun  an  au  lende- 
main  de  Noël  (f*  71).  Ces  redevances  en  nature  comprenaient 


/      J  Hameau  de  Neuilly-sous-Clermont,  canton  de  Mouy,   dépendant   alors  en 
'  ^    partie  de  Breuil-le-Vert. 

/^  f  On  appelait  amortissement  la  permission  donnée  par  le  roi  ou  le  seigneur 
f  aux  gens  de  main-morte  de  tenir  et  posséder  un  héritage.  Cette  permission 
exemptait  le  dit  héritage,  moyennant  le  paiement  d'une  indemnité  immédiate,  de 
Tacquittement  ultérieur  de  tous  droits  et  devoirs  féodaux  et  censiers.  Les  comtes 
de  Qermont  usèrent  assez  fréquemment  du  droit  d'amortissement.  Nous  avons 
déjà  cité  les  lettres  de  mars  1384  (Ms.  20,082,  fo  574)  par  lesquelles  Louis  II 
amortit  50  livres  parisis  d'annuelle  rente  acquise  ou  à  acquérir  par  le  seigneur 
de  Nedonchel  dans  le  comté  de  Clermont,  sans  fief  ni  justice,  pour  la  fondation 
et  entretien  de  deux  chapelles  en  l'église  collégiale  Notre-Dame  du  chàtel  de 
Clermont.  Plusieurs  énonciations  de  l'état  des  fiefs  dressé  par  Jehan  Dargillière 
▼ers  1500  (Archives  de  l'Oise,  E.  39)  établissent  qu'ils  continuèrent  à  agir  de 
même  jusqu  è  la  fin  du  xvo  siècle.  C'est  précisément  l'époque  où  le  droit  fut 
proclamé  par  les  légistes  comme  exclusivement  régalien. 


Digitized  by 


Google 


150  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 

non-seulement  des  grains,  mais  encore  des  chapons.  Il  y  avait 
à  Glermont,  en  la  rue  des  Masures,  trente-neuf  tant  maisons  que 
masures  ',  courtils  et  vignes  assujettis  à  leur  payement. 

Les  avaines  de  Warty  *,  à  commencer  au  petit  pont  en  allant 
au  grand  pont  de  Bresche  à  main  senestre  (P  72)  s'acquittaient 
par  trente-deux  masures,  prés  ou  courtils,  six  aulnois  et  trois 
maisons. 

A  la  cauchié  de  Becquerel  •,  à  commencer  au  pied  du  mont, 
en  allant  selon  la  rivière  de  Bresche  au  Pont  Gaillard,  et  de  celui 
pont  en  allant  à  dextre  jusques  au  pont  Nicaise  Pèlerin  (f  74)  il 
y  avait  quarante-huit  masures,  six  aulnois  et  une  maison  impo- 
sables. 

Enfin  dans  la  rue  de  la  Bouete  à  commencer  aux  aulnois  de 
Hargenlieu  *  au  marais,  et  du  marais  en  allant  à  Giencourt  *  on 
comptait  dans  les  mêmes  conditions  huit  masures,  une  maison 
et  douze  aulnois. 

Les  cens  de  la  voie  des  Pâtures,  quatre  sols. 

Les  cens  de  la  courbe  de  Thory  •  sur  plusieurs  héritages  à 
Thory. 

Les  cens  de  la  maison  TAvugle,  deux  deniers. 

Les  deux  mines  d'avoine  dues  chacun  an  à  Thory. 

Le  cens  du  moulin  d'Espineuse  ^. 

Le  cens  de  la  maison  Jehan  de  Saint-Leu  au  Plessier  ®. 

Le  pré  de  Becquerel. 

Les  deux  muys  de  mouture  à  Thory  et  Merart  *. 

Il  y  avait  à  Becquerel  plusieurs  pièces  de  vigne,  qui  jadis  fai- 
saient partie  du  domaine  et  qui  avaient  été  ensuite  baillées  à 
rente  de  vin  et  d'argent,  mais  aucunes  d'entre  elles  demeuraient 
en  friez  (friche). 

*  Le  mot  masure  avait  plusieurs  significations.  Généralement  il  désignait  à  cette 
époque  un  tenement  édifié  de  bâtiments  d'habitation  et  d'exploitation  agricole  ; 
mais  ici  étant  opposé  au  mot  maison^  peut-être  devrait-il  être  entendu  des  terres 
seulement  formant  le  tenement. 

t  Warty,  aujourd'hui  Fitz-James,  canton  de  Clermont. 
'  Hameau  de  Fitz- James. 

*  Hameau  d'Avrechy,  canton  de  Clermont. 

»  Hameau  de  Breuil-le-Vert,  canton  de  Clermont. 

*  Thury-sous-Clermont,  canton  de  Mouy. 
'^  Canton  de  Clermont. 

^  Probablement  le  Plessis-Billebault,  commune  d'Ansacq,  canton  de  Mouy. 

*  Merart,  ham.  de  Bury,  canton  de  Mouy. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS.  131 

A  la  suite  des  divers  droits  utiles  dont  nous  venons  de  donner 
le  sommaire,  le  dénombrement  place  (f  78)  les  droits  seigneu- 
riaux ci  après,  qui  terminent  la  déclaration  du  domaine  propre- 
ment dit  de  Clermont. 

La  taille  ^  de  Canectecourt  ',  rapportant  dix- neuf  livres 
tournois. 

La  taille  d'Agnes  ',  six  livres  tournois. 

La  taille  de  Boisicourt  *  quatre  livres  tournois. 

L'avouerie  *  de  Marcellés  ',  trente-cinq  sous. 

L'avouerie  de  Haloi  ^,  quatre  livres  tournois. 

L'abbé  de  Corbie  doit  chacun  an  à  Monseigneur  le  duc 
soixante  anguilles  à  cause  de  sa  maison  et  héritage  qu'il  a  à 
Thory*. 

1  La  taille^  qui  devait  être  Timpôt  territorial  le  plus  considérable  de  rancienne 
monarchie,  et  même  le  seul  jusqu'au  règne  de  Louis  XIV,  fut  à  l'origine,  et 
n'était  encore,  à  l'époque  du  dénombrement  de  1373,  qu'un  droit  féodal  que  les 
seigneurs  percevaient  sur  leurs  serfs,  en  proportion  de  leurs  biens  et  de  leurs 
revenus;  quelquefois  elle  était  abonnée,  c'est-à-dire  que  le  taux  en  était  fixé 
annuellement  de  gré  à  gré.  Indépendamment  de  la  taille  ordinaire,  il  y  avait  la 
taille  extraordinaire  due  au  seigneur  dans  quatre  cas  :  lorsqu'il  prenait  la  croix 
pour  aller  en  Terre-Sainte  ;  —  lorsqu'il  était  prisonnier  de  guerre  ;  —  lorsqu'il 
mariait  sa  fille  aînée  ;  —  lorsque  son  fils  aîné  était  armé  chevalier.  On  a  vu  plus 
haut  et  par  quels  motifs  la  ville  de  Clermont  était  exempte  de  la  taille  ordinaire, 
mais  non  de  la  taille  extraordinaire,  depuis  les  lettres  de  Louis  I»'  de  Bourbon 
de  mai  1325. 

!  Hameau  de  Breuil-le-Vert,  canton  de  Clermont. 

3  Canton  de  Clermont. 

*  Hameau  de  Bury,  canton  de  Mouy. 

5  Le  mot  avouericy  qui  était  synonyme  de  garde  et  tutelle,  désignait  la  charge 
ou  dignité  de  certains  officiers  féodaux,  auxquels  les  évêques  et  abbés  déléguaient 
le  soin  d'administrer  les  intérêts  temporels  des  églises  et  monastères,  de  con- 
duire leurs  hommes  à  la  guerre,  et  de  rendre  la  justice  en  leur  nom.  Presque  tou- 
jours à  l'avouerie  était  attaché  un  fief  consistant  en  une  attribution  de  droits  sur 
les  terres  du  monastère,  comme  aussi  dans  une  part  des  profits  de  certains  juge- 
ments. Afin  de  s'assurer  une  protection  efficace,  les  évéques  et  abbés  avaient  soin 
de  ne  donner  en  fief  l'avouerie  des  églises  et  monastères  qu'aux  seigneurs  les  plus 
puissants  de  la  contrée.  Voir  Brussel,  Usage  des  fiefs^  livre  III,  chap.  vi, 

^  Marseille-le-Petit,  chef-lieu  de  canton  de  l'arrondissement  de  Beau  vais.  Cette 
avouerie  avait,  croyons-nous,  été  inféodée,  comme  la  suivante,  par  l'abbaye  de 
Lannoy  au  comte  Raoul. 

"^  Canton  de  GrandviUiers. 

•  Cette  redevance,  rapprochée  des  autres  droits  que  le  comte  percevait  à  Thury, 
semble  bien  justifier  l'assertion  antérieurement  émise  que  cette  seigneurie  avait 
été  l'objet  d'une  association  entre  l'abbaye  de  Corbie  et  Raoul  de  Clermont. 
En  1514,  d'après  le  compte  de  G.  Puleu,  les  soixante  anguilles  étaient  estimées 
quarante  sous  parisis. 


Digitized  by 


Google 


182  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 

Le  scel  des  lettres  de  baillie  *  et  doit  on  au  dit  scel  de  toutes 
lettres  obligatoires  qui  sont  faites  de  chacune  livre  une  obolle, 
puisque  les  obligations  passent  douze  livres. 

Et  de  toutes  autres  lectres  faictes  au  dessoulz  de  douze  livres, 
de  procurations,  vidimus  (copies  de  chartes  authentiques),  apro- 
bations,  certifications  sous  ledit  et  autres  telles  ou  semblables 
lectres,  de  chacune  six  deniers. 

Le  forage  de  Becquerel,  quand  les  hostes  de  Monseigneur 
vendent  vin  au  détail. 

Fressengage,  droit  sur  les  animaux  de  la  race  porcine  (Du- 
cange,  v^  Friscencagium)  à  Canectecourt,  à  la  Saint-Rémy  cinq 
sols  six  deniers  obole  ;  à  la  Pentecôte  autant  ;  et  le  lendemain 
de  Pâques  trois  sols  deux  deniers. 


*  Le  bailli  était  un  officier  féodal  établi  par  le  roi  ou  le  seigneur  pour  rendre 
la  justice  en  son  nom,  garder  et  administrer  les  villes,  faire  la  recette  de  tous  les 
droits,  tant  ordinaires  qu'extraordinaires,  dans  l'étendue  d'une  certaine  circons- 
cription territoriale  qui  prenait  le  nom  de  bailliage  ou  baillie.  Sur  ces  fonction- 
naires, qui  commandaient  aux  prévôts  et  sergents,  V.  Brussel,  ch.  xxxv  :  En  quel 
temps  il  a  été  premièrement  institué  des  baillis  en  France,  et  quels  sont  les  plus 
anciens  bailliages  royaux.  V.  aussi  les  Coutumes  de  Beauvaisis^  chap.  i^'  :  De  l'Of- 
fice des  baillis.  Beaumanoir,  qui  entre  dans  de  grands  détails  sur  les  droits  et 
devoirs  de  cette  charge,  dont  il  a  été  investi^  donne,  chap.  xxxv,  la  nomencla- 
ture et  la  formule  des  lettres  que  le  bailli  devait  sceller  :  «  Le  vente,  dit-il,  ou  li 
escanges,  ou  les  detes,  ou  les  convenances  (conventions)  qui  sont  fêtes  entre  per- 
sonnes qui  n'ont  point  de  scel  (les  roturiers  n'avaient  point  de  sceau,  les  gen- 
tilshommes en  avaient  un,  au  contraire,  mais  qui  ne  faisait  foi  que  contre 
eux-mêmes),  ou  ils  ont  seauz,  mais  il  lor  plest  mix  à  prenre  letre  de  baillie  por 
ce  qu'ele  est  plus  sure  et  plus  isnelement  mise  à  execussion,  doivent  venir  par 
devant  le  bailli  et  recorder  le  marcié  et  lor  convenences,  et  puis  requerre  que 
lettres  lor  en  soient  bailliées  selonc  le  forme  que  l'on  doit  fere  lettres  de  baillie.  » 
Dans  un  autre  passage,  il  insiste  sur  l'importance  de  l'attribution  dont  il  s'agît 
«  parce  que  li  séax  de  le  baillie  est  autentiques  et  creus  de  ce  qui  est  tesmongnié 
par  li  en  letres,  li  baillis  n'est  pas  sages  que  soigneusement  ne  le  garde  si  que 
nule  lettre  n'en  soit  scelée  qu'il  mesme  n'ait  avant  veue  et  qu'il  sace  s'ele  doit 
estre  scellée  ou  non...  »  et  il  ajoute  que  pour  le  scel  on  prend  un  sou  par  livre, 
au  profit  du  seigneur.  L'article  198  de  la  Coutume  de  1539  porte  que  aucun  autre 
que  le  comte  de  Clermont  n'a,  par  toute  l'étendue  de  la  comté,  scel  authentique 
ni  pouvoir  de  commettre  auditeurs  ou  notaires  pour  recevoir  contrats  par  foi  et 
serment,  pour  quelque  cause  que  ce  soit.  Ce  droit  exclusif  ne  lui  appartenait 
pas,  toutefois,  sans  contestation  de  la  part  des  seigneurs  de  Conty,  de  Rem  y, 
Gournay  et  MoyenneviUe,  qui  firent  toutes  réserves  dans  le  procès-verbal  de 
rédaction  de  la  Coutume.  D'après  le  Ms.  4,663,  fol.  1,  le  Bailli  de  Clermont  comp- 
tait en  trois  termes  :  à  la  Toussaint,  à  la  Chandeleur  et  à  l'Ascension. 


Digitized  by 


Google 


hR  COMTÉ  DE   CLERHONT  EN   BEAUVAISIS.  153 

Plet  général  *  à  Clennont,  \ingt-quatre  sous  par  an. 
Plet  général  à  Giencourt,  trois  sols  sept  deniers. 
Plet  général  à  Canectecourt,  quinze  sols  par  an. 
Montonnage  *  à  Canectecourt. 

Montonnage  à  Ansac  •,  trois  sols  à  l'Ascension,  autant  à  la 
Saint-Rémy. 
L'erbage  *  de  Canectecourt. 
L'erbage  à  Lierval  '. 
L'erbage  à  Roteleu  '. 
L'erbage  à  la  Neuve-Rue  \ 
L'erbage  du  Pire  •. 
L'erbage  à  Giencourt. 


'  On  appelait  plet  général,  an  moyen  âge,  rassise  tenue  par  le  seigneur  pour 
rendre  la  justice  avec  le  concours  de  ses  vassaux.  Ce  concours^  obligatoire,  était 
assuré  par  des  clauses  pénales  qui  se  trouvent  formulées  dans  les  termes  sui- 
vants par  les  articles  199  et  200  de  la  Coutume  de  1539  :  «  Nul  seigneur  dudit 
comté  n*a  aucune  assize  ni  ressort,  sinon  le  comte  du  dit  Qermont  qui  a  cous- 
tume  les  faire  tenir  par  son  baillif  d'un  an  à  autre,  et  à  ledicte  assize  sont  tenuz 
comparoir  quand  ils  y  sont  suffisamment  adjoumez  tous  les  vassaux  tenant  en 
plain  fief  du  château  du  dit  Clennont,  lesquels  doivent,  à  leurs  périls  et  fortunes, 
faire  les  jugements  ès-dictes  assizes  ensemble  en  tous  autres  cas,  tant  criminel 
que  civil,  dont  les  procès  sont  faicts  par  ledit  baillif.  »  Mais  si  du  temps  de  Beau- 
manoir,  ses  écrits  en  témoignent,  les  assises  de  chevaliers,  tombées  en  désuétude 
déjà  dans  un  grand  nombre  de  provinces,  se  maintenaient  encore  en  vigueur  à 
Clermont,  il  en  devait  être  autrement  au  xvj«  siècle  et  les  feudataires  ne  consi- 
déraient plus  ce  droit,  dont  ils  avaient  été  si  jaloux,  que  comme  une  servitude 
onéreuse.  Aussi  la  plupart  de  ceux  qui  comparurent  à  la  révision  de  la  Coutume 
protestèrent  en  déclarant  que  cette  règle  était  dès  longtemps  inobservée,  et  que 
le  roi  (dans  les  mains  duquel  était  alors  le  comté  de  Clermont,  et  qui  venait  d'y 
établir  un  bailliage  royal  par  lettres  du  mois  de  février  1531)  devait  faire  faire 
justice  à  ses  dépens  par  ses  officiers,  «  lesquels  ne  jugeaient  à  péril  d'amande.  » 
Ce  sont  ces  amendes  qui  donnaient  vraisemblablement  lieu  à  la  perception  indi- 
quée ci-dessus. 

*  Montonnage  :  droit  sur  les  troupeaux  de  moutons  et  brebis.  (Voir  Ducange, 
v«  Montonnagium,) 

*  Canton  de  Mouy. 

*  On  appelait  erbage  le  droit  qu'avait  le  seigneur  de  prendre  un  certain  nombre 
de  têtes  de  bétail  dans  les  troupeaux  qui  passaient  sur  ses  domaines.  Ce  droit 
fut  souvent  converti  en  redevance  pécuniaire.  Tous  les  habitants  des  lieux 
ci-dessus  indiqués  devaient  pour  chaque  vache,  veau,  cheval,  porc,  brebis  et 
agneau,  un  sol  d'erbage  le  jour  de  Saint-Jean- Baptiste  (Ms.  Fr.  4,663,  fo  3). 

»  Lierval,  hameau  de  Neuilly-sous-Clermont,  canton  de  Mouy. 
«  Hameau  de  Breuil-le-Vert,  canton  de  Clermont. 
^  Hameau  d'Hardivilliers  ou  d'Oursel-Maison,  canton  de  Froissy. 
s  Probablement  à  Clermont  dans  la  rue  des  Masures,  où  Tun  des  courtils  est  dit 
la  place  du  Pire. 


Digitized  by 


Google 


154  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 


RONQUEROLLES. 

Cest  le  dénommement  et  desclaration  de  la  terre  de  Ronquerolles, 
appartenant  à  monseigneur  le  duc  de  Bourbonnais j  qui  jadis 
fut  messire  Billebault  de  Trie  seigneur  de  Fresnes,  et  laquelle 
terre  le  dit  messire  Billebault  vendi  à  Jehan  Paix-est-Bonne  \  et 
ledit  Jehan  Paix-est- Bonne  la  vendi  audit  monseigneur  le  duc. 
Laquelle  terre,  tant  en  manoir  y  vigneSy  terres,  campars,  vinagesj 
bozj  prezy  yaues,  molinsj  tailles,  cens,  refîtes  et  autres  émolu- 
ments^ contient  et  comprend  ce  qui  s^ ensuit  (f*  79  et  s.)  : 

Cent  quarante-sept  mines  de  terre  louées  à  cens,  deux  ar- 
pents do  vignes  ; 

La  moitié  du  marais  sous  le  gripet  d*Estoy  ',  ainsi  que  du 
marais  sous  le  boz  de  Ronquerolles. 

La  moitié  des  avesnes  ou  avenages,  le  tout  en  partage  avec 
le  sire  de  Bazantin  ; 

Le  manoir  de  Ruelg,  ou  Reuil-sur-Aré  •  et  les  prés  et  aulnois 
depuis  la  cauchie  de  Crécy  jusques  à  Arion,  depuis  la  mote  du 
vivier  de  Crécy  jusques  au  pâtis  d'Arion  au  costé  derrière  le 
boz  de  Ronquerolles  ; 

Le  pré  Bordin  et  le  pré  de  Ramecourt  ; 

Toute  la  rivière  d*Araie  *  depuis  Ruelg  jusques  aux  relais  de 
Crécy  ; 

Des  cens  et  rentes,  considérables  par  le  nombre  des  censi- 
taires, dus  chaque  année  en  ladite  ville  de  Ronquerolles,  et  est 
assavoir  que  la  rente  vaut  les  deux  pars  d'une  mine  de  blé  à 


^  Nous  retrouverons  les  Trie  et  les  Paix-est-Bonne  dans  la  liste  des  feudataires. 
Ces  derniers  étaient  roturiers.  La  terre  de  Ronquerolles  n'appartenait  pas  entiè- 
rement au  duc  de  Bourbon  ;  on  verra  plus  bas  qu^il  en  partageait  la  seigneurie 
avec  le  sire  de  Bazentin.  Ronquerolles  dépend  aujourd'hui  de  la  commune 
d'Âgnetz. 

s  Canton  de  Clermont. 

'  Paroisse  détruite  dans  les  guerres  du  xiv^  siècle  et  réunie  sur  la  fin  du  xyii^ 
à  Airion,  canton  de  Clermont,  en  même  temps  que  Cressy,  dont  le  duc  Louis  II 
avait  transformé  le  vivier  en  étang.  Voir  ci-dessus. 

^  Cette  rivière,  qui  vient  du  canton  de  Saint-Just,  se  réunit  à*  la  Bresche,  le 
principal  des  cours  d'eau  du  canton,  dans  les  prés  Le  Comte,  à  l'est  de  Ramecourt. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ  DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS.  155 

2  deniers  pris  du  malleur,  deux  cappons  et  deux  deniers  de 
cens  ; 

Les  rentes  ou  cens,  peu  considérables,  qu'on  clamait  Son- 
gonz,  les  rentes  de  Saint-Evremont  ; 

Les  hostises  et  hôtes  qu'on  clamait  de  Robertville  ; 

Les  cens  dûs  à  Ramécourt  et  en  la  cauchie  ; 

Les  hostises,  cens  et  rentes  de  Ruelg  ; 

Les  cens  de  Crécy  ; 

Les  champarts  de  RonqueroUes  et  de  Ruelg  ; 

La  moitié  du  message  de  RonqueroUes  et  est  assavoir  que 
quand  li  prend  hommes  de  RonqueroUes  aront  eslu  un  messier  ' 
pour  garder  li  biens  communs  de  la  viUe,  le  messier  venra  par- 
devant  le  seigneur  de  RonqueroUes  ou  son  Ueutenant,  et  fera 
serment  que  il  gardera  li  bien  commun  si  comme  il  est  uzé  et 
accoustumé,  et  que  toutes  les  personnes  qu'il  prenra,  il  assera 
amende  et  les  mènera  en  la  cour  de  y  celui  où  li  meffaiz  sera  fez. 

La  moitié  de  la  taiUe  de  RonqueroUes  valant  par  an  40  liv. 
tournois,  et  le  sire  de  Razantin  l'autre  moitié.  Cette  taiUe  était 
répartie  par  les  habitants  eux-mêmes  «  les  viez  pers  qui  der- 
nièrement aront  cueUue  ladite  taille,  esliront  nouveaux  pers 
pour  la  cueUir  et  lever,  »  lesquels  prêteront  serment  entre  les 
mains  du  seigneur  de  bien  s'acquitter  de  leurs  fonctions. 

Toutes  les  voieries  de  RonqueroUes  et  froz  de  viUe,  communs 
au  duc  et  au  seigneur  de  Razantin  ; 

VIII"  (160)  arpents  de  boys  et  warenne,  c'est-à-dire  droit  de 
chasse  *  pour  le  menu  gibier  tant  dans  ces  boys  que  dans  ceux 
du  prieur  de  St-Remy  •. 


<  Le  messier  était  nommé  annuellement  pour  veiller  à  la  garde  des  fruits  avant 
la  récolte.  Responsable  des  délits  commis  dans  l'étendue  du  territoire  soumis  à 
sa  surveillance,  il  fcappait  leurs  auteurs  d'amendes  dont  le  produit  appartenait 
sous  le  nom  de  message  au  seigneur. 

*  n  y  eut  au  sujet  de  ce  droit  de  chasse  contestation  judiciaire  entre  le  duc  de 
Bourbon  et  son  coseigneur.  Un  apoinctement  de  l'an  1375  (Ms.  20,082,  fo  571) 
décida  que  le  duc^  la  duchesse  sa  femme  et  l'alné  de  ses  fils  pourraient  chasser 
dans  les  bois  et  garennes  de  RonqueroUes,  toutes  les  fois  que  le  dit  M.  le  duc 
ferait  chasse  en  saison  en  ses  forêt  et  bois  de  Hez,  que  le  lendemain  de  la  chasse 
ordinaire  du  duc  ses  gens  pourraient  venir  rachasser  sans  tendre  filets  ni  autres 
engins,  que  pendant  ce  temps  le  sire  de  Bazentin  ni  ses  gens  ne  chasseraient, 
mais  qu'après  la  chasse  ordinaire  ils  auraient  toute  liberté  de  le  faire. 

*  Prieuré  fort  ancien,  dépendant  de  l'abbaye  de  Saint-Germer,  et  situé  sur  le 
territoire  de  ReuiJ,  fait  actuellement  partie  d'Agnetz. 


Digitized  by 


Google 


156  LE   COMTÉ  DE  CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 

C^esl  la  desclaracion  de  la  terre  de  LITZ  \ 

Cette  terre,  on  s'en  souvient,  avait  eu  anciennement  une  for- 
teresse, que  Louis-le-Jeune  obligea  le  comte  Raoul  à  démolir 
en  1162  sur  les  plaintes  du  Chapitre  deBeauvais,  seigneur  d'une 
partie  de  Litz. 

Les  possessions  du  comte  de  Clermont  ne  comprenaient  plus 
en  1373  que  vingt  et  une  mines  de  terre  waignables  et  ahan- 
nables  (gagnables  et  labourables)  ;  trois  autres  mines  de  terre  ; 
quelques  prés  ;  des  cens  et  champarts  ;  la  moitié  du  tiers  du 
bois  de  la  crenne  de  Litz  ;  la  moitié  de  la  pêcherie  du  moulin  et 
vingt-sept  mines  de  blé  d'aumône. 


LA  NEUVILLE-EN-HEZ  \ 

Messire  Loys  duc  de  Bourbonnais  et  comte  de  Clermont  tient  de 
son  domaine  de  sa  dite  comté  de  Clermont  son  chastelde  la  huef- 
ville-en-Hez^  avecque  ses  cenz^  rentes  et  proufis  mis  en  prévosté 
parla  manièi^e  qui  s'enssiiit  (f  99  etsuiv.). 

Ce  domaine  était,  nous  l'avons  indiqué,  le  plus  considérable 
du  comté  après  celui  de  Clermont  proprement  dit. 

Le  dénombrement  débute  par  une  longue  énumération  des 
censitaires.  Les  terres  relevant  de  la  chatellenie  ne  devaient 
qu'un  denier  et  poitevine  de  cens  ;  celles  du  domaine  de  la  pré- 
vôté acquittaient  des  rentes. 

Les  propriétaires  de  certaines  maisons  étaient  exempts,  mais 
devaient  à  Noël  porter  au  château  des  saiettes  ou  pièces  d'étoffe. 

Des  maisons  d)Outant  au  parc  se  trouvaient  de  temps  immé- 
morial affranchies  de  toute  redevance  parce  que  leurs  habitants 
étaient  tenus  à  tom*  de  rôle  d'ouvrir  et  de  fermer  aux  passants 

*  Canton  de  Clermont. 

*  Canton  de  Clermont.  Nous  avons  déjà  relaté,  en  temps  et  lieu,  comment 
Raoul  de  Clermont  créa,  en  1187,  sur  le  territoire  de  Courlieu,  aujourd'hui  rue 
Saint-Pierre,  une  agglomération  nouvelle  qui  s'appela  d'abord  La  NeuviUe-le- 
Comte.  Le  Ms.  20,082  contient  à  son  fo  127  une  copie  de  la  charte  du  comte 
Raoul,  que  nous  reproduisons  aux  Pièces  justificatives. 


Digitized  by 


Google 


LE  COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVÀISIS.  1S7 

une  porte  et  barrière  par  devers  Clermont,  laquelle  n'existait 
plus  alors  mais  que  les  anciens  se  souvenaient  encore  avoir 
vue.  Mêmes  avantages  appartenaient  à  d'autres  maisons  situées 
à  l'extrémité  opposée  de  la  ville  en  vue  d'un  même  service  qui, 
lorsqu'il  avait  lieu  de  nuit,  entraînait  une  rétribution  de  4  deniers 
aux  frais  du  duc. 

n  était  fait  mention  d'un  «  quenil  où  on  hébergeait  les 
chiens  »  du  duc  quant  il  voulait  chasser  dans  la  forêt,  mais 
qui  avait  été  ars  et  dissipé  par  les^  ennemis  du  royaume. 

Plusieurs  maisons  sont  portées  également  comme  dissipées 
et  détruites  pour  les  fossés  et  arrière-fossés  du  chatel  ^  «  quand 
les  ennemis  furent  en  LVIII  en  Beauvaisis.  » 

n  existait  sur  le  territoire  de  La  Neuville,  cemme  sur  celui 
de  Clermont,  plusieurs  fiefs  particuliers ,  savoir  :  le  fief  de  Bre- 
tigny,  appartenant  au  duc  à  cause  de  ses  fiefs  de  RonqueroUes  ; 
le  fief  Jehan  de  Marie  en  sa  main  par  défaut  d'homme  ;  le  'fief 
de  Mahieu  du  Postis  (maison  et  jardin)  avec  deux  arrière-fiefs 
depuis  baillés  à  cens  ;  le  fief  de  Mitery  ;  le  fief  des  Courtieux  de 
Luzarches,  tenu  comme  le  précédent  du  chatel  de  Clermont  et 
appartenant  à  Pierre  Paris  d'Angeviller  à  cause  de  sa  femme , 
veuve  de  feu  Jehan  de  Camp-d'Aveine,  écuyer  (l'un  des  derniers 
descendants  d'Hugues,  comte  de  Saint-Pol,  et  de  Marguerite  de 
Clermont)  ;  enfin  le  fief  Symon  Dusart  relevant  de  RonqueroUes, 
avec  four  où  son  possesseur  avait  droit  de  cuire  sans  être  ban- 
nier  au  fom*  du  duc,  moyennant  une  rente  de  deux  mines 
d'avoine,  deux  chapons  et  six  deniers. 

Une  charte  de  Mahaut  de  Dammartin  et  de  Jeanne  de  Boulo- 
gne sa  fille,  avait  donné  en  mai  1249  à  Emmeline  Camuse  une 
masure,  sise  près  le  monastère  Sainte-Marie ,  franche  et  quitte 

1  Bâti  en  1187  par  le  comte  Raoul,  augmenté  et  fortifié  par  Louis  de  Blois  et 
Catherine  de  Clermonti  sa  femme,  le  château  de  la  Neuville  fut,  on  s'en  souvient, 
rasé  jusqu'à  fleur  de  terre  en  1210,  par  Philippe  de  Dreux,  évoque  de  Beauvais. 
Reconstruit  plus  tard,  il  devint  une  forteresse  qui  joua  un  certain  rôle  pendant 
la  guerre  de  Cent  ans  et  les  troubles  de  la  Ligue.  Il  fut  assiégé  en  1591  par 
Henri  IV,  incendié  alors  par  ses  défenseurs,  et  n'a  pas  été  rétabli  depuis.  11  n'en 
subsiste  plus,  dit  M.  Graves  {Précis  statistique,  p.  125),  que  la  motte  au  midi  du 
village  contre  la  forêt  ;  elle  forme  un  tertre  ovale,  élevé  de  sept  métrés,  long  de 
cent  huit  métrés  sur  quatre-vingts  de  largeur  ;  ce  tertre  recouvre  des  souterrains. 
L'étang  qu'on  voit  un  peu  plus  loin  a  été  creusé  pour  le  service  du  château,  que 
Ton  alimentait  ainsi  "au  moyen  d*une  conduite  d'eau  venant  d'une  fontaine  située 
dans  la  forêt. 


Digitized  by 


Google 


158  LE  COMTÉ   DE  CLERMONT   EN   BEAUV^ISIS. 

de  tous  droits,  sauf  deux  deniers  de  cens  à  la  Saint-Remy.  Cette 
masure  existait  encore  en  1373  dans  les  mêmes  conditions  et 
abritait  cinq  petits  ménages  (f  123). 

L'hôtel  du  presbytère  ne  payait  ni  cens  ni  rente  comme  avaient 
accoutumé  les  autres  lieux  de  presbytère,  bien  que  le  curé  *  eût 
dans  la  forêt  les  mêmes  droits  d'usage  que  les  autres  habitants, 
mais  tous  les  vendredis  il  devait  dire  les  vêpres  de  Notre-Dame 
à  l'église  et  faire  à  son  prône  chaque  dimanche  les  prières  pour 
le  comte  Raoul,  la  comtesse  Mahaut  et  leurs  enfants  (f  124). 


FOUR   DE  LA   NEUVILLE  (f  125). 

«  Et  est  assavoir  que  les  habitans  de  ladite  Neufville  sont 
baniers  au  four  de  M.  le  duc  à  ladite  ville,  excepté  ceulx  des 
fiefs  qui  paravant  sont  nommez  et  desclairiez,  lesquels  habitans 
baniers  quant  ils  vuelent  cuire  leur  pain  vont  prendre  lieu  au 
four  par  devers  le  fournier  qui  y  doit  demorer  pour  avoir  jour 
et  heure  pour  cuire  ce  que  ledit  fournier  leur  ordene  qui  pour 
cuire  et  faire  ledit  office  est  ôrdené  de  par  M.  le  duc  à  son  fraist 
et  pourchas,  ou  de  cellui  qui  dudit  four  est  fermier,  lesquelz 
habitans  pevent  cuire  xx  pains  pour  paier  un  pain  pour  fournage 
seulement,  et  ne  doivent  paier  autres  frez  comment  qu'il  soit 
pour  cuire,  mais  que  de  paier  de  vingt  pains  un  pain  seulement. 
Et  se  il  avient  que  de  leur  voulante  ilz  facent  aucun  don  de 
paste  au  fournier,  ilz  le  font  par  courtoisie  et  de  leur  voulante  et 
riens  de  droit  ne  que  à  ce  ilz  soient  aucunement  tenuz.  Et 
comme  au  boz  pour  chauffer  le  four  dessuz  dit  le  chastellain  de 
ladite  Neufville-en-Hez  pour  et  ou  nom  de  Mons'  le  duc  doie 
bailler  et  livrer  lieux  et  places  en  la  forest  au  fermier  dudit  four, 
pour  ce  faire,  toutesvoyes  ledit  fermier  ou  le  possesseur  dudit 
four  le  doit  faire  ouvrer  et  amener  à  son  coust  et  fraist.  » 

Le  four  de  la  Neuville  était  affermé  en  1374  vingt-huit  livres 
parisis. 


1  L^église»  bâtie  en  même  temps  que  le  village,  ne  fat  d'abord  qu'un  simple 
vicariat  dépendant  de  la  paroisse  de  Gourlieu.  Mais  les  comtes  obtinrent  que  le 
titre  de  cure  fût  transféré  à  la  NeuviUe,  ce  qui  fut  sanctionné  par  des  bulles 
de  1249,  1250  et  1269  qui  confirmèrent  d'ailleurs  au  chapitre  de  Gerberoy  le 
patronage  de  ce  bénéfice.  (Graves,  Précis f  p.  124.) 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUYAISIS.  159 


Ci-après  seiusuit  le  desclaration  des  rantes  que  doivent  lesdiz 
habitans  paians  rante  par  an  à  ladite  Nuefville. 

«  Et  est  assavoir  que  chascune  rante  vault  2  mines  *  d'avaine, 
deux  cappons  et  six  deniers  à  paier  lesdiz  cappons  à  le  S'-Remy, 
Tavaine  et  les  deniers  au  Noël,  tous  sans  amende  aucune,  les- 
quelz  cens  et  rentes  se  doivent  demander  aus  lieux  qui  les  doi- 
vent après  les  termes  escheuz,  et  se  faulte  de  paiement  y  a  le 
prevost  ou  celluy  qui  ad  ce  recevoir  est  ordené  de  par  M.  le  duc 
puet  prandre  un  des  sergenz  de  ladite  prevosté,  etprandre  gage 
aus  lieux  sur  les  deffaillans  de  paier  jusques  au  rez  du  dehu,  et 
faire  vendre  les  gages  au  jour  de  marchié  qui  est  le  mardi  à 
ladite  Nuefville,  à  racat  durant  8  jours  depuis  la  vente  faite  et 
depuis  les  gages  levez  le  prevost  ou  le  commis  à  ce  doit  faire 
solempnelment  crier  que  quiconque  aura  gages  levez  pour  rentes 
que  à  tel  jour  il  soit  au  vendre,  et  le  vente  faite  il  doit  faire 
crier  que  quiconque  ne  rachatera  ses  gages  dedens  tel  jour  il 
seront  siens  perduz,  et  dient  aucuns  anciens  que  pour  cause 
desdites  rentes  paier,  il  ont  veu  le  huys  de  lostel  ester  de  un  gon 
premièrement,  et  après  oster  tout  hors  et  porter  au  four  de  M.  le 
duc  sans  lever  gages  de  lostel. 

«  Item,  et  se  aucunz  des  habitans  de  ladite  Nuefville  sont 
adjournez  par  devant  le  prevost  de  ladite  ville,  soit  contre  office 
ou  contre  partie,  et  il  sont  mis  en  deffaut,  il  paieront  pour  chas^ 
cun  deffaut  12  deniers  et  non  plus. 

«  Item  pour  une  arrainne  '  12  deniers  et  non  plus. 

c(  Item  pour  une  reclameur  par  vertu  de  commandement  reçeu 
ou  d'autre  lettre  obligatoire,  12  deniers  et  non  plus. 

«  Item  pour  un  lait  dit  hors  jugement  poursui  de  partie  con- 
gneu  ou  prouvé,  5  sols  d'amende. 

«  Item  pour  bateure  et  mainmise  par  injure  sans  sanc  et  sans 
plaie,  5  sols  d'amende. 


^  La  mine  d*avoine  de  La  Neuville-en-Hez,  comme  celle  de  Glermont,  équivalait 
à  63  litres,  56  centilitres  ;  elle  était  supérieure  d'un  tiers  k  la  mine  de  blé. 

*  Ici  arrainne  semble  signifier  une  amende  de  défaut,  comme  le  veut  le  Glos- 
saire du  droit  français.  Conférez  avec  ce  tarif  celui  de  la  Prévôté  de  Clermont  ci- 
dessus. 


Digitized  by 


Google 


160  LE  coirrÉ  de  clermont  en  beauvaisis. 

«  Item  pour  bateure  et  mainmise  par  injure  à  sanc  et  à  plaie  de 
main  garnie,  60  sols. 

«  Item  se  par  commission  de  M.  le  gouverneur  ou  baiUy  de 
Glermonty  aucun  desdiz  habitans  est  adjourné  à  Clermont  soit 
contre  office  ou  contre  partie,  et  il  est  mis  en  deffaut,  il  paiera 
pour  le  deffaut  12  deniers  au  proffit  du  prevost  de  la  Nuefville. 

«  Item  pour  une  arrainne,  12  deniers  et  non  plus. 

«  Item  pour  lettre  monstrée  en  repleinte  12  den.  et  non  plus, 
tout  au  proffit  dudit  prevost  de  la  Nuefville. 

«  Et  ne  puéent  les  sergens  du  bailliage  de  Clermont  faire 
exploict  quelconque  en  ledit  prevosté  de  la  Nuefville,  se  n'est 
par  commission  du  gouverneur  ou  bailly  ou  de  son  lieutenant, 
et  ne  doivent  les  prevos  de  Clermont  et  de  le  Nuefville  de  riens 
cognoistre  li  un  seur  Tautre,  ne  ne  doivent  riens  emprendre  du 
faict  de  Tune  prevosté  seur  l'autre,  et  puet  chascun  de  eux 
cognoistre  du  faict  de  la  prevosté,  et  se  le  cas  se  offre  requerre 
le  remission  de  se  court  et  juridiction  en  baillie  et  ailleurs,  se  il 
eschiet.  Et  se  les  habitans  de  ledit  Nuefville  font  adjourner  l'un 
l'autre  par  devant  ledit  prevost  de  le  Nuefville,  le  sergent  n'en 
doit  avoir  point  de  salaire.  » 


hem  sensstiiet  la  déclaration  commoit  et  pour  quelles  causes  les 
rentes  devant  dites  et  desclairieSj  et  celles  que  on  paie  et  doit  paier . 
se  paient  y  se  puéent  et  doivent  paier  à  ladite  Neufville  chascun  an. 

«  Premièrement,  les  habitans  paians  rentes  en  ladite  ville 
puéent  avoir  tant  maisons  menables,  comme  masm-es  et  cour- 
tieux,  jusques  à  2  mines  de  terre,  en  paiant  2  mines  d'avaine, 
2  cappons,  et  six  deniers  qui  valent  une  rente  par  an,  maiz  que 
le  pocesseur  tiegne  tout  en  ^a  main,  sans  louer  ou  bailler  à 
louage  aucune  de  ses  maisons,  et  se  il  baille  aucune  ou  aucune 
de  ses  maisons  qui  ne  sont  point  franches  de  rentes  à  louer,  le 
louagier  qui  en  icelle  maison  demourra  paierra  une  rente  comme 
dessus  est  dit. 

«  Item  et  qui  ne  aura  point  de  maison  en  ledite  ville,  et  il  y  a 
des  courtieux,  il  peut  avoir  un  courtil  et  plusieurs  jusques 
à  2  mines  de  terre,  en  paiant  6  deniers  à  le  S*-Remy,  et  aussi 
bien  6  deniers  de  un  petit  courtil  comme  de  plusieurs,  excepté 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DK   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS.  161 

les  lieux  plus  fraiiz  lesquelz  sont  par  avant  desclairiez,   qui 
emportent  en  eux  les  libertez  tant  de  cens  comme  de  rente.  » 


DROITS   d'usage   DANS   LA   FORÊT  (f  127). 

«  Tous  lesquels  habitans  de  ladite  Neufville  généralement  de 
tel  temps  et  si  long  qu'il  n'est  mémoire  du  contraire  ont  leurs 
usages,  les  droits,  libertez  et  franchisses  que  cy  après  sont 
déclarées  en  la  forrest  de  Hez  parmy  les  cens  et  rentes  devant 
expressées  et  nommées  \ 

«  Premièrement  ils  peuvent  aller  en  ladite  forrest  chacun  en 
droit  soi  prendre  couper  lever  et  emporter  en  toute  manière 
sans  couper  à  la  scie  tout  bois  sec  soit  en  estant  ou  gissant  pour 
bâtir  et  faire  leurs  volontez  sans  enporter  hors  de  ladite  Neuf- 
ville.  Et  pareillement  tout  bois  vert  mais  que  il  soit  rompu, 
brisé  et  arrachez  tout  hors  sans  tenir  à  racine. 

«  Item  peuvent  avoh*  verges  pour  clore  pour  vuahler  maison  et 
faire  clôture,  pieulx  et  espines  pour  hayes  et  clôture  avec 
ramisseaux  pour  ramer  mais  pour  lesdites  verges,  pieux,  espines 
et  ramisseaux  avoir  ils  doivent  demander  congé  au  châtelain  de 
la  forest  ou  son  lieutenant,  qui  leur  doit  donner  et  ordonner  lieu 
et  place  à  ce  prendre  au  plus  le  proffit  pour  Monseigneur  le  duc 
et  moins  dommageable  pour  lesdits  habittans  mais  c'est  réservé 
et  excepté  aut  dits  habittans  deux  triages  et  places  en  ladite 
forest,  c'est  à  scavoir  les  Hautes  et  Basses  ploies  la  ou  ils  ne 
peuvent  couper  lever  ne  emporter  bois  vert  comment  qu'il  soit. 

«  Item  le  jour  de  feste  de  Saint-Remy  venu  et  échu  lesdits 
habitans  peuvent  aller  dans  la  dite  forrest  et  enporter  sacq  de 
fruits  dycelle  forrest  quelsqu'ils  soient,  excepté  gland  et  faine 
sans  ce  qu'ils  puissent  emporter  aucune  chose  hors  de  ladite 
Neufville.  » 


^  Ces  droits  et  franchises  résultaient,  ainsi  qn'on  l'a  tu,  de  la  charte  du  comte 
Raoul.  Ils  deyaient  être  transformés  par  Tordonnance  de  réformation  de  1666  en 
la  propriété  de  cent  arpents  de  bois,  que  la  commune  de  la  Neuville  possède 
encore  aujourdliui. 


11 


Digitized  by 


Google 


162  LK   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 


PRIVILÈGE   DE    NON   ARRÊT    (f*  128). 

«  Item  et  s'il  advient  que  aucun  des  habitans  se  transporte  es  la 
ville  de  Beauvais  et  soient  tenus  envers  aucunes  personnes  mais 
que  ils  ne  soient  obligez  par  lettres  ils  doivent  être  francz  d'ar- 
rest  par  la  loy  de  la  dite  ville,  et  ce  arrest  sassis  sur  eux  ils 
doivent  être  requis  par  Monsieur  le  duc  et  se  tantost  ils  ne  sont 
délivrés  tous  les  habittans  de  ladite  ville  de  Beauvais  passant  par 
le  comté  doivent  être  arrestés  prisonniers  de  Monseigneur  le 
duc  jusques  à  ce  que  lesdits  habittans  arrêtés  à  Beauvais  soient 
à  plaint  délivrés.  Et  pareillement  en  ladite  ville  de  Beauvais  sont 
francz  dudit  arrest  par  la  loi  de  ladite  ville  les  habitants  de  la 
ville  de  Rieux  ;  japieça  savouerent  a  Monsieur  le  duc  pour  ladite 
franchisse  avoir  et  sont  de  la  prévosté  de  ladite  Neufville  si  ne 
payent  que  pour  un  dessain  de  vain  le  prevost,  que  présent  seu- 
lement pour  une  reclameur  par  vertu  des  lettres  patentes,  mais 
pour  les  causes  dictes  ils  doivent  audit  Monsieur  le  duc  au  droit 
de  sa  prévosté  de  la  Neufville  chacune  hostice  que  se  doit  payer 
par  chacun  an  au  terme  de  Noël  une  mine  d'avoine  prinse  et 
livré  en  ladite  ville  de  Rieux  sans  amende  et  sont  lesdites  aven- 
ues nommées  les  avoueries  de  Rieux  ^  » 

Ce  privilège  important  et  exceptionnel,  dont  jouissaient  les 
habitants  de  la  Neuville  et  de  Rieux,  est  formulé,  nous  apprend 
M.  Graves  {Précis  statistique^  p.  120)  pour  la  première  fois  dans 
une  charte  confirmative  de  Louis  I"  de  Bourbon  du  14  août  1315  ; 
il  doit  être  considéré,  suivant  cet  auteur,  comme  une  sorte 
de  compensation  accordée  par  le  roi  aux  comtes  dç  Clermont, 
qui  souffraient  impatiemment  la  suzeraineté  des  évoques  de 
Beauvais. 


^  Rieux,  doyenné  de  Pont  ou  Rieux,  doyenné  de  Grandyilliers.  Nous  avons 
parlé  à  rarticle  de  Raoul  de  Tassociation  faite  entre  ce  comte  et  Tabbé  de  Saint- 
Germer  relativement  à  Rieux  (1190). 


Digitized  by 


Google 


LE  COMTÉ   DE  CLERMONT   EN   BEAUYAISIS.  163 


LA  FORÊT  DE  HEZ  '  (P  130). 

«  Ce  est  la  desclaracion  du  nombre  des  arpenz  de  boz  que  la 
forest  de  Hezpuet  contenir  tant  de  haute  forest,  comme  menu  bos 
et  taiUiz,  arpentée  et  mesurée  par  Jehan  Dangi,  mesureur  juré , 
et  par  Florot  Dars  mesureur,  demeurant  à  Louviaucourt,  en  la 
paroisse  de  Baillenval,  et  par  leurs  aides,  commençant  le  mardi 
7*^  jour  du  mois  de  mars  lan  mcgclxxui,  fait  au  commandement 
de  M"  Gilles,  seigneur  de  Nedonchel,  chevalier  et  gouverneur 
de  Glermont,  pour  et  au  nom  de  très  excellent,  noble  et  puis- 
sant prince  mons'  Loys  duc  de  Bourbonnois,  comte  de  Gler- 
mont. A  ce  faire  fu  présent  Hébert  de  Tm-queteville,  escuyer  et 
chastellain  de  ladite  foresi  ',  laquelle  est  arpantée  et  mesurée 

1  a  La  forêt  de  Hez  en  Beauvaisis  s'étend  entre  les  rivières  de  Terrain  et  de 
Bresche,  entre  Beauvais  et  Glermont  ;  elle  a  deux  lieues  de  long,  une  lieue  de 
large.  »  Expilly,  Dictionnaire  des  Gaules  et  de  la  France.  Elle  est  aujourd'hui  cir- 
conscrite, à  Test,  par  le  village  d'Agnetz  et  les  hameaux  de  Gicourt,  de  Boulain- 
court  et  de  Ronquerolles  ;  au  nord  par  les  villages  d'Etouy,  de  Litz,  de  la  Neu- 
ville, du  territoire  duquel  elle  fait  partie,  et  de  Rue  Saint-Pierre  ;  à  l'ouest  par  les 
tourbières  de  Bresles  et  le  hameau  de  Froidmont  ;  au  sud  par  les  hameaux  des 
Maillets  de  Fay-sous-Bois,  de  Filerval,  le  village  de  Thury  et  le  hameau  du 
Plessis-Billebault.  De  Lépinois,  Recherches  historiques.  Gette  forêt,  que  certains 
Utres  du  xii«  siècle  dénomment  de  Haitz,  Hais  et  Hers,  et  qui  d'après  Louvet, 
s'appela  aussi  de  Hermès,  est  considérée  par  quelques  géographes,  notamment 
par  d*Anville,  comme  ayant  été  le  pays  des  Hassi,  peuplade  nommée  par  Pline  à 
la  suite  des  Bellovaci.  Mais  bien  qu'on  ait  trouvé  des  haches  en  silex  dans  la 
forêt  de  Hez  comme  dans  d'autres  parties  du  département,  cette  opinion  semble 
à  M.  Graves  {Précis  statistique)  dénuée  de  preuves  sérieuses.  Quant  à  l'étymologie 
du  mot  Hez,  Dom  Grenier  croit  que  ce  mot  pourrait  représenter  l'ancien  nom  du 
Dieu  Mars,  tel  que  les  Celtes  le  prononçaient  et  auquel  les  Romains  auraient  donné 
la  terminaison  Hesus.  {IntrodxAction  à  l'histoire  de  Picardie ^  p.  168.) 

*  C'était  sons  la  direction  de  ce  châtelain  qu'était  alors  placée  tonte  l'adminis- 
tration de  la  forêt.  On  verra  plus  loin  qu'il  avait  à  la  Neuville  un  hôtel  qui 
n'existait  plus  en  1373.  Les  Comptes  de  Beaumanoir,  édités  par  M.  Bordier,  font  en 
outre  mention  d'un  forestier  ou  garde  à  cheval  qui  touchait  deux  sous  par  jour, 
cinquante  sous  par  an  pour  son  habillement  et  avait  une  maison,  ainsi  que  de 
quatre  gardes  ou  sergents  rémunérés  à  raison  de  six  deniers  par  jour.  Les  droits 
d'usage  de  toutes  sortes  concédés  aux  riverains,  dit  M.  de  Lépinois  {Recherches 
historiques  y  p.  86),  ne  tardèrent  pas  à  causer  à  la  forêt  de  tels  dommages  que  les 
comtes  durent  chercher  à  y  porter  remède.  La  plus  ancienne  ordonnance  rendue 
à  ce  sujet  est  celle  du  4  juin  1384  (Ms.  Fr.  4,663,  fo  119),  que  l'auteur,  que  nous 
venons  de  citer,  résume  dans  les  termes  suivants  :  «  Attendu,  y  est-il  dit,  que  la 
forétiest  toute  ravagée  et  perdue,  le  comte  en  remet  la  gestion  à  un  verdier  seul 


Digitized  by 


Google 


164  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 

par  lesdiz  mesureurs  et  leurs  aides  au  plus  justement  que  il  a 
peu  estre  fait,  sans  faire  routes  ne  haies  damageables  pour  ledit 
Mons',  dont  lez  ditz  mesureurs  sur  ce  ont  fais  leurs  rapports  en 
la  manière  qui  cy  après  s'enssuiet  : 

Basses  Ploies  étant  près  de  la  Neufville-en-Hez,  par  devers  le 
pavement  qui  va  à  Beauvais,  taillis  et  menus  bois,    65  arpents. 

Hautes  Ploies  et  Hautes  Courroies  tenant  au  grand  chemin 
qui  va  de  la  Neufville-en-Hez  à  Clermont,  ancienne  haute  fu- 
taie, 247  arpents  et  demi. 

Taillis  du  grand  quemin  de  Clermont,  en  allant  de  la  Neuf- 
ville-en-Hez à  la  Croix-le-Comte,  79  arpents  70  v. 

Chemin  de  RonqueroUes  et  vente  des  Palis,  80  arpents, 

Grippet  d'Estoy,  haut  taillis,  244  arpents. 


officier  chargé  de  faire  les  délivrances  aux  usagers.  Les  arbres  de  futaie  seront 
dorénavant  marqués  à  deux  marteaux,  celui  du  verdier  et  celui  du  receveur  du 
comté  ;  mais  la  surveillance  des  coupes  appartiendra  exclusivement  au  verdier. 
Un  conseil  composé  du  verdier,  du  bailli  de  Clermont,  du  châtelain  de  la  Neu- 
ville, du  receveur  et  du  procureur  du  comté,  déterminera  chaque  année  les  ventes 
à  faire.  Le  verdier  aura  sous  ses  ordres  quatre  sergents  aux  gages  annuels  de 
huit  livres  chacun  :  le  premier  aura  la  garde  des  broches  d'Auvillers,  le  second  la 
garde  de  TÉpine,  vers  Saint-Félix,  le  troisième  la  garde  de  dessus  les  marais  de 
Brêsles,  le  quatrième  la  garde  des  Ploies  et  du  Grippet  d'Etouy.  Le  verdier  prê- 
tera serment  entre  les  mains  du  bailli  et  lui  déposera  un  cautionnement  de  deux 
cents  livres  parisis  ;  il  aura  ainsi  que  le  receveur,  les  droits  accoutumés  sur  les 
marchands  de  bois,  et  en  sus  son  chauffage  et  son  bois  d^usage.  Cet  officier  con- 
naîtra des  menus  délits  forestiers,  mais  les  forfaidures  de  chevaux,  chars,  carettes 
et  autres  de  grand  valeur  seront  jugées  par  un  tribunal  dont  il  fera  partie  avec  les 
autres  hauts  fonctionnaires  du  comté.  Il  tiendra  ses  plaids  à  la  Neuville,  chaque 
dimanche  à  la  porte  de  l'église,  et  les  condamnés  pourront  en  appeler  devant  le 
bailli  de  Clermont.  Les  fonctions  du  verdier  s'exerceront  de  la  même  manière 
sur  les  forêts  de  RonqueroUes,  de  Jurequin  et  autres  du  comté.  »  Voici,  toujours 
d'après  M.  de  Lépinois,  la  liste  des  usagers  de  la  forêt  au  xiv«  siècle,  autres  que 
les  habitants  de  la  Neuville  :  L'abbaye  de  Froidmont  (chartes  de  1190,  1192, 1218, 
1220  et  1243);  le  prieuré  de  Wariville  (chartes  de  1180,  M97, 1201  et  1218);  l'abbaye 
de  Ressons  en  Thelles  (charte  de  1198)  ;  la  maison  Dieu  Saint- Jean  de  Beauvais 
(chartes  confirmatives  de  1251  et  1261)  ;  les  meseaux  de  Mouchy  (charte  de  1200)  ; 
l'abbaye  Saint-Lucien  de  Beauvais  (charte  de  1281)  ;  Wamier  d'Angicourt  (charte 
de  1190);  Gautier  de  Bury  (charte  de  1201);  Ansous  de  RonqueroUes  (charte 
de  1209);  Mathieu  de  Trie,  seigneur  du  Plessis-Billebault  (charte  de  1251);  le 
maieur  de  Clermont  (charte  de  1255)  ;  le  seigneur  de  Gicourt  (charte  de  1372)  ; 
BiUebault  de  BreuU-le-Vert,  et  GuUlaume  de  Boulaincourt  qui  en  jouissaient  en 
1350  déjà  à  titre  ancien.  Ces  droits  devaient  être  modifiés  ultérieurement  et 
réduits  notamment  par  l'ordonnance  de  réformation  de  1666,  qui  les  transforma 
en  rentes  annueUes  sur  le  domaine  de  Clermont. 


Digitized  by 


Google 


LE  COMTÉ  DE  CLERMONT   EN   BEÂUYAISIS.  165 

Joine  taillis  du  grand  quemin  de  Glermont  près  la  Croix-le- 
Comte,  par  devers  Boulaincourt,  y  compris  le  lieudit  la  Fon- 
laine-aux-Hennites,  223  arpents  et  60  v. 

Les  Arpents  menuz  boz  là  où  pieça  on  a  pris  usage  pour 
Téglise  de  Wariville,  24  arpents. 

Le  Quesnotoye  du  Buis-Bordel,  qui  est  moyenne  forêt  or- 
donnée pour  être  haute  forêt,  tenant  aux  terres  de  Boulain- 
court, 15  arpents  et  un  quart. 

La  Haute-Forêt,  commençant  près  du  taillis  du  grand  chemin 
de  Glermont,  par  devers  Boulaincourt,  208  arpents. 

Les  Estournelles,  en  avallant  par  le  chemin  du  Galet  droit  au 
Ponchel,  253  arpents  48  verges. 

Le  Gloquier,  les  Urlitz,  le  Val  de  la  Marlière,  tous  tenant  Tun 
emprès  Tautre,  haulte  forest  ancienne,  avec  les  haultes  forests 
près  du  puys  des  Loges,  et  les  haultes  forests  entre  le  pave- 
ment du  chemin  de  Torigny  et  les  taillis  Saint-Lucien,  environ 
eampaigne,  près  du  Pommier  Robin-le-Paige,         680  arpents. 

Le  Buisson-Pestel,  haulte  forest  ancienne,  42  arpents. 

La  Fontaine-Gauderon  dessus  le  chastel  de  la  Neufville  en 
allant  par  devers  le  lieu  que  Ton  dit  Les  Payens,  droit  au  Mont- 
de-Saint-Thibaud,  273  arpents. 

La  Haulte- Forest,  depuis  le  fryez  de  Mirocourt  jusqu'au 
taillis  de  la  Groix-le-Ghâtelain,  et  passant  tout  oultre  vers  le 
chemin  de  Saint-Félix,  126  arpents. 

La  Haulte-Forest,  par  devers  la  Verrière,  105  arp.  46  v. 

Les  Joenes  revenus  des  taillis  qu'on  dit  St-Lucien  de  Gam- 
paigne,  61  arpents  20  verges. 

Le  Joene  Quennotoye  des  taillis  tenant  au  chemin  de  Saint- 
Félix,  57  arpents  35  v. 

La  Haulte  Forest,  depuis  la  Verrière  en  ameillant  la  mare 
Madame  et  la  haulte  forest  du  quemin  de  Moncy,  en  compre- 
nant la  Groix-Wargnier,  et  en  allant  de  la  mare  Madame  droit 
au  boz  de  Froidmont,  336  arpents  70  v. 

Joene  taillis  et  revenus  enclavez  dans  la  haulte  forest, 

22  arpents  et  demi. 

Les  boz  qui  sont  en  venant,  depuis  le  lieu,  que  Ton  dit  le 
taillis  de  St-Lucien  en  Gampaigne ,  en  descendant  jusques  au 
marais  de  Brêle  et  où  sont  compris  les  lieux  que  Ton  dit  une 
partie  de  Gampaigne,  la  Groix  de  Ghasteneuf,  Merocourt,  Go- 


Digitized  by 


Google 


166  LE   COMTÉ   DE   CLERHONT  EN   BEAUVAISIS. 

queverse  elles  boz  de  environ  la  Croix-de-Mi-Voie,       474  arp. 

La  Haulte  forest  qui  est  au  fond  de  la  vallée  Bellefille  par- 
devers  le  quemin  de  Moncy,  8  arpents. 

Les  taillis  de  la  vallée  Bellefille,  de  la  mare  Madame  et  les 
broches  dessus  Fay,  117  arpents. 

La  place  du  Sauloy  dessus  Fay,  qui  est  place  pour  garenne  à 
connins  (lapins),  et  n'y  a  point  de  boz,  mais  est  peuplée  d'herbes 
comme  genèvres. 

Le  taillis  du  puys  des  Loges,  les  menus  boz  du  lieu  dit  le 
Colombier,  et  les  taillis  et  menus  boz  de  la  Courbe  de 
Thoiry,  483  arpents. 

Les  taillis  du  Buisson-Pestel,  du  Feu-Armé,  la  feutaye  der- 
rière Tostel  M"  Begnault  de  Trie  au  Plessis  Billebaut,  les 
broches  d'Auvillé,  les  vaulx  de  Boulaincourt,  tant  ceux  qui  sont 
au  dessus  des  dites  broches,  comme  au  dessus  du  lieu  que  Ton 
dit  Morival,  551  arpents. 

Au  dessus  les  dites  broches  d'Auvillé  et  le  lieu  dit  le  Quesne 
Cuitart,  est  une  place  de  terre  en  friche,  enclose  de  toutes  parts 
du  boz  de  la  foret,  laquelle  est  bien  duisant  et  ordonnée  pour 
mettre  connins. 

En  la  Neuville-en-Hez,  le  parc  au  dessous  du  chastel  joignant 
d'un  costé  aux  courtieux  de  la  Neufville,  de  l'autre  costé  à 
la  forest,  et  au  lieu  que  on  nomme  le  Parc,  aboutant  d'un 
bout  à  la  forest  et  d'autre  au  chemin  et  pavement  dessous  le 
chastel,  7  arpents  98  verges. 

L'ostel  du  parc  avec  les  gardins  du  dit  lieu,  3  arpents  et  demi. 

Lieu  dit  l'Ostel  du  Chapelain  de  l'ostel  de  la  Neufville  avec 
les  gardins,  tenant  à  l'ostel  ci-dessus,  64  verges. 

La  Lavanderie,  avec  les  gardins,  lequel  au  temps  passé  sou- 
lait  être  Tostel  du  chastelain  de  la  forest,  tenant  d'un  costé  près 
du  pavement  et  au  courtil  qui  fut  Jehan  d'Evry  et  d'autre 
au  gardin  du  chastelain,  d'un  bout  à  la  forest,  et  d'autre  au 
parc,  6  arpents. 

Le  gland  et  faîne  de  la  forest  se  vend  aucune  fois  en  gros,  et 
quand  on  ne  le  peut  bien  vendre,  on  met  porcs  en  empennage 
sur  chascun  son  prix. 

Connins  de  garenne  en  la  forest. 

L'addition  des  contenances  des  divers  cantons  donne  un  total 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS.  167 

de  4,838  arpents  ou  2,477  hectares  environ,  à  compter  l'arpent 
de  Clermont  pour  51  ares.  C'est  la  superficie  que  l'intendant 
de  la  généralité  de  Soissons  en  1698  et  Expilly  *  au  xvin®  siècle, 
attribuaient  à  la  forêt  de  Hez.  C'est  187  hectares  de  moins  que 
ce  qu'au  dire  de  Graves  {Précis  statistique,  p.  171),  cette  forêt 
comprend  aujourd'hui,  mais  l'excédant  ainsi  constaté  s'explique 
et  au  delà  par  le  fait  des  réunions  prononcées  en  1790  à  la  suite 
de  la  confiscation  des  biens  des  communautés  ecclésiastiques. 
On  peut  donc  dire  qu'en  réalité  le  massif  domanial  forestier  de 
Hez  demeure  encore  aujourd'hui  tel  qu'il  était  au  xiv®  siècle. 


GOURNAY-SUR-ARONDE  \ 

Messire  Loys  duc  de  Bourbonnais  et  comte  de  Clermont  tient  de 
son  domaine  de  sa  dite  conté  sofi  chastel  de  Gournay,  avec  ses 
cens,  rentes  et  prou/fits  mis  en  prévosté  par  la  manière  qui  s* en- 
suit (f*  135  et  suiv.)  : 

Nous  avons  déjà,  à  l'article  de  Raoul,  parlé  de  cette  seigneu- 
rie, dont  un  échange  avec  Albéric  de  Hangest  et  un  accommo- 
dement avec  l'abbaye  de  Saint-Quentin  lui  avaient  assuré  une 
partie  considérable.  Par  une  charte  de  1165,  que  nous  reprodui- 
sons aux  pièces  justificatives,  le  comte  avait  accordé  exemption 
de  toute  taxe  et  charge,  moyennant  une  redevance  annuelle  de 
quatre  muids  d'avoine  et  quatre  chapons,  à  ceux  qui  viendraient 
se  fixer  dans  le  bourg  situé  en  dehors  des  murs  de  la  ville  pro- 
prement dite.  C'est  par  l'énumération  de  ces  redevances  que 
débute  la  déclaration.  Les  censitaires  commençaient  en  la  rue 
qu'on  disait  la  grande  rue,  laquelle  aboutissait  au  grand  chemin 
de  Montdidier  à  Compiègne,  et  finissaient  en  la  rue  du  Four. 
Y  étaient  soumises  les  masures  de  la  dite  rue  du  Four,  celles 
au  bourg  de  Goumay  en  commençant  à  la  porte  du  marchié  en 
avalant  droit  au  chatel,  en  finissant  à  la  rue  des  Quarrières  ; 


^  La  forêt  de  Hez  contient  4,900  arpents  de  bois.  EzpiUy,  Dictionnaire  des 
Gaules  et  de  la  France,  vo  Clermont. 

*  Canton  de  Ressons.  En  tête  du  dénombrement  de  Gournay  est  placée  une 
miniature,  en  bon  état  de  conserration,  représentant  son  château. 


Digitized  by 


Google 


168  LE   COMTÉ  DE  CLERMONT  EN   BEAUVAISIS. 

enfin  celles  de  la  rue  des  Quarrières  en  commençant  au  long 
devers  le  chatel  et  finissant  devers  Neuvy.  Plusieurs  masures 
étaient  indiquées  comme  «  wastes  desquelles  aucun  ne  se  dit 
hoir,  ne  n'y  a  aucuns  possesseurs.  » 

Certains  prés  devaient  au  jour  de  Noël  une  rente  en  foin  et 
en  chapons. 

Item  en  ladite  prévosté  et  ville  de  Goumay  y  avait  un  four 
auquel  tous  les  habitants  de  ladite  ville  étaient  banniers,  au 
profit  duquel  four  le  comte  prenait  la  sixième  partie  et  messire 
Etienne  de  la  Grange  le  surplus,  et  soloit  valoir  anciennement 
six  livres  par  an  et  à  présent  n'était  baillé  que  pour  48  sols. 

Item  en  toutes  les  rues  et  masures  dessus  déclarées  avait  le 
comte  toute  justice  et  seigneurie  haute,  moyenne  et  basse,  seul 
et  pour  le  tout,  roage,  tonelieu  et  vente,  quand  ce  échiet. 

Les  petites  amendes  comme  de  deffaut  et  lettres  mises  à 
replainte  étaient  de  7  sous  6  deniers  et  les  grosses  amendes  de 
60  livres.  Le  sergent  dudit  comte  avait  saisies  et  bornages. 

Champarts  :  à  la  Couture  de  Peremont  le  comte  avait  le 
quart,  Gauvain  de  Goumay  le  quart,  l'église  de  Sainte-Mar- 
guerite d'Ellincourt  (canton  de  Lassigny)  moitié  ;  au  chemin  de 
Porte,  le  comte  avait  un  quart,  messire  Aubert-le-Bon  un  quart 
et  ladite  église  moitié.  Au  Valsauvechon,  au  chemin  d'Antre- 
vaux,  le  comte  touchait  un  tiers,  le  seigneur  d'Auffemont  un 
tiers  et  Gauvain  de  Gournay  un  tiers. 

Es  terrouoirs  et  lieux  dessus  dits  le  sergent  de  la  prévosté 
prenait  sur  chaque  champ  une  gerbe  de  don. 

Item  les  bois  de  Perremont  audit  comte  contenaient  quarante 
arpents,  et  se  coppaient  par  chacun  an  six  arpents,  et  soloit-on 
vendre  l'arpent  6  livres,  et  à  présent  n'était  plus  vendu  que 
3  livres  \ 

Le  comte  avoit  garenne  pour  toutes  bestes  es  lesdits  bois  de 
Peremont,  et  le  sergent  avoit  pour  les  garder  20  sols  par  cha- 
cun an. 


*  De  même  à  rarticle  des  champarts  il  est  déclaré  que  là  où  le  comte  touchait 
autrefois  deux  muids  de  grain,  il  n'en  recevait  plus  qu'un. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS.  169 


MORTES-MAINS  ET  FORMARIAGES. 

Ce  sont  les  noms  des  hommes  et  des  femmes  et  des  enfants  qui 
sont  de  condicion  esquelz  Mgr  le  comte  partist  et  prant  la  moitié 
des  mortes-mains  et  formariages  contre  F  abbé  de  Saint-Denis  et 
par  la  main  dudit  abbé  et  les  villes  dont  ils  sont,  extrait  du 
roolle  antien  en  la  manière  qui  s'enssuiet  par  Robert  EmelhiCy 
clerc  juré  du  Bailliage  de  Clermont  (f**  (41  et  s.). 

Le  mot  de  morte-main  désignait  les  gens  de  condition  ser- 
vile,  qui  étaient  sujets  de  corps  envers  leur  seigneur.  Quand  le 
main-mortable  décédait,  le  seigneur  lui  succédait,  soit  dans  ses 
meubles,  soit  dans  ses  immeubles,  suivant  la  coutume,  soit 
même  quelquefois  dans  la  totalité  de  ses  biens,  s'il  ne  laissait 
pas  d'enfant. 

On  appelait  formariages  les  droits  et  amendes  que  payait  au 
seigneur  une  personne  de  condition  servile  lorsqu'elle  contrac- 
tait mariage,  sans  son  consentement,  hors  de  la  seigneurie,  ou 
lorsqu'elle  épousait  une  personne  franche  ou  dépendant  d'un 
autre  seigneur  *. 

La  main-morte  était  soit  personnelle,  soit  réelle,  c'est-à-dire 
portant  sur  les  héritages.  Elle  affectait  le  premier  de  ces  deux 
caractères  en  Beauvaisis.  C'était  quelquefois  par  la  libéralité  du 
seigneur,  mais  plus  ordinairement  à  prix  d'argent  que  se  réali- 
sait raffranchissement.  Tantôt  il  était  général,  comme  nous 

^  Sur  les  mortes-mains  et  les  formariages,  Yoyez  de  Lamière,  Glossaire  du 
droit  français.  Une  lettre  de  dom  Caffianx,  placée  à  la  suite  des  lettres  d'affran- 
chissement accordées  en  novembre  1399,  par  Tabbé  de  Saint-Vincent  de  Laon, 
moyennant  vingt  florins  d*or,  à  un  homme  de  corps  de  la  paroisse  de  Bucy-lès- 
Crespy  (D.  Grenier,  1. 196  fo  186)  en  donne  la  définition  suivante  :  Le  droit  do 
formariage  consistait  en  ce  que  Thomme  de  corps  ne  pouvait  sans  congé  de  son 
seigneur  épouser  une  personne  de  condition  libre  et  afihranchie,  sans  quoi  tous 
ses  biens  étaient  acquis  au  profit  de  son  dit  seigneur.  Le  droit  de  morte-main 
consistait  en  ce  que  Thomme  de  corps  mourant  sans  enfants  de  son  corps,  tous 
ses  biens  meubles  et  immeubles  appartenaient  à  son  seigneur. 

En  constatant  que  telle  était,  d'après  les  diverses  chartes  qu'il  avait  compulsées, 
Ja  législation  pour  les  hommes  de  corps  de  l'abbaye  de  Saint-Vincent  de  Laon, 
le  savant  historigraphe  de  Picardie  ajoutait  qu'il  y  avait  des  coutumes,  où  les 
obligations  de  ces  hommes  envers  leurs  seigneurs  se  trouvaient  uu  peu  diflTé- 
remment  réglées. 

12 


Digitized  by 


Google 


170  LE   COMTÉ   DE  CLEKMONT   EN    BEAUVAISIS. 

Tavons  déjà  vu  pour  les  serfs  de  Milly,  tantôt  individuel.  Ainsi, 
dans  le  paragraphe  que  nous  analysons  actuellement,  on  trouve 
à  Tarticle  de  Moienvillers,  un  Jannot  Le  Joenne,  porté  comme 
affranchi  «  parmi  trente  livres  que  li  abés  en  avait,  »  tandis 
que  sa  mère  et  ses  frères  et  sœur  demeuraient  dans  les  liens  de 
la  servitude. 

La  miniature  placée  en  tête  de  cette  partie  du  Dénombrement 
est  caractéristique  et  mérite  d'être  décrite.  Elle  représente, 
sur  un  fond  d'or,  d'un  côté,  à  gauche,  le  comte  de  Clermont 
debout  revêtu  d'une  tunique  d'azur,  semée  de  fleurs  de  lis 
d'or  à  la  bande  de  gueules,  un  faucon  sur  le  poing;  de  l'autre 
côté,  à  droite,  l'abbé  de  Saint-Denis,  aussi  debout,  avec  la  crosse 
et  la  mitre  en  tête;  deux  religieux  l'accompagnent.  Au  milieu, 
plusieurs  officiers  présentent  diverses  pièces  d'un  modeste  mo- 
bilier :  chaire  en  bois,  marmite,  cuillère,  aiguière,  poêle  à  frire, 
pièces  d'étoffe,  etc.  ;  c'est  la  perception  du  droit  de  morte-main. 
Dans  le  fond,  trois  personnages,  dont  une  femme,  nous  sem- 
blent une  allusion  au  formariage. 

Nous  avons  déjà  dit  comment  et  dans  quelles  conditions 
s'était  formée  entre  les  anciens  comtes  de  Clermont  et  les  abbés 
de  Saint-Denis,  l'association  relative  à  la  perception  des  mortes- 
mains  et  des  formariages.  427  individus  s'y  trouvaient  encore 
soumis  en  1373,  et  le  dénombrement  donne  la  longue  nomen- 
clature de  leurs  noms.  Nous  nous  bornerons  ici  à  indiquer  le 
nombre  des  redevables  pour  chacune  des  vingt  localités  entre 
lesquelles  ils  étaient  répartis  : 

Estrées-Saint-Denis  \  83;  Remin  %  103;  La  Chelle  \  16; 
Baugy*,  1;  Marigny ',  3;  Venette  ',  16;  Moienviller  %  118; 
Bailleul^  4;  LongueiP,  18;  Canly  ^  11;  Faïel  ",  3;  Fres- 


1  Chef-lieu  de  canton  de  rarrondissement  de  Gompiëgne.  L*abbaye  de  Saint- 
Denis,  qai  lui  avait  donné  son  nom,  y  possédait  des  domaines  considérables  ;  les 
dix-neuf  autres  localités  se  trouvaient  groupées  autour  d'Estrées,  dans  un  rayon 
rapproché. 

*,  »  Canton  d'Estrées  Saint-Denis. 

♦  Canton  de  Ressons. 

>  Marigny-sur-MatZ|  canton  de  Ressons. 

<  Canton  de  Compiègne. 

'  Moyvillers,  canton  d'Estrées-Saint-Denis. 

8  BailleuHe-Soc,  canton  de  Clermont. 

9,  »o^  11  Canton  d'Estrées-Saint-Denis. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMÔNT   EN   BEAUVAISIS.  171 

noy  S  5;  Sachy-le-Petit  %  12;  Joncquières ',  8;  Arsis  *,  2; 
La  Campaigne",  1;  Saint  -  Martin  -  Longueaue  •,  H;  Basin- 
court  ',  3  ;  Bottiaux  ',  7  ;  La  Croix-Saint-Oyen  *,  5. 

M.  Huillard-BréhoUes,  dans  les  Titres  de  la  maison  de  Bourbon, 
signale  sous  le  n"  3325  A,  en  lui  assignant  la  date  approxima- 
tive de  1375,  un  état  des  serfs  du  bailliage  de  Clermont,  extrait 
du  rôle  ancien  par  Robert  Emeline,  clerc  juré  du  dit  bailliage, 
et  qui  ne  peut  être  qu'une  copie  de  cette  partie  de  notre  dénom- 
brement. Mais  il  existe  dans  le  Ms.  Fr.  4,663  (f  ■  83-91)  une 
autre  liste  datée  de  1317  et  par  conséquent  antérieure  de  plus 
de  cinquante  ans.  Cette  liste,  qui  s^applique  aux  mêmes  loca- 
lités que  celles  énumérées  ci-dessus,  sauf  une,  La  Croix-Saint- 
Ouen,  comprend  376  main-mortables.  La  population  servile 
avait  donc  relativement  progressé  depuis  le  commencement 
du  xiv"^  siècle.  Mais  elle  devait  complètement  disparaître  dans 
le  courant  du  siècle  suivant,  très  vraisemblablement  surtout 
par  les  affranchissements  tacites  que  multiplia  la  guerre  de 
Cent  ans.  Le  compte  des  recettes  et  dépenses  du  comté,  pour 
Tannée  1514,  aujourd'hui  conservé  dans  les  archives  de  la  ville 
de  Clermont,  ne  contient  en  effet  aucun  article  relatif  aux 
mortes-mains  et  formariages. 


BOIS  DE  JUREQUIN. 

Cest  le  nombre  des  boz  et  forest  de  Jurequin  appartenant  à 
AP'  le  duc.  (F*>  148.) 

Cette  forêt  *®  était  située  entre  les  communes  de  Remy,  de 
Moyvillers  et  d'Estrées-Saint-Denis. 

Le  duc  de  Bourbon  y  possédait  419  arpents  de  bois  «  esquels 

**  Grandfresnoy,  canton  d'Eslrées-Saint-Denis. 

*  Canton  de  Liancourt. 

«  Canton  d'Estrées-Saint-Denis. 

'',  B  Arsy  et  La  Campagne  son  hameau,  da  canton  d'Estrées-Saint-Denis. 

•,  ^  Canton  de  Liancourt. 

s  Localité  dont  la  situation  nous  est  inconnue. 

•  Canton  de  Compiègne. 

w  D'après  les  Comptes  de  Beaumanoir^  elle  avait  un  sergent  ou  garde,  qui 
touchait  huit  deniers  par  jour. 


Digitized  by 


Google 


172  LE   COIITÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 

nul,  fors  ledit  seigneur,  n'avait  aucun  droit  en  pâturage,  ni  en 
bois  vert  ni  sec.  » 

Item  tenaient  à  ladite  forêt  cent  arpents  de  bois  environ  qui 
étaient  à  plusieurs  personnes  :  à  tous  les  hommes  fiévés  du 
chatel  de  Remin,  au  curé  de  la  ville  et  au  chapelain  du  chatel, 
auquel  bois  ledit  duc  avait  toute  justice  et  seigneurie,  garenne 
pour  le  gros  et  le  menu,  et  tout  droit  qu'à  ancienne  garenne 
pouvait  et  devait  appartenir,  et  au  dehors  dudit  bois  «  tant 
comme  on  pouvait  getter  un  cor  pour  les  yllecs  »  et  non  plus 
loin  dudit  bois. 

Item  connins  de  garenne  en  Jurequin  appartenaient  au  duc. 


Digitized  by 


Google 


FIEFS  ET  ARRIÈRE-FIEFS 

TEHriJS    BIJ    CHATEKi    DE    CKiERlEOjyT» 


Le  titre  que  nous  donnons  à  cette  partie  An  Dénombrement 
de  1373,  qui  n'en  a  pas  dans  le  manuscrit  20,082,  n'est  pas  très- 
rigoureusement  exact.  C'est  plutôt  vassaux  et  arrière-vassaux 
du  comté  de  Glermont  que  nous  eussions  dû  mettre.  En  effet, 
le  nom  placé  en  vedette  de  chaque  déclaration  est  celui  du  feu- 
dataire,  de  l'homme  de  fief,  et  le  fief  pour  lequel  il  devait  son 
service  au  suzerain  n'est  que  subsidiairement  indiqué.  La  table, 
qui  commence  au  folio  6  du  manuscrit,  répond  à  la  même  pen- 
sée. Du  reste,  on  se  souvient  sans  doute  que  les  listes  du 
XIII*  siècle,  que  nous  avons  empruntées  au  Cartulaire  de  Phi- 
lippe-Auguste et  reproduites  plus  haut,  se  bornaient  à  la  pre- 
mière partie  des  deux  énonciations,  sans  fournir  aucun  rensei- 
gnement sur  les  terres  placées  dans  la  mouvance  du  comté  de 
Glermont  et  de  la  ch&tellenie  de  Creil. 

Le  nombre  des  fiefs  inscrits  au  Dénombrement  ne  s'élève  pas 
à  moins  de  seize  cent  soixante-neuf  ^  qui  se  décomposent  ainsi  : 
cent  soixante-onze  tenus  directement,  ou  nuement,  comme  on 
disait  alors,  du  ch&tel  de  Glermont;  cinq  cent  quatre-vingt- 
onze  relevant  des  premiers  feudataires  et  ayant  à  leur  tour  les 
neuf  cent-sept  autres  dans  leur  propre  mouvance. 

En  tète  de  chaque  fief  et  arrière-fief  sont  peintes  et  blason- 
nées  les  armoiries  du  possesseur  avec  les  signes  distinctifs  de 
sa  qualité.  Les  armes  du  chevalier  banneret  sont  mises  en 
bannière;  celles  du  chevalier  ncm  portant  bannière,  ont  seule- 

*  Noos  ne  répondons-  pae-  de  l'exacUInde  mathématique  de  ee  total;  à  caase 
des  difficultés  que  présente  pour  le  calcul  Texistence  de  nombreux  fiefs  tenus  par 
indivis  de  plusieurs  seigneurs  à  la  fois.  S*il  y  a  une  erreur,. nous  pouTons  cepen- 
dant assurer  qu'elle  est  insignifiante.  M.  de  Lépinois,  dans  ses  Recherches  histo- 
riques, donne  des  chiffres  notablement  inférieurs,  parce  qu'il  a  adopté  la  liste 
insérée  dans  le  Ms.  Fr.  4,6^  (fo»^iO-3S.  et  12-75),  liste  qui  ne  contient  que  quatre 
cent  Tingt-cinq  fiefs  et  arrière-fiefs,  et  que  nous  avons  tout  lieu  de  considérer 
comme  incomplète  à  en  juger  par  Tétat  matériel  même  du  manuscrit,  où  elle 
figure  suivie  d'un  certain  nombre  de  feuillets  blancs. 


I  Digitized  by  VjOOQIC 


174  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT    EN    BEAUVAISIS. 

ment,  sur  le  haut  de  Técu,  une  banderoUo  d'or  en  façon  de 
guidon  ;  celles  des  nobles  non  chevaliers  sont  placées  en  écus- 
son;  enfin,  pour  les  gens  non  nobles,  —  au  nombre  de  cent 
environ  —  leurs  armes  de  plaisance  figurent  dans  un  cœur,  au 
lieu  d'un  écu.  En  outre,  sur  les  fiefs  tenus  directement  de 
Clermont,  flotte  au-dessus  de  Técusson  un  guidon  armorié  aux 
armes  du  duc  de  Bourbon. 

Notre  description  serait  incomplète  si  nous  n'ajoutions  que 
vingt-trois  déclarations,  parmi  les  plus  importantes,  se  trouvent 
précédées  ou  accompagnées  de  peintures,  dont  quelques-unes, 
celles  de  Bulles,  de  Milly,  de  Conty,  de  Remy,  par  exemple, 
sont  des  miniatures  véritables,  tandis  que  les  autres  se  bornent 
à  la  représentation  d'un  manoir  plus  ou  moins  crénelé. 

Le  Dénombrement  des  seize  cent  soixante-neuf  fiefs  occupe 
quatre  cents  pages  du  manuscrit  20,082.  A  moins  de  dépasser 
de  beaucoup  les  limites  assignées  à  notre  Étude,  nous  ne  pou- 
vions songer  à  une  analyse  complète,  quelque  succincte  qu'elle 
fût,  de  tout  cet  ensemble.  Nous  avons  dû  faire  un  choix,  et , 
comme  de  raison,  nous  nous  sommes  tout  d'abord  arrêté  aux 
vassaux  directs  du  comté,  dont  nous  donnons  le  nom,  le 
blason,  d'après  la  description  même  de  Dom  Grenier  que  nous 
avons  déjà  signalée  (coll.,  t.  LIV,  fol.  53-96),  ainsi  que  le  fief, 
toutes  les  fois  que  l'importance  ou  le  caractère  particulier  de  ce 
fief  a  paru  en  rendre  un  abrégé  nécessaire.  Nous  avons  agi  de 
même  en  ce  qui  concerne  les  noms  et  les  armoiries  des  vas- 
saux des  grandes  chatellenies  subalternes,  telles  que  Remy, 
Sacy,  Creil,  Bulles,  Milly,  Conty,  0ns  en  Bray,  etc.,  d'autant 
mieux  que  la  plupart  d'entre  elles  ont,  à  des  époques  difl'é- 
rentes,  été  plus  ou  moins  longtemps  imies  au  domaine  du  comté. 
Pour  le  surplus,  c'est-à-dire  pour  les  arrière-fiefs,  d'une  impor- 
tance relativement  beaucoup  moindre  du  reste,  nous  avons  eu 
le  regret  d'être  obligé  de  nous  borner  à  l'indication  de  leiu* 
nombre  et  du  lieu  où  chacun  était  situé.  Mais  afin  de  suppléer 
on  partie  à  cette  lacune,  nous  avons  fait  figurer  aux  pièces 
justificatives ,  une  table  alphabétique  des  sept  cent  soixante-dix 
familles,  dont  les  noms  sont  cités  dans  le  volume,  liste  insérée 
à  la  fin  du  manuscrit  20,082,  et  d'une  écriture  plus  moderne, 
ainsi  que  nous  l'avons  déjà  indiqué.  Nous  y  avons  joint  un 
petit  nobiliaire,  que  nous  avons  dressé,  des  chevaliers  et  écuyers 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS.  175 

possédant  seulement  arrière-fiefs  en  1373  dans  le  ressort  du 
comté  de  Clermontr 

Dans  l'analyse  que  nous  présentons  au  lecteur,  nous  ne  pou- 
vions, bien  entendu,  que  nous  conformer  à  Tordre  suivi  par  le 
rédacteur  du  Dénombrement.  Cet  ordre  n^st  ni  alphabétique  ni 
géographique,  et  nous  serions  assez  embarrassé  de  préciser  les 
raisons  qui  Font  fait  adopter.  L'importance,  tant  du  feudataire 
que  du  fief,  paraît  toutefois  avoir  surtout  influé  sur  la  classifi- 
cation. 

JQ  existait,  à  ce  dernier  égard,  celui  de  l'importance  des  fiefs, 
des  disparités,  des  inégalités  extrêmes.  Tandis  qiie  les  châtelains 
de  Creil,  de  Conti  et  de  Bulles  se  trouvaient  possesseurs  dévastes 
domaines,  comptaient,  l'un  quatre-vingt-quatre  vassaux  dans  sa 
mouvance,  le  second  cent  cinquante-sept,  et  le  troisième  deux 
cent-quarante,  ou  plutôt  quatre  cent  quatre-vingt-dix-sept,  en  y 
comprenant  Milly,  certains  fcudataires,  principalement  dans  la 
banlieue  de  Clermont,  devaient  hommage  au  même  titre  qu'eux 
au  comte  pour  des  infiniment  petits.  Tels  étaient,  entre  plu- 
sieurs autres,  Charles  de  Campremy,  écuyer,  pour  un  fief  sis  à 
Roteleu  et  contenant  un  pressoir  et  un  four,  «  qui  ne  valaient 
c<  rien,  »  Tristan  de  Soisy,  écuyer,  pour  cinq  arpents  do  vigne 
au  terroir  de  Clermont,  qu'on  faisait  au  tiers-pot,  Jehan  do 
Basincourt,  prêtre,  pour  trois  muids  de  vin  de  rente  à  Villei^- 
lès-Castenoy,  Jehan  Le  Cordier,  pour  la  moitié  d'une  masure, 
séante  à  Ons-en-Bray,  etc.,  etc. 

A  l'époque  de  notre  Dénombrement,  qui  est  contemporain, 
nous  l'avons  déjà  fait  remarquer,  des  derniers  temps  du  moyen 
âge,  la  propriété  féodale  était  arrivée  à  un  état  de  morcelle- 
ment, d'émiettement  incroyable.  Il  y  avait  vingt-et-un  fiefs  sur 
le  territoire  de  la  seule  paroisse  de  Bulles,  trente-neuf  sur  celui 
de  Clermont,  et  les  petites  localités  en  comportaient  relative- 
ment plus  encore.  Les  seize  cent  soixante-neuf  fiefs  qu'il  enre- 
gistre ,  ne  s'étendaient  pas,^  en  effet,,  sur  plus  de  cent  soixante^ 
cinq  localités.  Beaucoup  de  ces  fiefs,  du  reste,  étaient  possédés 
par  indivis,  ce  qui  en  augmentait  swisiblement  le  nombre,  cha- 
cun des  possesseurs  ayant  des  obligations  distinctes  et  deve- 
nant, aux  termes  de  la  législation  féodale,  l'homme,  soit  du 
suzerain,  soit  du  détenteur  du  domaine  principal.  L'exemple  le 
plus  remarquable  d'un  fief  indivis  dans  le  comté  de  Clermont 


Digitized  by 


Google 


176  L£   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS. 

est  donné  par  la  chàiellenie  de  Bulles^  qui  demeura  deux  siècles 
partagée  dans  ces  conditions  entre  les  héritiers  des  maisons  de 
Conti  et  de  Mello,  et  s'y  trouvait  encore  en  1373.  A  Armancourt, 
le  sire  Le  Besgue  de  Fayel  était  seigneur  de  la  moitié  de  la 
terre  seulement,  et  Cjf^lart  de  Beaurepaire,  chevalier,  tenait  de 
lui  la  moitié  du  neuvième  d'une  partie  de  son  fief. 

On  sait  que  la  propriété  féodale  s'étendait,  s'appliquait  à  toute 
espèce  de  biens ,  aux  offices ,  aux  revenus ,  aux  rentes ,  non 
moins  qu'aux  biens-fonds.  M.  Guérard,  dan*  les  Prolégomènes 
du  Cartulaire  de  Saint-Père  de  Chartres,  a  dressé  une  longue 
liste  de  ces  fiefs  incorporels;  notre  Dénombrement  nous  on 
fournit  une  presque  aussi  considérable  ^  Nous  avons  déjà  parlé 
de  la  rente  de  100  livres  parisis  sur  la  Prévôté  de  Clermont, 
constituée  par  Louis  P'  de  Bourbon,  au  mois  de  décembre  1329, 
en  fief,  à  Jean  de  Nesle  d'Offemont,  dont  les  ayant-cause  en  de- 
meurèrent saisis  jusqu'en  1789.  Le  sire  Estève  de  la  Grange 
touchait  6  livres  au  même  titre  sur  la  même  prévôté.  Begnault 
de  Trie,  chevalier,  tenait  en  arrière-fief  de  Bulles,  une  partie 
du  produit  du  travers  de  Bailleul-sur-Therain  ;  le  sire  do 
Jumelles,  chevalier,  en  arrière-fief  de  Conti,  une  partie  du 
travers  dudit  lieu;  Pierre  d'Omont,  chevalier,  en  arrière-fief  de 
Clermont,  70  sous  sur  la  taille  de  Longueil.  Parmi  les  nombreux 
fiéfs  du  seigneur  d'Attichy,  de  la  maison  de  Montmorency,  s'en 
trouvait  un  composé  de  11  livres  pdttlis  de  rente  sur  la  terre 
d'Erquery.  Les  mairies  occupent  une  place  importante  dans  la 
nomenclature  de  1373.  De  tenures  presque  serviles  et  amo- 
vibles qu'elles  étaient  à  l'origine,  elles  devinrent  ensuite  de 
véritables  fiefs  héréditaires,  et  tout  en  conservant  leur  double 
caractère  juridictionnel  et  territorial,  avaient  cessé,  auxiv*  siècle, 
de  former  le  domaine  exclusif  des  maires.  Plusieurs  de  ces 
maires  portaient  cependant  encore  dans  leurs  armoiries  le  signe 
distinctif  de  leurs  fonctions  :  un  franc-quartier  chargé  d'une 
épée  généralement  d'argent.  Nous  pourrions  faire  encore 
bien  des  citations;  nous  nous  bornerons  aux  deux  suivantes. 
Jehan,  sire  de  Basentin,  tenait  du  châtel  de  Clermont  en  fief  sa 

^  Parmi  les  fiefs  quelques-uns  sont  dits  abrégés,  c'est-à-dire  que  les  services, 
dont  ils  étaient  tenus,  avaient  été  limités  et  diminués,  ce  qui  altérait  dans  une 
certaine  mesure  leur  caractère  de  tenures  nobles.  Voir  à  ce  sujet  Beaunianoir, 
chap.  xxviii. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT    EN    BEAUVAISIS.  177 

garenne,  pour  le  gros  et  le  menu  en  tous  ses  bois  ;  Wi tasse  de 
Mirelessart  possédait  à  Boulaincourt  un  fief  consistant  dans  le 
droit  d*usage  dans  la  forêt  :  c'est  assavoir  d'y  mener  paître 
douze  vaches,  d'y  mettre  en  paisson  dix  pourceaux,  et  de 
prendre  pour  brûler  et  bâtir  en  son  manoir  de  Boulaincourt 
tout  le  bois  dont  il  pouvait  avoir  besoin. 

L'engagement  féodal  ayant  reposé  d'une  part  à  l'origine  sur 
des  convenances,  des  affinités  personnelles  librement  appréciées 
par  les  parties  contractantes,  il  en  résultait  un  enchevêtrement 
presque  inextricable  des  mouvances  dont  le  lecteur  rencontrera 
les  traces  à  chaque  page  \  La  terre  formant,  d'autre  part,  la  base 
delà  société  et  marquant  à  celui  qui  la  possédait  sa  place  dans  la 
hiérarchie,  le  suzerain  se  trouvait  parfois  l'homme  de  son  propre 
vassal  à  cause  d'un  domaine  placé  dans  la  dépendance  de  ce 
dernier.  Telle  était  précisément  la  situation  du  duc  de  Bourbon 
vis-à-vis  du  châtelain  de  Bulles  pour  un  fief  séant  à  Sailleville. 

Nonobstant  le  morcellement  extrême  dont  nous  venons  de 
parler,  nous  avons  constaté,  non  sans  surprise,  qu'en  1373 
sur  les  seize  cent  soixante-neuf  fiefs  du  comté  de  Clermont, 
trente-deux  seulement  se  trouvaient  en  la  main  du  suzerain 
immédiat  par  défaut  d'homme.  C'est  que  la  noblesse  constituait 
encore  alors  cette  gendarmerie  dont  parle  l'auteur  des  Origines 
de  la  France  contemporaine  (p.  iO)  «  gendarmerie  à  demeure 
où  de  père  en  fils  on  étak  gendarme,  où  chacun  naissait  avec 
son  grade  héréditaire,  son  poste  local,  sa  solde  en  biens  fonds, 
avec  la  certitude  de  n'être  jamais  abandonné  par  son  chef,  avec 
l'obligation  de  se  faire  tuer  au  besoin  pour  son  chef.  » 

Les  nobles  du  Beauvoisis  devaient,  dans  les  années  qui  sui- 
virent le  dénombrement  de  1373,  satisfaire  largement  à  cette 
obligation,  à  ce  devoir  sacré  ;  si  largement  même  qu'à  la  fin  du 
XV*  siècle,  la  propriété  féodale  semblait  presque  transformée  et, 
obéissant  à  un  mouvement  en  sens  inverse  de  celui  que  nous 
avons  signalé  ci-dessus,  tendait  à  une  concentration,  à  laquelle 
n'était  certainement  pas  étrangère  la  disparution  presque  com- 
plète des  anciennes  familles  du  pays,  décimées  par  la  guerre  de 
Cent  ans.  Nous  avons  trouvé  dans  l'Etat  des  fiefs  tenus  direc- 

>  Ainsi,  pour  D*en  donner  qu'un  exemple,  le  seigneur  d*Épineuses  tenait 
nuement  du  chàtel  de  Clermont  la  moitié  de  sou  manoir  de  Warti  ;  il  ne  tenait 
Taulre  moitié  qu'en  arrière-fief  par  le  moyen  du  seigneur  de  Caiguelel. 


Digitized  by 


Google 


178  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS. 

iement  du  comté  de  Clcrmont,  dressé  vers  1500  par  Jean 
Dargillière  (Arch.  de  TOise  S  E  39),  de  curieux  renseignements 
sur  cette  transformation,  et  nous  les  avons  consignés  en  note 
dans  notre  analyse;  ils  sont  désignés  par  la  lettre  capitale  D. 

Afin  de  compléter,  autant  qu'il  était  possible,  Tassimilation 
entre  les  lieux  désignés  au  Dénombrement  et  les  localités 
actuelles,  du  moins  celles  qui  subsistent,  car  beaucoup  ont 
disparu,  nous  avons  également  reproduit  la  liste  des  gentils- 
hommes possédant  fiefs,  appelés  à  la  réformation  de  la  coutume 
en  1539,  ainsi  que  de  ceux  qui  comparurent,  en  1789,  à  TAs- 
semblée  des  trois  Ordres  du  bailliage  de  Clermont  ;  nous  y  avons 
joint  les  armoiries  des  premiers  *,  celles  dos  seconds  sont  trop 
contemporaines,  trop  à  la  portée  de  tous,  pour  qu'il  nous  parût 
nécessaire  de  les  insérer  dans  notre  travail. 

M.  Siméon  Luce  a  consacré  le  chapitre  m  de  sa  belle  Histoire 
de  Bertrand  du  Guesclin^  à  esquisser  la  vie  privée  en  France, 
au  xrv®  siècle.  Il  a  établi,  pièces  en  mains,  que  pendant  la 
première  moitié  de  ce  siècle,  la  population  égalait  au  moins,  si 
elle  ne  dépassait  point,  celle  do  nos  jours,  et  qu'à  cet  accroisse- 
ment de  la  population  correspondait  une  aisance  générale,  dont 
notre  pays  n'a  peut-être  retrouvé  l'équivalent  qu'à  une  époque 
assez  récente.  La  peste  de  1348,  les  désastreux  débuts  de  la 
guerre  de  Cent  ans  ne  devaient  que  trop  promptement  changer 
la  face  des  choses.  Le  Beauvoisis  fut  des  premiers  à  s'en  ressen- 
tir, et  presque  chacune  des  déclarations,  insérées  au  Dénombre- 
ment de  1373,  en  contient  la  mention  ^. 


*  Ces  archives  contiennent  des  registres  de  fois  et  hommages  postérieurs  à  celui 
de  Dargillière,  que  nous  avons  également  consultés.  Les  emprunts  que  nous  leur 
avons  faits  sont  désignés  par  la  lettre  capitale  H. 

'  Ces  armoiries  nous  ont  été  surtout  fournies  indépendamment  des  recueils 
généraux,  par  les  Anciennes  RemarqueSy  de  Louvet,  et  le  recueil  de  La  Morlièrc. 
La  liste  de  1789  est  incomplète  ;  nous  y  avons  suppléé,  pour  quelques  noms,  par 
un  état  des  paroisses  de  TÉlection  de  Clermont  en  1787,  conservé  aux  archives 
de  rOise. 

'  «  Au  bon  temps,  quand  tons  les  cens  se  payoient,  »  lit-on  dans  le  dénombre- 
ment de  la  châtellenie  de  Bulles,  m  Les  cens  sont  fort  réduits,  »  déclare  entre 
autres  Tristan  de  Maignelay,  seigneur  du  Mez,  «  car  toute  la  greigneur  desdites 
masures  et  terres  sont  vastes  et  en  friez  tant  par  le  fait  des  guerres  que  par  la 
mortalité.  »  Le  moulin  à  eau  séant  en  la  ville  de  Clermont  et  appartenant  à 
Charles  de  Campremy,  écuyer  «  solait  valoir  32  muids  de  grains  et  à  présent  ne 
vaut  par  le  fait  des  guerres  que  18.  n  Etc.,  etc. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT    EN    BEAUVAISIS.  179 


REMIN  (f  151)  \ 

«  Messire  Jehan,  comtade  Bouloigne  et  d'Auvergne,  tient  do 
M.  le  comte  de  Clermont  son  chastel  de  Remin,  ainsi  comme  il 
se  comporte  avecques  ses  appartenances  et  deppendances.  Item 
toute  la  ville  de  Remin  en  laquelle  a  chascun  an  sur  les  hostises 
tenues  de  lui  54  livres,  240  chapons  et  20  mines  d'aveine.  Les 
campars  de  la  dite  ville  et  terrouoir,  qui  pueent  monter  par  au 
environ  32  muids  de  grain,  6  muids  de  terre  ahannable, 
18  muids  de  boz,  32  mines  de  prez,  le  four  là  où  les  habitants 
sont  banniers,  corvées,  forages,  roages,  et  en  tout  garenne, 
toute  justice  et  seignorie  haute,  moyenne  et  basse  *,  seul  et 

1  Remy,  canton  d'Estrées-Saint-Denis.  Cette  terre  appartenait  en  1207  à  Gaacher 
de  ChÀtillon,  comte  de  Saint-Pol,  et  à  sa  femme,  Elisabeth  de  Camp-d'Avesnes 
(D.  Grenier,  t.  CXVI).  Gaucher  de  Chàtillon,  leur  peUt-fils,  délaissa  en  mars  1245 
au  roi  pour  le  rachat  du  relief  que  Jeanne  de  Boulogne,  sa  femme,  devait  à  rai- 
son de  son  mariage,  les  domaines  et  fiefs  qu*il  possédait  à  Remy  (cartulaire  de 
Philippe-Auguste,  f»  198),  et  qui  furent  compris  dans  Tapanage  attribué  à  Robert 
de  France  par  les  lettres  de  mars  1269.  Celui-ci  constitua  la  chàtellenie  de  Remy 
en  dot  à  sa  fille  Blanche  en  la  mariant  à  Robert  III,  comte  d* Auvergne  et  de  Bou- 
logne (25  juin  1303).  La  donation  comprenait,  outre  les  biens  provenant  de 
Gaucher  de  GhAtiUon,  un  autre  fief  plus  considérable,  sis  au  même  territoire  et 
acquis  par  le  comte  de  Clermont  d'Amaury  de  Montfort,  chanoine  de  Rouen. 
Mais  cette  acquisition  donna  lieu  de  la  part  de  Raoul  de  Clermont-Nesle  à  un 
retrait  lignager  et  la  possession  de  Remy  fut  entre  les  maisons  de  Bourbon  et 
d'Auvergne  Tobjet  d'une  longue  contestation  judiciaire,  dont  nous  avons  donné 
plus  haut  les  détails.  Reconnu  légitime  propriétaire  de  Remy  par  arrêt  du 
Parlement  du  21  mars  1379,  Jean  le  vendit  en  novembre  1392  à  Louis  If,  duc  de 
Bourbon,  pour  le  prix  de  4,300  francs  d'or,  et  sous  réserve  de  l'usufruit  (Arch. 
nat.,  P  1362  «  cote  1091).  Suivant  Bosquillon  (Ms.  Fr.  25,220),  cette  chàtellenie 
aurait  été  engagée  au  commencement  du  XYi«  siècle  par  le  connétable  de  Bourbon, 
et,  en  effet,  le  procès-verbal  de  la  Coutume  de  Clermont  inscrit  les  hoirs  de  messire 
Brinon  {cTazur  au  chevron  cTor  au  chef  endenté  de  même),  en  son  vivant  chevalier, 
premier  président  du  Parlement  de  Rouen,  comme  seigneurs  de  Rémy  en  1539. 
Mais  une  transaction  du  3  août  1553  la  réunit  de  nouveau  au  domaine  du  comté  de 
Clermont,  et  elle  fit  partie  de  l'engagement  consenti  en  1569  au  duc  de  Brunswick. 

*  Au  moyen  âge  chaque  seigneur  exerçait  la  justice  dans  l'étendue  de  son  fief, 
et  de  là  résultaient  une  multiplicité,  un  enchevêtrement  de  juridiction,  qui  consti- 
tuaient certainement  l'un  des  côtés  les  plus  défectueux  des  institutions  féodales. 
Toutefois,  en  ce  qui  concerne  Clermont,  il  ne  faut  pas  perdre  de  vue  l'observation 
que  nous  avons  déjà  faite,  à  savoir  que  les  anciennes  coutumes  du  pays  semblent 
avoir  réservé  au  comte,  par  privilège  spécial^  la  connaissance  par  tout  le  comté 
de  tous  délits  excédant  60  sols  parisis  d'amende,  et  pour  les  autres  délits  droit  de 
prévention  sur  ses  vassaux.  Voyez  le  procès-verbal  de  1539  sur  les  articles  ccii 
et  cent  de  la  Coutume.  Voyez  aussi  Beaumanoir  chap.  x.  «  Des  cas  des  quix  li 


Digitized  by 


Google 


180  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUYÂISIS. 

pour  le  tout,  en  toutes  les  choses  dessus  dites,  et  est  chargiée 
la  dite  terre  et  fief  tant  de  aumosnes  comme  d^autres  choses,  de 
environ  16  muids  de  blé.  » 

Cette  déclaration  est  précédée  d'une  miniature  représentant 
le  château,  construit  dans  le  style  du  xiv®  siècle,  offrant  une 
masse  de  tours,  tourelles,  toits,  pignons  crénelés  et  percés  de 
nombreuses  fenêtres.  La  porte  d'entrée,  accompagnée  de  bar- 
bacanes  et  surmontée  de  trois  tourelles  en  poivrière,  porte 
Técusson  d'Auvergne  :  cPor  au  gonfanon  de  gueules.  D'un  côté 
flotte  la  bannière  du  duc  de  Bourbon,  de  l'autre  celle  du  comte 
de  Boulogne  et  d'Auvergne. 

Du  chastel  de  Remin  étaient  tenus  : 

1"  Un  fief  à  Remy  par  Adam  Daridel  {émargent  à  la  quintes- 
feuille  de  sable  en  cœur  à  huit  merlettes  de  même  en  orle)  ; 

2'  Un  fief  au  même  lieu  par  Pierre  de  Francières  [d'argent  à 
la  bande  de  sable^  à  la  bordure  de  gueules)  ; 

3**  Un  fief  au  même  lieu  par  Godefroy  de  Francières  {d'argent 
à  la  bande  de  sable  au  lambel  de  gueules  à  trois  pendants)  ; 

4"  Le  fief  de  Courdemanche  à  Remy,  par  Pierre  Guéroult  {de 
gueules  à  la  fasce  crénelée  d!or)  ;  ce  fief  fut  depuis  possédé  par 
l'Église  et  chapitre  Notre-Dame  de  Senlis.  D. 

5**  Un  fief  au  même  lieu,  par  Jehan  Daridel  (comme  ci-dessus)  ; 

6"  Un  fief  au  même  lieu,  par  Jehan  Lecoq  {d^or  au  coq  de 
sable  barbé  et  crête  de  gueules)  ; 

7*  Un  fief  au  même  lieu,  par  Oudard  Le  Blanc  {de  gueules  au 
coq  d'argent)  ; 

8*  Un  fief  au  même  lieu,  par  Lohier  de  Villers  {d'argent  d  la 
bande  d'azur^  à  la  bordure  denchée  de  gueules)  ; 

9*"  Un  fief  au  même  lieu  par  Pierre  Hurtaut  {de  gueules  au 
maillet  d^ argent); 

10*  Un  fief  séant  à  Gaumont  *  par  les  hoirs  Jehan  de  Courrel 
{d'azur  d  une  étoile  d^or  à  cinq  raies  vibrées). 

quens  de  Clermont  n'est  pas  tenu  de  rendre  le  cort  à  ses  homes,  ançois  Ten 
demore  la  connaissance  par  réson  de  souveraineté.  »  Du  temps  de  Beaumanoir, 
la  justice  n'était  que  haute  et  basse.  La  moyenne  justice  prit  naissance  dans  la 
période  qui  sépare  la  rédaction  des  Coutumes  de  Beauvoisis  de  celle  de  notre 
Dénombrement. 
*  Le  Meux,  canton  d'Estrées-Saint-Denis. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS.  181 


SACHY  LE  GRAND  ET  MÉRY  (f  153) 


«  Le  dit  comte  de  Bouloigne  tient  dudit  chatel  de  Glermont,  à 
cause  de  madame  Jehanne  de  Clennont  sa  femme,  les  villes  de 
Sachy  et  de  Méry  et  les  appartenances  en  la  manière  qui  s'ens- 
suit  :  premièrement  en  la  ville  de  Méry  la  cour  où  soûlait  estre 
le  lieu  et  chastel.  Item  ladite  ville  en  laquelle  a  plusieurs  hos- 


*  Sacy-le-Grand,  canton  de  Liancouri,  et  Méry,  canton  de  Maignelay.  Les  comtes 
de  Clermont  de  la  première  race  possédaient  des  biens  à  Sacy,  lesquels  furent 
compris  dans  Tapanage  de  Robert  de  France.  Ce  prince  en  augmenta  l'importance 
par  un  échange  conclu  en  1281  avec  Tabbaye  de  SaintrLucien-de-BeauTais.  Méry, 
qui  appartenait  à  la  couronne  dès  1218  (L.  Delisle,  Catalogue  des  actes  de  Phi- 
lippe-Auguste, n»  1855),  est  également  mentionné  dans  les  lettres  patentes  de 
mars  1269.  Les  deux  terres  firent  partie  des  domaines  attribués  par  sentence 
arbitrale  de  Philippe  le  Bel  à  Jean  de  Clermont,  deuxième  fils  de  Robert,  pour  sa 
part  héréditaire  (HuiUard-BréhoUes,  n»  1383).  La  fille  puînée  de  Jean  et  de  Jeanne 
d'Ârgies^  dame  de  Catheux,  épousa  en  1351  Jean  !«■',  comte  de  Boulogne  et  d'Au- 
Tergne^  le  comparant  au  dénombrement  de  1373.  Sacy  fut,  comme  Remy,  réuni 
de  nouveau,  sous  Louis  II,  au  comté.  Gomment  s*opéra  la  réunion  ?  Nous  avions 
cru  pouvoir  indiquer  ci-dessus  qu'elle  avait  eu  lieu  par  cession  directe  du  comte 
de  Boulogne  et  dans  Tacte  même  de  novembre  1392.  De  nouvelles  recherches  que 
nous  avons  faites  il  semblerait  résulter  que  Jean  de  Boulogne  aurait  échangé  la 
terre  de  Sacy  le  12  juin  1392  avec  Aubert  de  Puy-Chalin,  chevalier  (Arch.  nat., 
P  1362>,  cote  1093),  lequel  en  mars  1408  aurait  vendu  ses  droits  au  duc  de  Bourbon 
{Ifnd,,  P  1369»,  cote  1752).  Ce  dernier  avait  acquis,  en  août  1403,  pour  le  prix  de 
1,500  1.  t.  d'Antoine  de  Craon  et  de  son  fils,  une  rente  de  100  livres  qu'ils  avaient 
droit  de  prendre  sur  la  terre  de  Sacy  {Ibid.,  P  1369*,  cote  1743).  Comprise  dans 
rengagement  de  1569,  la  chàtellenie  de  Sacy-le-Grand  fut  vendue,  le  7  avril  1603, 
par  le  duc  de  Lorraine,  avec  les  bois  et  censives  des  Grands  et  Petits-Ageux,  à 
Jacques  de  Harlay  de  Champvallon  qui  la  céda  le  12  juin  suivant  à  Louis  Potier 
de  Gesvres,  dont  le  fils  René  Potier,  duc  de  Tresmes,  l'aliéna  à  son  tour  le  !«'  fé- 
vrier 1662  à  Otho  Fabrice  de  Gressenich.  Des  héritiers  Fabrice,  Sacy  passa  à  un 
sieur  Doussault  (juillet  1700),  puis  à  J.-J.  Coustard,  conseiller  au  Parlement 
(avril  1719),  qui  le  revendit  en  1749  à  Pierre-Charles  de  Villette,  qui  obtint  en 
mars  1763  des  lettres  patentes  portant  union  à  la  terre  du  Plessis-Longueau  de 
celles  de  Sarron,  de  Bazincourt,  d'Houdancourt  et  autres,  et  érection  en  marquisat 
sous  le  nom  du  Plessis- Villette.  Le  marquis  du  Plessis- Villette  (dfazur  à  six  tours 
(Targeni)  comparut  à  l'assemblée  du  9  mars  1789  en  sa  qualité  de  seigneur  enga- 
giste.  Nous  verrons  plus  loin  que  d'autres  fiefs  existaient  sur  le  territoire  de 
Sacy-le-Grand.  Quant  à  Méry,  M.  Graves  (Précis  statistique,  p.  56)  affirme  que 
cette  seigneurie  fut  cédée  par  le  comte  de  Boulogne  à  la  maison  de  Hangest.  Lors 
de  la  réformation  de  la  Coutume  une  partie  en  appartenait  encore  en  effet  aux 


Digitized  by 


Google 


182  LE   COMTÉ  DE   CJ-ERMONT   EN   BEAUVAISIS. 

lises  et  masures  au  terrouoir  de  ladite  ville,  et  à  Courcelles  *  et 
à  Wacquemoulin  *  camparts  et  terres  ahannables,  four,  avoines, 
corvées  et  émoluments  de  la  justice,  lesquelles  choses  baillées 
en  prévosté  valent  164  livres  par  an,  plus  180  arpents  de  bois, 
et  peut  valoir  l'arpent,  quand  il  échiet  à  taille  de  20  ans, 
10  livres.  Item  en  la  dite  ville  trois  francs-sergents  qui  doivent 
garder  les  prisonniers  dudit  comte,  ses  festes  et  autres  services 
et  pour  ce  ne  doivent  nulle  corvée  et  ont  partie  de  leurs  manoirs 
franz  de  cens  sur  certaine  condicion. 

«  Item  en  la  ville  de  Sachy  plusieurs  masures  et  hostises, 
cens  de  toute  nature,  vinages,  camparts,  à  Sachy,  Castenois  ', 
Avregny  *,  Maimbeville  *,  le  Plessis  Saint-Aubin®,  le  tout  valant 
par  an  115  livres,  plus  400  chapons,  et  30  muids  d'aveine  de 
cens.  Le  manoir  dudit  Sachy  avec  bois,  le  droit  d'une  mairie 
qui  peut  valoir  par  an  4  mines  de  grains  et  5  sols  de  cens.  Item 
toutes  les  voiries.  Item  es  dites  terres  et  fiefs  tant  Sachy 
comme  Méry  toute  justice  et  seigneurie  haute,  moyenne  et 
basse.  » 

De  Sachy  étaient  tenus  : 

1**  Un  fief  à  Sachy  par  Pépin  Daridel,  {d^argeai  à  un  qtdnte-- 
feuille  en  cœur  et  une  bande  engrêlée  de  gueules).  Ce  fief  dit  plus 
tard  de  Candoire  D.  ; 

2**  Un  fief  au  même  lieu  par  Thibault  Du  Cange  {de  gueules  à 
la  balance  dP argent)  ; 

3**  Un  fief  au  même  lieu  par  Jehan  Levillain  (de  gueules  à 
deux  batoires  d^ argent  emmanchées  d'azur)  ; 

4*  Un  fief  au  même  lieu  par  Fleurent  de  Rivellon  {de  gueules 
à  la  fasce  ondée  d^argent). 


enfants  mineurs  du  sieur  de  Hangest,  Tautre  à  Louis  d'Ongnies  {de  sinople  à  la 
fasce  d'hermines),  seigneur  de  Chaulnes  et  d'Étouy.  Celui-ci  était  acquéreur 
(novembre  1526)  d'Oudard  do  Renty,  mentionné  dans  Tétat  de  Dargillière  comme 
seigneur  de  Méry  en  1500.  Au  xviio  et  au  xviii«  siècles  Méry  fut  possédée  avec  le 
titre  de  marquisat  par  la  famille  Dufos  (Graves,  ibid.). 

1  Courcelles-Epayelles,  canton  de  Maignelay. 

*  Canton  de  Maignelay. 

'  Catenoy,  canton  de  Liancourt. 

*,  »  Canton  de  Clermont. 

<  Saint- Aubin,  canton  de  Clermont. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS.  183 


CREELG  (P  159)  \ 

«  Madame  Béatrix  de  Bourbon,  royno  de  Bahaigne,  tient  de 
M.  le  comte  de  Clermont  son  chastel,  ville,   chastellenie  et 


1  CheMieu  de  canton  de  rarrondissement  de  Senlis.  —  Maison  royale  en  636, 
possédé  en  944,  si  Ton  en  croit  le  chroniqueur  Dudon  de  Saint-Quentin  cité  par 
dom  Grenier  (t.  CCXLXII,  p.  133),  par  Bernard  II,  comte  de  Senlis,  disputé  à 
main  armée  vers  988  par  un  seigneur  du  nom  de  Guillaume  à  Hugues  Capet, 
Creil  apparaît  au  début  du  xiP  siècle,  avec  le  titre  de  châtellenie,  au  nombre  des 
domaines  de  la  maison  de  Clermont.  Comprise  dans  Tapanage  de  1269,  cette 
châtellenie  forma  la  dot  de  Béatrix  de  Bourbon  lorsqu'elle  épousa  par  contrat  de 
décembre  1334,  Jean  de  Luxembourg,  roi  de  Bohême.  Nous  avons  déjà  indiqué 
sous  quelle  réserve  cette  dot  avait  été  constituée  &  Béatrix,  comment  en  1374,  de 
concert  avec  son  second  mari  Eudes  de  Grancey  et  son  fils  Wenceslas,  duc  de 
Luxembourg,  celle-ci  céda  au  roi  Charles  V  la  baronnie  de  Creil,  comment  le  roi 
unit  irrévocablement  son  acquisition  nouvelle  au  domaine  de  la  couronne,  et 
comment  Louis  II,  duc  de  Bourbon,  après  une  longue  contestation  judiciaire,  fut 
obligé  par  transaction  du  14  novembre  1394  d'acquiescer  à  cette  union.  En 
échange  de  sa  renonciation  à  la  ch&tellenie  de  Creil,  à  toute  prétention  sur  les 
terres  de  Gaillefontaine,  Rozay,  Saint-Saens  et  autres  enclaves  dans  les  chfttelle- 
nies  de  Goumay  et  de  la  Ferté-en-Bray,  ainsi  qu'à  une  rente  de  3,000  livres  sur 
le  péage  de  Saint-Jean-de-Losne,  il  reçut  les  chàtellenies  de  Château-Chinon, 
Lorme,  Orouer  et  Bracy,  et  en  outre  une  somme  de  40,000  francs  d'or  une  fois 
payée  (Arch.  nat.,  P  1269»,  cote  1747).  Nonobstant  l'obligation  imposée  par 
Charles  V  à  ses  successeurs  de  jurer,  lors  de  leur  sacre,  qu'ils  ne  désuniraient 
jamais  Creil  du  domaine  de  la  couronne,  Charles  VIII  céda  au  mois  de  novembre 
1483  cette  terre  à  sa  sœur  Anne  et  au  mari  de  ladite  dame,  Pierre  de  Bourbon- 
Beaujen,  en  échange  de  la  seigneurie  de  Montignac,  au  comté  de  Pézenas  (Arch. 
nat.,  P  1364»,  cote  1268).  La  cession  fut  confirmée  par  lettres  de  1493,  1498  et 
1500,  mais  à  titre  viager  seulement  et  temporaire  (ïbid.,  P  1370S  cote  1856, 
P  1362*,  cote  1088).  Elle  comprenait  l'étang  de  Gouvieux.  La  jouissance  de  la  châ- 
tellenie de  Creil  et  de  l'étang  de  Gouvieux  fut  assurée  par  François  I^^  à  sa  mère, 
la  duchesse  d'Angoulême,  à  la  mort  d'Anne  de  Beaujeu  (26  novembre  1522,  Blan- 
chard, col.  459).  Après  elle,  cette  jouissance  passa  à  Marguerite  de  Valois,  sa 
fille,  reine  de  Navarre.  Cette  princesse  figure  dans  le  procès-verbal  de  la  réfor- 
mation de  la  Coutume  de  Senlis,  en  1539,  comme  dame  usufructuaire  de  Creil,  et 
une  déclaration  du  12  novembre  1543  lui  en  maintint  l'usufruit  {Ibidem,  col  565). 
A  partir  de  1569,  Creil  suivit  le  sort  du  comté  de  Clermont  et  passa,  comme 
domaine  engagé,  à  Éric,  duc  de  Brunswick,  à  son  beau-frère,  Charles  II,  duc  de 
Lorraine  et  de  Bar,  en  vertu  d'une  donation  du  2  décembre  1575  et  sous  réserve 
d'usufruit  en  faveur  de  Dorothée  3e  Lorraine,  duchesse  douairière  de  Brunswick, 
au  fils  de  Charles  II,  François^  comte  de  Vaudemont  (acte  du  9  novembre  1597  et 
partage  du  22  janvier  1606),  à  Henri  II  de  Bourbon,  prince  de  Condé  (contrat  du 
12  février  1611),  à  Anne  de  Montafié,  veuve  de  Charles  de  Bourbon,  comte  de 
Soissons  (contrats  des  8  avril  1615  et  26  août  1616),  par  indivis  d'abord  aux  filles 
de  la  comtesse  de  Soissons  (1644),  Louise,  duchesse  de  Longueville,  et  Marie, 


Digitized  by 


Google 


184  LE    COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 

[baronnie]  de  Creelg,  avec  les  appendances  d'ycelle,  lesquelles 
senssuient*  : 

La  prévosté  de  Creelg  en  grosses  amendes  et  petites  qui 
parellement  se  cuellent  comme  celles  de  la  prévosté  de  Cler- 
mont. 

La  mairie  d'Agueu  *  ; 

La  mairie  de  Sainqueux'  ; 

Le  pontenage  *  de  ViUers  Saint-Pol  '  ; 

Le  pontenage  de  Nougent  •  ; 

Le  pontenage  de  Sailleville  \  Laigneville  %  et  Moncy  Saint- 
Heloy»; 

La  mairie  de  Monthatère  **; 

La  mairie  des  Hayes  "  ; 

Les  menus  cens  d'argent  et  d'avaines  ; 

Les  campars  de  Creelg  ; 

Les  campars  des  vignes  ; 


princesse  de  Carignan,  puis  à  sa  petite -fille  Marie^  duchesse  de  Nemours,  et  à  la 
même  princesse  de  Carignan  qu'un  partage  de  1688  en  rendit  seule  propriétaire^ 
à  Marie-Françoise  de  Brancas,  princesse  d'Harcourt  (contrat  du  7  mai  1702)  ; 
enfin  à  Henri-Jules  de  Bourbon»  prince  de  Condé  (contrat  du  16  février  1704). 
Louis-Joseph  de  Bourbon,  prince  de  Condé,  comparut  le  11  mars  1789  par  pro- 
cureur à  rassemblée  des  trois  ordres  du  bailliage  de  Senlis  comme  seigneur-enga- 
giste  de  Creil  et  de  la  mairie  royale  de  Ginqueux. 

^  Le  Ms.  20,082  ne  donne  pas  les  armes  de  Béatrix  de  Bourbon,  reine  de 
Bohême,  mais  nous  avons  trouvé  dans  l'Inventaire  général  de  M.  Dpuet  d*Arcq 
la  description  suivante  de  son  sceau,  appendu  à  un  acte  du  10  octobre  1363 
(no  11,169)  :  écu  parti  de  Bohême  {d'argent  au  lion  de  gueules  armé  et  couronné 
d*or  lampassé  d'azur)  et  de  Bourbon  (dazur  semé  de  fleurs  de  lis  d'or  à  la  bande 
de  gueules),  suspendu  à  un  arbre.  A  dextre^  une  sirène  jouant  de  la  harpe  emman- 
telée  aux  armes  de  Bohême  ;  à  senestre,  une  autre  sirène  jouant  du  violon  em- 
mantelée  aux  armes  de  Bourbon  ;  au  pied  de  Tarbre  un  lévrier  couché  ;  sur  les 
branches  une  colombe. 

*  Les  Ageux,  canton  de  Liancourt. 

>  Cinqueux,  canton  de  Liancourt. 

^  Le  pontenage  était  une  sorte  de  péage  perçu  sur  les  habitants  des  villages 
voisins  do  Creil,  et  réglé  en  grain  ou  en  argent  pour  chaque  cheval  de  charrue 
(Savary,  Dictionnaire  du  commerce,  introduction). 

B  Canton  de  Creil. 

*  Nogent-les- Vierges,  canton  de  Creil. 
7  Laigneville,  canton  de  Liancourt. 

>  Canton  de  Liancourt. 

*  Canton  de  Liancourt. 
><»  Canton  de  Creil. 

fi  Saint-Maximin,  canton  de  Creil. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT    EN    BEAUVAISIS.  183 

Le  cens  de  Creelg  ; 
Le  cens  de  Faiel  *  et  les  menus  cens  ; 
Le  cens  du  Clos  ; 

Les  cens  pour  la  pierre  au  poisson  ; 
Les  forages  et  roages  ; 
Les  fours  de  Creelg  ; 
Le  travers  par  terre  et  par  yaue  '  ; 

Les  prez  de  Creelg ,  desquels  ceulx  de  Royaumont  •  fauchent 
une  partie  ; 

La  forest  de  Pommeraye  *  ; 

La  garenne  pour  le  gros  et  pour  le  menu  ; 

Le  scel  des  lettres  de  baillis  ; 

La  penne  de  la  prévosté  ; 

Le  tabellionage. 

Le  manuscrit  20,082  se  borne,  en  ce  qui  concerne  le  domaine 
seigneurial  de  Creil,  à  Ténumération  que  nous  venons  de  trans- 
crire, sans  y  joindre,  comme  il  le  fait  pour  les  autres  fiefs, 
aucune  évaluation,  aucun  détail.  Quelle  peut  être  la  raison  de 
cette  différence  ?  Nous  ne  serions  pas  éloigné  de  la  trouver  dans 
ce  fait  que  si  le  dénombrement  a  été  commencé  en  1373,  et 
l'indication  de  Béatrix  comme  dame  de  Creil  est  une  preuve 
de  plus  à  Tappui  de  ladite  date,  il  s'est  poursuivi  les  années 
suivantes  sans  que  les  officiers  du  roi ,  acquéreur  en  1374, 
ainsi  que  nous  venons  de  l'indiquer,  aient  dû  ou  voulu  y  con- 
courir *. 


1  Fief  de  Fayel  à  Creil,  acheté  par  Philippe-Auguste  et  réuni  au  domaine. 

*  n  y  avait  à  Creil  deux  travers,  Tun  qui  se  payait  par  ceux  qui  allaient  de 
Creil  à  Compiègne,  leurs  personnes,  voitures  et  marchandises  ;  et  l'autre  qui  se 
percevait  au  passage  du  pont  (Savary,  Dictionnaire  du  commerce). 

»  Royaumont^  ancienne  et  célèbre  abbaye ,  actuellement  hameau  d'Asnières- 
sur-Oise  (Seine-et-Oise). 

^  Cette  forêt  comprise  entre  Creil,  Apremont,  Chantilly  et  Saint-Maximin  était, 
d'après  les  comptes  de  Bcaumanoir^  placée  au  xiu«  siècle  sous  Tadministration 
d*un  sergent  touchant  16  deniers  de  gages  par  jour.  Le  Dictionnaire  du  commerce 
de  Savary  (édition  de  1712)  lui  attribue  une  contenance  de  1,300  arpents.  Le  cha- 
pelain de  Creil  avait  droit  d'usage  dans  la  forêt  de  Pommeraye  en  vertu  de  la 
charte  de  Robert  de  juiUet  1280.  Un  arrêt  du  Parlement  de  1264  avait  débouté  les 
habitants  de  Creil  de  ce  même  droit  (Olim,  t.  I;. 

*  Dans  le  tome  II  des  Titres  de  la  maison  de  Bourbon,  figure  sous  le  n»  3,566  A 
l'analyse  d'un  document  qui  parait  donner  raison  à  cette  hypothèse.  En  voici  la 
teneur  :  7  juillet  1384.  Avis  du  conseil  du  roi  portant  que  le  duc  de  Bourbon  n'a 

13 


Digitized  by 


Google 


186  I*K   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 

Du  reste,  rirrégularité  que  nous  signalons,  n'est  pas  la  seule 
qui  nous  apparaisse  dans  la  déclaration  dont  il  s'agit.  Le  con- 
trat de  mariage  de  décembre  1334  avait  constitué  en  dot  à 
Béatrix  de  Bourbon  la  ville,  chas  tel,  baronnie  et  chastellenie  de 
Greil,  avec  seigneuries  et  justices  hautes  et  basses,  honunages, 
fiefs,  arrière-fiefs  des  sujets,  et  gardes  d'églises,  sans  rien 
retenir  hors  Thommage  et  le  ressort  pour  le  comte  de  Cler- 
mont.  Ces  termes  semblent  fort  explicites  et  nonobstant  Ténu- 
mération  des  feudataires  relevant  de  la  chatellenie  de  CreU  est 
précédée  d'une  mention  constatant  que  le  comte  en  avait  con- 
servé ou  du  moins  prétendait  en  avoir  conservé  la  mouvance. 
Chaque  déclaration  débute  ainsi  :  N...  soloit  tenir  de  M.  le  comte. 
Cette  formule  n'aurait-elle  pas  eu  pour  objet  de  sauvegarder  les 
droits  éventuels  de  retour,  que  Louis  II  devait  faire  valoir  un 
peu  plus  tard  et  qu'éteignit  définitivement  la  transaction  du 
14  novembre  1394?  Nous  en  sommes  réduit  sur  ce  point  à  de 
simples  conjectures  ;  ce  qui  est  certain  toutefois  c'est  qu'à 
partir  de  1394,  on  ne  retrouve  plus  trace  dans  les  registres  du 
comté  d'hommages  et  d'aveux  rendus  par  les  feudataires  placés 
dans  la  mouvance  de  Creil,  qui  fit  dès  lors  partie  du  bailliage 
de  Senlis. 

Ensieuent  les  fiefs  et  arrière- fief  s  tenus  de  M.  le  comte 
de  Clermont  en  la  chatellenie  de  Creil  (f*  139)  : 

1"*  Guérart  de  Romescamp  {d^'or  à  une  fasce  de  sable  accompa- 
gnée de  six  merlettes  de  même,  trois  en  chef  trois  en  pointe)  y 
châtelain  de  Pont  solait  tenir  du  comte  le  tiers  du  bos  d'A- 
gueu  ^  et  la  mairie,  duquel  Guérart  sont  tenus  plusieurs  fiefs, 
savoir  : 


pas  raison  de  poursuivre  la  restitution  de  la  terre  de  Creil  qui  a  été  achetée  par 
le  feu  roi  Charles  V  à  Béatrix  de  Bourbon,  parce  que  ladite  dame  était  en  droit 
d*aliéner  cette  terre  comme  étant  de  son  propre  héritage,  et  que  d'ailleurs  son 
fils,  le  duc  de  Brabant,  alors  vivant,  a  consenti  à  cette  vente.  Le  conseil  décide 
que  «  supposé  que  un  des  voissins  da  conte  de  Clermont  ne  peust  avoir  acquis 
la  seigneurie  et  possession  de  ladite  terre  de  Creil  s*il  n*en  fust  receuz  en  foy  et 
hommaiges  touteffois  le  Roy  de  raison  et  usage  la  puet  avoir  acquis,  car  il  est 
vray  seigneur  et  souverain  de  touz  les  fief  de  ce  royaume,  n'est  tenus  à  faire 
hommage  à  quelconques  autre  seigneur  des  fiez  par  plusieurs  acquis,  mais  sou 
fist  qu'il  baiUe  homme  du  fief  par  lui  acquis  au  seigneur  féodal  sans  moyen.  » 
>  Les  Ageux,  canton  de  Liancourt. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT    EN    BEAUVAISIS.  187 

2  fiefs  à  Hardencourt  *  ; 

1  fief  à  Basîncourt  *  ; 

1  fief  au  Bois  terroir  d'Agueu  ; 

1  fief  à  Longueyeaue  '  ; 

1  fief  à  Saînqueux  *  ; 

2"  Raoul  de  Sainiines  (de  gueules  à  trois  croix  de  Lorraine 
d* argent)  solait  tenir  du  comte  un  fief  au  terroir  de  Sachy  •  dont 
sont  tenus  : 

1  fief  aux  voieries  de  Nouroy  *  ; 
1  fief  aux  voieries  de  Rucourt  '  ; 
1  fief  au  bois  du  Plessier  •; 

1  fief  du  tiers  du  bac  de  Verneuil  •  ; 

2  fiefs  au  terroir  de  Sachy  ; 
lfiefàViUers^^ 

1  fief  à  Moncy  Saint-Eloy  "  ; 

1  fief  à  Creil,  Laigneville  "  et  Sainqueux. 

3""  Guiart  de  la  Motte  {d^ argent  à  un  lion  de  sable  au  bâton  en 
bande  de  gueules)  solait  tenir  du  comte  un  fief  à  Beauvoir  et  à 
VillersSaint-Pol"; 

4*  Guillaume  Leroux  {de  sable  à  trois  besans  d^or)  solait  tenir 
du  comte  en  fief  un  cens  sur  les  maisons  de  Çolart  Le  Sergent 
et  de  Marie  La  Lombarde  ; 


'  Ro2oy,  canton  de  Liancourt. 

*  Bazicourt^  canton  de  Liancourt. 

*  Saint-Martin-Longueau,  canton  de  Liancourt. 
^  Cinqueux,  canton  de  Liancourt. 

>  Sacy-le-Grand,  canton  de  Liancourt. 

*  Noroy,  canton  de  Saint-Just. 

^  Longueuil-Sainte-Marie,  canton  d'Estrées. 

*  Le  Plessier-Pommeraye,  canton  de  Creil. 

*  Verneuil,  canton  de  Pont-Sainte-Maxence. 
*^  Catenoy,  canton  de  Liancourt. 

*S  **  Canton  de  Liancourt. 

>3  Canton  de  Greil.  Ce  n'était  pas,  suiTant  M.  de  Lépinois  (Recherches  historiques), 
le  fief  principal.  Celui-ci  aurait  appartenu  alors  à  Jean  de  Villers  qui  est  inscrit  en 
effet  à  ce  titre  dans  la  liste  de  1350.  En  1789,  le  prince  de  Condé  était  seigneur 
de  Villers,  et  les  fiefs  de  Mortfontaine  et  des  Marquets,  sur  le  même  territoire, 
appartenaient  aux  sieurs  Randon  de  la  Tour  et  Jacobé  de  Naurois.  Les  gentils- 
hommes de  la  châtellenie  de  Creil  n'ayant  comparu  que  par  procureurs  à  la  réfor- 
mation  de  la  coutume  de  Senlis,  en  1539,  nous  n'avons  pu  en  donner  les  noms. 


Digitized  by 


Google 


188  LE   COMTÉ    DE   CLERMONT    EN    BEAUVAISIS. 

5*  Messire  Ansoult  Destoy,  chevalier  (diapré  de  gueules  et 
d'argent)  solait  tenir  du  comte  un  fief  à  Cramoisy  '  ; 

6"*  Monseigneur  Jean  de  Cramoisy,  chevalier  {dUargent  à  un 
chevron  de  gueules  accompagné  de  neuf  merlettes  de  mêmey  six  en 
chef  et  trois  en  pointe)  solait  tenir  de  la  chatellenie  de  Creil  la 
seigneurie  de  Cramoisy,  de  laquelle  sont  tenus  : 

7  fiefs  à  Cramoisy  et  4  arrière-fiefs. 

7**  Philippot  de  Cramoisy  {échiqueté  dor  et  de  gueules  de  trois 
traits  au  chef  chargent,  à  une  étoile  de  sable  au  côté  dextre  de 
récit)  solait  tenir  du  comte  à  cause  de  la  chatellenie  de  Creil 
un  fief  à  Cramoisy  ; 

8"*  Messire  Jean  Torchars  {de  sable  à  trois  anneaux  d*or)  solait 
tenir  du  comte  à  cause  du  chatel  de  Creil  un  fief  à  Pressy  *  ; 

9"*  Messire  Regnault  du  Mont  (écartelé  d'argent  et  de  gueules) 
solait  tenir  un  fief  consistant  en  une  maison  et  un  lavoir  à  Creil 
duquel  sont  tenus  : 

9  fiefs,  dont  3  à  Villers  ; 

10*  Madame  Jeanne  de  Pressy  (parti  au  1  d argent  au  sautoir 
de  gueules  accompagné  de  quatre  merlettes  de  même  à  la  bordure 
engrélée  de  gueules,  au  2  losange  de  gueules  et  d'or  au  chef  d'ar^ 
gent)  solait  tenir  du  comte  en  fief  le  moulin  de  Fayel  ',  avec  une 
mine  de  terre  en  environ  et  la  moitié  du  bois  de  Bouconval  *,  de 
laquelle  sont  tenus  11  fiefs  dont  Tun  au  Val  Foubert,  et  un  autre 
de  la  moitié  de  la  dime  de  Rieu  '  ; 

11*  Jean  des  Prez  (de  sitwple  à  la  fasce  d'argent  au  bâton  en 
bande  de  gueules  sur  le  tout)  solait  tenir  du  comte  un  fief  à  Creil 
et  Vaux. 

12*  Madame  Isabeau,  femme  de  sire  Jean  Requignart  (parti 


<  Canton  de  Creil.  En  1789,  André-Claude  Patu,  baron  de  Mello. 

*  Canton  de  Creil.  Précy  dépendait  en  partie  du  comté  de  Beaumont.  En  1789, 
le  dac  de  Montmorency. 

*  Est-ce  Fayel,  canton  d'Estrées-Saint-Denis,  dont  le  chapitre  de  Saint-Évremont 
avait  la  dime,  ou  Fayel,  fief  sis  à  Creil,  et  dont  nous  avons  parlé  plus  haut  ? 

*  Blaincoort,  canton  de  Creil. 

*  Canton  de  Liancourt. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT    EN   BEAUVAISIS.  189 

au  l  (forgent  à  un  quintefeuille  de  gueules  en  cœur  accompagné 
de  huit  merlettes  de  même  en  orle,  au  2  échiqueté  de  sable  et  d'or), 
solait  tenir  du  comte  un  fief  à  Chivrières*,  de  laquelle  sont 
tenus  : 

2  fiefs  à  Jaux  *  et  Chenneviëres  *  ; 

ly  Messire  Robert  Fretel  {losange  de  gueules  et  d'or  au  chef 
d argent)  solait  tenir  du  comte  en  fief  le  travers  de  Pressy  et  les 
voiries  dudit  Pressy  ; 

14"*  Jean  d'Erques  {d'azur  à  trois  étoiles  dor  à  la  bordure  engré* 
lée  (Targent)  solait  tenir  du  comte  le  manoir  et  champart 
d'Erques  *,  duquel  sont  tenus  trois  fiefs  ; 

15*  Guillaume  de  la  Cousture  {échiqueté  de  gueules  et  dor) 
solait  tenir  en  fief  son  manoir  de  la  Cousture  •  ; 

16*  Messire  Jean  de  Lavrechines,  chevalier  {dor  à  trois  tour^ 
teaux  de  sinople)  solait  tenir  du  comte  un  fief  à  Creil  et  aux  envi- 
rons, comprenant  son  manoir  de  la  Cousture  et  16  arpents  de 
terre  séants  aux  Muletiaux,  le  bois  de  Buissonnoie,  la  justice 
de  Saint-Mesmin  •,  haute  et  basse,  10  livres  sur  le  péage  de 
Creil,  cens  et  redevances  à  La  Versine  et  aux  Hayes,  duquel 
sont  tenus  : 

2  fiefs  à  Creil  et  Trossy  ; 

17**  Jean  de  Channevières  {de  sable  à  un  sautoir  d  argent  y 
chargé  dun  tourteau  de  gueules  en  cœur,  ledit  sautoir  accompagné 
de  quatre  fleurs  de  lis  d'or)  solait  tenir  du  comte  un  fief; 

18*  Estiene  Le  Boiteux  {de  gueules  à  trois  coquilles  dor  au 

'  Canton  d*Estrées-Saint-Deni8  ;  i789,  Madame  de  Gamaches. 

*  Canton  de  Compiègne. 

*  Est-ce  Senneyières,  autrefois  Chenneviëres,  hameau  de  Chévreville,  canton  de 
Nanteuil  le  Baudouin. 

*  Ercuis,  canton  de  Neuilly-en-Thelte,  appartenait  en  partie  au  comté  de  Cler- 
mont  et  en  partie  à  celui  de  Beaumont.  1789,  de  Perthuis. 

*  Est-ce  la  Couture,  fief  sur  le  territoire  de  Cramoisy,  ou  comme  le  penserait 
M.  de  Lépinois,  un  hameau  aujourd'hui  inconnu  de  la  commune  de  Saint- 
Maximin.  Cette  seconde  hypothèse  trouverait  sa  confirmation  dans  les  énoncia- 
tions  du  paragraphe  suivant. 

*  Saint-Maximin,  canton  de  Creil,  dont  La  Versines.  les  Hayes  et  Trossy  sont 
des  hameaux.  1789,  le  prince  de  Condé. 


Digitized  by 


Google 


190  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEÀUVÂISIS. 

bâton  en  bande  de  gueules)  solait  tenir  du  comte  en  fief  une  mai- 
son à  Creil  ; 

19"*  Rogier  et  Thomas  de  Pouilleuses,  écuyers,  frères  {diapré 
de  gueules  et  d'argent  au  franc  quartier  de  sable  au  rocq  d! échi- 
quier dor)  solaient  tenir  du  comte  un  fief  à  Monthaterre  *  ; 

20"*  Messire  Jean  d'Estrées  [d^  argent  à  un  quinte  feuille  de 
sinople  en  cœur)  solait  tenir  du  comte  un  fief  à  Civrières  et  aux 
environs  dont  : 

2  fiefs  à  Civrières  ; 

21*  Jacques  de  Gournay  {cTargent  à  la  bande  de  sable  chargée 
de  trois  besans  d'or,  accompagnée  de  six  merlettes  de  gueules  en 
orle)  solait  tenir  du  comte  en  fief  la  dime  de  Cramoisy,  dont 
deux  fiefs  ; 


*  Canton  de  Creil.  L*abbaye  de  Jumièges  possédait  à  Montataire,  dès  le  temps  de 
la  reine  Bathilde,  un  domaine  dont  s'était  emparé  au  commencement  du  xi«  siècle 
Aubert  de  Creil.  Un  placitum  tenu  en  1027  par  le  roi  Robert  à  Senlls  (Graves, 
Précis  statistique,  p.  107),  enjoignit  à  l'usurpateur  de  faire  droit  aux  justes  récla- 
mations de  râbbaye.  Celle-ci  continua  jusqu'en  1789  à  nommer  au  prieuré  de 
SaintrLéonard.  Les  comtes  de  Clermont  de  la  première  race  avaient  des  droits 
considérables  à  Montataire.  Nous  avons  signalé  plus  haut  Renaud  de  Clermont 
comme  fortifiant,  en  1150,  son  château  de  Montataire.  En  1195,  Catherine  de  Cler- 
mont et  Louis  de  Blois,  son  époux,  donnèrent  &  foi  et  hommage  &  Ansold  de 
Ronquerolles  divers  biens  sis  audit  lieu  et  entre  autres  le  champart  et  le  vinage 
(coll.  Moreau,  t.  XCVI,  P>  115).  C'est  le  fief  pour  lequel  les  héritiers  de  Pouilleuses 
sont  inscrits  au  dénombrement  de  1373.  Quant  à  la  seigneurie  principale,  le  ma- 
riage de  Mathilde,  fille  de  Renaud^  avec  Hugues  de  la  Tournelle,  la  fit  sans  doute 
passer  à  la  maison  de  ce  nom,  car  divers  actes  cités  par  M.  de  Lépinois  constatent 
que  plusieurs  de  ses  membres  étaient  possesseurs  de  Montataire  pendant  le 
xiii«  siècle.  L'Inventaire  des  sceaux  de  la  Picardie^  par  M.  Demay,  inscrit  sous  le 
no  633  celui  de  Renaud  de  la  Tournelle,  chevalier,  sire  de  Montataire  {écu  portant 
cinq  toumelles  ou  tours  2,2  et  i)  appendu  à  l'acte  de  1256,  par  lequel  il  fonda  son 
anniversaire  dans  Tabbaye  du  Paraclet.  Puis  vinrent  Philippe  de  Hardencourt 
(1341),  Guy  de  Hardencourt,  chevalier,  cité  dans  le  dénombrement  de  1373 
(d'argent  à  une  bande  de  sable  chargée  de  trois  aiglons  éployés  d^or),  et  Mathieu 
d'Erquinvilliers,  dit  le  Borgne,  Mathieu  de  Milly  (1400),  Robert  de  Milly  (1455), 
Arnault  de  Madaillan  (1466).  Les  Madaillan  de  Lesparre  (au  i  et  k  tranché  d'or  et 
de  gueules,  eu  2  et  ^  d'azur  au  lion  grimpant  d*or)  possédèrent  Montataire  avec  le 
titre  de  marquis  jusqu'au  xviiio  siècle  (communication  due  à  l'obligeance  de 
M.  le  baron  de  Gondé,  propriétaire  actuel  du  château  historique  de  Montataire). 
En  1789,  la  dame  veuve  de  Lorbehaye  comparut  à  l'assemblée  du  bailliage  de 
Senlis,  comme  dame  de  Montataire  ainsi  que  des  fiefs  de  la  mairie  et  de  Gournay 
sis  audit  lieu. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS.  191 

22^*  Jean  de  Channevières  (comme  dessus  n**  17,  sauf  les  quatre 
fleurs  de  lis)  solait  tenir  du  comte  son  manoir  et  son  jardin  et 
iO  arpents  de  prés  séans  de  là  ryaue-d'Oise. 


BULLES  (r  171)  *. 

Le  chastelaih  de  Bulles  {<f  argent  à  trois  lions  de  scAle,  2  et  l  à 
la  bordure  denchée  de  gueules)  tient  du  chastel  de  Clermont  en 
fief  son  chastel  d'emprez-la-porte,  ville  fermée  et  chàtellenie  de 
Bulles^  c'est  assavoir  le  chàtel  avec  le  pressoir  auquel  les  vignes 


1  Balles,  aujourd'hui  commune  du  canton  de  Clermont,  est  considérée  comme 
une  des  plus  anciennes  localités  du  Beauvaisis.  Donnée  par  Tévéque  Constantin 
et  le  roi  Childebert  à  Tabbaye  de  Saint- Lucien,  elle  fut  au  ix«  siècle  dévastée  par 
les  Normands.  On  trouve  la  chàtellenie  de  Bulles  possédée  en  1030  pigr  un  Asce- 
lin,  qui  prend  la  qualité  de  Casatus,  feudataire  de  Téglise  de  Beauvais.  Son  fils 
Goscelin,  surnommé  TEnfant,  étant  mort  vers  1075  eut  pour  héritière  sa  tante 
Ralde  ou  Roharde  de  Bulles,  femme  de  Hugues,  comte  de  Dammartin.  Celui-ci 
fut  le  fondateur  du  prieuré  que  le  concile  d'Issoudun  confirma  en  1081  à  Tabbaye 
de  Vézelay,  nonobstant  Topposition  des  propriétaires  primitifs,  les  religieux  de 
SfûntrLucien.  Alix,  fille  de  Hugues,  porta  la  seigneurie  de  Bulles  qui  était  alors 
une  des  plus  considérables  du  pays  et  avait  même  peut-être  le  titre  de  comté,  à 
son  mari,  Lancelin  de  Beauvais.  Elle  figure  avec  ses  enfants  dans  les  chartes  de 
fondation  de  Tabbaye  de  Froidmont  et  du  prieuré  de  Wariville  (Graves,  Précis 
siaiistiqtte,  et  abbé  Deladreue,  Hist.  des  abbayes  de  Saint-Lucien  et  de  Froidmont). 
Renaud  II  de  Bulles  ne  laissa  de  son  mariage  avec  Euphémie  de  Picquigny  que 
deux  filles,  Ermentrude  et  Philippe,  qui  prirent  alliance  Tune  dans  la  maison  de 
Mello,  Tautre  dans  la  maison  de  Conti.  Guillaume  de  Mello  et  Robert  de  Conti 
octroyèrent  conjointement  en  1181  à  la  ville  de  Bulles  une  charte  de  commune^ 
que  Louis  I«'  de  Bourbon,  comte  de  Clermont  confirma  en  1319.  Nous  la  repro- 
duisons aux  pièces  justificatives.  Les  héritiers  de  Guillaume  et  de  Robert  conti- 
nuèrent à  posséder  par  indivis  la  seigneurie  de  Bulles.  11^  étaient,  en  1348, 
diaprés  une  transaction  du  mois  de^  décembre  de  ladite  année  (Dom  Grenier, 
t.  CXCVI  f*»  233),  au  nombre  de  trois  :  Eustache  de  Dargies,  dame  de  Barbanchon 
et  de  Bonneuil,  Agnès  de  Conti,  dame  du  lUmel  et  de  Conti,  et  Marie  d'Encre, 
dame  d'Auxy  et  de  Lnlly.  Le  dénombrement  dfi'13T3  constate  encore  la  réparti- 
tion sur  trois  tètes  :  la  ch&tellenie  appartenait  à  un  châtelain  dont  le  nom  de 
famille  n'est  pas  indiqué»  mais  que  ses  armoiries,  identiques  à  celles  du  seigneur 
de  Conti  et  du  Hamel,  permettent  d'autant  plus  de  rattacher  à  cette  maison  que 
nous  verrons  son  domaine  vendu  en  1425.  au  comte  de  Clermont  par  Marguerite 
du  Hamel>  châtelaine  de  Bulles,  comme  étant  «  du  propre  héritage  de  la  dite 
venderesse.  »  Le  donjon  de  Bulles  se  partageait  par  moitié  entre  Jean,  sire  de 
Barbanchon,  fils  d'Eustache  de  Dargies,  et  Louis  d'Auxy,  fils  de  Marie  d'Encre. 
Nous  avons  dit  plus  haut,  d'après  l'autorité  de  M.  Graves  et  de  Bosquillon,  que 


Digitized  by 


Google 


192  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS. 

du  terroir  sont  bannières,  le  16*  du  moulin  de  Houssoy,  la  moi- 
tié du  vivier  de  Bulles,  la  place  de  deux  moulins,  Fun  du  grand 
moulin  et  l'autre  du  moulin  du  vivier,  esquels  ledit  châtelain 
prend  le  quart  contre  les  autres  seigneurs,  80  arpents  de  bois  à, 
Bulles,  36  à  Castelon  S  22  au  Plessier-Crotoy  *,  19  au  bois  de 
TEstrive  et  3S6  arpents  en  usage  au  bois  de  Mons.  Vignes, 


les  comtes  de  Clermont  avaient,  de  1340  à  1398^  acquis  le  domaine  entier  de 
Bulles,  par  portions  détachées.  De  nouvelles  recherches  nous  ont  mis  à  même 
de  compléter  et  rectifier  cette  indication.  Le  31  juillet  1396,  Jean,  seigneur  de 
Ligne  en  Hainaut,  et  Eustache  de  Barbanchon,  sa  femme,  fille  de  Jean,  mort 
en  1375,  et  d'Yolande  de  Lens,  vendirent  au  duc  de  Bourbon  pour  le  prix  de 
on2;e  miUe  livres  tournois,  le  château  de  Bonneuil-le-Plessier  avec  ses  appar- 
tenances en  la  prévôté  de  Montdidier,  le  château  de  Bailleu-sur-Thérain  avec  les 
fiefs  en  dépendant,  à  Bulles  et  Harmes,  cent  livres  de  rente  perpétuelle  qu'ils 
avaieAt  droit  de  prendre  sur  Jean  et  Gilles  de  Barbanchon,  cousins  germains  de 
ladite  damC;,  et  deux  parts  par  indivis  du  fief  de  Bameu  mouvant  de  Tévéque  de 
Qeauvais.  I^e  25  juillet  de  Tannée  suivante  1397,  Gilles  de  Barbanchon,  chevalier, 
et  Jean  de  Barbanchon,  écuyer,  frères,  cédèrent  au  duc,  pour  le  prix  de  deux 
mille  livres  tournois,  le  tiers  qui  leur  appartenait  par  indivis  dans  les  terres,  sei- 
gneuries et  revenus  de  Bonneuil-Ie-Plessier,  de  la  Warde-Mauger,  près  dudit 
Bonneuil,  de  Bulles  en  Beauvoisis,  de  Harmes  et  Bailleu-sur-Thérain,  de  Rochy  et 
Bameu  et  leurs  appartenances  (Arch,  nat.,  P  1369*,  cote  1751).  Ce  fut  de  la  vente 
|i  lui  faite  par  Jean  de  Ligne  que  Louis  II  détacha  en  novembre  1  i02  les  biens 
sis  au  terroir  de  Harmes,  en  allant  à  Mouchy,  qu*il  assigna  à  Tabbaye  de  Froid- 
piont  eu  échange  de  diverses  rentes  et  pour  fondation  de  plusieurs  messes  (/6tc/„ 
P  1362*,  cote  1077^.  Le  27  février  1398,  le  duc  accrut  son  nouveau  domaine  de 
Bonneuil  en  se  faisant  transporter  par  I|ue  de  Montonviller,  seigneur  du  Bosode- 
mer,  au  prix  de  ci9q  cent  cinquante  livres  tournois,  tous  les  héritages  que  celui- 
ci  possédait  audit  terroir  (/6irf.,  P  1369*,  cote  1756).  Nous  avons  déjà  indiqué  la 
cession  faite  le  6  Aovembre  1398  par  David,  sire  et  ber  d*Auxy,  moyennant 
onze  cent  Uvres  tpumois,  de  1^  terre  et  seigneurie  de  MoyenneviUe  avec  le  quart 
de  la  terre  de  Bulles  {Ibid.,  P  136»,  cote  1095).  Enfip  en  U25,  le  20  août,  Margue- 
rite du  Hamel,  dame  de  Vçrl^in,  vendit,  au  prix  de  quipze  cents  Uyx^s  tournois, 
sa  châtellenie  de  Bulles,  sous  réserve  de  Tusuflruit.  Elle  vivait  encore,  le  9  avril  1443, 
jour  o\!i  elle  confirma  l'acte  de  1425  et  donna  au  duc  l'investiture  de  son  acquisi- 
tion qui  complétait  la  réunion  de  la  seigneurie  de  Bulles  au  domaine  de  Clermont, 
duquel  elle  ne  devait  plus  être  distraite  {Ibid,,V  1369  >,  cote  1746).  Au  moment  du 
dénombrement  de  1373,  il  existait  sur  le  territoire  de  Bulles  plus  de  vingt  fiefs 
indépendamment  de  ceux  appartenant  au  châtelain  et  aux  sires  de  Barbanchon 
et  d'Auxy.  Un  certain  nombre  de  ces  fiefs  furent  avec  la  suite  des  temps  réunis 
au  douzaine  ou  disparurent,  et  on  n'en  trouve  que  sept  inscrits  dans  le  procès- 
verbal  du  bailliage  de  Clermont,  en  1789  :  le  fief  de  la  tour  de  Bulles  possédé  par 
le  sieur  de  Broé,  ceux  de  Gannel-Clérie,  lieu  dit  la  Prairie  du  Chaussois  et  de 
Regnault-Duchâtel  au  sieur  Desprès  de  la  Résiére,  et  ceux  de  Braquemont,  de 
Donnemarck,  de  Coutf^nces  et  de  Verdancher  en  partie  au  sieur  de  Monchy  de 
Gilocourt. 

1  Catillon,  canton  de  Saint-Just. 

«  Le  Plessier-sur-BuUes,  canton  de  Saint-Jusl. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ    DE   CLERMONT    EN    BEAUVAISIS.  193 

terres,  cens  du  lerrouer  des  Essars,  cens  d'Erquinv illier  *.  La 
grosse  censé  que  les  maire,  pers  et  jurés  de  la  ville  de  Bulles  * 
payent  pour  leurs  héritages  de  commune  à  la  Saint-Rémy,  de 
laquelle  censé  34  livres,  2  sols,  6  deniers  appartiennent  au  dit 
châtelain.  La  moitié  du  travers  de  Bulles,  la  moitié  du  tonlieu,  la 
moitié  du  travers  de  Haudivillier  '  et  de  la  Fraie  *,  la  moitié  du 
travers  de  Bailleu-sur-Thérain  *,  la  moitié  du  travers  de  Lavre- 
chines  '  et  de  FeuqueroUes  ',  les  cens  de  Poissonval  au-dessus 
de  Condé-sur-Thérain,  lesdites  choses  chargées  par  an  de  rentes 
d'aumosnes. 

Item  saisines,  ventes,  hommages,  forages,  roages,  amendes 
toute  justice  et  seigneurie,  haute,  moyenne  et  basse,  tant  pour  le 
fait  du  marché  de  ladite  ville  comme  en  toute  la  banlieue  ',  terre 
et  châtellenie  de  Bulles,  avec  tous  exploits  tant  en  chemins, 
frez  et  voieries  pour  sa  moitié  avec  et  en  toutes  les  communau- 
tés l'usage  et  pâturage  de  ladite  ville  et  châtellenie. 

La  déclaration  du  châtelain  de  Bulles  est  précédée  d'une  mi- 
niature qui  le  représente  rendant  hommage  au  comte  de  Cler- 
mont.  Celui-ci  revêtu  d'azur,  debout  et  entouré  de  ses  officiers. 


>  Canton  de  SaintrJust. 

*  Nous  reproduisons  aux  pièces  justificatives  la  charte  concédée  en  1181  aux 
habitants  de  Bulles  par  Guillaume  de  Mello  et  Robert  de  Ck>nti.  Nous  dirons  seu- 
lement ici  que  la  grosse  censé,  due  à  raison  de  Taffranchissement  octroyé  ainsi 
que  pour  les  héritages  de  commune  (pro  communia  et  pro  libertate)^  s'élevait  à  la 
somme  annuelle  de  81  livres  18  sous  2  deniers  payables  le  jour  de  la  Saint-Rémy, 
sous  peine  de  5  deniers  parisis  d'amende  pour  chaque  20  livres  et  par  jour  de 
retard.  La  censé,  dont  s'agit,  était  indépendante  des  cinq  sous  auxquels  se  trou- 
vait imposée  annuellement  chaque  masure  pour  toute  taille,  corvée  et  exaction. 
Les  héritages  de  commune  comprenaient  «  les  bois  de  Mons  que  on  dit  les  patis 
de  Bulles,  contenant  trois  cents  arpents  ou  environ,  et  les  marets  et  rivières  de 
Balles,  contenant  deux  cents  arpents  ou  environ,  joignant  d'un  côté  au  larris  de 
la  Blanchetache  d'Essoille,  d'autre  aux  larris  de  Bulles  et  Hatton,  aboutant  d'un 
bout  au  moulin  de  Hatton,  et  d'autre  bout  aux  aires  de  faire  lin  dudit  Bulles.  » 
Déclaration  du  temporel  non  amorti  appartenant  aux  maire,  pairs,  échevins  et 
communiers  jurés  de  la  ville  de  Bulles  baillée  par  Pépin  Pellu  a  présent  maire 
dudit  lieu  au  bailly  de  Senlis  en  juiUet  1521  (Dom  Grenier,  t.  CXCVl  f»  239). 

»,  S  »,  «,  ^  Canton  de  Nivillers. 

»  Aux  termes  de  la  charte  de  1181  la  Banlieue  de  Bulles  comprenait  non  seule- 
ment le  territoire  actuel  de  cette  commune ,  mais  encore  ceux  du  Plessier-sur- 
Bulles  et  du  Mesnil-sur-Bulles,  canton  de  Saint>Just,  qui  n'en  étaient  sans  doigte 
primitivement  que  des  hameaux,  ainsi  que  Wariville  annexé  plus  tard  à  Litz.  Les 
habitants  du  Mesnil  avaient  droit  d'usage  dans  les  bois  de  Bulles,  et  il  en  était  de 
même  pour  ceux  de  Rémérangles,  qui  étaient  tenanciers  du  fief  de  Gannes,  sui- 
vant transaction  du  22  novembre  1452.  (Dom  Grenier,  t.  CXCVI,  f*»  215.) 


Digitized  by 


Google 


194  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 

tient  dans  ses  mains  les  deux  mains  du  châtelain  vêtu  d'une 
robe  de  couleur  rouge,  paraissant  fléchir  le  genou  devant  son 
suzerain  et  accompagné  de  deux  personnages,  dont  Tun  présente 
la  clef  du  château,  et  l'autre  tient  la  bannière  de  Bulles  (f  argent 
chargé  de  trois  lions  de  sable  à  la  bordure  denchée  de  gueules.  La 
scène  se  passe  devant  la  porte  du  château,  construit  dans  le  style 
moitié  oriental,  moitié  gothique,  avec  un  luxe  architectural 
remarquable  *.  Le  pont  est  levé  sur  le  fossé  plein  d'eau.  On  voit 
au-dessus  de  la  porte  flotter  deux  bannières  déployées,  celle  du 
comte  et  celle  du  ch&telain. 

Les  vassaux  du  châtelain  de  Bulles  relevaient  soit  de  lui 
uniquement,  soit  de  lui  et  de  ses  co-seigneurs  par  indivis.  En 
voici  la  nomenclature  : 

1*  Un  fief  à  Fumechon  •  oh  sont  deux  manoirs  qui  furent  à 
Beaudoin  de  Fumechon  et  Golart,  son  oncle,  tenus  du  ch&telaiu 
de  Bulles  et  de  M.  de  Barbenchon  par  Charles  de  Fumechon 
{d'argent  à  deux  fasces  ou  cottices  de  sable  accompagnées  de  neuf 
merlettes  de  même  en  orle)  duquel  sont  tenus  : 

1  fief  à  Wavegnies  '  ; 

2  fiefs  à  Fumechon  et  Castillon  ^  ; 

3  fiefs  à  FouqueroUes  '  ; 
1  fief  à  Monstiers  *  ; 


>  Ce  château  n'éUiit  pas  le  seul  qui  existât  à  Bulles.  Il  y  en  avait  un  autre  non 
moins  ancien  nommé  le  Donjon,  et  que  les  sires  de  Barbenchon  et  d'Auzy  pos- 
sédaient par  indivis  (vide  infra).  Voici  les  indications  que  Graves  nous  fournit  à 
ce  sujet  (Précis  statistique,  p.  67)  :  Les  deux  châteaux  furent  bâtis  ou  reconstruits 
après  la  première  invasion  des  Normands.  L'un  (celui  du  châtelain)  était  situé  au 
lieu  qu'on  nomme  le  Châtelet,  sur  le  coteau  au  pud-oucst  de  la  ville  qu'il  domi- 
nait entièrement.  Cette  place  très-forte  subit  toutes  les  vicissitudes  de  la  guerre 
dans  les  xivo  et  xv«  siècles.  Charles  VII  en  prescrivit  la  démolition  par  ses  lettres 
du  10  avril  1432,  et  cet  ordre  fut  si  bien  exécuté  que  la  tradition  locale  peut  seule 
faire  reconnaître  la  position  de  la  forteresse,  dont  il  ne  reste  aucun  vestige.  Le 
deuxième  château  (le  donjon)  était  dans  l'enceinte  de  la  ville  vers  le  chemin  de 
Fournival  ;  il  formait  la  citadelle  de  la  place.  L'emplacement  qu'il  occupait  s'ap- 
pelle maintenant  la  place  du  Château.  Bulles  ftit  pillé  en  1636  par  les  troupes 
Espagnoles,  et  le  château  ayant  été  brûlé  ne  fut  pas  rétabli. 

*  Canton  de  Saint-Just.  Ce  fief  appartenait  encore  au  xvi«  siècle  à  la  famille  de 
Fumechon.  D.  1789,  Louis- Adrien  de  Guillebon. 

*  Canton  de  Saint-Just. 
^  Canton  de  Saint-Just. 
»  Canton  de  Nivillers. 

*  Canton  de  Saint-Just. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS.  195 

1  fief  à  Vaux  *,  dit  fief  de  Pauquechon  ; 
3  fiefs  à  Bulles  ; 

2^  Un  fief  à  Monchiaux  *  tenu  du  ch.&telain  de  Bulles  et  de 
Louis  d'Aussy,  par  Wale  de  Monchiaux  {d argent  à  la  fasce  frè" 
tée  dovy  surmontée  (ïune  merle tte  de  sable  au  côté  dextre)^  dit 
Grongnet,  duquel  sont  tenus  : 

1  fief  à  Blémont  '  ; 

2  fiefs  à  Monchiaux  ; 

1  fief  à  Fay-oultre-le-Bois  *  ; 

y  Un  fief  à  Buisencourt  •,  tenu  des  mêmes ,  tenu  par  Colin 
Paix  est  bonne  {de  gueules  à  trois  merles  d'argent)  ; 

i""  Fief  séant  à  Bulles  %  tenu  du  ch&telain  par  Lorens  le 
Charon  {de  gueules  à  une  roue  d'argent)  ; 

S""  Fief  à  Bulles  '',  tenu  du  châtelain  et  de  Louis  d'Aussy  par 
Jean  du  Cardonnoy,  dont  : 

2  fiefs  ; 

6*  Fief  à  Rochy  ',  tenu  du  châtelain  sans  part  d'àutruy  par 
Jean  de  Montoiles  (cf  or  à  trois  chiens  passants  de  gueules  au  ventre 
<P argent)  j  duquel  est  tenu  : 

1  fief  à  Rochy,  dont  1  arrière-fief  ; 

7*  Fief  à  Henencourt  •,  tenu  du  châtelain  et  de  Louis  d'Auxy 
par  indivis  par  Mathieu  de  Gaumont  ou  Ghaumont,  chevalier 


*  Le  Frétoy,  canton  de  Maignelay. 

*  Bulles.  1539,  François  Vigneron  (d'argent  à  ia  fasce  de  sable  frétée  d*or, 
accompagnée  en  chef  de  trois  merlettes  de  sable)  et  François  d^Àrgillière  (d'or  à  la 
fasce  de  gueules  accompagnée  de  trois  trèfles  de  même). 

*  Bois  à  Balles. 

^  Saint-Félix^  canton  de  Mouy. 

^  Avrechy,  canton  de  Clermont,  1539.  Le  Selier  (de  gueules  à  la  gerbe  d'or 
accompagné  de  deux  épis  de  blé  du  même,  au  chef  cousu  d'azur,  chargé  de  trois 
étoiles  d'argent), 

*  En  1500  réuni  au  domaine  par  défaut  d'homme.  D. 

7  En  1539  le  fief  Jean  de  Cardonnoy  possédé  par  d*Argillière. 

»  Rochy-Gondé,  canton  de  Nivillers,  1539.  J.  d'ÀTervelle,  H.  Dorant,  C.  Villain 
et  Jeanne  de  Dam.  Le  fief  de  Montoiles  acquis  en  1567  par  Jean  Aubert,  seigneur 
de  Condé. 

*  Enencourt-le-Sec,  canton  de  Chaumont,  1539.  RaoUant  Danesy  (d'argent  à  un 
lion  de  sable  rampant)  y  1789.  De  Bonnières. 


Digitized  by 


Google 


196  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS. 

{coticé  (F argent  et  de  gueules  de  douze  pièces  à  la  bande  degueu/es) 
duquel  : 

2  fiefs  à  Monchiaux  ; 

1  fief  à  Henencourt  ; 

2  fiefs  à  Fayel  *  et  S  arrière-fiefs  ; 
1  fief  à  Guybrencourt  ; 

1  fief  à  Ronchières  "  et  1  arrière-fief  ; 

S*'  Fief  à  Condé-sur-Thérain  %  tenu  du  châtelain  de  Bulles  et 
du  sieur  de  Barbenchon,  par  Jean  de  Condé  {d'argent  à  la  bande 
de  gueules  accompagnée  de  cinq  merlettes  en  or  le  de  sable). 
duquel  : 

3  fiefs  à  Condé  ; 

1  fief  à  Cauvegny  *  ; 
!  fief  à  Bailleul  »  ; 

9*  Fief  à  Fariviller  *,  tenu  des  mêmes  par  messire  Jean  de 
Guocourt  {d! argent^  semé  de  treffles  de  gueules  à  deux  bars  adossés 
de  même  au  lambel d'azur  à  trois  pendants),  chevalier,  duquel  : 

l  fief  à  Sainte-Usoye  '  ; 

1  fief  à  Rémérangles  *  et  Bulles  avec  la  mairie  de  Gannes 
conmie  arrière-fief; 

2  autres  à  Rémérangles  et  Bulles  ; 
2  fiefs  à  Thieux  •  et  1  arrière-fief  ; 
1  fief  à  Bulles  ; 

10*  Fief  à  Thieux  *®,  tenu  du  châtelain  et  de  Louis  d'Aussy 


>  Fayel-Bocage,  Uardivillers  en  Vexin,  canton  de  Chaumont. 

•  Enencourt-le-Sec. 

•  Canton  de  Nivillers.  4539,  Aubert  {d*azur  à  trois  trèfles  d'or). 
^  Canton  de  Noailles. 

»  Bailleul-8ur-Thérain,  canton  de  Nivillers. 

*  Saint-André-de-Farivillers,  canton  de  Froissy.  En  1500^  J.  Bochart  D.,  1789,  la 
Visitation  d* Amiens. 

^  Canton  de  Froissy. 
^  Canton  de  Clermont.. 

*  *<^  Canton  de  Froissy,  1539.  Jean  de  Liévin  (d'argent  à  deux  lions  léopardés  de  sable 
posés  ^un  stiT  Vautre)  et  Pierre  Parent  (de  gueules  semé  de  trèfles  renversés  et 
supportés  de  croissants  d'argent  au  franc-quartier  de  gueules  chargé  d'une  coquille 
d'or  accompagnée  de  deux  pals  d'argent).  Vente  en  1700  par  le  comte  d'Estourmel 
à  Tabbaye  de  Saint-Lucien,  encore  possesseur  en  1789. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DK   CLERMONT    EN    BEAUVAISIS.  197 

par  messire  Jean,  sire  de  Fontaines  {d'argent  à  trois  châteaux  de 
sable) y  chevalier; 

11'  Fief  à  Rémérangies  *,  tenu  du  châtelain  et  du  sieur  de 
Barbenchon  par  Pierre  de  Milly,  sire  de  Moyinont,  chevalier 
(tie  sable  au  chef  d'argent  au  lambel  à  trois  pendants  de  gueules)  y 
duquel  : 

1  fief  à  Vaux  «  ; 

12**  Fief  à  Bulles  ',  tenu  des  mêmes  par  Oudart  du  Mesnil 
{ff argent  à  la  fasce  de  gueules  accompagnées  de  trois  tourteaux  de 
même),  qui  tient  en  outre  un  fief  à  Bulles  à  pur  du  châtelain  ; 

13**  Fief  à  Bulles  *,  tenu  des  mêmes  par  messire  Hoste  Havet 
{d'argent  à  la  croix  de  gueules  chargée  de  cinq  coquilles  d'or  et  un 
lion  de  sable  au  côté  dextré),  chevalier  ; 

14°  Fief  au  Mesnil  et  à  Gondé,  tenu  du  châtelain  et  de  Louis 
d'Aussy  par  les  hoirs  de  Guyart  Morel  [d'argent  à  îhure  de  san- 
glier de  sablé)  y  dont  : 

3  fiefs  au  Mesnil-sur-Bulles  *  et  1  arrière-fief  ; 

15**  Fief  à  Fournival  ®,  tenu  du  châtelain  et  du  sieur  de  Bar- 


^  Canton  de  Clermont.  Les  fiefs  de  Pierre  de  Milly,  comme  ceux  de  BéUiencourt 
à  Pierre  de  Rémérangies,  et  de  le  Borgne  de  Cannes  (vide  infra),  furent  donnés 
en  1484  par  M«  Jean  Régnier,  chanoine  de  Beauvais,  aux  doyen  et  chapitre  cathé- 
dral  de  Beauvais,  qui  en  furent  saisis  du  consentement  du  duc  de  Bourbon  à 
condition  d*en  vider  leurs  mains,  quand  il  lui  plairait,  après  le  trépas  dudit 
Régnier,  qui  en  demeura  homme  pendant  sa  vie.  Le  chapitre  acquit  aux  mêmes 
conditions  un  fief  de  Pierre  Guéroult,  sis  également  à  Rémérangies  D. 

*  Le  Frétoy,  canton  de  Maignelay. 

<  Ce  fief  appartenait  en  1500  au  chapitre  Notre-Dame  de  Clermont  pour  fonda- 
tion d'une  messe  quotidienne  et  à  condition  d*en  bailler  homme  vivant  et  mou- 
rant D.  Cette  condition,  indépendante  de  l'amortissement,  correspond  à  notre 
taxe  actuelle  des  biens  de  main-morte. 

*  En  1500,  de  Braquemont  (de  sable  au  chevron  d'argent),  D.  1789,  de  Monchy 
de  Gilocourt. 

^  Canton  de  Saint- Just.  1539,  Gilles  du  Chemin  (de  gueules  à  une  bande  d'or  au 
lambel  d^azur,  alias  de  gueules  à  un  lion  d'hermines).  Acheté  en  1612  par  Charles  du 
Plessis  H.,  ce  fief  était  uni  au  xyii»  siècle  à  la  seigneurie  de  Liancourt.  D.  Grenier. 

*  Canton  de  Saint-Just.  Le  fief  Le  Helle  de  Campremy,  en  1500,  à  de  HostiUe- 
moni.  Le  fief  de  Cammelin  et  deux  autres  de  Berthaut  de  Hargenlieu  (infra  n»  22) 
aa  chapitre  de  Clermont  fournissant  homme  vivant  et  mourant  D.  1789,  duché  de 
FiU  James  par  incorporation  en  1729  et  distraction  du  bailliage  de  Montdidier. 


Digitized  by 


Google 


198  LE   COMTÉ  DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 

benchon  par  messire  Le  Helle  de  Campremy,  chevalier  {dor  à 
la  bande  de  gueules  à  six  merlettes  de  même  en  orle)  ; 

1&'  Fief  au  bois  de  Cressonsac  \  tenu  du  châtelain  et  de  Louis 
d'Auxy  par  le  Borgne,  sieur  de  Nouroy  {diapré  de  gueules  et 
d* argent  à  deux  fasces  de  sable)  ; 

iT  Fief  à  Fournival  *,  tenu  du  châtelain  par  les  hoirs  de 
Robert  de  Cammelin  [de  sable  à  trois  besants  d'or)  ; 

18*  Fief  sur  le  travers  de  Lavrechines  ',  tenu  du  même  par 
lesdits  hoirs,  dont  : 

1  fief  à  Lavrechines  ; 

19*  Fief  à  Rémérangles  *,  tenu  du  même  par  Pierre  Guéroult 
{d'argent  au  taureau  de  sable)  ; 

20*  Fief  au  Quesnel-sur-Bulles  •,  tenu  du  châtelain  et  de  Louis 
d'Aussy  par  Guillaume  du  Quesnel  {dargent  au  chêne  à  deux 
branches  de  sinoplé)^  duquel  : 

9  fiefs  au  Quesnel  et  14  arrière-fiefs  au  Quesnel  et  à  Bu- 
camp  •  ; 

1  fief  à  Fournival  ; 

1  fief  à  Bulles  et  à  Essuile  '  ; 

1  fief  à  Ravenel  •  ; 

1  fief  à  Wavegnies  •  ; 

21*  Fief  au  Quesnel  *•,  tenu  du  châtelain  et  de  Louis  d'Aussy 
par  ledit  Guillaume  du  Quesnel,  duquel  : 

1  fief  au  Quesnel  ; 

1  fief  à  Wavegnies  et  3  arrière-fiefs  ; 

1  fief  à  Bulles  ; 


1  Canton  de  Saint-Just. 

*  Canton  de  Saint-Jast.  Voir  la  note  6  de  la  page  précédente. 

*  La  Versinet ,  canton  de  NivUlers. 

^  Canton  de  Glermont,  Toir  an  no  10. 

»,  w  Queenel-Aubry,  canton  de  Froisey.  1539,  LouiB  de  Gouy.  1789,  de  La  Grange. 

*  Canton  de  Froissy. 

7  Canton  de  Saint-Just. 

*  Canton  de  Saint-Jast. 

*  Canton  de  Saint*Ju8t. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT    EN   BEAUVAISI8.  199 

22*  Fief  tenu  de  Jean  de  Gocourt  et  en  arrière-fief  du  châtelain 
de  Bulles  et  du  sieur  de  Barbenchon,  par  messire  Griffon  de 
Clary  {émargent  à  la  fasce  (ïazur  surmontée  dun  écu  de  ffueuks, 
chargé  cPun  lion  (f  argent  au  côté  dextre); 

23*  Fief  à  Foumival,  tenu  des  mêmes  par  Bertaut  de  Hargen- 
lieu  [d^or  à  cinq  châteaux  dTazur  au  lambel  de  gueules  à  trois  pen- 
dants^ lesdits  pendants  chargés  chacun  de  trois  besanls  (Pargent); 

24"*  Fief  du  moulin  de  Becquerel  ',  tenu  du  ch&telain  par  les 
hoirs  de  Tartarin  de  Lesglentier  {d'argent  à  trois  tourteaux  de 
gueules  au  lambel  d'azur)  ; 

25""  Fief  à  Bulles,  tenu  du  châtelain,  du  sire  de  Barbenchon  et 
de  Louis  d'Aussy  par  les  hoirs  de  Raoul  de  Ruisseloy  '  {d^ argent 
à  la  fasce  de  sable  frétée  d'or  à  sept  merlettes  de  sable  en  orle)  ; 

26"*  Fief  à  Bulles,'  tenu  des  mêmes  par  les  mêmes  ; 

27*  Fief  à  Bulles,  tenu  des  mêmes  par  les  mêmes  ; 

28*  Fief  à  Caigneux  ',  tenu  du  châtelain  et  de  Barbenchon 
par  Pierre  Faucquet  [de  gueules  à  une  faux  d argent  au  manche 
d'or); 

29*  Fief  au  bois  de  la  Choque  *,  tenu  du  châtelain  par  la  ma- 
réchale d'Audeneham  '  [au  1  bandé  d! argent  et  de  sable  de  six 
pièces  à  la  bordure  de  gueules  y  au  2  d'or  frété  de  gueules)  ; 

30*  Fief  de  13  livres  de  rente  sur  le  travers  de  Bailleul,  tenu 
du  châtelain  par  messire  Regnault  de  Trie  du  Plessis,  chevalier 
{et or  à  une  bande  componnée  d^ argent  et  (F azur ^  ladite  bande  bor- 
dée de  gueules  et  une  merlette  de  sable  au  côté  senestre)  ; 


>  Essuile,  canton  de  Saint-Just.  Le  21  décembre  1481  les  doyen  et  chapitre  de 
Beauvais  furent  saisis  dudit  fief  à  condition  qu'ils  le  mettraient  hors  de  leurs 
mains  toutesfois  qn*il  plairait  à  Monseigneur  et  lui  délaisseraient  à  la  bourse 
homme  vivant  et  mourant  D. 

*  Les  trois  fiefs  de  Raoul  de  Ruisseloy,  relevant  pour  les  cinq  parts  de  Monsei- 
gneur le  duc  et  pour  la  sixième  de  Henri  de  Saint-Rimoult,  appartenaient  en  1500 
à  Louis  Le  Couturier  I). 

*  Rochy-Condé,  canton  de  Nivillers. 

*  Rochy-Cîondé,  canton  de  NiviUers. 

>  Veuve  du  maréchal  de  France  Arnoul  d'Audeneham,  compagnon  de  Dugues- 
clin,  mort  en  1370. 


Digitized  by 


Google 


200  LE   COMTÉ   DB   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS. 

31"  Du  susdit  Guillaume  du  Quesnel,  vassal  du  châtelain  de 
Bulles  et  de  Louis  d'Auxy,  sont  tenus  : 

1  fief  à  Morviller  *  ; 
3  fiefs  à  Wavegnies  ; 

2  fiefs  à  Ansoviller  *  ; 

Et  un  arrière-fief  abrégé  par  Tabbé  de  Breteuil  ; 

32*  Fief  à  Sailleville  ',  tenu  du  châtelain  de  Bulles  par  Mon- 
seigneur le  duc  de  Bourbonnais  ; 

33*  Fief  à  Sailleville  *,  tenu  dudit  châtelain  par  Jean,  sieur  de 
Bazentin,  chevalier  {cPazur  semé  de  /leurs  de  lis  d'argent); 

3  fiefs  à  Sailleville  ; 

2  fiefs  à  Moignevillette  '  ; 
2  fiefs  à  Angicourt  •  ; 
2  fiefs  à  la  Rue  Bernier  ^  ; 
1  fief  à  Moigneville  ; 

34*  Fief  à  Fournival,  Gaigneux  et  Ansac,  tenu  dudit  châtelain 
par  Monseigneur  de  Barbenchon,  chevalier  {d'argent  à  trois 
lions  de  gueules  couronnés  S  or  en  pal)^  dont  un  fief  ; 

35*  Fief  en  la  ville  de  Bulles  *,  tenu  du  châtelain  par  Henri  de 
S.  Rimoult  {de  sable  au  lion  d^argent  couronné  de  gueules)  ; 

36*  Fief  à  Saint-Rimoult  •  et  Bulles,  tenu  du  châtelain  du 
sire  de  Barbenchon  et  de  Louis  d'Aussy  par  le  même,  dont  : 

7  fiefs  à  Bulles,  Tun  nommé  Vaux  ; 

1  CatillOQ,  canton  de  Saint-Just. 
»  Canton  de  Breteuil. 

'  ^  Laigneville,  canton  de  Liancourt.  1539,  Christophe  Ck>chet  et  le  chapelain  de 
Warty.  1789,  Ordre  de  Malte. 
»  Mogneville,  canton  de  Liancourt. 

*  Canton  de  Liancourt. 

'  Laigneville,  1789.  Héricart  de  Thury. 

^  Fief  donné  avant  1300  au  prieuré  de  Wariville  par  J.  d*Argillière,  comme 
ayant  la  confiscation  d'Olivier  le  Dain.  D.  Vide  infra* 

*  Essuile,  canton  de  Saint-Just.  Olivier  le  Dain,  barhier  et  valet  de  chambre  du 
roi  a  acquis  de  Jean  des  Croizettes  ladite  terre  et  en  fit  hommage  à  Monseigneur 
le  28  janvier  1477,  lequel  lui  a  donné  ledit  jour  les  droits  de  ce  dehu.  Après  en 
Tan  1484  ledit  barbier  a  été  pendu  à  Paris  par  arrêt  de  la  cour  et  ses  biens  con- 
fisqués à  Monseigneur  le  comte  qui  a  donné  ladite  confiscation  à  Jean  d*Argillière 
écuyer,  son  secrétaire,  en  1485.  D.  —  1539,  Olivier  d'Erquinvillier.  1789,  de  Broé 
et  le  comte  de  Pradines. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS.  201 

37*  Fief  de  la  moitié  de  la  terre  de  Cressonsart  ',  tenu  par 
Gilles  de  Nédonchel,  chevalier  {cTazur  à  la  bande  d'argent)^  du 
château  de  Glermont,  du  châtelain  de  Bulles  et  de  Louis  d'Aussy 
par  indivis,  duquel  sont  tenus  : 

1  fief  à  Quarières  *  et  24  arrière-fiefs,  à  Hondainville,  Cam- 
bronne  *,  Avregny  *,  la  Motte-d'Ancourt  ',  Brenouille  *  et  la  forêt 
d'Halate  '  ; 

1  fief  à  Boulaincourt  *  et  1  arrière-fief  ; 

2  fiefs  à  Rouviller  •  et  3  arrière-fiefs  ; 
1  fief  à  Cressonsart  ; 

38*  Fief  à  Bulles,  tenu  du  châtelain  de  Bulles  et  du  sieiu*  de 
Barbenchon  par  Oudard  le  Serrurier  {de  gueules  à  une  clef 
^argent). 


MILLY(f^209)^ 

Madame  Jehanne,  dame  de  Milly  et  de  Pluy  [au  i  de  gueules 
au  irêchoir  dor  à  la  bordure  de  gueules^  au  3  fascé  d'argent  et 
dazur  de  six  pièces  à  la  bordure  de  gueules  qui  est  de  Picquigny^ 

>  Canton  de  Saint-Jast.  Pour  Credsonsacq,  v.  Infra»  p. 

*  Hondainville,  canton  de  Mouy. 
'  Canton  de  Mouy. 

^  Canton  de  Clermont. 

'  Choisy-la -Victoire,  canton  de  Clermont. 

*  Canton  de  Liancourt. 
1  Canton  de  Senlis. 

*  Agnetz,  canton  de  Clermont. 

*  Canton  de  Saint-Just. 

>^  Canton  de  Marseille.  La  châtellenie  de  Milly  appartenait  au  commencement 
du  xii«  siècle  à  Manassès  de  Bulles  du  chef  de  sa  femme  N.  de  Milly.  11  possédait 
en  même  temps  par  héritage  maternel  la  seigneurie  d*Achy  et  eut,  à  l'occasion  de 
cette  terre,  avec  son  oncle  Foulques  de  Dammartin,  évêque  de  Beauvais,  de  longs 
différends  qu'il  ne  termina  qu'en  consentant  à  ce  qu'elle  relevât  directement  et 
uniquement  de  l'évéché.  Mais  par  contre  il  avait  stipulé,  nous  apprend  l'abbé  De- 
ladreue  (notes  sur  les  Recherches  histotnques  de  M.  de  Lépinois),  que  Milly  serait 
dorénavant  placé  dans  la  mouvance  de  Bulles.  Pierre  de  Milly,  neveu  de  Manassès, 
lui  succéda,  et  ses  descendants  mâles  conservèrent  la  châtellenie  jusqu'au  milieu 
du  iw  siècle,  où  le  mariage  de  Jeanne,  héritière  de  Milly,  la  porta  dans  la  maison 
de  Picquigny.  C'est  cette  Jeanne  qui  figure  au  dénombrement  de  1373.  Nous 
avons  déjà  relaté  plus  haut  comment  son  fils  atné  Robert,  ayant  suivi  en  1378  le 
parti  de  Charles  le  Mauvais,  roi  de  Navarre,  fut  dépouille  des  deux  tiers  de  la 
châtellenie  de  Milly  qui  lui  appartenaient  et  que  des  lettres  du  22  juillet  de  ladite 

14 


Digitized  by 


Google 


202  LE  COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BfiAUVAISIS. 

au  2  et  i  coupé  chargent  et  de  sable  qui  est  d&Milly)  tient  dudit 
chatelein  de  Bulles  et  de  M.  de  Barbenchon  par  indivis  toute 
la  chatellenie  de  Milly,  c'est  assavoir  la  motte  du  chastel  ^ 
Tenclos  des  murs,  les  gardins,  les  viviers,  la  rivière,  le  moulin, 
terres  arables,  bois,  prés,  cens,  le  travers  de  Milly  et  de  Saint- 
Omer  ',  les  champarts  de  Milly.  Item  solait  avoir  audit  Milly 


année  attribuèrent  au  duc  de  Bourbon  (Arcb.  nat.,  P  1364*,  cote  1332).  Celui-ci 
en  fit  don  peu  après  à  Renaud  de  Hoye,  son  chambellan,  et  à  Isabelle  de  Ferrières, 
femme  dudit  Renaud ,  à  titre  d'abord  viager  (10  juillet  1389) ,  puis  perpétuel 
(6  juillet  1392,  Arch.  nat.,  P  1369<,  cote  1768  et  1369,  cote  1738),  sous  réserve  tou- 
tefois du  droit  de  retour  en  cas  d'extinction  de  leur  descendance  mâle.  Cette 
clause  s'étant  réalisée  dés  la  seconde  génération,  Milly  rentra  dans  le  domaine 
du  comté.  En  1492,  le  duc  Pierre  de  Bourbon  vendit  au  maréchal  des  Querdes, 
moyennant  25,000  livres  tournois^  la  terre  de  Milly  ^u  comté  de  Qermont  ainsi 
que  celles  de  Bonneuil-le-Plessier,  la  Warde-Mauger  et  la  Hérelle,  mouvantes  de 
Montdidier.  Cessionnaire  du  maréchal  des  Querdes  dès  Tannée  suivante  (24  février 
1493),  Pierre  de  Rohan,  maréchal  de  Gié,  prit  possession  seulement  en  janvier 
1499  et  rendit  hommage  au  roi  des  terres  mouvantes  de  la  couronne,  pour 
les  remettre  le  2  août  suivant  au  duc  de  Bourbon,  contre  remboursement  des 
25,000  livres  primitivement  versées  (Arch.  nat.,  P  1369  »,  cotes  1783  et  suivantes). 
La  cb&tellenie  de  Milly,  ou  pour  mieux  dire^  les  deux  tiers  de  cette  chatellenie 
furent  compris  dans  rengagement  de  1569.  L'autre  tiers  était  demeuré  à  Renaud 
de  Picquigny,  deuxième  fils  de  Jeanne  de  MUly.  Son  fils  on  petit-fils  Robert  le 
légua  par  testament,  avec  la  seigneurie  de  Cagny,  à  sa  femme  Isabelle  de  Neuville. 
Celle-ci  en  fit  hommage  le  21  février  1486  au  comté  de  Clermont.  D'un  premier 
mariage  avec  Pierre  de  Boufflers,  elle  avait  eu  plusieurs  enfants,  dont  l'afné, 
Jacques,  lui  succéda  en  tous  ses  biens.  Adrien  de  Boufflers  figura  en  1539  au 
procès-verbal  de  réformation  de  la  Coutume.  Le  26  février  1699,  le  maréchal  de 
Boufflers  acquit  les  deux  tiers  de  la  ch&tellenie  de  Milly  du  prince  de  Carignan, 
engagiste  du  comté  de  Clermont.  Des  lettres  patentes  du  1»'  février  1700  rati- 
fièrent cette  acquisition  par  voie  d'échange  avec  des  biens  situés  à  Versailles  et  à 
Marly,  et  la  Prévôté  royale  qui  existait  de  tout  temps  à  Milly  fut  réunie  au 
duché  de  Boufflers.  Le  comté  de  Clermont  fit  ainsi  une  double  perte  ;  outre  la  dimi- 
nution de  son  domaine  proprement  dit,  il  eut  à  regretter  l'hommage  de  toutes 
les  terres  qui  relevaient  de  Milly  et  en  arrière-fief  de  Bulles.  Des  Boufflers,  la  sei- 
gneurie de  Milly  passa  en  1757  au  comte  de  Saisseval,  et  en  1783  au  comte  de 
Crillon  qui  figure  sur  la  liste  des  gentilshommes  du  bailliage  de  Clermont,  en 
1789,  comme  chfttelain  de  Milly. 

^  Le  chftteau  ou  fort  de  Milly,  qui  remontait  à  la  période  romaine,  joua  un 
certain  rôle  pendant  les  guerres  du  moyen  Age  et  se  trouve  souvent  cité  par 
les  historiens  de  cette  époque.  Les  Anglais  s'en  emparèrent  en  1197  après  avoir 
fait  prisonnier,  dans  une  embuscade,  Philippe  de  Dreux,  évêque  de  Beauvais. 
Edouard  III  l'occupa  en  1346  (Proissart,  liv.  I,  c  ux).  Il  fut  détruit  en  1442  par 
les  troupes  bourguignonnes  après  un  siège  de  trois  semaines  vigoureusement 
soutenu  par  le  bâtard  de  Lahire,  qui  s'y  était  cantonné  et  mettait  à  contribution 
tous  les  pays  d'alentour.  Voir  à  ce  sujet  Monstrelet.  Les  derniers  vestiges  de 
cette  forteresse  n'ont  disparu  que  depuis  1834. 

'  Canton  de  Marseille. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE  CLERMONT   EN   BEAUVAISIS.  203 

100  hostos;  item  à  la  Saînl-Remy  60  hommes  de  corps  et  doit 
chacun  2  deniers  et  là  deniers  à  la  mort  *.  80  arpents  de  bois 
où  il  y  a  une  motte  entre  Haucourt  et  Glatigny  *.  Cens  à 
Buicourt  *  et  moitié  de  la  seigneurie.  Item  en  la  ville  de  Mar- 
seille *  39  masures  dont  une  tenue  par  un  éperon  par  an  et  les 
autres  à  cens  de  chapons.  La  justice  dans  le  prieuré  de  Milly  *. 
Les  haies  et  varennes.  Le  ban  et  le  tonlieu. 

A  Troussures  •,  le  manoir,  terres,  cens  et  masures,  bois  de 
Maleheuse  et  de  la  forêt  de  Cherolles. 

Et  par  tous  les  lieux  dessus  dits  toute  justice  et  seigneurie  ', 
et  se  reliève  cette  chatellenie  à  Tusage  de  Glermont  et  y  a  cinq 
sergents  fieffés  en  la  manière  qui  s'enssuit. 


Fiefs  mouvants  de  Milly  : 

1"  Fief  de  la  prévôté,  tenu  par  le  prévôt  de  Milly  {de  gueules 
à  trois  épées  disposées  en  bandé)  ; 

2*  Fief  de  la  mairie,  tenu  par  le  maire  de  Milly  {de  sable  à 
répée  d! argent  posée  en  bande,  au  chef  ^argent  chargé  dun  tour- 
teau de  gueules  à  dextre)  ; 

3"  Fief  de  la  sergenterie,  tenu  par  Hues  Cavras  {d'argent  à 
trois  feuilles  de  rose  de  sinople)  ; 


<  Par  charte  du  17  novembre  1400,  approuvée  de  Louis,  duc  de  Bourbon,  tant 
en  son  nom  personnel  que  comme  ayant  le  gouvernement  de  son  fils  aine  Jean, 
comte  de  Glermont,  Isabelle  de  Ferrières,  veuve  du  sire  de  Roye,  et  Renaud  de 
Picquigny  abolirent  ces  droits  de  morte-main  et  de  formariage,  moyennant 
vingt  livres  de  terre  par  an  au  parisis  (Louvet,  Histoire  de  Beauvais,]}.  594-599). 

*,  »  Canton  de  Songeons. 

^CheMieu  de  canton  de  Tarrondlôsement  de  BeaUVais.  Son  territoire  était 
divisé  en  plusieurs  fiefs,  que  nous  retrouverons  plus  loin. 

*  Fondé  p&r  Sagalon  de  Milly,  en  1154,  ce  prieuré  appartenait  à  Tabbaye  de 
Saint-Lucien  de  Beanvais.  Les  bfttlments  claustraux  et  Téglise,  placés  sous  le 
vocable  de  Notre-Dame,  étaient  situés  sur  la  place,  près  du  Thérain.  Ils  ont  été 
détruits  pendant  la  Révolution  (Graveà,  Précis  statistique^  p.  55). 

•  Villers-Saînt-Barthélemy,  canton  d'Auneuil. 

"^  Le  26  mars  1396,  Regnault  de  Roye  renonça  par  devant  la  cour  du  Bailli  de 
Glermont  à  la  connaissance  des  nobles  et  au  droit  de  prévention,  qu'il  prétendait 
exercer  dans  sa  seigneurie  de  Milly,  et  reconnut  que  ces  droits  appartenaient  au 
duc  de  Bourbon,  comte  de  Glermont,  en  vertu  de  son  apanage  (Arch.  nat., 
P.  1362  «,  c.  1037). 


L 


Digitized  by 


Google 


204  LE  COMTÉ   DE  CLERMONT   EN   BEÂUVAISIS. 

4**  Fief  de  sergenterie,  tenu  par  Colart  de  Milly  {de  gueules  au 
franc  quartier  coupé  d'argent  et  de  sabk)  ; 

5**  Fief  de  sergenterie  tenu  par  Vincent  GouUois  [dor  à  la 
tête  de  hosuf  de  gueules)  ; 

6""  Fief  de  la  maison  de  la  maladrerie,  tenu  par  Colinet  de 
Milly^  qui  porte  comme  dessus  ; 

V  Fief  à  Hanaches  *,  tenu  par  messire  Regnault  de  Lauden- 
court,  chevalier  {(Pargent  à  trois  losanges  d'azur  au  lambel  de 
gueules)  ; 

3  fiefs  à  Hanaches. 
1  fiefàEspaux*; 

8*  Fief  à  Marcelles  *,  tenu  par  Pierre  du  Bos  {paie  d'or  et  de 
sinople  de  quatre  pièces  au  bâton  en  bandes  de  gueules)  ; 

9*  Fief  à  Troussures  *,  tenu  par  la  dame  de  Saint-Ernoul  {au 

*  Canton  de  Songeons.  Son  territoire  formait  plusieurs  fiefs,  relevant  partie  de 
Beauvais,  partie  de  Clermont.  En  1539,  Guillaume  Alexandre  {d'argent  à  l'aigle  de 
gueules  ongle  et  becqueté  d'or),  seigneur  de  la  Motte,  à  Hannaches,  comparut  à 
la  réformation  de  la  Coutume.  Les  registres  des  hommages  du  comté  font 
mention,  en  1609,  d'un  hommage  rendu  par  le  sieur  de  Crouy  pour  son  fief 
d'Hannaches.  En  1789,  le  comte  de  Sarcus  comparut  à  la  fois  à  Clermont  et  à 
Beauvais  pour  la  vicomte  d'Hannaches,  et  les  sieurs  Alexandre  et  de  Caqueray  à 
Beauvais  seulement  pour  leurs  fiefs  de  la  Motte  et  des  Châteaux.  L'époque  de 
rérection  d'Hannaches  en  vicomte  n*e8t  pas  connue,  mais  ce  titre  lui  est  attribué 
d'ancienneté  par  plusieurs  contrats,  sentences  et  partages  (Ms.  Fr.,  25,220). 

*  Omécourt,  canton  de  Formerie. 

*  Marseille,  comme  Hannaches,  était  placé  sous  la  double  suzeraineté  de 
révêque  de  Beauvais  et  du  comte  de  Clermont,  auxquels  des  lettres  royales  du 
6  avril  1365,  déjà  citées,  avaient  permis  d'établir  dans  ladite  ville  un  marché 
le  mardi  de  chaque  semaine  (Dom  Grenier,  t.  LIV,  fo  41).  Ce  marché,  supprimé 
pendant  les  guerres  des  xv«  et  xvi«  siècle,  fut  rétabli  par  lettres  de  janvier  1595. 
Un  arrêt  du  Parlement  du  31  mai  1636,  en  attribua  exclusivement  le  produit  au 
seigneur  contre  l'engagiste  du  comté  de  Clermont.  En  1539,  l'un  des  fiefs,  sis 
sur  son  territoire  et  dit  de  la  Rue  du  Bois  (fief  Grognart  de  Barly,  no  27)  appar- 
tenait à  Yespasien  de  Carvoisin  {d'or  à  une  bande  de  gueules  au  chef  d*azur)  et 
ses  descendants  le  possédaient  encore  en  1789  avec  la  seigneurie  d'Achy.  Le 
domaine  principal  était  en  1539  aux  héritiers  d'Adrien  de  Pisseleu,  et  en  1789 
uu  marquis  de  Causans. 

*  ViUers-Saint-Barthélemy,  canton  d'Auneuil.  Troussures  appartenait  en  1539 
en  partie  à  Charles  Richard,  en  partie  par  indivis  à  Jacques  de  Mouchy,  N.  Roger 
et  G.  Marcel  ;  en  1789,  à  Le  Caron  de  Troussures.  Le  fief  de  Mme  de  Saint-Ernoul 
était  uni  au  chapitre  de  Saint-Barthélémy  de  Beauvais.  H. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT    EN    BEAUVA1SI8.  205 

i  (Pargent  au  lion  de  sable  au  2  d'argent  à  trois  losanges  de 
gueules); 

10*  Fief  à  Troussures,  tenu  par  Raoul  Paîllouel  {de  sable  à 
trois  losanges  d'argent)  ; 

11**  Fief  à  Senecourt*,  tenu  par  messire  Aubert  de  Hangest, 
chevalier,  seigneur  de  Fresnoy  en  Vermandois  (d*argent  à  la 
croix  chargée  de  cinq  coquilles  (Tor  à  une  merlette  de  gueules  au 
côté  dextre)  ; 

12*  Fief  à  Milly,  tenu  par  Jean  Dennequin  ou  d'Ennequin 
[écartelé  au  i  et  i  d'or  au  2  de  sable  à  rétoile  d'argent  au  3  de 
gueules  au  bâton  engrêlé  de  guetdes),  dont  : 

3  fiefs  au  Vaut  *  ; 

13*  Fief  à  Cauroy  *  tenu  par  messire  Cornu  de  Cauroy,  che- 
valier {d'or  à  deux  fasces  de  gueules  frétées  d argent  à  la  bordure 
cTazur)  ; 

14*  Fief  à  Therines  \  tenu  par  Chevrel  de  la  Mote  {d'or  à  trois 
tourteaux  de  gueules  à  la  bordure  d'azur)  ; 

13'  Fief  à  Milly  tenu  par  Regnault  de  Milly  {coupé  d'argent  et 
de  sable  au  bâton  en  bande  de  gueules)  ; 

16*  Fief  à  Bergicourt  •  tenu  par  d'Orival  {de  sable  à  trois  be^ 
sants  d'argent)^  dont  : 
1  fief  abrégé  ; 

IT  Fief  à  Troussures,  tenu  par  Simon  de  Vaumain  (corn- 
ponné  de  sable  et  ffor  à  la  bordure  de  gueules)^  dont  : 
1  fief  à  Troussures  ; 

IS*  Fief  à  Troussures  tenu  par  Jean  de  Montoiles,  l'aîné  {(Por 
à  trois  loups  ou  chiens  passants  de  gueules  au  ventre  d^ argent)  ; 

19"  Fief  à  Troussures,  tenu  par  le  même  ; 

*  Bailleval,  canton  de  Liancourt. 

*  Hameau  de  Milly.  1539,  Pierre  du  Clément  {d'argent  et  de  gueules  à  une  bande 
de  sable), 

*  Hameau  de  Milly.  1789,  d'Hardivilliers. 

*  Canton  de  Songeons.  Le  fief  de  la  Motte  en  1789  à  demoiselle  d^Anglos  d'He- 
rouTal  dont  Taleul,  Charles  d*Ânglo8,  cheyalier,  Tavait  acquis  en  janvier  1647  par 
échange  de  François  de  Carvoisin^  seigneur  de  Marseille,  comme  se  portant  fort 
de  Jacqueline  de  Rochechouart»  son  épouse.  H. 

*  Canton  de  Poix  (Somme). 


Digitized  by 


Google 


206  LE  COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 

20*  Arrière-fief  à  Bulles ,  tenu  par  Jean  de  Bulles  [fascéd^ar* 
gent  et  de  sable  de  huit  pièces)  y  dont  : 
4  fiefs  à  la  Neuville*; 

21*  Fief  à  Marcelles,  tenu  par  Philippe  de  Farecourt,  che- 
valier {échiqueté  d^or  et  de  gueules  au  chef  d'argent  chargé  d'une 
étoile  d'azur  à  dextre),  dont  : 

4  fiefs  à  Marcelles  ; 

22*  Fief  à  Marcelles,  tenu  par  Guerart  Guillet  {d'argent  à 
trois  étoiles  d*azur)  ; 

23*"  Fief  à  Milly,  tenu  par  Baudouin  de  Fassequéle  [d'argent  à 
la  fasce  de  gueules  accompagné  de  quatre  merlettes  de  sable)  ; 

24*  Fief  à  Milly,  tenu  par  Pierre  de  Milly  {coupé  ^argent  et 
de  sable  à  l'anneau  de  gueules  en  chef  au  côté  dextre)  ; 

25*  Fief  à  Milly,  tenu  par  les  hoirs  du  maire  de  Milly,  qui 
porte  comme  dessus  ; 

26*  Fief  à  Monchy-aux-Couleuvros  *,  tenu  par  Guillaume  de 
Monchy  [de  gueules  à  trois  besants  d'or)^  dont  ; 

1  fief  à  Monchy  ; 

2T  Fief  à  Marcelles  et  Villepoix  *,  tenu  par  Grongnart  de 
Barly  {(f  argent  à  la  fasce  de  gueules  chargée  de  trois  besants  <For 
surmontée  d'une  fleur  de  lis  issante  de  sable)  ; 

28*  Fief  du  manoir  de  Marcelles,  tenu  par  ladite  dame  de 
Milly,  dont  : 

2  fiefs  à  Mervaut  ; 

1  fief  à  Villepoix  : 

2  fiefs  à  Marcelles,  et  un  arrière-fief; 


^  La  Neaville-sur-le-Vault.  Milly.  1539,  Hutin  de  l*E8pina7  (éTargent  à  tmt  touw 
de  sinopk)^ 

*  Rainvilliers,  canton  d'Auneuil.  1789,  Le  Caron  de  Troussures. 

*  Saint-Omer,  canton  de  Marseille. 


Digitized  by 


Google 


LB   COBfTÉ   DE  CLERMONT   EN   BEAUVAISIS.  207 

29**  Fief  à  Caigny  \  tenu  par  messire  Jean  de  Sains,  cheva- 
lier, seigneur  de  Caigny  {diapré  de  gueules  et  chargent),  dont  : 
12  fiefs  à  Caigny  et  3  arrière-fiefs  ; 
1  fief  à  Goyncourt  *  ; 

I  fief  à  Hanvoile  '  ; 

30**  Fîef  à  Housse^  \  tenu  par  Jean  de  Marquais  (de  gueules 
à  trois  croissants  (For),  dont  : 

II  fiefs  à  Houssoy,  et  2  arrière-fiefs  ; 
1  fief  à  Houdenc  *  ; 

1  fief  à  Anceil-le-Petit  ; 
t  fief  à  Lestant; 
1  fief  àBuUes; 
1  fief  à  Marquau  ; 
1  fief  à  Lestoquel  ; 

31"*  Fief  à  Monchaux  *,  tenu  par  Hector  d'Aumecourl  {paie 
(For  et  de  sable  de  six  pièces)  ; 

*  Aujourd'hui  Grillon,  canton  de  Songeons.  La  seigneurie  de  Cagny  était  pos- 
sédée au  xve  siècle  par  Robert  de  Picquigny  qui  la  légua  avec  le  tiers  de  la  chA- 
tellenie  de  Mîlly  à  sa  femme  Isabelle  de  Neuville.  Elle  passa  alors  dans  la  maison 
de  Boufflers  {d'argent  à  trois  mollettes  à  six  rais  de  gueules  posées  2  et  i  accompa- 
gnées de  neuf  croisettes  recroisettées  de  même  trois  en  chef,  trois  en  fasce  et  trois 
en  pointe).  Adrien  de  Boufflers  comparut  en  1539  à  la  réformation  de  la  Coutume. 
L'un  de  ses  descendants,  François  de  Boufflers,  obtint  Térectioa  de  Cagny  en 
comté  au  mois  de  mars  1640  et  en  rendit  hommage  sous  ce  titre  au  comté  de 
Clermont  le  1«  juillet  1649.  Louis  XIV  Térigea  en  duché  sous  le  nom  de  Boufflers 
par  lettres  patentes  du  14  septembre  1695,  en  faveur  de  Louis-François  de  Bouf- 
flers, maréchal  de  France,  grand  bailli  de  Beauvais.  Le  duché,  devenu  pairie  en 
1708,  comprit,  outre  Cagny,  la  châtellenie  de  Milly,  les  terres  de  Bonnières,  Mar- 
seille en  partie,  Buicourt,  Haucourt,  Lhéraule  en  partie,  Vrocourt,  Troussures, 
Moimont,  Courroy,  FouUoy  et  la  Tour-d'Auneuil.  A  la  mort  du  dernier  duc 
de  Boufflers  (13  septembre  1751),  ses  créanciers  mirent  ses  biens  en  vente  * 
ils  furent  accpiis  par  Claude  de  Saisseval  (d'azur  à  deux^  bars  d'argent  adossés),  en 
août  1757,  et  érigés  pour  lui  en  marquisat.  Des  lettres  d'août  1782  démembrèrent 
le  marquisat  de  Saisseval,  auquel  il  ne  resta  plus  que  Milly,  Bonnières,  Haucourt 
et  Boufflers,  dont  le  comte  de  Crillon,  nouvel  acquéreur  (30  juin  1783},  obtint  par 
lettres  de  mai  1784,  de  commuer  le  nom  en  celui  de  Crillon.  Ce  comte  de  Crillon, 
grand  bailli  d'épée  du  bailliage  de  Beauvais,  est  inscrit  au  nombre  des  comparants 
du  bailliage  de  Clermont  en  1789. 

*  Canton  de  Beauvais. 
'  Canton  de  Songeons. 

^  Houssoy,  hameau  de  Milly.  En  1597,  hommag»  au  comté  du  fief  de  Houssoy 
par  François  du  Vaulx.  H. 

*  Hodenc-en-Bray,  canton  du  Coudray. 

*  Saiut-Omer,  canton  de  Marseille.  1539,  Jean  de  Milly.  17^9,  d'HardivUliers. 


Digitized  by 


Google 


208  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVAIStS. 

32*  Fief  à  Buy  court  *,  tenu  par  dame  Marie  de  Longue  Avesne, 
(parti  au  l  fasce  d'argent  et  de  guetdes  de  six  pièces,  au  2  de 
sinopk  à  técu  dor),  dont  ; 

5  fiefs  à  Espaux,  et  4  arrière-fiefs  ; 

1  fief  à  Bénecourt  *,  et  1  arrière-fief; 
1  fief  à  Buyeourt  et  2  arrière-fiefs  ; 

33*  Fief  à  Buyeourt,  tenu  de  Milly  et  de  la  demoiselle  de 
Longue  Avesne  par  Simon  Le  Vasseur  (d'or  à  ta  fasce  crénelée 
bas  et  haut  de  sable); 

34*  Fief  à  Candeville  ',  tenu  de  Milly  par  Mathieu  de  Cande- 
ville  {dargent  à  trois  losanges  de  gueules  au  lambel  cPazur) 
dont  : 

6  fiefs  à  Candeville,  dont  1  de  la  mairie,  et  1  arrière-fief; 

1  fief  à  Lonclieu,  et  9  arrière-fiefs; 

2  fiefs  à  Blacourt  *,  et  5  arrière-fiefs  ; 
2  fiefs  à  Goyncourt,  et  5  arrière-fiefs  ; 

4  fief  à  Belloy  •  et  Saint-Omer,  et  2  arrière-fiefs  ; 

3S*  Fief  à  Saînt-Omer  *,  tenu  par  Grongnart  de  Belloy  (cTar^ 
gent  à  quatre  cotices  de  gueules  en  bandé),  dont  : 
1  fief  à  Vrocourt  ^  ; 
i  fief  à  Saint-Omer  ; 

36*  Fief  à  Marcelles,  tenu  par  la  demoiselle  de  Lardières 
{échiqueté  d^or  et  de  sable)  j 

>  Canton  ds  Songeons.  1S39,  CaîgnarU  1610,  (je  Monceaux.  H..  1189,  de  Bois.- 
th,ierry. 

*  Hameau  de  Buicourt. 

*  Hameau  de  Milly.  1539,  dame  Bethicy.  En  1603  lu>mmage  par  P.  de  UaJl- 
lencourt,  des  fiefs  de  Candeville,  Burry,  Cardonette  et  Harchies.  H. 

*  Canton  du  Condray. 

*  Hameau  de  Saint-Omer,  canton  de  Marseille.  1539,  Guy  de  Belloy.  En  1602 
hommage  de  Belloy,  Saint-Omer  et  Villers-sur-Bonniëres  pai*  N..  de  Gouffier,  dam^ 
de  Créquy  H.  En  novembre  1646,  Belloy  fut  érigé  en  baronnie  pour  JLacques  dje 
Roddes  {cTazur  à  l'aigle  à  2  têtes  éployée  d'or  et  surmontée  cTun  soleil  levant  du 
même).  1789,  comte  de  Bernetz. 

*  Canton  de  Marseille.  4539,  d'Halluin  {d'argent  à  trois  lions  de  sable  couron- 
nés d'or).  1602,  N.  de  Gouffier,  dame  de  Créquy,  H.  1789,  d'Hardivilliers.  Le  fief 
des  Mazis,  paroisse  de  Saint-Omer,  possédé  en  1609  par  le  sieur  de  Crouy,  H,  et 
en  1789  par  la  comtesse  de  Vauchelles. 

f  Canton  de  Songeons. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS.  209 

37"*  Fief  tenu  par  Boucher  de  Castenoy  {(P hermines  au  quinte^ 
feuille  de  gueules)  ; 

38"  Fief  tenu  par  Jean  de  Liencourt  [tt argent  à  la  fasce  de 
sable  au  bâton  en  bande  de  gueules)  ; 

39*  Fief  à  Moymont  *,  tenu  par  messire  Pierre  de  Milly  (coupé 
d'argent  et  de  sable^  au  lambel  de  gueules),  chevalier,  seigneur 
de  Moymont; 

40'  Fief  à  Milly,  tenu  par  le  même,  dont  : 

^  fief  à  Milly,  et  4  arrière  fiefs  à  Houssoy  etLuyères'; 

1  fief  à  Beaulieu  ',  et  8  arrière-fiefs  à  Vrocourt  et  Molegnies  *; 

6  fiefs  à  Auchy-en-Bray  *  ;  et  2  arrière-fiefs  ; 

1  fief  à  Hannaches,  et  18  arrière-fiefs  à  Martincourt  •  et  Han- 
voîle'; 

4  fiefs  à  Harchies  ',  et  15  arrière-fiefs  ; 

1  fief  à  Glategny  ',  et  3  arrière-fiefs  ; 

1  fief  à  Sarcus  *®  par  le  seigneur  de  Sarcus ,  chevalier  {de 
gueules  au  sautoir  d'argent  accompagné  de  quatre  merlettes  de 
même),  dont  4  arrière-fiefs; 

41"  Fief  à  Marcelles,  tenu  de  Milly,  par  Andrieu  du  Crocq  (de 
gueules  à  trois  crocs  d'argent)  ; 

42"  Fief  au  Cauroy  ",  tenu  par  le  même,  dont  : 
4  fiefs  audit  lieu  ; 

*  Hameau  de  Milly,  1339.  De  Moyencourt  {de  gueules  à  la  bande  d*argent  accom- 
pagnée de  six  croix  d'argent  recroisettées).  Uni  au  duché  de  Boufflers. 

*  La  Chapelle-aux-Pots,  canton  du  Coudray. 

*  Loueuse,  canton  de  Songeons. 

*  Canton  de  Gournay,  Seine-Inférieure. 

*  Villers-sur-Auchy,  canton  de  Songeons.  1539,  Pierre  de  Baulgis.  1789,  Larchier 
de  Courcelles. 

•,  '',  •  Canton  de  Songeons.  1539,  J.  de  Monceaux  (échiqueté  d'or  et  de  gueules), 
seigneur  d'Hanvoile  et  de  Martincourt.  En  septembre  1687,  François  de  Monceaux 
fit  ériger  HanvoUes,  Martincourt,  Glatigny  en  marquisat  sous  le  nom  d'Auxi.  Sa 
petite-fille,  duchesse  de  Fleury,  comparut  à  l'assemblée  de  1789.  Martincourt  et 
Hanroile  étaient  à  la  fois  dans  la  mouvance  de  Clermont  et  de  Beauvais. 

*  Herchies,  canton  de  Beauvais. 

*•  Canton  de  Grandvhliers.  1539,  François  de  Sarcus,  évêque  du  Puy.  Sa  nièce, 
Jeanne  de  Gourlay,  porta  la  seigneurie  de  Sarcus  dans  la  maison  de  Tiercelin  de 
Brosses  qui  la  posséda  jusqu'au  xviii»  siècle  avec  le  titre  de  marquisat  (d'argent 
à  deux  tierces  d'azur  en  sautoir ^  accompagnées  de  quatre  merlettes  de  sable).  Ce 
marquisatappartenait  en  1789  au  marquis  de  Grasse. 

**  Courroy,  hameau  de  Milly.  Par  lettres  du  21  mai  1386,  Charles  VI  donna  au 
duc  de  Bourbon  la  terre  du  Courroy,  sise  près  de  Milly,  confisquée  sur  Andriet 
du  Crocq,  rebelle  et  partisan  du  roi  de  Navarre.  (Arch.  uat.,  P  1369*,  cote  1771.) 


Digitized  by 


Google 


210  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEÀUVAISIS. 

43*  Fief  à  Monstereul  \  tenu  de  Milly,  pai»  messire  Gui  de 
Goy,  chevalier  (fascécPor  et  (Pazur  de  huit  pièces  au  lambel  de 
gueules)  ; 

44*  Fief  à  Pisseleu*,  tenu  par  messire  Drieu  de  Pisseleu, 
chevalier  {cTazur  à  trois  lions  d^argent  au  bâton  en  bande  de 
gueules),  dont  : 

1  fief  à  Pisseleu  ; 
SfiefsàOudeul»; 

45*  Fief  entre  Blacourt  *  et  Pisseleu ,  tenu  par  ledit  messire 
Drieu  de  Pisseleu  ; 

46*  Fief  à  Villepoix  ',  tenu  par  le  seigneur  de  Quinquempoix, 
chevalier  {(Tor  à  cinq  châteaux  de  gueules  au  lambel  d'azur),  dont  : 

7  fiefs  à  Villepoix  ; 

2  fiefs  à  Saint-Omer  et  Villepoix  ; 

47®  Fief  tenant  à  messire  Jean  de  Picquigny  et  à  messire 
Pierre  de  Milly,  tenu  en  arrière-fief  de  Bulles,  par  le  seigneur 
de  Saveuses,  chevalier  {de  gueules  billeté  d^or  à  la  bande  ^or, 
dont  : 

1  fief  à  Bonniëres  •  ; 

SfiefsàBelloy; 

1  fief  de  la  mairie  do  Belloy  ; 

48**  Fief  à  Villers-sur-Auchy  ' ,  tenu  de  Milly  par  ledit  sei- 
gneur de  Saveuses^  dont  : 

7  fiefs  à  Villers  : 

1  fief  à  Aumecourt  %  et  2  arrière-fiefs  ; 


>  Peut-être  hameau  de  Blacourt,  canton  du  Goudray. 

*  Canton  de  Marseille.  Cette  seigneurie  était  encore  en  1603  dans  la  famille  de 
Pisseleu,  suivant  le  registre  des  hommages  du  conUé.  1789,  comt3  de  Real. 

*  Canton  de  Marseille.  1539,  Aux  Cousteauz,  seigneur  de  la  Trompe  d*0r  à 
Oudeuil.  1789,  comte  de  Real,  seigneur  d*0udeuiL4e-Chastel,  Ribeauville,  San- 
guine, hameaux  d*0udeuil. 

^  Canton  du  Coudray,  partie  de  Glermont,  partie  du  vidamé  de  Gerberoy. 
1539,  Jean  de  Monceaux.  1789,  de  Couquault,  marquis  d'Avelon. 

>  Saint-Omer,  canton  de  Marseille.  La  seigneurie  de  Villepoix.  appartenait  en 
1599  au  sieur  de  Carvoisin.  1789,  conktesse  de  Vauchelles. 

*  Canton  de  Marseille.  Mi-partie  de  Clermont  et  de  Beauvais..  1539,.  Antoine  de 
Halluin  et  dame  Alix  de  Lignières.  Uni  au  duché  de  BoufÛecs. 

'^  Canton  de  Songeons. 

^  Omécourt,  canton  de  Formcrie. 


Digitized  by 


Google 


L£   COMTÉ   DB   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS.  211 

49**  Fief  à  Monlereul-sur-Bresche  * ,  tenu  par  Sauvage  de 
Brunviller  {de  sable  au  Uon  d'argent  au  lambel  de  gueules)  ; 

50'  Fief  à  Monstereul-sur-Bresche,  tenu  par  messire  Guy  de 
Goy,  chevalier,  comme  dessus  (42),  dont  : 
^  fief  à  Ponchaux,  et  1  arrière-fief; 

51'  Fief  tenu  de  Milly,  par  Colinet  de  Milly  {de  gueules  au 
franc  quartier  coupé  d^ argent  et  de  sable  à  rétoile  de  sable  à  dextre) . 

BULLES  (f^  251). 

BARBENCHON. 

Messire  Jehan  sire  de  Barbenchon((far^en/à  trois  lions  en  pal 
de  gueules)  tient  du  chàtel  de  Glermont  un  fief  séant  à  Bulles  * 
contenant  la  moitié  du  donjon  contre  Loys  d'Aussy,  ainsi  qu*il 
se  comporte  ;  terres,  vignes,  456  arpents  de  bois.  Gens  com- 
muns à  la  Saint-Jean.  Sa  part  à  la  grosse  censé,  que  doivent  les 
maire,  pers  et  échevins  de  Bulles.  Le  quart  du  cens  commun  de 
la  Saint-Rémy,  le  quart  au  travers  de  Bulles,  à  ceux  de  La 
Fraye,  de  Laversines  et  de  Fouquerolles,  le  quart  du  vivier  de 
Bulles,  droits  et  redevances  diverses,  dont  la  voierie  d'Ansac  • 
«  que  l'on  doit  aller  quérir  à  Ansac  et  faire  savoir  à  TÉglise  le 
jour,  et  vaut  22  deniers  oboles.  » 

Le  châtel  de  Bailleul  sur  Thérain  *.  A  Harmes  •  36  hostises 

1  Canton  de  Froissy.  1339,  Jean  de  Goy  ou  de  Gouy,  seigneur  de  Monstrenil  et 
de  Ponceaux.  Par  lettres  de  juin  1723,  les  seigneuries  de  Montreuil,  de  Ponceaux 
et  de  Campremy  furent  érigées  en  niarquisat  sous  le  nom  de  Ponceaux,  en  faveur 
d' Anne-François  de  Paris  de  la  Brosse  {cTazur  à  tme  fasce  en  devise  d*or  accompa- 
gnée en  chef  de  trois  roses  de  même  et  en  pointe  €t*une  tour  aiissi  d*or),  dont  les 
descendants  le  possédaient  en  1789. 

*  Voir  au  dénombrement  du  ch&telain  la  note  no  1  sur  les  seigneurs  de  Bulles 
et  la  réunion  de  ce  domaine  au  comté  de  Glermont.  Voir  aussi  les  notes  relatives 
aux  divers  lieux  où  se  percevaient  les  droits. 

*  Canton  de  Mouy. 

^  Canton  de  Nivillers.  Par  lettres  de  Tan  1200,  Philippe-Auguste  déclara  que 
Renaud  de  Mello  (trisaïeul  par  Eustache  de  Dargies,  de  Jehan  de  Barbenchon), 
avait  promis  à  Philippe  de  Dreux,  évoque  de  Beauvais»  de  lui  livrer  sa  maison- 
forte  de  Bailleul,  quand  il  en  serait  requis,  et  donné  pour  caution  de  sa  pro- 
messe Pierre  de  Milly,  Dreux  de  Grandvilliers,  Aubri  du  Quesnel,  Eude  d'Angiviller 
et  Hugues  de  Gournay  (coll.  Moreau,  t.  CI,  fo  125).  U  n'existe  plus  de  vestiges  de 
la  forteresse  de  Renaud  de  Mello. 

*  Canton  de  Noaillcs. 


Digitized  by 


Google 


212  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS. 

devant  en  mars  une  corvée  et  7  livres  de  taille  ;  item  justice  et 
seigneurie  en  tous  les  chemins  et  voieries  excepté  le  grand  che- 
min de  la  Fontaine  au  bassin  du*pont.  AFournival^  19  masures 
et  demie,  droits  et  redevances  diverses,  la  moitié  en  tous  les 
frez  et  voieries  contre  Le  Helle  de  Campremy. 

Sur  le  donjon  de  Bulles,  qui  figure  dans  la  miniature  placée 
en  tête  de  la  déclaration  ci-dessus,  flotte  une  bannière  portant 
les  blasons  de  Barbenchon  et  d'Auxi  accolés  l'un  à  Tautre. 

Fiefs  tenus  du  sire  de  Barbenchon. 

Plusieurs  de  ces  fiefs  étaient  tenus  à  la  fois  du  sire  de  Bar- 
benchon et  du  châtelain  de  Bulles,  Nous  renvoyons  pour  eux  au 
dénombrement  dudit  châtelain. 

1*  Fief  du  tiers  de  la  sénéchaussée  de  Bulles,  tenu  par  Jean 
Le  Blond  '  {de  gueules  à  une  tête  d'homme  d argent  à  la  chevelure 
blonde); 

2**  Fief  à  Rémérangle  ' ,    tenu  par  Pierre  de  Rémérangle 
[d^  argent  à  Vécu  de  gueules  à  huit  merlettes  de  sable  en  or  le),  dont  : 
1  fief  à  Rémérangle  ; 

3**  Fief  à  Harmes\  tenu  par  Jean  Dennequin  ou  d'Ennequin 
[écartelé  au  l  et  i  (Tor,  au  2  de  sable  à  Pétoile  d argent,  au  3  de 
sable  au  bâton  engréléde  gueules  sur  le  tout)  ; 

4**  Fief  à  Condé  *,  tenu  par  Regnault  de  Framicourt  [d'ar^ 
gent  à  la  fasce  de  sinople  au  bâton  en  bande  de  gueules)  dont  : 
1  fief  à  Condé  ; 
S**  Fief  à  Hez  •,  tenu  par  Hébert  de  Turqueteville  {d'argent  au 

*  Canton  de  Saint-Just. 

>  Le  fief  du  tiers  de  la  sénéchaussée  de  Bulles  fut  vendu  dans  le  courant  du 
xv«  siècle,  au  comte  de  Clennont.  D. 

*  Canton  de  Clermont.  Ce  fief,  nommé  de  Béthancourt,  fut  vendu  en  1478  par 
Charles  de  Rouveroy  à  mcssire  Jean  Régnier,  chanoine  de  Beauvais,  qui  le  donna 
au  chapitre  de  ladite  ville  (v.  Ch»«.  n®  10). 

^  Hermès,  canton  de  Noailles.  Le  fief  Hennequin  fut  retiré  féodalement  en  1506 
par  l'abbaye  de  Froidmont  (Deladreue). 

*  Canton  de  Nivillers.  Ce  fief  fut,  comme  les  autres  fiefs  sis  sur  le  même  terri- 
toire, réuni  au  xvi»  siècle  dans  les  mains  de  la  famille  Aubert. 

«  Villers-Saint-Sépulchre,  canton  de  Noailles.  1539,  Pierre  de  Malingre  {(tat^' 
gent  à  3  ruches  de  sable).  1789,  des  Courtils  de  Merlcmont. 


Digitized  by 


Google 


LE  COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISÎS.  213 

sautoir  de  gueules ,  accompagné  de  quatre  aiglons  de  même), 
dont  : 

2iiefsàHez; 

6*  Fief  à  Matencourt  et  Abbecourt  \  tenu  par  messire  Henri 
de  Lihu3,  chevalier  {coupé  (Tazur  et  dUor  au  lion  issant  d hermines 
au  1),  dont  : 

1  fief. 

7"  Fief  à  Fournîval,  tenu  dudit  de  Barbenchon  et  du  châte- 
lain de  Bulles  par  Bertaut  de  Hargenlieu  (V.  ch**  n"*  22)  ; 

8**  Fief  à  Rémérangie  et  Bulles  *,  tenu  par  messire  Jehan 
d'Espineuses ,  chevalier  {d hermines  à  l'écu  de  gueules  chargé 
d'une  étoile  dor  à  dextre)  ; 

9*  Fief  de  la  mairie,  tenu  par  le  maire  de  Fournival  {d'argent 
à  six  merlettes  en  orle  au  bâton  en  bande  de  gueules)  ; 

10*  Fief  à  Harmes,  tenu  par  Eustache  de  Harmes  {d*or  à  la 
fasce  dHazur  chargée  de  trois  besants  cPargetit)  :  —  on  dit  que  ce 
fief  est  tenu  de  Tabbé  de  Froimont  par  échange  fait  avec 
Monseigneur  •  ;  —  duquel  sont  tenus  : 

2  fiefs; 

11*  Fief  à  Monchaux  \  tenu  par  les  hoirs  Aubry  du  Quesnel 
{^argent  au  chêne  à  deux  têtes  de  sinople  au  bâton  en  bande  de 
gueules)  ; 

12*  Fief  à  Bailleul',  tenu  par  madame  Agnès  de  Heilly,  dame 


*  Abbecourt,  canton  de  Noailles,  et  Matencourt,  83n  hameau.  Ce  fief  fut  réuni, 
au  xv«  siècle,  à  la  seigneurie  de  Lépine.  1789,  de  Gaudechart. 

*  Ce  fief  était  en  1500  à  Pierre  Dargillière.  D. 

>  Cette  indication  parait  se  référer  à  l'échange  conclu  en  1402,  entre  Louis  II, 
duc  de  Bourbon,  et  Tabbé  de  Froidmont,  ce  qui  indiquerait  que  quelques  remanie- 
ments ont  eu  lieu  à  la  copie  du  dénombrement  de  1373. 

^  Hameau  de  Bulles. 

*  Le  fief  de  Heilly,  à  Bailleul,  fut  donné  en  1451  par  dame  Agnès  de  Heilly 
à  son  neyeu  bfttard,  Pierre  de  Bailleul.  D.  Ce  fief  passa  par  acquisition,  au 
xvii«  siècle,  dans  la  famille  du  Mesnil  (d'azur  à  trois  cygnes  d'argent  couronnés 
et  colletés  d'or)  qui  possédait  depuis  1497,  sur  le  même  territoire,  Tun  des  fiefs  de 
Hfathieu  d'Ansauvillers,  celui  de  la  Mottelette.  D.  L*autre  fief  de  Mathieu  d'Ansau- 
▼illers,  pour  lequel  Artus  Dagombert  comparut  en  1539  à  la  réformation  de  la 
Coutume,  était  avant  1600  réuni  au  précédent  (Deladreue,  Froidmont).  En  1789, 
René  de  Gaudechart^  seigneur  de  Lépine. 


Digitized  by 


Google 


214  LE  COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAWAISIS. 

de  Séchelles  [au  i  d'azur  frété  (Tor^  au  1  de  gueules  à  la  bande 
fuselée  d^or,  qui  est  d'Heilly),  dont  : 

1  fief  à  BaiUeul  ; 

S  arrière-fiefs  à  Harmes  ; 

13**  Fief  à  Sainl-Rémy  à  TEau  *  tenu  par  le  seigneur  de  Quin- 
quempoix,  chevalier  {dor  à  cinq  châteaux  de  gueules  au  lambel 
dazur)  ; 

14**  Fief  à  Bailleul-sur-Thérain  *,  tenu  dudit  de  Barbenchon 
et  de  Louis  d'Aussy  par  messire  Mathieu  d'Ansoviller,  cheva- 
lier (efor  à  la  bande  fuselée  de  gueules  au  lambel  d'azur),  dont  : 

3  fiefs  à  BaiUeul; 

2  fiefs  à  Harmes,  et  4  arriëre-fiefs  ; 

15**  Fief  à  Harmes  •,  tenu  par  indivis  de  Tabbé  de  Froimont 
et  du  seigneur  de  Barbenchon  par  Pierre  Malepoe  {dargent  à  la 
main  étendue  de  gueules),  duquel  : 

8  fiefs  à  Harmes. 

16**  Fief  à  Hez,  tenu  dudit  de  Barbenchon  et  de  Hébert  de 
Turqueteville,  par  Lestonné  d'Aunoy  {coupé  de  gueules  et  dar^ 
gent  à  l'étoile  d'or  au  côté  dextre  du  chef)  ; 

17**  Fief  à  Mancellier  *,  tenu  du  même  par  Jeannot  de  Mo- 
relle  {de  sable  à  trois  étoiles  d'argent)  ; 

18**  Fief  à  Harmes,  tenu  dudit  do  Barbenchon  et  de  Tabbé  de 
Froimont  par  Jacques  de  Francastel  {(Tazur  à  la  tour  (Tor  au 
bâton  en  bande  de  gueules),  duquel  : 

8  fiefs  à  Harmes  ; 

19**  Fief  à  Harmes  et  Marguerie  *  tenu  du  même  par  ledit 
Jacques  de  Francastel  ; 


<  Canton  de  Saint-Jast.  Une  partie  de  Saini-Rémy  relevait  directement  de  Cler- 
mont.  V.  Infra. 

*  Voir  la  note  5  la  page  précédente. 

*  Les  reliefs  du  fief  Pierre  de  Malepoe,  comme  ceux  d'Eustache  de  Harmes 
(supra  n»  10)  et  de  Jacques  de  Francastel  (infra  n®  18)  étaient  dits  en  1500  appar- 
tenir par  échange  à  Tabbé  de  Froidmont.  D. 

^  Vraisemblablement  Mancilly,  hameau  de  Villers-Saint-Sépulchre,  canton  de 
Noailles. 

»  Hameau  de  Hermès.  1789,  Aux  Cousteaux,  seigneur  de  Marguerie  et  Wape- 
court,  même  territoire. 


Digitized  by 


Google 


LE  COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVÂISIS.  215 

20""  Fief  à  Fumechon,  tenu  dudiide  Barbenchon  et  du  châte- 
lain de  Bulles  par  indivis  par  Charles  de  Fumechon  (V.  ch**n*  1), 
duquel  : 

1  fief  à  Wavegnies  ; 

2  fiefs  à  Fumechon  ; 

3  fiefs  à  Fouquerolles; 

1  fief  à  Pauquechon,  et  1  arrière-fief; 

21'  Fief  à  Bulles,  tenu  du  châtelain  de  Bulles  et  du  seigneur 
de  Barbenchon,  par  messire  Oste  Havet,  chevalier  (V.  ch'* 
nM2); 

22*  Fief  à  Fournival,  tenu  des  mêmes  par  Le  Helle  de  Cam- 
premy,  chevalier  (  V.  ch*'  n'  14)  ; 

23*  Fief  à  Bulles,  tenu  du  même  par  Oudart  le  Serrurier, 
(V.  ch»*n«39); 

24*  Fief  à  Fariviller,  tenu  des  mêmes  par  messire  Jean  de 
Gocourt,  chevalier  (V.  ch**  n"  8),  duquel  : 

1  fief  à  Sainte-Eusoye  ; 

2  fiefs  à  Rémérangle  ; 

5  fiefs  à  Thieux,  et  1  arrière-fief  ; 

25*  Fief  à  Sailleville,  tenu  des  mêmes  par  Jean,  seigneur  de 
Bazentin,  chevalier  (V.  ch'^n*  33),  dont  : 

1  fief  à  Sailleville,  et  3  arrière-fiefs  à  Moignevillette,  et  à 
Angicourt; 

1  fief  à  LaigneviUe,  et  1  arrière-fief; 

26*  Fief  à  Sailleville,  tenu  des  mêmes  par  monseigneur  le 
duc  de  Bourbonnais  (V.  ch*'  n**  32)  ; 

27*  Fief  à  Camoux,  tenu  par  Pierre  Fauquet  ; 

28*  Fief  à  Saint-Rimoult,  tenu  des  mêmes  par  Henri  de 
Saini-Rimoult,  dont  : 

1  fief  à  Bulles,  et  2  arrière-fiefs  ; 

1  fief  à  Haudivillier  ; 

1  fief  à  Houssoy  et  au  Plessier-sur-Bulles. 

29*  Fief  à  Bulles,  tenu  par  demoiselle  Jeanne  de  Ruisseloy, 


Digitized  by 


Google 


216  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAÎSIS. 

{d! argent  à  la  fasce  de  sable  frété  d'or  à  sept  merlettes  de  sable  en 
orlé)  dont  : 

1  fief  àRémérangle. 

30'  Fief  à  Bulles,  tenu  dudit  de  Barbenchon  et  de  Louis 
d'Aussy  par  la  dame  d'Aussy,  mère  dudit  Louis  {au  1  échiqiieté 
dor  et  de  gueules^  au  2  coupé  au  1  dor  à  la  merlette  de  gueules, 
au  2  d'azur  à  4  besans  d'or,  qui  est  deMelun). 


Madame  Jehanne  dame  de  Milly,  tient  dudit  de  Barbenchon 
et  du  ch&telain  de  Bulles  les  ville,  chàtel,  et  chàtellenie  de 
Milly  avec  les  fiefs  et  arrière-fiefs  que  on  tient  d'elle,  lesquels 
elle  a  baillés  par  dénombrement  audit  châtelain  de  Bulles  et 
audit  de  Barbenchon,  comme  il  appert  et  est  déclairé  audit 
dénombrement  baillé  audit  châtelain,  avecque  toute  justice  et 
seigneurie,  haute,  moienne  et  basse. 

Suit  la  liste  des  arrière-fiefs  en  tout  conforme  à  celle  donnée 
ci-dessus. 

BULLES  (P  295)  \ 

AUXY. 

Messire  Louis  d'Auxy  [échiqueté  dor  et  de  gueules)  tient  du 
chastel  de  Clermont  son  fief  séant  à  Bulles,  contenant  la  moitié 
du  donjon  contre  Monseigneur  de  Barbenchon  avec  la  mote 
ainsi  que  elle  siet,  avec  le  quart  en  la  ville  et  chastellenie  de 
Bulles  et  des  dépendances  d'icelles.  Item  en  rentes  d'argent  à  la 
Saint-Jehan  de  celz,  qui  tiennent  à  pur  4  sous.  Item  à  la  Saint- 
Jehan  de  cens  commun  où  il  partist  contre  lechastelain  et  de  Bar- 
benchon pour  son  quart  12  livres.  Item  pour  les  cens  des  Gauves 
où  il  prend  la  moitié.  Item  le  cens  des  foires  du  donjon.  Item 
pour  la  grosse  cens  de  Bulles  que  les  maire,  pers  et  jurés  paient 
à  la  Saint-Remy  pour  leur  commune  sa  part.  Item  autre  rente 


1  Voir  sur  la  seigneurie  de  Bulles  et  sa  réunion  au  domaine  de  Clermont,  la 
note  1  du  dénombrement  du  châtelain.  De  même  les  notes  ci-dessus  sur  les  lieux 
où  se  percevaient  les  droits  et  cens. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT    KN   BEAUVAISIS.  217 

d'argent  à  la  Saint-Remy  pour  le  cens  des  Gauves.  Item  les  cens 
communs  de  Bulles.  Item  les  cens  des  Essars.  Item  les  cens  des 
fossez.  Item  les  cens  du  bois  de  Houssoy.  Item  le  quart  au  tra- 
vers de  Bulles.  Item  le  quart  du  travers  do  Ghastelon.  Item  le 
quart  en  une  rue  de  Haudivilliers.  Item  le  quart  au  tonnelieu 
de  Bulles.  Item  la  prévosté  des  foires  de  Bulles.  Item  Tadvouerie 
du  Plessier  Crostoy  et  de  Fournival.  Item  le  quart  au  vivier  de 
Bulles.  Item  les  cinq  parts  du  moulin  de  Houssoy. 

Tous  les  fiefs  relevants  de  Louis  d'Aussy  étant  également 
tenus  soit  du  sire  de  Barbenchon,  soit  du  châtelain,  nous  n'en 
reproduisons  pas  la  liste,  qui  ferait  double,  emploi. 


CONTI  (f«  309)  \ 
Messire  Maillars  sire  de  Hamel  et  de  Conti  {(t argent  à  trois 


1  Chef-lieu  de  canton  de  la  Somme.  Conti  était  à  l'origine  une  des  vicomtes  du 
comté  d'Amiens  et  passa  vraisemblablement,  par  le  mariage  d*Aelis  de  Breteuil 
avec  le  comte  Raoul,  dans  la  mouvance  de  Clermont.  Cette  chàtellenie  fut, 
iusqu'au  xiv«  siècle,  possédée  par  la  famille  qui  en  avait  pris  son  nom  patro- 
nymique. Agnès,  dame  du  Hamel  et  de  Conti,  que  nous  avons  viie  ci-dessus^  article 
de  Bulles,  figurer  à  la  transaction  de  1348,  porta  la  seigneurie  de  Conti  dans  la 
m&ison  du  Hamel  par  son  mariage  avec  Wauthier  IT,  si  Ton  en  croit  les  indications 
d'un  auteur  moderne  {Généalogie  de  la  maison  du  Hamel,  par  Laine)  que  confirment 
nos  recherches.  Son  petit-fils  fut  le  comparant  au  dénombrement  de  1373. 
Isabelle  du  Hamel,  dame  de  Conti,  épousa  en  1426  Jean  deMailly,  dont  le  f^èreet 
héritier  Ferry  !•',  fut  baron  de  Conty.  L'arrière  petite-fille  de  Ferry,  Madeleine,  de- 
vint femme,  en  1328,  de  Charles  de  Roye  {de  gueules  à  la  bande  d*argeni)y  comte 
de  Roucy,  vicomte  de  Breteuil,  par  héritage  des  Montmorency-Beaussault.  Charles 
de  Roye  comparut  en  4539  à  la  réformation  de  la  Coutume  de  Clermont.  La  fille 
issue  de  son  mariage  avec  Madeleine  de  Mailly,  Éléonore,  épousa  le  22  juin  1551 
Louis  de  Bourbon,  premier  prince  de  Condé«  La  terre  de  Conti  lui  fut  donnée  le 
21  juillet  1550  pour  le  second  fils  qui  naîtrait  de  son  mariage.  Cette  terre  avait 
déjà  alors  le  titre  de  marquisat  ;  car  on  voit  quelques  années  après  Louis  de 
Bourbon  dénommé  marquis  de  Conty,  lors  de  son  entrée  solennelle  à  Amiens, 
comme  gouverneur,  le  20  juillet  1565  (La  Morlière,  les  Antiquités  de  la  ville 
d'AmienSy  p.  302),  et  les  lettres  de  juin  1567,  portant  établissement  de  quatre 
foires  annuelles  et  d'un  marché  par  semaine  au  bourg  de  Conty,  lui  attribuent  la 
même  qualification  (Ms.  Fr.  25,220).  François  de  Bourbon,  deuxième  fils  de  Louis 
et  d'Éléonore  de  Roye,  obtint  le  27  juillet  1598  l'entérinement  des  foi  et  hommage 
par  lui  faits  au  roi  en  la  Chambre  des  Comptes,  de  la  terre  et  principauté  de 
Conti,  mouvante  du  château  de  Clermont,  à  lui  échue  par  le  décès  de  sa  mère.  H. 
Il  mourut  en  1614  sans  postérité.  En  1628,  les  registres  du  comté  de  Clennont 
font  mention  des  foi  et  hommage  rendus  par  Maximilien  de  Béthuae,  duc  de 

15 


Digitized  by 


Google 


218  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS. 

lions  de  sahle  en  pal  à  la  bordure  denchée  de  gueules)  *  tient  du 
châtel  de  Clermont  son  châtel  et  chastellenie  de  Conti  avec  la 
ville  et  le  loy  de  ladite  ville,  son  manoir  et  120  journaux  de  bois 
et  48 journaux  déterres  waignables  en  plusieurs  pièces  au  ter- 
roir de  Conti  et  de  Lusières  *,  le  four  de  Conti,  Therbaige  des 
bêtes  à  laine,  le  minaige  et  Testallage,  le  tonlieu,  le  message 
des  deux  messiers,  dont  le  seigneur  fait  un  et  les  maieur  et 
eschevins  Tautre,  le  forage  des  vins,  deux  moulins  à  waide 
(guède  ou  pastel),  les  étaux  des  halles,  le  travers  de  Conti  baillé  à 
présent  à  ferme  90  livres,  lequel  souloit  au  temps  passé  être  baillé 
parmi  400  et  50  livres.  A  Belleuse  •  cens  et  redevances  diverses 
comme  à  Conti.  Autre  domaine  en  la  ville  de  Contres  et  ès-en- 
virons,  four,  prévôté  et  herbaige  de  ladite  ville,  justice  et  sei- 
gneurie haute,  moyenne  et  basse  et  tout  ce  qui  à  seigneur  haut 
justicier  peut  appartenir. 

Fiefs  tenus  de  là  châtellenie  de  Conti. 

i*  Fief  abrégé  à  Belleuse  *  tenu  par  Colart  Poupart  {coupé 
d'azur  et  de  gueules  atix  ciseaux  d argent)  ; 

2**  Fief  abrégé  à  Belleuse,  tenu  par  Hue  d'Arbois  {coupé  au 
1  d'azur  à  quatre  fleurs  de  lis  d!or^  posées  en  bande  au  lambel  de 
gueules j  au  2  de  gueules)  ; 


Sully,  pour  la  terre  de  Conti  à  lui  appartenant  au  moyen  de  l'acquisition  qu'il  en 
a  faite  de  519'  Henri  de  Bourbon,  prince  de  Condé.  Les  Béthune  s'intitulèrent  au 
xvm«  siècle  marquis  de  Conti  en  Beauvaisis,  et  Ticomtes  de  Breteuil  en  Picardie. 
Cette  dernière  terre  leur  appartenait  encore  en  1789,  mais  le  duc  d'Havre  et  de 
Croy  comparut  à  l'assemblée  du  9  mars  du  bailliage  de  Clermont  comme  marquis 
de  Conti  et  comte  du  Hamel.  On  sait  que,  nonobstant  l'aliénation  de  1628,  le  titre 
de  prince  de  Conti  demeura  jusqu'à) la  Révolution  affecté  à  la  brancbe  puînée 
des  Bourbon-Condé. 

*  V Armoriai  de  La  Morlière  blasonne  ainsi  les  armes  des  anciens  Conti  : 
«  d'or  au  lion  de  gueules  à  trois  bandes  de  vair,  comme  on  voit,  dit-il,  aux 
tableaux  du  Puy  en  l'église  Notre-Dame  d'Amiens.  »  Louvet  donne  pour  variante  : 
de  gueules  au  lion  d*or  à  la  queue  fourchue.  On  trouve  dans  V Inventaire  des  sceaux 
de  Picardie,  par  M.  Demay,  la  description  suivante  de  celui  de  Jean,  chevalier^ 
sire  de  Hamel  et  de  Cooty,  en  1393  :  a  écu  portant  trois  lions  couronnés  à  la 
bordure  engrelée  »  (n»  380). 

*  Canton  de  Conty. 

«,  *  Canton  de  Conty.  1539,  Jean  de  Soyecourt  (d'argent  Mté  de  gueules).  1789 
comte  de  Casteja. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS.  219 

3*  Fief  abrégé  tenu  par  ledit  Hue  et  les  hoirs  Jean  Blenart  [de 
gueules  à  trois  anneaux  d'argent)  ; 

4'  Fief  abrégé  tenu  par  Perrot  de  Bequerel  {de  gueules  à  une 
oie  d'argent)  ; 

5*  Fief  avec  justice  et  seigneurie  à  fielleuse,  tenu  par  Simon 
de  Dargies  {d^or  à  six  merlettes  en  orle  de  gueules  à  la  cotice  en 
bande  engrêlée  d'azur)  ; 

6*  Fief  à  fielleuse,  tenu  par  Robert  fiigan  {cTor  frété  de 
sable)  ; 

7*  Fief  à  Champuis  *  tenu  par  madame  Marie  de  Séchelles, 
dame  d'Ancre  {parti  au  l  d'argent  à  la  fasce  de  gueules  surmontée 
de  trois  coquelets  de  sable  crêtes  et  sabotés  de  gueules^  au  2  d'azur 
frété  d'or  qui  est  Séchelles)  y  de  laquelle  : 

2  fiefs  au  Hamel  •,  dont  celui  de  la  mairie,  et  2  arrière- 
fiefs; 

7  fiefs  à  Champuis,  dont  3  fiefs  abrégés  et  2  arrière-fiefs  ; 
1  fief  abrégé  à  Clusy  ; 

1  fief  abrégé  à  Petigny  ; 

2  fiefs  à  Canny  '  ; 

8°  Fief  à  Flory  *,  tenu  par  Jean  de  Moustiers  {de  gueules  à  la 
cloche  d'argent  au  bâton  en  bande  dazur)  ; 

9*  Fief  à  Grantviller  ',  tenu  par  Clément  Fournier  de  Grant- 
viller  {d^ argent  à  Parc  chargé  de  trois  besants  d^or)  ; 

10**  Fief  à  Fresnemoutiers  %  tenu  par  Pierre  de  Sarcus,  {de 


^  Cempuis,  canton  de  Grandvilliers.  1539,  la  seignecnle  était  partagée  entre 
Charles  de  Paillart,  Nicolas  Clément,  Henri  Hanlcques  et  dame  Bonne  Fournier. 
1789,  comte  de  Gboiseul-Gouffier  et  du  Fey  pour  le  fief  Ameline,  sis  paroisse  de 
Cempuis. 

*  Le  Hamel,  canton  de  Grandvilliers. 

>  Ganny-sur-Thérain^  canton  de  Formerie. 

*  Canton  de  Conty. 

*  Grandvilliers,  chef-lieu  de  canton  de  l'arrondissement  de  Beauvais.  1539, 
Ranconnet  des  Coulombiers.  La  seigneurie  principale  appartenait  à  Tabbaye  de 
Saint-Lucien. 

«  Frémontier,  canton  de  Conty.  1539,  Nicolas  Caignet  (d'argent  à  trois  aigles  de 
sable).  1789,  Le  Boucher  du  Mcsnil. 


I 

L 


Digitized  by 


Google 


220  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS. 

gueules  au  sautoir  it argent  à  rétoile  dor  au  milieu  cantofiné  de 
quatre  merlettes  et  argent)  ; 

11'  Fief  à  Conty,  tenu  par  Regnault  de  Tilloy  {d'argent  d  la 
fasce  de  gueules  chargée  de  trois  coquilles  d'or  au  bâton  en  bande 
d'azur)  ; 

12*  Fief  sur  le  travers  de  Conty,  tenu  par  Jean  Borboire 
d'Amiens  [de  gueules  à  un  pot  d'or),  dont  : 

1  arrière-fief  sur  ledit  travers  ; 

IS""  Fief  à  Saint-Elies  S  tenu  par  Jean  de  Saint-Elies  (desino- 
pie  à  trois  croisettes  d'or),  à  cause  de  sa  femme  ; 

14*  Fief  tenu  par  Jean  Coupel  {d argent  au  chevron  de  gueules 
chargé  de  trois  étoiles  dor)  ; 

15*  Fief  à  Jusainneville  *,  tenu  par  messire  Tristran  Quîéret, 
chevalier  {dargent  à  trois  fleurs  de  lis  coupées  de  gueules  au  lam- 
bel  dazur)  ; 

16'  Fief  à  Conty,  tenu  par  le  même  ; 

17'  Fief  à  Jusainneville,  tenu  par  le  même  ; 

18*  Fief  de  la  Chapelle  à  Moussure,  tenu  par  le  même  ; 

19*  Fief  à  Moussures  ',  tenu  par  le  même,  dont  : 

1  fief; 

20"  Fief  du  manoir  de  Bergicourt  *,  tenu  par  messire  Pierre 
de  Sarcus,  chevalier,  seigneur  de  Fricamp  et  de  Bergicourt  {de 
gueules  au  sautoir  dargent  accompagné  de  quatre  merlettes  de 
même)  y  dont  : 

2  fiefs  à  Bergicourt  ; 

21*  Fief  de  la  moitié  du  travers  de  Champuis,  tenu  par  mes- 
sire Baudoin  de  Lens,  seigneur  d'Anvin,  chevalier  {écartelé  dor 
et  de  sable)  ; 

1  Sentelie,  canton  de  Conty. 

*  SuzennevUle,  hameau  de  Frémontier,  canton  de  Conty. 
'  Canton  de  Conty. 

*  Canton  de  Poix.  1789,  marquis  de  Vérac. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVÂISIS.  221 

22*  Fief  à  Conty,  tenu  par  messire  Witasse  sire  de  Fareviller, 
chevalier  {(for  à  la  croix  (tazur  chargée  dé  trois  étoiles  d'ar* 
gent)j  dont  : 

2  fiefe  au  Rosquel  *  ; 
1  fief  à  Tilloy  ; 

23*  Fief  à  Tilloy  *,  tenu  par  messire  Oste  de  Tilloy,  chevalier 
{(T argent  à  la  fasce  de  guei^s  chargée  de  trois  étoiles  d^or),  dont  : 
8  fiefs  à  Tilloy; 

24*  Fief  de  la  maison,  qui  fut  Jean  Le  Grand,  tenu  par  le 
même  Oste  de-  Tilloy,  dont  : 

3  fiefs  au  Bosquel,  et  i  arrière-fief  ; 
i  fief  à  Tilloy; 

25*  Fief  à  Faumechon  •,  tenu  par  Catherine  de  Melun,  dame 
d'Auxy,  {parti  au  \  coupé  d^or  à  un  merlette  de  gueules  à  dextre 
et  (tazur  à  quatre  besants  d'or^  au  2  échiqueté  d'or  et  de  gueules), 
dont  : 

1  fief  à  Estoquerel  *  ; 

26'  Fief  à  Wally  *,  tenu  par  Colart  Mauchevalier  {d! argent  à 
la  bande  d'azur  chargée  de  trois  étoiles  d'or  au  lambel  de 
gueules)y  dont  : 

i  fief  à  Contres  '  ; 

1  fief  à  Terny,  et  1  arrière-fief  abrégé  ; 

i  fief  de  la  mairie  de  Wally; 

l  fief  à  Bayenbus  ; 

• 

27*  Fief  à  Conty,  tenu  par  Pierre  de  Betemboz  {de  sable  à 
trois  besants  d!oT  à  la  bordure  de  mime)  ; 

28"  Fief,  par  le  même; 

1  Canton  de  Ck)nty.  1539,  Charles  de  Baalgis.  1789,  le  duc  de  Croy  et  d*Havré, 
seigneur  du  Bosquel  de  Viell-Tillay. 

«  Canton  de  Conty. 

»  Canton  de  Poix.  1789,  Louis  Kennequin  marquis  d'Ecquevilly. 

^  Ce  fief,  en  la  main  de  la  dame  de  Famechon,  faute  d'homme>  avait  cependant 
ses  armes  ainsi  blasonnées  par  Dom  Grenier  (p.  72)  :  d'argent  à  un  emanché  de 
gueules  de  trois  pièces  de  la  pointe  au  chef. 

»  Wailly,  canton  de  Conty.  1539,  Louis  de  Halluîn  {d'argent  à  trois  lions  de 
sable  couronnés,  lampassés  et  armés  d'or). 

•  Canton  de  Conty. 


Digitized  by 


Google 


222  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS. 

29®  Fief  à  Velanne  *,  tenu  par  Andrieu  de  Velanne  {(targent 
à  deux  bandes  de  sable  à  une  merletie  cTor  au  haut  de  la  bande 
(Fen  haut)  ; 

30**  Fief  à  Velanne,  tenu  par  Gui  Quiéret  {d^hermines  à  trois 
/leurs  de  lis  coupées  de  gueules),  dont  : 

1  fief  à  Grantviller  ; 

31*  Fief  tenu  par  les  hoirs  Jean  Le  Sène  {d*azur  frété  d^or 
au  chef  d! argent)  ; 

32*  Fief  au  Sauchoy  %  tenu  par  Enguerrand  Gonvieu>  sieur 
dudit  lieu  (de  gueules  à  trois  poissons  d'argent]^  dont  ; 

4  fiefs  à  Sauchoy  ; 
2fiefsàFréauville; 

2  fiefs  à  Contres  ; 

33**  Fief  du  châtel  et  manoir  de  Moussures  ',  tenu  par  En- 
guerrand de  Moussures  {cT argent  à  la  croix  de  sinople  chargée 
de  cinq  boucles  d'or  à  l'étoile  de  gueules  au  premier  canton),  dont  : 

3  fiefs  à  Moussures  dont  1  abrégé  ; 

2  fiefs  à  Mesneviller  *  ; 

34"  Fief  à  Luisières  ',  tenu  par  Jacques  de  Remy  (cPor  à  Fécu 
de  sinople  surmonté  d'un  lion  passant  de  gueules),  dont  : 

3  fiefs  à  Luisières  et  à  Bergicourt; 

35*  Fief  à  Velanne,  tenu  par  Andrieu  de  Velanne,  qui  porte 
comme  dessus  (n*  29),  duquel  : 
12  fiefs  à  Velanne,  et  1  arrière-fief  ; 

36"  Fief  à  Contres  *,  tenu  par  Regnauh  d'Estrées  {fascé  ^or 
et  de  sable  de  six  pièces),  dont  : 
1  fief  à  Caulières  '  ; 

>  Canton  de  Ck>nty. 

*  Canton  de 1789,  de  Louvencourt. 

*  Canton  de  Conty. 

^  Hameau  de  Quevauvillers,  canton  de  MoUiens-Vidame  (Somme). 

"  Canton  de  Conty.  1539,  Aubert  Fauvel.  (écartelé  aux  ietk  d'azur  à  une  biche 
ailée  d*or,  atix  2  et  ^  de  gueules  au  chef  d*or  chargé  d'un  lion  léopardé  d'azur)^ 
1789,  de  Haut  de  Lassus. 

*  Canton  de  Conty.  1539,  Jean  de  Soyeoourt,  et  Jacques  et  Gaspard  d'Estrées, 
seigneurs  du  Quesnoy,  k  Contres.  1789,  comte  de  Mareuii. 

■^  Canton  de  Poix, 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS.  223 

37*  Fief  du  Choquel,  tenu  par  messire  Nicolas  Braque,  che- 
valier {(Tazur  à  trois  gerbes  et  or  en  pal)  y  dont  : 

2  fiefs  à  Caulière  ; 

1  fief  entre  Aumale  et  Breteuil  ; 

Du  susdit  Regnault  d^Estrées  sont  tenus  : 

4  fiefs  à  Courchelle  *,  et  5  arrière-fiefs  ; 

2  Fiefs  à  Rost  •  et  2  arrière-fiefs  ; 

1  fief  à  Grasseure,  et  2  arrière-fiefs  ; 

2  fiefs  à  Contres  ; 

38*  Fief  du  travers  de  Luchou  ',  tenu  par  Robert  le  Rat  {cTar- 
gent  à  trois  rats  passants  de  sable  en  pal)  ; 

39*  Fief  à  Menneviller,  par  Robert  Cuéret,  dit  Poulain  (cPar- 
gent  au  cœur  de  gueules)  ; 

40"  Fief  à  Contres-,  tenu  par  Jean  d'Estrées  {fascé  aPor  et  de 
sable  de  six  pièces  a  trois  anneaiut  de  gueules  en  chef),  dont  : 

1  fief  de  la  mairie  de  Contres  ; 

41''  Fief  à  Fresnemoutier,  tenu  par  ledit  Jean  d'Estrées, 
dont  : 

5  fiefs  à  Fresnemoustier; 

42*  Fief  derrière  le  Quesnoy  de  Conty  ten^  par  Honoré 
Crouset  [d^azur  à  trois  creusets  d! argent)  ; 

43*  Fief  aux  Warennes  de  Conty,  tenu  par  Adam  du  Wez 
{d*azur  à  deux  fasces  ondées  d^ argent)  ; 

44"  Fief  à  Flory,  tenu  par  Pierre  Le  Bailleu  de  Flory  (de 
gueuies  à  lafasce  dor  accompagné  de  3  coquilles  d^ argent)  ; 

48"  Fief  à  Conty,  tenu  par  Thiebault  Le  Clerc  {d'azur  à  la 
fasce  d'argent  accompagnée  de  quatre  besants  dé  même  trois  en 
chef^  un  en  pointe)  \ 

46"  Fief  à  Conty,  tenu  par  Jean  le  Nonnant  {bandé  d^argent 


^  Canton  de  Conty. 

*  Hameau  de  Frémontier,  eanton  de  Couty. 

'  Peut-être  Luchy,  canton  de  Crèvecœur, 


Digitized  by 


Google 


224  LE    COMTÉ    D£   CLEHaiONT   KN    B£AUVAISI& 

et  d'azur  de  six  pièces  à  une  pyramide  renversée  de  gueiiks  en 
pal); 

iT  Fief  à  Guisencourt  *,  tenu  par  Alliaume  de  Mez  {(Pargent 
à  trois  couronnes  de  gueules),  dont  : 
2  fiefs  à  Guisencourt; 

48*  Fief  de  toutes  les  terres  qui  furent  à  feu  Henry  de  Sorel, 
écuyer,  tenu  par  Therel  de  Sorel  (d!  argent  à  F  arbre  à  trois  bran- 
ches de  sinople  au  taureau  de  gueules  sur  le  tout}  ; 

49*  Fief  au  Sauchoy,  par  le  même  ; 

50*  Fief  à  Conty,  par  le  même  ; 

5P  Fief  à  Rost,  tenu  par  René  de  Quevauviller  {d^argent  à 
un  cheval  de  gueules  à  une  étoile  de  sable  en  chef)  ; 

52*  Fief  à  Conty,  tenu  par  Agnès  Gucpièrc  {d'azur  à  un 
peigne  à  deux  côtés  cPargent)  ; 

53^^  Fief  à  Moussures,  nommé  Cauvenne,  tenu  par  Raoul  de 
Friscamps  {de  gueules  k  la  bande  (^ or  chargée  dune  étoile  de  sable 
en  haut^  à  huit  croisettes  d!or  en  orle)  ; 

54*  Fief  à  Conty,  tenu  par  messire  Claudin  de  Faiel,  che-»- 
valier  {d'argent  au  sautoir  de  gueules  accompagné  de  quatre  mer- 
lettes  de  même  à  la  bordure  d'azur)  ; 

55*  Fief  à  Conty,  tenu  par  Vincent  Le  Fèvre  {d'or  à  trois  fers 
à  cheval  de  sable)  ; 

5^*  Fief  à  Sommereux,  tenu  par  messire  Hue  de  Chastillon, 
chevalier  {de  gueules  à  trois  pais  de  voir  au  chef  d^or  chargé  cfe 
deux  lions  de  g^ieules  passant  et  affrontés),  dont  ; 

7  fiefs  à  Sommereux  ; 

IfiefàFlory; 

57*  Fief  tenu  parles  seigneurs  de  la  Verrière',  dont  :: 
2  fiefs  à  la  Verrière,  et  un  arrière-fief. 


>  Cauton  de  Poix.  178»^  de  Rjmbert  de  Chfttillon. 

*  Canton  de  Grandvilliers.  Sommereux  était  en  outre,  ainsi  q^^Dn  l^a  vu  ei-des-. 
8U9,  le  chef-lieu  d'une  commanderie  de  l'Ordre  de  Saint-Jean-de-Jémsalem. 

*  Canton  de  Grandvilliers.  1539,  Regnanlt  de  Saint-Blemont  (d'or  au  sautoir  de 
sable).  1789,  de  Bussy. 


Digitized  by 


Google 


LB   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEÂUVÂISIS.  225 


HONS  (P  337)  \ 

Madame  Blanche  de  Nesle,  femme  jadis  de  feu  messire  Gui 
de  Beaumont,  chevalier  (parti  au  1  compormé  ^argent  et  de 
gueules  au  lambel  d^  azur  y,  au  2  de  gueules  semé  de  trèfles  à  deux 

^  Ons-en-Bray,  canton  d*Auneail.  Le  pays  deBruy  ne  constitua  jamais,  dit  M.  Des- 
iioy^v%  (Topographie  ecclésiastique,  Ann.uaire  de  la  Société  deTUistoire  de  France, 
1862,  p.  517),  ni  un  pagus  ni  un  comté.  Cette  contrée  naturelle  séparaitla  Picardie  de 
la  Normandie  et  dépendait  en  partie  de  chacune  de  ces  deux  provinces.  Le  cours 
de  TEpte  séparait  le  Bray  normand  duBray  picard.  Les  seigneurs  d*Ont  avaient  au 
moyen  âge  la  garde  et  défense  du  pays  de  Bray,  qui  était  un  terrain  inculte  et 
^habité  depuis  que  la  forêt  de  Bray  avait  été  abattue  successivement,  pendant 
les  guerres  des  Bourguignons  et  des  Anglais.  Après  le  défrichement  de  la  forêt, 
les  habitants  des  villages  circonvoisins  qui  avaient  des  droits  d'usage  s'empa- 
rèrent de  ce  qui  était  à  leur  convenance.  Les  seigneurs  locaux  firent  de  même. 
En  outre,  des  seigneurs  peu  éloignés  et  plus  puissants,  tels  que  les  comtes  de 
Clermont  et  de  Chaumont,  voulurent  aussi  tirer  parti  des  circonstances,  s'attri* 
Jiiuërent  ce  qu'on  nommait  les  Advoueries  du  Bray,  et  donnèrent  ces  terrains  à 
cens  à  divers  particuliers  (Graves,  Précis  statistique  d*AuneuH,  p.  52).  Le  plus 
ancien  seigneur  d'Ons-en-Bray  que  mentionnent  les  cartulaires  de  Beaupré  et  de 
Saint-Paul,  est  Jean  de  Beaumont,  chevalier,  de  la  maison  de  Beaumont-sur-Oise 
qui  vivait  en  1262  (Louvet,  Anciennes  remarques  de  la  noblesse  Beauvaisine)  et  avait 
épousé  Isabelle  de  Garlande  (Douet  d'Arcq.  Recherches  historiques  p.  CXXXII), 
fille  de  Guillaume,  auquel  Philippe-Auguste  fit  don  en  1203  d'Ons-en-Bray. 
(Léopold  Delisle.  Catalogue  n«  788).  Leur  petit-fils  fut  Guy  de  Beaumont  men- 
tionné au  présent  Dénombrement.  Sa  veuve  se  remaria  avec  Hector  de  Chartres, 
graûd-matlre  enquêteur  des  eaux  et  forêts  de  Normandie  et  Picardie,  lequel,  en 
1383  s'intitulait  sieur  d'Ons  en  Bray  en  Beauvaisis.  Sa  petite-fiUe,  Isabeau,  épousa 
Antoine  de  Lévis,  comte  de  Villars,  et  par  testament  de  l'an  1438  institua  héritier 
de  tous  ses  biens  l'un  de  ses  fils,  également  du  nom  d'Antoine.  Celui-ci  se  voyant 
sans  enfonts,.  vendit  le  20  janvier  1464,  à  Jean,  duc  de  Bourbon,  pour  le  prix  de 
12,000  écus,  ses  terres  sises  dans  le  comté  de  Clermout  et  dans  le  diocèse  de 
Bourges  et  généralement  tout  ce  qui  lui  appartenait  ou  pouvait  appartenir  dans 
la  succession  de  sa  mère.  Le  16  mars  1467  il  se  dessaisit  des  terres  d'Ons  et  de 
Saint- Aubin-en-Bray  au  profit  du  duc.  Cette  cession  donna  lieu  à  diverses  diffi- 
cnltés  et  contestations  judiciaires.  En  1495,  les  quatre  fiefs  nobles  à  0ns  et  le  fief 
à  Villers-Saint- Barthélémy,  que  possédait  jadis  I^Ime  Blanche  de  Nesle,  furent 
relevés  par  Nicolas  de  HacqueviUe,  président  aux  enquêtes.  H.  En  1539,  Pierre 
et  Michel  de  Hacqueville  (d'argent  au  chevron  de  sable  chargé  de  cinq  aiglettes  d'or^ 
accompagné  de  trois  têtes  de  paon  arrachés  d*azur)  comparurent  à  la  réformation 
de  la  Coutume,  comme  seigneurs  d'Ons-en-Bray  et  de  Villers-Saint-Barthélemy. 
9^s-en-Bray  demeura  en  la  maison  de  Hacqueville  jusqu'en  1697.  Par  lettres  de 
juillet  1702,  registrées  au  Parlement  le  18  août  1704,  les  terres  d'Ons,  de  Villers- 
Houdan  ou  SaintrBarthélemy  et  de  Saint-Aubin,  relevant  en  grande  partie  du 
comté  de  Clermont,  furent  érigées  en  comté  en  faveur  de  Léon  Pajot  (d'argent 
au  chevron  d*azur  accompagné  de  trois  têtes  d'aigles  arrachées),  contrôleur  général 
des  postes  et  relais.  178P,  Le  Gendre,  comte  d'Ons-en-Bray. 


Digitized  by 


Google 


226  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN  BEAUVAISIS. 

bars  adossés  de  même  qui  est  Clermont-Nesle) ,  dame  de  0ns- 
en-Bray,  tant  en  son  nom  comme  ayant  le  bail  de  ses  filles,  tient 
du  châtel  de  Clermont  son  hôtel  et  lieu  de  Onz  ainsi  qu'il  suit  : 
Ladite  dame  tient  dudit  châtel  au  nom  que  dessus  un  autre  fief 
séant  à  Onz,  comprenant  la  moitié  du  travers  de  Onz,  le  quart 
du  travers  de  la  montaigne,  le  pontenage,  le  forage,  le  roage,  le 
gangage  des  mesm'es  de  la  ville,  le  marché  du  mercredi  de 
chaque  semaine,  la  foire  de  la  Saint-Denis  et  du  mercredi  de  la 
rose  (de  la  Pentecôte),  le  quart  de  tous  les  bois  de  Bray,  du 
Tranloy,  du  Houssoy  *  et  du  Foudroy  *. 

De  laquelle  dame  sont  tenus  : 

1*  Fief  à  Saint-Aubin-en-Bray  '  par  les  hoirs  du  sieur  du 
Gargoulay,  chevalier  [vairé  de  gueules  et  d^or  de  cinq  traits); 

2'  Fief  à  Onz  par  demoiselle  Jeanne  Annuelle  {d! argent  à  la 
fasce  de  sable  émanché  de  gueules  en  chef  et  en  pointe)  y  dont  : 

1  fief  à  Ponsal  ; 
4  à  Onz. 

Ladite  dame,  tant  en  son  nom  comme  ayant  bail  de  ses  filles, 
tient  du  châtel  de  Clermont  un  autre  fief  à  0ns,  contenant  terres 
labourables,  cens,  le  moulin  de  Quevreul,  le  vivier  de  la  voie  de 
Villers,  le  quart  du  travers  et  des  fours,  parts  aux  marchés  de 
Cornoiller  et  de  Comporte,  coutume  es  bois  des  Effois,  des 
Calenges,  des  larris,  des  bois  de  Bray,  du  Houssoy,  du  Tranloy 
pour  couper  tel  bois  que  il  lui  plaist,  le  pâturage  pour  tous  bes- 
tiaux, le  quart  es  communautés  et  voieries  de  0ns.  Duquel  fief 
est  tenu  un  fief  à  0ns  par  Pierre  de  Saulonnières  {losange  de 
sable  et  d'or  au  lambel  de  gueules). 

Ladite  dame  d'Ons-en-Bray  tient  encore  du  châtel  de  Clermont 
la  justice  et  seigneurie  d'Ons  et  ce  qui  suit  qui  fut  acheté  de 
Tabbé  de  Beaubec  par  Gui  de  Beaumont^  comprenant  le  manoir 
qui  fut  messire  Louis  de  Beaumont,  terres,  bois,  prés,  qui  se 
fauquent  à  corvée,  cens,  8  livres  2  deniers  6  sans  de  taille  sur 
les  masures  et  habitants  de  Yillers-Saint-Barthélemy  ^  Item  la 


*,  *  Hameau  d'Ons-en-Bray. 

»  Canton  du  Coudray.  1539,  Jacques  de  Fouleuzes. 

*  Canton  d'Auneuil. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS.  227 

cognoissanco  de  tous  les  hommes  et  femmes  de  ladite  ville  et 
appartenances  de  Villers-Saint-Barthélemy  de  toutes  actions 
personnelles.  Item  les  deux  parts  du  profit  de  la  moyenne  jus- 
tice, item  la  moitié  en  la  haute  justice  et  seigneurie. 

Elle  tient  dudit  châtel  un  autre  fief  à  0ns  contenant  le  vivier 
d'Angiet  «  guargnié  des  guarques  que  il  doit  »  qui  soloit  valoir 
100  livres  par  an  et  à  présent  ne  vaut  que  60  livres,  le  bois 
Desfois,  le  huitième  des  bois  de  Bray,  la  moitié  des  fours  de 
0ns  avec  toute  justice  et  seigneurie,  duquel  fief  sont  tenus  : 

l""  Fief  à  0ns,  par  Jehan  de  Pommereux  {de  gtieules  à  trois 
besants  d'or)  ; 

2*  Fief  à  Hodenc-en-Bray  ',  par  Herpin  du  Bos  {de  sinopk  au 
chef  dor  chargé  de  trois  merlettes  de  gueules)  ; 

S""  Fief  à  0ns,  par  Pierre  de  Saulonnières  ; 

4"  Fief  à  0ns,  par  Jean  de  Saulonnières,  qui  porte  comme 
dessus,  sans  lambel  ; 

5*  Fief  à  0ns,  par  Pierre  de  Saint-Aubin  {d'azur  à  une  tête 
d  argent)  ; 

&  Fief  à  Houdenc,  par  Jean  de  Goulancourt  {de  sable  à 
P aigle  éployée  à  une  tête  dor  au  bâton  en  bande  de  gueules)  dont  : 

3  fiefs  à  Houdenc  ; 

7**  Fief  à  Houdenc,  par  Jean  Baudry  {dazur  à  la  coquille 
d'argent  au  bâton  en  bande  de  gueules)  ; 

8**  Fief  à  Houdenc,  par  Estienne  du  Saulon  {d'or  à  trois 
bandes  dazur  à  une  fasce  de  gueules  chargée  dune  étoile  dar^ 
gent); 

9"*  Fief  à  0ns,  par  Jean  de  la  Mote  {d argent  à  tm  oiseau  de 
sable  sur  une  motte  de  gueules)  ; 

10"  Fief  à  Aussoutraines  ",  contenant  le  manoir  qui  fut  mes- 
sire  Jean  de  Pomponne,  par  Jean  d'Auffay  {d'or  à  huit  merlettes 
de  gueules  en  orle  au  bâton  en  bande  dazur)  ; 

>  Canton  du  Coudray. 

*  Cauffry,  canton  de  Lidncourt. 


Digitized  by 


Google 


228  LE   COMTÉ    DE   CLERMONT   EN   fiEAUVAISIS. 

11*  Fief  à  Aussoutraines,  par  messire  Berthaut  de  Fresnoy, 
chevalier  {cThermines  au  Uon  de  gueules)  ; 

12*  Fief  à  Aussoutraines,  par  Philippe  de  Foulleuses  {diapré 
de  gtteuks  et  d'argent  au  franc  quartier  de  sable),  dont  : 

2  fiefs  à  Aussoutraines  et  2  arriëre^fiefs,  Tun  à  Ars  ; 

13°  Fief  à  Cauffery  S  par  Maître  Henri  Judas  {d*or  à  trois 
merlettes  de  sable),  dont  : 

6  fiefs  à  Cauffery  ; 

1  fief  à  Milly-  (NuUy)  en-TeUes  •  ; 

1  fief  à  Laigneville  '  ; 


HOUDENC-EN-BRAY  (f  345)  \ 

Henri  de  Lesglentier  {d'argent  à  trois  tourteaux  de  gueules  au 
lambel  d'azur)  tient  du  chàtel  de  Clermont  le  châtel  de  Hodenc- 
en-Bray,  terres,  cens,  corvées,  moulins,  avec  toute  justice  et 
seigneurie. 

Duquel  sont  tenus  : 

i*  Fief  à  Hodenc,  par  demoiselle  Jeanne  de  Jusaincourt  {parti 
au  1  de  gueules  à  deux  fasces  d'argent  au  2  de  Lesglentier)  ; 

2*  Fief  à  Hodenc,  par  Harpin  du  Quesnel  {(f  argent  au  chine 
à  deux  têtes  de  sinople  au  bâton  en  bande  de  gueules). 

Ledit  Henri  de  Lesglentier  tient  un  autre  fief  du  châtel  de 
Clermont,  dont  : 

1°  Fief  à  Hodenc,  tenu  par  Ancel  de  Lesglentier  {ffor  à  trois 
tourteaux  de  sable  au  lambel  de  gueules),  dont  : 

1  fief  à  Gauves  ; 


*  Canton  de  Liancourt.  1539,  François  de  Beuque&uix.  et  Marie  de  Uédonville, 
dame  de  Cernoy  ;  uni  au  xvie  à  la  seigneurie  de  Liancourt. 

*  CheMieu  de  canton  de  Tarrondissement  de  Senlis* 

*  Canton  de  Liancourt. 

*  Canton  du  Coudray.  1539,  Jean  de  Monceaux.  Par  lettres  de  janvier  1608,  la 
châtellenie  de  Hodenc  unie  à  la  seigneurie  de  Blacourt  fut  érigée  en  baronnie 
pour  Gaspard  de  Monceaux,  chevalier  de  l'Ordre.  17S9,  de  Couquault,  marquis 
d'Aveîon. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   GLERMONT   EN   BEÂUVÂISIS.  229 

2""  Fief  à  Hodenc,  tenu  par  demoiselle  Isabelle  de  Jusaincourt 
{parti  au  i  de  sable  à  trois  besants  d'argetit,  au  2  comme  Henri  de 
Lesglentier)  ; 

3**  Fief  à  Hodenc,  tenu  par  Robert  Bontemps  {cTazur  à  la  gerbe 
d'or); 

4*  Fief  à  Hodenc,  tenu  par  Eustache  Riquesse  {de  gueules  à 
trois  vitres  d'or)  ; 

5°  Fief  tenu  par  Henri  de  Milly  ou  NuUy  {de  sable  au  chef 
d^ argent  chargé  de  trois  étoiles  de  gueules). 


Le  sire  de  Crèvecœur  et  de  Thois  {de  gueules  à  trois  chevrons 
ePor)  tient  du  châtel  de  Clermont  un  fief  séant  à  0ns  et  ses 
appartenances. 

Pierre  Mignot  de  Clermont  {d^argent  à  trois  fleurs  de  sinople) 
tient  du  ch&tel  de  Clermont  un  fief  séant  à  0ns,  contenant  une 
masure. 

CASTILLON  (f  347)  ^ 

Charles  d'Aumont  {(Tor  au  chevron  de  gueules  à  neuf  merlettes 
de  même)  tient  du  chàtel  de  Clermont  un  fief  à  Castillon,  com- 
prenant manoir,  bois,  cens,  la  moitié  de  toute  la  justice  et  sei- 
gneurie, dont  : 

1"  Fief  à  Castillon  et  Coiseaux  ",  tenu  par  Colart  le  Brun  de 
Brunviller  {de  gueules  au  lion  (Targent  au  bâton  en  bande  engrêlé 
de  gueules)  ; 

2*  Fief  à  Castillon,  tenu  par  Jean  de  Fumechon  {d'argent  à 
deux  fasces  de  sable  à  trois  merlettes  de  même  en  orlé)  ; 

3*  Fief  à  Castillon,  tenu  par  Guillaume  de  Campremy  (rf*ar- 


^  Canton  de  SaintrJust.  1539,  François  Parent  {de  gueules  semé  de  trèfles  ren- 
versés et  supportés  de  croissants  d'argent  au  francquartier  de  gueules  chargé  d'une 
coquille  d'or,  accompagnée  de  deux  pals  d'argent),  1789,  de  Goussencoart. 

*  Essuile,  canton  de  Saint-Just. 


Digitized  by 


Google 


230  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISÎS. 

gent  à  la  bande  de  gueules  chargée  d^une  broche  de  fer  au  haut  y 
accompagné  de  six  merletles  de  gueules  en  orle)j  dont  : 

1  fief  à  Fumechon  *  et  1  arrière-fief  ; 

2  fiefs  à  Wavegnies  '  ; 
1  fiefàSaint-Rémy'; 
1  fief  à  Poncheaux  *  ; 


LA  TAULE  (P  350)  \ 

Mahieu  de  Hangest  {d^ argent  à  la  croix  de  gueules  chargée  de 
cmq  coquilles  d'or),  chevalier,  seigneur  de  Genlis  et  de  la  Taule, 
tient  du  châtel  de  Clermont  son  fief  sis  à  la  Taule  consistant  en 
terres,  bois  à  Bauchemont,  rentes  et  cens  à  La  Taule,  Gour- 
nay  *,  Planques  ^,  Neufvy  ',  lods  et  ventes,  saisine  et  dessaisine 
à  Autrevaux  •,  forage.  La  prinse  sur  poisson  et  harenc**,  la 
rivière  à  Gournay  depuis  le  moulin  de  la  porte  jusqu'au  moulin 
d'Aspremont,  vinages,  la  moitié  du  marché  et  tonnelieu  do 
Gournay.  La  prinse  des  bêtes  et  sur  le  poisson  audit  marché. 
L'ostelerie  de  Gournay  est  au  gouvernement  dudit  chevalier  et 
l'administration  appartient  à  lui  avec  les  noblesses  franchises  et 
seigneuries,  justice  haute,  moyenne  et  basse. 

Dudit  chevalier  sont  tenus  : 

1  fief  à  Wasquemoulin  "  ; 

2  fiefs  à  Gournay  ; 


I  Canton  de  SaintrJust. 

*  Canton  de  Saint-Just. 

*  Canton  de  Saint-Just. 

*  Montreuil-snr-Brèche,  canton  de  Froissy. 

*  Canton  de  Ressons.  Ce  fief,  dit  de  l'Épinette,  appartenait  encore  en  1539  à  la 
famille  de  Hangest.  H  fat  depuis  uni  au  marquisat  de  Gournay. 

'  Canton  de  Ressons. 
f  Hameau  de  Neufvy. 

*  Canton  de  Ressons. 

*  Aujourd'hui  Saint-Maur,  hameau  de  Goumay. 

*o  Ce  droit  se  percevait  sur  les  poissonniers  qui  suivaient  Tancien  chemin  de 
Montdidier  à  Compiègne  (Graves,  Précis  statistique ^  p.  65). 

II  Canton  de  Maignelay. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS.  234 

3  fiefs  à  Méry  \  dont  16  arrière-fiefs  à  Menevillier  *,  Wandeli- 
court  •,  Ellincourt  *,  à  la  chaussée  de  Wacquemoulin  ; 

1  fief  à  Rivecourt  *,  dont  3  arrière-fiefs  ; 

2  fiefs  de  Beauvoisin  et  entre  Méry  et  Mortemer  *,  dont  1  ar- 
rière-fief ; 

2  fiefs  à  Archonval  '  ; 

3  fiefs  à  Neuvy  '  ; 

2  fiefs  à  Belloy  %  dont  7  arrière-fiefs. 

GOURNAY-SUR-ARONDE  (f-  359)  '\ 

Gauvain  de  Gouruay  {d'argent  à  la  bande  de  sable  à  six  mer- 
léttes  en  orle  de  même)  tient  du  châtel  de  Clermont  un  fief  séant 
à  Gournay-sur-Aronde,  contenant  la  mote,  le  manoir,  les  viviers 
entour  de  la  mote.  Item  la  rivière  du  moulin  de  la  porte  jusqu'au 
moulin  de  la  carrière,  la  garenne  des  Chines  qui  dure  une  lieue 
au-dessus  de  la  mote  et  une  lieue  au-dessous,  le  tonlieu  et  travers 
de  Gournay  qui  souloit  valoir  50  livres,  sur  lesquels  Percevalde 
Gournay  prenait  10  livres.  Bois,  cens,  champarts  avec  toute  jus- 
tice et  seigneurie.  Duquel  sont  tenus  : 

1  fief  au  Bos-du-Bois  ",  dont  1  arrière-fief  à  Montegny  "  ; 

S  •  Canton  de  Maignelay. 

>  Canton  de  Ribéconrt. 

^  Canton  de  Lassigny. 

*  Canton  d'Estrées-SaintrDenis. 

^  •,  »  Canton  de  Ressons. 

^  Hameau  de  Gournay. 

i<>  Canton  de  Ressons.  Par  suite  d'un  échange  intervenu  entre  le  comte  Raoul 
et  Âlbéric  de  Hangest,  le  domaine  de  Clermont  possédait  une  partie  de  la  seigneu- 
rie de  Gournay  ;  nous  en  avons  donné  plus  haut  le  dénombrement.  Le  surplus  du 
territoire  se  trouvait  partagé  entre  trois  fiefs  dont  celui  de  Gauvain  de  Gournay 
était  le  plus  considérable.  Par  lettres  de  Tan  1490,  Pierre,  duc  de  Bourbon, 
accorda  à  Philippe  de  Boulainvilliers,  seigneur  de  Gournay,  droit  d'usage  et  db 
chauffage  pour  lui  et  ses  successeurs  en  la  forêt  de  Remy.  1539,  hoirs  de  messire 
Brinon,  premier  président  du  Parlement  de  Rouen,  et  J.  Courtin,  correcteur  des 
comptes  (d'azur  à  trois  croissants  d'or).  Par  lettres  du  26  avril  1693,  la  terre  de 
Gournay  fut  unie  à  celles  de  TEspinettc,  de  Neufvy,  AVacquemoulin  et  autres,  et 
érigée  en  marquisat  en  faveur  de  Michel  Amelot  {if  azur  à  trois  cceurs  dor,  2  et  i 
surmontés  d'un  soleil  de  même).  Le  marquisat  fut  confirmé  en  1720  pour  le  sieur 
de  Varennes  et  ultérieurement  encore  pour  l'intendant  du  commerce,  Vincent  de 
Gournay,  dont  les  descendants  le  possédaient  en  1789. 

"  Neufvy,  canton  de  Ressons.  1789,  comte  de  Bemetz. 

i>  Canton  de  Maignelay. 


Digitized  by 


Google 


232  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 

2  fiefs  à  Wacquemoulin  *,  par  le  sire  de  Sarmoises,  chevalier 
{de  gueules  d  dix  losanges  émargent)  ; 

1  fief  au  Vaux  de  Vienne,  par  Tabbé  de  Sainl-Marlin-du-Boz  ; 

1  fief  à  Baugy  *,  par  R.  Poullet  bourgeois  de  Compiègne 

[d^ argent  à  trois  coquelets  de  sable  couronnés  et  sabotés  de  gueules)  ; 

3  fiefs  à  Hémévillers  *,  par  Jean  Courtefoy  (rf  argent  à  trois 
mains  de  gueules),  par  Jean  do  Hémévillers,  dit  Cordelier  {de 
gueules  semé  de  besants  d'or),  et  par  demoiselle  Jeanne  de  Hémé- 
villers, femme  de  feu  Gautier  de  Cuise  {de  gueules  à  dix  besants 
(F argent  à  la  bordure  d'or)  dont  8  arrière-fiefs  ; 

3  fiefs  à  Méry,  par  le  Quesne  {d'azur  au  chêne  à  deux  branches 
de  sinople  au  bâton  en  bande  de  gueules)  ; 

1  fief  à  Montegny,  par  la  dame  de  Moreul  {parti  au  1  d'azur 
semé  de  fletirs  de  lis  dor  au  lion  d'argent,  au  2  d'argent  à  la  croix 
de  gueules  chargée  de  cinq  coquilles  d'or)  dont  1  arrière-fief  à 
Hémévillers  ; 

1  fief  à  la  ville  d'Arsis  *,  par  Gauvain  de  Maignelers  (de  gueules 
à  la  bande  d!or  au  lambel  d'azur),  dont  4  arrière-fiefs  à  la  Cam- 
paigne,  à  Arsis,  à  Sachy-le-Grand  et  à  Mouchy-Saint-Éloi  *  ; 

i  fief  du  travers  de  Gournay,  par  Perceval  de  Gournay,  oncle 
de  Gauvain  et  qui  porte  comme  lui  à  une  étoile  d'or  au  haut  de 
la  bande  ; 

1  fief  tenu  par  Wale  de  Montegny  {d'argent  à  la  croix  de 
gueules  chargée  de  trois  coquilles  (For  au  lambel  d'azur)  ; 

i  fief  au  val  Foubert  *,  par  les  hoirs  d'Erquery,  chevalier  {d^or 
à  la  croix  de  gueules  chargée  de  cinq  coquilles  d'argent  accompa- 
gnée d'un  lion  de  gueules  en  champ  d'argent  au  l  canton  et  de 
quatre  alérions  (Tazur  en  champ  d'or  aux  antres  cantons  à  la 
bordure  de  sinople)  ; 

i  fief  à  Gournay,  par  Jeanne ,  fille  d'Oudart  Baudescot  {de 
gueules  à  trois  doloires  d argent). 


<  Canton  de  Maignelay. 

*  Canton  de  Ressons. 

*  Canton  d'Estrées-Saint-DeniB. 

*  Arsy  et  la  Campagne,  son  hameaa,  canton  d'Estrées-Saint-Denis.  Cette  sei- 
gneurie entra  en  1480  dans  la  maison  de  Gouy  (d'argent  à  Vaigle  éployée  de  sable ^ 
écartelé  de  gueules  à  la  bande  d'or),  par  alliance  avec  la  famille  de  Villers  (F.  Fr. 
25,220).  Louis  de  Gouy  comparut  à  la  réformation  de  la  Coutume,  et  ses  descen- 
dants possédaient  encore  Arsy  en  1789. 

»  Canton  de  Liancourt. 

«  Chevrières,  canton  d^Estrées-Saint-Denis. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ    DE   CLERMONT    EN   BEAUVAISIS.  233 

Noël  de  Ravenel  {de  gueules  à  la  fasce  émargent  surmontée  de 
quatre  losanges  de  même)  tient  du  chàtel  de  Clermont  un  fief 
séant  à  Gournay-sur-Aronde. 


HÉMÉVILLER  (fo  363)  \ 

Cordelier  de  Héméviller,  chevalier  {de  gueules  semé  de  besants 
d'argent)  tient  du  châtel  de  Clermont  un  fief  séant  à  Hémé- 
viller. 

FRANCIÈRES  (f^  364)  '. 

Le  seigneur  de  Fransières,  chevalier  {d'argent  à  la  bande  de 
sablé)  tient  du  châtel  de  Clermont  la  seigneurie  de  Fransiëres , 
avec  toute  justice  et  seigneurie.  Les  hôtes  de  la  ville  de  Fran- 
cières  sont  banniers  du  moulin  à  eau  ainsi  queceux  que  Lancelot 
de  Francières  à  Remin,  duquel  sont  tenus  : 

1  fief  entre  Sachy  '  et  la  Borde  *  ; 
1  fief  de  la  grange  du  Transloy  *  ; 
1  fief  des  dîmes  de  Remyn  •  ; 
4  fiefs  à  Remyn,  dont  2  arrière-fiefs  ; 


<  Canton  d'Estrées-Saint-Denis.  1539,  Thibault  de  Cernoy  {de  gueules  semé  de 
^urs  de  lis  d*or  au  franc  quartier  d'argent  au  sautoir  de  sable  accompagné  de 
quatre  merlettes  de  même).  1789,  de  Gaudechart.  Il  fut  créé  en  1473  sur  la  terre 
d'Uémévillers  un  fief  abrégé  de  36  livres  de  rente  au  profit  de  Philippe  de  Bou- 
lainvilliers  (fascé  d'argent  et  de  gueules  de  huit  pièces) ,  D.  Â  la  commune  d'Hé- 
méyillers  est  actuellement  réuni  le  vlUage  de  Montmartin,  sur  le  territoire  duquel 
existait  un  fief  non  déclaré  au  terrier  qui,  au  xvp  siècle,  s'appelait  fief  du  Bois, 
D,  et  en  1602  fief  des  Cannes  et  Hémart.  H. 

'Canton  d'Estrées-Saint-Denis.  1539,  Jean  de  Francières.  Un  des  fiefs  sis  à 
Rémy  appartenait  à  Beaudechon  de  Francières  qui  l'échangea  avec  le  comte  de 
Clermont  pour  des  biens  sis  à  Estrées  et  à  Moyenneville.  Cet  échange  plaça  dans 
la  mouvance  immédiate  du  domaine  les  fiefs  de  Gilles  de  Crapain,  sis  audit  lieu, 
hameau  de  Breuil-le-Sec,  de  le  Borgne  de  Nonroy  et  des  hoirs  Boitel  à  Vuarenval, 
hameau  de  Jaux,  et  de  Guiot  de  Francières,  à  Jaux.  D.  Parmi  les  autres  fiefs  rele- 
vant de  Francières,  se  trouvait  le  tiers  de  cette  seigneurie  tenu  par  la  demoiselle 
de  Francières,  sœur  du  seigneur  dudit  lieu. 

*  Canton  de  Lianconrt. 

*  Choisy,  canton  de  Clermont. 
»  Moyvillers,  canton  d'Estrées. 

*  Rémy,  canton  d'Estrées. 

16 


Digitized  by 


Google 


234  LE  COMTÉ   DE    CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 

2  fiefs  à  Fransières,  dont  30  arrière-fiefs,  à  Francîères,  Rémi, 
Lîeuvillers  *,  la  Motte  d'Aucourt  et  Blaincourt  "  ; 

2  fiefs  à  Blaincourt,  dont  1  arrière-fief. 
1  fief  au  Fresnel  *,  dont  8  arrière-fiefs  ; 
1  fief  à  la  Mote-lez-Blaincourt  ; 

1  fief  au  Petit-Blaincourt,  dont  2  arrière-fiefs  ; 

1  fief  à  la  Mote-d'Ancourt  *  ; 

1  fief  tenu  par  le  sire  de  Quiquempoix. 

ROUVILLER  (f»  374). 

Le  seigneur  de  Rouviller,  dit  Hutin,  chevalier  {de  gueules  à 
une  rosette  (Forgent  à  huit  merlettes),  tient  du  chàtel  de  Glermont 
la  seigneurie  de  Rouviller  *,  dont  sont  tenus  : 

3  fiefs  à  Rouviller,  dont  16  arrière-fiefs  à  RouviUer,  Lieuvil- 
1er  •,  et  Fresnoy-en-Telle  \ 

BAILLEUL-LE-SOC. 

Philippe  Boguet  {cTargent  à  la  tête  de  bœuf  de  sable)  tient  du 
chàtel  de  Glermont  un  fief  séant  à  Bailleul-le-Soc  *  qui  fut  mes- 
sire  Gioffroy  Troussel,  contenant  un  manoir  avec  justice  et  sei- 
gneurie. 

HERMENGOURT  (f»  381). 

Madame  Jehanne  de  Raoust,  dame  de  Villers,  vicomtesse  de 
Breteuil  {parti  au  1  d!or  à  la  croix  ^azur,  au  2  ^argent  à  la 

>  Canton  de  Saint-Jast. 

*  Canton  de  Clennont. 

*  Hameau  de  Franciëres. 

*  Ghoisy,  canton  de  Glermont. 

*  Canton  de  Saint-Jnst.  1539,  Gny  de  Belloy.  1789,  comtesse  de  Boisgelin  et 
Tabbaye  d'Ourscamp  ponr  les  fiefs  de  WamaTiller  et  Logelles. 

*  Canton  de  Saint-Just. 

•^  Canton  de  Neuilly-en-Thelle. 

s  Canton  de  Glermont.  La  seigneurie  de  Bailleul  appartenait  à  Tabbaye  de 
Saint-Denis,  qui  fut  maintenue  dans  les  droits  de  hante,  moyenne  et  basse  justice, 
par  arrêt  du  Parlement  rendu  en  1313  contre  le  comte  de  Glermont.  Le  fief  de 
Philippe  Boguet  appartenait  en  1500  au  sieur  Gocquin  D. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT    EN   BEAUVAISIS.  .  235 

bande  de  sabk  chargée  de  trois  besants  d!or  qui  est  Villers  Sainl- 
Pol),  tient  du  châtel  de  Clermont  un  fief  séant  à  Hermencourt  * 
contenant  la  moitié  du  manoir,  le  moulin  de  la  Bruyère  *  de 
présent  en  wast.  Item  le  manoir  qui  fut  messire  Robert  de 
Moreul.  Item  chacun  an  sur  chacun  hostel  d'Hennencourt  et  de 
Jaux  •,  là  où  il  demeure  gens  qui  passent  i'yaue  d'Oise  au  pont 
à  Jaux,  une  mine  d'avoine  due  chacun  an  au  jour  de  la  Théo- 
phanie  (Epiphanie),  pour  le  pont  de  Jaux,  et  peut  valoir  par  an 
10  muids  d'avoine,  justice  et  seigneurie;  de  laquelle  dame  sont 
tenus  : 

6  fiefs  à  Hermencourt,  dont  2  arrière-fiefs  ; 
3  fiefs  à  Jaux,  dont  1  àrrière-fief  ; 
1  fief  à  FaveroUes. 


LIENCOURT  (f  384)  \ 

Ladite  dame  de  Villers,  vicomtesse  de  Breteuil,  tient  du 
châtel  de  Clermont  un  fief  à  Liencourt,  contenant  une  place  où 
soloit  être  le  manoir,  cens,  terres,  vinages,  20  livres  de  taille 
sur  les  masures  ;  6  corvées  d'hommes,  champarts  de  la  montagne 
de  Liencourt,  fournages.  Item  s'il  advenait  que  aucun  fissent 


*  Armancourt,  canton  d'Estrées-Saint-Denis.  Ce  fief,  qui  était  sans  doute  venu 
aux  Villers  par  Talliance  de  Jean  de  Villers  avec  Jeanne  de  Soissons-Moreul,  se  trou- 
vait à  la  fin  du  xv©  siècle  réuni  avec  celui  de  Le  Bègue  de  Fayel  aux  mains  d'un 
sieur  de  Perrière  D.  1539.  Robert  Boulart  {d'argent  à  six  merleties  de  sable  2  , 
3  eM).  i789,  marquise  de  Gamaches. 

*  Le  Meuz,  canton  d'Estrées. 
»  Canton  de  Compiègne. 

^  Chef-lieu  de  canton  de  Tarrondissement  de  Clermont.  Des  mains  de  la  dame 
de  Villers  et  du  sire  de  Bazentin,  les  deux  fiefs  de  Liancourt  passèrent  dans  le  cou- 
rant du  xve  siècle  à  celles  de  Jean  de  Popaincourt ,  président  au  Parlement  de 
Paris,  dont  la  fille  épousa  Jean  du  Plessis,  seigneur  de  Douchamp  et  de  la  Prugne. 
Guillaume  du  Plessis  {d'argent  à  la  croix  engrélée  de  gueules  chargée  de  cinq  co- 
quilles d*or)^  leur  fils,  comparut  à  la  réformation  de  1539.  Des  lettres  patentes  d'août 
1673  érigèrent  la  seigneurie  de  Liancourt  en  marquisat  en  faveur  de  Roger  du 
Plessis,  duc  de  la  Roeheguyon.  Sa  petite-fille,  Jeanne-Charlotte  du  Plessis,  épousa 
François  VII,  duc  de  la  Rochefoucauld  €t  leurs  descendants  possédaient  Lian- 
court en  1789  avec  le  titre  de  duc.  Le  marquisat  de  Liancourt  comprenait  en  tout 
cm  en  partie  les  terres  et  seigneuries  d'Angicourt,  Bailleul,  Brenouille,  Cambronne, 
Cauffry,  La  Bruyère,  Mognenille,  Monchy-Saint-Eloi ,  Monceaux  ,  Rantigny , 
Kieux,  Rozoy  et  Verderonne.  (Graves,  p.  67.) 


Digitized  by 


Google 


236  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT    EN    BEAUVAISIS. 

tourbes  en  la  prairie  dudit  Liencourt,  chacun  paierait  12  aoues 
(oies)  à  la  Saint-Pierre  entrant  août  —  Toute  justice  et  sei- 
gneurie. 

Ce  dénombrement  est  suivi  d'une  mention  que  nous  retrou- 
vons également  dans  le  Ms.  des  Archives,  dans  le  registre  de 
Dargilliëre  et  qui  est  ainsi  conçue  :  A  ce  présent  fief  est  depieça 
adjoint  ce  qui  est  escript  être  à  Liencourt  au  dénombrement  du 
fief  du  sieur  de  Bazentin  à  Sailleville.  Ainsi  la  terre  de  Liencourt 
est  tenue  de  W  le  Duc  à  deux  hommages  et  se  reliève  à  la  nature 
de  Bulles,  c'est-à-dire  de  toutes  mains. 

Dudit  fief  de  la  vicomtesse  de  Breteuil  était  tenu  1  fief  à 
Liencourt  par  Guérart  de  Liencourt,  dit  Harle  {<P argent  à  deux 
fasces  de  sable). 


HERMENCOURT  (f^  385). 

Messire  Le  Bègue  de  Faiel,  chevalier  {d'argent  au  sautoir  de 
gueules  accompagné  de  quatre  merlettes  de  même  à  la  bordure 
(Tazur)  tient  du  châtel  de  Clermont  un  fief  séant  à  Hermencourt 
contenant  la  moitié  du  manoir,  etc.,  contre  la  dame  de  Villers, 
vicomtesse  de  Breteuil,  duquel  sont  tenus  : 

9  fiefs  à  Hermencourt,  dont  3  arrière-fiefs  ; 
4  fiefs  à  Jaux  ; 
1  fief  à  Faverolles. 


ESPINEUSES  (f  388)  \ 

Le  seigneur  d'Espineuses,  chevalier  {d'hermines  à  fécu  de 
gueules)  tient  du  ch&tel  de  Clermont  le  châtel  d'Espineuses, 
avec  toute  justice  et  seigneurie,  dont  sont  tenus  : 


*  Canton  de  Clermont.  Dame  Marie  d'Epineuses,  veuve  de  Regnault  de  Heilly, 
chevalier,  fit  don  de  ses  deux  fiefs  d'Epineuses  à  THÔtei-Dieu  et  hôpital 
Monsieur-Saint- Antoine  de  Paris,  lesquels  en  furent  saisis  le  22  juin  1445  et  en 
baillèrent  homme  vivant  et  mourant.  D.  Sur  le  territoire  d'Ëspineuses  se  trouvait 
le  bois  de  Faviôre  érigé  en  fief  par  Mahaut,  comtesse  de  Clermont  pour  Jean  de 
Villers-Saint-Pol,  bailli  de  son  comté  (mars  1238).  Ce  fief  appartenait  en  1500  à  la 
famille  de  Fumechon.  D.  1789,  Tordre  de  Malle. 


Digitized  by 


Google 


\ 


LE    COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS.  237 

1  fief  à  Vaux  S  dont  7  arrière-fiefs  à  Vaux,  Camberonne,  la 
montagne  de  Vaux  ; 

3  fiefs  à  Espineuses  ; 

2  fiefs  à  Bruel-le-Sec',  dont  4  arrière-fiefs  à  Bruel  et  Autre- 
ville  ; 

1  fief  à  Liz  »  ; 

2  fiefs  à  Béthencourt  *,  dont  6  arrière-fiefs. 

Ledit  seigneur  d'Espineuses  tient  en  un  seul  hommage  la 
maison  de  la  Motte  *  du  chàtel  de  Glermont. 

Ledit  seigneur  d'Epineuses  tient  du  chàtel  de  Glermont  des 
fiefs  de  Ronquerolles  un  fief  à  Espineuses. 


WARTI  (f^  392)  •. 
Ledit  d'Espineuses  tient  du  chàtel  de  Glermont  la  moitié  du 

^  Cambronne,  canton  de  Mouy. 

*  Canton  de  Glermont.  Autreville,  ham. 

*  Canton  de  Glermont. 

*  Bailleval.  Canton  de  Liancourt. 

*  Fief,  ais  prëa  Espineuses  sor  le  chemin  d^Estrées-Saint-Denis.  D. 

<  Aii^oardliui  Fitzjames,  canton  de  Glermont.  Warty  appartint  d'abord  à  une 
famille  ,  qui  en  prit  son  nom  patronymique  et  dont  un  des  membres  signa  la 
charte  communale  de  Glermont.  En  1373,  trois  fiefs  existaient  sur  son  territoire, 
celui  du  seigneur  d'Espineuses,  celui  de  Tristan  de  Soisy  et  celui  de  Philippe  de 
Maimbeyille.  Le  fief  d'Espineuses,  le  plus  considérable,  fut  partagé  au  commence- 
ment du  rv0  siècle  entre  Pierre  d'Espineuses,  éenyer,  et  Marie  sa  sœur,  épouse  de 
Jean  de  Goudun,  dit  Despert,  écuyer.  Celle-ci  n'en  eut  que  la  tierce  partie,  laquelle, 
de  concert  avec  son  mari,  elle  vendit  le  16  novembre  1406  au  duc  de  Bourbon, 
pour  le  prix  de  300  écus  d'or  (Archives  nationales,  P 13631  c.,  1171  et  1369'  c.  1764). 
Environ  Tan  1478  les  officiers  du  comté  baillèrent  à  toujours  le  fief  ainsi  acquis  à 
demoiselle  Jeanne  de  Roye  parmi  52- sous  de  rente,  sous  la  réserve  que  tous  les 
héritages  en  dépendant^  assis  au  delà  de  la  rivière  de  Bresche,  demeureraient 
unis  au  domaine  dudit  comté.  D.  Jean  de  Montmorency,  ayant  cause  médiat  de 
la  demoiselle  de  Roye>  aliéna  à  son  tour  le  24  mars  1514  son  domaine  de  Warty 
.au  profit  de  Pierre  de  la  Bretonnière  (de  gueules  à  la  bande  lozmigée  d'or  alias  à 
5  lozanges  d'or  mises  en  bande)  qui  possédait  déjà  par  acquisition  ou  par  échange 
le  surplus  de- la  seigneurie.  Pierre  4e  la  Bretonnière  obtint  en  mai  1537  la  réunion 
des  différents  fiefs  lui  appartenant  dans  le  pays  en  un  seul  sous  le  nom  de  fief 
de  la  Tour  de  Warty,  et  acheta  les  terres  de  Fournival  (*539)  et  d'Airion  (1547). 
Les  domaines  des  la  Bretonnière- Warty  passèrent  successivement  par  alliance  aux 
Faudoas  puis  aux  Gruel  de  la  Frette,  dont  Tun  porta  sur  la  fin  du  dix-septième 
siècle  le  titre  de  marquis  de  Warty  (P.  Anselme,  tome  IX).  En  1704,  Jacques  Fitz- 
james,  duc  de  Berwick  (écartelé  aui  eH  de  France  et  d'Angleterre^  au  2  d'Ecosse, 
au  3  d'Irande  à  la  bordure  componnée  d'azur  et  de  gueules  de  seize  pièces,  chaque 


Digitized  by 


Google 


238  LE   COMTÉ    DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS. 

manoir  de  Warti  *,  au  côté  devers  la  rivière.  Item  moitié  de  la 
couture,  item  terres,  bois,  prés,  cens.  Item  la  rivière  ainsi 
qu'elle  se  comporte  depuis  les  aulnois  de  Cressy  jusqu'au  grand 
pont  de  Warti,  dont  sont  tenus  : 

2  fiefs  à  Saint-Aubin  •^  par  les  hoirs  de  l'évêque  de  Coutanees 
jadis  sieur  d'Erquery  et  par  Mahieu  de  Leuvrimont  (dC hermines 
à  la  fasce  d'azur  au  bâton  en  bande  de  gueules) y  dont  3  arrière- 
fiefs; 

1  fief  à  Clermont  par  Colart  le  Lorrain  (cfe  gueules  aux  ciseaux 
d'argent)  ; 

i  fief  à  Fay-sous-Clermont  *  par  PhîHppe  d'AuvîUers  (<f  ar- 
getit  à  trois  fleurs  de  lis  de  gueules)  ; 

i  firf  en  la  vallée  de  Fay  par  Jean  Boulle  {d'argent  à  trois 
boules  de  sable); 

1  fief  à  Orson-sous-Clermont  *  par  Gilles  d'Epaielles  {d^azur  à 
cinq  châteaux  d'or)  ; 

1  fief  à  Warti  par  Simon  de  Blaincourt  {d^argent  à  técu  de 
gueules  à  huit  merletles  de  sable  en  or  le)  y  dont  2  arrière-fiefs  ; 

4  fiefs  à  Espineuses  par  Jean  le  Grand  {paie  d argent  et  de 


compon  d'o'.ur  chargé  d'une  fleur  de  lis  d'or  et  chaque  componr  de  gueutee  d'un  léo- 
pard d'or)  se  rendit  acquéreur  de  la  terre  de  Waily,  que  des  lettres  patentes  de 
mai  1710  érigèrent  pour  lui  en  duché  pairie  sous  le  nom  de  Filzjames»  avec  union 
des  seigneuries  d'Airion  et  de  Fournival.  Erquery  y  fut  incorporé  en  1711  ;  Etouy, 
Utz  et  la  Rue  Saint-Pierre  en  1732  ;  les  fiefs  de  Courlieu  ,  Luzarcbes ,  Nicquet  et 
Sainte^Barbe,  sur  le  territoire  de  la  Neuville,  en  1749.  Avant  l'érection  du  duché» 
la  foi  et  hommage  des  terres  U  composant  se  portait  au  comté  de  Clermont.  Elles 
formèrent  depuis  un  fief  immédiat  relevant,  directement  du  roi  à  cause  de  sa. 
couronne  et  de  la  tour  du  Louvre.  Charles,,  duo  de  Fitzjames,  comparut  le  9  majca 
1789  à  rassemblée  du  bailliage  de  Clermont. 

>  LJautre  moitié  du  manoir  deWarty  appartenait  également  au  seigneur  d'Espi- 
neusee,  mais  était  tenue  par  lui  de  messire  Guillaume  Le  Bescot,  seigneur  de 
Caignelet  et  d'Angivilliers.  {Voir  infrà,) 

*»  *  Canton  de  Clermont.  La  réunion  au  domaine  du  fief  Despert  de  Coudun 
plaça  dans  sa  mouvance  immédiate  Vun  des  fiefs  sis  à  Saint-vAubin  sous  Erquery, 
que  les  Célestins  d'Offemont  possédaient  en  1500  à  la  charge  d'en  fburair  homme 
vivant  et  mourant,  et  qui  en  1789  se  trouvait  en  Economat,  ainsi  qu'im  fief  à  Fay 
près  Clermont,  commune  d^Agnets.  Ce  fut  sans  doute  par  la  même  cause  qu'un 
fief,  sis  à  Buri  et  que  le  dénombrement  porte  comme  arrière-fief  de  Warti 
(V.  infrà,  p.  354,  article  de  Tristan  de  Soisy),  fut  à  partir  de  1441  inscrit  sur  le  re- 
gistre de  Dargillière  comme  relevant  nuement  de  Clermont.  Le  fief  de  Jean 
Boulle  à  Fay  se  composait  de  trois  quartiers  de  bois  aulnois,  auxquels  le  posses* 
senr  renonçd  en  1482  au  profit  du  comté.  D. 

*  1789.  Joly  de  Sailly. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS.  239 

sable  de  six  pièces  au  bâton  en  bande  de  gueules)  y  par  Michel 
Toupet  {de  gueules  à  la  coquille  d'argent)  et  par  Jean  des  Jardins 
[d argent  à  l'arbre  à  trois  branches  de  sinople  au  sautoir  de  gueules 
sur  le  tout)  dont  1  arrière-fief  ; 

1  fief  à  Havrechy  *  par  la  dame  de  Sainte-Aregonde  {parti  au 
1  â argent  à  la  bande  de  sabkj  au  2  dar  et  de  sable  de  six  pièces 
au  bâton  en  bande  de  gueules). 


POUILLEUSE  (f>  394)  '. 

Philippe  de  Pouilleuses,  écuyer  {diapré  de  gueules  et  d  argent 
au  franc  quartier  de  sable),  tient  du  châlel  de  Glermont,  à  cause 
de  la  terre  qui  fut  le  seigneur  de  Presnes,  un  fief  à  Pouilleuse, 
dont  : 

3  fiefs  à  Pouilleuse  et  entre  Po.uilleuse  et  Semoy. 

RANTENY  (P  395)  ». 

Ledit  seigneur  tient  du  châtel  de  Clermont  un  fief  à  Ranteny 
comprenant  terres,  tailles,  cens,  corvées,  toute  justice  et  seigneu- 
rie. Et  sont  dudit  fief  les  voiries  de  Ranteny,  excepté  la  cauchie 
de  M.  le  Duc  *  ;  duquel  fief  sont  tenus  : 

4  fiefs  à  Ranteny,  dont  1  arrière-fief  ; 
2  fiefs  à  Vaux  »,  dont  1  arrière-fief  ; 

1  fief  de  la  mairie  de  Ranteny. 


1  Canton  de  Clermont. 

*  Canton  de  Clermont.  En  1539,  Antoine  de  Ravenel  était  par  héritage  maternel 
seigneur  de  Pouilleuse,  Ranteny  et  Sonstraine.  En  1789,  Pouilleuse  appartenait 
à  Jean-François  de  Pasquier  de  Pranclieu  et  Rantigny  avec  Soustraine,  hameau 
de  Cauffry,  étaient  unis  au  marquisat  de  Liancourt. 

*  Canton  de  Liancourt. 

*  De  droit  commun,  sous  la  législation  féodale,  la  justice  des  chemins  de  seize, 
de  trente-deux  et  de  soixante-quatre  pieds  de  largeur  appartenait  au  suzerain  ; 
mais  dans  l'étendue  du  comté  de  Clermont  la  coutume  l'attribuait  au  seigneur 
riverain.  Il  y  avait  cependant  exception  pour  certaines  localités,  telles  que  Cler- 
mont, Creil,  Remy,  Sachy-le-Grand.  Quelquefois  la  seigneurie  du  chemin  consti- 
tuait un  fief  particulier  sous  le  nom  de  voierie.  La  déclaration  de  Charles  de 
Campremy  (F.  infrà^  p.  245),  nous  en  fournit  un  exemple.  (F.  Beaumanoir, 
chap.  XXV.) 

*  Cambronne,  canton  de  Mouy. 


Digitized  by 


Google 


240  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVÂISIS. 


BRUEL-LE-VERT  (f  397)  \ 

Ledit  seigneur  tient  du  châtel  de  Clermont  un  fief  à  Bruel-le- 
Vert  avec  toute  justice  haute,  moyenne  et  basse.  Il  doit  avoir  à 
cause  de  son  dit  fief  depuis  le  dimanche  prochain  la  Saint-Amoul 
jusqu'au  dimanche  après  la  Saint-Martin  d'hiver  sur  la  bouche- 
rie de  Clermont,  chacun  dimanche,  une  épaule  de  bœuf  et  en  est 
payé  par  la  main  des  rentiers  qui  tiennent  à  ferme  la  rente  de  la 
boucherie. 

AUSSOUTRAINES  ', 

Ledit  seigneur  tient  du  châtel  de  Clermont  un  fief  à  Aussou- 
traines,  contenant  cens,  hostises,  pressoir  ;  duquel  sont  tenus  : 

1  fief  à  Aussoutraines  ; 

1  fief  à  Sachy,  dont  1  arrière-fief  à  Castenoy  *. 

NOUROY  (f^  399)  *. 

Colart,  seigneur  de  Nouroy,  dit  le  Borgne,  écuyer  {diapré  de 
gueules  et  d^ argent  à  deux  fasces  de  sable),  tient  du  châtel  de 

<  Canton  de  Clermont.  Breuii-le-Vert  appartint  d^abord  ,  ainsi  que  nous  Tavons 
indiqué,  aux  Candavène  par  le  mariage  de  Marguerite  de  Clermont  avec 
Hugues  II,  comte  de  Saint-Pol.  En  1373,  outre  le  fief  de  Philippe  de  Pouilleuse,  il 
en  existait  cinq  autres  sur  son  territoire  possédés  par  Charles  de  Campremy,  Guil- 
laume et  Louis  de  Souvegny  et  Jean  d*Abbecourt.  Tous  ces  fiefs  se  trouvaient  en 
1500  réunis  à  un  seul  hommage  entre  les  mains  de  Pierre  d'Argilliére.  D.  i^icole 
d*Argilliére,  chanoine  de  Beauvais,  comparut  en  1539  à  la  réformation  de  la  Cou- 
tume comme  seigneur  de  Breuil-le-Vert.  François  Forget  (d*azw  au  cfievnm  d'or 
accompagné  de  trois  coquilles  de  même),  grand  maître  des  eaux  et  forêts  de  Tlle- 
de-France,  en  obtint  au  mois  de  février  1674  Térection  en  vicomte.  Les  curateurs 
à  sa  succession  vacante  vendirent  le  20  septembre  1719  Breuil-le-Vert  au  duc  de 
Bourbon,  et  son  fils  le  prince  de  Condé  en  était  encore  possesseur  en  1789. 

*  Cauffry,  canton  de  Liancourt. 
>  Canton  de  Liancourt. 

*  Canton  de  Saint- Just.  Acheté  par  décret  par  les  Célestins  de  Paris,  ce  fief  fut 
par  eux  cédé  à  Jean  Bochard,  avocat  au  Parlement,  D.  {d*azur  à  un  croissant  d*or 
abaissé  sous  une  étoile  de  même)  lequel  comparut  à  la  réformation  de  la  Cou- 
tume en  1539.  Le  marquis  de  MouUay  possédait  en  1789  la  seigneurie  de 
Noroy  à  l'exception  du  fief  de  Coroy,  pour  lequel  le  sieur  de  Lancry  de  Pronleroy 
est  inscrit  au  procès  verbal  de  rassemblée  du  9  mars. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS.  241 

Clermont  la  seigneurie  de  Nouroy,  contenant  le  manoir  et  toute 
la  ville,  forages,  bornages,  roages,  toute  justice  et  seigneurie. 
Doit  chacune  masure  de  la  ville  une  corvée  en  mars  et  une  cor- 
vée en  août.  Duquel  sont  tenus  : 

2  fiefg  à  Nouroy  ; 

2  fiefs  à  Clermont  ; 

2  fiefs  à  Rémécourt  *  ; 

1  fief  à  Hervaï  ; 

1  fief  à  Sernoy  ',  dont  6  arrière-fiefs  ; 

i  fief  à  Pouilleuse  *,  dont  6  arrière-fiefs. 

TROIS  BSTOZ  (P  403)  *. 

Ëustache  de  Vilers  {(T argent  à  la  bande  dazur  chargée  de  trois 
fleurs  de  Us  d^or)^  tient  du  châtel  de  Clermont,  des  fiefs  de  Ron- 
querolles,  le  lieu  où  sa  grange  et  sate  de  Trois  Estots  sied,  terres, 
cens  et  moulin  de  Trois  Estez,  duquel  fief  sont  tenus  > 

i  fief  à  Pouilleuse  ; 

1  fief  à  Nouroy  qui  fut  à  Derthault  de  Trois  Estez. 

HAVRECHY  (f^  405)  •. 

Le  sire  de  Sarmoises,  chevalier  {de  gueules  à  dix  bosanges  d'^ar- 
gent)y  tient  du  chàtel  de  Clermont  un  fief  contenant  le  moulin 
de  Havrechy,  qui  souloit  valoir  i2  muids  de  blé,  duquel  est  tenu  : 

i  fief  à  Cuignères  *,  par  demoiselle  Jeanne  de  Cuignères 

*>  *  Cantoa  de  ClermonU 

*  Canton  de  Saint-Just. 

^Cemoy,  canton  de  Saint-Just.  Ce  fief  appartenait  en  1500  W  Jean  de  Béthan- 
court.  D.  et  en  1789  à  M.  d'HaiUes. 

s  Canton  de  Clermont.  Ce  moulin  d'Âyrechy  avait  été  jadis  au  Temple  (Ms. 
Fr.  4,663,  f»  1).  Vétat  de  Dargillière  Tinscrit  en  1*500  comme  possédé  par  le  comte 
de  Clermont.  Giles  de  Hangest  et  les  hoirs  de  Martin  de  Hangest  comparurent  à 
la  réformation  de  1539  en  qualité  de  seigneurs  d^Avrechy.  Cette  terre  était  alors 
déjà  et  demeura  depuis  unie  à  celle  d'Argenlien^  même  paroisse.  (F.  infra,) 
—  La  réunion  du  fief  du  sire  de  Sarmoises  au  domaine  eut  pour  résultat  de 
placer  dans  sa  mouvance  immédiate  le  fief  de  la  demoiselle  de  Cuignères.  D. 
Charies  de  Gomer  (d'or  à  sept  merlettes  de  gueules  au  lambel  de  même  posé  en 
fasce),  était  seigneur  de  Cuignères  en  1539  et  M.  Perrot  en  1789. 

*  Canton  de  Saint-Just. 


Digitized  by 


Google 


242  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS. 

{parti  au  i  fa$cé  et  or  et  de  sable  de  six  pièces  au  bâton  en  bande 
de  gueules,  au  2  d'hermines  à  técu  de  gueules  qui  est  de  Cugniêres), 
dont  34  arrière-fiefs,  à  Cuignères,  au-dessus  de  Nointel  *,  à 
Bruel-le-Sec  ',  à  Lamécourt  ',  à  La  Quesnotoye  *,  des  bois  de 
Saint-Ladre,  entre  RonqueroUes  '  et  la  chaussée  de  Rame- 
court  •. 

QUESNEL-LÉS-SAINT-JUST  (f  411)  \ 

Messire  Tristan  du  Bos,  chevalier  {de  gueules  semé  de  billettes 
d'or  au  lion  de  même),  tient  du  châtel  de  Clermont  un  fief  séant 
au  Quesnel-lès-Saint-Just ,  contenant  le  manoir  du  Ques- 
nel  et  la  chapelle  dans  laquelle  Tabbé  de  Saint-Just  doit  faire 
dire  trois  messes  la  semaine  et  les  gens  de  la  ville  dient  qu'on 
doit  tous  les  jours  chanter  messe  en  ladite  chapelle,  parmi  cer- 
taines terres  et  un  hôtel  sis  en  ladite  ville.  Item  bois,  pressoir, 
terres,  champarts,  four  banal,  vignes  et  32  corvées  d'hommes 
pour  les  faire  en  mars,  le  moulin  de  Tapperel,  un  vivier  à  sec, 
une  motte  enclose  de  saulx  avec  la  pêcherie  depuis  le  bout  du 
vivier  jusques  au  Mez.  Duquel  sont  tenus  : 

1  fief  au  Mez  '  ; 

1  fief  à  Saint-Remy-en-FEaue  ; 

i  fief  au  Quesnel,  dont  1  arrière-fief. 


HARGENLIEU  (f»  413)  •. 

Guillaume,  seigneur  de  Hargenlieu,  écuyer  {d'or  à  cinq  châ- 
teaux d*azur  au  lambel  de  gueules  à  trois  pendants  chargés  chacun 


^  Canton  de  Liancouri. 
\  >  Canton  de  Clermont, 

*  Bois  du  Queenoy  à  Cuignères. 
*,  *  Agnetz,  canton  de  Clermont. 

^  Saint-Remy,  canton  de  Saint-Just.  1539,  Guy  du  Boys  ;  uni  ensuite  à  la 
seigneurie  de  Saint-Remy-en-r£aue. 

*  Avrechy,  canton  de  Clermont. 

*  Avrechy,  canton  de  Clermont.  La  seigneurie  d'Argeolieu  appartenait  en  1539 
à  Gilles  de  Uangest  et  aux  enfants  mineurs  de  Martin  de  Hangest.  Cette  famille, 
dont  un  membre,  P.  de  Hangest,  cheyalier,  figure  déjà  au  dénombrement  de 
1373  comme  possédant  un  fief  à  Breuil-le-Sec  à  cause  de  la  dame  de  Hargenlieu, 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVÂISIS.  243 

de  trois  besants  d^ argent),  tient  du  châtel  de  Clermont  la  moitié 
du  manoir  de  Hargenlieu,  dont  : 

4  fiefs  à  Leuviller  *,   l'un  de  la  mairie,   dont  12  arrière 
fiefs  ; 

2  fiefs  du  champart  de  Lîeuviller,  dont  3  arrière-fiefs  ; 
1  fief  à  Havrechy  ; 
1  fief  à  Valescourt  '. 


LOUVIAUCOURT  (f  415)  \ 

Ledit  Guillaume  de  Hargenlieu  tient  le  manoir  de  Louviau- 
eourt  du  châtel  de  Clermont,  dont  : 

3  fiefs  à  Louviaucourt  et  2  arrière-fiefs  à  Rémécourt  *  et  Yil- 
lers-lès-Castenoy  '. 

Ledit  Guillaume  tient  du  chastel  de  Clermont  un  fief  à  Cler- 
mont •,  dont  : 

1  fief  à  Giencourt  '. 


Jacqueline,  veuve  de  Noël  Baillet,  poissonnière  d'eau  douce 
à  Paris,  tient  du  châtel  de  Clermont  un  fief  à  Louviaucourt. 


SA  femme,  portait  suivant  le  dit  dénombrement  :  échiqueté  d'argent  et  de  sable  à  la 
croix  de  gueules.  Martin  de  Uangest»  tué  à  la  bataille  de  Pavie  (1524),  ne  quali- 
fiait vicomte  d'Ârgenlieu,  et  le  titre  de  vicomte  était  en  effet  attaché  d'ancienneté 
sans  qu'on  paisse  en  citer  les  lettres  d'érection  à  ladite  seigneurie  (Ms.  Fr., 
^,220)  dont  Cuignères»  Âvrechy,  Le  Metz,  Biiancourt  et  Lamécourt  faisaient 
alors  partie.  (Graves.  Précis  statistique.)  En  1789,  le  sieur  Cave  d'Haudicourt  était 
seigneur  d'Argenlieu. 
',  *  Canton  de  Saint- Ju  st. 

*  Bailleval,  canton  de  Liancourt.  Trois  fiefs  existaient  à  Louviaucourt,  celui  de 
Guillaume  de  Hargenlieu,  de  la  veuve  de  Noël  Baillet  et  d'Antoine  de  Maubeuse. 
Réunis  entre  les  mains  de  Mathieu  de  Campdeville,  fils  d'Isabeau  de  Hargenlieu, 
ils  passèrent  par  le  mariage  de  leur  fille  Jeanne  dans  la  maison  de  Hangest,  D. 
qui  les  possédait  au  moment  de  la  réformation  de  1539. 

*  Canton  de  Clermont. 

*  Castenoy,  canton  de  Liancourt. 

<  Ce  fief,  dit  de  Lôpinette,  appartenait  par  indivis  en  i^ùO  au  comte  et  aux  hoir» 
de  Campdeville,  D.  desquels  il  passa  aux  Hangest. 
^  Breuil-le-Vert,  canton  de  Clermont. 


Digitized  by 


Google 


244  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 


ANSAC  (fo  417)  *. 

Ledit  Guillaume  de  Hargenlieu  tient  un  fief  à  Ansac  du  châ- 
tel  de  Clermont  et  de  Money  le  chastel  par  indivis,  dont  : 
3  fiefs  à  Mérat  *  et  Ansac  ; 
3  fiefs  à  Ansac. 


SAINT-REMY-EN-L'EAUE  (f»  419)  \ 

Messire  Walles,  sire  de  Quiquempoix^  chevalier  {(for  à  cinq 
châteaux  de  gueules  au  lambel  dfazur) ,  tient  du  châtel  de  Cler- 
mont un  fief  à  Saint-Remy-en-FEaue,  contenant  terres,  bois, 
la  propriété  du  moulin,  dont  Jean  de  Saint-Remy  a  Tusaire  sa 
vie  durant,  toute  justice  et  seigneurie.  Duquel  sont  tenus  : 

3  fiefs  à  Boutenangle  *,  dont  8  arrière-fiefs,  l'un  de  la  mairie  ; 

2  fiefs  à  Saint-Remy-en-l'Eaue,  dont  10  arrière-fiefs,  l'un  de 
la  mairie  ; 

2  fiefs  au  Mesnil  '  ; 

1  fief  du  moulin  de  Saint-Remy,  dont  2  arrière-fiefs  ; 

1  fief  du  prévôt  de  Saint-Just,  dont  2  arrière-fiefs  à  Saint- 
Remy  et  Valescourt  •. 

*  Canton  de  Mouy.  Le  fief  de  Guillaume  de  Hargenlieu  et  celui  de  Philippe 
d*Auvillers  (K.  infra)  étaient  réunis  en  1500  dan»  les  mains  de  Laurent  Herbelot,  D, 
dont  la  fille  Claude  épousa  Pierre  Popillon.  Leur  fils  Nftote  Popîllon  (cTazur  à  la 
fasce  d'or  accompagnée  de  trois  quintefeuilles  (forgent)  compco^ut  à  la  réformation 
de  1539.  Marguerite  Guyot  des  Charmeaux,  dame  d' Ansac,  épousa  en  1615  Henri 
du  Plessis,  marquis  de  Richelieu,  f^ère  atné  du  cardinal.  Celui-ci  recueillit  Ansac 
dans  la  succession  fraternelle  et  en  rendit  fbi  et  hommage  au  comté  de  Clermont 
le  12  juin  1623.  Il  le  constitua  avec  ses  autres  terres  du  Beauvaisis  en  dot  à  sa 
nièce  Claire-Clémence  de  Maillé-Brézé,  princesse  de  Condé.  Un  arrangement  de 
famille  fit  passer  Mouy,  Ansac,  Cambronne  et  le  Plessis  Billebault  à  Armand  de 
Boorbon-Conti  (25  mars  1651),  dont  Tarrière-petit-fils  vendit  le  7  octobre  1783  à 
Monsieur  frère  du  roi. 

*  Bury,  canton  de  Mouy. 

»  Canton  de  Saint- Just.  Une  partie  de  Saint-Remy  relevait  de  Bulles  {V.  supra). 
i539,  Guy  du  Bos.  1789,  de  Flahaut,  marquis  de  la  Billarderie  et  Chardon  du  Havet 
pour  le  fief  Jean  Leclercq. 

^  Ham.  de  Saint-Remy.  Un  des  fiefé  de  Boutenangle  fut  plus  tard  placé  dans  ia 
mouvance  directe  de  Clermont,  et  ensuite  réuni  à  la  seigneurie  principale. 

'  Mesnil-sur-BuUes,  canton  de  SainWust. 

^  Canton  de  Saint-Just. 


Digitized  by 


Google 


LE  COMTÉ   DE  CLERMONT  EN   BEAUVAISIS.  245 


LE  MEZ  (P425)V 

Monseigneur  Tristan  de  MaignelerS;  chevalier  [de  gtœules  à  la 
bande  d'or),  tient  du  châlel  de  Clermont  un  fief  en  la  ville  du 
Mez,  contenant  entre  autres,  masures  et  cens  à  Havrechy,  fort 
réduits,  «  car  toute  la  grcigneur  desdites  masures  sont  vastes  et 
en  f ries  tant  pour  le  fait  des  guerres  que  pour  la  mortalité  »,  toute 
justice  et  seigneurie,  dont  sont  tenus  : 

1  fief  à  BaiUeul-le-Sot  •  ; 

3  fiefs  à  Maimbeville  *,  dont  10  arrière-fiefs  à  Maimbe ville, 
Havrechy,  la  grange  de  Nourroy  *,  Clermont  ; 

4  fiefs  au  Mez  ; 

1  fief  à  Saint-Remy-en-FEaue, 


ARION  (f»  429)  *. 

Charles  de  Campremy,  écuyer  {d'argent  à  la  bande  de  gueules 
à  six  merlettes  de  même  en  orle  au  lambeld*azur)j  tient  du  châtel 
de  Clermont  un  fief  séant  à  Arion  avec  la  motte,  justice  et  sei- 
gneurie. 

CLERMONT  (P  429). 

Ledit  Charles  tient  du  châtel  de  Clermont  un  fief  à  Clermont, 
qui  fut  feu  Jean  de  Fontaines,  où  sont  mentionnées  deux  cha- 
pelles fondées  l'une  par  Jean  de  Lestaque,  l'autre  par  Gilles  de 
Crapain,  contenant  un  moulin  à  eau  séant  en  ladite  ville,  cens 
sur  des  masures,  justice  en  toutes  les  voieries  de  ladite  ville, 
dont  sont  tenus  : 


*  Avrechy,  canton  de  Clermont. 
*,  >  Canton  de  Clermont. 

^  Canton  de  Saint-Jast. 

*  Canton  de  Clermont.  Charles  de  Passi,  héritier  de  dame  Jeanne  de  Campremy 
releva  ledit  fief  en  1480.  Ayant  été  prévenu  de  mort  en  Bretagne  contre  le  roi  et 
monseigneur,  par  ce  est  venu  ledit  fief  à  monseigneur  par  confiscation,  qui  Ta 
donné  par  lettres  du  26  avril  1490  à  Huges  de  Broyés  dit  de  Passi  son  frère.  D. 
Airion  fut  uni  en  1710  au  duché  de  Fitzjames. 


Digitized  by 


Google 


246  LE  COMTÉ   DE  CLERMONT   EN    BEATTVAISIS. 

1  fief  à  Ressens  *  par  messire  Jean  de  Mailly,  chevalier  {d'or 
à  trois  maillets  de  gueules  au  lambel  cTazur  à  trois  pet^dants  char' 
gés  chacun  de  quatre  billet  tes  chargent),  dont  4  arrîère-fiefs,  l'un 
sur  le  travers  de  Ressons  ; 

2  fiefs  à  RrueUe-Vert  par  Philippe  de  Foulleuses  et  messire 
Paon  du  Quesne  ; 

4  fiefs  à  Morival  *  par  Florent  de  Nully  {d'or  à  la  croix  de 
gueules  chargée  de  trois  besants  d'argent  à  la  croix  de  gueules  au 
premier  canton)  et  Jean  de  Touffreinville  {fascé  d! argent  et  de 
gueules  de  douze  pièces  à  la  bande  de  gueules  chargée  de  trois 
coquilles  d'or). 


ROTELEU  (P  431)  \ 

Ledit  Charles  de  Campreny  tient  à  Rotelou  du  châtel  de 
Clermont  un  fief  contenant  un  pressoir  et  four  «  qui  de  présent 
ne  valent  rien.  » 


RONQUEROLLES  (f  433)  \ 

Jehan,  sire  de  Rasentin  {(Tazur  semé  de  fleurs  de  lis  d'argent) 
tient  du  châtel  de  Clermont  un  fief  séant  à  Ronquerolles  et  plu- 
sieurs autres  villes  des  environs,  contenant  son  donjon  enclos 
de  murs  et  de  fossés  à  eau,  avec  sa  basse-cour  et  jardin.  Item 
l'usage  en  la  forêt  de  Hez  pour  chauffer  en  son  dit  hostel,  bois, 
cens,  rentes  à  Ronquerolles,  Warti  *,  Cressy  %  Roulencourt  ', 


>  Chef-lieu  de  canton  de  Farrondissement  de  Ck)mpiègne. 

*  Grandfresnoy,  canton  d'Estrées. 

*  Breuil-le-Vert,  canton  de  Clermont.  n  existait  sur  le  territoire  de  Roteleu  six  autres 
fiefs  appartenant  à  Louis  de  Souvegny,  au  seigneur  de  Soiecourt,  à  Guillaume  de 
la  Tournelle,  à  Régné  de  Trie  et  à  Jean  d'Ars.  L'un  de  ces  fiefs  au  moins  était  en 
censives  au  xvi«  siècle.  H.  1539,  Gabriel  du  Vergier.  1789,  le  duc  de  Bourbon. 

*  Agnetz,  canton  de  Clermont.  Nous  avons  déjà  vu  que  le  comte  de  Clermont 
possédait  à  Ronquerolles  un  fief  acquis  par  Louis  II  de  Bourbon.  1539,  Jean  de 
Humières  (d'argent  frété  de  sable).  Vendu  à  François  Ollicr  en  1602  par  Jacque- 
line de  Humières,  le  fief  de  Ronquerolles  fut  uni  au  marquisat  de  Nointel,  qu'ac- 
quit en  1787  le  duc  de  Bourbon. 

*  Canton  de  Clermont. 

^  Airion,  canton  de  Clermont. 
^  Agnetz,  canton  de  Clermont. 


Digitized  by 


Google 


LB  COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUYAISIS.  247 

Nully   *    et   Béthencourt    Saint-Nicolas  *.    Duquel   fief   sont 
tenus  : 

4  fiefs  à  Clermont  par  messire  Gilles  de  Soiecourt,  chevalier 
[<P argent  frété  de  gueules  au  lambel  d'azur),  parHavot  d'Estrées 
{(^argent  à  une  rose  de  sable  à  huit  merlettes  de  même  en  orle), 
par  Mahieu  d'Aridel  {fascé  (f  argent  et  de  sable  de  six  pièces  à  trois 
merlettes  de  gueules  au  chef)  et  par  Jean  de  Touffreinville  ; 

1  fief  à  Moineville  •  par  le  sieur  de  Pacy,  chevalier  [de  gueules 
à  trois  pals  vairés  (f  argent  et  d'azur  au  chef  d'or  chargé  de  trois 
coquilles  de  sablé)  ; 

4  fiefs  à  Ramecourt  *  par  Tristan  de  Soisy,  Philippe  d'Auviller, 
Marin  de  Vendeul  [d'argent  à  la  fasce  de  sinopk  accompagnée  de 
trois  coquilles  de  gueules)  et  par  Oudart  le  Courdelier  {de  sable  à 
trois  chandelles  d'or  en  pal  au  feu  de  gueules),  dont  2  arrière-fiefs  ; 

1  fief  aux  Trois  Estoz  '  par  Tristan  de  Soisy  ; 

i  fief  à  Sachy  '  que  soûlaient  tenir  les  hoirs  de  feu  mes- 
sire Régnant  de  Chepoix  ; 

1  fief  à  Saint-Rimoult  ^  par  la  dame  de  Leglantier  (parti  au  1 
^argent  à  trois  tourteaux  de  gueules  au  lambel  d^azur^  au  2  de 
gueules  à  deux  fasces  d'argent^  une  merlette  d'or  en  chef)  ; 

1  fief  à  Buisancourt  '  par  Guillaume  de  Hargenlieu  ; 

1  fief  à  Estoy  *  par  messire  Jean  d'Epineuses  ; 

1  fief  à  La  Neuville-en-Hez  *®  par  Pierre  le  Mire  de  la  Neuville, 
contenant  un  bien  qui  fut  Guillaume  de  Courlieu  ; 

1  fief  à  Abbecourt  "  par  Philippe  d'Abbecourt  {d'argent  à  la 
fasce  de  gueules  à  six  merlettes  de  même  en  orle)  ; 

{  fief  entre  Lis  et  la  forêt  de  Hez  par  Jean  Féré  {de  gueules 
au  chef  d^or  chargé  de  trois  fers  à  cheval  de  sable)  ; 

>  Canton  de  Mouy. 

*  Bailleval,  canton  de  Liancourt. 

*  Canton  de  Liancourt. 

*  Canton  de  Clermont. 

*  Cemoy»  canton  de  Saint-Just. 

*  Canton  de  Liancourt. 

"f  Essuile^  canton  de  Saint-Just.  En  Tan  1464,  le  seigneur  de  Ronquerolles 
refusa  à  messire  Le  Bar  de  Rely  à  relief  de  ce  fief,  par  lequel  refus  icelui  de 
Hely  Tint  le  relever  à  monseigneur  le  comte  et  pour  ce  dorénavant  ce  relief  est 
écrit  sur  les  pleins  fiefs  de  Clermont.  D. 

*  Avrechy,  canton  de  Clermont. 
•,  ^  Canton  de  Clermont. 

**  Canton  de  Noailles. 


Digitized  by 


Google 


248  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 

1  fief  tenu  par  Guillaume  de  Souvegny  {cTazur  au  sautoir  dar- 
gent  accompagné  de  quatre  merlettes  dor)  ; 

i  fief  à  BrueUe-Vert  *  par  Charles  de  Campreny  ; 

i  fief  au  Plessier  dessus  Saint-Aubin  *,  par  Symon  de  Blain- 
court  {(^argent  à  Fécu  de  gueules  à  huit  merlettes  de  sable  en  orle 
à  la  bordure  d^azur),  dont  6  arrière-fiefs  audit  Plessier  ; 

1  fief  à  Silly  •  par  Gilles  d'Aumaret  {etargent^  émanché  de 
sinopk),  dont  3  arrière-fiefs  à  Silly,  à  Tillart  et  h  Hodenc  *  ; 

1  fief  près  de  Rieu  •  par  Pierre  des  Prés  {d'argent  à  la  fasce 
desinople  au  bâton  en  bande  de  gueules). 

SAILLEVILLE  (P  439)  •. 

Ledit  sieur  de  Bazentin  tient  à  Sailleville  un  fief  du  chàtel 
de  Clermont. 

[Ce  qui  est  écrit  audit  dénombrement  comme  étant  de  Lien- 
court  est  de  présent  joint  à  la  ten^e  de  Liencourt,  qui  fut  la 
vicomtesse  de  Breteuil,  et  ainsi  ladite  terre  de  Liencourt  se  tient 
de  Monseigneur  en  deux  hommages.  ] 


LIS  (f  443)  '. 

Simon  du  Sart  (cT or  à  fécu  de  gueules  à  la  bande  componnée 
d^ argent  et  de  gueules)  ^  tient  à  Liz  un  fief  du  châtel  de  Clermont 


>  Canton  de  Clermont. 

*  Saint-Aubin-8ous-Erquery,  canton  de  Clermont. 

>  Canton  de  Noaliles.  TiUart,  hameau  de  Silly. 

*  Hodenc-rEvéque,  canton  de  Noailles. 

*  Canton  de  Liancoort. 

^  Laigneville,  canton  de  Liancourt.  Ce  fief  appartenait  au  xv^  siècle  à  la  cha- 
pelle Saint- Jean-Baptiste  au  grand  Warty.  D.  n  était  dit  fief  Saint- Jean  de  Warty 
en  1635.  H. 

'^  Canton  de  Clermont.  On  a  yu  supra  que  le  comte  de  Clermont  y  avait  un 
domaine.  Le  chapitre  de  Saint-Pierre  de  Beauvais  en  possédait  un  également,  pour 
la  sécurité  duquel  il  avait  obtenu  en  1162  de  Louis  VII  la  démolition  d'une  for- 
teresse appartenant  à  Raoul.  La  charte  royale  prescrivant  cette  démolition  est 
ainsi  conçue  :  u  In  nomine  sancte  et  individue  Trinitatis  Amen.  Ego  Ludovicus 
Dei  gratià  Francorum  Rex.  Quoniam  que  fiunt  pro  pace  ecclesiarum  sic  commu- 
niri  oportet  ne  in  post  modum  vemitia  malignantium  impejorari  possint,  notum 
fncimus  universis  presentibus  et  futuris  quod  Episcopo  Belvacensi  Bartholomeo 
et  sancti  Pétri  Capitulo  intervenientibus  per  voluntatem  et  imperium  nostrum 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT    EN    BEAUVAISIS.  249 

contenant  manoir,  bois,  prés,  vivier,  cens,  corvées,  rentes,  sai- 
sines, bornages  et  roages.  Duquel  sont  tenus  : 

2  fiefs  à  Louvres-en-Parisis  *  et  2  arrière-fiefs  ; 
i  fief  à  Sainqueux  '  et  2  arrière-fiefs  ; 
1  fief  à  Nuliy  '  ; 

1  fief  à  Camberonne  *  ; 

2  fiefs  à  la  Neuville-en-IIez  •  ; 
1  fief  à  Espineuses  *  ; 

1  fief  à  Clermont  ; 

1  fief  à  Besquerel  '  ; 

1  fief  à  NointeP  ; 

1  fief  à  Rosteleu  •  et  Auviller  *"  ; 

1  fief  de  Drieu  Le  Maire,  de  Cannettecourt,  et  1  arrière-fief; 

1  fief  à  Ansac  "  ; 

2  fiefs  à  Monthatère  '\ 


firmitas  de  Liso  funditus  destructa  est,  neque  post  modum  ibidem  sedificabitur 
firma  domus  et  quod  non  reedificabitur  firmitas,  et  quod  malum  non  faciet  ville 
et  pertinentiis  ejos  aCRdavit  dominus  Ciarimontis  Radulfus  rufus.  Quod  ut  ita 
ratum  sit  in  posterum  et  ommino  inconvulsum  Karta  et  sigillo  nostro  confirmari 
pnecipimus.  Actum  publiée  ante  nos  Sylvanectis  anno  ab  incarnacione  domini 
4162.  Astantibus  in  palatio  nostro  quorum  apposita  suntnomina  et  signa.  Comitis 
Theobaldi  Dapiferi  nostri.  X  Guidonis  Buticularii.  X  Mathei  Camerarii.  Constabu- 
lario  nullo  Datum  per  manum  Hugonis  cancellarii.  »  (Coll.  Moreau  TLXXI  et  coll. 
Dom  Grenier  CC1X  f»  166).  Suivant  Dom  Grenier  les  vestiges  de  la  forteresse  du 
comte  Raoul  existaient  encore  dans  le  courant  du  xviiie  siècle  à  l'occident  de  la 
maison  seigneuriale  des  Vignacourt.  Indépendamment  des  deux  domaines  ci- 
dessus  mentionnés  ainsi  que  du  fief  de  Simon  du  Sart,  il  existait  sur  le  territoire 
de  Litz  trois  autres  fiefs  appartenant  en  1373  à  Tristan  de  Soisy,  Quartier  de  Ne- 
donchel  et  Guillaume  de  Souvegny.  En  1539,  François  du  Breuil,  Jean  de  Vignacourt 
et  H.  Pulleu,  comparurent  à  la  réformation  de  la  Coutume  comme  seigneurs 
de  Litz  en  partie.  Le  premier  détenait  alors  le  fief  de  Simon  Du  Sart.  Nous  ne 
savons  quels  étaient  les  fiefs  qui  appartenaient  aux  deux  autres.  Jean  de  Vigna- 
court (d'argent  à  trois  fleurs  de  lis  au  pied  coupé  de  gueules)  s'intitulait  en  même 
temps  seigneur  du  fief  de  Myre.  H  possédait  aussi  la  Motte-d'Avregny,  terre  non- 
déclarée  au  terrier  mais  dont  son  père  et  lui  avaient  fait  hommage  au  comté  en 
1468  et  1499.  D.  Litz  fut  incorporé  en  1732  au  duché  de  Fitzjames. 

^  Canton  de  Luzarches,  Seine-et-Oise. 

*  Canton  de  Liancourt. 

•,  ♦  Canton  de  Mouy. 

»,  •  Canton  de  Clermont. 

■^  Fitzjames,  canton  de  Clermont. 

s  Canton  de  Liancourt. 

»  Breuil -le-Vert,  canton  de  Clermont. 

*^  Neuilly-sous-Clermont,  Canton  de  Mouy. 

*»  Canton  de  Mouy. 

"  Canton  de  Creil.  17 


Digitized  by 


Google 


250  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 

LA  NEUVILLE  EN  HEZ. 

Ledit  Simon  tient  du  châtel  de  Clermont  deux  autres  fiefs 
séants  à  La  Neuville-en-Hez  *. 

Jehan,  sieur  de  Basentin,  tient  du  châtel  de  Clermont  sa  ga- 
renne pour  le  gros  et  pour  le  menu  en  tous  ses  bois  ■. 

Messire  Jehan  Marie  {de  sable  à  la  fasce  crénelée  dessus  et  des- 
sous d'argent  au  bâton  en  bande  de  gueules),  tient  du  châtel  de 
Clermont  un  fief  séant  à  La  Neuville  '. 


Morellet  d'Estrées  (qui  porte  comme  d'Estrés  au  bâton  en  bande 
de  gueules),  tient  du  châtel  de  Clermont  un  fief  *. 

Colin  Le  Bègue  {de  sable  à  trois  pigeons  chargent)  tient  du  châ- 
tel de  Clermont  un  fief. 


WARTl  (f  445)  *. 

Tristan  de  Soisy,  écuyer  {H argent  à  Pécu  de  gueules,  une  mer^ 
lette  de  sable  au  côté  dextre  du  grand  écu),  tient  du  châtel  de 
Clermont  un  fief  séant  à  Warti,  contenant  son  manoir  de 
Warti,  le  vivier  de  Beronne ,  bois  de  Beronne  et  de  Bousson- 
val,  champarts,  le  moulin  de  Warti-Saint-Pierre,  qui  à  présent 


*  Canton  de  Clermont.  L'un  de  ees  ûeîs  était  possédé  en  1500  par  N...  Dagom- 
bert.  D.  L'autre  dit  de  Courlieu  appartenait  à  la  même  époque  à  un  sieur 
Parent.  D.  et  fut  incorporé  en  1749  au  duché  de  Fitzjames. 

*  On  a  vu  supra  Tappointement  intervenu  en  1375  entre  le  duc  de  Bourbon  et 
le  sire  de  Bazentin  relativement  au  droit  de  chasse.  (Ms.  Fr.  20,082,  f»  571.) 

«  Ce  fief  appartenait  en  1539  au  sieur  Faluel. 

*  La  situation  et  la  consistance  de  ce  fief,  pas  plus  que  du  suivant,  ne  sont  in- 
diquées dans  le  dénombrement.  L'état  de  Dargillière  nous  apprend  que  le  fief  de 
Morellet  d'Estrées  était  sis  à  Estrées-Saint-Denis  et  appartenait  en  1500  à  Christophe 
de  Francières.  Par  charte  d'août  1230,  Philippe  Hurepel  avait  abandonné  à  l'ab- 
baye de  Saint-Denis  la  mouvance  de  divers  fiefs  à  Ëstrées  et  Bailleul-le-Soc,  mais 
s'était  réservé  l'hommage  lige  de  la  maison  forte  et  de  la  prévôté  de  la  moyenne 
justice  d'Estrées.  (Coll.  Moreau,  t.  CXLIII.) 

B  Âuj.  Fitzjames,  Beronne,  hameau.  V.  les  notes  à  Tarticle  du  seigneur  d'Espi- 
neuses,  p.  237. 


Digitized  by 


Google 


LB   COMTÉ   DE   CLEBMONT   EN    BEAUVAISI8.  251 

n'est  baillé  que  pour  52  mines  de  blé  pour  la  destruction  des 
guerres,  cens  à  Moigneville  S  toutejustice  et  seigneurie.  Duquel 
sont  tenus  : 

6  fiefs  à  Warti,  dont  3  arrière-fiefs  à  Buri,  à  Clermont  et  au 
Moulin  de  Nointel 
i  fief  à  Moigneville  ; 
i  fief  à  Espineuses  *  ; 
1  fief  à  Beronne  ; 

1  fief  à  Marigny-lès-Compiègne  '  ; 
1  fief  à  Monthatère  *  ; 
1  fief  au  Vigneul  de  Clermont  ; 
1  fief  en  la  montagne  de  Clermont. 

(P  448.)  Ledit  Tristan  tient  du  châtel  de  Clermont  un  fief  au 
terroir  de  Clermont  *,  contenant  5  arpents  de  vigne  que  on  fait 
au  tiers  pot,  avec  toutejustice,  dont  : 

1  fief. 

Ledit  Tristan  tient  du  chàtel  de  Clermont,  des  fiefs  de  Bon- 
queroUes,  un  fief  à  Lis  *. 


VILLERS-LES-CASTENOY  (f  448)  \ 

Messire  Jean  de  Basincourt,  prêtre  ((Tazur  à  3  anneaux  d ar- 
gent couronnés  d'or),  tient  du  châtel  de  Clermont  un  fief  séant  à 
Villers-les-Castenoy,  contenant  3  muids  de  vin  de  rente,  etc., 
dont  : 

3  fiefs  à  Villers  dont  trois  arrière-fiefs. 


<  Canton  de  Liancourt. 
«  Canton  de  Clermont. 
s  Canton  de  Gompiègne. 

*  Canton  de  Creil. 

»  Ce  flef  appartenait  en  1500  anx  La  Bretonnière  de  Warty.  D. 

*  Canton  de  Clermont.  Ce  flef  était  possédé  en  1500  par  un  sienrd'Erqoinvii- 
liers,  D,  dont  il  avait  pris  le  nom  en  1624.  H. 

f  Castenoy,  canton  de  Liancourt.  Ce  fief  dit  de  Verberie  était  en  1500  au  sieur  de 
Vaulx.  1539,  dame  Françoise  de  Bonrgoigne,  dame  de  Villers. 


L 


Digitized  by 


Google 


252  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAÏSI5, 


ONS-EN-BRAY  \ 

Jehan  Le  Cordier  {de  gueules  à  un  cercle  encordé  d'or  et  de 
sinople),  tient  du  châtel  de  Clermont  un  fief  séant  à  Ons-en- 
Bray,  contenant  la  moitié  d'une  maison. 

ESTOY  \ 

Messire  Jehan  d'Epineuses,  chevalier  {dhermines  à  Fécu  de 
gueules) y  seigneur  d'Estoy,  tient  du  châtel  de  Clermont  le  ma- 
noir d'Estoy,  terres,  prés,  moulin,  champarts,  cens.  Item,  sou- 
loit  avoir  80  hostes  et  40  corvées.  Item  au  Vigneul  de  Clermont 
au  lieu  dit  Cantepie,  6  arpents  de  vigne.  Justice  haute,  moyenne 
et  basse,  duquel  sont  tenus  : 

1  fief  à  Condé  '  dont  un  arrière-fief  à  la  chaussée  de  Rame- 
court  *  ; 

1  fief  de  la  Mairie. 


ANSAC  \ 

Philippe  d'Auviller,  écuyer  {de  gueules  à  la  fasce  de  sable 
chargée  <Fune  étoile  cPor  d  dextre^  accompagnée  de  six  merlettes 
d^or  en  or  le)  y  tient  du  châtel  de  Clermont  un  fief  qui  fut  Jean 
de  Bretuel,  «éant  au  terroir  d'Ansac. 


1  Canton  d^Auneuil. 

*  Canton  de  Clermont.  1539,  Lonis  d^Ognies  {de  sinople  à  la  fasce  cThermines), 
comte  de  Chaulnes,  en  faveur  duquel  le  duc  de  Bourbon  érigea  en  fief  par  lettres 
patentes  de  1492  le  domaine  des  Essarts,  depuis  appelé  Cohen,  sis  entre  Bulles, 
Bizancourt  et  Airion.  D.  Le  quint  du  fief  de  Jean  d'Epineuses  appartenait  en  1500 
à  réglise  d'Etouy  qui  en  fournissait  homme  vivant  et  mourant.  Ilnd,  En  1689, 
Pierre  Rioult,  alors  seigneur  d*Etouy,  obtint  la  réunion  à  la  justice  de  cette  terre 
de  celles  de  Litz  et  de  la  Rue  Saint-Pierre.  Toutes  trois  furent  en  1732  incorporées 
au  duché  de  Fitzjames. 

8  Rochy-Xk)ndé,  canton  de  Nivillers. 

*  Agnetz,  canton  de  Clermont. 
»  Canton  de  Mouy. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS.  253 


CAMBERONNE \ 

Messîre  Henri  Judas  {d'or  à  trois  merlettes  de  sablé)  y  tient  du 
châtel  de  Clermont  en  la  paroisse  de  Camberonne  un  fief  conte- 
nant cens  et  rentes. 

BETHENCOURT-SAINT-NICOLAS  '. 

Lorens  de  Pierrepont  {d'azur  au  pont  d argent^  une  étoile  en 
chef  à  dextre),  tient  du  châtel  de  Clermont  un  fief  séant  à  Be- 
thencourt-Saint-Nicolas. 

ARS'. 

Jehan  Faveriau  {de  gueules  à  la  fasce  dor  émaiiché  d'azur^ 
accompagnée  de  trois  fers  à  cheval  d^ argent),  tient  du  châtel  de 
Clermont  la  terre  d'Ars,  contenant  son  manoir,  jardin  et  lieu  où 
souloit  avoir  deux  pressoirs  banaux,  four  banal,  vignes,  cens, 
corvées,  champarts,  justice  et  seigneurie,  duquel  sont  tenus  : 

3  fiefs  à  Ars  ; 

1  fief  de  la  mairie  d'Ars. 

Ledit  Jehan  tient  du  châtel  de  Clermont  un  fief  séant  à  Ars,  qui 
fut  le  maire  d'Haudivillers,  et  à  Yaux-sous-Camberonne,  conte- 
nant un  manoir  lieu  et  pressoir,  terres,  cens,  tailles,  corvées, 
vinages,  justice  et  seigneurie. 


•-Canton  de  Mooy.  1539,  Louis  de  Piennes  (d* azur  à  la  fasce  (targent  accom- 
pagnée de  six  billettes  d*or,  trois  en  chef  et  trois  en  pointé).  Acquis  en  1609  par 
Marguerite  Guyot  des  Charmeaux  et  Bernard  Potier  de  Silly,  son  premier  mari, 
ce  fief  passa  au  même  titre  qu'Ansac  dans  la  maison  de  Conti  et  se  trouvait  pos- 
sédé en  1789  par  Monsieur,  frère  du  roi. 

■  Bailleyal,  canton  de  Liancourt.  1539 ,  Nicole  Charles,  seigneur  du  Plessis- 
Piquet  (écarteîé  au  i  et  k  d'argent  à  une  fasce  de  gueules,  au  2  et  d  d'or  à  cinq 
/leurs  de  lis  d'argent  mises  en  sautoir).  Au  xvin«  siècle  uni  au  marquisat  de  Lian- 
court. 

*  Cambronne,  canton  de  Mouy.  Lee  deux  fiefs  de  Jean  Faveriau  se  trouvaient 
de  même  ensemble  en  1539  aux  mains  de  Wuast  de  Hédouville  {d'or  au  chef  d'azur, 
chargé  d'un  lion  léopardé  d'argent  lampassé  de  gueules)  ;  ils  furent  unis  en  1680 
au  domaine  de  Liancourt. 


Digitized  by 


Google 


254  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS. 

CRESSONSART  (f  4S3)  \ 

Messire  Gilles,  sire  de  Nedonchel,  Auchel  etCressonsart,  che- 
valier [(ïazur  à  la  bande  (T argent),  tient  son  diâtel  de  Cresson- 
sart  et  son  grand  manoir  tout  à  pur  de  M.  le  duc  de  Bourbon- 
nais, à  cause  de  son  châtel  de  Clermont. 

Ledit  messire  Gilles  tient  tout  le  demeurant  delà  terre,  fiefs  et 
arrière-fiefs  par  indivis  du  châtel  de  Clermont  et  du  seigneur  de 
Bulles,  four,  pressoir,  soixante-douie  hostises,  valant  six  muids 
d'avoine  chacune,  6  deniers  et  vingt  corvées,  vingt  autres  hos- 
tises valant  cent-soixante  chapons ,  cinquante  muids  d^avoine , 
70  sous  de  menus  cens  et  deux  cents  corvées,  deux  cent-quatre- 
vingts  arpents  de  bois,  moulin,  champarts,  toute  justice  et 
garenne.  Item  le  fief  d'Apremont.  Duquel  messire  Gilles  sont 
tenus  : 

1  fief  à  Carrières  *  par  M"*®  Yolande  de  Varennes,  dame  de 
Moncavrel  {parti  au  \  coupé  au  1  d'or  au  2  de  gueules  à  trois 
roses  d argent  ;  au  2  de  gueules j  à  la  croix  dCor,  qui  est  de  Va- 
rennes),  dont  vingt-sept  arrière-fiefs  à  Camberonne  ',  entre 
Senlis  et  Creil,  que  souloit  tenir  P.  de  Laverchines,  chevalier, 
à  Hondainville,  à  Avregny  * ,  à  la  Motte-d'Aucourt  %  à  Bre- 
nouille  *  ; 

1  fief  à  Boulaincourt  ^  par  Eustache  de  Mîrelessart,  dont  un 
arrière-fief  ; 

2  fiefs  à  Rouvillers  '  par  Hutin  de  Rouvillers  {de  gueules  au 
quintefeuille  d'argent  à  neuf  merlettes  de  même  en  orle)  dont  trois 
arrière-fiefs; 

1  fief  à  Cressonsart. 

^  Aigourd'hui  Cressonsacq,  canton  de  Saint-Just.  1539,  Gilles  du  Fay  (d'argent 
semé  de  fleurs  de  lis  sans  nombre  de  sable),  1789,  Dame  Marie  Cavelier,  veuve  'de 
Jean  Ogier ,  conseiller  d'Etal.  BosquiUon  (FFr.  25,220),  inscrit  la  terre  de  Cres- 
sonsacq  au  nombre  de  celles  qui,  sans  lettres  d'érection,  portaient  d'ancienneté  le 
titre  de  vicomte  justifié  par  contrats,  sentences  et  partages. 

*  Hondainville,  canton  de  Mouy. 
«  Canton  de  Mouy. 

♦  Canton  de  Clermont. 

»  Choisy-la- Victoire,  canton  de  Clermont. 

^  Canton  de  Liancourt. 

'^  Agnetz,  canton  de  Clermont. 

«  Canton  de  Saint-Just. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT    EN   BEAUVAISIS.  255 

GOURNAY  (f  466)  \ 

Messire  Estèvede  la  Grange  {de  gueules  au  chef  d'argent  chargé 
de  trois  merlettes  de  sable)  ^  tient  du  châtel  de  Clermont  un  fief 
séant  à  Gournay. 

CLERMONT  ET  BAILLEUL-LE-SOC. 

Ledit  messire  Estève  tient  du  châtel  de  Clermont  un  fief  com- 
prenant 6  livres  parisis  de  rente  sur  la  recette  de  Clermont  et 
soixante-douze  masures  à  Bailleul-le-Soc,  devant  chacune  trois 
muids  d'avoine. 

RANTENY  V 

Messire  Paon  des  Quesnes,  chevalier  {d'argent  à  la  croix  de 
gueules  frétée  d^or^  à  Vécu  if  azur  renversé  au  premier  canton), 
tient  du  châtel  de  Clermont  un  fief  séant  à  Ranteny ,  qui  fut 
Enguerrand  de  Brunviller,  contenant  terres  et  cens. 

CASTELLON  \ 

Le  Borgne  de  la  Tournelle  {d^ argent  à  trois  châteaux  de 
gueules),  tient  du  châtel  de  Clermont  un  fief  à  Castellon  conte- 
nant le  bois  de  la  Louvière  et  celui  de  Croistein  à  Fumechon. 

CLERMONT,  CANETTECOURT,  BRUEL-LE-VERT  (P  469). 

Guillaume  de  Souvegny  {d!azur  au  sautoir  d'argent,  cantonné 
de  quatre  merlettes  cPor),  tient  du  châtel  de  Clermont  la  mairie 
de  Clermont  et  celle  de  Canettecourt  tout  à  un  hommage. 

n  tient  aussi  sa  maison  et  pourpris  de  Canettecourt  *,  dont 
deux  fiefs,  Tun  desquels  fut  Drieu-le-Maire. 

*  Gournay-sur-Aronde,  canton  de  Ressons.  Ce  fief  était  en  1500  aux  mains  de 
Louis  de  Graville  ainsi  que  le  suivant,  dit  fief  de  La  Salle.  D. 

*  Canton  de  Liancourt.  Ce  fief  était  uni  en  1500  à  celui  du  sieur  de  Pouilleuses. 
V.  supra. 

»  Canton  de  Saint-Ju?t.  Ce  fief  appartenait  en  1500,  à  P.  de  Hattencourt.  D. 

*  Breuil-le-Vert,  canton  de  Clermont.  H  existait  plusieurs  fiefs  sur  le  territoire 
de  Cannettecourt.  Ceux  appartenant  à  Guillaume  et  à  Louis  de  Souvegny,  se  trou- 
vaient ,  y  compris   la  mairie  de  Clermont,  réunis  dès  1500  au  domaine.  Par 


Digitized  by 


Google 


256  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT    EN   BEAUVAISIS. 

Le  dit  Guillame  tient  du  châtel  de  Clermont  en  fief  la  taille 
de  la  mairie  de  Canettecourt,  qui  souloit  valoir  chacun  an  19  li- 
vres, et  n'en  vaut  que  16. 

Le  dit  Guillaume  tient  dudit  chàtel  un  fief  séant  à  Bruel-le- 
Vert  *,  dont  : 

2  arrière-fiefs  à  Bruel. 

Ledit  Guillaume  tient  à  Clermont  du  châtel  et  du  seigneur 
de  Basentin,  par  indivis  un  fief  *,  qui  fut  Jean  Liégeart,  dont  : 
1  arrière-fief. 

Louis  de  Souvegny^  fils  dudit  Guillaume,  et  qui  porte  comme 
son  père  à  une  étoile  de  gueules  au  milieu  du  sautoir,  tient  du 
châtel  de  Clermont  un  fief  séant  à  Canettecourt  et  Clermont, 
dont  :  1  arrière-fief. 

Ledit  Louis  tient  dudit  châtel  un  fief  à  Rosteleu  *. 

Froissart  de  Vaux,  écuyer  (d^argent  à  técu  de  gueules  à  six 
coquilles  d^azur  en  orle  au  bâton  en  bande  de  gueules) y  tient  du 
châtel  de  Clermont  un  fief  séant  au  dehors  de  la  dite  ville  *. 

ERQUERY  ^ 

Le  sieur  d*Atechy  [d^or  à  la  croix  de  gueules  chargée  de  cinq 
coquilles  d^ argent  à  quatre  alérions  cTazur  aux  2  3^4  cantons,  le 
1  canton  (T argent  au  lion  de  sable),  tient  du  châtel  de  Clermont 
un  fief  sur  la  terre  d'Erquery,  de  11  livres  parisis  do  rente. 

CLERMONT. 

Guyart  de  Soisy  {(T argent  à  Fécu  de  gueules)  y  lient  du  châtel 
de  Clermont  un  fief  sis  sur  Thôtel  des  Croissants  '. 

contre  des  leUres  patentes  d'octobre  1450,  créèrent  en  faveur  de  Jean  Allart, 
fhiîtier  du  duc,  sur  le  corps  nommé  le  grand  hostel  de  Canettecourt  et  terres 
environnantes  un  fief  sans  justice  à  charge  de  40  sols  t.  de  cens.  D.  Pour  les 
fiefs  de  la  Taque  et  du  Gollombier.  K.  infra, 

<  Fief  uni  aux  autres  qui  existaient  sur  le  même  territoire  et  appartenant  comme 
eux  en  1500  à  Pierre  d'Argillièrc.  D. 

*  Ce  fief,  ainsi  que  l'arrière-fief  de  Mathieu  d'Aridel  qui  en  relevait,  était  réuni 
en  1500  au  domaine.  D. 

«  Breuil-le-Vert. 

*  Ce  fief  appartenait  en  1500  au  sieur  de  Crëvecœur.  D. 

*  Canton  de  Clermont.  Ce  fief  fut  donné  en  1472  aux  Célestins  d'Offémont  qui 
le  vendirent  ultérieurement  au  sieur  de  Saint-Saulieu,  possesseur  du  surplus  de 
la  seigneurie.  D. 

0  Réuni  postérieurement  à  1468  par  acquisition  au  domaine.  D. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS.  2S7 

BRUEL-LE-VERT. 

Ledit  Louis  de  Souvegny  tient  du  chàtel  de  Clermont  un  fief 
séant  à  Bruel-le-Vert. 

(Ce  fief  est  aux  héritiers  Jean  de  Warty,  par  donation  de  Mon- 
seigneur dont  il  étoit  trésorier.) 

BERONNE  (P  475)  \ 

D"'  Agnès  de  Beronne  {diapré  de  gueules  et  d'argent  au  lion 
de  sable),  fille  de  feu  Jean  de  Beronne,  écuyer,  tient  du  châtcl 
de  Clermont  un  fief  séant  à  Beronne,  dont  : 

4  fiefs  à  Beronne. 

2  fiefs  à  Clermont. 

1  fi^f  à  Nully  V 

CLERMONT. 

Margot,  fille  de  feu  Simon  Le  Fourbeur  {(fargeiit  à  trois  tour- 
teaux à  la  bordure  engrêlée  de  sable),  tient  du  châtel  de  Cler- 
mont un  fief  séant  à  Clermont  '. 

LA  NEUVILLE-EN-HEZ  (f  477). 

Godefroy  des  Potis  [de  gueules  à  un  château  d'argent),  tient 
du  châtel  de  Clermont  un  fief  séant  à  la  Neuville-en-Hez,  dont 
3  fiefs. 

Ledit  Godefroy  tient  dudit  châtel  un  autre  fief  séant  au  même 
lieu  *. 

Jean  Campdaveine,  écuyer  [de  gueules  à  trois  gerbes  d'or), 
tient  du  châtel  de  Clermont  le  fief  de  Lusarche  ',  séant  à  la  Neu- 
ville-en-Hez. 

Thibault  du  Cange  {d^ argent  à  trois  roses  de  sinople),  tient  du 
châtel  de  Clermont  un  fief  séant  à  la  Neuville-en-Hez. 


*  Filâmes.  1539,  Florent  Collesson  (d'argent  au  lion  de  sable).  Uni  au  mar- 
quisat de  Nointel,  ce  fief  fut  acquis  en  1787  par  le  duc  de  Bourbon. 

s  Canton  de  Mouy. 

s  Ce  fief  appartenait  en  1500  au  sieur  Hennequin.  D. 

^  Ces  deux  fiefs  de  Godefroy  des  Potis  étaient  en  1500  aux  mains  d'un  sieur 
Plcart.  D. 

5  Ce  fief,  possédé  en  1500  par  le  sieur  Parent,  fut  incorporé  en  1749  au  duché  de 
Fitzjames* 


Digitized  by 


Google 


258  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 

HERMES  (P  479)  ^ 

Messire  Julien  des  Essars,  chevalier  {d'azur  à  une  bande  eji 
arc  componée  d* argent  et  de  gueules),  tient  du  châtel  de  Clennont 
un  fief  séant  à  Hermès  et  à  Clermont,  dont  2  fiefs  à  Hermès. 

LA  NEUVILLE-EN-HEZ. 

Jean  Aléaume  Taîné  {d'or  au  coq  de  sable),  demeurant  en  la 
maison  du  Coq  à  Clermont,  tient  du  châtel  un  fief  à  la  Neu- 
ville-en-Hez  ',  dont  2  arrière-fiefs. 

FROIMONT-LAVILLE  (f  480)  \ 

Messire  Robert  de  Sains,  chevalier  {diapré  de  gueules  et  d'ar- 
gent  à  un  écu  d'azur  à  deux  fasces  d^ argent  au  côté  dextre),  tient 
du  châtel  de  Clermont  un  fief  séant  îi  Froimont-la-Ville. 

ROULAINCOURT  *. 

Witasse  de  Mirelessart  {de  gueules  à  la  bande  ^argent  accom- 
pagnée de  deux  cotices  de  même),  tient  du  châtel  de  Clermont  deux 
fiefs,  dont  Tun  à  Roulaincourt,  et  l'autre  consistant  en  Fusage 
de  la  forêt  :  «c'est  assavoir  d'y  mener  paître  douze  vaques  et  de 
mettre  en  pesson  dix  pourceaux,  de  y  prendre  tout  bois  sec  et 
bois  caable,  quel  que  il  soit,  tant  pour  ardoir  en  son  hostel  de 
Roulaincourt,.  que  pour  autre  chose  audit  lieu,  si  mestier  y  est.  » 

«COURT \ 

Gilles  d'Espaières  {d^azur  à  cinq  châteaux  d'or),  tient  du  châ- 
tel de  Clermont  un  fief  à  Gicourt,  dont  2  arrière-fiefs. 

*  Canton  de  Noailles.  Ce  fief  est  indiqué  en  1500  comme  étant  réuni  depuis 
longtemps  déjà  au  domaine.  L^hôtel  du  Mouton  à  Clermont  en  relevait.  D. 

*  Ce  fîef  dit  de  Mitry  appartenait  en  1339  à  Nicolas  Pulleu,  seigneur  de  Litz  en 
partie. 

»  Bailleul,  canton  de  Nivillers.  Ce  fief  fût  acquis  au  xvo  siècle  par  Tabbaye  de 
Froidmont  qui  dut  en  fournir  homme  vivant  et  mourant.  D.. 

*  Agnetz  ,  canton  de  Clermont.  1539,  François  du  Breuil.  Des  lettres  patentes 
de  mars  1484  avaient  autorisé  Octave  du  Breuil,  père  du  comparant  à  la  réfor- 
mation de  la  coutume,  à  relever  le  fief  en  usage  de  Witasse  de  Mirelessart  D. 
Union  au  marquisat  de  Nointel. 

»  Agnetz.  1539,  François  du  Breuil,  en  même  temps  seigneur  de  Boulaincourt  ; 
union  au  marquisat  de  Nointel.  Certains  titres  donnent  à  Gicourt  le  titre  de 
baronnie  (F.  Fr.  25,220). 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTé   DE   CLERMONT   EN    BEÂUVAISIS.  259 

(Folio  481.)  Deux  fiefs  tenus  du  chàtel  de  Clennont  par  Pierre 
Le  Cuvelier  [fascétP argent  et  de  sable  à  trois  crocs  de  gueules),  et 
par  N...  {d'argent  au  sautoir  de  gueules  y  accompagné  de  quatre 
merletles  de  même). 

BOULAINCOURT. 

Colart  du  Tenement  (paie  â argent  et  de  sable  de  six  pièces  à 
deux  fasces  de  gueules),  tient  du  châtel  de  Clermont  et  des  fiefs 
de  RonqueroUes  un  fief  à  Boulaîncourt*. 

Le  Maire  d'Agnet  [de  gueules  à  trois  bcsants  d'argent  chargé 
d'une  épée  de  gueules  en  bande),  tient  dudit  châtel  de  Clennont 
un  fief  au  même  lieu  *. 

CLERMONT-ROTELEU. 

Le  seigneur  d'Offemont,  chevalier  [de  gueules  semé  de  trèfles 
dor  à  deux  bars  adossés  de  même),  doit  prendre  chacun  an  à 
Clermont,  à  cause  de  son  hommage,  iOO  livres  parisis  hérita- 
blement  sur  la  prévôté  de  Clermont  •; 

La  dame  d'Offemont  [parti  au  l  dOfftmont  au  2  dora 
trois  maillets  de  gueules  en  pal  qui  est  de  Mailly),  tient  de  Cler- 
mont un  fief  consistant  en  onze  muids  de  vin  sur  les  toUoisons 
de  vin  que  on  nomme  les  tolloisons  de  Mailly,  et  en  est  homme 
de  M^  à  cause  du  chàtel  de  Clermont. 

Le  sieur  de  Socourt  [d argent  frété  de  gueules),  tient  du  châtel 
de  Clermont  un  fief  séant  à  Roteleu  *. 

Ledit  sieur  de  Socourt  tient  dudit  châtel  trois  fiefs  à  Cler- 
mont, consistant,  Tun  en  onze  muids  de  vin,  Tautre  en  rente  et 


'  Ce  fief  dit  du  Tenement  et  du  Héron  en  1374  et  1622  fut  plus  tard  réuni  à  la 
seigneurie  principale  de  Boulaincourt. 

*  La  mairie  d'Agnetz,  tenue  en  fief,  fut  acquise  le  4  mai  1513  par  la  duchesse  de 
Bourbon  pour  le  prix  de  KM)  livres  p.  (Archives  nationales  P  1369  *,  G  1759.) 

*  L.  P.  de  Louis  de  Bourbon,  du  14  décembre  1324,  portant  création  de  ce  fief 
qui  fut  plus  tard  appelé  fief  en  Vair  et  passa  avec  le  suivant,  désigné  sous  le  nom 
de  fief  du  vinage  de  Ganettecourt,  aux  Montmorency,  seigneurs  de  Meilo.  Le 
18  juillet  1771,  Claude  Patu,  baron  de  Mello,  fit  hommage  au  comté  du  fief  en 
Tair  ou  volant,  consistant  en  125  livres  de  rentes  sur  les  émoluments  de  la  pré- 
vôté de  Clermont  et  du  fief  du  vinage  de  Canettecourt,  consistant  en  un  petit 
domaine  et  droits  de  vinage,  lesdits  fiefb  faisant  partie  de  Ja  baronnie  de  Mello  à 
lui  adjugée  par  arrêt  du  Parlement  du  10  mai  1769.  D  et  H. 

*  Ce  fief  appartenait  en  1500  au  sieur  Du  Verger.  D. 


Digitized  by 


Google 


280  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISI8. 

cens  sur  des  maisons,  entr'autres  :  l'hôtel  de  la  Couronne;  lo 
troisième,  en  un  fief  d'une  valeur  de  1,250  livres  tournois,  que 
des  lettres  de  Louis  II  permettaient  audit  sieur  de  Secourt  d'as- 
seoir sur  telles  terres  qu'il  lui  conviendrait  dans  le  ressort  de 
Clermont  *. 

Messire  Guillaume  de  la  Tournelle,  chevalier  [dor  à  cinq 
châteaux  de  gueules)  j  tient  du  châtel  de  Clermont  un  fief  séant  à 
Clermont. 

Ledit  Guillaume  tient  dudit  châtel  un  autre  fief  séant  à  Rote- 
leu  et  à  Clermont,  contenant  cinq  muids  et  demi,  cinq  sep- 
tiers  et  un  lot  de  vin  de  toUoison  à  asseoir  par  les  mains  du 
maire  de  Clermont  *. 

LESTAQUE  ^ 

Messire  Jacques  de  Sainseval,  chevalier  [dargeni  semé  de 
trèfles  de  gueules  à  deux  bars  adossés  de  même),  tient  du  châtel 
de  Clermont  un  fief  séant  à  Lestaque,  dont  sont  tenus  : 

1  fief  à  Jaux  *. 

1  fief  à  Lieuviller  ^ 

1  fief  à  Canettecourt,  dont  un  arrière-fief. 

CLERMONT. 

Guillaume  Marée  [de  gueules  à  un  poisson  (f  argent)  j  tient  du 
châtel  de  Clermont  un  fief  qui  fut  Boule  d'Agnets  *. 

Jean  Le  Pelé  [de  gueules  à  une  tête  d'homme  d'argent  au  bon^ 
net  d'or),  tient  dudit  châtel  un  fief  tenant  à  une  maison  qui  fut 
Pierre  de  Havrechy  et  à  une  maison  qui  fut  feu  Enguerrand  de 
Nedonchel,  et  un  autre  fief  qu'il  acquit  de  Renaud  de  Havrechy  '. 

*  Les  deux  premiers  sont  indîquéfs  par  l'Etat  de  Dorgillière  comme  personnels 
à  Gilles  de  Soiecom*t,  le  troisième  fut  sans  doute  Torigine  du  fief  du  Coq  qu*une 
charte  du  14  septembre  1463  institua  en  faveur  de  Louis  de  Soiecourt,  dont  la 
veuve  le  transmit  à  sa  fille  du  second  lit  Anne  Pot,  femme  de  Guillaume  de  Mont- 
morency D.  Au  xviie  siècle,  le  fief  du  Coq  était  uni  à  la  seigneurie  de  Nointel  H. 

«  Ce  fief  était  dit  du  Châtelet  en  1597.  H. 

s  Aujourd'hui  Latache  à  Canettecourt.  133^,  Nicolas  d'Angoudessent  (d*or  à  la 
croix  ancrée  de  gueules), 
^  Canton  de  Compiègne. 
>  Canton  de  Saint-Just. 

*  Ce  fief  appartenait  en  1500  à  Jean  d'Argîllière.  D. 

'  Ce  fief,  acquis  par  Louis  de  Soiecourt,  passa  ensuite  aux  Montmorency.  D. 
(  Voir  supra.) 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEÀUVÀISIS.  261 

Lermite  Mauchevalier  [dCargent  à  la  bande  d^azur  chargée  de 
trois  fleurs  de  lis  der  au  lambel  de  gueules),  tient  du  châlel  de 
Clennont  un  fief  sis  à  Cantepie  *. 

LESGLENTIER  (f  488)V 

Jean  de  Crapain  {diapré  de  gueules  et  d^argent  à  la  bordure 
d'azur)  tient  du  châtel  de  Glermont  un  fief  séant  à  Lesglentier, 
dont  sont  tenus  : 

H  fiefs  et  arrière-fiefs  à  Lesglentier,  Ravenel  ',  Angivillers  *, 
Angicourt  *  et  Monchaux  *. 

ERQUINVILLER  (f  490)  '. 

Ledit  Jean  tient  dudit  châtel  par  deux  hommages  un  fief 
contenant  les  deux  parts  de  la  motte  et  châtel  d'Erquinviller, 
dont  sont  tenus  : 

3  fiefs  à  Erquinviller,  dont  2  arrière-fiefs  ; 

1  fief  à  Lieuviller  *  ; 

2  fiefs  à  la  Neuville-le-Roy  %  dont  9  arrière-fiefs  ; 
1  fief  à  BailleuUe-Sot  *^ 


GIENCOURT.  —  BRUEL-LE-SEC. 

Ledit  Jean  tient  du  châlel  de  Glermont  un  fief  à  Gi encourt  ", 
dont  l  fief. 


*  Lettres  de  septembre  1257  par  lesquelles  Mahaut  de  Boulogne  donne  en  fief 
et  hommage  à  Jehan  Floiri  et  à  ses  hoirs  la  maison  de  Cantepie,  sise  à  Glermont 
(F.  Fr.  4,663,  f»  94),  ce  fief  appartenait  en  1500  au  sieur  Leullier  D. 

*  Canton  de  Maignelay.  1539,  Charles  de  Moyencourt  {de  gueules  à  la  bande 
eTargent  accompagnée  de  six  croix  de  même  recroisettées).  1789,  Àmbroise  Palissot, 
baron  de  Beauvois.  L'état  de  Dargillière  signale  l'existence  près  de  Lesglentier 
d'un  fief  dit  de  Vienne,  dont  dépendaient  plusieurs  arriôre-fiefs.  Il  appartenait 
au  xiv«  siècle  à  Colart  de  Vienne,  et  au  xyi<»  siècle  à  Jean  de  Vignacourt. 

',  ^  Canton  de  Saint- Just. 

s,  *  Canton  de  Liancourt. 

''  Canton  de  Saint- Just.  En  1500,  ce  fief  appartenait  à  Pierre  de  Ferrières.  D. 
1789,  Chadancourt. 

«,  »  Canton  de  Saint-Just. 

«•  Canton  de  Oermont. 

**  Hameau  de  Breuil-le-Sec,  canton  de  Clennont.  Ce  fief  s'appela  plus  tard  fief 
des  Filleaux.  D. 


Digitized  by 


Google 


262  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUYAISIS. 

Il  tient  dudit  châtel  un  fief  à  Bruel-le-Sec  *,  dont  5  fiefs. 
n  tient  encore  dudit  châtel  le  fief  de  la  Pierre,  dont  ^  fief. 

CAIGNELET  (^  495)  \ 

Maître  Guillaume  le  Bescot  [de  gueules  à  la  croix  d'or  canton- 
née au  1  d^un  écu  diapré  comme  dessus,  aux  2,  3  e/  4  d^une  mer-- 
lette  dor)y  dont  sont  tenus  : 

2  fiefs  à  Warty  '  ; 
2  fiefs  à  Monstier  ^  ; 

4  fiefs  à  Angiviller,  dont  Tun  de  la  mairie^  desquels  sont  tenus 
H  arrière-fiefs; 
1  fief  àNouroy'; 

1  fief  à  Clermont  ; 
IfiefàNully*; 

2  fiefs  à  Lierval,  dont  1  de  la  mairie. 

ANGIVILLER. 

Ledit  maître  Guillaume  tient  du  châtel  de  Clermont  un  fief  à 
Angiviller,  dont  sont  tenus  : 

1  fief  à  Angiviller  ; 
1  fief  à  Canettecourt. 

ERQUINVILLER. 

Mahieu  d'Erquinviller,  dit  le  Borgne  {diapré  de  gueules  et 
d^ argent  à  la  bande  d^ azur)  y  tient  du  châtel  de  Clermont  un  fief  à 
Erquinviller,  lequel  fief  il  a  par  moitié  à  rencontre  de  Tautre 
appartenant  à  Jean  de  Crapain. 

(Mêmes  arrière-fiefs  que  ci-dessus.) 

>  Ce  fief  fut  légué  en  1465  an  chapitre  de  Clermont,  ainsi  qne  le  suivant,  par 
la  dame  de  Vaux.  D.  Le  chapitre  le  vendit  en  janvier  1659  an  marquis  de  Nointel. 

s  D'après  le  dénombrement^  ce  fief  était  situé  entre  Ravenel  et  Angivillers, 
et  suivant  Dargilliëre  sur  le  territoire  de  cette  dernière  paroisse,  dont  était  sei  • 
gneur  en  1539  Philippe  Le  ThoiUier  dit  Guillebon  {cfaztir  à  une  bande  eTor  ^ 
accompagnée  de  trois  besnnis  de  même,  2  en  chef  et  1  en  pointe) ,  1789  de  Flahaut, 
marquis  de  la  Billarderie. 

*  Canton  de  Clermont. 

*,  »  Canton  de  Saint- Just. 

•  Neuilly-sous-Clermont  et  Lierval  son  hameau,  canton  de  Mouy. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVÀISIS.  263 

SACHY-LE-GRAND  (f  S04)  \ 

Raoul  de  Fayel  (d'argent  au  sautoir  de  gueules  cantonné  de 
quatre  merlettes  de  même)  lient  du  châtel  de  Clermont  un  fief 
séant  à  Sacy-le-Grand,  dont  sont  tenus  : 

10  fiefs  à  Sachy,  dont  7  arrière-fiefs  ; 

1  fief  à  Estoy  \ 

ERQUERY  (f»  507)  \ 

Messire  Jean  de  Saint-Saulieu,  chevalier  et  évoque  de  Cou- 
tances  {cPazur  à  la  croix  d^or  chargée  (Fune  étoile  de  gueules  can- 
tonnée de  seize  croisettes  d'or),  tient  du  châtel  de  Clermont  un  fief 
séant  à  Erquery,  dont  sont  tenus  : 

2  fiefs. 

NOINTEL  (fo  508)  *. 

Le  sieur  d'Atechy  (qui  porte  comme  Laval-Montmorency 
franc  quartier  d^ argent  au  lion  de  sable)  tient  du  châtel  de  Cler- 
mont un  fief  séant  à  Nointel. 

Ledit  sieur  tient  dudit  châtel  2  fiefs  à  Nointel,  dits  de  Remin 
et  d'Erquinvilliers,  dont  2  fiefs. 

Ledit  sieur  tient  dudit  châtel  un  fief  à  Nointel  qui  fut  Hideux 
de  Nointel. 


1  Canton  de  Liancourt.  Ce  fief  appartenait  en  1500  au  sieur  Collesson.  D. 

*  Canton  de  Clermont. 

*  Canton  de  Clermont.  1539^  Jean  Leclercq.  Uni  au  duché  de  Fitzjames  en  1711. 

*  Canton  de  Liancourt.  En  1457,  l'héritière  des  d'Attichy  releva  h  un  seul  hom- 
mage tous  les  fiefs  nobles  de  Nointel.  Le  4  juillet  1497,  demoiselle  Blanche  de 
Nesle  d'Offemont  fit  don  de  la  terre  de  Nointel  à  Charles  de  Contay  son  neveu.  D. 
1539,  Jean  de  Humières  {d'argent  frété  de  sable),  1603,  hommage  au  comté  ptir 
François  OUier  des  terres  et  seigneuries  de  Nointel  et  Ronquerolles,  acquises  le 
26  juillet  1602  de  Jacqueline  de  Humières,  dame  de  Crevant.  Septembre  1634, 
érection  en  marquisat  de  Nointel  avec  Ronquerolles,  Gicourt,  Béronne,  Autre- 
ville,  Agnetz  et  Boulincourt  en  faveur  d'Edouard  Ollier,  conseiller  d'Etat  {d'or  au 
chevron  de  gueules  chargé  en  chef  d'un  croissant  d'argent  surmonté  d'un  besant 
d'or  et  accompagné  de  trois  grappes  de  raisin  de  sable  à  la  bordure  d'azur  chargée 
de  fleurs  de  lis  cfor).  Octobre  1697,  confirmation  pour  Louis  Béchamel.  Sa  der- 
nière héritière,  mariée  à  un  sieur  Ribault,  vendit  en  1787  au  duc  de  Bourbon. 


Digitized  by 


Google 


264  LE   COMTÉ    DE   CLERMONT    EN    BEAUVAISIS. 

Ledit  sieur  tient  encore  à  Nointel  dudit  châtel  un  fief,  appelé 
le  fief  de  Cressonsart,  dit  de  Warty,  dont  : 

17  fiefs  et  arrière-fiefs. 

NULLY  \ 

Lorens  de  Pierrepont  {cTazur  à  un  pont  émargent  surmonté 
(Pune  étoile  âor  à  dextré)  tient  du  châtel  de  Clermont,  des  fiefs 
de  RonqueroUes  un  fief  séant  à  Nully,  dont  : 

1  fief. 

MOYENNEVILLE  *. 

Monseigneur  le  Duc  de  Bourbonnais  tient  du  châtel  de  Cler- 
mont un  fief  séant  à  Moyenneville  qui  fut  Louis  d'Erquery, 
dont  : 

2  fiefs. 

NOINTEL  (f^  513). 

Pierre  de  Nointel,  dit  Hideux  {d'argent  à  la  bande  de  sable 
accompagnée  de  six  mcrlettes  de  même),  tient  du  châtel  de  Cler- 
mont un  fief,  dont  : 

1  fief  du  manoir  ; 

2  fiefs  à  Nointel,  dont  6  arrière-fiefs  ; 
2  fiefs  dit  de  Wandivoye  ; 

1  fief  à  Nointel  tenu  par  le  sire  de  Cressonsart,  dont  8  arrière- 
fiefs. 


*  Neuilly-sous-Clermont,  canton  de  Mouy.  Ce  fief,  dit  fief  de  Coutances,  avait 
pour  possesseur  en  4539  Jean  du  Breuil^  en  1789  le  sieur  de  Mongeron.  De  Neuilly- 
sous-Clermont  fait  actuellement  partie  ÂUTillers.  La  seigneurie  de  ce  nom  n'est 
pas  portée  au  dénombrement  de  1373.  En  signalant  cette  omission,  Dargillière 
ajoute  qu'elle  fut  droicturée  le  25  février  1469  par  Jean  d'Auvillers,  qui  disait 
avoir  don  testamentaire  par  feu  Jean  d'Auvillers,  que  la  môme  année  elle  fut  ac- 
quise par  Simon  d'Arquinvilliers.  Olivier  d'Arquin'villiers  comparut  à  la  réforma- 
tion de  1539.  Le  sieur  de  Soucanye  de  Landevoisin  possédait  Auvillers  en   1789. 

«  Canton  de  Saint-Just.  Ce  fief,  dit  fief  Tricot,  D,  demeura  toujours  uni  à  la 
prévôté  de  Gournay.  L'autre  fief,  dit  de  Passy,  appartenait  en  1539  aux  hoirs  de 
Brinon.  F.  infra. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ  DE  CXERMONT   EN   BEAUVAISIS.  265 


BRUEL-LE-VERT  (f«  519). 

Guillaume  de  Souvegny,  receveur  de  Clennont,  tient  du  châtel 
de  Clennont  un  fief  à  Bruel-le-Vert  des  acquêts  de  la  dame  de 
BonviUers  *. 


MOYENNEVILLE. 

Le  sieur  de  Pacy,  chevalier  [de  gueules  à  trois  pals  de  vair  au 
chef  d^or  chargé  de  trois  coquilles  de  sable)  ^  tient  du  châtel  de 
Clennont  des  fiefs  de  RonqueroUes,  un  fief  séant  à  Moyenne- 
ville*. 


BRUEL-LE-VERT. 

Jean  d'Abbecourt  (d! argent  à  la  fasce  de  gueules  accompagnée 
de  trois  merlettes  de  sable  en  chef  et  trois  en  pointe)  tient  du  châtel 
de  Clennont  un  fief  séant  à  Bruel-le-Vert  '. 


WARNAVILLER  *. 

Vigier  Waroult  {de  gueules  à  la  croix  d'or,  chargée  d'une  étoile 
de  gueules  y  accompagnée  de  quatre  merlettes  de  sablé),  tient  du 
châtel  de  Clennont  un  fief  à  Warnaviller. 


S  »  Uni8  aux  autres  fiefs  de  Breuil-le-Vert.  {V,  supra.) 

*  Canton  de  Saint-Just.  Ce  fief,  dit  de  Passy,  appartenait  en  1539  aux  hoirs  de 
Brinon. 

*  Rouviller  ,  canton  de  SaintrJust.  Ce  fief  appartenait  en  1500  à  la  famille  de 
Fumechon.  11  fat  créé  en  1490  sur  son  territoire  un  fief  de  12  muids  de  grain  de 
rente,  dont  10  vinrent  par  acquisition  à  l'abbaye  d'Ourscamp,  D. 


18 


Digitized  by 


Google 


266  LE  COMTÉ  DE   CXERMONT  EN   BEÂUYAISIS. 

VILLERS-LES-CASTENOY  ET  SACY-LE-GRAND  (P  519). 

Raoul  de  Longueaue  [d'argent  au  sautoir  de  sable  cantonné 
de  quatre  merlettes  de  même)  y  lient  du  châtel  de  Clennont  un 
fief  séant  à  Villers-les-Castenoy  \  dont  : 

3  fiefs  à  Villers-les-Castenoy. 

1  fief  à  Agnet,  dont  2  arrière-fiefs, 

Ledit  Raoul  tient  dudit  châtel  un  fief  séant  à  Sacy-le-Grand  *, 
dont  : 

l  fief  de  Richard  Pillon,  tenu  par  M^  de  Socourt,  dont  M.  le 
duc  a  rhommage  qu'on  doit  lui  restituer. 
1  fief  de  la  Voirie  de  Cuignières  *. 
1  fief  à  Valescourt  *. 
1  fief  à  Sacy,  dont  2  arrière-fiefs. 

D"'  Jeanne  de  Pouilleuse  [diapré  de  gueules  et  d'argent  au 
franc-quartier  de  sable  à  une  étoile  (Tor),  tient  du  châtel  de  Cler- 
mont  deux  fiefs,  l'un  séant  à  Villers-les-Castenoy,  l'autre  à 
Sacy-le-6rand  ^ 

Havet  d'Estrées,  qui  porte  comme  Estrées,  au  lambel  de 
gueules,  tient  du  ch&tel  de  Clennont  un  fief  séant  à  Villers-les- 
Castenoy  •. 

RANTENI  '. 

Jean  de  Paillart  [d'argent  à  la  croix  de  sable  frétée  d'or,  can* 
tonnée  de  quatre  merlettes  de  sable)  y  tient  du  chéttel  de  Qermont 
le  fief  de  Domeliers  sis  à  Ranteni,  dont  : 

Ifief. 

^  *,  *,  0  Le  fief  du  sieur  de  Longueaue  appartenait  en  1500  au  sire  de  Roye,  de 
même  que  le  suivant,  D.  Us  étaient  dits  en  1642  fiefs  de  Roye.  Les  fiefs  de  la  de- 
moiselle de  Pouilleuse  étaient  en  1500  à  un  sieur  Boileau,  D^  dont  ils  prirent  ulté- 
rieurement le  nom.  Le  fief  d'Havet  d*£strées^  dit  fief  de  Lombus,  appartenait  en 
1500  au  sieur  de  BouUainyilliers,  D. 

»,  *  Canton  de  Saint-Just. 

7  Canton  de  Liancourt.  Ce  fief  fut  donné  postérieurement  à  1465  à  la  chapelle 
de  Nedonchel.  En  l'amortissant,  le  comte  de  Clennont  en  retint  à  lui  la  justice  et 
seigneurie,  d'où  relevait  un  fief  à  Rantigny  tenu  par  Paon  Des  Quesnes  et  depuis 
par  la  famille  de  Ravenel,  D. 


Digitized  by 


Google 


LE  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN  BEAUVAISIS.  267 


VAUX-SOUS-CAMBERONNE  (f  523)  \ 

Jean  de  Vaux  {d'argent  à  Pécu  de  gueules  à  huit  coquilles  cP a- 
zur  en  orle)y  tient  du  châtel  de  Clennont  deux  fiefs  à  Vaux,  dont 
2  fiefs. 

COLLOMBIER  \ 

Guillaume  Le  Cercelier  {de  gueules  à  un  cercle  d'argent  aux 
feuilles  de  même),  tient  du  chàtel  de  Clennont  un  fief  séant  au 
GoUombier. 

FILLERVAL  \ 

Messire  Geoffroy  de  Charny,  chevalier,  {de  gueules  à  trois 
écus  d'argent j  le  1  chargé  d^une  étoile  de  sable)  tient  du  châtel  de 
Clennont  son  manoir  de  Fillerval,  clos  de  murs  et  de  fossés  à 
eau,  moulin,  vivier,  pressoir  et  cens  sur  des  masures  sises  tant 
à  Thori  qu'à  Fillerval,  dont  sont  tenus  : 

7  fiefs  à  Thori,  dont  3  arrière-fiefs. 


WARTI. 

Philippe  de  Maimbeville  {diapré  ^argent  et  de  sable  au  bâton 
en  bande  d^azur)^  tient  du  châtel  de  Clermont  2  fiefs  à  Warti  *. 


1  Canton  de  Mouy.  Ces  deux  fiefs  appartenaient  en  1500  aux  d'ÂrgîUière  et 
Ravenel,  D. 

•  Canettecourt,  hameau  de  BreuU-le-Vert.  Ce  fief  et  celui  de  Raoulin  de  Fri- 
camps,  qui  existait  au  même  lieu,  étaient  en  1500  depuis  longtemps  déjà  réunis  au 
domaine,  et  leurs  héritages  baillés  à  cens,  D. 

•  Thury,  canton  de  Mouy.  Les  religieux  de  Corbie  possédaient  à  Thury,  ainsi 
que  nous  l'ayons  indiqué  plus  haut,  un  manoir  pour  lequel  ils  payaient  soixante 
anguilles  par  an  au  comte  de  Clermont.  Le  fief  de  Fillerval,  acheté  en  1388  par 
Arnaud  de  Corbie,  chancelier  de  France,  fut  vendu  vers  1530  par  ses  descendants 
à  Claude  de  Durand  (de  sable  à  trois  chevrons  d'argent  à  la  fasce  de  même),  1789, 
Marquis  de  Cassini. 

^  Cea  fiefs  furent  acquis  en  U78  par  Jean  de  la  Bretonnière  Warti,  D. 


Digitized  by 


Google 


268  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUYAISIS. 

CLERMONT. 

Tristan  de  Soisy  {d^argent  à  Pécu  de  gueules^  une  merktte  de 
sable  au  côté  dextre  de  Fécu)^  tient  du  châtel  de  Clermont  un  fief 
à  Clermont  \  dont  : 

1  fief  à  Giencourt. 

ROTELEU. 

Messire  Regnault  de  Tère  {de  sable  à  trois  coquilles  d'argent 
au  bâton  en  bande  de  gueules  à  la  bordure  (t argent),  chanoine 
de  Noyon,  tient  du  châtel  de  Clennont  un  fief  à  Roleleu  *. 

RANTENI  \ 

Jean  Le  Jumel  [d'argent  à  trois  fasces  de  sable  au  bâton  en 
bande  de  gueules),  tient  du  chàtel  de  Clermont  un  fief  séant  à 
Ranteni,  dont  1  fief. 

GUEHANGNI-LES-RAILLEVAL  (f»  528)  *. 

Jean  du  Crotoy  {de  gueules  à  un  navire  âor  à  la  voile 
d^ argent),  tient  du  ch&tel  de  Clennont  un  fief  à  Guehangni-les- 
BaiUevd. 

BOISICOURT  •. 

Florent  de  NuUy  {cPor  à  la  croix  de  gueules  chargée  de  cinq 
besants  d^ argent),  tient  du  châtel  de  Clermont  un  fief  séant  à 
Boisicourt,  dont  : 

2  fiefs  des  Baniers. 

1  fief  à  la  Neuville-le-Roi  •,  dont  11  arrière-fiefs. 


*  Ce  fief  parait  avoir  été  réuni  à  un  autre  appartenant  sur  le  même  territoire 
audit  sieur  de  Soisy  (Voir  supra)  et  avoir  suivi  son  sort. 

*  Ce  fief  appartenait  en  1500  au  sieur  de  Bacquencourt,  D. 

*  Ce  fief  appartenait  en  1500  au  sieur  de  Couronne!,  D. 

^  Ce  fief  appartenait  en  1500  à  la  famille  de  MaiUy,  D.  Ne  serait-ce  point  le  bois 
de  Gaingni  que  Robert  de  Clermont  donna  à  foi  et  honmiage  en  février  1284  à 
Thibault  de  Pouilleuse,  chevalier,  sur  le  territoire  de  Breuil-le-Sec  (F.  Fr.  4,663,  fo  35). 

*  Bury,  canton  de  Mouy.  Ce  fief  appartenait  en  1500  à  on  sieur  Tisseul,  D. 
'  Canton  de  Saint-Just. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE  CLERMONT   EN   BEAUVAISIS.  269 

LARDIÉRES  (f  533)  \ 

Messire  Emoul  de  Gaures,  sieur  d'Escornay,  chevalier  {dor 
au  chevron  de  gueules  à  un  double  tréchoir  fleuronné  de  fleurs  de 
lis  coupées  d'azur  sur  le  tout) y  tient  du  châtel  de  Clermont  un  fief 
séant  à  Lardières^  dont  sont  tenus  : 

5  fiefs  à  Lardiëres. 

1  fief  à  Sandricourt  *,  dont  un  arrière-fief  à  Amblainville. 

2  fiefs  à  Méru  ',  dont  un  arrière-fief. 

ABBECOURT  \ 

Guy  de  Traynel,  écuyer  {vairé  d^ argent  et  cPazur)^  tient  du 
chàtel  de  Clermont  un  fief  séant  à  Abbecourt,  dont  : 
Ifief. 

LE  PLESSIER-BILLEBAULT  (P  835)  \ 

Messire  Regnault  de  Trie,  chevalier,  [d'or  à  la  bande  compon- 
née  d argent  et  d^azur,  et  bordée  de  gueules^  une  merlette  de  sable 
au  côté  senestre  de  Pécu)  tient  du  châtel  de  Clermont  un  fief  au 
Plessis-Billebault,  en  la  forêt  de  Hez. 

n  tient  dudit  chàtel  un  autre  fief  au  même  lieu. 


1  Canton  de  Méru.  Février  1331,  lettres  de  Philippe  VI  annexant  au  comté  de 
Clermont  la  terre  de  Lardières,  qui  avait  jusqu'alors  relevé  de  Beaumont-sur- 
Oise  et  autorisant  Louis  de  Bourbon  à  la  donner  à  foi  et  hommage  à  Dreux  de 
Roye.  Ce  fief  appartenait  en  1500  à  Ferry,  sieur  d'Âumont,  D.  U  était  appelé  en 
1645  fief  des  Cornets  et  des  Champarts  de  Lardières.  1789,  le  comte  de  Bouchiat, 
seigneur  des  Champarts  de  Lardiëres. 

*  Hameau  d'Âmblainville,  canton  de  Méru. 

*  Chef-lieu  de  canton  de  Tarrondissement  de  Beauvais. 

*  Canton  de  Noailles.  Ce  fief  appartenait  en  1500  à  Antoine  de  la  Place,  D. 
L'état  de  Dargillière  signale  également  l'existence  à  Ahbecourt  d  un  fief  dit  de 
Courselle,  non  indiqué  au  terrier,  qui  était  possédé  au  xv«  siècle  par  Philippe  de 
Fumechon. 

*  Ansacq,  canton  de  Mouy.  Les  trois  fiefs  du  Plessis-Billebault  se  trouvaient  en 
1500  réunis  au  domaine,  le  dernier  par  confiscation.  Au  commencement  du 
xvii»  siècle,  Henri  du  Plessis,  marquis  de  Richelieu,  se  rendit  acquéreur  du  fief 
du  Plessis-Billebault,  dont  son  frère  le  cardinal  rendit  hommage  le  12  juin  1623 
au  comté  de  Clermont,  en  même  temps  que  des  seigneuries  d'Ansac  et  de  Cam- 
bronne. 


Digitized  by 


Google 


270  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN   BEAUVAISIS. 

Philippe  de  la  Tournelle  {(^argent  à  cinq  châteaux  de  gueules 
au  lambel  (tazur),  tient  du  chàtel  de  Clermont  un  fief  près  du 
Plessier,  contenant  sept  arpents  de  bois,  dont  sont  tenus  : 

4  fiefs  à  Longueul  *. 

LIS. 

Quartier  de  Nedonchel  [d^azur  à  la  bande  d'argent  chargée  de 
trois  croissants  de  gueules^  la  bande  aussi  bordée  de  gueules), 
tient  du  châtel  de  Clermont  un  fief  à  Lis  ',  dont  un  fief  à  Lis  et 
Catviller  et  un  arrière-fief. 

VAUX-SOUSCAMBRONNE. 

Havot  de  Blaincourt  {(Tazur  à  Pécu  de  gueules^  accompagné  de 
huit  coquilles  de  sable  en  or  le),  tient  du  ch&tel  de  Clermont  un  fief 
séant  à  Vaux. 

BRUEL-LE-SEC. 

Le  maire  de  Bruel  {parti  au  1  de  sable  au  lion  issant  d! argent 
au  2  diapré),  tient  en  fief  la  mairie  de  Bruel  '. 

Ledit  maire  tient  dudit  châtel  un  autre  fief  au  même  lieu  *. 

ROSOY  (f*  538)  •. 

Drieu  de  Pisseleu,  chevalier,  {ctazur  à  trois  lions  d'argent  au 
bâton  en  bande  de  gueules),  tient  du  chàtel  de  Clermont  un  fief 
séant  à  Rosoy. 


*  Berthecourt,  canton  de  NoaiUes.  La  réunion  du  fief  de  Philippe  de  la  Tour- 
nelle au  domaine  plaça  dans  sa  mouvance  Immédiate  les  fiefs  de  Longueil  qui 
appartenaient  en  1539  à  Pierre  Le  Maire^  seigneur  de  Parisis-Fontaine  (d'argent  à 
trois  losanges  de  gueules  2  en  chef  1  en  pointe)  et  celui  de  Philippe  du  Bus  à  Cail- 
louel,  hameau  de  Hermès,  acquis  en  1754  par  le  comte  de  NoaiUes,  dont  le  fils, 
duc  de  Mouchy,  comparut  en  1789  à  Clermont,  comme  seigneur  du  Bus. 

*  Ce  fief  s'appelait  fief  Musas  en  1624,  H. 

>  La  mairie  de  Breuil-le-Sec  appartenait  en  1500  au  sieur  de  BouUainyilliers,  D. 
Peut-être  serait-ce  le  fief  qui  en  1596  était  dit  fief  du  Gouverneur. 

*  Ce  fief  était  en  1500  réuni  au  domaine,  D. 

>  Canton  de  Liancourt.  Ce  fief,  dit  de  Pisseleu,  appartenait  en  1539  à  damoiselle 
G.  Du  Bois,  qui  s'intitulait  en  même  temps  dame  de  Rozoy  et  de  la  mairie  de 


Digitized  by 


Google 


LE  COMTÉ   DE  CLERMONT   EN   BEAUVAISIS.  271 


ROTELEU. 

Jean  d'Ars  {de  gueules  à  trois  arcs  (tor  à  la  corde  â!argent 
affrontés)  tient  du  châtel  de  Clennont  un  fief  séant  à  Roteleu. 


VALESCOURT  (P  539)  \ 

Aubert  de  Ferrières  [d'or  à  la  croix  de  sable  chargée  de  cinq 
coquilles  d argent  au  bâton  en  bande  de  gueules)  tient  du  châtel 
de  Clennont  un  fief  séant  à  Valescourt,  dont  : 

4  fiefs. 

MELLENCOURT  (f  540)  *. 

Messire  Hue  de  Chatillon,  chevalier  {de  gueules  à  trois  pals  de 
vair  au  chef  â! or  chargé  de  deux  lions  passants  affrontés  de  sable), 
tient  du  châtel  d©  Cleimont  un  fief  séant  à  Mellencourt,  dont  : 

3  fiefs  et  arrière-fiefs. 


Sacy-le-Grand.  En  1789,  la  comtesse  d'Andlau  comparut  par  procureur  à  l'assem- 
blée du  bailliage  de  Clennont  comme  dame  de  Pisseleu  et  de  Yerderonne.  Bos- 
quillon  (Ms.  Fr.  25,220),  place  la  seigneurie  de  Yerderonne  dans  le  ressort  du 
bailliage  de  Clermont  ainsi  que  semble  également  l'indiquer  le  procès-verbal  de 
1789,  et  donne  sur  elle  les  renseignements  suivants  :  Possédé  pendant  près  de 
quatre  cents  ans  par  la  maison  de  Villers-Saint-Pol  à  laquelle  il  avait  été  donné 
par  Alphonse  de  Portugal  et  Mathilde  de  Boulogne,  Yerderonne  fut  acquis  en 
1586  et  1587  par  Claude  de  TAubespine  {d'azur  au  sautoir  d'or  cantonné  de  quatre 
billettes  de  même)  y  dont  le  petit-fils  obtint  son  érection  en  marquisat  par  lettres 
d'octobre  1650.  Louis  de  l'Aubespine  vendit  par  contrats  de  février  1736  et 
novembre  1738  les  différents  domaines  qui  composaient  le  marquisat  de  Yerde- 
ronne au  marquis  de  Gouy  d'Arcy  et  au  comte  d'Andlau,  lesquels  en  rendirent 
chacun  à  leur  égard  la  foi  et  hommage  au  bailliage  de  Clermont  en  1738  et  039. 

*  Canton  de  Saint-Just.  1539,  d'Argillière  (d'or  à  la  fasce  de  gueules  accompa- 
gnée  de  trois  trèfles  de  même),  1789,  comte  de  Feniolle. 

>  Aujourd'hui  Merlemont,  hameau  de  Warluis,  canton  de  NoaiUes.  Ce  fief  était 
également  dans  la  mouvance  de  la  chAtellenie  de  Mello.  1539,  Louis  des  Courtils 
{d'azur  au  lion  d'argent  armé  et  lampassé  de  gueules  portant  au  col  un  écusson 
de  gueules  au  lion  d'argent),  1789,  Charles-Louis  des  Courtils  de  Merlemont. 


Digitized  by 


Google 


272  LE   COMTÉ  DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 

CANETTECOURT. 

Louis  de  Souvegny  de  Sains  [â!azur  au  sautoir  (Targent  can-- 
tonné  de  quatre  merlettes  de  même)  tient  du  châtel  de  Clermont 
un  fief  à  Canettecourt  *,  dont  : 

1  fief  à  Clermont. 

LIERVAL  •. 

Philippe  d'Auviller  {de  gueules  à  trois  fleurs  de  lis  coupées  d'ar- 
gent) tient  du  châtel  de  Clermont  un  fief  séant  à  Lierval. 

HONDAINVILLE  (f»  541)  ». 

Messire  Griffon  de  Clary,  chevalier  {d'argent  à  la  fasce  âazur 
surmontée  dun  écu  de  gueules  au  lion  d'or  à  dextre),  tient  du 
châtel  de  Clermont  un  fief  à  Hondainville,  contenant  toute  la 
ville,  son  manoir  devant  le  moustier,  bois,  terres,  cens,  corvées, 
pressoir  et  moulin  *.  Duquel  sont  tenus  : 

4  fiefs  à  Hondainville,  dont  un  de  la  mairie  et  5  arrière-fiefs  à 
Hondainville  et  Froimont. 

COLOMBIER  (f  845). 

Raoulin  de  Fricamps  {de  gueules  semé  de  croisettes  d'or  à  la 
bande  d'or  chargée  de  trois  étoiles  de  sable)  tient  du  châtel  de 
Clermont  un  fief  séant  à  CoUombier  *. 


>  Ce  fief  appartenait  en  1486  à  Louis  Gayant,  D. 

s  NeuiUy-sous-Ciermont,  canton  de  Mouy.  En  1500,  ce  fief  appartenait  an  sieur 
Le  Plat,  D. 

•  Canton  de  Mouy.  1539,  Jacques  de  Vauldray  (de  gueules  émanché  d'argent  de 
deux  pièces),  seigneur  du  châtel  de  Hondainville  et  de  la  viUe  en  partie  ;  Jean  de 
Pouls  et  Jean  de  Béthancourt  (d'argent  à  la  bande  de  gueules  chargée  de  trois 
coquilles  d'or),  seigneurs  d'Hondainville.  1789,  Paul  Bourgevin  de  Vialart  de  Saint- 
Morys,  seigneur  d'Hondainville  et  de  Carrières,  hameau  d'Hondainville  et  arrière- 
fief  de  Cressonsacq  (V,  supra.). 

^  Ce  moulin  était  chargé  au  profit  du  seigneur  de  Carrières  d'une  redevance  de 
27  mines  de  hlé,  payables  au  jour  de  la  Madeleine  «  &  telle  condition  que  si  on 
ne  les  paye  audit  jour  il  peut  emporter  les  fers  du  moulin  et  mettre  un  meunier 
de  par  le  dit  moulin  jusques  à  temps  qu'il  soit  payé.  » 

>  Ce  fief,  comme  celui  de  G.  Le  Cercellier,  était  en  1500  réuni  au  domaine  et 
ses  terrés  accensées,  D. 


Digitized  by 


Google 


LE  COMTÉ  DE   CLERMONT   EN   BEAtJVAISIS.  273 

LA  CHAUSSÉE  DE  RAMÉCOURT  *. 

Marin  de  Vendeuil  {de  gueules  à  la  fasce  onglée  d'argent)  tient 
du  châtel  de  Clennont  un  fief  séant  à  la  chaussée  de  Ramécourt, 
dont  : 

Ifief. 

CASTILLON  {t  546)  V 

Henry  de  Saînt-Rimoult  {de  sable  au  lion  d'argent)  tîent  du 
châtel  de  Clennont  le  quart  de  la  grande  censé  de  Castillon, 
dont  : 

S  fiefs  entre  Castillon  et  le  Quesnel,  sur  le  travers  de  Castillon 
et  à  Bulles. 

BAILLOEL-EN-FRANCE  ET  FRANCONVILLE  ». 

Ces  deux  terres  ne  figurent  pas  au  Dénombrement  de  1373; 
elles  ne  faisaient  pas,  en  effet,  originairement  partie  du  comté 
de  Clermont.  Mais  depuis  le  milieu  du  xiv"  siècle,  elles  y  furent 
et  demeurèrent  rattachées  *.  Nous  croyons  donc  intéressant  de 
reproduire  ici  un  état  en  brief  de  leurs  revenus  et  valeur,  dressé 
précisément  à  la  même  époque,  et  que  nous  ont  fourni  les  ar- 
chives nationales  *. 

Nous  avons  indiqué  plus  haut  comment  les  domaines  de 


^  Agnetz,  canton  de  Clermont. 

*  Canton  de  Saint-Just.  Ce  fief  appartenait  en  1500  à  Jean  de  Gouy,  D. 

•  Aujourd'hui,  cantons  d'Ecouen  et  de  Montmorency  (Seine-et-Oise). 

^  Cette  mouvance  fut  contestée,  lors  de  la  réformation  de  la  Coutume^  par  dame 
Loyse  de  Villiers  qui  prétendit  que  ses  terres  de  Baillet  et  de  Franconville  étaient 
du  ressort  de  la  prévôté  et  vicomte  de  Paris,  et  non  de  celui  de  Clermont.  Mais  il 
fut  passé  outre  à  son  opposition,  sur  les  conclusions  des  gens  du  roi. 

»  P  1362  •,  no  1043.  L'état  débute  ainsi  :  «  Extrait  fait  en  la  Chambre  des 
Comptes  du  Roy  notre  sire  à  Paris,  d'un  papier  long,  relié  sur  la  façon  et  volume 
de  ceulx  que  l'on  fait  à  Montpellier,  ouquel  est  escript  et  compris  en  brief  les 
revenus  et  valeur  des  pais  et  demaine  que  monseigneur  le  duc  de  Bourbonnais 
tenoit  en  France  en  MCCCLXXVII,  en  ce  comprins  les  charges  comme  fiefs,  au- 
mosnes  etgaiges  d'officiei*s  :  c'est  assavoir  de  Bourbonnois,  Fourez,  Beaujolois,  la 
conté  de  Clermont  en  Beauvoisin,  la  chambrerie  de  France,  Bailloel  et  Francon- 
ville, etc ouquel  sont  comprins  ces  parties  en  la  forme  et  manière  que  s'en- 
suit. » 


Digitized  by 


Google 


274  LE  COMTÉ  DE   CLERMONT   EN   BEÂUVAISIS, 

Franconville-au-Boîs  et  de  Baillet  en  France,  qui  rapportaient 
600  à  700  livres  parisis  de  revenu,  furent  confisqués  sur  Robert 
d'Artois,  et  donnés  en  janvier  1337  par  Philippe  VI à  Louis!"  de 
Bourbon,  comte  de  Clermont.  En  février  1377,  le  duc  Louis  II 
concéda  l'usufruit  de  ces  deux  domaines  à  messire  Hutin  le 
Baveux,  son  chambellan,  et  cinq  ans  après  (1382),  en  considé- 
ration du  mariage  que  celui-ci  allait  contracter,  transforma 
l'usufruit  en  pleine  propriété,  à  charge  de  foi  et  hommage,  et 
sous  la  seule  réserve  du  droit  de  retour  poiu*  le  cas,  qui  ne  se 
réalisa  pas,  d'extinction  de  sa  descendance.  Jeanne  Le  Baveux, 
fille  du  donataire,  porta  Franconville  et  Baillet  dans  la  maison 
d'O  {(P hermines  au  chef  endenté  de  gueules)  par  son  mariage  avec 
Robert,  sénéchal  du  comté  d'Eu,  sixième  aïeul  de  Jacques  d'O, 
en  faveur  duquel  elles  furent  érigées  en  marquisat  par  lettres- 
patentes  de  juin  1619.  Au  xviii®  siècle,  le  duc  de  Brancas- 
Lauraguais  en  était  possesseur  du  chef  de  sa  mère,  Geneviève- 
FéUcité  d'O. 

BAILLOEL-EN-FRANCE. 

Primo.  Lostel,  jardins  et  deux  arpens  de  terre  lx  s. 

Item.  V  arpens  de  haut  bois  joignant  c  s. 

Item.  Au  bois  aus  Moines  iiii**  et  xv  arpens  par  tables  par  la 
main  du  seigneur  et  paient  par  manière  qui  sensuit  : 

A  sire  Jaque  de  Quoquelet  de  Paris,  pour  xl  arpens. 

A  messire  Denis  de  Lerris  pour  xxvim  arpens. 

A  Genevote  et  sa  fille  de  Hangest,  xxin  arpens. 

Aux  hoirs  messire  Drieu  de  Merlo,  pour  ni»*  arpens. 

Ledit  seignem'  y  en  prent  par  sa  main  xxin  arpens  valent  l  s. 

Item  es  bois  de  Trôiaux  v®  arpens  qui  se  se  vendent  de  lage 
de  IX  ans  ii  frans,  par  un»»  livres. 

Item  II  arpens  et  demy  de  près  xl  s. 

Item  les  explois  des  censsives  lx  s. 

Item  les  explois  de  la  justice  •    es. 

Les  champs  sont  vendus  vi  muis  vi  sestiers  de  grains,  le  tiers 
davaine  où  les  hommes  de  fiefz  prendentle  tiere  par  le  seigneur 
IX  livr.  xiî  s.,  vault  au  seigneur  vi  livres. 

Les  cens  de  la  setembrèce  xi  sectiers  ix  boisseaulx,  trois  quar- 
tiers de  boiscel  à  mons'  de  avaine  im  s. 


I^gitized  by 


Google 


LE  COMTÉ  DE   CLERMONT  EN   BEAUYAISIS.  275 

Item  ce  terme  en  argent         xiiii  liv.  x  s.  viii  den.  ob.  poict. 

Item  à  la  Saint-Denis,  vu  livres,  dont  en  oste  pour  les  fiefz 
demeure  au  seigneur  vi  1.  xi  livres. 

Item  au  Noël  xvliv.  vins,  ii  den. 

Item  nn**in  sextiers  xin  boîsceaulx  i  quartier  davaine  de  quoy 
les  fiefez  prennent  par  la  main  du  seigneur  xvsesti ers  ni  proven- 
diers  davaine,  pour  ledit  Jaque  et  Peluau  du  Val,  et  Genevote  et 
sa  fille,  xn  sextiers  demi  mine  valent  xxn  liv.  xvi  s. 

Et  esdites  menues  rentes  ledit  Jaque  et  sa  femme,  Mess"  J.  de 
Meussent  mi  menues  rentes  (et)  demie,  i  quartier  et  demi  quar- 
tier. 

Et  Genevote  et  sa  fille  pour  la  mairie  v  menues  rentes  et 
demie. 

Et  vault  la  menue  rente  demi  m**  de  blé,  nu  s.  vi  d.,  n  chap- 
pons  et  n  s.  davaine. 

vil**  XIX  liv.  xiiii  s. 


tiOMMES   DE   FIEF   A   BÂILLOEL  ! 

Sire  Jaque  de  Quoquelet. 
La  dame  de  Hangest. 
Les  hoirs  de  Meussant. 
Les  hoirs  M.  J.  Day. 
Mess"  Denis  de  Lerrie. 
Genevote. 

La  femme  Guillaume  du  Becz. 
Alus  de  France. 

Les  fiefz  x  liv. 

Charges  sur  ce  : 

Aux  bailli  et  recheveur  de  Bailloel  et  Franconville        xx  liv. 

Aux  sergens  de  Bailloel  viii  liv. 

A  mess"  Jehan  des  Mares  \ 

A  mess"  Jean  Canart  i  xl  sest. 

A  M"  J.  Auchier  / 

.'  A  M.  Oudart  de  Molins  xiii  sest.  i  p. 

A  M.  Wistasse  de  la  Pierre  xxnn  sest. 

Au  seigneur  de  Franconville  ix  livres. 


Digitized  by 


Google 


276  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 

Au  curé  de  Saint-Martin  ou  Tertre,  sur  les  champs  de  Fran- 

conville  xix  sest.  de  blé. 

Aux  religieux  de  sur  ce  i  sest.  de  blé. 

Somme  viii"  xix  1.  iiii  s. 


FRANCONVILLE. 

Primo  le  chastel  et  jardin,  tennement  ni  arpens  xl  s. 

Item  LX  arpens  de  bois  x  l. 

Item  n  arpens  et  demi  de  prés  xxx  s. 

Item  Lxvii  arpens  de  terre,  baillent  pour  ini  muîs  xviu  l. 

Item  les  champs  paient  lez  charges  un  sestiers  xxmi  s. 

Item  le  foiu*  souloit  valoir  lx  s. 

Item  le  pressoir.     .     .     souloit  c  s. 

Item  lez  masniers  souloient  devoir  par  an  xvu  sest.  v  boise. , 

I  quart  davaine  lx  s. 

Item  xini  gelines,  ii  pains  et  demi  et  xxxi  d. 

Item  aux  Ottaves  de  S.  Denis,  devent  c  m  s.  iv  d.. 

ou  le  curé  et  marglier  de  S.  Martin  ou  Tertre  prandre  ,      ^^  g 
par  an  V  s. 

Les  cens  des  Brandons  vin  d. 

La  taille  de  S.  Jehan  de  Golesse,  xxii  s. 

XLV  L.  xiiii  s. 

Somme  toute  Bailloel  et  Franconville  ii'xv  1.  viii  d. 

Reste  c  xvi  l.  iiii  s. 


HOMMES   DE   FIEFZ   DE   FRANCONVILLE. 

Le  seig'  d'Atechy. 
Adam  Lemaire. 
Mess"  Jaque  de  Bellay. 
Jehan  de  Berley. 
Ledit  Jehan. 
Baudin  de  Sercenceurt. 
Mess"  Jehan  de  Gaillemiel. 
Mess"  Guillaume  de  Sours. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS.  277 

Jehan  de  Praielez. 

Jehan  de  Vilers. 

Robin  de  Meussent. 

Ginot  de  Doulen. 

Mess'*  Philippe  de  Trie. 

Mess"  Denis  de  Berois. 

Ledit  mess'®  Denis. 

Jehan  de  Lantoullet. 

Jehan  de  Brussi. 

Willaume  Brinoel. 

Robert  le  Saunier. 

Mess'*  Denis  de  Lorris. 

Jehan  de  Jouy. 

Les  hoirs  mess'*  Loi  de  Corcevile. 

Le  fief  de  Courteniente. 

Quant  les  fiefz  dessus  diz  viennent  en  la  main  du  seigneur  le 
sire  prent  le  proufit  de  Taveu. 

Lostel  de  Sores  à  Saint  Clau  avoit  ii  arpens  et  demi  de  vignes 
et  doit  par  an 


Digitized  by 


Google 


ARMOIRIES 

Des  Gheyaliers,  Écuyers  et  Gentilshommes  possédant  seulement 
arrière-fiefs  dans  le  Comté  de  €lermont  \ 


Aridel  (Mahieu  d'),  d^ argent  à  deux  fasces  de  sable  frété (Por  au 
bâton  en  bandes  de  gueules.  (Maimbeville.) 

Arsy  (d'),  fascé  d argent  et  d^azur  de  six  pièces  au  bâton  en 
bande  engrêlé  de  gueules,  (Wavegnies.) 

AuTREviLLE  (GiUes  d'),  d* argent  à  trois  anneaux  de  sable. 
(Nointel.) 

AvREGNY  (Jean  d*),  d* argent  au  quinte  feuille  de  gueules  à  neuf 
merlettes  de  même  en  or  le.  (Avregny.) 

Bachy  (D*^**  Jeanne  de),  fille  de  feu  Adam  de  Bachy,  parti 
au  1  de  gueules  au  lion  hermine^  au  bâton  eti  bande  d'azur, 
au  2  d'argent  à  trois  chevrons  de  gueules,  (Lardières.) 

Balegny  (Bordelet  de),  de  sable  au  sautoir  chargent  chargé  d!un 
anneau  d'or  à  dextre,  accompagné  de  quatre  merlettes  d'argent. 
(La  Motte-d*Aucourt.) 

Baquencourt  (messire  Lechien  de),  chevalier,  de  gueules 
semé  de  trèfles  d'argent  à  deux  bars  adossés  de  même.  (La  Chaussée 
de  Becquerel.) 

Beauvais  (Philippe  de),  chevalier,  d'argent  à  la  croix  de  sable 
chargée  de  cinq  coquilles  d'or  à  la  merlette  de  gueules  au  dextre 
de  reçu.  (Guybrancourt.) 

Beve  (messire  Jean  de),  chevalier,  prêtre,  de  sable  à  trois  croi- 
settes  d!or.  (Nointel.) 

Biaurepaire  (Colart  de),  chevalier,  â!or  frété  de  sable.  (Her- 
mancourt.) 

Bos  (Aubert  du),  chevalier,  de  gueules  au  lion  d'argent,  au 
lambel  d'azur.  (Warnavillers.) 


i  Cette  liste  complémentaire  aurait  pu  être  notablement  accrue  si,  à  deux  ou 
trois  exceptions  près,  motivées  par  des  différences  essentielles,  nous  n'en  avions 
exclu  les  variantes  ou  brisures,  par  lesquelles  se  distinguaient  alors  les  branches 
d'une  même  famille. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE  CLERMONT  EN   BEAUVAISIS.  279 

BucAMP  (de),  ^argent  à  la  bande  de  sable  accompagnée  de  deux 
cotices  du  même,  (Bucamp.) 

Bus  (Philippe  du),  d!argent  à  trois  châteaux  d'azur,  au  lambel 
de  gueules.  (Plessier-Billebault.) 

Cauffery  (Drieu  de),  (F  hermines  au  quinte  feuille  de  gueules  ^  à 
la  bordure  engrêlée  (Tazur  et  de  gueules,  (Catvillers.) 

Caumondel  (Brune  t  de),  chevalier,  gironné  de  sable  et  d'or  y  au 
lambel  de  gueules.  (Blaincourt.) 

Chantemelle  (Taupin  de),  chevalier,  dazur  à  la  bande  d'ar- 
gent chargée  de  trois  coquilles  de  gueules  à  une  étoile  d! argent  au 
côté  senestre  de  Pécu.  (Ansac.) 

Chepoy  (Regnaut  de),  chevalier,  d'or  à  cinq  châteaux  d'azur. 
(Cuignères.) 

CouDUN  (Guillemin  de),  de  gueules  à  la  fasce  d'argent  à  trois 
merlettes  de  même  en  chef.  (Sarnoy.) 

Cramoisy  (Regnaut  de),  chevalier,  échiqueté  d'or  et  de  gueules 
au  chef  de  gueules.  (Thory.) 

Crévecœur  (Dame  de),  parti  au  l  de  gueules  à  trois  chevrons 
d'or  y  au  2  lozangé  de  gueules  et  d^  argent.  (Wavegnies.) 

Equencourt  (le  sire  d'),  chevalier,  écartelé  au  1  et  kd argent  à 
la  fasce  d'azur  surmontée  de  trois  étoiles  de  gueules^  au  2  et  au  3 
de  gueules  semé  de  fleurs  de  lis  dC argent.  (Catvillers.) 

Erches  (Martel  d'),  chevalier,  de  gueules  à  trois  herches  cTor. 
(Sarnoy.) 

Fay  (de),  chevalier,  d'argent  semé  de  fleurs  de  lys  de  sable. 
(Avregny.) 

Flavy  (Pierre  de),  chevalier,  d'hermines  à  la  croix  de  gueules 
chargée  de  trois  coquilles  dor.  (Wandelicourt.) 

Fresnoy  (Havet  du),  chevalier,  d argent  au  lion  de  gueules 
au  lambel  dazur.  (Fresnoy-en-Thelle.) 

Gaudechart  (de),  de  gueules  à  la  fasce  d'argent  y  chargée  dune 
molette  de  sable  à  dextre.  (Marcelles.) 

La  Grange  (la  dame  de),  parti  au  1  d argent  à  trois  gon fanons 
renversés  de  gueules,  au  2  dor  à  la  fasce  dazur  au  lambel  de 
gueules  à  trois  pendants.  (Bois  du  Plessier.) 


Digitized  by 


Google 


280  LE   COMTÉ  DE   CLERMONT   EN   BEÂUVÂISIS. 

Grimault  (messire  Jean),  chevalier,  de  gueules  d  trois  mer^ 
lattes  d'argent  à  la  bordure  d^azur,  (Nointel.) 

Grisy  (Pierre  de),  gironné  d'argent  et  de  gueules  d  la  bordure 
d'azur.  (Grisy). 

Hamère  (messire  Jean),  chevalier,  d'argent  d  la  croix  ancrée 
de  gueules  au  bâton  en  bande  d!azur.  (Villers-lès-Castenoy.) 

Hanvoiles  (messire  Cherel  de),  chevalier,  de  sable  d  trois  losan- 
ges (f  argent.  (Vrocourt  et  Hodenc.) 

Haussez  (de),  d'hermines  d  la  bande  de  gueules  cantonnée  de 
trois  besants  dor.  (Buycourt.) 

Havet  (messire  Jean),  chevalier,  d'argent  à  la  croix  de  gueules 
chargée  de  cinq  coquilles  dor  au  lion  de  sable  au  1"  canton. 
(Nointel.) 

Hez  (Ansoult  de),  chevalier,  échiqueté  d'or  et  de  gueules  de 
trois  traits^  au  chef  vairé  d'argent  et  d'azur  de  deux  traits.  (Creil.) 

HoNDAiNViLLE  (Philippe  de),  (T argent  d  la  fasce  d'azur  chargée 
de  trois  étoiles  (For,  le  chef  chargé  d'une  fasce  endentée  de  gueules. 
(Méry.) 

Jumelles  (de),  chevalier,  d'azur  d  deux  fascesd'or.  (Travers-de- 
Conti.) 

Kais  (Jean  de),  chevalier,  d'hermines  d  la  bande  en  arc  de 
gueules  chargée  de  trois  besants  d'or.  (Nointel.) 

LAVREcmNES  (Porrus  de),  chevalier,  d  argent  ddetix  chevrons  de 
gueules  d  neuf  merlettes  de  même,  six  en  chef  et  trois  en  pointe 
(fief  entre  Senlis  et  Creil),  alias  d'or  à  trois  chevrons  de  gueules 
au  lambeldazur.  (Forêt  de  Halatte.) 

LiEuviLLERS  (Pierre  de),  d! argent  d  trois  doloires  de  gueules^ 
(Caisnelet.) 

Lmus  (Duvelin  de),  chevalier,  coupé  au  1  d*azur  au  lion  issant 
d'hermines,  au  2  d'or  d  cause  des  hoirs  de  Basincourt.  (Francières.) 

Maimbeville  (messire  Aubert  de),  de  sable  d  la  croix  (P argent 
au  lambel  de  gueules.  (Le  Mez.) 

Maizières  (Philippe  de),  chevalier,  de  sinople  d  la  fasce  dher- 
niines  d  la  bordure  de  gueules.  (Herval). 

Mazis  (Grognart,  sieur  de),  chevalier,  ^argent  d  quatre  coti^ 
ces  de  gueules.  (Villepoix.) 


Digitized  by 


Google 


LE  COBITÉ  DE  GLERMONT  EN  BEAUVAISIS.  281 

Méru  (Pèlerin  de),  de  gueules  à  une  fasce  d'argent  surmontée 
de  deux  merlettes  cTor.  (Sandricourt.) 

Mesnil  (du),  chevalier,  d'argent  au  lion  de  gueules  au  bâton  en 
bande  de  gueules  (Fresnel)  alias  à  la  cotice  en  bande  engrêlée 
d^azur.  (Béthencourt.) 

MoNCHEL  (Hue  de),  de  gueules  à  l étoile  d'or  à  la  bordure  d'ar- 
gent. (Moigneville.) 

MoNTATHÈRE  (PieiTe  de),  de  gueules  àlafascecPoràtroisbesants 
d'argent  en  chef.  (Warti.) 

Néry  (le  sieur  de),  de  sable  à  trois  fleurs  de  lys  d^or  à  la  bor* 
dure  d^ argent.  (Warti.) 

Neuville  (Jean  de  la),  d!hermines  au  lion  de  gueules.  (Boi- 
sicourt.) 

NuLLY  (Estandart  de),  chevalier,  parti  d'argent  et  de  sable  à  la 
bordure  de  gueules.  (Clennont.) 

Plessié  (du),  écartelé  de  sinople  et  d'argent  au  lambel  de 
gueules  à  trois  pendants.  (Cramoisy.) 

Plessié  (du),  de  sinople  à  técu  (Por  en  cœur,  au  bâton  en  bandes 
de  gueules  sur  le  totU.  (Sainte-Eusoye.) 

Plessié-Brion  (Guy  du),  chevalier,  paie  d'argent  et  d^azur  de 
six  pièces  à  une  fasce  de  gueules.  (Epineuses.) 

Pomponne  (Guy  de),  chevalier,  d'or  au  chef  d'azur  chargé 
(lune  étoile  émargent  à  dextre.  (Hondainville.) 

PoucHiN  (Guillaume),  d'or  à  trois  coquelets  de  sable  crêtes  et 
sabotés  de  gueules  au  lambel  de  même.  (Longueil.) 

Renets*  (Robert  de),  chevalier,  échiqueté  chargent  et  de  sable  à 
un  croissant  d'or.  (Blaincourt.) 

RiEux  (Firmin  de),  d'argent  à  trois  Y  de  gueules.  (Somme- 
reux.) 

Ru  (Gautier  du),  chevalier,  parti  au  1  (fazur  chargé  de  trois 
coquilles  en  fasce  (Targentj  au  2  de  sinople.  (Méru.) 

Saint- Aubin  (Jean  de),  chevalier,  d'or  à  une  civière  de  sable  au 
bâton  en  bande  de  gueules.  (Erquery.) 

Saint-Ernoult  (de),  de  sable  au  lion  d^ argent  à  une  bande 
fuselée  de  gueules  sur  le  tout.  (Amblainville.) 

19 


Digitized  by 


Google 


282  LE  COMTÉ  DE  GLERMONT  EN   BEAUYAISIS. 

Saint-Pol  (Pierre  de),  de  gueules  d  trois  pals  de  voir  au  chef 
d'or.  (Mouricourt.) 

Saint-Remt  (Thibaut  de),  cPor  à  cinq  châteaux  de  gueules  au 
lambel  d'azur  à  trois  pendants  chargés  chacun  de  trois  billettes 
d'argent.  (Saint-Remy.)  Branche  de  la  famille  de  Quinquem- 
poix. 

Santeuil  (Pierre  de),  chevalier,  une  tête  à  cent  yeux  d^or. 

(Grisy.) 

SoNGONs  (Pierre  de),  chevalier,  d'or  à  la  bande  fuselée  de 
gueules.  (Méry  et  Béthencourt.) 

Trye  (Jean  de),  ^orà  la  bande  dazur  chargée  de  trois  étoiles 
d'argent.  (Henencourt.) 

Valescourt  (de),  chevalier,  ^argent  à  deux  fasces  de  sinople 
au  bâton  en  bande  de  gueules.  (Saint-Remy.) 

Valescourt  (Guillaume  de),  de  gueules  à  trois  merlettes  d'or  à 
la  roue  d'argent  en  cœur.  (Avregny.) 

Verderonne  (Jean  de),  (Tor  d  trois  tourteaux  de  sinople.  (Sacy- 
le-Grand.) 

ViGNEMONT  (de),  chevalier,  (Tor  d  trois  tourteaux  de  sable. 
(Milly  et  Erquinvilliers.) 

VuxE  (messire  Estienne  de),  chevalier,  écartelé  cT argent  et 
de  gueules  au  bâton  en  bande  âazur.  (Villers-lès-Castenoy.) 

ViLLEPOix  (de),  de  gueules  à  dix  besants  d'argent.  (ViUepoix.) 

ViLLERs  (GiUes  de),  chevalier,  (for  d  la  croix  de  gueules  d  une 
merlette  de  sable  au  i"  canton.  (Hermencourt.) 

Warti  (demoiselle  de),  d^ argent  d  l'écu  de  gueules  une  merlette 
en  chef  à  dextre.  (Avregny.) 

Wavegnies  (de),  d'argent  d  la  fasce  de  sable  accompagnée  de 
sept  merlettes  de  même  en  or  le.  (Wavegnies.) 

WiÈvRE  (Jean  de),  chevalier,  (Tor  d  trois  merlettes  de  sable  en 
or  le.  (EUincourt.) 


Digitized  by 


Google 


PIEGES  JUSTIFICATIVES 


Digitized  by 


Google 


Digitized  by 


Google 


K 


1. 

Ohaxtes  d'afE^ranohlssemaxLt  et  de  oommime. 

1.   CHARTE    DB    RAOUI,^    GOBfTB    DB    OLBBMONT,    BN    FAVBUB    DBS    HABITAKTS   DU 
BOURG  DB  60URNAT-8UR-ARONDB.   —  ANNO   1165. 

Ego  Radolfùs  cornes  Glarimontis  oniversis  tam  ftituris  qaam  presenti- 
bus  notam  esse  volo  quod  qai  subum  hospitagium  acoepit  extra  muros 
de  Oornaco  in  Bargo  quod  habeo  per  escambioin  quod  feci  cum  Alberico 
de  Hangest  et  in  terra  quam  babeo  ex  communi  assensu  abbatis  et  capi- 
tali  de  Sancto  Quintino  Belvacensi  et  prioris  et  canonicorum  de  Oornaco 
quietus  erit  exsolvendo  mihi  annuatim  quatuor  minas  avene  et  quatuor 
capones  et  salvis  forisfactis  meis  hoc  modo  quod  si  ille  clamorem  in 
causam  creantus  fùerit^  nisi  de  sanguine  aut  multro  aut  traditione  accu- 
satus  Aierit,  secunda  manu  se  purgabit  aut  exsolvet  legem  quinque  soli- 
dorum  de  Belvaco.  Quod  ut  ratum  et  inconcussum  permaneat  presentem 
imginam  sigilli  mei  impressione  et  testium  subnotatione  muniri  precepi. 
Signum  Willelmi  capellani  ;  signum  Eustachii  de  Encra  ;  signum  Ray- 
naldi  Aiguillon;  signum  Lambertini  de  Religis;  signum  Airardi;  signum 
Johannis  de  Monte  ;  signum  Pétri  Galvini  ;  signum  Philippi  ;  signum 
Davidis  ;  signum  Ebroini  ;  signum  Mathei  Prepositi. 

(Communiqué  par  Tabbé  Danse,  chanoine  de  Beauvais,  à  Dom  Grenier 
d*un  mémoire  manuscrit  de  M.  de  NuUy,  chanoine  de  Beauyais.) 

Bibliothèque  nationale,  Mss.  collection  Morean»  t.  LXXIV,  f>  81. 


2.    CHARTB  DB  RAOUL,  OOMTB  DB  CLERMONT,  BN  FAVBUR  DBS  HABITANTS  DB 
LA  NBUFVU.LB|  ANNO  1187. 

Radulfhs  oomes  Glarimontis,  noyerint  Universi  présentes  pariter  et 
ftituri  quod  cum  ego  novam  villam  constitui  liberam  et  quietam  a  talia 
donavi  et  concessi  tali  redditu  censuali.  Unusquisque  hospitum  in  pro- 
rata villa  manentium  qui  mansuram  integram  tenuerit  reddet  singulis 
annis  duos  minas  avene,  duos  capones  et  sex  denarios  Belvacensis,  salvis 
tamen  redditibus  quos  solebant  reddere  apud  Gorleum  (Gourlieu)  domi- 
nis  suis.  Taies  usus  et  taies  consuetudines  quas  solebant  habere  apud 
Gorleum  ut  in  foragio  roagio  et  aliis  consuetudinibus  eis  concessi. 
Donavi  eis  etiam  mortuum  nemus  ad  comburendum  in  foresta  mea  de 
Hez  et  ad  usagium  suum  libère  et  quiète  salvis  tamen  rectis  meis  foris 
factis.  Ut  autem  ratum  istud  et  Ûrmum  permaneat  assensu  Gomitisse  et 
filiarom  mearum  signuli  mei  impressione  conûrmari  mandavi. 

Ms.  20,082,  P  127.  —  Ce  manuscrit  contient,  et  nous  avons  donné  plus 


Digitized  by 


Google 


286  LE  COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 

haut,  p.  159  et  suivantes,  les  autres  actes  relatif/s  aux  droits  et  obli^- 
tions  des  habitants  de  la  Neuville-en-Hez.  La  charte  du  comte  Raoul  se 
trouve  transcrite  au  f*  56  du  t.  XC  de  la  collection  Moreau,  (Bibliothèque 
nationale,  Manuscrits). 


3.  OHARTË  DE  LOUIS)  OOMTB  DE  BL0I8  ET  DE  CLEBMONT,  PORTANT  AFFEANOHiSSElfNT 
DES  HABITANTS  DE  LA  VILLE  DB  CLERMONT,   ANNÉE    1197. 

Au  non  3e  la  sainte  et  indivisée  Trinité.  Amen. 

Je  Loy^  comte  de  Blois  et  de  Clermont,  à  Tonneur  de  Dieu  et  pourût 
dou  pais,  à  tous  tant  présens  quant  a  venir  fais  chose  cougnute  que 
pour  amour  de  Dieu  et  pour  remède  de  m'&me  et  de  mes  ancesseurs, 
loant  et  otroiant  Katerine  ma  £Ame  et  Mehaut  sa  sereur^  sauf  le  droit 
des  églises  et  des  chevaliers.  Tous  les  hommes  mananz  à  Olermont 
doians  à  moi  taille  et  les  hoirs  d'icheus  quicte  des  ores  en  avant  deu 
tout  en  tout  de  taille  et  otroi  estre  quictes,  estaublissans  que  quiconques 
ara  masure  à  Clermont  v  s.  de  le  monnole  Biauvoisenne  paiera  tant  seu- 
lement chascun  an  pour  chacune  masure  que  il  ara  fors  chelle  en  laquelle 
il  manra.  U  paiera  v  s.  ensement  quantes  masures  seront  faites  d^ichelle, 
pour  chascune  masure  il  paiera  v  s.  et  se  aucune  masure  ara  qu'en  telle 
manière  que  elle  ara  remès  wide,  je  illuec  prenray  nulle  chose  deci 
adoncques  la  masure  sera  rédeAée.  Adechertes  cheste  chencive  sera  ren- 
due à  moy  ou  à  mon  mandement  en  le  feste  saint  Rémi.  Adechertes  se 
aucune  chose  de  cheste  cencive  à  rendre  en  ychelli  jour  li  defEàus,  sera 
rendus  à  moy  communément  des  bourgoys  lendemain  au  double.  U  loira 
au  bourgois  chascun  an  eslire  vm  d'icheus  au  conseilg  des  quiex  et 
modéracion  li  consaus  de  le  ville  et  modéracion  sera,  liquel  quante  fois 
seront  innové,  quante  foys  jurront  eus  en  bonne  foy  et  droite  garder  les 
coustumes  de  le  ville.  Si  li  poure  eus  a  grève  aront  été  plaintieus  au 
conseil  et  modéracion  des  bons  homes  sur  lesquiex  le  conseil  de  la  ville 
sera  dispencé  sur  les  povres.  Tous  manans  à  Clermont  qui  étaient  de  me 
serve  condicion  et  les  hoirs  d*icheus  et  tenure  de  toute  carche  de  servi- 
tute  nueve  quicte  dou  tout  en  tout  et  absous.  Adechertes  se  aucun  ara 
volu  départir  frans  et  quictes,  départe  se  il  n'a  fet  for&it  et  se  il  a  fet 
forfait,  il  amendera  ichelli  selonc  les  coustumes  et  usages  de  la  ville 
anchois  que  il  départe.  Quiconques  ara  volu  manoir  à  Clermont  il  pourra 
illuec  manoir  en  faisant  justiche  selon  les  coustumes  de  la  ville.  LiforMt 
de  vuignes,  prés,  vergiers,  blés  si  comme  devant  sont  mien.  Chascuns 
porra  nantir  son  plesge  si  comme  il  doit.  Je  nanteray  mon  plesge  si 
comme  je  seulg,  se  il  n'a  donné  plesge  de  pleinne  amendée.  Je  ay 
créanche  en  mes  viandes  et  de  la  contesse  acater  à  Clermont  à  payer  à 
III  mois.  Je  ai  pris  de  mes  viandes  et  de  la  contesse  si  comme  je  seul. 
Aucuns  d'icheus  ne  sera  pris  ou  sera  tenus  pris,  en  les  choses  d'ichelli. 
se  il  ara  peu  donner  plesge  de  venir  à  droit  fors  pour  murdre,  prodicion, 
trésor  trouvé,  embrasement,  homicide,  rapt,  iarrechin  manifès  seur  Tao- 


Digitized  by 


Google 


LS  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN   BEAUVAISIS.  287 

casé.  Nulz  manans  à  Clermont  fera  à  moi  corvée  hors  de  la  ville.  Je 
quicte  le  garde  des  pris.  Avecques  moi  ou  avec  mon  mandement  iront 
en  ost  et  mon  despeschement  si  comme  ils  seulent  quantefois  ils  aront 
esté  ammonesté.  Nulz  de  dehors  doians  à  moy  taille  porront  retenir 
fors  de  mon  assentement.  Quantes  fois  li  prévoz  de  Clermont  ou  li  ser- 
gant,  li  garde  de  le  ville,  ou  soit  chevalier,  ou  il  soit  sergans  seront 
innové,  li  uns  après  l'autre,  jure  soi  toutes  chez  coustumes  garder  fer- 
mement en  bonne  foy.  Je  adechertes  ai  juré  de  ma  propre  main  à  tenir 
ichelles  fermement  et  loiaument  et  de  mon  quemandement  jurèrent  : 
Gui  Camp  d'Avène,  Robers  de  la  Tournelle,  Ansoulz  de  Ronqueroles, 
Huez  de  Liz,  Raoulz  de  Warti,  Simons  de  Somonsi,  Œude  de  Soisi, 
Ansoulz  de  Cuignères,  Gérars  de  Boutenangle,  Jehan  de  Arion,  Roger  de 
Angiviller,  Ansous  Prévos,  Œudes  de  Hargenlieu.  Témoins  sont  :  Gauf- 
frois  de  Brulone,  Jehans  des  Barres,  Jehans  de  Ronqueroles,  Raoulz  de 
Gien,  Jehans  de  Campremi,  Renaus  le  Mareschal,  Lorans  Tierris  clers, 
Andrieus  clers,  Gauffrois  clers.  Que  che  permaint  ferme  et  establi  je 
commant  par  lettres  et  conferme  de  Tautorité  de  mon  seel.  Fait  à  Creilg 
en  Tan  de  la  parole  incamée  mil  C.IIII''XVII.  Donné  par  la  main  Thié- 
haut  mon  cancellier. 

Bibliothèque  nationale,  Mss.  FFr.  n*»  4,663,  f>  115.  —  Cette  charte  est 
aussi  transcrite  dans  le  Ms.  Fr.  20,982,  f»  553  et  dans  le  tome  LXXXIX, 
f>  57,  de  la  collection  Dom  Grenier.  Les  archives  nationales  en  possèdent 
deux  vidimus  en  latin,  l'un  P  1362*,  cote  1102,  l'autre  carton  J.  167,  que 
nous  reproduisons  plus  loin  (n*  5,  Lettres  confirmatives  de  Louis  I  de  Bour- 
bon). 


4.  CHARTE  DE  LOUIS  COMTE  DE  BLOIS  ET  DE  CLERMONT,  PORTANT  AFFRANCmSSEMSNT 
DBS  HABITANTS  DE  LA  VILLE  DE  ORBIL,  23  JANVIER  1 197  (Y.  S*.). 

Les  dispositions  de  cette  charte,  qui  se  trouve  insérée  au  f  95  du 
Ms.  Fr*  4^663  et  qui  existe  également  aux  Archives  nationales  P  1362, 
cote  1067,  sont,  nous  Tavons  déjà  dit,  identiques  à  celles  des  lettres 
octroyées  là  même  année  par  le  comte  Louis  aux  habitants  de  Clermont 
et  qui  sont  ici  transcrites  sous  le  n*  3.  Nous  n'avons  que  deux  différences 
à  signaler,  savoir  :  que  le  cens  annuel  de  cinq  sous  se  devait  acquitter 
en  monnaie  parisis,  au  lieu  de  monnaie  Beauvaisine,  c'est-à-dire  infé- 
rieure d'un  treizième,  et  que  le  nombre  des  administrateurs  électifô  ou 
pairs  n'était  fixé  qu'à  six  au  lieu  de  huit. 

Voici  les  noms,  nécessairement  différents,  des  seigneurs  qui,  au  com- 
mandement du  comte,  jurèrent  la  loyale  exécution  de  la  charte  ainsi  que 
ceux  des  témoins  :  Hues  des  Prez,  Amauris  de  Yillers,  Raoulz  de  Fon- 
ttaines,  Renaus  de  Maimbomail,  Eudes  de  Cauffri.  Témoins  sont  deche  : 
Gauffrois  de  Brulon,  Jehan  des  Barres,  Ansoulz  de  RonqueroUes,  Jehan, 
û*ères  d'ichelle,  Ansoulz  Prévos,  Hubers  Prévos,  Andruis  li  clers,  Thié- 
baus  li  clers,  Gauffi*ois  li  clers. 


Digitized  by 


Google 


288  LE   COMTÉ  DE   CLERMONT   EN   BEAUYAISIS. 


5.  LBTTBEa  DE  LOUIS  I,  GOMTB  DE  CLERMONT,  SEIGNEUR  DE  BOURBON,  PORTANT 
CONFIRMATION  DBS  LETTRES  DE  LOUIS  COMTE  DE  BLOIS  ET  DE  CLERMONT, 
EN  FAVEUR  DES  HABITANTS  DE  CLERMONT,   MAI   1325. 

A  touz  ceus  qui  ces  lettres  verront  Hugues  de  Crussi»  garde  de  la  pré- 
vosté  de  Paris,  salut. 

Saichent  tuit  que  nous,  Tan  de  grâce  mil  trois  cenz  vint  et  huit  le 
vendredi  après  Noél,  veismes  unes  lettres  saines  et  entières  scellées  du 
séel  si  comme  il  apparoit  Monseigneur  Loys  de  Clermont  contenanz  la 
fourme  qui  s'ensuit  :  à  touz  ceus  qui  verront  et  orront  ces  présentes 
lettres,  nous  Loys,  conte  de  Clermont,  seigneur  de  Bourbon  et  chambrier 
de  France,  faisons  savoir  que  nous  avons  veu,  tenu  et  fait  lire  par 
devant  nous  et  exposé  en  françois  unes  lettres  scellées  contenant  la 
fourme  qui  s'ensuit  :  In  nomine  sancte  et  îndividue  Trinitatis,  amen.  Ego 
Ludovicus  comes  Blesensis  et  Glaromontensis,  ad  honorem  Dei  et  patrie 
utilitatem,  omnibus  tam  fùturis  quam  presentibus  notum  fleri  volo  quod 
amore  Dei  et  pro  remédie  anime  meœ  et  antecessorum  meorum  laudante 
et  concedente  Katherina,  usore  mea  et  Mahauda  sorore  sua,  salvo  jure 
ecclesiarum  et  militum,  omnes  homines  Claromonte  manentes  tailliam 
michi  debentes  et  eorum  heredes  a  taillia,  ablacione  impruntato  et  roga 
coacta  de  cetero  penitus  quitte  et  impunes  esse  concedo,  statuons  quod 
quicumque  apud  Claromontem  mansuram  habebit  quinque  Belvensis 
monete  solides  singulis  annis  tantum  persolvet,  et  pro  unaquaque  man- 
sura  quam  habebit  prêter  illam  in  qua  manebit  similiter  quinque  solides 
persolvet  ;  si  autem  mansura  divisa  Aierib  quot  mansure  ex  ea  facte 
fuerint,  pro  unaquaque  mansura  quinque  solides  persolvet,  et  si  aliqua 
mansura  décident  ita  quod  vacua  remanserit  ego  nihil  ibi  capiam  donec 
mansura  rediûcetur.  Reddetur  autem  hec  censa  michi  vel  mandate  meo  in 
festo  sancti  Remigii;  si  quid  autem  de  censa  hac  ea  die  reddendum  defe- 
cerit^  defectus  die  crastina  in  duplo  a  burgensibus  communiter  michi 
reddetur.  Licebit  burgensibus  singulis  annis  octo  ex  ipsis  eligere  ad  quo- 
rum consiliuçi  et  moderamen  ville  consilium  et  moderamen  erit.  Qui  quo- 
ciens  innovabuntur,  totiens  jurabunt  sese  bona  âde  et  recta  ville 
consuetudines  conservaturos.  Si  pauperes  se  gravâtes  esse  conquesti  fue- 
rint ad  consilium  et  moderamen  bonorum  virorum  super  quos  consilium 
ville  erit  super  pauperes  dispensabitur.  Omnes  manentes  apud  Claromon- 
tem qui  de  mea  servili  condic^one  erant  et  eorum  heredes  et  teneuras 
ab  omni  jugo  servitutis  mee  quitte  penitus  et  absolvo.  Si  quis  vero  a  villa 
recedere  voluerit  liber  e^  quietus  recedet  nisi  forisfactum  fecerit  et  si 
forisfactum  fecerit  secundum  consuetudines  ville  et  usus  antequam  recédât 
illud  emendabit.  Quicumque  ad  Claromontem  mansurus  venerit  manere 
ibi  poterit  justiciam  faciendo  secundum  ville  consuetudines.  Forisfacta 
vinearum,  pratorum,  viridariorum,  bladorum  sicut  ante  mea  sunt.  Qui- 
libet  plegium  suum  nantare  poterit  sicut  débet,  plegium  meum  nantabo 
sicut  soleo  nisi  plejurie  emendande  plegium  dederit.  Creditionemin  cibis 


Digitized  by 


Google 


LE  COMTÉ  BB  CLBBMONT  EN   BEAUVAISIS.  289 

meis  et  oomitîsse  apad  Claromontem  emendis  ad  ires  menses  habeo  per- 
solvendum.  Precium  ciborum  meorum  et  comitisse  sicut  soleo,  habeo. 
Nullas  eonim  capietur  yel  captus  tenebitur  vel  ipsius  res  si  plegium 
veniendi  ad  jus  dare  poterit  nisi  pro  mortro^  prodicione,  thesauro 
inyento,  incendio,  homioidio,   raptu,  ûirto,   super  accusatum  mani- 
festis.  NuUos  Claromonte  manens  extra  villam  michi  corratam  fàciet. 
Gustodiam  captorum  quitte.  Mecum  vel  cum  mandate  mec  in  exerci- 
tum  et   expeditionem  meam   ibunt  sicut  soient   quotiens  submoniti 
fuerint.  Nullum  deforis  tailliam  michi  debentem  retinere  poterunt  nisi 
de  meo  assensu.  Quotiens  prepositus  Claromontensis  aut  servientes  aut 
custos  ville  sive  sit  miles,  sive  sit  serviens,  innovabuntur  unus  post 
alterum  juret  se  omnes  has  consuetudines  stabiliter  et  bona  ûde  serva- 
turum.  Ego  etiam  eas  ûdeliter  et  firmiter  tenendas  propria  manu  mea 
juram  et  ex  précepte  meo  juraverunt  Guide  Campus  Avene,  Robertus 
de   Tornella^  Ansoudus  de   Ronquerolis,  Hugo   de  Lis,  Radulphus  de 
Warti,  Symon  de  Spinosis,  Odo  de  Soisiaco,  Ansoudus  de  Cuigneriis, 
Girardus  de  Botenangle,  Johannes  Darien,  Rogo  de  Angeyilla,  Ansou- 
dus Prejwsitus,  Odo  de  Hargenlu;  testes  sunt  Gaufridus  de  BruUone, 
Johannes   de    Barris,    Johannes    de    Ronquerolis,    Radulphus    de   Gi, 
Johannes    de    Campo    Remigii,    Reginaldus    Marescallus,    Conraudus 
Andréas  clericus,  Terriens  clericus,  Gaufridus  clericus.  Quod  ut  ratum 
et  stabile  permaneat,  litteris  commendo  et  sigilli  mei  auctoritate  con- 
firme. Actum  Credulio  anno  incarnati  verbi  millessimo  centesimo  nona- 
gesimo  septimo.  Datum  per  manum  Theobaldi  Cancellarii  mei.  »  Les- 
queles  lettres  ainssi  veues  et  entendues  nous  estanz  en  nostre  dite 
conte  à  Clermont  en  nostre  chastel,  à  la  requeste  et  supplication  des 
pers  de  ladite  ville  et  des  autres  hommes  et  habitanz  ou  dit  lieu,  pour 
Dieu  et  pitié  et  pour  le  remède  de  nostre  Âme  et  de  nez  devanciers  et  de 
nos  successeurs  de  certaine  science  les  lettres  dessus  dictes  et  toutes  les 
choses  en  icelles  contenues  avons  conformé  et  conformons,  réserve  à 
nous,  de  la  volonté  et  de  Tassentement,  consentement  et  octroi  des  pers 
et  des  habitanz  ou  dit  lieu,  au  temps  avenir  toutes  foiz  que  li  quatre  cas 
ou  Tun  des  quatre  avendront  en  nostre  temps  et  ou  temps  de  nos  suc- 
cesseurs contes  de  Clermont  c'est  assavoir  se  nous  ou  nostre  successeur 
allons  outre  mer^  item  se  nous  ou  nostre  successeur  contes  de  Clermont 
estions  en  prison  dont  Diex  nous  gart,  item  se  nous  ou  noz  successeurs 
faisons  un  de  noz  filz  chevalier,  item  se  nous  ou  nostre  successeur  ma- 
rions une  de  noz  flUes  ;  en  chascun  de  ces  quatre  cas,  trois  cenz  livres 
parîsis  toutes  fois  que  11  quatre  cas  avendront  ou  11  uns  des  quatre  et  est 
à  entendre  que  tant  pour  nous  que  pour  chascun  de  nos  successeurs, 
contes  de  Clermont,  ils  ne  paieront  que  de  la  chevalerie  d*un  ûl  et  du 
mariage  d*une  seule  ÛUe  pour  chascun  conte  qui  sont  avenir  ou  temps 
ça  en  arriére.  Laquele  somme  d*argent  11  homme  et  li  habitanz  de  la  dite 
ville  paieront  à  nous  ou  à  noz  successeurs  quant  li  cas  avendront  et  se 
aucun  des  habitanz  estoit  contraire  du  paier  ;  nous  conte  de  Clermont, 
et  cens  qui  de  nous  auront  cause,  leur  prometons  à  faire  les  constraindre 
de  poier  avec  les  autres  et  est  assavoir  que  du  temps  passé,  de  touz  les 


Digitized  by 


Google 


290  LE  GOBITÉ  DE  CLERMONT  EN  BEÂUYAISIS. 

quatre  cas  qui  sont  avenuz  nous  les  avons  quittez  et  quittons,  excepté  le 
cas  de  nostre  cheyalerie  duquel  il  poieront  trois  cenz  livres  maintenant, 
tant  seulement,  car  nostre  pore,  que  Diex  absoille,  nous  ûst  chevalier  et 
en  ûst  demande  en  son  temps  et  sera  Timposition  £Etite  toutes  foiz  que  II 
cas  aviendra  par  trois  des  pers  et  trois  des  moiens  esleuz  par  le  com- 
mun lesqueles  sis  personnes  jureront  sur  sainz  évangiles  par  devant  le 
baillif  de  Glermont  de  (ère  Timposition  bien  et  loialement  à  leur  pouvoir; 
item  conmie  il  soit  contenu  en  la  dite  chartre  ci-devant  escripte  en  ces 
paroles  :  mecum  vel  cum  mandate  meo  in  exercitum  et  expeditionem 
ibunt  sicut  soient,  quotiem  submoniti  fùerint  ;  nous  les  déclairons  en 
ceste  manière  que  les  diz  habitanz  chacun  selon  son  pouvoir  vendront 
avecques  nous  ou  avec  nostre  mandement  en  nostre  ost  ou  chevauchiée 
par  toute  nostre  dite  conté,  et  dedenz  les  ressers  d'icelle.  Item  ceste 
confirmation  nous  avons  faite  et  faisons  sauf  en  touz  autres  cas  nostre 
droit  et  Tautrui.  En  tesmoing  de  laquel  chose  nous  avons  fet  séeller  ces 
présentes  lettres  de  nostre  grant  séel.  Donné  au  mois  de  may,  Tan  mil 
trois  cenz  vint  et  cint,  et  nous  ce  transcript  avons  scellé  du  séel  de  la 
Prévosté  de  Paris,  Tan  et  le  jour  dessus  diz. 

Archives  nationales,   carton  J.   167,  pièce  1.  Vidimus  du   30  dé- 
cembre 1328. 


6.  LETTRES  DE  LOUIS  I,  COMTE  DE  OLEBMONT,  SEIGNEUR  DE  BOURBON,  PORTANT 
CONFIRMATION  DE  LA  CHARTE  DE  COMMUNE  AOOORDÉE  EN  1181  AUX  HABITANTS 
DE  BULLES  PAR  GUILLAUME  DE  MELLO  ET  ROBERT  DE  CONTI  '.  —  19  JAN- 
VIER  1319  (V.   S'.). 

A  tous  ceulx  qui  ces  présentes  lettres  verront,  Louis,  comte  de  Cler- 

.  mont,  seigneur  de  Bourbon  et  chambrier  de  France,  nous  avons  veu, 

leu  et  entendu,  et  devant  nous  avons  fait  lire  et  exposer  vulgairement 

unes  lettres  de  deux  sceaulx  ;  c'est  assavoir  du  scel  de  Guillaume  de 

i  L'appUcitioii  de  la  charte  de  1181  donna  plnsleara  fois  lien  entre  les  communiera  de 
Balles  et  leora  seignenre  à  des  contestaUons  qui  furent  portées  en  la  coor  du  comte  de  Qer- 
mont.  On  conserve  encore  dans  les  archives  municipales  Toriginal  des  lettres  de  décembre  1296 
par  lesquelles  Witasse,  chevalier,  sire  de  Gonty,  s'engagea  par  forme  de  transaction,  à  ne 
plus  exercer  aucun  acte  de  justice  dans  les  maisons  des  habitants  sans  Taccord  et  l'assistance 
des  maienr  et  pairs,  k  abandonner  à  la  commune  le  produit  du  louage  des  étaux  ainsi  que 
les  péages  pour  raison  des  diaussées,  à  charge  de  leur  réparation  et  entretien,  enfin  à  laisser 
k  toutes  gens  la  liberté  de  venir  vendre  paUis  et  autres  denrées  dans  la  ville.  Cette  pièce 
compte  (rente-chiq  lignes  d'une  belle  écriture  du  temps  et  porte  encore  les  lacs  de  soie  verte 
et  marron  auxquels  était  appendu  un  sceau  qui  n'existe  plus.  Une  autre  transaction  intervint 
en  décembre  1848  ;  Dora  Grenier  en  a  reproduit  le  texte  dans  le  tome  CXCVl  de  sa  collée- 
Uon  (P>  288  et  s.)  ;  elle  était  scellée  d'une  part  des  sceaux  de  Witasse  de  Dargies,  dame  de 
Barbenchon,  de  Bonneuil  et  de  Bulles  en  partie,  d'Agnès  de  Conti,  dame  da  Uamel,  de  Conti 
et  de  Bulles  en  partie,  et  de  Marie,  dame  d'Auxy,  de  Lully  et  de  Balles  en  partie,  et  de 
Ftotre  des  grand  scel  et  oontre-scel  de  la  commune.  La  charte  de  Balles  fut  confirmée  de 


Digitized  by 


Google 


LB  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN   BEAUVAISIS.  291 

Merlou  et  da  scel  de  Robert  de  Conty,  jadis  seigneurs  de  Bulles, 
lesqueUes  lettres  étaient  saines  et  entières,  non  cancellôes,  non  vitiôes, 
non  corrompues  en  aucune  part  d*icelles.  Desqueles  la  teneur  était 
telle: 

In  nomine  sancte  et  individue  Trinitatis.  Noyerit  Universitas  fidelium 
tam  fbturorum  quam  presentium  quia  nos  Dû!  BuUarum.  Ego  videlicet 
Gnilelmus  de  Merloto  et  Ermentnidis  uxor  mea  et  Reinaldus  âlius  meus. 
Egoque  Robertus  de  Conteio  alius  Dominus  Bullarum  et  mei  nepotes 
Manasserus  scilicet  et  Johannes  salva  lidelitate  nostra  et  salvis  redditi- 
bus  nostris  et  salvo  jure  successorum  nostrorum  hominibus  iliis  qui 
modo  sunt  et  omnibus  qui  quam  amplius  in  communiam  eorum  intra- 
verint  âdeliter  ad  bonos  usus  et  bonas  consuetudines  remotis  omnibus 
malis  consuetudinibus  communiam  et  libertatem  secundum  formam  tra- 
ditionîs  bominum  de  Cambleio  ^  in  perpetuum  donamus  et  conûrmamus. 


noateaa  par  le  duc  Pierre  de  Boorbon  en  octobre  i486.  On  troote  dans  les  Recueili  de 
Blanchard  et  de  Brillon  des  lettres  patentes  de  février  1549,  août  1560  et  décembre  1574, 
portant  règlement  poor  les  privilèges  des  habitants  de  la  viUe  de  BuUes.  C'est  de  la  charte  de 
1181  que  date,  bien  qu'elle  n'y  soit  pas  très-explicitement  indiquée,  la  concession  des  biens 
communaux  qui,  suivant  une  déclaration  faite  en  1511  aux  commissaire  du  roi,  députés  sur 
le  fait  des  amortissements  et  que  nous  avons  déjà  dtée,  se  composaient  de  800  arpents  de 
bois  et  de  200  arpents  de  marais.  Aux  termes  de  ladite  déclaration,  ces  biens  étaient  chargés 
d'une  rente  annuelle  de  81  livres  18  sols  1  deniers  tournois,  payables  au  seigneur  de  Bulles 
le  Jour  de  la  Sahit-Remy.*  La  commune  était  en  outre  tenue  de  faire  dire,  chanter  et  célébrer 
diaque  année,  en  Yéfj^  paroissiale,  trois  services  solennels,  et  à  chaque  service  vigiles, 
eonmendacef  et  messe  haute  priant  Dieu  pour  les  âmes  des  feus  seigneurs  et  dames  donateurs 
et  acquittait  pour  ce  au  curé  de  Bulles  la  somme  de  vingt  sols  pariais.  Le  produit  annuel 
était  évalué  en  1524,  déduction  fiadte  des  charges,  à  40  livres  pariais,  et  le  droit  d'amortis- 
sement à  payer  par  la  commune  fut  alors  fixé  par  les  commissaires  à  la  somme  principale 
de  260  livres.  Moyennant  ce  payement  ils  lui  garantirent  propriété  ineommutable  ainsi 
qu'exemption  de  tout  supplément  ultérieur  de  finance,  et  en  effet  un  sieur  de  May,  mous- 
quetaire du  roi,  ayant  obtenu  en  juin  1688  un  brevet  royal  lui  portant  concession  des  bols  et 
marais  de  BuUes  comme  appartenant  au  domaine  par  droit  de  déshérence  ou  autrement,  une 
sentence  de  la  Chambre  du  Trésor  du  8  août  1684  reçut  les  habitants  opposants  audit  brevet 
et  leur  confirma  la  possession  de  leurs  communaux.  Dom  Grenier,  t.  CXCVI,  P  239. 

^  Chambly^  au  comté  de  Beaumonl-sur-Oise,  aujourd'hui  canton  de  Neuilly-en-Thelle.  La 
charte  de  commune  de  Chambly  lui  avait  été  octroyée  en  1178  par  Mathieu  II,  comte  de 
Beaumont  ;  Philippe  Auguste  la  confirma  en  1222.  Son  texte  est  imprimé  dans  le  tome  XII 
des  Ordonnances,  p.  803,  et  p.  165  des  Recherches  historiques  de  M.  Douet  d'Arcq. 
Quatre  autres  chartes  furent  accordées  ou  confirmées  par  les  comtes  de  Beaumont,  savoir  : 
celle  de  Bonvillers  en  1180,  celle  de  Chauni  en  1186,  celle  de  Beaumont  en  1187  (confirmée 
par  lettres  royales  de  1222  et  1223)  et  ceUe  de  Méru  en  1191  ;  toutes  sont  sur  le  type  de  la 
charte  de  Chambly.  Voici  les  dates  de  quelques  autres  chartes  de  commune  ou  de  franchises 
concédées  en  Beauvaisis  et  pays  circonvoisins  :  Beauvais  à  une  époque  inconnue,  mais  au 
plus  tard  au  commencement  du  xi*  siècle  ;  Noyon,  1108  et  1140  ;  Crépy-en-Valois,  1117  et 
1215;  Compiègne,  1158  et  1186;  Montigny,  1155;  Sentis,  1178  et  1202;  Poix,  1178  et 
1208  ;  ViUeneuve^n-Beauvaisis  ou  Nenvilleroi,  1177  et  1200  ;  Chaumont-en-Vexin,  1182 
Ghevrièreset  Jonquières,  1182;  Angy,  1186;  Pontoise,  1188  ;  Méry,  1191  ;  Waquemoulin,  1196 
SalntJu8(-en -Chaussée  (xu«  s.)  ;  GrandvQliers,  1212  ;  Boran,  1215  ;  Asnièret-tnr-Oise,  1228 


Digitized  by 


Google 


292  LB  COMTÉ  DE  CLBRMONT  EN   BEAUVAISIS. 

Exceptis  tamen  illis  que  extra  misîmus  que  hœc  sunt.  Munitiones  nostras 
pro  nostra  voluntate  ûrmabimus.  Latronem  habebimus.  Forifacta  nemo- 
rum  nostrorum  sicut  erant  ante  datam  communiam  subretinuimus.  Et  si 
aliquis  mansuram  suam  in  pluribus  partibus  diviserit  :  ita  qnod  inde 
diverse  memsiones  fiant,  siye  pars  altéra  sit  hereditata,  sive  aliène  yen- 
dita,  de  singulis  mansionibns  ut  de  ceteris  quinque  solides  recipiemus. 
Omnes  vero  consuetudines  sicut  prediximus  ad  usus  ville  Chamblei 
hominibus  nostris  cum  juramento  tradidimus.  Sunt  inquam  taies. 

I.  In  hac  communia  récipient  omnes  qui  advenerint  et  qui  legitimi 
homines  fùerint  exceptis  hospitibus  nostris  et  âliis  hospitum.  Exceptis 
hospitibus  filiorum  nostrorum  et  âliis  hospitum. 

n.  Pares  vero  communie  quicumque  fùerint  singulis  annis  jurabunt 
quod  forefàcta  non  celaverint  unde  querela  vel  clamer  ad  eos  venerint. 

m.  Forefacta  nostra  talia  sunt.  Si  quis  fuderit  sanguinem  alicuiet  inde 
querela  vel  clamer  ad  m^gorem  nostrum  vel  ad  pares  venerit  per  septem 
solides  et  dimidium  nobis  emendabitur.  De  parvis  autem  forefàctis  et  est 
percutere  aliquem,  Capere  per  capillos,  Vel  vituperare,  Vel  vestem 
scindere,  si  querela  vel  clamer  ad  majorem  nostrum,  vel  ad  pares 
venerit  et  comprobatum  fuerit,  per  quinque  solides  nec  amplius  nobis 
emendabitur.  Comprobatio  talis  est.  Si  habuerit  duos  homines  qui  pro- 
bare  valeant.  Si  testes  non  habuerit  et  forte  dixerit  home  iUe  de  commu- 
nia vidit,  rogabunt  sub  sa<5l*amento  communie  quod  verum  super  hoc 
dicat,  et  si  dixerit  verum  est  tenebitur  per  quinque  solides  nec  amplius 
nobis  emandabitur.  Et  si  dixerit  nichil  est  ad  nichilum  remanebit.  lUe 
vero  contra  per  sacramentum  suum  deliberabitur  quia  sine  testibus  de 
ipso  clamer  fit. 

rv.  Bella  nostra  sunt.  De  datis  vadiis  habebimus  quindecim  solides.  De 
obsidibus  triginta.  Devicto  belle  sexaginta  septem  et  dimidium  neo 
amplius. 

V.  Si  quis  vi  violaverit  feminam  et  inde  comprobari  poterit  per  indi- 
cinm  vel  per  cognitionem  quam  ille  £Etciet,  vel  eam  desponsaverit  vel  per 
sexaginta  septem  solides  et  dimidium  nec  ampliuk  nobis  emendabit.  Et 
si  non  emendaverit  pares  si  saisit!  de  eo  fUerint  nobis  eum  reddent.  Et 
si  forte  diffugerit  quiquid  habuerit  capiamus'preter  domum  que  remane- 
bit paribus,  salvis  redditibus  nostris.  Et  si  non  habuerimus  totam 
emendationem  nostram  homines  communie  non  récipient  eum  antequam 
nobis  satisfecerit. 

VI.  Quicumque  fecerit  traditionem^  vel  mulctrum,  vel  domum  combus- 
serit  et  inde  potuit  comprobari  in  misericordia  nostre  erit  ipse  et 

Bretenil,  1M4.  LaBrayëre(L.  Confinnatiyes,  i87i.).  H  est  fiiit  mention  dans  le  dénombrement 
de  4873  des  maieur  et  éche^ins  de  Gonti.  Cette  eommonauté,  dont  nous  ne  pouYons  indi- 
quer la  date  d'établissement,  ayait  disparu  au  siècle  suivant.  Un  aven  et  dénombremokt 
rendu  au  duc  de  Bourbon  le  15  juillet  1456,  la  dédare  alors  «  détruite  à  Toocasion  des  guerres 
et  désolation  du  pays.  » 


Digitized  by 


Google 


LE  COMTÉ  DB   CXBRMONT  EN   BBAUYAISIS.  293 

possessio  €Qus  prêter  domum  que  remanebit  paribus,  salvis  redditibus 
nostris. 

vn.  Si  aliquis  de  fàlsa  mensura  reprehensus  faeritetnonpotoitjurare 
quod  m^or  ei  talem  tradidisset  per  septem  solidos  et  dimidium  nec  am- 
plius  nobis  emendabit  et  si  jurare  potuit  quod  major  ei  talem  tradidisset 
I>er  sacramentum  suum  deliberabitur.  Omnes  vero  mensurœ  légales  taies 
erunt  quales  erant  ante  datam  communiam.  Talesque  remanebunt. 

vm.  De  animalibus  communie  Bulle&sis  ubicumque  fuerint  in  hospitiis 
suis  per  bannum  ville  custodientur  et  si  ad  fore&cta  capta  fuerint 
dabuntur  pro  equo  sex  denarii.  Pro  yacca  sex.  Pro  asino  sex.  Pro  capra 
duo.  Pro  bidente  unus.  Pro  porco  unus.  Pro  homine  capte  sex  solidi.  Ex 
quibus  ille  capiet  babebit  duodecim  denahos,  Nos  habebimus  quinque 
solidos.  Et  omnes  denarii  de  banno  pruviniensis  monete  erunt. 

IX.  De  animalibus  que  homines  communie  extra  ad  villas  in  terra 
nostra  mittent  ad  medietatem,  dicent  mediatori  quod  bene  custodiat. 
Quia  si  forefecerint  non  eis  repondebunt.  Et  pro  forefacto  quod  facient 
non  tenebuntur  per  nos  vel  per  clientes  nostros  de  forefacto.  At  custo- 
dem  capiemus. 

X.  Banliam  vero  eis  donamus  usque  ad  vallem  de  Rocq  ^  per  sanctum 
Remoldum  •  usque  ad  fontem  de  Renouveris  •  et  per  vallem  Dorenis  * 
usque  ad  monasterium  Noerasti  *  et  inde  usque  ad  Fomival  *  et  huic 
usque  ad  vallem  Placiti  '',  redeundo  per  Baisi  ^  ad  predictam  vallem  de 
Rocq,  salvo  jure  militum,  et  omnia  forefacta  intra  hanc  banliam  facta 
ejusdem  legis  erunt  cujus  et  foreflstcta  Bullarum.  Forefacta  extra  hano 
Banliam  sunt.  Si  scienter  homini  insidietur.  Vel  invadatur  homo.  Si  san- 
guis  ibi  factus  fuerit  de  armis  molutis  vel  de  clava,  et  comprobari  poterit, 
Per  sexaginta  solidos  et  non  amplius  emendabitur. 

XI.  De  sanguine  facto  in  castellis  nostris.  De  armis  molutis  quicunque 
comprobari  poterit,  per  sexaginta  solidos  nec  amplius  nobis  emendabit. 
Et  si  malefactor  diffugerit  quiquid  babuerit  capiemus  prêter  domum  que 
remanebit  paribus.  Et  si  non  suffecerit  ad  habendam  totam  emendationem 
nostram  homines  conamunie  non  récipient  eum  donec  nobis  satisfecerit. 

i  Entre  Réméranglet  et  Fay-Saint-Qaentin. 

s  Saint-Rimtult,  canton  de  Saint-Jost. 

<  Source  aujourdliai  tarie  au  lien  dit  le  Renoy,  près  Coiieau. 

^  Ravin  à  l'Est  du  Mesnfl-sar-BaUes. 

*  OmeUère  de  Nonrtrd-le-Franc»  oii  existait  alors  on  établissement  reUgieox. 

«  Canton  de  Saint-Jost. 

">  Antre  ravin  ao-dessous  dn  bois  dn  mont  Plaisant. 

B  La  croix  de  Eaisy  sur  le  chemin  de  WariviUe  à  Bulles.  —  Cette  délimitation  comprend 
les  territoires  dn  Piessier-sur-Bulles  et  du  MesnU-sur-BuUes,  ce  qui  pronye  que  ces  denx  yU- 
lages  étaient,  dans  Torigine,  de  simples  hameaux  de  Bulles,  ainsi  que  leurs  noms  semblent 
rindiqner.  Elle  explique  aussi  pourquoi  les  pâtis  ou  bois  indivis  entre  Bulles  et  le  Mesnil  sont 
sur  le  territoire  de  cette  dernière  commune.  Elle  comprend  en  outre  WariviUe,  qui  dépend 
depuis  longtemps  de  Lits.  (Graves,  Précis  statistique,  p.  66.) 


■%: 


Digitized  by 


Google 


294  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT   EN   BEAUVÂISIS. 

XI(.  Qnoonmque  modo  occidatur  homo  per  decem  libras  nec  amplias 
emendabitur. 

XIII.  Homines  communie  de  debitoribos  suis  in  omnibus  locis  capient 
excepte  in  die  mercati  BuUiensis.  Et  postquam  nobis  ostensus  fùerit 
Tel  preposito  nostro  si  defuerimus  et  quindecim  dies  transierunt  quod 
debitor  non  satisfecerit  capient  in  fopo  et  extra  forum. 

XIV.  Quicumque  deprehensus  fiierit  de  censu  vel  de  redditu  nostro 
quod  terminum  transierit  per  quinque  solidos  nec  amplius  nobis  emenda- 
bitur. 

XV.  Clamores  qui  ad  majorem  nostrum  dirigentur  si  de  eis  rectum 
fecerit  satis  erit.  Sin  autem  per  pares  emendabitur. 

XVI.  Homines  Bullensis  communie  in  exercitum  vel  equitatum  ad 
defensionem  terre  nostre  sine  dono  ducemus.  Et  quicumque  manebit  si 
submonitionem  non  audierit  vel  legitimum  obsonium  non  habuerit  per 
quinque  solidos  nec  amplius  nobis  emendabit.  Et  si  jurare  poterit  quod 
submonitionem  non  audierit  deliberabitur. 

XVII.  Onmes  homines  communie  pro  guerra  quam  habeamus  nec  pro 
placito  quod  in  terra  nostra  habeant  non  dimittent  ire  ferias  sed  placi- 
tum  contramendabunt  et  postquam  redierint  infra  quindecim  dies  placi- 
tum  submonebunt  et  ad  eumdem  punctum  placiti  ad  quem  prius  erant 
revertentur. 

XVIII.  Panes  ftimagii  ponderabuntur  et  ad  istud  pondus  in  perpetunm 
permanebunt. 

XIX.  Ad  capiendam  molturam  de  duabus  nainis  unum  bunchum  habe- 
bimus. 

XX.  Bannum  vini  in  castello  Bullensis  ad  vendendum  une  mense  per 
annum  habebimus  per  quindecim  dies  inter  Natale  et  Pascha  et  per 
quindecim  dies  inter  Pascha  et  Sanctum  Remigium.  Sed  acte  diebns  ante 
faciemus  scire  paribus. 

XXI.  Homines  communie  qui  in  hanc  communiam  intraverint  per 
bannum  ibunt  ad  fumum  et  ad  molendinum  nostrum. 

XXn.  De  censu  quem  pro  communia  et  pro  libertate  sua  nobis  debent 
per  annum  reddere  si  non  reddiderent  in  die  Sancti  Remigii,  de  singulis 
vigenti  quinque  libris,  quinque  solidos  de  super  singulis  diebus  nobis 
reddent. 

XXIII.  Homines  communie  qui  non  erunt  de  alterius  banno  si  vineas 
habuerint  inflra  Banliam  ad  pressorium  nostrum  ibunt  usque  ad  quartam 
ollam. 

XXrv.  Si  quis  extraneus  vel  homo  vel  femîna  qui  nostri  sint  de  cor- 
poribus  suis  si  requisierimus  nos  vel  heredes  nostri,  homines  communie 
dimittent  eum  abire  nisi  ille  nobis  satisfecerit.  Si  quis  autem  eorum  erat 
de  corpore  suo  non  liber  in  die  qua  data  fuit  communia  ut  non  liber  fuit 
sic  et  erit. 


Digitized  by 


Google 


LE  COMTÉ  DE  CLBRMONT  EN  BEAUVAISIS.  295 

XXV.  Masure  hominom  communie  taies  erunt  quales  erant  ante  die- 
tam  communiam  et  sub  tali  censu  vel  redditu  remanebunt  et  masure 
quejam  amplius  dabuntur  ad  duodecim  denarios  erunt.  Nec  poterit  cressi 
nec  minui.  Nec  prout  date  fùerint  et  scindentur. 

XXVI.  Si  ubicumque  vicus  scindi  poterit  terram  ceperimus  pro  illa 
commutationem  alterius  terre  vel  nummorum  illi  ciyus  terra  fhit  red- 
demus  et  de  hortis  conmiunie  si  ceperimus  conmiutationem  terre  vel 
nummorum  reddemus. 

XXVII.  De  omnibus  forefactis  divisa  forefiacta  nostra  pares  suam  justi- 
tiam  facient  secundum  suam  deliberationem.  Et  quicumque  de  commu- 
nie obstiterit  deliberationi  parium  pares  suam  justitiam  de  corpore  suo 
et  de  rébus  suis  facient.  Et  domum  lacerabunt,  salvis  redditibus  nostris. 
Et  quicquid  de  forefactis  suis  acceperint  ad  laudem  nostram  ad  villam 
flrmandam  mittent. 

XXVm.  Quicumque  i^juriam  fecerit  hominibus  communie  vel  illis 
qui  hanc  communiam  intraverint,  nos  ambo  Domini  Bullarum  et  heredes 
nostri  illis  videlicet  qui  jurati  sunt  et  qui  de  cetero  jurabunt  ad  rectum 
eis  auxiliabitur. 

XXIX.  Hanc  communiam  et  hanc  libertatem  et  bas  consuetudines 
juravimus  ad  tenendum  Ego  Willelmus  de  Merloto  Renaldus  que'fllius 
meus  et  Ermentrudis  uxor  mea,  Egoque  Robertus  de  Conteio  et  nepotes 
mei  Manasserus  et  Jobannes.  Et  quicumque  faerint  domini  Bullarum, 
hanc  fidelitatem  hominibus  communie  liberam  facient. 

XXX.  De  unaquaque  masura  reddet  nobis  communia  per  annum  quin- 
que  solidos  de  omnibus  villis  qui  jam  modo  sunt  et  qui  jam  amplius  in 
bemc  communiam  venerint.  Et  pro  omni  tailla  et  pro  omni  corvea  et  pro 
omni  acreditione  et  pro  omni  interrogatione  firmiter  concessimus  et  âr- 
miter  juravimus  quod  nihil  ab  eis  possumus  capere  exceptis  redditibus 
nostris  et  exceptis  forefactis  que  in  bac  charta  declarentur. 

XXXI.  Quicumque  voluerit  destruere  hanc  libertatem  et  bas  consuetu* 
dines  homines  communie  jurati  sunt  et  alii  qui  hanc  communiam  intra- 
verint  jurabunt  quod  auxiliabitur  alter  alteri  usque  ad  perdendum  cor- 
pus et  censum  nisi  eis  emendatum  fuerit. 

XXXn.  Hec  autem  ut  rata  sint  et  inconvulsa  permaneant  auctorîtate 
sigilli  utriusque  nostrum  corroboravimus  et  conârmavimus.  Actum  est 
pablicô  Bullis  astantibus  viris  quorum  nomina  sunt  hec  :  Radalphus  de 
Cingula.  Albericus  ^us  filius.  Balduinus  de  Busderaim.  Renaldus  de 
Castellione.  Ivo  de  Sailli.  Ivo  de  Henu.  Gerardus  de  Boutenangles.  Hugo 
de  Braicello.  Anno  incamationis  dominici  M'  C.  LXXXI  *. 

^  La  charte  de  1181  a  été  publiée  par  M.  Woillez  dans  son  Archéologie  des  monuments 
religieux  de  l'ancien  Beauvaisis  (appendice),  d'après  l'original  appartoiant,  dit-il,  à 
M.  Graves.  C'est  sans  donte  cet  original  qu'une  copie,  anjonrd'hm  conservée  k  Bulles, 
signale  comme  •  une  charte  écrite  en  quarante-trois  lignes  de  caractères  gothiques  bien 
lisibles  sur  une  teullle  de  parchemin  plies  en  douze  pendant  fort  longtemps,  rongée  en  quatre 
endroits  différents,  et  iveo  les  sceaux  en  déficit.  » 


Digitized  by 


Google 


296  LB  COMTÉ  DE  CLBRMONT  EN   BEAUVAISIS. 

Lesqueles  venes  et  entendues  de  par  le  maieor  et  les  pairs  de  ladite 
ville  et  commune  de  Bulles,  et  au  nom  d'icelle  commune,  du  maieur,  des 
pairs  et  des  hommes  d'icelle,  pour  eulx  et  leurs  successeurs  nous  fùst 
humblement  supplié  que  nous  pour  nous  ou  nos  successeurs  à  tous  jours 
vousissions  et  deussions  confirmer,  acc5rder  et  octroier  de  certaine 
science  de  toutes  les  choses  contenues  ôs  dites  lettres  et  qui  sont  dessus 
nommées,  en  disant  et  affirmant  que  de  ces  choses  contenues  ôs  lettres 
desdits  seigneurs  de  Bulles  ils  etoient  en  possession  et  saisine  et  avoient 
esté  du  temps  de  la  datte  des  lettres  dessus  dites  continuement  sans 
nuls  empôchsments  et  que  ces  lettres  depuis  qu'elles  furent  faites  avaient 
esté  octroiées  de  plusieurs  successeurs  de  ceulx  qui  avoient  au  conmien- 
cement  accordé  et  octroie  ladite  commune  et  baillé  et  scellé  lesdites 
lettres.  Par  quoy  nous  ayant  délibération  eue  sur  ce  avec  nostre  grant 
conseil.  Considéré  tout  ce  qu'il  faut  à  considérer  de  certaine  science  pour 
nous  nos  hoirs  et  tous  nos  successeurs  presens  et  advenir,  aux  devant 
dits  maieur,  pairs  et  hommes  présents  et  advenir  de  la  ditte  commune 
lesdites  lettres  et  toutes  les  choses  contenues  en  icelles  avons  confirmé 
et  confirmons,  octroie  et  octroions,  approuvé  et  approuvons,  et  com- 
mandé et  conunandons  par  ces  lettres  &  tous  nos  baillifs,  prévOts, 
sergents,  et  justiciers  et  à  nos  autres  subjets  qui  sont  et  seront  au  temps 
avenir,  que  les  choses  susdittes  ils  tiennent  gardent  et  accomplissent 
entièrement  sans  venir  encontre  en  tout  ou  en  partie,  excepté  tant  seu- 
lement le  cas  qui  parle  de  femme  ravie,  duquel  la  clause  esttele  :  Siquis 
viviolaverit,  etc.,  et  derechef  excepté  lecas  qui  parle  de  Thomme  occire  : 
Quocumque  modo  homo  occidaiur,  etc.,  lesquels  deux  cas  nous  n'enten- 
dons et  ne  voulons  que  quiconque  en  ces  deux  cas  meffera  soit  puni 
selonc  le  droit  et  selonc  la  coustume  de  nostre  comté  de  Clermont  et  à 
toutes  ces  choses  dessus  dittes  tenir  et  garder  fermement  nous  avons 
obligé  et  obligeons  nous,  nos  hoirs,  nos  successeurs  et  tous  nos  biens, 
sauve  notre  souveraineté  et  sauve  notre  droit  et  Tautrui.  En  tesmoing 
et  en  gregneur  fermeté  de  toutes  ces  choses  nous  avons  ces  présentes 
fait  sceller  de  nostre  grand  scel,  et  les  avons  baillé  aux  maieur,  pairs, 
hommes  et  à  la  conmiune  de  laditte  ville.  Et  fut  fait  et  donné  &  Paris  le 
samedy  devant  la  feste  de  Saint-Vincent  le  dix-neufviôme  jour  de  jan- 
vier Tan  mil  trois  cent  et  dix-neuf. 

Dom  Qrenier,  t.  OXCYI.  Extrait  d'un  manuscrit  de  Louvet  et  de  sa 
main,  communiqué  par  M.  Fabbé  Danse. 


Digitized  by 


Google 


LE  COMTÉ  DB   CLERMONT  EN  BEAUYAISIS.  297 


II. 

Lettres  de  Philippe,  comte  de  Boulogne,  toaohaiit  les  comtés  de 

Mortain,  de  Olermont  et  d'Anmale  à  lui  donnés  par  le  roL 

Février  1923  (v.  s^. 

Ego  Philippus  comes  Bolonie,  notum  fàcio  nniversis  présentes  litteras 
inspectuns,  quod  Karissimus  Dominas  et  frater  meus  Ludovicus  Franco- 
rum  rex  illustris  habita  consideratione  et  respecta  ad  donationem 
quam  inclite  recordationis  Philippas  genitor  meas  qaondam  rex  Franco- 
rum  iUastris  mihi  fecit  de  comitata  Moritolii  et  Domfront  in  Passeio,  et 
de  terra  Constantini  de  qaibas  dictas  genitor  meus  receperat  me  in 
hominem,  que  estimata  fuerunt  ad  octo  milia  librarum  parisiensium  annui 
redditus,  donat  de  premisis  mihi  et  heredibus  meis  de  uxore  mea  des- 
ponsata  in  perpetuum  comitatus  Moritolii  et  Domfront  cum  uniyersis 
eorum  pertinenciis  tam  feodis  quam  domaniis,  tam  boscis  quamplanis,  ad 
usas  et  consuetudines  Normannie  cum  magna  jnsticia  que  vocatur  placi- 
tum  ensis,  set  retinet  sibi  et  heredibus  suis  fortericiam  Moritolii  custo- 
diendam  ad  custum  suum  ;  preterea  dictus  fi*ater  meus  mihi  et  heredibus 
meis  in  perpetuum  donat  in  escambiumterre  Constantini  et  pertinentiarum 
suaram  comitatum  Glarimontis  et  quarterium  Domni-Martini  in  feodis, 
domaniis,  boscis  et  planis,  que  dictus  genitor  meus  a  rectis  eorum  here- 
dibus emptione  légitima  sibit  comparavit.  Preterea  dictus  dominus  et 
û^ter  meus  donat  mihi  et  heredibus  meis  de  uxore  mea  desponsata 
comitatum  Albe-Malle  cum  pertinenciis  suis,  excepte  Castello  Mortui 
maris  cum  pertinenciis  que  Renaudus  comes  Bolonie  socer  meus  excam- 
biavit  ad  Domûx)nt,  et  excepte  Agnel  cum  pertinenciis  suis,  et  excepta 
medietate  foreste  de  Moffliôres  sicut  et  eamdam  medietatem  tenuit  comes 
Guiilelmus  Pontivi,  et  terram  quam  Renaudus  comes  Bolonie  socer  meus 
habuit  in  Caleto,  et  terram  de  Alisiaco,  et  terram  Insuie  bone  in  feodis, 
domaniis,  boscis  et  planis,  sicut  dictus  Renaudus  comes  Bolonie  fuit 
tenens  et  eis,  et  in  predictis  istis  terris  ego  et  heredes  mei  de  uxore 
mea  desponsata  habebimus  magnam  justiciam  que  vocatur  placitum 
ensis.  Hec  autem  omnia  idem  ft'ater  meus  mihi  et  heredibus  meis  de 
uxore  mea  desponsata  donat,  salvis  donationibus  quas  saperdictus  domi- 
nus  et  pater  meus  fecit  in  terris  predictis.  Tenebimus  autem  ego  et 
heredes  mei  de  uxore  mea  desponsata  terram  supradictam  de  Norman- 
nia  ad  usus  et  consuetudines  Normannie,  et  terram  de  Francia  ad  usus 
et  consuetudines  Francie  de  ipso  domino  et  fratre  meo  et  heredibus  suis  in 
feodum  et  hominagium  ligium;  et  ipse  retinet  sibi  et  heredibus  suis  for- 
tericiam Insuie  bone  custodiendam  ad  custum  suum.  Ego  autem  ipsi  et 
heredibus  suis  quitavi  in  perpetuum  tria  milia  librarum  parisiensium 
quas  ipse  conferebat  mihi  annuatim  et  totam  terram  Constantini,  nec 
de  cetero  ego  nec  heredes  mei  petemus  abipso  nec  ab  heredibus  suis  ali- 
quid  amplius  pro  parte  terre.  Sciendum  est  autem  quod  si  me  sine 

20 


Digitized  by 


Google 


298  LE  COMTÉ  DB  CLERMONT  EN   BEÂUVÀISIS. 

herede  de  uxore  mea  desponsata  mori  contingeret,  omnia  supradicta  ad 
ipsum  Dominum  et  fratrem  meum  et  heredes  suos  libère  et  quiète  rever- 
terentur.  In  cujus  rei  perpetuam  memoriam  présentes  litteras  sigilli  mei 
munimine  roboravi.  Actum  Meleduni,  anno  domini  M'  CC*  vicesimo  ter- 
cio,  mense  Februario. 

(Sceau  de  cire  verte  sur  lacs  de  soie  rouge  et  verte,  bien  conservé). 

Archives  Nationales.  J.  238,  n'  47.  —  Brussel,  Usage  général  des  fiefs, 
1. 1,  p.  444. 


m. 


1258.  ABRÊT  DU  PARLEBfBNT  RELATIF  A  LA  SUCCESSION  DU  COMTÉ  DB 

CLERMONT. 

Judicium  factom  inter  Dominiuii  regem  et  comités  Piotavensem  et 
Andegavensem  fratres  saos  super  duabos  partibus  comitatas  Olari- 
montis.  —  Parisius  in  parlamento  nativitatis  B.  IC  Virginis  anno 
Domini  MOOLVIII. 

Corne  li  Guens  de  Poitiers  et  iipnens  d*Angou  demandassent  au  roi  les 
deus  parties  de  la  contée  de  Glermont  qui  leur  estoient  escheues, 
si  comme  ils  disoient  de  la  mort  madame  Jehanne  qui  fu  âlle  au  conte 
Phelipe  leur  oncle,  et  ii  rois  feist  dire  pour  lui  que  il  ne  poent  demander 
nule  partie,  ains  devoit  toute  la  contée  et  les  appartenances  demorer  au 
roi.  Après  moult  de  paroles  dites  pour  lune  partie  et  pour  lautre,  li 
conte  devant  dit  et  li  rois  sur  leur  paroles  sapuierent  au  jugement  et 
puis  requistrent  li  conte  au  roi  que  il  feist  voir  chartes  que  il  avoit  qui 
faisoit  à  Téclaircissement  de  leur  besoigne  et  que  il  feist  enquerre  de  leur 
droiture.  Li  rois  feist  voir  les  chartes  et  flst  enquerre  de  totes  les  choses 
qui  faisoient  à  la  querele,  et  puis  veues  les  chartes  et  lenqueste  faite  par 
le  conseil  de  preudes  homes,  il  délivra  et  termina  cette  querele  en  telle 
manière,  que  licuens  de  Poitier  et  licuens  d'Anjou  navoent  nul  droit  en 
la  contée  de  Glermont  ne  es  appartenances,  ne  ni  povent  demander  nule 
partie,  ains  devoit  tote  enterignement  demorer  au  roi  à  tos  jours.  Si 

leur  fU  dit  que  portoit  fin  de  querele  à  tos  jours  et  à  ce  faire  hont li 

rois,  le  conseil,  larcevesque  de  Rains,  larcevesque  de  Roan,  levesque  de 
Trœs,  levesque  d'Autun,  les  evesques  de  Noion  et  de  Taroane,  le  roi  de 
Navarre,  la  contesse  de  Flandres,  le  conte  de  Never,  les  abez  de  S.  Denis 
et  de  Boneval,  le  prieur  des  frères  prescheurs  de  Paris,  larcediacre 
Simon  de  Roan,  le  seigneur  de  Neele,  monseigneur  Jehan  de  Neele,  le 
conte  dEu,  le  conestable  de  France,  monseigneur  Mahiu  de  Trie,  et  de 
plusieurs  autres  clers  et  laïcs  qui  presens  estoent. 

Bibliothèque  nationale,  M  ss.  F.  Dupuy,  t.  DXXVII,  f  59.  Cet  arrêt 
est  imprimé  dans  Martène,  AmplissimacoUecUo  I.  col.  1345. 


Digitized  by 


Google 


LE   COBfTÉ  DB  CLERMONT  BN   BBÂUYAISIS.  299 


IV. 


MAI  1400.  LBTTRB8  DB  LOUIS  II,  DUO  DB  BOUBBON  STIPULANT  LA  BEYBRSION 
ÉVBNTUBLLB  A  LA  OOUBONNE  DU  COUTE   DB  OLBRMONT. 

Lettres  par  lesquelles  le  feu  duc  Loys  de  Bourbon,  pôre  dudit  duc 
Jehan  voult  et  octroya,  en  faveur  dndit  mariaige  et  pour  contemplation 
dudit  octroy,  fait  en  accroissement  d'icellui  par  ledit  roy  Charles,  que, 
ou  cas  que  luy,  son  dit  ûh  le  duc  Jehan  et  les  enfans  masles,  qui  décen- 
droyent  dudit  mariaige,  yroyent  de  vie  à  trespas  sans  hoir  ou  hoirs 
masles,  sa  duché  de  Bourbonnoys  et  conté  de  Clermont  vensissent  et 
appartinssent  audit  roi  Charles  et  à  ses  subcesseurs  roys,  comme  leur 
propre  héritaige  et  domaine.  —  Mai  1400. 

Loys,  duc  de  Bourbonnois,  conte  de  Clermont  et  de  Forrestz,  per  et 
chamberier  de  France,  savoir  faisons  à  tous  présens  et  advenir,  que, 
entre  les  aflTections  et  plaisirs  qui  survenir  nous  pevent,  sommes  princi- 
pallement  meuz  à  ce  que  Testât  de  la  couronne  de  France,  dont  noz  pré- 
décesseurs ducs  de  Bourbonnais  et  contes  de  Clermont  et  nous  sommes 
yssuz  et  descenduz,  preigne  accroissement  en  tout  bien,  et  desirans  aussi 
noz  subjectz  esdits  duchié  de  Bourbonnais  et  conté  de  Clermont,  qui 
de  tout  temps  ont  esté  bons  et  vrays  envers  nosdits  prédeccesseurs  et 
nous,  estre,  et  leurs  successeurs  ou  temps  à  venir^  paisiblement  traictiez 
et  gouvernez;  considérans  que,  s*il  avenoit  que  nous  et  noz  enffans 
masles  allassent  de  vie  &  trespassement  sans  hoir  ou  hoirs  masles,  des- 
cesdans  de  nous  et  d*eulx  par  loyal  mariaige,  par  quoy  il  convenist  que 
la  droicte  ou  directe  ligne  descendant  de  hoir  masle  cessast  et  fallist,  que 
mieulx  en  paix  et  tranquilité  pourroient  nosdits  subjectz  vivre  et  estre 
nourriz,  maintenuz  et  gardez  soubz  la  couronne  de  France,  en  la  fon- 
taine de  toute  grâce,  miséricorde  et  débonnaireté  corporelle  afflue  et 
abonde,  que  en  autre  gouvernement  pourroient  ilz  devenir,  ayant  aussi 
en  mémoire  les  grans  biens,  faveurs  et  admistiez,  que  madame  la  royne 
Jehanne  de  Bourbon  dernièrement  trespassée,  de  laquelle  estions  fï*ôre 
germain,  trouva  et  eust  par  longtemps  en  la  compaignie  de  monseigneur 
le  roy  Charles  dernièrement  trespassé,  auquel  elle  estoit  compaigne  et 
espouse,  et  dont  Dieu  par  sa  grâce  veuille  avoir  les  âmes;  et,  en  surque- 
tout,  que  de  nos  dits  seigneurs  et  dame  est  yssus  et  procréez  monsei- 
gneur le  roy  quy  à  présent  règne,  par  le  moien  et  soustenement  duquel, 
de  sa  libéralité,  grâce  et  courtoisie,  avons  eu  et  de  jour  en  jour  avons 
tant  de  bienffaiz.  soustenemens  et  depors  prouffltables  et  plaisans,  que 
ne  lui  pourrions  à  nul  temps  déservir,  et  mesmement  de  sa  libéralité 
royal  a  voulu,  consenty  et  octroyé  en  fiiveur,  accroissement  et  pour 
contemplation  du  mariaige,  traicté  et  accordé  entre  nostre  très  cher  et 
très  amé  filz  aisné  Jehan  de  Borbon  et  belle  cousine  Marie  de  Berry 
contesse  de  Eu,  fille  de  monseigneur  de  Berry,  et  lequel  mariaige,  au 


Digitized  by 


Google 


300  LB  COMTÉ  DB  CXERMONT  EN  BBAUVAISIS. 

plaisir  de  Dieu,  86  parfera  en  face  de  Sainte  Eglise,  qae  mon  dit  sei- 
gneur de  Berry  puit  et  luy  loist  donner,  cedder,  délaisser  et  transporter 
plainement  et  absolument,  dôs  maintenant  ou  quant  bon  lui  semblera 
ausdits  fllz  et  cousine  et  leurs  hoir  ou  hoirs  masles  la  duchié  d'Auvergne 
et  la  conté  de  Montpencier  avecques  leurs  appartenances  et  appen- 
dances  quelsconques,  et  que  en  certains  cas  dévoient  tourner  à  mon  dit 
seigneur  le  roi,  soubz  les  manières  et  condicions  plus  amplement  expri- 
mées en  certaines  lettres  sur  ce  faictes,  ces  choses  et  plusieurs  autres 
par  nous  prises  en  considéracion,  de  nostre  propre  mouvement,  certaine 
science  et  libéralle  volunté,  avons  ordonné  et  ordonnons  par  la  teneur 
de  ces  présentes,  et  nous  plaist  et  voulons  que,  s'il  avenoit  nous  nostre 
dit  ûlz  et  noz  autres  enfans  masles  nez  et  à  naistre  en  loyal  mariaige, 
aller  de  vie  a  trespas  sans  hoir  ou  hoirs  masles  descendans  de  nous  et 
d'eulx,  ou  iceulx  hoir  ou  hoirs  masles  décedder  sans  laisser  hoir  ou 
hoirs  masles  d'eulx  procréez  par  loyal  mariaige,  par  ainsi  que  la  droicte 
ou  directe  ligne  d'oir  ou  hoirs  masles  de  nous  et  de  nosdits  enfans 
masles  cessast  et  faillist,  nos  dits  duchié  de  Bourbonnoys  et  conté  de 
Clermont  ensemble  leurs  appartenances  et  appendances,  villes,  chas- 
teaulx  et  autres  forteresses,  bourgs,  villes  et  villdges,  maisons,  manoirs 
et  habitacions,  fours,  moulins,  revières,  estaings,  viviers  et  austres 
eaues,  fourestz,  bois,  garennes,  aulnoiz  et  pasturaiges,  terres,  vignes, 
prés,  saulçois,  cens,  censives,  dixmes,  peaiges,  travers  et  coustumez, 
fiefis,  riereûeflz,  hommes,  hommaiges,  vassaulx,  vaussellaiges,  hommes 
et  femmes  de  serve  condicion,  taillables  à  volunté  et  autrement,  com- 
ment que  ce  soit,  jurisdicions  et  justices  aultes,  moiennes  et  basses, 
gardes^  patronnaiges,  présentations,  collations  de  bénefâces  et  autres 
haultesses,  noblesses,  seigneuries,  droiz,  rentes,  prouffîz,  esmolumens  et 
autres  choses  quelxconques,  appartenant  à  nos  dits  duchié  de  Bourbon- 
nais et  conté  de  Clermont,  pour  quelque  cause  et  manière  que  ce  soit, 
soient  et  deviennent  propre  héritaige  et  dommaine  de  mondit  seigneur, 
de  ses  successeurs  roys  de  la  couronne  de  France,  et  à  mon  dit  seigneur 
et  à  iceulx  ses  successeurs  roys  et  à  la  couronne  de  France  viengnent  et 
appartiengnent  dès  lors  en  avant  perpétuellement  et  &  toujours,  ouquel 
cas,  mon  dit  seigneur  et  ses  dits  successeurs  roys  de  France  seront  et 
seroient  tenuz  marier  les  ÛUes,  qui  de  nous  et  de  noz  dits  entans  masles» 
ou  de  leurs  hoir  ou  hoirs  masles  seroient  descenduz  par  loyal  mariaige, 
se  aucune  en  y  avoit,  bien  et  convenablement  selon  leur  estât,  sauf  aussi 
et  réservé  que  de  et  sur  nos  dits  duchié  de  Bourbonnois  et  conté  de 
Clermont,  nous  puissons  et  nous  loyse  prandre  ensemble  ou  par  parties, 
jusques  à  la  somme,  valeur  et  estimacion  de  douze  cens  livres  parisis  de 
rente,  oultre  et  par  dessus  Toctroy  à  nous  fait  par  mon  dit  seigneur  le 
roy  de  Tadmortissement  de  trois  cens  livres  de  rente,  soit  en  fief,  justice 
ou  autrement,  toutes  et  quantes  foiz  que  bon  nous  semblera  et  où  il 
nous  plaira,  icelles  douze  cens  livres  parisis  de  rente  donner,  céder, 
délaisser  et  transporter  en  fondacions  de  ouvres  charitables  pour  le  salut 
et  remède  des  âmes  de  nos  dits  prédécesseurs,  de  ma  dite  dame  la 
royne,  de  nous  et  de  notre  très  chère  et  très   sainte  compaigne  la 


Digitized  by 


Google 


LE  COMTÉ  DE  CLERMONT   EN    BBÂUVAISIS.  301 

duchesse  et  de  nos  enfTans;  et  lesquelz  douze  cens  livres  de  rente  mon 
dit  seigneur  le  roy  et  ses  successeurs  roys  de  France  sera  et  seront 
tenuz  admortir  franchement  et  quittement,  toutes  foiz  que  requis  en 
seront,  et  icelles  feront  et  seuffreront  estre  tenues  pour  admorties  per- 
pétuellement et  a  tousjours  à  celuy  ou  ceulx  à  qui  elles  seront  cédées, 
délaissées  et  transportées;  parmy  ce  aussi  que,  s'il  advenait  que,  par  les 
causes  dessus  exprimées^  nos  dits  duchié  de  Bourbonnois  et  conté  de  Cler- 
mont  advlnssent  à  mon  dit  seigneur,  à  ses  dits  successeurs  roys  et  à  la  cou- 
ronne de  France,  les  exécutans  de  nous  et  de  nos  enfans  masles  nez  et  & 
naistre  et  des  hoir  ou  hoirs  masles  descendans  de  nous  et  d'eulxpar  loyal 
mariaige,  pourront  et  leur  loyra  prandre  et  recevoir  tous  les  prouffiz  yssues 
et  revenus  quelxconques  de  nos  dits  duchié  de  Bonrbonnois  et  conté 
de  Clermont,  pour  les  deux  premières  années  qui  escheroient  après  ledit 
cas  avenu,  pour  les  tourner  et  accomplir  en  Taccomplissement  et  ou 
payement  des  testamens,  aulmosne,  laiz  et  debtes  quelxconques  de  nous, 
de  nos  dits  enfants  masles  néez  et  à  naistre  et  des  hoirs  ou  hoir  masles 
descendans  de  nous  et  d'eulx  par  loyal  mariaige,  conmie  dit  est,  sans 
ce  que  empeschement  ou  contredit  aucun  y  puisse  ni  doye  estre  mis  par 
mon  dit  seigneur  et  par  ses  dits  successeurs  roys  de  France,  ne  par  leurs 
gens  et  officiers  ne  aucun  d'eulx  en  aucune  manière;  et  jusques  &  ce  que 
les  choses  dessus  dites  et  chacune  d'icelles  soient  entérinées  et  accom- 
plies de  point  en  point,  et  par  la  forme  et  manière  que  cy  dessus  est 
devisée,  ne  pourra  mon  dit  seigneur  ne  ses  dits  succe.sseurs  roys  de 
France,  leurs  gens  ou  officiers,  no  autres  de  par  eulx,  lever  ne  faire 
lever,  cueillir,  recevoir,  demander  et  exploicter,  ne  convertir  &  leur 
proufHt  aucunement  les  yssues  et  revenues  de  nos  dits  duchié  de  Boui^ 
bonnois  et  conté  de  Clermont  ne  d'aucune  d'icelles,  ne  en  joyr  en  aucune 
manière  en  tout  ne  en  partie.  Toutes  lesquelles  choses  et  chacune  d'elles, 
soubz  les  condicions,  reservacions,  provisions  et  es  cas  et  par  la  manière 
que  cy  dessus  est  exprimé,  nous  vouions  prandre  et  sortir  effect  et  estre 
fermes  et  estables  à  touE^ours,  sans  rappeller,  et  pour  ce  avons  fait 
mettre  notre  seel  à  ces  présentes,  sauf  en  autres  choses  notre  droit  et 
Fautruy  en  toutes.  Donné  à  Paris,  ou  mois  de  may,  l'an  de  grâce,  mil 
quatre  cens.  Et  sur  le  reply,  par  monseigneur  le  duc,  le  roy  et  messei- 
gneurs  les  ducz  de  Bonrgoigne  et  d'Orléans  présens;  et  signé  Regant. 

Archives  Nationale?,  P.  1370,  cote  1886.  Cet  acte  ainsi  que  les  déclara- 
tions conflrmatives  de  Jean  comte  de  Clermont,  de  Marie  de  Berry  sa 
femme,  et  de  Charles  de  Bourbon,  comte  de  Clermont,  leur  flls,  sont 
insérés  dans  le  tome  m,  de  VHistoire  des  comtes  de  Forez,  ducs  de  Bourbon, 
de  Lamure,  éditée  par  M.  de  Chantelauze.  Les  lettres  de  Louis  II,  ont 
été  également  publiées  par  M.  Douet  d'Arcq.  Choix  de  pièces  inédites  retor 
tives  au  régne  de  Charles  Fi,  1. 1,  p.  173  et  suivantes. 


Digitized  by 


Google 


302  LÉ  COMTÉ  DE  CLERMONT   EN   BEÀUVAISIS. 


Liste  des  actes  insérés  dans  le  Xs.  i^.,  20,082. 
1*  Folios  1  à  4. 

Folio  1.  Vidimus  donné  par  Jean  de  Cognerio  conseiller  du  duo  de  Bour- 
bonnais en  1378  (8  septembre),  de  lettres  patentes  de  Philippe-Auguste, 
renfermant  des  lettres  de  Louis  VII,  données  à  Bourges,  l'an  1167,  et 
concédant  &  Guigne,  comte  de  Lyon  et  de  Forez,  les  droits  appartenant 
au  roi  sur  plusieurs  places  de  cette  contrée. 

Folio  1.  Vidimus  donné  par  Ricard,  doyen  de  réglise  de  Besançon,  chan- 
cellier  du  duc  de  Bourbonnais,  le  16  décembre  1373,  de  lettres  patentes 
de  Pierre,  duc  de  Bourbonnais,  et  de  Jacques  de  Bourbon  son  frère,  con- 
tenant raccord  fait  entre  ces  deux  princes,  passé  à  Chartres,  le  27  dé- 
cembre 1346. 

Folio  4.  Vidimus  donné  par  le  même  Ricard,  le  23  février  1403,  de 
lettres  patentes  du  roi  Charles  V,  délivrant  à  Louis  de  Clermont,  duc  de 
Bourbonnais,  Thommage  du  comté  de  la  Marce,  qui  lui  est  du  par 
Jacques,  comte  de  la  Marce,  données  à  Paris,  le  28  décembre  1371. 

Folio  4.  Vidimus  de  Jean  de  Coignerio  ci-dessus,  du  3  septembre  1378, 
de  lettres  patentes  de  Philippe,  fils  du  roi  de  France,  depuis  Philippe-le- 
Long,  renfermant  Thommage  de  Jean,  comte  de  Forez  pour  plusieurs 
places  de  ce  comté,  données  à  Lyon,  le  16  juin  1316. 

2*  FoUos  551  &  575. 

Folio  551.  Lettres  de  Pierre,  duc  de  Bourbonnais,  comte  de  Cler- 
mont, contenant  raccord  fait  entre  lui  et  le  chapitre  de  Notre-Dame  du 
ch&tel  de  Clermont,  données  le  5  novembre  1351. 

Folio  553.  Lettres  de  Mehaus,  comtesse  de  Boulogne  et  de  Clermont, 
et  de  Jehanne  sa  fille,  femme  de  Gautier  de  Castelon,  approuvant  la  con- 
cession viagère  ûûte  par  les  bourgeois  de  Clermont  de  la  Gange  de 
cette  ville  à  Thomas  de  Boulogne,  données  &  la  Neuvllle-en-Hez^  en  mai 
1247. 

Folio  553.  Lettres  de  Louis,  comte  de  Blois  et  de  Clermont,  réglant 
les  cens  et  redevances  à  payer  par  les  habitants  de  Clermont,  pour  leur 
affranchissement,  données  à  Creil  en  1197. 

Folio  554.  Lettres  de  Raoul,  comte  de  Clermont,  réglant  les  cens  & 
payer  par  les  habitans  de  la  Neuville-en-Hez,  données  en... 

Folio  555.  Lettres  de  Albert,  abbé  de  Froidmont,  reconnaissant  qu*il 
ne  peut  vendre  de  bois  en  la  forêt  de  Hez,  jusqu'à  ce  que  la  vente  flEute 


Digitized  by 


Google 


LE  COMTÉ   DB  CLERMONT  EN   BEAUVAISIS.  303 

par  le  roi  Philippe-Auguste  dans  cette  forôt,  ait  été  achevée,  juil- 
let 1220. 

Folio  555.  Lettres  du  roi  Louis  IX,  donnant  le  comté  de  Clermont  & 
son  fils  Robert,  Paris,  mars  1269  (v.  s.). 

Polio  555.  Lettres  de  Robert,  comte  de  Clermont,  donnant  à  bail  & 
Pierre  Choisel  un  arpent  de  masure  au  Plessié,  Pont-Saint-Maixence, 
novembre  1286. 

Folio  556.  Lettres  du  roi  Louis  IX,  faisant  don  au  maieur  de  Clermont 
d*une  charretée  de  bois  par  semaine  dans  la  forôt  de  Hez.  Paris^ 
mai  1255. 

Folio  556.  Lettres  du  môme,  confirmant  deux  lettres  de  Raoul,  comte 
de  Clermont  faisant  plusieurs  donations  au  couvent  des  Mésiauxde  cette 
ville.  Montdesir,  novembre  1255. 

Folio  557.  Lettres  de  Philippe  III,  roi  de  France,  attribuant  le  droit  de 
justice  de  la  Grange  de  Wamaviller,  au  comte  de  Clermont,  contre  les 
prétentions  de  Fabbé  d'Ourscamp,  Paris,  mars  1282. 

Folio  557.  Lettres  de  Eudes  évoque  de  Beauvais,  contenant  la  dona- 
tion de  la  foire  de  Saint-Jean  à  Clermont  tait  au  chapitre  de  cette  église 
par  Renaud,  comte,  Saint-Just  1147. 

Folio  558.  Lettres  de  Wautier  abbé  de  Saint-Lucien,  contenant  un 
accord  fait  entre  son  monastôre  et  Raoul  comte  de  Clermont  au  siget  des 
hommes  de  Rosoy  et  de  Beaupuis,  1187. 

Folio  559.  Lettres  du  roi  Philippe  m,  confirmant  les  donations  faites 
au  Chapelain  de  la  NeuviUe-en-Hez,  avril  1277. 

Folio  559.  Lettres  de  Catherine,  comtesse' de  Blois  et  de  Clermont, 
fondant  et  dotant  la  Chapelle  de  la  NeuviUe-en-Hez,  février  1208. 

Polio  560.  Lettres  de  Louis  IX,  confirmant  les  lettres  précédentes. 
Compiôgne,  mars  1258. 

Folio  561.  Lettres  de  Philippe  III,  confirmant  un  accord  fait  entre  son 
fi'ôre  Robert,  comte  de  Clermont  et  l'abbé  de  Saint-Lucien,  touchant  le 
ressort  de  Thieux,  août  1281. 

Folio  562.  Yidimus  donné  par  Hugues  Aubriot>  garde  de  la  prévôté  de 
Paris,  le  26  juin  1372,  de  lettres  de  Charles,  fils  du  roi  de  France^  depuis 
Charles  Y,  contenant  la  donation  de  diverses  places  et  seigneuries  à 
Ysabeau  de  Yalois  sa  belle-môre,  données  au  Louvre,  le  8  mai  1359. 

Folio  565.  Yidimus  donné  par  le  môme,  le  30  mars  1374,  de  lettres  de 
Mathias  d'Eptemach,  abbé  de  Notre-Dame  en  Luxembourg  du  4  sep- 
tembre 1263,  renfermant  des  lettres  de  Jean,  roi  de  Bohême  et  comte  de 
Luxembourg  et  de  Louis  duc  de  Bourbonnais,  comte  de  Clermont^  rela- 
tives aux  conventions  matrimoniales  de  Tunion  projetée  entre  ledit  roi 
de  Bohême,  et  Béatrix  fille  du  duc  et  comte  de  Clermont.  Yincennes, 
décembre  1334. 


Digitized  by 


Google 


304  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN   BEAUYAISIS. 

Folio  569.  Vidimus  donné  par  Huges  Aubriot,  prévôt  de  Paris,  en  1378, 
de  lettres  du  roi  Charles  Y,  donnant  &  Louis,  duc  de  Bourbonnais  et 
comte  de  Olermont,  plusieurs  seigneurie  confisquées  sur  Robert  de 
Piquigny,  rebelle.  Saint-6ermain-en-Laye,  22  juillet  1378. 

Folio  571.  Vidimus  donné  par  Audouin  Chauveron,  prévôt  de  Paris, 
le  10  février  1384,  de  lettres  du  roi  Charles  Y,  confirmant  Taccord  entre 
le  comte  de  Clermont  et  le  seigneur  de  Bazentin,  touchant  le  droit  de 
chasse  dans  les  bois  de  RonqueroUes.  Paris,  4  août  1375. 

Folio  573.  Lettres  du  roi  Jean,  fixant  aux  nobles  du  Vermandois  et 
du  Beauvaisis,  le  délai  qui  devra  s^écouler  entre  le  défi  et  les  hostilités, 
dans  les  guerres  qu'ils  auront  les  uns  contre  les  autres.  Paris,  19  sep- 
tembre 1351. 

Folio  574.  Vidimus  de  lettres  données  par  Louis,  duc  de  Bourbonnois, 
comte  de  Clermont,  confirmant  la  fondation  et  dotation  £ûte  par  le  sei- 
gneur de  Nédonchel  de  deux  chapelles  dans  la  collégiale  du  chAtel  de 
Clermont.  Paris,  3  mars  1384. 

Folio  575.  Institution  et  ordonnance  du  péage  de  Longueaue,  prôs 
Pont-Saint-Maixence. 


i 


Digitized  by 


Google 


TABLES 

PAR  ORDRE  ALPHABÉTIQUE 


L 


Table  des  Abbayes  et  Prieurés  possédant  des  biens 
sotts  la  garde  da  Comte  de  Glermont 


Beaubec  (abbé  de)^  425. 
Beaupré  (abbé  de),  124. 
Breteuil  (abbé  de),  121,  144. 
Bruel-le-Sec  (prieuré  de),  120. 
Bruel-le-Vert  (prieuré  de),  120. 
Bulles  (prieuré  de),  120. 


Caiàlis  (abbé  de),  125. 
Chelles  (abbesse  de),  124. 
Chercamp  (abbé  de),  126. 
Qermont  (le  ministre  de),  124,  132, 

147. 
Conty  (prieuré  de),  121. 
Corbie  (abbé  de),  120,  151. 
augny  (abbé  de),  119. 
Cressonsart  (prieuré  de),  119. 


Faj-Saint-Quentin  (prieuré  de),  121. 
Fonteyrault  (abbesse  de),  126. 
Francières  (prieuré  de),  120. 
Fresnemoutier  (prieuré  de),  120. 
Froidmont  (abbé  de),  122, 147,  164. 


Gart  (abbé  du),  125. 
Gerberoy  (cbapitre  de),  125. 
Goumay  (prieuré  de),  121. 


Héméyiller  (prieuré  de),  121. 

L 

Lannoy  (abbé  de),  123. 


Milly  (prieuré  de),  121. 
Moncbel  (abbesse  de),  124. 
Monehy  (les  meseaux  de),  164. 
Moncy-le-Perreux  (abbesse  de),  124. 
Monstereul-sur-Bresche  (prieuré  de), 

120. 
Mortemer-en-Lyons  (abbé  de),  125. 


Notre-Dame-d'Amiens  (chapitre  de), 
125. 


Digitized  by 


Google 


306 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 


Notre-Dame-de-Glermont   (  chapitre 

de),  126. 
Notre-Dame-de-Pois    (prieuré    de), 

12t. 
Notre-Dame-la-Royale  (abbesse  de), 

124. 


Ourscamp  (abbê  d'),  122. 

P 
Penthemont  (abbesse  de),  124. 

B 

Ranieny  (prieuré  de),  121. 
Ressons  (abbé  de),  122,  144,  164. 

S 

Saini-Anthoine-emprez-Paris  (  ab- 
besse de),  124. 

Saint-Benoli-sur-Loire  fabbé  de), 
120. 

Saint-Denis  (abbé  de),  125,  144, 169, 
170. 

Saint- Fuscien  (abbé  de),  121. 

Saint-Germer-de-Flay  (  abbé  de  ), 
120. 

Saint-Jean-d'Amiens  (abbé  de),  122. 

SaintnJean-de-Beauvais  (la  Maison- 
Dieu  de),  164. 


Saint-Just  (abbé  de),  122. 
Saint-Lucien-de-Beauvais  (abbé  de), 

120,  164. 
Saint-Martin-au-Bois  (abbé  de),  121. 
Saint-Pierre-de-Beauvais    (  chapitre 

de),  425. 
Saint-Pol-emprez-Beauvais  (abbesse 

de),  124. 
Saint-Quentin  (abbé  de),  121,  128, 

132. 
Saint-Remy-soubz-Clermont  (prieuré 

de),  120. 
Saint-Sjrmphorien  -emprez  -Beauvais 

(abbé  de),  121. 
Saint-Thibaut  (prieuré  de),  121. 
Saint-Vincent-de-Senlis   (abbé   de), 

121. 
Saint-Waast-d'Arras  (abbé  de),  120. 
Samoy  (prieuré  de),  121. 
Séry  (abbé  de),  122,  144. 


Vaussery  (abbé  de),  122. 
Vezelay  (abbé  de),  120. 
Villers-Saint-Sépulchre  (prieuré  de), 
120. 

W 

Wariville  (prieuré  de),  126,  164. 
Warti-Saint-Pierre  (prieuré  de),  120. 


Digitized  by 


Google 


IL 

Table  '  des  noms  eonfenas  dans  le  dénombrement 
de  1373. 


Les  noms  suivis  (tune  indication  de  pages  sont  ceux  des  familles  dont 
les  armoiries  sont  décrites  dans  le  volume. 


Abbecourt,  247,  265. 

Âbbeville. 

Affilé. 

Agnet  (le  maire  d'),  259. 

Aguillon. 

Alliaume,  258. 

Alonne. 

Amiens. 

Andeyille; 

Angivillers,  i57. 

Angi,  i31. 

Anguot. 

Annuele,  226. 

Antoing. 

Argies,  219. 

Aridel,  180,  182,  247,  278. 

Arquinyillier,  voir  ErquinvUlier. 

Ars,  271. 

Arsis  ou  Arsy,  278. 

Arbois,  218. 

Asnes  (F). 

Atechy  ou  Atichy,  256,  263. 

Aties. 

Aubigny. 

Aubourc. 

Audenebam,  199. 

Aufay,  131,  227. 

Aufegnies. 

Aufemont,  144,  168,  259. 

Ayisse. 

Aumarêt,  248. 

Aumecourt,  207. 


Aumont,  229. 
Aunoy,  214. 
Avregny,  278. 
AnsoyiÛer,  214. 
Aussy  ou  Auxy,  216. 
AutreTille,  278. 
Auvergne,  179,  180,  181. 
AuvUler,  238,  247,  252,  272. 


Bachi,  278. 

Bacbieu. 

Bacouel. 

Baigneux. 

Baillet,  243. 

BaiUeu  (Le),  223. 

Bailly  (Le). 

Balaigny,  278. 

Banne  (Le). 

Baquencourt,  278. 

Barbençon   ou    Barbenchon,    200, 

211. 
Barbier  (Le). 
Barde. 
Barly,  206. 
Basentin,  146,  154,  200,  215,  246, 

248,  250. 
Basincourt,  251. 
Batavainne. 
Batliane. 

Baube.  " 

Baudescot,  232. 
Baudry,  227. 


.•y  ■> 
V 


t  CeUe  Uble,  d'une  écriture  ploB  moëenie,  ainti  que  nous  Tavons  déjà  (Ut,  se  trouTe  insé- 
rée k  la  fin  du  ms.  2«,081.  Mo«8  la  reprodoisons  intégralement. 


Digitized  by 


Google 


308 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVÀISIS. 


Beaumont>  225^  226. 

Beaurepaire,  278« 

Beauvais^  278. 

Bègue  (Le),  250. 

Beleau. 

Belieaue. 

Bellemaison. 

Belloy,  208. 

Bequerel,  2i9. 

Bequet. 

Berengier. 

Bemart. 

Beronne,  257. 

Bescot  (Le),  262. 

Besquote  (Le). 

Bestochie. 

Betemboz,  221. 

Betisy. 

Be?e,  278. 

Biart. 

Biaugrant. 

Bigan,  219. 

Bigant. 

Bigaet. 

Blacourt. 

Blaincourt,  238,  248,  270. 

Blanc  (Le),  180. 

Blandin,  128. 

Blangy. 

Blenart,  219. 

Blont  (Le),  212. 

Boguet,  t34. 

Bohême,  183,  184. 

Bois  (Du),  voir  Bos  (Du) 

Boiteux  (Le),  189. 

Bon  (Le)»  168. 

Bonniardel. 

Bonneyie. 

Bonneulg. 

BonTiller. 

Boniemps,  229. 

Boqueillon  (Le). 

Borboire,  220. 

Bos  (Du)  ou  Boz,  204,  227, 242, 278. 

Boz-Aubert  (Du). 

Boz-Geroult  (Du). 

Bosquel  (Du). 

Bosquellon  (Le). 

Bosquet. 

Boterel. 

Bouchier  (Le),  148. 

Boyes  (Des). 


Bougonyal. 

Boulaincourt. 

BouUart. 

Boulen. 

BouUe,  238. 

Boulle  d'Agnes. 

Bouloigne,  179,  180,  181. 

Boursier  (Le). 

Bousseyaut. 

Boussiaus. 

Boutenangle,  128. 

Bouyier. 

Bouyiller. 

Braque,  223. 

Bray. 

Bresche. 

Breteul  (abbé  de),  200. 

Bretuel. 

Brueil. 

Bruel  (le  maire  de),  270. 

Brûlant. 

Bniille. 

BruUe. 

Brun  (Le),  229. 

Brunyiller,  211. 

Bucamps,  279. 

BuUes,  191,  206. 

Bullet. 

Bulsart. 

Bundans. 

Buquet. 

Bures. 

Bundans. 

Burles,  yoir  Bulles. 

Bus,  279. 


Bussoire. 


Gailleur. 

Galet. 

Galetote. 

Gamberonne. 

Gammelin,  198. 

Gamp  d'Ayaine,  157,  257. 

Gampion. 

Gampremy,  144,  198, 215,  229,  245, 

246,  248. 
Gamus. 
Gandelier  (Le). 
Gandeyille,  208. 


i 


Digitized  by 


Google 


LB   COMTÉ  DB  CLERMONT    EN   BEAUYAISIS. 


309 


.*f*'- 


Canée. 

Canetel. 

Canevas. 

Gange  (Du),  i82,  257. 

Gaoulle. 

Carbonnier. 

Cardonnoy,  195. 

Caron  (Le). 

Carpentier  (Le).    • 

Garuel. 

Gastegnier  (Du). 

Castenoy,  209. 

Cauflfery,  279. 

Caumondel,  279. 

Gaumont,  195. 

Gauras,  203. 

GaureL 

Gauroy,  205. 

Gercelier  (Le),  267. 

Ghannevières,  189,  191. 

Ghantemelle,  279. 

Ghapelle  (La). 

Gharni,  267. 

Gharron  (Le),  195. 

Ghastel. 

Ghastillon,  224,  271. 

Ghaumont. 

Ghepoy,  247,  279. 

Ghiverières. 

Civrières. 

Glary,  199,  272. 

Qerc  (Le),  223. 

Glennont. 

Goivrel. 

Golart. 

Gompaing. 

Gondé,  196. 

Gonte  (Le). 

Gonty,  217. 

Goq  (Le),  180. 

Gordelier  (Le),  247. 

Gordier  (Le),  252. 

Gomelle. 

Cosete. 

Gosté(Du). 

Goton. 

Goudun,  279. 

Goupel,  220. 

Gourcelles. 

Gourchelles. 

Gourdemanche. 

Gouriauz. 


Gourrel,  180. 

Gourt(Le). 

Gourtefoy,  232. 

Goustances  (évéque  de),  258. 

Gousture  (La),  189. 

Gramoisy,  188,  279. 

Grapain,  261. 

Greelg. 

Grespel. 

Gressy. 

Grevecœur,  128,  229,  279. 

Grocy. 

Groissy. 

Groix  (La). 

Grocq  (Du),  209. 

Grotoy,  268. 

Grouset,  223. 

GrueL 

Guerderoy, 

Gueret,  233. 

Guigniëres,  241 . 

Guise,  232. 

Guvelier  (Le),  259. 


Dagonél. 

Dampierre. 

Darion. 

Darras,  127. 

Dennequin,  205,  212. 

Derques,  189. 

Derquieux. 

Despaières,  258. 

Diaveret. 

Dive. 

Domont,  voir  Aumoni. 

Dompierre. 

Dorly,  127. 

Doublet. 

DouMes. 

Drugeron. 

DuUy. 

Durpain. 


Eglise  (L'). 
Empereur  (L*). 
Ennequin,  voir  Dennequin. 
Equencourt,  279. 
Erches,  279. 


Digitized  by 


Google 


310 


LE   COMTÉ    DE   CLERMONT  EN   BEAUVAISIS. 


Erquery,  232,  238. 
Erques^  voir  Derques. 
Erquinyiller^  262. 
Ery. 

Escantelly  ou  Eschantelly. 
Escopart. 
Escrivain  (L'). 

Escrivain  de  Saint-Pierre  (L'). 
Espaielles,  238. 
Espaux. 

Espineuses,  243,  236,  237,247,  252. 
Espinay  (L'). 
Essars  (Des),  258. 
Estoquerel. 
Estoy,  488. 

Estrées,  446,  447,  490,222, 223, 247, 
250,  266. 


Fae  (Le), 

Farecourt,  206. 

Fareyiller  ou  Fariviller,  224 . 

Fassequele,  206. 

Favenau,  253. 

Faverel. 

Favier. 

Fauquet,  499,  245. 

Fauqueur  (Le). 

Fay,  279. 

Fayel,  224,  236,  263. 

Ferrières,  274. 

Feré,  247. 

Fèvre  (Le),  224. 

Flamenc  (Le). 

Flavy,  279. 

Florent. 

Foisselles. 

Foisseux. 

Fontaine  (La). 

Fontaines,  497. 

Fores. 

Forest. 

Forestier  (Le). 

Forlet,  428. 

FouUeuses,  490,  228,  239,  240,  246, 

266. 
Fouquet. 
Four  (Du). 
Fourbeur  (Le),  257. 
Foumier  (Le),  249. 
Foumiyal  (le  maire  de),  243. 


Framicourt,  242. 
Francastel,  244. 
Fransure. 

Fransiëres,  480,  233. 
Frémaut,  434. 
Fresniaux. 
Fresne,  427. 
Fresnel. 

Fresnoy,  228,  279; 
Fretel,  489. 
Friscamps,  224,  272. 
Fumechon,  494,  215,  229. 


Gâche  (La). 

Galet. 

Gamelin. 

Gantier  (Le). 

Gardins  (Des). 

Gargoulay,  226. 

Gaucourt. 

Gaudechart  ou  Godechart,  279. 

Gaures,  269. 

Gay  (Le). 

Genouville. 

Gentil,  428. 

Gerberoy. 

Glategny. 

Glauges. 

Gorgedieu. 

Gorget. 

(roigon. 

Goulancourt,  227. 

Goulle. 

Goullois,  204. 

Gourle. 

Gouriois. 

Goumay,  468,  490,  234,  232. 

Gouvieux,  222. 

Gouvion. 

Goy  ou  Gouy,  240,  241. 

Grand  (Le),  238. 

Grange  (La),  468,  255,  279. 

Grebert. 

Grenon. 

Grimault  ou  Grimoult,  280. 

Grimoude. 

Grisy,  280. 

Grout. 

Guépière,  224. 

Gueroude. 


Digitized  by 


Google 


LB   COMTÉ  BE   CXERMONT   EN    BEAUVAISIS. 


311 


Gueroult,  i80>  198. 
Guerry. 
Guillaume. 
Guillet,  206. 
Guisencourt. 
Guocourt,  196^  2io. 


Hacheren. 

Haloy. 

Hamel^  217. 

Hamere^  280. 

Hangest^  205,  230. 

Hanon  (Le). 

HanyoiÙes,  280. 

Haquerel. 

Harbonnières. 

Harchies. 

Hardel. 

Hardencourt^  190. 

Hardi. 

Hardiviller. 

Harel. 

HargenUeu,  199,  2i3,  242^243»  244^ 

247. 
Harmes,  213. 
Havet,  197,  215,  280. 
Haussez,  28C. 
Hécourt. 
Hédicourt,  128. 
Helloy. 

Helly  ou  Heilly,  213. 
Hemart. 

HemeyiHer,  232,  233. 
Hérenc. 

Herlay  ou  Herloy. 
Herneyiller. 
Hersant. 
Hez,  280. 
Hoquerel. 
Houdainville,  280. 
Houdet. 
Hurtaut,  180. 


Jaingny. 
Jaquemart. 
Jardins  (Des). 
Jayigny. 
Jaux. 


Jehan. 

Jeune  (Le)  au  Joenne  (Le),  170. 

Joenne  de  Sacy  (Le). 

Jolis. 

Jonquet. 

Judas,  228,  253. 

Jumel  (Le),  268. 

Jumelles  280. 

Jusaincourt,  228,  229. 


Kais,  280. 


Laffllé. 

Laigny. 

Laittre. 

Lande. 

Landeucourt. 

Langle. 

Lardières,  208. 

Latimier. 

Lattre. 

La?al. 

Laudencourt  ou  Lodencourt,  204. 

Laverchines,  280. 

Lens,  220. 

Lermite. 

Lescot. 

Lesglentier,  199,  228,  247. 

Lespinay. 

Levremont  ou  Leuvrimont,  238. 

Lieuviller,  280. 

Liègart. 

Liencourt,  209,  236. 

Lierval. 

Liesse. 

Lieuville. 

Lige  (Le). 

Lihus,  213,  280. 

Linères. 

Linières. 

Lonceau. 

Lonclieu. 

Loncprê. 

Longue-Avesne,  208. 

Longue- Yeaue,  266. 

Lorens. 

Lorme. 

Lorrain  (Le),  238. 


Digitized  by 


Google 


312                       LE  COMTÉ  DB  CLERMONT   EN    BEAUVAISIS.                                                  1 

Lostelier. 

Melun,  216,  221. 

Loys. 

MerartouMerat. 

Luisiers. 

Mery. 

LuUy. 

Merlencourt 

Méru,  281. 

X 

Mez  (Du),  224. 

Mez  (U)  ou  Mes  (Le). 

Machelée. 

Mesgret. 

Machon  (Le). 

Meanil  (Du),  197,  280. 

Maçon  (Le). 

Mesureur  (Le). 

Majeur  (Le). 

Michèle. 

Maignelers,  232,  245. 

Michèle. 

MaiUart. 

Mignot,  229. 

MaiUy,  246. 

Miliersart. 

MaimbevUle,  267,  280. 

Milly,  197,  201,  203,  204,  205,  206, 

Maire  (Le). 

209,211. 

Mairesse  (La). 

Milon. 

Maisières,  280. 

Mire  (Le),  247. 

Malamy. 

Mirelessart,  254,  258. 

Malmaison. 

Mitiry. 

Malenoue. 

Moiencourt. 

Malepart. 

Moine  (Le). 

Malepoe,  214. 

Moinet. 

Malet. 

Moncel  (Du)  ou  Moncbel  (Du),  280. 

Maletrache. 

Monchaux. 

Malin. 

Monchel  (abbé  Du). 

Malis, 

Monchy,  206. 

MaUy. 

Monchiaux,  195. 

Mantel. 

Moncy. 

Marc  d'Argent. 

Mons. 

MarceUes. 

Monstereul. 

Marchant. 

Mont  (Du).  188. 

Marche. 

Montathére,  281. 

Marchié  (Du). 

Montcayrel,  254. 

Marchiôres. 

Montegny,  232. 

Mare  (La). 

Montmartin. 

Marée,  260. 

Montoiles,  195,  205. 

Mareschal. 

Mony. 

Margue. 

Moregnies. 

Marguerie. 

Mord,  197. 

Mariayale. 

MoreUe,  214. 

Marie,  157,  250. 

Moremont. 

Marquais,  207. 

Moreul,  232. 

Marqueviller. 

Mory. 

Martin. 

Mote  (La),  187,  205,  227. 

Martincourt. 

Moucy. 

Masis  ou  Masiz,  280. 

Moussures,  222. 

Maubeuge. 

Moustier  (Du). 

MauchevaUer,  221,  261. 

Moustiers  (De),  219. 

Mavereux. 

Mouy. 

Mannier  (Le). 

Mulet. 

Manny. 

Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLKRMONT   KN    BEAUVAISIS. 


313 


Nans. 

Nedonchel,  446, 463,  20«,  254,  270. 

NeeUe,  225. 

Nery,  284. 

Neuville  (La),  284. 

Nicaise. 

Nicolas. 

Noél. 

Nointel,  264. 

Noirmont. 

Normant  (Le),  223. 

Nouroy,  498,  240. 

NuUy,  229,246,  268,  284. 


Offemont,  voir  Aufemont, 

Orner. 

Onglet. 

Onz. 

Orival,  205. 

Orly. 

Orme  (L'). 

Osouart. 

Oudart. 

Ougnon. 

Outrele. 


Pacy,  247,  265. 

Paillart,  266. 

Pailloaiz. 

Paillouel,  205. 

Paix-Est-Bonne,  454,  495. 

Paon. 

Paquin. 

Paris. 

Parseval. 

Pasque. 

Pastissier  (Le). 

Patrenel. 

Pelé  (Le),  260. 

Pelletier. 

Pernes. 

Petit. 

Picart  (Le). 

Pierre  (La). 

Pierrepont,  233,  264. 

Pincelot. 


Pisseleu,  210,  270. 

Pissy. 

Place  (La). 

Pleinval. 

Planque  (Le). 

Plessié  ou  Plaissié,  281. 

Plessis-Brion,  284. 

Plousel. 

Poiletruye. 

Poix  ou  Poiz. 

Polin. 

Pommereux,  227. 

Pomponne,  284. 

Ponchaux. 

Pons  (Du). 

Pont-Molain. 

Porte  (La). 

Postis.  457,  257. 

Pouchin,  284. 

Poucin. 

Poulaillier  (Le). 

Poulet,  232. 

Poupart,  248. 

Pré  (Du),  434. 

Pressy,  188. 

Prévost  (Le). 

Preux  (Le). 

Prez  (Des),  488,  248. 

Prouvencel. 

Puys  (Du). 


Quartier  (Le). 

Quesne  (Du),  246. 

Quesne  (Le),  232. 

Quesnel  (Du),  498,  243,  228. 

Quesnes  (Des),  449,  255. 

Quevauviller,  224. 

Queu  (Le)  ou  Queux. 

Quiéret,  220,  222. 

Quièse  (Le). 

Quinquempoix,  240,  244,  244. 


Ranteny. 
Raoust,  234, 235. 
Rat  (Le).  223. 
Ravenel,  233. 
Recule. 
Rémérangle,  212. 

24 


Digitized  by 


Google 


314 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS. 


Remin. 

Remy,  222. 

Renets,  281. 

Requignart,  188. 

Reteul. 

Reudoc  (Le)  ou  Roudoc. 

Ricourt. 

Rieux,  281. 

Riquesse,  229. 

Rivellon,  182. 

Riverel. 

Rochele. 

Rogerel. 

Roitel. 

Rondel. 

Ronqueroles. 

Rost. 

Roteleu. 

Rouget. 

Roumescamps,  186. 

Rousseau. 

Rouverel. 

Rouviller,  234,  254. 

Roux  (Le),  187. 

Roy  (Le). 

Roye. 

Ru  (Du),  281. 

Rucourt. 

Ruelle  (Le). 

Ruisseloy,  199,  215. 

S 

Sablonnières. 

Sac  (Le). 

Sachy. 

Sailleville. 

Sains,  207,  258. 

Saintines,  187. 

Sainte-Aragonde,  239. 

Saint- Arnoul. 

Saint-Aubin,  227,281. 

SaintrElies,  220. 

Saint-Ernoul,  204,  281. 

Saint-Germer. 

Saint-Joirc. 

Saint-Just. 

Saint-Martin  (abbé  de),  232. 

Saint-Onier. 

Saint-Pol,  282. 

Saint-Reniy,  244,  282. 

Saint-Rymoult,  200,  215,  273. 


Saint-Sauflieu,  263,  264. 

Saint-Vaast. 

Saintuel  ou  Santuel,  282. 

Sainseval,  260. 

Saisseval. 

Sarcus,  209,  219,  220. 

Sarmoises,  232,  241. 

Sarrazin. 

Sart  (Du),  157,  248,  250. 

Sauchoy. 

Saveuses,  210. 

Saulon  (Du),  227. 

Saulonnières,  226,  227. 

Sauvage. 

Saux  (La). 

Sechelles,  219. 

Selier  (Le). 

Sène  (Le),  222. 

Senicourt. 

Senlis. 

Sernoy. 

Serreville. 

Serrurier  (Le),  201,  215. 

Serve. 

Seurville. 

Socourt  ou  Soiecourt,  144,  247,  259, 

266. 
Soucourt. 

Soisy,  247,  250,  251,  256,  268. 
Songons,  282. 
Sorel,  224. 
Soris. 
Sormont. 
Soubz  -  Maire  -  de  -  Monstereul  -  sur  - 

Bresche  (Le). 
Souf Usant. 
Souspirant. 
Souvegny,  148,  248,  255,  256,  257, 

265,  272. 


Tavemier. 

Tenement. 

Tère  ou  Thère,  268. 

Tertegny. 

Tetoulet. 

Thibaut. 

Thibout,  128,  146. 

Thieuloy. 

Thounel. 

Tieux. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT    EN    BEAUVAISIS. 


315 


TiUart. 

Tilloy,  220,  221. 

Tirleu. 

Tois. 

Tonnelier  (Le). 

Torchars,  188. 

Touflfreinville,  U7,  246,  247. 

Touppet. 

Toures  (Des). 

Toumelle  (La),  i44,  255,  260,  270. 

Toussains. 

Tracy. 

Traynel,  269. 

Trémoire. 

Trenquée. 

Trye,  154,  199,  269,  282. 

Trieux. 

Triquotel. 

Tronquoy. 

Trouart. 

Troussiaux. 

Turqueteville,  163,  212. 


Vaillant,  128. 

Val  (Du). 

Valescourt,  282. 

Varennes,  254. 

Vasseur  (Le),  208. 

Vaumain,  205. 

Vaux,  256,  267. 

Velanne,  222. 

Velouste. 

Vendeul  ou  Vendueil,  247,  273. 

Ver  (De),  128. 

Verderonne  ou  Vrederonne,  282. 


Verrière  (La),  224. 

Versine  (La),  189. 

Vesve  (Le). 

Vienne. 

Vienon. 

Vièvre  ou  Wièvre,  282. 

Viezfort. 

Vignemont,  282. 

VUers,  241. 

ViUain,  182. 

voie,  282. 

Villepois,  282. 

Villers,  180,  282. 

ViUers-Saint-Pol,  235. 

Vincent. 

Vivien. 

Vinouche. 

Vouasteblé. 


W 


Wadivoie. 
Wally. 

Waroult,  265. 
Warty,  282. 
Wasteblé. 
Wayegnies,  282. 
Waut  (Du). 
Weme  (La). 
Wez,  223. 
Widerue. 
WiUerval. 
Wyart. 


Yvort. 


Digitized  by 


Google 


III. 


Table  des  nems  eités  dans  les  notes  do  Dénombrement 
de  1373. 


Alexandre,  204. 
Allart,  256. 
Âmelot,  231. 
Andlau(d'),  271. 
Ângicourt  (d')^  16i. 
AngiYilIer(d'),  211. 
Anglos  d'Heronval  (d'),  205. 
Angoudesseut  (d'),  260. 
Angoulème  (duchesse  d'),  183. 
Argillière  (d'),  195,  200,  213,  240, 

256,260,267,271. 
Arquinvilliers  (d'),  264,  voir  Erquinr 

villiers. 
Attichy  (d'),  263. 
Aubert,  195,  196,212. 
Aubespine  (de  1'),  271 , 
Aumont  (d'),  269. 
Auvillers  (d'j,  264. 
Auxcousteaux,  210,  214. 
Auxy  (d'),  192. 
Avenrelle  (d'),  195. 


Bacquencourt  (de),  268. 

BaiUeul  (de),  213. 

Bar  de  Rely  (le),  247. 

Barbanclion  ou  Barbençon  (de),  192. 

Baulgis(de),  209,221. 

Baveux  (le),  274. 

Beaumont  (de),  225. 

Béchamel,  26  t. 

Belloy  (de),  208,  234. 

Bernelz  (de),  208,  231. 

Béthancourt  (de),  241,  '272. 


Bethicy,  208. 

Béthune-SuUy  (de),  217,  218. 

Bochart,  196,  240. 

Boileau,  266. 

Bois  (du),  270. 

Boisgelin  (de),  234. 

Boisthierry  (de),  208. 

Boitel,  233. 

Bonnières  (de),  195. 

Boucher  du  Mesnil  (le),  219. 

Bouchiat  (de),  269. 

Boufflers  (de),  202,  207. 

Boulaincourt  (de),  164. 

Boulainvilliers  (de),  231,  233,  266, 

270. 
Boulart,  235, 
Bouqueaulx  (de),  228. 
Bourbon-Beaujeu  (de),  183. 
Bourbon-Condé  (de),  183,  184,  187, 

189,  217,  257,  260. 
Bourbon-Conti  (de),  244,  253. 
Bourgoigne  (de),  251. 
Boys  (du),  242,  244. 
Brancas-Lauraguais  (de),  274.  ^ 
Braquemont  (de),  197. 
Breleuil  (de),  217. 
Bretonnière  (de  la),  237,  251,  267. 
Breuil  (du),  249,  258,  264. 
Breuil-le-Vert  (de),  164. 
Brinon,  179,  231,  264,  265. 
Broé  (de),  192,  200. 
Brunswick  (de),  183. 
Bulles  (de),  191,  201. 
Bury  (d«),  164. 
Bussy  (de),  224. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS. 


317 


Caignart^  208, 
Caignet^  219. 
Campdeville  (de),  243. 
Campdavène   ou  Gandavène    (de), 

240. 
Campremy  (de),  245. 
Caqueray  (de),  204. 
Carignan  (de),  184,  202. 
Caron  de  Troussures  (le),  204,  206. 
Carvoisin  (de),  204,  205,  240. 
Cassini  (de),  267. 
Castéja  (de),  218. 
Causans  (de),  204. 
Cave  d'Haudicourt,  243. 
Célestins  d'Offemont  (les),  238,  256. 

—      de  Paris,  240. 
Cernoy  (de),  233. 
Chadancourt,  261. 
Chardon  du  Havet,  244. 
Chartres  (de),  225. 
Chatillon-Saint-Pol  (de),  179. 
Chemin  (du),  497. 
Choiseul-Gouffier  (de),  219. 
Clément,  219. 
Clément  (du),  205. 
Clermont  (chapitre  Notre-Dame  de), 

497,  262. 
Clermont-Nesle  (de),  179. 
Cochet,  200. 
Cocquin,  234. 
Collesson,  257,  263. 
Contay  (de),  263. 
Conti  (de),  191,  217,  218. 
Corbie  (de),  267. 
Coudun,  dit  Desperl  (de),  237. 
Coulombiers  (des),  219. 
Couquault  d'Avelon  (de),  210,  228. 
Couronnel  (de),  268. 
Courtils  de  Merlemont  (des),  212, 

271. 
Coustard,  481. 
Couturier  (le),  199. 
Craon  (de),  181. 
Crapain  (de),  233. 
Creil  (de),  190. 
Crèvecœur  (de),  256. 
CriUon  (de),  202,  207. 
Croizettes  (des),  200. 
Crouy  (de),  204,  208. 
Croy-Havré  (de),  218,  221. 


Dagombert,  21 3,* 250. 

Dànesy,  195. 

Dargies  (de),  191. 

Desprès  de  la  Résière,  192. 

Dammartin  (de),  194,  211. 

Doussault,  481. 

Dreux  (l'évèque  Philippe  de),  202, 

244. 
Dufos,  182. 
Dum  (de),  195. 
Durand  (de),  267. 
Durant,  195. 


Encre  (d'),  494.  • 

ErquinviUiers  (d*),  490,  200,  254. 

Espinay  (de  T),  206. 

Espineuses  (d'),  236,  237. 

Estourmel  (d'),  196. 

Estrées  (d*),  222. 

Etouy  (église  d'),  252. 

F 

Fabrice  de  Gressenich,  481. 

Faluel,  250. 

Faudoas  (de),  237. 

Fauvel,  222. 

Fayel  (de),  235. 

Fay  (du),  254. 

Feniolle  (de),  271. 

Ferrières  (de),  261. 

Fey  (du),  249. 

Fitagames  (de),  237,  238. 

Flahaut  de  la  Billarderie  (de),  244, 

262. 
Fleury  (de),  209. 
Floiri,  264.     ' 
Fouilleuse  (de),  268. 
Fouleuzes  (de),  226. 
Forget,  240. 
Fournier,  219. 
Francières  (de),  233,  250. 
Froidmont  (abbaye  de),  492,  242, 

243,  244,  258. 
Fumechon  (de),  236,  265,  269. 


Gamaches  (de),  489,  235. 
Garlande  (de),  225. 


Digitized  by 


Google 


318 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 


Gaudechart  (de),  2i3^  233. 

Gayant,  272. 

Gendre-d'Ons-en-Bray  (le),  225. 

Gicourt  (de),  164. 

Gomer  (de),  241. 

Gouffier-Créquy  (de),  208. 

Gourlay  (de),  209. 

Gournay  (de),  211. 

Goussencourt  (de),  229. 

Gouy  (de),  198,  211,  278. 

Gouy  d'Arcy  (de),  232,  271. 

Grancey  (de),  183. 

Grange  (de  la),  198. 

Grandvilliers  (de),  211. 

Grasse  (de),  209. 

Graville  (de),  255. 

Gruel  de  la  Frette  (de),  237. 

Guillebon  (de),  262. 

Guyot  des  Charmeaux,  244,  253. 


Hacqueville  (de),  225. 

Bailles  (d'),  241. 

Hallencourt  (de),  208. 

Halluin(de),210,  221. 

Hamel  (du),  191,  192,  217,  218. 

Hangest  (de),    182,  230,  231,  241, 

242.  243. 
Hanicques,  219. 
Hardencourt  (de),  190. 
Hardivilliers  (d'),  205,  207,  208. 
Hargenlieu  (de),  242,  243. 
Harlay  de  Ghampyallon  (de),  181. 
Harcourt  (de  Brancas  d'),  184. 
Hattencourt  (de),  255. 
Haut  de  Lassus  (de),  222. 
Hédouville  (de),  228,  253. 
HeiUy  (de),  213,  236. 
Hennequin,  257. 
HenDequin  d'Ecquevilly,  221. 
Herbelot,  244. 
Hericarl  de  Thury,  200. 
Hostillemont  (de),  197. 
Humières  (de),  246,  263. 


Jacobé  de  Naurois,  187. 
Joly  de  Sailly,  238. 
Jumièges  (abbaye  de),  190. 


Labire,  202. 

Lancry  de  Pronleroy  (de),  240. 

Larcbier  de  Gourcelles,  209. 

Leclercq,  263. 

Leullier,  261. 

Lévis  (de),  225. 

Liévin  (de),  196. 

Ligne  (de),  192. 

Lignères  (de),  210. 

Longueville  (de),  183. 

Lorbehaye  (de),  190. 

Lorraine  (de),  181,  183. 

Louvencourt  (de),  222. 

Luxembourg  (de),  183. 


Madaillan  de  Lesparre  (de),  190. 

Maillé-Brézé  (de),  244. 

Mailly  (de),  217,  268. 

Maire-de-Parisisfontaine  (le),  270. 

Malingre  (de),  212. 

Malte  (ordre  de),  voir  Saint-Jean  de 

Jérusalem, 
Marcel,  204. 
Mareuil  (de),  222. 
MeUo(de),  191,211. 
Mesnil  (du),  213. 

Milly  (de),  190,  201,  203,  207,  211. 
Monceaux  (de),  208,  209,  210,  228. 
Moncby  de  Gilocourt  (de),  192,  197. 
Mongeron  (de),  264. 
Monsieur,  frère  du  Roi,  244,  253. 
Montfort  (de),  179. 
Montmorency  (de),    188,   237,  259, 

260. 
Montonviller  (de),  192. 
Moucby  (de),  204. 
Moullay  (de),  240. 
Moyencourt  (de),  209,  261. 

N 

Navarre  (la  reine  de),  183. 
Nedonchel  (chapelle  de),  266. 
Nemours  (de),  184. 
Nesle  d*Offémont  (de),  263. 
Neuville  (de),  202,  207. 
Noailles  de  Mouchy  (de),  270. 
Nouroy  (de),  233. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS. 


319 


0  (d'),  274. 

Ogier,  254. 

Olivier  le  Daim,  200. 

OUier,  246,  263. 

Ogoies  ou  Ongnies  (d'),  182,  252. 

Ourscamp  (abbaye  d'),  234,  265. 


Paillart  (de),  219. 

Pajot,  225. 

Palissot  de  Beauvois,  26i . 

Parent,  196,  229,  250,  257. 

Paris  de  la  Brosse  (de),  21 1 . 

Pasquier  de  Franclieu  (de),  239. 

Passi  de  Broyés  (de),  249. 

Palu,  188,  259. 

Perthuis  (de),  189. 

Perret,  241. 

Picart,  257. 

Picquigny  (de),  201 ,  202,  203,  207. 

Piennes  (de),  253. 

Pisseleu  (de),  204. 

Place  (de  la),  269. 

Plat  (le),  272. 

Plessis  (du),  497. 

Plessis-Liancourt  (du),  235. 

Plessis-Picquet  (du),  253. 

Plessis-Richelieu  (du),  244,  269. 

Popaincourt  (de),  235. 

Popillon,  244. 

Pot,  260. 

Potier  de  Gesvres  et  de  Tresmes, 

181. 
Potier  de  SUly,  252. 
Pouls  (de),  272. 
Pradines  (de),  200. 
Pulleu,  249,  258. 
Puy-Chalin  (de),  181. 


Querdes  (des),  202. 
Quesnel  (du),  211, 


Randon  de  la  Tour,  187. 
Ravenel  (de),  239,  266,  267. 


Real  (de),  210. 
Régnier,  197,  212. 
Reniy  (de),  182. 
Ribault,  263. 
Richard,  204. 

Rimbert  de  ChatiUon  (de),  224. 
Rioult,  252. 

Rochechouart  (de),  205. 
Rochefoucauld  (de  la),  235. 
Roddes  (de),  208. 
Roger,  204. 
Rohan  (de),  202. 
Ronqucrolles  (de),  164,  190. 
Rouveroy  (de),  212. 
Roye  (de),  202,  203,  217,  237,  266, 
269. 


S 


Saint-Antoine-de-Paris  (hôpital  de), 
236. 

Saint-Barthèlemy-de-Beau?ais  (cha- 
pitre de),  204. 

Saint-Blémont  (de),  224. 

Saint-Denis  (abbaye  de),  234. 

Saint-Jean-de-Jérusalem  (l'ordre  de), 
200,  224,  236. 

Saint-Lucien  (abbaye  de),  181,  196, 
205,  219. 

SaintrMorys  (Bourgevin  de  Vialart  de) , 
272. 

Saint-Pierre  de  Beauvais  (chapitre), 
197,  199,  212,  248. 

Saint-Saulieu  (de),  256. 

Saisseval  (de),  202,  207. 

Sarcus  (de),  204,  209. 

Selier  (le),  195. 

Soissons  (de),  183. 

Soissons-Moreul  (de),  235. 

Soucanye  de  Landevoisin  (de),  264. 

Soyecourt  (de),  218,  260. 


Tiercelin  de  Brosses,  209. 
Tisseul,  268. 
Toumelle  (de  la),  190. 
Trie  (de),  164. 


Digitized  by 


Google 


320 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS. 


Varennes  (de),  231 . 
Vauchelles  (de),  WS,  210. 
Vaudemont  (de),  183. 
Vauldray  (de),  272. 
Vaulx  (de),  251,  262. 
Vauli  (du),  207. 
Vérac  (de),  220. 
Verger  (du),  259. 
Vienne  (de),  261. 


Vignacourt  (de),  249,  261. 

Vigneron,  195. 

Villain,  195. 

Villers  (de),  187,  235, 236,  271,  273. 

Villette(de),  181. 

Vincent  de  Goumay,  231. 

Visitation  d'Amiens  (la),  196. 

W 

WariviDe  (prieuré  de),  200. 
Warty  (chapelain  de),  200,  248. 


IV. 


Table  des  noms  de  lieox  et  de  fiefs  cités  dans  le  Dénombrement 
de  1373  et  dans  les  Notes. 


Abbecourt,  213,  247,  269. 

Achy,  201,204. 

Agnes,  Agnet,  263, 266. 

Agnes  (mairie  d'),  134,  259. 

Agnes  (taille  d'),  15i. 

Agueu,  Les  Ageux,  181,  184. 

Amblainville,  269. 

Ameline,  219. 

Anceil-le-Petit,  207. 

Angicourt,  200,  215,  235,  261. 

Angiviller,  130,  261,  262. 

Angy,  141. 

Ansac,  130,  142,  153,  200,  211,  244, 

249,  252,  269. 
Ansoviller,  200. 
Archonval,  122,  231 . 
Argenlieu,  voir  Hargenlieu. 
Argillières,  126. 
Arion,  Airion,  128,  130,  154,  237, 

238,  245. 


Armancourt,  voir  Eermencourt. 

Ars,  127,  128,  129,  228,  253. 

Arsis,  171,  232. 

Aspremont,  230,  254. 

Auchy-en-Bray,  209. 

Aimiecourt,  210. 

Aussoutraines,  227,  228,  239,  240. 

Autrevaux,  230. 

AutrevUle,  121,  122,  129,  237,  263. 

AuviUer,  130,  249,  264, 

Auxi,  209. 

Avrechy,  voir  Havrechy. 

Avregny,  182,  201,  254. 

Avregny  (La  Motte-d'),  249. 


Baillefontaine,  128. 
Baillenval,  120,  142. 
Bailleul-le-Soc  ou  le  Sot,  170,  234, 

245.  250,  261 . 
Bailleu  ouBailleul-sur-Thérain,  192, 

193,  196,  199,211,213,214. 


^ 


^ 


Digitized  by 


Google 


I^   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 


321 


Bailloel  ou  Baillet-en-France^  273^ 

274,  275. 
Baniers  (Les),  268. 
Baraeu,  192. 

Basincourt,  171,  181,  187. 
Bauchemont,  230. 
Baugy,  170,  232. 
Bayenbus^  221. 
Beaulieu,  209. 
Beauvoir,  187. 
Beauvoisin,  231. 
Becquerel  ou  Bequerel,  129,  150, 

152,  199,  249. 
fielleuse,  218,  219. 
Belloy,  208,  210,231. 
Bénécourt,  208. 
Bequet-à-Saint-Paul  (Le),  125. 
Bergicourt,  205,  220,  222. 
Beronne,  250,  251,  257,  263. 
Berthennessart,  122. 
Béthancourt,  212. 
BélhencourtrSaint-Nicolas,  237,  247, 

253. 
Bizancourt,  243. 
Blacourt,  208,  210,  228. 
Blaincourt,  234. 
Blémont,  195. 
Boileau,  266. 
Bois  (Le),  233. 
Bois-SaintrJean.  124. 
Boisicourt,  142,  268. 
Boisicourt  (taille  de),  151. 
Bonneuil-le-Plessier,  192,  202. 
Bonnières,  207,  210. 
Borde  (La),  233. 
Bos  d'Agueu,  186,  187. 
Bos-du-Bois,  231. 
Bosquel  (Le),  221. 
Botliaux,  171. 
Bouconyal,  188. 
Boulïlers,  207,  209,  210. 
Boulaincourt,  2C1,  246,   254,  259, 

263. 
Boussonval,  250. 
Boutenangle,  244. 
Bracy,  183. 
Braquemont,  192. 
Bray  (pays  de),  225,  226. 
BrenouiUe,  201,  235,  254. 
Bretigûy,  157. 
Bruel-le-Sec,    127,    128,    142,  143, 

237,  242,  262. 


Bniel-le-Sec  (mairie  de),  270. 

Bruel-le-Vert,  240,  246,  248,  256, 
257,  265. 

Bruyère  (La),  235. 

Buhas  (Les),  128,  129. 

Buicourt,  203,  207,  208. 

Buisencourt,  195,  247. 

BuissoDUoie,  189. 

Bulles,  191,  192,  193, 195, 196,  197, 
198,  199,  200,  201,  206,  207,  211, 
212,  213,  215,  216,  217,  273. 

Bury,  208,  238,  251. 

Bus  (Le),  270. 

Bus-Maubert,  126. 


Cagny,  202,  207. 

Caignelet,  262. 

Caigneux,  199,  200. 

Caillouel,  270. 

Galenges  (Les),  226. 

Camberonne,  235,   236,   244,   249, 

253,  254,  269. 
Campaigne  (La),  171. 
Gampremy,  211. 
Candeyille,  208. 
Gandoire,  182. 
Ganelecourt  128,  130, 152, 153,  255, 

256,  260,  262,  272. 
Ganelecourt  (mairie  et  maire  de), 

134,  144. 
Canetecourt  (taille  de),  151,  256. 
Ganetecourt  (tief  Drieu -le-Maire  à), 

249,  255. 
Ganetecourt  (fief  du  Vinage  de),  259. 
Ganly,  170. 
Gannessiez,  125. 
Gamoux,  215. 
Ganny,  219. 

Gantepie,  127,  129,  252,  261. 
Gardonnette,  208. 
Garrières,  voir  Quarriéres. 
Gastellon   ou  Gastillon,    192,    194, 

217,  229,  255,  273. 
Gastenois  ou  Castenoy,  182,  240. 
Galviller,  270. 
Gauffery,  228,  235. 
Gaulières,  222,  223. 
Gaïunont,  180. 
Gauroy,  205. 
Gauvegny,  196. 


Digitized  by 


Google 


322 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT    EN   BEAUVAISIS. 


Cauvenne,  224. 
Cempuis,  voir  Champuis. 
Cemoy.  voirSamoy. 
Champuis,  219,  220. 
Chasleler-de-Glermont  (Le),  127. 
Chastelon,  voir  Castelon. 
Château-Chinon,  183. 
Châteaux  à  Hanaches  (Les),  204. 
Châtelet  (Le),  260. 
Chaussée-de-Becquerel  (La),  150. 
Chaussée-de-Ramécourt  (La),    130, 

242,  252,  273. 
Chelle  (La),  170. 
Cherolles,  203. 
Chivrières,  189,  190. 
Choque  (La),  199. 
Choquel  (Le),  223. 
Cinqueux,  voir  Sainqueux. 
Clermont,  123,  124,  125,  128,   129, 

133,  136,  140,  144,  153,  238,  241, 

243,  245,  247,  249,  251,  255,  256, 
257,  258,  259,  260,  262,  268,  272. 

Clermont  (domaine  du  comté  de), 
179,  181,  183,  185,  192,  195,  202, 
209,  212,  225,  233,  237,  238,  240, 
241,  246,  248,  255,  256,  258,  259, 
267,  270,  272. 

Clermont  (maire  de),  144,  164. 

Clermont  (mairie  de),  134,  255. 

Clermont  (prévôté  de),  133. 

Clusy,  219. 

Cohen,  252. 

Coiseaux,  229. 

Collombier  (Le),  267,  272. 

Colognies,  125. 

Condé,  196,  197,  212,  252. 

Conti,  217,  218,  220,  221,  223,  224. 

Conti  (Le  Quesnoy  de),  223. 

Conti  (Les  Warennes  de),  223, 

Coq  (Le),  260. 

Corroy,  240. 

Contres,  124,  218,  221,  222,  223. 

Courcelles  ou  Courselle,  182,  269. 

Courchelle,  223. 

Courdemanohe,  180. 

Courlieu,  126,  156,  158,  250. 

Courroy,  207,  209. 

Courlieu,  238. 

Cousture  (La),  189. 

Coutances,  192,  264. 

Cramoisy,  188,  190. 

Crannes,  128. 


Crapain,  233. 

Crasset,  129. 

Crécy,  154,  155,  238,  246. 

Creil,  183,  184,  185,   187,  188,  189, 

190. 
Cressonsacq  ou    Cressonsart,    198, 

201,  254,  264. 
Cressy,  voir  Crécy. 
Crillon,  207,  voir  Cagny. 
Croistein,  255. 

Croix-de-Gîencourt  (La),  127. 
Croix-Saint-Oyen  (La),  171. 
Croquet  (Le),  127. 
Cuignières,  130,  241,  242,  243,  266. 


Despert  de  Coudun,  238. 
Doméliers,  266. 
Donnemarck,  192. 

E 

Ecorchevaque,  123. 
Effois  (Les),  226. 
Ellincourt-Sainte-Marguerite,     168, 

231. 
Ënencourt,  voir  Uennenœurt. 
Epiuette  (L'),  230,  231. 
Ercuis,  voir  Erques. 
Erquery,  130,  238,  256,  263. 
Erques,  189. 
Erquinviller  ou  Erquinvillier,  130, 

193,  251,  261,  262. 
Espaux,  204,  208. 
Espineuses,  128,  150,  236,  237,  238, 

249,  251. 
Essarts  (Les),  193,  252. 
Essuile,  i98. 
Estoquerel,  221. 

Estrées-Saint-Denis,  170,  233,  250. 
Estrive  (L'),  192. 
Etouy  ou  Estoy,  238,  247,  252,  263. 


F 


Faïel  ou  Fayel,  126,  170,  185,  188, 

196. 
Fariviller,  196,  215. 
Faumechon,  221. 
Faverolles,  235,  236. 
Favière,  236. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   CXERMONT   EN    BEAUVAISIS. 


323 


Fay-oultre-le-Bois,  130,  195. 

Fay-sous-Clermont,  238. 

Ferté-en-Bray  (La),  183. 

Feuquerolles,  193,  194,  211,  215. 

Filleaux  (Les),  261. 

Fillerval,  142,  267. 

Filzjames,  197,  238,  245,  249,  250, 

252,  257,  263,  voir  Warty. 
Flory,  219,  223,  224. 
Foudroy  (Le),  226. 
Fouilleuse,  239,  241 . 
Foulloy.  207. 
Fournival,  197,  198,  199,  200,  212, 

213,  215,  217,  237,  238. 
Francières,  233,  234. 
Franconville-au-Bois,  273,  274,  275, 

276,  277. 
Fraye  (La),  193,211. 
Fréauville,  222. 
Fresnel  (Le),  234. 
Fresnemouliers,  219,  223. 
Fresnoy,  170. 
Fresnoy-en-Telle,  234. 
Froimont,  272. 
Froimont-la- Ville,  258. 
Fumechon,  194,  215,  230. 


Gaillefontaine,  183. 

Gannel-Glerie,  192. 

Cannes,  193,  233. 

Gauves,  216,  217,  228. 

Gicourt,  258,  263. 

Gicncourt.  127,  128,  129,  143,  153, 

243,  268. 
Glategny  ou  Glatigny,  203.  209. 
Glorielles  (Les),  128,  129. 
Goudanviller-les-Mondidier,  127. 
Gournay,  190. 
Gournay-en-Bray,  183. 
Gournay-sur-Aronde,  167,  168,  230, 

231,232,233,255. 
Gouverneur,  270. 
Gou  vieux,  183. 
Goyncourl,  207,  208. 
Grantviller,  219,  221. 
Grasseure,  223. 
Gresillon,  128. 

Guehangni-les-Bailleval,  268. 
Guisenconrt,  224. 
Guybrencourt,  196. 


Halate  (forêt  d'),  201. 

Haloi  ou  Haloy,  123. 

Haloi  (avouerie  d'),  loi. 

Hamel  (Le),  218,  219. 

Hanaches,  204,  209. 

Hanvoile,  207,  209. 

Harchies,  208,  209. 

Hargenlieu,  242,  243. 

Harmes,  voir  Hermès. 

Halton,  193. 

Haucourt,  203,  207. 

HaudiviUier,  193,  215,  217. 

Havrechy,  120,  130,  239,  241,  243, 

245. 
Hayes  (Les),  184,  189. 
Hémart,  233. 
HéméviUers,  232,  233. 
Henencourt,  195,  196. 
Hennequin,  212. 
Hérelle  (La),  202. 
Hermencourt,  119,  234,  235,  236. 
Hermès,   121,  123,    192,  211,  212, 

213,  214,  258. 
Héron  (Le),  259. 
Herval,  241,  voir  Lierval, 
Hez,  212,  213,  214. 
Hez  (forêt  de),  161,  163  et  suivantes, 

246,  247,  258. 
Hodenc-l'Evêque,  121. 
Hodenc  ou  Houdenc-en-Bray,  207, 

227   228   229 . 
HondainviUe,  142,  201,  254,  272. 
Houdancourt,  181. 
Houssoy,  192,  207,  209,  215,  217. 
Houssoy  (Le),  226. 


Jaux,  119, 189,  233,  235,  236,  260. 
Jean  Leclercq,  244. 
Joncquières,  171. 
Jurequin  (forêt  de),  171. 
Jusainneville,  220. 


LaigueviUe,  184,  187,  215,  228. 
Lamécourt,  242,  243. 
Lardières,  269. 


Digitized  by 


Google 


324 


LE  COMTÉ  DE  CXERMONT  EN  BEAUVAISIS. 


Lardiêres  (Les  Ghamparts  et  Les  Cor- 
nets de),  269. 

Latache,  voir  Lesiaque. 

Lavrechines  ou  Laversines,  189,  i93, 
498. 

Léglentier,  261. 

Lépinette,  243. 

Lestaque,  260. 

Lestaut,  207. 

Lestoquel,  207, 

Lhéraule,  207. 

Liencourt,  119,  142,  228,  235,  236, 
239,  253. 

Uenral,  127,  130,  149,  153,  262, 
272. 

LieuYillerç,  234,  243,  260,  261. 

Lis  ou  Utz,  156,  237,  238,  247,  248, 
249,251,252,270. 

Logelles,  234. 

Loges  (Les),  122. 

Lombus,  266. 

Lonclieu,  208. 

Longueil  ou  Longueul,  170,  270. 

Longuyane,  143,  187, 

Lorme,  183. 

Louviaucourt,  243. 

Louvière  (La),  255. 

Louvres-en-Parisis,  249. 

Lucheu,  223. 

Lusarches  ou  Luzarches,  157,  238, 
257. 

Lusières,  218,  222. 

Luyères,  209. 


Maimbeville,  182,  245. 

Maleheuse,  203. 

Mancellier,  214. 

Marguerie,  214. 

Marigny,  170. 

Marigny-lès-Compiègne,  251. 

Marquau,  207. 

Marquets  (Les),  187. 

MarseiUe,  203,  204,  206,  207,  208, 

209. 
Marseille  (avouerie  de),  151. 
Martincourt,  209. 
Matencourt,  213. 
Maurewart,  123. 
Mazis  (Les),  208. 
Mellencourt,  voir  Merlemont. 


Meneviller,  125,223,231. 

Merart,  130, 142,  150,  244. 

Merlemont,  130,  271. 

Merlou,  130. 

Méru,  269. 

Mervaut,  206. 

Méry,  181,  182,231,232. 

Mesneviller,  222. 

Mesnil  (Le),  197. 

Mesnil-sur-Bulles  (Le),  193,  244. 

Mez  (Le),  242,  243,  245. 

Milly,  201,  202,  203,  204,  205,  206, 

207,209,216. 
Mitery,  157. 
Moienviller,  170. 
Moigneville,  129,  235,  «47,  251. 
Moignevillette,  200,  215. 
Moimont,  207,  209. 
Molegnies,  209. 
Monceaux,  Monchaux  ou  Monchiaux, 

195,  196,207,  213,  235,261. 
Monchy-aux-C!ouleuvres,  206. 
MoncLy-Saint-Eloi,  184,  187. 
Mons,  192,  193. 
Monstereul,  124,  210. 
Monstiers,  194,  262. 
Mon1>-Aubert,  123. 
Montegny,  231,  232. 
Monthatère,  184,  190,  249,  25i. 
Montignac,  183. 
Montereul-sur-Br esche,  211. 
Montmartin,  233. 
Morival,  246. 
Mortfontaine,  187. 
Morviller,  122,  200. 
Motte  à  Epineuses  (La),  237. 
Motte  à  Hanaches  (La),  204. 
Motte  d'Ancourt  (La),  201,  234,  254. 
Mottelette  (La),  213. 
Moussures,  220,  222,  224. 
Moyenneville,  192,  233,  264,  265. 
Mouy,  141,  244. 
Muletiaux  (Les),  189. 
Musas,  270. 
Myre,  249. 

N 

Neufty,  230,  231. 
Neuilly,  voir  NuUy, 
Neuville-en-Hez  rLa),  156,  158,  159, 
160,  162,  247,  249,  250,  257. 


Digitized  by 


Google 


LE    COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 


325 


NeuviUe-le-Roi  (La),  119,  26i,  268. 

Neuve-Rue  (La),  153. 

NeuvUle-sur-le-Vault  (La),  206. 

Nicquet,  238. 

Nogent,  184. 

Nointel,    121,  122,    125,  129,  142, 

251,258,262,  263,  264. 
Nointel  (au-dessus  de),  242. 
Nouroy,  187,  240,  241,  262. 
Nouroy  (la  grange  de),  245. 
Nully,  124,  126,  130,  247,  249,  257, 

262,  264. 
NuUy-en-Telles,  228. 


Olivier,  128. 

Omécourt,  voir  Aumécourt. 

Ons-en-Bray,  125,    225,  226,  227, 

229,  252. 
Orouer,  183. 

Orson-sous-Clermont,  238. 
Oudeuil,  210. 


Pancheron  (Le),  127,  128,  129. 

Parfondeval,  123. 

Passy,  264,  265. 

Pauquechon,  195,  215. 

Peremont,  168. 

Perrequoy  (Le),  128,  129. 

Petigny,  219. 

Pieumeles,  122. 

Pierre  (La),  262. 

Pire  (Le),  153. 

Pisseleu,  210,  270,  271. 

Planques,  230. 

Plessier  (Le),  123,  150,  187. 

Plessier-BUlebault   (Le),  244,  269, 

270. 
Plessier-Crotoy  (Le),  192,  217. 
Plessier-sur-BuUes  (Le),  193,  215. 
Plessis-Longueau  ou  Villette  (Le), 

181. 
Plessis-Saint-Aubin  (Le),  182,  248. 
Poissonval,  193. 
Pommeraye  (forêt  de),  185. 
Ponceaux  ou  Ponchaux,  211,  230. 
Ponsal,  226. 
Pont  (Le),  125. 
•  Postis  (Le),  128. 


Prairie  du  Chaussois  (La),  192. 
Pré  (Le),  122. 
Pressy,  188,  189. 


Quarrières,  201,  254,  272. 
Quesnel-Iès-Saint-Just,  242. 
Quesnel-sur-BuUes,  198,  273. 
Quesnotoye  (La),  242. 
Quesnoy  (Le),  222, 
Quevreul,  226. 


Ramécourt,  154,  155,  247. 
Ranteny  ou  Rantigny,  122, 130, 235, 

239,  255,  266,  268. 
Ravenel,  198,  261. 
Regnault-Duchatel,  192. 
Reimberviller,  125. 
Remecourt,  129,  241,  243. 
Rémérangles,  193,  196,    197,    198, 

212,  213,  215,  216. 
Remin  ou  Rémi,  170, 171,  179,  233, 

234. 
Ressons,  246. 
Reuil-8ur-Aré,  154,  155. 
Ribeauville,  210. 
Rieux,  162,  188,  233,  248. 
Rivecourt,  231. 
Rochy,  192,  195. 
Ronchières,  196. 

Ronquerolles,  154,  155,  246,  263. 
Rozoy,  270. 
Rost,  223,  224. 
Rosteleu  ou  Roteleu,  127,  128,  153, 

246,  249,  256,  259,  260,  268,  271. 
Rouviller,  130,  201,  234.  254. 
Roye,  266. 
Rozay,  183. 
Rozoy,  235. 
Rucourt,  187. 
Rue  du  Bois  (La),  204. 
Rue-Bemier  (La),  200. 
Rue-Saint-Pierre,  252. 
Rullon,  128. 

B 

Sacy  ou  Sachy-le-Grand,  130,   181, 

182,  240,  263,  266. 
Sacy  (mairie  de),  271. 


Digitized  by 


Google 


326 


LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN    BEAUVAISIS. 


SacLy,  187,  247. 

Sachy-le-Petit,  i71. 

Sain  queux,  187,  249. 

SailleviUe,  184,  200,  215,  248. 

Saint-Aubin-en-Bray,  125,225,226. 

Saint- Aubin-sous-Erquery,  238. 

Sainte-Barbe,  238. 

Saint-Elies,  220. 

Sainte-Eusoye  ou  Sainte-Usoye,  196, 

215. 
Saint-Félix,  120. 
Saint-Jean-de-Losne,  183. 
Saint-Jean-de-Warty,  248. 
Saint-Just,  244. 
Saint-Ladre,  242. 
Saini-Martin-Longueaue,  171. 
Saint-Mesmin,  189. 
Saint-Mor,  123. 
Saint-Omer,  202,  208,  209. 
Saint-Remy,  127,  128,  155. 
Saint-Remy-à-l'Eaue,  130,  214,  230, 

242,  244,  245. 
Sainl-Rimoult,  200,  215,  247. 
Saint-Saens,  183. 
Salle  (La),  255. 
Sandricourt,  269. 
Sanguine,  210. 
Sarcus,  124,  209. 
Sarron,  181. 
Saulchoy  (Le),  222,  224. 
Saulx  (La),  122. 
Senecourt,  129,  205. 
Sernoy,  241 . 
Silly,  248. 

Sommereulx,  126,  224. 
Soustraine,  voir  Aussoxistraine. 


Taule  (La),  230. 

Tenement  (Le),  259. 

Terny,  221. 

Thérines,  205. 

Thieuloy,  123,  147. 

Thieux,  196,  215. 

Thory  ou  Thury,  120,  130, 142, 150, 

151,  267. 
Tieuloy  (Le),  127,  128. 
Tilloy,  221. 

Tour-d'Auneuil  (La),  207. 
Tranloy  (Le),  226,  233. 
Tricot,  264. 
Trois-Estoz,  241,  247. 


Trompe  d'Or  (La),  210. 

Trossy,  189. 

Troussures,  203,  204,  205,  207. 


Uny,  124. 


Val-Foubert  (Le),  188,  232. 

Valescourt,  243,  244,  266,  271. 

Valsauvechon,  168. 

Vaqueresse  (La),  125. 

Vault  (Le),  205. 

Vaulz  ou  Vaux-sous-Cambronne, 
130,  237,  239,  267,  270. 

Vaux,  188,  193,  197. 

Vaux  de  Vienne  (Le),  232. 

Velanne,  222. 

Verdancher,  192. 

Verderonne,  235,  271. 

Verneuil,  187. 

Venetle,  119,  170. 

Verberie,  251. 

Verrière  (La).  123,  224. 

Vieille  abbaye,  123. 

Vienne,  261. 

Villepoix,  206,  210. 

Villers,  187,  188. 

Villers-les-Castenoy,  243,  251,  266. 

Villers-Houdan  ou  Saint-Barthélé- 
my, 225,  226,  227. 

Villers-Saint-Pol,  184,  187. 

Villers-sur-Auchy,  210. 

Villers-sur-Bonnières,  208. 

Vivier  d'Angiet  (Le),  227. 

Vrocourt,  207,  208,  209. 

Vuarenyal,  233. 


Wacquemoulin,  182,  230, 231,  232. 
Wally,  221. 
Wandelicourt,  231. 
Wandiyoye,  264. 
Warde-Mauger  (La),  192,  202. 
Wariyille,  193. 
Wamaviller,  122,  234,  265. 
Warly-le-Grand  et  Saint-Pierre,  128, 

129,  237,  238,  250,  251,  262,  264, 

267. 
Warty  (la  tour  de),  237. 
Wavegnies,  194, 198,  200,  215,  230 


Digitized  by 


Google 


TABLE 

PAR    ORDRE    DE    MATIÈRES 


Introduction  historique. 

I.  Origines  probables  du  Comté  de  Clennont.  —  Ses  comtes  propriétaires.  — 
Incertitudes  et  opinions  différentes  des  auteurs  sur  la  famille  dont  ils  sont 
issus.  —  GiLDOiN  de  Breteuil,  comte  de  Clermont.  —  Renaud  I,  seigneur 
de  Clermont  (1054).  —  Hugues,  seigneur  de  Clermont.  —  Possessions  de 
sa  maison  au  début  du  xii®  siècle.  —  Ses  démêlés  (1102)  avec  Mathieu, 
comte  de  Beaumont-sur-Oise,  son  gendre.  —  Renaud  II,  comte  de  Cler- 
mont. —  Dédicace  de  la  Collégiale  Saint- Arnoul  de  Clermont  (1114).  — 
Son  mariage  ;  4<»  avec  Alix  de  Vermandois;  2^  avec  Clémence  de  Bar.  — 
Sa  descendance.  —  Simon  de  Clermont,  tige  des  Clermont  d'Ailly  et  Cler- 
mont-Nesle.  —  Mahaut  de  Clermont,  comtesse  de  Dammartin.  —  Clémence 
de  Bar  n*a  pas  épousé  en  secondes  noces  Albéric  1«',  comte  de  Dammartin* 

—  Raoul,  comte  de  Clermont  (41^7-1191).  —  Démolition  par  Louis  VII  de 
la  forteresse  de  Litz  (il62),  —  Raoul  est  nommé  connétable  de  France.  — 
11  épouse  Aêlis,  héritière  de  la  maison  de  Breteuil.  —  Charte  de  Goumay- 
sur-Aronde  (H 65).  —  Association  avec  le  Prieuré  de  Saint-Leu  d'Esserent. 

—  Démêlés  avec  le  Chapitre  Saint-Pierre  de  Beauvais.  —  Influence  de 
Raoul  à  la  Cour  de  France.  —  Rivalité  et  guerre  avec  Philippe  d'Alsace, 
comte  de  Flandre  (1183).  —  Associations  avec  les  abbayes  de  Saint-Denis, 
de  Saint-Lucien  et  de  Saint-Germer.  —  Fondation  et  charte  de  la  Neuville- 
en-Hez  (1187).  —  Nouveaux  démêlés  avec  le  Chapitre  de  Beauvais.  — 
Raoul  prend  la  croix  (1187).  —  Ses  libéralités  en  faveur  des  établissements 
religieux.  —  Il  meurt  au  siège  de  Saint-Jean  d'Acre  (1191).  —  Quelles 
étaient  ses  armoiries?  —  Catherine  de  Clermont  et  Louis  de  Blois.  — 
Chartes  d'affranchissement  des  habitants  de  Clermont  et  de  Creil  (1197).  — 
Louis  de  Blois  part  pour  la  quatrième  croisade  et  périt  à  la  bataille  d'An- 
drinople  (avril  1205).  —  Administration  de  Catherine.  —  Différends  avec 
l'abbé  de  Saint-Lucien  et  Philippe  de  Dreux,  évêque  de  Beauvais.  —  Des- 
truction du  château  de  la  Neuville-en-Hez  (1212).  —  Thibaut  de  Blois, 
comte  de  Clermont  (1212-1218).  —  11  meurt  sans  postérité.  —Ses  héritiers 
dans  le  Comté  de  Clermont  et  la  Châtellenie  de  Breteuil.  —  Philippe-Au- 
guste se  rend  acquéreur  du  Comté  de  Clermont  (1218).  —  Consistance  de 
ce  Comté,  pages  1-46. 


Digitized  by 


Google 


328  LE   COMTÉ   DE   CLERMONT   EN   BEAUVAISIS. 

II.  Comtes  apanagistes  de  la  première  race.  —  Le  Comté  de  Clermont 
demeure  uni  au  domaine  royal  jusqu'à  la  mort  de  Philippe-Auguste.  —  11 
fait  partie  de  l'apanage  constitué  par  Louis  VIII  à  Philippe  Hurepel^ 
comte  de  Boulogne^  son  frère  (1223).  —  Philippe  Hurepel  et  Mahaut  de 
Dammartin.  —  Mort  de  Philippe  (4234).  —  Mahaut  conserve  la  jouissance 
et  l'administration  du  Comté  de  Cleimont  en  mariant  sa  fille  Jeanne  de 
Boulogne  (1236)  à  Gaucher  de  Châtillon.  —  Elle  épouse  en  secondes  noces 
Alphonse  de  Portugal.  —  Mort  de  Gaucher  de  Châtillon  (1248)  et  de  Jeanne 
(1251).  —  Contestation  judiciaire  entre  le  roi  Louis  IX  et  ses  frères 
Alphonse,  comte  de  Poitiers  et  Charles,  comte  d'Anjou,  relativement  à  la 
succession  de  Jeanne.  —  Arrêt  du  Parlement  de  septembre  1258.  —  Le 
Comté  de  Clermont  fait  retour  en  entier  à  la  couronne  à  la  mort  de  Mahaud 
(janvier  1259),  pages  47-57. 

III.  Saint-Louis,  comte  de  Clermont.  —  Il  donne,  par  Lettres  de  mars  1269, 
le  Comté  en  apanage  à  son  sixième  fils  Robert.  —  Robert,  comte  de  Cler- 
mont (1270-1318).  —  Ses  actes  en  cette  qualité,  —  Son  mariage  avec 
Béatrix  de  Bourbon.  —  Leur  descendance.  —  Etat  des  villes  et  localités 
dépendant  du  Comté  de  Clermont  en  1303.  —  Louis  l"  succède  en  1318  au 
Comté  de  Clermont,  dont  il  avait  l'administration  depuis  plusieurs  années. 

—  Il  prend  le  nom  de  Bourbon.  —  Il  vend  en  1320  à  Philippe-le-Long  son 
droit  de  battre  monnaie.  —  Confirmation  et  interprétation  de  la  Charte 
communale  de  Clermont  (mai  1325).  —  Cession  à  Charles  IV  le  Bel  du 
Comté  de  Clermont  en  échange  du  Comté  de  la  Marche  et  autres  terres 
(décembre  1327).  —  Rétrocession  du  Comté  de  Clermont  par  Philippe  VI 
de  Valois  (janvier  1328).  —  Annexion  de  la  terre  de  Lardières  au  comté 
(1331).  —  Don  par  le  Roi  des  terres  de  Baillet-en-France  et  Franconville- 
au-Bois(1337).  —  Mort  de  Louis  I«'.  —  Enfants  qu'il  laisse  de  Marie  de 
Hainaut.  —  Jacques  de  Bourbon,  comte  de  la  Marche.  —  Béatrix  de 
Bourbon,  dame  de  Creil,  femme  de  Jean  de  Luxembourg,  roi  de  Bohème. 

—  Cession  par  Béatrix  de  la  Châtellenie  de  Creil  à  Charles  V,  qui  la  réunit 
à  la  Couronne  (1374).  —  Pierre  I«',  comte  de  Clermont  (1341).  —  Il  est 
tué  à  la  bataille  de  Poitiers  (septembre  1356).  —  Son  administration.  — 

-  Convention  avec  le  Chapitre  de  Clermont  relative  aux  réparations  de  la 
Collégiale.  —  Postérité  issue  du  mariage  de  Pierre  et  d'Isabelle  de  Valois, 
pages  58-86. 

IV.  Louis  II  de  Bourbon,  dit  le  Bon,  comte  de  Clermont  (1357-1410).  —  La 
Jacquerie  et  ses  suites.  — -  Louis  II,  otage  pour  le  roi  en  Angleterre.  —  Son 
mariage  avec  Anne  Dauphine  d'Auvergne  (1371).  —  Don  par  Charles  V  du 
marché  de  Marseille  (1365)  et  des  deux  tiers  de  la  Châtellenie  de  Milly 
(1378).  —  Inféodation  de  cette  Châtellenie.  —  A&anchissement  des  serfs 
de  Milly  (1400).  —  Inféodation  de  Franconville  et  de  Baillet-en-France.  — 
Services  et  exploits  de  Louis  II.  —  Acquisition  des  Châtellenies  de  Remy, 
de  Sacy-le-Grand,  de  Bulles,  de  la  Hérelle.  —  Transaction  avec  le  domaine 
royal,  relativement  à  la  Châtellenie  de  Creil.  —  Mariage  de  Jean  de  Bour- 
bon et  de  Marie  de  Berry.  —  Louis  II  cède  à  son  fils  le  Comté  de  Clermont, 


Digitized  by 


Google 


\ 


i 


LE  COMTÉ  DE  CLBRMONT   EN   BEAUVAISIS.  329 

dont  il  stipule  par  Lettres  de  mai  4400  la  réyersion  à  la  couronne^  en  cas 
d'extinction  de  la  descendance  masculine  de  Bourbon.  ^  Sa  mort  (août 
i410),  pages  87-108. 

L'ordonnance  du  20  novembre  137i.  —  Conformément  à  ladite  ordonnance, 
Gilles  de  Nedonchel,  gouyemeur  du  Comté  de  Clermont^  fait  procéder,  en 
I373>  au  dénombrement  des  fiefs,  arriéres-fiefs  et  revenus  de  ce  Comté.  -- 
En  combien  d'exemplaires  le  dénombrement  de  { 373  a-t-il  été  rédigé,  que 
sont  devenus  ces  exemplaires?  —  Le  manuscrit  20,082  du  F.Fr.  de  la 
Bibliothèque  et  le  manuscrit  KK.  1003  des  Archives  nationales.  —  Impor- 
tance particulière  du  dénombrement  de  1373.  —  Etat  de  la  valeur  des 
impositions  extraordinaires  levées  vers  le  milieu  du  xiv*  siècle  au  Comté 
de  Clermont,  pages  108^1 18. 


Le  Liyre  des  Hommages  du  Comté  de  Glermoit  en  Beauvaisis. 

Déclaracîon  des  Eglises  qui  ont  maisons,  terres,  rentes  et  autres  possessions 
en  la  Comté  de  Clermont  soubz  la  garde  de  M.  le  duc  de  Bourbonnais, 
comte  de  Germent,  page  149. 

Dédaracion  des  héritages,  cens,  rentes^  possessions  et  revenus  que  tient  et 
possesse  en  la  Comté  de  Clermont  le  Chapitre  Notre- Dame-ife-Clermont 
soubz  la  garde  et  protection  de  Monseigneur  le  Duc,  page  i  26. 

Ordonnance  comment  l'église  Notre-Dame  de  Clermont  doit  être  desservie, 
page  131. 

Déclaracion  de  la  Prévosté  de  Clermont,  page  433. 

Droits  et  offices,  page  133.  —  Le  Halage  de  Clermont,  page  136.  —  Le 
Tonlieu  de  la  Freperye,  page  137.  —  Le  Tonlieu  de  la  Toile,  page  137.  — 
Le  Tonlieu  de  la  Pleterye,  page  137.  —  La  Rente  de  la  Boucherie  et  le 
Tonnelieu,  page  138  --La  Rente  de  la  Hérengerie  et  Poissonnerie  et  le 
Tonnelieu,  page  139.  —  Le  Tonnelieu  de  la  Laine,  page  139.  —  Le  Ton- 
nelieu du  Pain,  page  139.  —  Le  Minaige  de  Clermont,  page  139.  —  Le 
Tonnelieu  des  Restes^  page  139.  ^  La  Rente  du  Sel  et  le  Change  de  Cler- 
mont, page  140.  —  Le  Travers  de  Clermont,  page  140.  —  Les  Travers  de 
Nointel,  de  Baillenval,  de  Liencourt  et  de  Bruel,  page  142.  »  Le  Travers 
de  Longuyane,  page  143.  —  Les  Prévostés  de  Bruelg  et  de  Giencourt, 
page  143.  —  Vignes  et  Vinages  du  Domaine,  page  143.  —  Rentes  en  ville- 
nage  perçues  en  la  ville  de  Clermont,  page  1 44  et  suivantes.  —  Avaines  et 
cens,  page  149.  —  Droits  seigneuriaux  divers  appartenant  au  domaine, 
page  t51. 

Déclaracion  de  la  terre  de  Ronquerolles,  page  154. 

22 


Digitized  by 


Google 


330  LE  COMTÉ   DE   CLERBONT   EN   BBAUYAISIS. 

DéclaracioQ  de  la  terre  de  Litz,  page  156.  (Voir  page  248  la  Charte  de 
Louis  Vil  de  U62.) 

Déclaracion  de  la  Gh&tellenie  de  la  NeuTille-en-Hez^  page  156. 

Domaine  et  cens,  x>age  156.  —  Four  de  la  Neuville,  page  158.  —  Rentes  dues 
par  les  habitants  et  dnnts  de  justice^  page  159.  ^  Droits  d'usage  dans  la 
forêt,  page  161.  —  Privilège  de  non-arrêt,  page  162. 

Déclaracion  de  la  forêt  de  Hez,  page  163. 

Déclaracion  de  la  GhâteUenie  de  Goumaj-snr-Aronde^  page  167. 

Mortes-mains  et  Formariages  perçus  de  moitié  avec  l'abbé  de  Saint-Denis, 
page  169. 

Bois  de  Jurequin,  page  171. 

Fiefs  et  arrière-fiefs  tenus  du  Chàtel  de  Clermont,  page  173. 

Bemin,  page  179.  —  Sachy-le-Grand  et  Méry,  page  181.  —  Creelg^  page  183. 

—  Bulles,  pages  191,  2i  i,  216.  —  Biilly,  page  201.  —  Conti,  i^age  217.  — 
Hons-esrBray^  pages  225,  229, 252.  —  Hondeno-en-Bray,  page  226.  —  Cas- 
tillon,  pages  229,  255,  273.  —  La  Taule,  page  230.  —  Goumay-sur-Aronde, 
pages  231,  255.  —  Héméviller,  page  233.  —  Francières,  page  233.  ^ 
Rouviller,  page  234.  —  Bailleul-le-Soc,  pages  234,  235.  —  Hermencourt, 
pages  234,  236.  —  Liencourt,  page  235.  —  Espineuses,  p.  236.  —  Warti, 
pages  237,  250, 267.  *  Fouilleuse,  page  239.  —  Ranteny,  pages  230,  255, 
266,  268.  —  Bruel-le-Veri,  pages  240,  255,  257,  265.  —  Aussoustraines, 
page  240.  —  Nouroy,  page  240.  ^  Trois-Estoz,  page  241»  —  Havrechy, 
page  241.  —  Quesnel-les-Saint-Just,  page  242.  —  Hargenlieu,  page  242.  — 
Louviaucourt,  page  243.  —  Ansac,  pages  244,  252.  —  Saint-Remy-en- 
l'Eaue,  page  244.  —  Le  Mez,  page  245.  —  Arion,  page  2145.  —  Clermont, 
pages  245,  255,  256,  257,  259,  260,  268.  —  Roteleu,  pages  246,  259,  268, 
271.  —  RonqueroUes,  p.  246.  ^  Sailleville,  page  248.  —  Lis,  pages  248, 
270.  —  La  Neuville-en-Hez,  pages  250,  257,  258.  —  Villers-lés-Castenoy, 
pages  25i,  266.  —  Estoy,  page  252.  —  Gamberonne,  page  253.  —  Bethen- 
court-Saint-Nicolas,  page  253.  —  Ars,  page  253.  —  Cressonsart,  page  254. 

—  Canettecourt,  pages  255,  272.  —  Erquery,  pages  256,  263.  —  Bèronne, 
page  257.  —  Hermès,  page  258.  —  Froimont,  page  258.  ^  Boulaincourt, 
pages  258,  259.  —  Gicourt,  page  258.  —  Lestaque,  page  260.  —  Lesglentier, 
page  261.—  Erquinviller,  pages  261,  262.  —  Giencourt,  page  261.  — 
Bruel-le-Sec,  pages  262,  270.  —  Caignelet,  page  262.  —  Angiviller, 
page  262.  •—  Sachy-le-Grand,  pages  263,  266.  —  Nointel,  pages  263,  264. 

—  Nully,  page  264.  —  Moyenneville,  pages  264,  265.  —  Wamaviller, 
page  265.  —  Vaux-sous-Cambronne,  pages  267,  270.  —  CoUombier, 
pages  367,  272.  —  Fillerval,  page  267.  —  Guehangni-les-Bailleval,  page  268. 

—  Boisicourt,  page  268.  —  Lardières,  page  269.  —  Abbecourt,  page  269. 

—  Le  Plessi^-Billebault,  page  269.  —  Rosoy,  page  27^.  —  Valescourt,  ! 
page  271.  —  Mellencourt,  page  271.  —  Lierval,  page  272.  —  Hondainville,  ^- 
page  272.  —  La  Chaussée  de  Ramécourt,  page  273. 


Digitized  by 


Google 


LE   COMTÉ   DE   GLERMONT   EN   BEÀUVÂI5IS.  331 

Baili/>el  en  France  et  Fbanconvillb-au-Bois.  Etat  en  brief  de  leurs  revenu 

et  valeur  dressé  en  l'an  MGGCLXXVII^  page  273. 
Armoiries  des  Chevaliers,  Ecuyers  et  Gentilshommes  possédant  seulement 

arrière-fiefs  dans  le  C!omté  de  Clermont^  page  278. 


Pièces  Justificatives. 

1.  Chartes  d'affranchissement  et  de  commune.  —  i .  Charte  de  Raoul^  comte 
de  Clermont,  en  faveur  des  habitants  du  bourg  de  Gournay-sur-Aronde.  — 
Anno  ll65y  page  285. 

2.  Charte  de  Raoul^  comte  de  Clermont^  en  faveur  des  habitants  de  la  Neuf- 
ville^  anno  li87,  page  285. 

3.  Charte  de  Louis,  comte  de  Blois  et  de  Clermont,  portant  affranchissement 
des  habitants  de  la  ville  de  Clermont,  année  il 97,  page  286. 

4.  Charte  de  Louis,  comte  de  Blois  et  de  Clermont,  portant  affranchissement 
des  habitants  de  la  ville  de  Creil,  23  janvier  n97  (V.  S*),  page  287. 

5.  Lettres  de  Louis  !•',  comte  de  Clermont,  seigneur  de  Bourbon,  portant 
confirmation  des  lettres  de  Louis,  comte  de  Blois  et  de  Clermont,  en  faveur 
des  habitants  de  Clermont,  mai  1325,  page  288. 

6.  Lettres  de  Louis  I*',  comte  de  Clermont,  seigneur  de  Bourbon,  portant 
confirmation  de  la  Charte  de  Commune  accordée  en  il 81  aux  habitants  du 
Bulles  par  Guillaume  de  Mello  et  Robert  de  Conti.  —  19  janvier  43 19 
(V.  S*),  page  290. 

II.  Lettres  de  Philippe,  comte  de  Boulogne,  touchant  les  comtés  de  Mortain,  do 
Clermont  et  d'Aumale  à  lui  donnés  par  le  roi.  Février  1223  (V.  S^),  page  297. 

III.  1258.  Arrêt  du  Parlement  relatif  à  la  succession  du  Comté  de  Clermont, 
page  298. 

IV.  Mai  1400.  Lettres  de  Louis  II,  duc  de  Bourbon,  stipulant  la  réversion 
éventuelle  à  la  couronne  du  Comté  de  Clermont,  page  299. 

V.  Liste  des  actes  insérés  dans  le  Ms.  fr.,  20,082.  —  page  302. 


Tables  Alphabétiques. 

I.  Table  des  Abbayes  et  Prieurés  possédant  des  biens  sous  la  garde  du  comte 
de  Clermont,  page  305. 

II.  Table  des  noms  contenus  dans  le  Dénombrement  de  1373,  page  307. 

III.  Table  des  noms  cités  dans  les  notes  du  Dénombrement  de  1373,  page  316. 

IV.  Table  des  noms  de  lieux  et  de  fiefs  cités  dans  le  Dénombrement  de  1373 
et  dans  les  notes,  page  320. 


Angers,  iMPRniERiE  Lacbése  et  Dolbeau.  —  1878. 


Digitized  by 


Google 


Digitized  by 


Google 


tE 

WIXc 


tt 


I 
i 


esedeBeauvais 


e  1  Académie  R.  Je,  Science* 


^,m^aU^UM0f 


W"" 


I  MP.jm.  JMmmmt  de 


A 


}tffS  éh.SiTJ^r'f'f    "iV 


Digitized  by 


Google 


Digitized  by 


Googj^: 


Digitized  by 


Google 


Digitized  by 


Google 


LE  COMTE  DE  CLERM0N1 

EN    BEAUYOISIS 
ÉTUDES  POUR  SERVIR  A  SON  HISTOIRE 


COMTES    ENGAGISTES 

GLERMONT    EN    1789 


CHAPITRE  l 


Louise  de  Savoie,  comtesse  de  Clermont;  sa  mort.  Charles 
France,  duc  d'Orléans,  comte  de  Clermont.  Il  meurt  se 
alliance;  retour  du  Comté  à  la  couronne.  Compte 
1546-1547 .  Etat  au  vrai  de  la  chàtellenie  de  CreiL  Corn 
de  1550-1551.  Le  Comté  de  Clermx>nt  fait  partie 
douaire  de  Catherine  de  Médicis.  Projet  d'engagement 
Clermont  et  de  Creil  au  duc  Eric  de  Brunswick. 

La  transaction,  intervenue  entre  François  I"  et  Louise 
Savoie  sa  mère,  par-devant  les  notaires  jurés  commis 
établis  en  la  ville  et  prévôté  de  Chauny,  le  25  août  1527,  av 
attribué  à  cette  princesse  la  presque  totalité  de  la  successi 
de  Suzanne  de  Bourbon  et  notamment  le  comté  de  Clermc 
en  Beauvoisis,  avec  tous  les  domaines  dont  d'heureuî 
acquisitions  avaient  successivement  accru  cet  apanage  p 
mitif  de  Robert  de  France.  L'attribution  n'avait  eu  toute! 
lieu  que  sous  la  réserve  expresse  de  réversion  à  la  couroni 
déc^s  advenant    do  la  nouvelle   propriétaire.   La  Domb 


Digitized  by 


Google 


Digitized  by 


Google 


Digitized  by 


Google 


Digitized  byCjOO^lC 


Digitized  by 


Google 


Digitized  by  VjOOQIC 


Digitized  by 


Google 


Digitized  by 


Google 


Digitized  by 


Google 


Digitized  by 


Google 


Digitized  by 


Google 


,  Google 


Digitized  by^ 


COMTES   ENGAGISTES  17 

charge  de  rachat  perpétuel.  Enfin,  les  officiers,  serviteurs  et 
domestiques  du  duc,  que  celui-ci  enverrait  en  France  pour 
le  régime,  gouvernement  et  administration  de  ses  nouveaux 
domaines,  seraient  affranchis  de  toutes  tailles  et  impositions 
tant  ordinaires  qu'extraordinaires  et,  le  cas  échéant,  du  droit 
d'aubaine.  L'entrée  en  jouissance  était  fixée  au  5  août  précé- 
dent. 

Choppin  mentionne  rengagement  du  13  août  1569  comme 
un  type  intéressant  des  contrats  de  cette  nature,  et  c'est  pour- 
quoi j'en  reproduis  le  texte  en  annexe  (1). 

Le  duc  d'Alengon  s'était  engagé  à  faire  ratifier  dedans  la 
huitaine  l'acte  qu'il  venait  de  signer  par  lettres-patentes  du 
roi.  Ces  lettres,  en  date  à  Amboise  du  17  août  (2),  contresi- 
gnées Brulart,  furent  lues,  publiées  et  enregistrées  au  Parle- 
ment le  6  octobre  suivant  (3).  A  la  même  date  du  17  août,  le 
roi  s'était  engagé  vis-à-vis  du  duc  de  Brunswick  à  le  laisser 
jouir  dix  ans  durant  du  comté  de  Clermont,  nonobstant  la 
faculté  de  rachat. 

La  ratification  de  Catherine  de  Médicis,  également  sti- 
pulée dans  l'acte  du  13  août,  fut  donnée  par  elle  le  13  sep- 
tembre à  Marmoutier  (4). 


(i)  Annexe  B.  —  L'obligation  de  passer  les  contrats  d'engagement 
devant  notaire  dura   jusqu'au   règne  de  Henri  IV. 

(2)  Arch.   nal.,  X»-    8628  f.  203. 

(3)  Le  Parlement  avait  fait  des  réserves  ;  il  réclamait  la  justlGcation 
que  les  sommes  portées  au  contrat  étaient  entrées  es  coffres  du  roi 
et  avaient  tourné  à  son  profit.  Un  nouvel  arrêt  du  2  juin  1576  donna 
acte  au  duc  de  Brunswick  de  cette  justification. 

(4)  Elle  était  ainsi  conçue  : 

«  Catherine,  par  ki  grâce  de  Dieu,  Reine  de  France,  mère  du  Roi,  à 
tous  ceux  (jui  ces  présentes  lettres  verront,  salut  :  Gomme  pour  sub- 
venir aux  grandes  et  urgentes  affaires  qui  sont  à  présent  en  ce  royaume, 
procédant  à- raison  de  la  précédente  guerre  concernant  la  tuition  et 
défence  de  ses  États,  notre  très  clier  seigneur  et  fils  eut  été  contraint 
lever  et  emprunter  plusieurs  grosses  sommes  de  deniers,  et  à  ces  fins 
aliéner  et  engager  grandes  parties  du  domaine  royal,  et  entre  autres 
ayt  naguère  par  notre  consentement,  baillé,  délaissé  et  vendu  à  faculté 
de  réméré  perpétuel,  au  seigneur  Eric,  duc  de  Brunswick,  le  comté  de 
Clermont  en  Beauvoisis,  avec  ses  membres  et  cbatellenies  qui  en  dépen- 

2 


Digitized  by 


Google 


à 


18  LE  COMTÉ  DE  GLERMONT  EN  BEAUVOISIS 

La  Chambre  des  Comptes,  à  laquelle  dut  être  soumis 
comme  au  Parlement  le  contrat  d'engagement,  se  montra 
moins  accommodante  que  ce  .dernier  ;  elle  formula,  le 
18  novembre,  des  réserves.  Mais  par  lettres  du  30  décembre, 
datées  de  Villers-Cotterêts,  le  roi  lui  enjoignait  de  passer 
outre  et  de  procéder  à  l'enregistrement  pur  et  simple.  Elle 
déféra  à  l'injonction  le  6  janvier  1571  par  arrêt  conçu  en  ces 
termes  : 

«  La  Chambre,  du  très  exprès  commandement  de  S.  M.  Roy 
par  plusieurs  et  diverses  fois  réitéré,  faisant  droit  à  iceluy 
duc  sur  les  lettres  de  jussion  par  lui  obtenues,  a  ordonné  et 
ordonne  qu'il  jouyera  de  l'effet  et  contenu  en  icelles  suivant 
le  vouloir  et  intention  de  S.  M.,  à  la  réservation  toutefoys 
des  foys  et  hommages  et  serments  de  fidélité  des  vassaux 
dudit  comté,  chatellenie  de  Creil,  terres  et  seigneuries  qui 
en  deppendent,  les  profflts  et  émoluments  d'iceux  réservés 
audit  duc  ;  Ensemble  des  deux  arpents  de  boys  de  haulte 
futaye  à  luy  accordez  pour  son  chauffage  (1),  en  récompense 
desquels  luy  a  attribué  la  somme  de  500  livres  tournois  par 


dent,  y  compris  la  chatellenie  de  Creil  et  les  terres  de  Remy,  Gournay 
et  Moyenneville,  et  ce  pour  la  somme  de  360,000  1.  t.  selon  qu'il  est 
plus  au  long  contenu  et  déclaré  sur  le  contrat  passé  à  Paris  par  notre 
très  cher  amé  fils  le  duc  d'Alençon,  procureur  du  roi  notre  seigneur 
et  fils  et  de  nous  le  13'"''  jour  d'août  dernier,  lequel  contrat  de  vendi- 
llon  fait  par  notre  très  cher  fils  le  duc  d'Alençon,  nous  avons  pour 
bien  agréable  et  nous  avons  iceluy  ratifié  et  approuvé,  ratifions  et 
approuvons  par  les  présentes  que  nous  avons  à  cette  fin  signé  de  notre 
main  et  à  icelles  fait  mettre  notre  scel.  » 

Nonobstant  ce  désistement,  Catherine  de  Médicis,  mettant  à  profit  la 
réserve  insérée  dans  le  contrat  du  13  août  relativement  aux  biens  mar- 
mentaux  (bois  de  réserve),  se  fit  attribuer,  par  lettres  royales  adressées 
le  5  mai  1571  au  maître  particulier  des  eaux  et  forêts  de  Clermont,  vingt 
arpents  de  bois  de  haute  futaye  à  prendre  dans  la  forêt  de  la  Neuville- 
en-Hais,  pour  la  charpente  de  la  couverture  du  palais  et  maison  qu'elle 
faisait  bâtir  aux  Thuilleries  lèz  la  ville  de  Paris.  Arch.  nat.,  X**  8629- 

(1)  Aux  termes  du  contrat  du  13  août  le  duc  de  Brunswick  et  ses 
héritiers,  tant  qu'ils  jouiraient  du  domaine  engagé,  avaient  droit  à 
2  arpents  de  bois  de  haute  futaie  à  prendre  en  la  forêt  de  Senlis  ou  de 
Compiègne. 


Digitized  by 


Google. 


l 


COMTES  ENGAGISTES 

an,  pour  être  distraite  de  l'évaluation  qui  sera  faite  de 
terres,  avec  la  somme  à  quoy  se  trouveront  monter  l€ 
et  aumônes,  gages  d'officiers  et  autres  charges  ordi 
étant  sur  les  recettes  et  domaines  desdits  lieux,  qu< 
duc  mettra  pour  chacun  au  es  mains  du  receveur  orc 
dudit  comté  pour  en  faire  le  payement  en  l'acquit  du  I 
compter  en  ladite  Chambre.  »  L'exemption  des  tail 
faveur  des  serviteurs  du  duc  fut  en  outre  subordonnée 
Chambre,  à  la  condition  qu'ils  ne  fissent  aucun  In 
marchandises  et  ne  tinssent  aucune  ferme. 

—  Dès  l'enregistrement  du  contrat  du  13  août  par  le 
ment,  Jehan  de  Neufville,  seigneur  de  Chantelou,  tn 
de  France,  en  la  charge  d'outre-Seine  et  Yonne,  désig 
le  duc  d'Alençon  pour  procéder  à  l'évaluation  du  rêve 
domaines  engagés,  s'était  mis  à  l'œuvre,  et  le  26  ( 
bre  1569  il  déposait  8  cahiers,  desquels  résultait  que  ce  i 
devait  être  estimé  à  20,916  livres  tournois,  13  sols 
picte  tournois;  mais  il  avait  omis  d'appeler  à  concc 
son  travail  l'expert  désigné  par  le  duc  de  Brunswiclc, 
Lefèvre  de  Caumartin,  général  des  finances  en  la 
généralité  d*outre-Seine  et  Yonne.  Par  requête  adres 
Roi  en  son  conseil  privé,  le  mandataire  du  duc  releva 
gularité  commise  et,  protestant  contre  cette  évaluatl( 
dépassait  d'un  cinquième  celle  portée  au  contrat,  de 
qu'il  fût  admis  à  la  contester. 

Saisie  par  renvoi  du  Conseil  privé,  la  Chambre  des  O 
commit  deux  de  ses  membres,  Paris  Hesselin  et  Jehai 
gillière  (1),  pour  ouïr  les  parties  et  procéder  à  la  revis 
travail  des  commissaires,  plusieurs  fois  interrompu, 
pas  encore  abouti  en  1574,  que  des  lettres  du  Roi,  datées 
gnon,  prescrivirent  à  la  Chambre  de  transmettre  sans  d 
Conseil  privé  les  résultats  de  leurs  évaluations  sommai 
Le  total  s'élevait  à  18,521  livres  tournois  et  ce  fut  vi 
blablement  en  prenant  ce  total  pour  base  que  le  Conse 


(1)  O    dernier,   originaire  de   Clermont,  descendait  du  li< 
général  du  bailliage  en  1539. 

(2)  Voir  annexe  C,  les  Incidents  de  la  procédure  et  l'Evalua 
recettes. 


Digitized  by 


Google 


Z{)  LE  COMTE   DE  CLERMONT  EN   BEAUVOISIS 

réduisit  à  ii,438  livres  tournois  la  rente  de  14,000  livres 
tournois  assignée  sur  la  recette  générale  des  finances  de 
Paris  (1)  comme  supplément  d'engagement. 
.  Entre  temps  et  conformément  au  contrat  du  13  août,  le  duc 
de  Brunswick  avait  été  envoyé  en  possession  du  Comté  de 
Clermont,  et  c'est  sans  doute  à  cette  circonstance  que  fut  due 
la  dé^signation,  par  l'article  8  de  l'Edit  de  Pacification  d'août 
1570,  donné  à  Saint-Germain-en-Laye,  de  la  ville  de  Cler- 
mont comme  un  des  lieux  d'exercice  du  culte  de  la  religion 
réformée  pour  le  gouvernement  de  l'Ile-de-France.  Les  pro- 
testants y  firent  construire,  au  lieu  aujourd'hui  encore  appelé 
Le  Prêche,  entre  la  rue  Grévin  et  la  rue  d'Amiens,  un  temple 
qui  passait  pour  son  importance  comme  le  second  du 
royaume  et  auquel  fut  annexé  un  collège  en  1609  (2). 

Né  le  10  août  1528  (3),  Eric  de  Brunswick  avait  épousé, 
en  1545,  Sidonie,  fille  de  Henri  le  Pieux,  duc  de  Saxe.  Cette 
princesse  étant  morte,  le  14  janvier  1575,  sans  lui  laisser 
d'enfants,  il  convola  quelques  mois  après  en  secondes  noces 
avec  Dorothée  de  Lorraine.  Celle-ci,  née  en  1545,  était  la  fille 
posthume  de  François,  duc  de  Lorraine  et  de  Baf,  et  de  Chris- 
tine de  Danemark.  Le  mariage  eut  lieu  le  26  décembre  1575. 
Quelques  semaines  auparavant,  le  2  du  même  mois,  en  con- 
sidération d'une  union  «  qui  reliait  les  anciens  liens  de 
famille  entre  les  maisons  de  Lorraine  et  de  Brunswick  »,  Eric 
avait  fait  don  à  sa  future  épouse  et,  subsidiairement,  en 
cas  qu'il  n'en  eût  pas  de  postérité,  à  son  frère  Charles,  duc 
de  Lorraine,  du  droit  qu'il  avait  au  Comté  de  Clermont,  terres 
et  seigneurie  de  Creil,  leurs  appartenances  et  dépendances 


(1)  Celle  rente  fui  réassignée  ultérieurement  sur  la  recette  générale 
d'Orléans,  puis  de  Bourges. 

(2)  Le  Moine,  Mémoire  sur  Clermont,  1767. 

(3)  Il  était  le  fils  d'autre  Eric,  duc  de  Brunswick,  GoUingen,  et  d'Elisa- 
beth de  Brandebourg.  Il  succéda  à  son  p^re  dans  les  principautés  de 
Gotlingen  et  de  Calemberg.  Les  armes  do  celle  branche  de  Brunswick 
étaient,  au  xvi«  siècle,  écarlelées  au  1  de  Brunswick  (de  gueules  à  deux 
'éopards  d'or  l'un  sur  l'autre),  au  2  de  Lauenbourg  (d'or  au  lion  d'azbr 
sur  un  semis  de  cœurs  de  gueules).  Arch.  nal.  Collection  des  sceaux. 
Brunswick  actuel  blasonne  :  de  gueules  au  cheval  effrayé  d'argent. 


Digitized  by 


Google 


COMTES  ENGAGISTES  21 

ensemble  de  tout  l'usufruit  de  la  somme  de  370,000  livres 
pour  laquelle  ces  domaines  lui  avaient  été  engagés  et  hypo- 
tliéqués. 

Passée  à  Nancy,  la  donation  fut  inscrite  le  5  avril  1576 
au  Bailliage  de  Clermont,  le  6  au  Bailliage  de  Montdidier,  et 
ratifiée  par  lettres  patentes  de  Henri  III,  en  date  du  14 
avril  1576,  enregistrées  au  Parlement  le  15  et  k  la  Gliambre 
des  Comptes  le  6  juin  suivant. 

Ce  fut  le  15  septembre  1576  que,  par-devant  LoysLeCaron, 
écuyer,  licencié  es  lois,  conseiller  du  roi,  lieutenant  géné- 
ral du  Bailliage  de  Clermont  en  Beauvoisis,  pour  le  roi  et 
Monseigneur  le  duc  de  Brunswick,  lés  procureurs  du  très  il- 
lustre et  puissant  prince  Charles,  par  la  grâce  de  Dieu,  duc 
de  Lorraine,  Bar,  (îueldres  et  Calabre,  marquis  de  Pont-à- 
Mousson,  comte  de  Provence,  Vaudemont  et  Blamont,  et  de 
très  illustre  et  très  excellente  princesse  Madame  Dorotliée  de 
Lorraine,  ducliesse  de  Brunswick  et  de  Lunebourg,  prirent 
possession  réelle  et  actuelle  du  Comté  de  Clermont  «  consis- 
tant en  chaslel,  ville  de  Clermont,  terres  et  seigneuries  qui 
en  dépendaient,  c'est  h  savoir:  le  chastel,  terre  et  seigneurie 
de  La  Xeuville-en-Hez,  Remy,  Gournay,  Moienneville,  Milly, 
Caigny,  Sacy-le-Graïul,  Bulles,  Bailleul-sur-Tliérain,  Bon- 
neuil,  La  Warde-Miiugor  et  La  Hérelle,  suivant  que  lesdites 
seigneuries  s'étendaient ,  consistaient  et  comportaient  en 
villes,  châteaux  et  places,  forteresses,  droits,  fruicls  et  proffits 
quelconques  ».  (1) 

Même  prise  de  possession  de  la  Châtellenie  de  Creil  eut 
lieu,  le  17  septembre,  par-devant  le  lieutenant  du  Bailli  de 
Senlis  audit  Creil. 

L'Edit  de  décembre  1581,  qui  institua  un  présidial  à  Beau- 
vais,  avait  compris  dans  son  ressort  les  prévôtés  royales  de 
Milly,  Bulles  et  La  Neuville-en-Hez,  distraites  du  Bailliage 


(1)  Il  résulte  de  lettres  patentes  du  7  juillet  1582,  conservées  aux  Ar- 
chives nationales,  Xî^  8636,  f*  513,  que  les  Comtés  de  Clermont  et 
Senlis  avaient  fait  avec  les  duchés  de  Valois  et  d'Etampes  l'objet  d'un 
échange  entre  Marguerite  de  France,  reine  de  Navarre,  et  le  roi 
Henri  III.  Mais  il  ne  semble  pas  que  ces  lettres  patentes,  qui  eussent 
exigé  le  rachat  du  Comté,  aient  reçu  d'exécution. 


Digitized  by 


Google 


22  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN  BEAUVOISIS 

de  Clermont.  Les  magistrats  du  Bailliage  réclamèrent  contre 
cette  diminution  de  leur  juridiction  ;  ils  furent  appuyés  par 
le  duc  de  Brunswick  qui,  Intervenant  à  l'instance  introduite 
par  eux  contre  les  oITiciers  du  Présidial,  fit  .débouter  ces 
derniers  de  leur  prétention  par  arrêt  du  mois  de  juin  1582. 

Eric  mourut  à  Paris,  sans  enfants,  le  7  novembre  1584.  Sa 
veuve  et  le  duc  de  Lorraine  prétendirent  entrer  aussitôt  en 
possession,  en  vertu  de  la  donation  du  2  décembre  1575.  Mais 
révèque  de  Beauvals,  qui  était  pour  lors  Nicolas  Fumée  (l), 
s'y  opposa  et  fit  saisir  le  Comté  par  ses  ofïiclers,  arguant 
des  termes  de  la  donation  faite  par  saint  Louis,  en  1269,  à 
Robert  de  Bourbon  et  des  conventions  arrêtées  entre  le 
monarque  et  son  prédécesseur  Renaud  de  Nanteull,  d'après 
lesquelles,  lorsque  la  seigneurie  de  Clermont  sortirait  des 
mains  du  roi  ou  de  celles  de  ses  successeurs,  le  nouveau 
possesseur  serait  tenu  de  prêter  foi  et  hommage  à  révèque 
de  Beauvals.  L'affaire  fut  portée  au  Parlement  et  plaidée  par 
Choppln  au  nom  de  l'évêque,  par  Pasquler  au  nom  du  duc 
de  Lorraine  (2).  Le  procureur  général,  appuyant  les  conclu- 
sions de  ce  dernier,  soutint  qu'il  n'y  avait  pas  ouverture  de 
fief,  le  contrat  de  1569  portant  simple  engagement  et  non 
aliénation.  La  cause  fut  appointée  au  Conseil  et  cependant, 
par  arrêt  du  20  janvier  1584,  le  Parlement  ordonna  main- 
levée de  la  saisie  et  décida  que  lès  ayants-cause  du  duc  de 
Brunswick  jouiraient  par  provision  des  domaines  engagés. 


(i)  Il  occupa  le  siège  de  Beau  vais  de  1575  à  1595. 

|2)  Choppin,  livre  Jll,  titre  III.  La  même  question  se  posa  au  sujet  de 
l'hommage  dû  au  roi  pour  les  châtellenies  de  Bonncuil,  La  Warde- 
Mauger  et  La  Hérelle,  relevant  de  Montdidier.  Le  procureur  du  roi  de 
ce  bailliage  avait  procédé  à  leur  saisie.  Mais  le  Parlement  annula  la 
saisie,  ainsi  qu'en  témoigne  l'extrait  ci-dessous  de  ses  registres. 

Arch.  nat.  V,  546.  «  Le  duc  de  Lorraine  et  D.  de  Lorraine,  duchesse 
de  Brunswick,  ont  présenté  requeste,  par  laquelle,  attendu  qu'au 
comprentz  des  arrostz  de  la  cour  donnez  entre  les  suppliants,  le  procu- 
reur général  et  l'évesquo  comte  de  Beauvais  prétendant  la  foy  et 
hommage  luy  estre  faits  par  les  suppliants,  par  le  décès  du  feu  duc 
de  Brunswick  pour  raison  du  Comté  de  Clermont  en  Beauvoisis,  audit 
defTunt  délaissé  en  engagement,  duquel  Comté   aurait    esté  ordonné 


Digitized  by 


Google 


COMTES  ENGAGISTES  23 

—  Le  Beauvolsls  se  trouvait  à  cette  époque  en  proie  depuis 
de  longues  années  à  tous  les  maux  de  la  guerre  civile  et  reli- 
gieuse. Le  protestant  Froumenteau, dans  son  célèbre  pamphlet: 
Le  Secret  des  JinanceSj  a  dressé,  diocèse  par  diocèse,  l'état  des 
pertes  que  la  France  avait  subies  du  fait  de  cette  guerre.  De 
son  bilan  tant  soit  peu  fantaisiste  etpoussé  au  noir,  mais  qui 
8'arrête  à  l'année  l'581,  j'extrairai  les  chiffres  concernant  le 
diocèse  de  Beau  vais.  Le  nombre  des  personnes  occises,  exécu- 
tées et  pnassacrées  dans  ce  diocèse,  s'élevait  au  30  décembre 
1580  à  9,193,  savoir  :  gentilshommes  catholiques  121,  gentils- 
hommes de  la  religion  93,  soldats  catholiques  5,200,  soldats 
de  la  religion  4,400.  Hommes  exécutés  par  justice  à  l'occa- 
sion des  troubles  135.  Chanoines,  curés  et  prêtres,  moines, 
jacobins,  cordeliers  et  autres  mendiants,  les  uns  occis,  les 
autres  noyés  et  étranglés  44.  Villages,  bourgades  et  maisons 
brûlés  182.  11  avait  été  impossible  de  dénombrer  les  hommes 
et  femmes  massacrés  non  plus  que  les  étrangers  (Espagnols, 
Anglais,  Ecossais,  Suisses,  Italiens,  flamands,  retires)  occis, 
non  plus  que  les  femmes  et  filles  violées. 

Beauvais  et  Clermont  tenaient  pour  le  parti  catholique,  et 
les  deux  bailliages  envoyèrent  en  décembre  1576  et  en  octo- 
bre 1588  des  députés  aux  Etats  de  Blois.  Les  délégués  du 
bailliage  de  Clermont  furent  en  1576, /)oar/e  crer^e,  vénérable 
M*  Gabriel  Le  Dean ,  chanoine  de  Saint-Marcel-lès-Paris  ; 


par  arrcst  que  les  suppliants  jouiraient  par  provision  pendant  l'ap- 
pointé au  Conseil  y  mentionné,  et  jaçoit  que  les  suppliants  se  fussent 
toujours  présentés  pour  (aire  lesdiles  foy  et  hommage,  au  cas  que  le 
procureur  général,  qui  estoit  leur  garant,  le  consentit,  d'autant  qu'il 
maintenoit  n'y  avoir  ouverture  de  fief,  ledit  conlract  d'aliénation 
n'estant  qu'un  engagement,  le  substitut  dudit  procureur  général  à 
Montdidier  auroit  fait  saisir  les  chastellenies  de  Bonneuil,  La  Warde- 
Mauger  et  La  Herelle  et  les  fiefs  qui  en  dépendoient,  qui  faisoient 
partie  du  contract  par  faute  de  devoirs  non  faits  et  non  payés,  aveus 
et  dénombrements  baillés,  requéroient  main-levée  leur  estre  faite  de 
ladite  saisie  ;  la  Cour,  du  consentement  du  procureur  général,  a  fait 
main-levée  aux  suppliants  desdites  choses  saisies,  et  faisant  que  les 
commissaires  y  eslablis  leur  rendront  compte  et  reliqua,  lesquels  ce 
faisant  en  demeureront  quittes.  » 

Registres  du  Parlement.  Tom.  73,  fol.  315  verso. 


Digitized  by 


Google 


24  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN   BEAUV0ISI9 

pour  la  Noblesse,  le  seigneur  de  Rumesnil:  pour  le  Tiers-Etat 
M'  Charles  Cuv^lier.  Ceux  envoyés  aux  seconds  États  de 
Blois  furent,  pour  le  Clergé,  M'  Pierre  de  Socq,  chanoine  de 
Clermont  et  curé  d'Auzeilly;  pour  la  Noblesse,  Louis  d'Ar- 
qulnvilliers  ;  pour  le  Tiers-Etat,  Louis  Charondas  Le  Caron. 
Ce  dernier  eut  l'honneur  de  haranguer  le  roi,  au  nom  de  son 
ordre. 

Pendant  que  les  villes  adhéraient  à  la  Ligue,  la  noblesse 
du  pays  au  contraire,  sous  l'impulsion  du  cardinal  relaps  de 
Châtillon,  avait  pour  la  majeure  partie  embrassé  la  religion 
prétendue  réformée. 

Ce  fut  surtout  pendant  le  siège  de  Paris,  qui  précéda  et 
suivit  l'assassinat  de  Henri  111,  que  la  guerre  se  déchaîna  en 
Beauvoisis.  L'Histoire  civile  et  ecclésiastique  de  la  ville  et  du 
diocèse  de  Beauvais  par  le  chanoine  Godefroy  Hermant  (1) 
contient  à  ce  sujet  des  détails  intéressants. 

Depuis  que  Sentis  était  devenu  place  frontière  à  l'égard 
de  Beauvais,  dit-il  (2),  il  se  commettait  des  hostilités  à  la 
campagne  de  part  et  d'autre.  La  guerre  civile  était  alors  un 
titre  pour  se  permettre  toutes  sortes  de  désordres. 

Ceux  de  Sentis  s'étant  joints  à  ceux  de  Compiègne  et  à 
quelques  autres  mirent  le  siège  devant  Pont-Sainte-Maxence 
qui  se  rendit  à*composition,  vie  et  bagues  sauves.  La  com- 
position fut  très  mal  exécutée.  Ressons  reçut  le  même  trai- 
tement et  se  rendit  avant  que  le  bourg  pût  être  secouru. 


(1)  Cette  histoire  manuscrite  est  conservée  à  la  Bibliolhèqne  natio- 
nale dans  le  F  F'  sous  le  n*  o.  Une  copie  en  existe  dans  les  archives 
du  château  de  Merlemont.  Zélé  janséniste,  Godefroy  Hermant,  docteur 
en  Sorbonne,  chanoine  de  l'église  de  Beauvais,  mourut  le  16  juillet  1690 
à  l'âge  de  73  ans.  l\  avait  été  précepleurde  l'avocat  général  de  Lamoi- 
gnon,  dans  la  bibliothèque  duquel  le  manuscrit  fut  d'abord  conservé. 
Sa  vie  a  été  écrite  par  Adrien  Baillet  son  compatriote,  originaire  de 
La  Neuville-en-Hez,  qu'il  avait  placé  comme  bibliothécaire  chez  ce 
magistrat. 

(2)  T.  IV,  f  1802.  cap.  XXII.  Voir  aussi  sur  toute  cette  période 
Dupo nt-White,  là  Ligue  à  Beauvais;  Bernier,  Documents  inédits  de 
l'Histoire  de  France»  Journaux  de  Jehan  Mal  le  t  et  de  Vaultier  ; 
M.  Ferret,  Clermont  pendant  les  troubles  de  la  Ligue. 


Digitized  by 


Google 


COMTES  ENGAGISTES  25 

Clermont,  qui  tenait  aussi  pour  la  ligue,  reçut  75  hommes 
de  la  compagnie  de  cent  hommes  de  Beauvais  et  se  garantit 
de  l'insulte.  Les  25  autres  avaient  été  mis  sous  le  comman- 
dement du  sieur  Falempin,  dans  le  château  de  Mouy 
dont  les  Beauvaisins  venaient  de  s'emparer  sous  les 
ordres  du  lieutenant  de  maire,  Nicolas  Godin  (1);  mais  le 
seigneur  de  ce  bourg,  Georges  de  Vaudrey,  s'étant  présenté 
sous  ses  murs,  Falempin  se  rendit  à  la  première  sommation 
sous  prétexte  qu'il  n'avait  pas  de  munitions  (juillet  1589)  et 
sa  reddition  livra  depuis  lors  tout  le  plat  pays  aux  incursions 
de  ce  gentilhomme  huguenot  et  grand  homme  de  guerre, 
l'un  des  meilleurs  capitaines  du  Béarnais. 

Au  mois  d'août  suivant,  Henri  IV,  qui  conduisait  le  corps  de 
son  prédécesseur  en  dépôt  à  Tabbaye  de  Saint-Corneille  de 
Compiègne,  jusqu'à  ce  qu'il  pût  être  inhumé  à  Saint-Denis, 
alors  aux  mains  des  ligueurs  (2),  demanda  à  la  garnison  de 
Clermont  de  le  laisser  passer  par  cette  ville.  Sur  le  refus 
qu'il  essuya,  ses  troupes  Irritées  ravagèrent  tout  le  pays 
d'alentour  et  attaquèrent  le  château,  qui  fut  obligé  de  se 
rendre.  Le  sieur  de  La  Hargerie  y  fut  laissé  comme  gouver- 
neur. # 


(1)  Mouy  avait  été  déjà  l'objet,  en  déceaibre  1587,  d'une  entreprise 
de  la  part  du  duc  d'Aumale  qui  y  avait  mis  garnison.  Les  exc^s  et 
pillages  de  celte  garnison  furent  tels  que  Henri  III  dut  envoyer  une 
troupe  de  200  hommes,  commandés  par  le  lieutenant  de  robe  courte 
Bapin,  pour  les  réprimer.  Les  ligueurs  furent  faits  prisonniers  et  tra- 
duits devant  le  Présidial  de  Sentis  ^Journal  de  Jehan  Mallet\  Mouy 
fut  do  nouveau  pris  et  pillé  en  février  1590,  par  l'armée  du  duc  de 
Mayenne,  en  môme  temps  que  le  bourg  et  chAteau  de  Mello. 

(2)  Août  1589.  —  Le  mardi  8  août,  le  roi,  qui  ne  pouvait  plus  tenir 
le  siège  devant  Paris,  faute  d'argent  et  de  munitions,  le  leva  et  prit  le 
prétexte  de  la  conduite  du  corps  du  feu  roi  à  Compiègne,  où  il  le  laissa 
en  dépôt  en  l'abbaye  de  Saint-Corneille,  son  armée  l'accompagnant 
comme  pour  honorer  son  convoi.  Il  prit  en  passant  Creil,  sur  la  rivière 
d'Oise,  Clermont  en  Beauvoisis  et  autres  villes,  et  en  repassant  en  Nor- 
mandie prendre  l'argent  des  receptes  et  y  faire  vivre  son  armée,  il 
s'empara  de  Mantes,  de  Gisors  et  autres  places,  qui  resserrèrent  mer- 
veilleusement les  vivres  à  nos  Parisiens.  {Journal  de  Henri  IV,  par 
Pierre  de  TEstoile,  collection  Petitot,  l"  série,  46,  p.  9.) 


Digitized  by 


Google 


26  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN  BEAUVOISIS 

Le  1"  mars  1590,  le  duc  de  Mayenne,  joint  aux  ligueurs  de 
Beauvais,  investit  la  ville,  qui  se  rendit  au  sixième  coup  de 
canon,  ce  qui  n'empêcha  pas  les  vainqueurs  de  livrer  ses 
habitations  au  pillage.  Mayenne  laissa  des  forces  impor- 
tantes dans  la  place,  sous  le  commandement  du  capitaine 
La  Grâce.  Celui-ci  s'y  maintint  six  mois,  interceptant  toutes 
les  communications  des  villes  voisines  et  livrant  les  campa- 
gnes à  de  constantes  dévastations.  «  Use  voulait, dit  Vaultier, 
emparer  de  tous  les  vins  du  pays.  »  En  septembre  1590, 
le  roi  qui  venait  de  forcer  à  la  retraite  le  duc  de  Parme, 
accouru  au  secours  de  Paris,  vint  de  nouveau  mettre  le  siège 
devant  Glermont.  La  Grâce,  qui  avait  un  frère  dans  l'armée 
royale,  était  à  demi-gagné.  Il  voulut  toutefois  avoir  cet 
honneur  d'être  battu  du  canon,  de  sorte  que  brèche  fut 
faite,  assaut  donné  et  prise  de  force,  nonobstant  la  défense 
de  plusieurs  rebelles,  et  plusieurs  furent  tués  et  son  lieu- 
tenant fut  blessé  ;  enfin  quittant  icelle,  se  retirèrent  dans 
le  château  et,  après  avoir  soutenu  quelques  efforts,  se  ren- 
dirent par  composition  (1).  Le  maréchal  de  Biron  avait  dans 


(1)  Journal  de  Vaultier.  Voici  le  texte  de  la  composition  conservée 
aux  archives  de  l'Hôtel  de  ville  de  Glermont: 

«  Le  capitaine  La*  Grâtîe  promet  remettre  le  château  de  Glermont 
en  l'obéissance  du  Roy,  mardi  au  soir  1"  jour  d'octobre  prochain,  si 
dans  ce  temps  le  prince  de  Parme  et  le  duc  de  Mayenne  ne  viennent  pas 
avec  armée  suffisante  et  bastante  pour  faire  lever  le  siège.  Auquel  cas 
le  capitaine  La  GrAce  baillera  quatre  otages  qu'il  plaira  au  Roy  lui 
nommer  et,  suivant  qu'il  a  été  demandé  au  Roy,  qu'il  lui  permit  d'en- 
voyer Le  Treuil  vers  le  duc  de  Mayenne,  et  pour  ce  lui  sera  baillé  passe- 
port. 

«  Durant  les  six  jours  ne  se  fera  aucun  acte  d'hostilité,  de  part  et 
d'autre,  et  ne  pourra  ledit  c^ipitaine  La  Grâce  recevoir  aucun  secours 
particulier. 

«  Ledit  jour  expiré,  ledit  capitaine  La  Grâce  sortira  avec  tousses  gens 
de  guerre,  tant  de  cheval  que  de  pied,  avec  armes,  chevaux,  bagages 
et  équipages. 

«  Et  pour  le  regard  des  habitants,  ceux  qui  voudront  demeurer  sous 
l'obéissance  du  Roy  Jouiront  de  leurs  droits  comme  ses  autres  sujets, 
et  les  autres  qui  ne  voudraient  demeurer,   leur  sera  baillé   passeport 


Digitized  by 


Google 


COMTES  ENGAGISTES  27 

l'assaut  été  blessé  d'un  coup  d'arquebuse  à  l'épaule.   Aux 

termes  de  la  composition,  à  la  négociation  de  laqu 

du  gouverneur  n'avait  pas  été  étrangfor,  celui-ci  s' 

rendre  le  château  s'il  n'était  pas  secouru  dans  le 

par  l'armée  du  duc  de   Parme   ou  par  celle  ( 

Mayenne.  Il  lui  était  accordé  à  lui  et  à  tous  ses  gc 

se  retirer  avec  armes,   chevaux,  bagages  el   éqi 

Grâce  partit,  en  effet,  le  1"  octobre  pour  Reauvai^ 

déployées.  Mais,  arrivé  à  Marisscl,  il  s'évada  av( 

vres,  laissant  ses  troupes  sans  argent  ni  munilioi 

La  capitulation  garantissait  aux  habitants  qui 
demeurer  sous  l'obéissance  du  roi  la  jouissance  de 
comme  à  ses  autres  sujets.  Nonobstant,  les  vain 
lèrent  la  ville  et  «  la  ruinèrent  de  tout  pendant 
dix-sept  jours  entiers  »,  déchirant  et  jetant  dans 
les  papiers  et  titres  tant  du  domaine  que  des  ofïic 
tériels.  Le  fait  est  authentiquement  constaté  f 
tificat  officiel  du  30  octobre  1623,  aujourd'hui  coi 
Archives  nationales  (1). 

Le  roi  avait  confié  le  commandement  de  la  p 
quise  au  seigneur  de  Choisy,  qui  en  releva  et  au 
fortifications  ;  mais,  comme  il  appartenait  à  la  re 


pour  se  retirer  où  bon  leur  semblera  et  leurs  biens  seron 
sition  de  S.  M. 

«  Ledit  La  Grâce  et  tous  ses  gens  seront  conduits  en  tou 
qu'à  Ponloise. 

«  Fait  au  camp  devant  Clermont,  le  26"'  jour  de  septeml 

Signé  :    Henry,    La  Grack. 

et  plus  bas  Ruzé. 

(1)  K  113,  n'  10.  Voir  annexe  D.  Le  lieutenant  général  C 
Caron,  demeuré  fidèle  à  la  cause  royale,  avait  été  pers( 
ligueurs  qui  avaient  pillé  sa  maison,  dispersé  sa  bibliothéqu 
obligé  de  prendre  la  fuite.  Le  26  mars  1590,  pour  le  déd 
toutes  ses  pertes,  Henri  IV  lui  accorda  une  indemnité  de 
prendre  sur  les  biens  des  rebelles  de  Glermont,  et  confiri 
l'anoblissement  conféré  a  son  aïeul.  Charondas  mourut  ei 
18  septembre  1613. 


Digitized  by 


Google 


28  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN   BEAUVOISIS 

tendue  réformée,  il  fut  remplacé  par  le  seigneur  de  Harau- 
court  (1). 

Cependant,  continue  Vaullier  (2),  le  roi  qui  n'avait  pour 
lors  moyen  de  soudoyer  sa  gendarmerie  pour  le  peu  de  villes 
qui  tenaient  son  parti,  voyant  la  grande  quantité  de  vins  qui 
était  en  ce  pays  en  cette  année  (3),  ordonna  que  pour  chacun 
muid  qui  entrerait  en  chacune  ville,  il  serait  payé  un  écu  sol, 
ce  qui  fut  fait  et  continué.  Après  qu'il  eut  donné  ordre  en 
ladite  ville  de  Clermont,  le  roi  partit  d'icelle  avec  son  armée 
et  fut  visiter  les  villes  qui  tenaient  pour  lui  tant  en  ses  pays 
de  Picardie,  Normandie  et  autres. 

Sesseval  et  Brouilly,  qui  commandaient  les  ligueurs  à  Beau- 

vais,  résolurent  de  profiter  de  cet  éloignement  pour  tenter  de 

reconquérir  Clermont.  Ralliant  les  soldats  du  capitaine  La 

•  Grâce,  ils  en  tentèrent  l'escalade,  par  surprise,  dans  la  nuit 

du  20  octobre.   Mais  chaudement  regus  par  la  garnison,  ils 


(!)  Vaullier,  et  les  auteurs  après  lui,  donnent  à  ce  gouverneur  le  nom 
de  seigneur  d'Harcourt.  C'est  une  méprise.  II  s'agit  ici  d'Antoine  de 
Longueval,  seigneur  d'Haraucourl,  dont  le  lils  était  encore  en  iCi4  bailli 
de  Clermont.  Le  Journal  du  Bourgeois  do  Senlis  parle  en  plusieurs 
passages  de  ce  gouverneur.  Il  le.  cite,  en  octobre  lii91,  comme  ayant  aidé 
le  seigneur  de  Beauvoir,  qui  était  commtindanl  pour  le  roi  à  Bre^^les, 
à  reprendre  ce  château,  que  la  garnison  de  Beauvais  lui  avait  enlevé 
par  surprise  ;  en  octobre  1592,  comme  ayant  amené  ses  troupes  au 
gouverneur  de  Senlis,  Boutleville,  en  vue  d'une  entreprise  sur  Saint- 
Denis,  enfin,  comme  tombé  avec  sa  compagnie  de  cuirassiers  dans  une 
embuscade  près  de  Bray.  a  Bien  lui  en  prit,  ajoute-t-il,  qu'il  était  bien 
armé  par  les  talons,  et  se  sauva  dans  le  château  de  Nanteuil.  n 

(2l  Journal,  p.  216. 

(3)  Tout  le  coteau  méridional  de  Clermont  était,  autrefois,  planté  de 
vignes  qui  produisaient  un  vin  assez  renommé  dans  le  pays.  La  Côte 
rôtie  de  Gf^ncourt  et  de  Clermont,  la  voirie  d'Orge  val  et  les  Lardières 
de  Béthencourt,  le  clos  Merlin  sous  le  Chatellier  étaient  les  crus  les  plus 
renommés.  Henri  IV,  en  1590,  lit  transporter  au  château  de  Bulles 
quelques  queues  du  vin  d'Orgeval  et  des  Lardières  qu'il  affectionnait 
particulièrement.  (Debauve  et  Roussel,  Canton  de  Clermont,  p.  119.) 
Ces  vignobles  ont  à  peu  près  complètement  disparu  aujourd'hui  ;  de 
38  hectares,  en  1813,  ils  étaient  tombés  à  15,  en  1835.  La  statistique  n'a 
plus  relevé  que  8  hectares  de  vij^nes,  en  1878,  dans  le  canton  de  Clermont. 


Digitized  by  LjOO^ IC 


COMTES   ENGAGISTES  29 

durent  se  retirer,  non  sans  avoir  pris  et  Incendié  le  faubourg 
Saint-Laurent  et  les  bâtiments  de  la  Maladrerie  qui  existait 
dans  ce  faubourg.  Ils  s'étaient  emparés  de  l'étendard  des 
Clermontois,  qui  portait  inscrite  cette  devise  :  «  Pro  Christo 
et  Henrico  »  et  au  revers  les  armes  de  la  ville  :  une  tour 
chargée  de  cinq /leurs  de  lys  d'or,  et  le  rapportèrent  à  Beai\- 
vals,  dans  la  cathédrale  de  laquelle  cette  enseigne  devait  de- 
meurer exposée  jusqu'en  1793. 

Une  nouvelle  tentative  sur  Clermont  fut  faite  par  Sesseval, 
ou  plutôt  méditée,  à  la  fin  de  cette  année  1590.  11  partit  de 
Beauvais  avec  des  échelles  dans  des  chariots  pleins  de  paille 
et,  s'étant  muni  de  tout  ce  qui  était  nécessaire  pour  surpren- 
dre une  ville,  il  était  résolu  d'exécuter  son  entreprise  sur 
Clermont.  Mais,  ayant  trouvé  la  nuit  sur  sa  route  50  hommes 
de  la  garnison  de  Bresles,  qui  en  étaient  sortis  avec  des  mu- 
nitions pour  forcer  le  fort  de  Maulers,  à  trois  lieues  au  delà 
de  Beauvais,  il  les  attaqua  vigoureusement,  en  tua  13  ou  14, 
fit  25  prisonniers  et  eut  pour  butin  toutes  leurs  munitions  et 
leurs  machines.  Mais  cet  avantage  lui  fit  manquer  sa  princi- 
pale entreprise,  et  la  déroute  de  ces  50  aventuriers  sauva 
Clermont  (1). 

Sesseval  s'en  dédommagea  en  s'emparant  du  château  de 
La  Neuville-en-Hez  ;  il  ne  le  conserva  pas  longtemps.  Le  cé- 
lèbre capitaine  calviniste  La  Noue,  surnommé  Bras-de-fer, 
qui  commandait  à  Senlis,  ayant  réuni  toutes  les  garnisons 
des  environs  de  cette  ville,  partit  avec  trois  pièces  de  canon, 
le  1"  janvier  1591,  et  vint  mettre  le  siège  devant  la  place. 
Hors  d'état  d'être  secourue,  la  garnison  se  rendit  et  sortit, 
bagages  et  armes  sauves,  à  l'exception  de  deux  caporaux  qui 
furent  pendus  à  un  arbre  derrière  l'église,  et  du  procureur 
du  roi  de  La  Neuville  et  de  sa  sœur  qui  avaient  mis  le  feu 
aux  galeries  du  château  pour  brûler  co  qui  était  dedans,  afin 
que  les  gens  du  roi  ne  s'en  aidassent.  Le  procureur  et  sa 
sœur  furent  menés  en  la  ville  de  Clermont  et,  leur  procès 
fait,  il  fut  pendu  et  sa  sœur  assista  à  sa  mort  et  fut  seule- 
ment fustigée  (2). 


(1)  Herraant,  t.  II,  f  18i9.  C.  XXVU. 

(2)  Journal  de  VauUier,  p.  220. 


Digitized  by 


Google 


30  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN   BEAUVOISIS 

Cet  incendie  causa  la  ruine  du  château  qui  ne  fut  jamais 
rétabli. 

Henri  IV,  qui  avait  assisté  au  siège,  alla  de  là  prendre  gîte 
au  château  de  Bulles.  On  a  relevé  deux  autres  passages  de 
ce  prince  à  Clermont,  le  7  juin  1592  et  en  décembre  de  la 
même  année,  à  son  retour  de  Gournay-sur-Aronde,  où  il  avait 
été  détruire  un  fort  que  les  soldats  du  duc  d'Aumale  tentaient 
de  construire. 

11  avait  saisi  les  revenus  du  Comté,  qui,  au  milieu  de 
tous  ces  troubles,  avaient  du  reste  dû  subir  de  bien  sensibles 
réductions,  mais  le  traité  qu'il  conclut,  en  1594,  avec  le  duc  de 
Lorraine  stipula  que  la  duchesse  de  Brunswick  rentrerait 
en  possession  de  tous  ses  biens,  sauf  les  forteresses.  Elle  ne 
conserva  que  peu  d'années  cette  possession.  Par  acte  passé  à 
Nancy,  le  16  septembre  1599,  elle  cédait  à  son  frère  tous  les 
droits,  raisons,et  actions  qui  pouvaient  lui  comporter  et  appar- 
tenir, au  1"  janvier  1600,  au  Comté  de  Clermont  et  en  la 
seigneurie  de  Creil,  moyennant  une  pension  de  3,000  écus 
d'or  soleil,  payables  de  quartier  en  quartier  par  le  gouverneur 
des  Salines  de  Château-Salins  et  de  Salins. 

Moins  de  deux  mois  après,  le  9  novembre,  le  duc  de  Lor- 
raine (1)  faisait  donation  au  troisième  fils,  issu  de  son  ma- 
riage avec  Claude  de  P'rance,  fille  de  Henri  II,  François, 
comte  de  Vaudemont,  d'une  rente  de  9,000  écus  «  pour  son 


(1)  Armes  :  Coupé  de  huit  pièces,  4  en  chef  cl  4  en  pointe,  au  1 
face  d'argent  et  de  gueules  de  8  pièces,  qui  est  Hongrie  ;  au  2,  semé  de 
France  au  lambel  de  trois  pendants  de  gueules,  qui  est  Anjou-Sicile  ; 
au  3  d'argent  à  la  croix  polencée  d'or  cantonné  de  4  croisettes  de 
même,  qui  est  Jérusalem  ;  au  4  d'or  à  4  pals  de  gueules,  qui  est  Ara- 
gon ;  au  5  et  premier  de  la  pointe  semé  de  France  à  la  bordure  de 
gueules,  qui  est  Anjou  ancien;  au  6  d'azur  au  lion  cantonné  d'or, 
couronné,  armé  et  lampassé  de  gueules,  qui  est  Gueldres  ;  au  7  d'or  au 
lion  de  sable,  armé  et  lampassé  de  gueules,  qui  est  Flandre  ;  au  8  d'azur 
semé  de  croix  recroisellées  au  pied  fiché  d'or  à  2  barbeaux  adossés  de 
même,  qui  est  Bar  ;  et  sur  le  tout  d'or  à  la  bande  de  gueules,  chargé  de 
3  alérions  d'argent,  qui  est  Lorraine.  Charles,  duc  de  Lorraine  et  de  Bar, 
était  petlt-fils  de  Renée  de  Bourbon-Montpcnsler,  sœur  du  connétable 
de  Bourbon.  Il  mourut  en  1608. 


Digitized  by  VjOO^IC 


COMTES  ENGAGISTES  31 

entretennement,  attendant  son  partage  »  ;  il  lui  transportait 
pour  tenir  lieu  de  ladite  somme  la  totalité  du  revenu  de  Cler- 
mont,  Creil  et  dépendances. 

Le  partage,  prévu  par  le  cçntrat  du  9  novembre,  eut  lieu 
le  22  janvier  1606  et  conféra  au  comte  de  Vaudemont  la 
propriété  des  domaines  de  Clermont  et  Creil,  à  la  charge  du 
fief  à  S.  M.,  et  lui  attribua  en  outre  la  rente  de  11,438  livres 
à  prendre  ^ur  la  recette  générale  d'Orléans,  à  titre  de  supplé- 
ment d'engagement. 

Le  domaine  de  Clermont  avait  subi  un- démembrement;  le 
7  avril  1603,  Charles,  duc  de  Lorraine,  se  portant  fort  de  son 
fils,  avait  vendu  à  Jacques  de  Harlay,  seigneur  de  Champ- 
vallon,  à  charge  de  rachat  perpétuel,  et  moyennant  9,000  li- 
vres, la  châtellenie  de  Sacy-le-Grand,  les  bois  et  censives 
des  grands  et  petits  Ageux.  Harlay  céda,  le  12  juin  suivant, 
son  acquisition  au  secrétaire  d'Etat  Potier  de  Gesvres. 

Le  1"  août  1607,  le  comte  de  Vaudemont  passa  bail,  par 
procureur,  pour  neuf  années  et  moyennant  14,000  livres  par 
an,  du  Comté  de  Clermont  et  de  la  châtellenie  de  Creil  et  dé- 
pendances, au  sieur  Jean  Brugnard. 

Il  était  du  reste  peu  satisfait,  ce  semble,  de  sa  part  dans 
l'héritage  paternel,  si  Ton  en  juge  par  un  document  qui  figure 
au  folio  25  du  manuscrit  II,  FF'  3787,  de  la  Bibliothèque 
nationale. 

Ce  document,  dont  la  destination  m'échappe,  après  avoir 
rappelé  l'engagement  de  1569,  ses  conditions,  l'évaluation 
faite  par  la  Chambre  des  Comptes  et  les  possesseurs  par  les 
mains  desquels  le  Comté  était  passé  pour  arriver  à  Monsei- 
gneur de  Vaudemont,  poursuit  ainsi  : 

«  Il  se  trouve  grande  diminution  de  prix  de  ladite  évalua- 
luation  et  cette  diminution  procède  principalement  de  la 
dégradation  des  bois  taillis  qui  sont  évalués  à  la  somme  de 
XX  livres  l'arpent  et  n'en  peut  à  présent  tirer  que  C  sols  ou 
VI  livres  de  l'arpent  et  si  au  lieu  de  4  à  500  arpents  qui  doi- 
vent être  en  coupe  ordinaire,  tant  en  la  forêt  de  Hez,  qu'es 
buisson  du  Comté,  on  n'en  peut  vendre  que  les  deux  tiers  au 
plus  à  raison  du  peu  de  peuple  qui  se  retrouve  en  l'étendue 
dudit  Comté. 

«D'ailleurs,  le  roi,  par  plusieurs  édits  et  nonobstant  l'oppo- 


Digitized  by 


Google 


CLEKMONT  EN   BEAUVOISIS 

V.,  a  vendu  ou  fait  héréditaires  plu- 
nt  dudit  Comté  qui  étaient  à  la  pro- 
îpécialement  les  officiers  des  eaux  et 
>  gardes  des  sceaux,  des  greffiers  et 
[u'il  ne  reçoit  que  peu  ou  point  de 

rétang  de  Gouvieux  dépendant  de  la 
cupé  par  M.  le  connétaJj)^e,  emporte 
X)  livres. 

tellenie  de  Sacy-le-Grand,  dépendant 
et  les  bois,  prairies  et  censives  des 
a  chatellenie  de  Creil,  aliénés  depuis 
on  de  la  somme  de  Vie  livres  par  an. 
^riorations  advenues  aux  étangs  et 
des  dites  terres  et  seigneuries, 
assignée  à  Madame  la  duchesse  de 
te  générale  d'Orléans,  elle  est  si  mal 
irtiers  d'arriérages  demeurent  dûs.  » 
te  note,  émanée  peut-être  des  agents 
t,  devait  être  que  le  Prince  trou- 
une  aliénation  et  qu'il  fallait  cher- 
acquéreur  se  présenta  en  1610. 

r>s  créations  d'offices  et  aux  contestations 
Trésor  et  l'engagiste  que  se  réfère  le  docu- 
conservé  aux  Archives  nationales  (Q»  ^- 
t  rolle  de  certains  offices  de  la  justice  du 
iiuvoisis,  seigneurie  de  Creil  et  chAteilenies 
lent  à  Monseigneur  de.Vaudemont,  comte 
s  néanmoins  a  esté  accordé  que  la  finance 
loitié  entre  mondit  seigneur  ou  son  admo- 
>aulnier  et  ses  associés  au  party  dos  parties 
conventions  arreslécs,  ce  jourd'huy,  entre 
t  pas  daté,  mais  est  certainement  postérieur 
rlay,  Bréval,  Prissey.  La  liste  comprend 
(*ontrat  de  1569  avait  attribué  à  l'engagiste 
Us  il  semblerait  que  les  vassaux  eussent 
gâtions  qui  leur  incombaient.  Car  le  comte 
un  arrêt  du  Conseil  qui,  à  la  date  du  18  juil- 
int  général  et  au  procureur  du  roi  au  Bail- 
ler main-levée  des  saisies  féodales  qu'au 
ur  les  mutations  n'eussent  été  payés  aux 


Digitized  by  VjOO^IC 


COMTES  ENGAGISTES  33 


CHAPITRE  III 

Henri  de  Bourbon-Condé,  comte  de  Clermont.  La  guerre  civile; 
siège  et  prise  de  Clermont  par  le  piaréchal  d'Ancre.  Traité 
de  Loudun.  Anne  de  Montaflé,  comtesse  deSoissons,  devient 
comtesse  de  Clermont.  Les  Espagnols  en  Picardie.  Rébel- 
lion du  comte  de  Soissons.  Mo7*t  d'Anne  de  Montaflé;  son 
héritage.  La  princesse  de  Carignan,  la  duchesse  de 
Nemours  en  jouissent  par  indivis.  Partage  du  12  mai  1688. 
La  princesse  de  Carignan,  comtesse  de  Clermont.  Les  pro- 
testants à  Clermont.  Synodes  de  1627  et  1667.  Arrêt  du 
Parlement  d'octobre  1685  ordonnant  la  destruction  du 
Temple.  La  succession  de  la  princesse  de  Carignan. 

Le  26  août  1610,  entre  Messire  Jacques  de  Harlay,  seigneur 
de  Champvallon  (1),  au  nom  et  comme  procureur  de  Mon- 
seigneur François  de  Lorraine,  comte  de  Vaudemont,  de 
Salins  et  de  Clermont  en  Beauvoisis,  et  Monseigneur  Henri 
de  Bourbon,  prince  de  Condé,  premier  prince  du  sang,  inter- 
vinrent et  furent  signés  des  articles  et  conventions,  aux 
termes  desquels  le  Prince  devint  cessionnaire  du  comté  de 
Clermont  en  Reauvoisis,  de  la  cliâtellenie  de  Creil,  leurs 
circonstances  et  dépendances,  ensemble  de  la  rente  d€ 
11,438  livres  tournois  assignées  sur  la  recette  générale 
d'Orléans  sous  réserve  de  la  facullé  de  rachat  perpétuel 
inscrite  au  contrat  d'engagement  de  1569  et  à  l'exclusion 
des  domaines  aliénés  en  1603.  Deux  autres  réserves  étaienl 
stipulées  :  l'une  de  l'état  et  olïice  avec  survivance  de  maître 
ancien  et  alternatif  des  eaux  et  forêts  du  comté,  assuré  dèî 
longtemps  par  le  comte  de  Vaudemont  au  sieur  llaymbauld, 


(1)  Il  paraît  avoir  été  le  mandataire  en  France  de  la  maison  de  Lor 
raine.  C'est  lui  qui  se  porta  acquéreur  en  1603  de  la  chAtellenie  di 
Sacy-leGrand  pour  en  faire  déclaration  au  profit  de  Potier  deGesvres 

3 


Digitized  by 


Google 


34  LE  COMTÉ   DE  CLERMONT  EN  BEAUV0I8IS 

à  sa  femme  et  à  son  fils,  l'autre  dans  les  mêmes  conditions  de 
l'état  et  ofïlce  de  contrôleur  du  domaine  en  faveur  de  Jean 
Guérin. 

Le  prix  de  vente  était  fixé  à  300,000  livres  tournois,  dont 
partie  fut  payée  comptant,  et  le  surplus  en  mai  1613;  l'entrée 
en  jouissance  stipulée  au  1"  janvier  1611.  Ce  fut  le  21  mars 
que  le  prince  prit  possession  effective. 

Le  comte  de  Vaudemont  (1)  ratifia  le  contrat  le  29  mai  delà 
même  année.  Il  était  alors  à  Paris,  logea  l'hôtel  de  Lorraine, 
rue  du  Roy-de-Cicille.  L'acte  fut  passé  par-devant  les 
notaires  au  Chatelet  dans  l'hôtel  du  Prince  de  Condé,  sis  à 
Saint-Germain-des-Prez-lès-Paris,  rue  Neuf  ve-Saint-Rimbert, 
paroisse  Saint-Sulpice. 

Soumise  à  l'approbation  du  Roi,  la  cession  du  Comté  de 
Clermont  fut  confirmée  par  lettres  en  date  du  13  mars  161i, 
«  S.  M.  déclarant  qu'elle  entendait  que  le  contrat  d'engage- 
ment de  l'année  1569  eût  lieu  pour  et  au  profit  de  Monsieur 
le  Prince,  ses  successeurs  et  ayant  cause  ».  Celui-ci  prêta  foi 
et  hommage  de  son  acquisition  es  mains  du  chancelier  le  26 
du  même  mois. 

Les  lettres  royales  du  13  mars  furent  enregistrées  au 
Parlement  sans  opposition  le  4  juin  1612.  La  Chambre  des 
Comptes  ne  le  fit  qu'en  vertu  de  lettres  de  jussion,  du  très 
exprès  commandement  de  S.  M.,  à  la  réservation  toutefois 
tant  des  foy  et  hommage  et  serment  de  fidélité  des  vassaux 
du  Comté  que  de  la  nomination  et  provision  es  offices  du 
bailly  et  gouverneur  d'iceluy  comté  et  de  capitaines  des 
places  fortes.  Le  nouvel  acquéreur  (2),  qui  venait  de  rentrer 
en  France  d'où  la  passion  sénile  d'Henri  IV  pour  sa  jeune 


(1)  François  de  Lorraine,  comte  de  Vaudemont,  mourut  en  1632  lais- 
sant de  Catherine  de  Salms  plusieurs  enfants,  dont  l'aîné  fut  duc  de 
Lorraine,  sous  le  nom  de  Charles  III. 

(2)  Né  le  1"  septembre  1588  posthume  du  mariage  de  Henri  de 
Bourbon  et  de  Charlotte-Catherine  de  LaTrémoille,  Henri  II  de  Bourbon, 
prince  de  Condé,  avait  épousé  le  3  mars  1609  Charlotte- Marguerite  de 
Montmorency.  Il  portait  de  France  au  bâton  de  gueules  péri  en  bande. 
11  mourut  le  26  décembre  1646. 


Digitized  by 


Google 


COMTES   ENGAGISTES 

femme  Tavait   obligé   de    sortir  précipitamment 
appelé  à  jouer  dans  les  troubles  qui  marquèrent  Is 
de  Marie  deMédicis,  un  rôle  considérable,  auquel  il 
associer  dans  une  certaine  mesure  la  ville  de  C 
Il  semble  s'être  intéressé  à  l'administration  de 
veau  domaine.  C'est  du  moins  en  sa  propre  présen 
21  mars  1611,  par-devant  Simon  Vigneron,  sieur 
ceaux,  conseiller  du  roi  et  de  Monseigneur  le  Prii 
tenant   général   civil   et  criminel  du  bailliage   e 
assisté  des  advocat,  procureur  du  roi  et  receveur  du 
fut  procédé  aux  enchères  du  bail  pour  six  années 
de  ferme  du  comté  de  Clermont  et  des  châlellenii 
dépendaient,  ensemble  des  coupes  de  bois  consistai 
vingt-quatre  arpents  de  la  forêt  de  Hez  avec  treiz 
torze  arpents  de  taillis  au  bols  Bourbon.  La  chât( 
Crell  y  était  comprise  à  l'exclusion  des  étang  et  chs 
Gouvleux  ainsi  que  des  droits,  garennes  et  bols  des  i 
Petits  Ageux.   Etaient  aussi  exclus  les  droits  d 
bâtardises, épaves,  confiscations,  forfaitures,  les  pro^ 
bénéfices  et  d'offices,  les  droits  féodaux  de  relief 
requinls.  Michel  Lange,  demeurant  à  Clermont,  e 
de  Pacy,  demeurant  à  Complègne,  furent  déclarés 
talres  au  prix  de  16,000  livres  par  an  (2). 

Le  15  février  1613,  les  fermiers  des  parties  ca 
droits  annuels  des  offices  déclarèrent  consentir 
prince  de  Condé  disposât  et  jouit  des  offices  de  son 
Clermont.  Il  s'agissait,  sans  doute,  des  charges  de 
création,  qui  avalent  fait  l'objet  des  réclamations  du 
Vaudemont. 

—  Cependant,  à  la  suite  des  Etats  généraux  tenus 
octobre  1614,  dont  11  avait  provoqué  la  réunion  et 


(1)  Voir  rEnlévement  innocent  ou  la  retraite  clandestin 
seigneur  le  Prince  avec  Madame  la  Princesse  sa  femm 
France,  1609-1610,  publié  d'après  le  manuscrit  de  la  F 
impériale  par  E.  Halphen.  Paris,  Aubry-1859,  in-12. 

(2)  Ils  furent  en  outre  tenus  de  payer  une  indemnité  de 
à  Isaac  de  Camberonne,  fermier  de  Remy,  Gournay  et  Moyei 


Digitized  by 


Google 


^^w^^ 


36  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN  BEAUVOISIS 

assistèrent  et  prirent  part  les  députés  du  Bailliage  de  Cler- 
mont  (1),  le  prince  de  Condé,  mécontent,  s'était,  avec  les 
autres  princes  du  sang,  éloigné  de  la  cour  et  retiré  dans  ses 
places  et  châteaux,  qu'il  garnissait  de  troupes.  Clermont 
reçut  pour  sa  part  le  régiment  du  sieur  de  Moulins,  deux 
compagnies  sous  les  ordres  des  sieurs  de  Thury  et  d'Harau- 
court,  50  chevau-légers  carabins  avec  le  seigneur  d'Amfre- 
ville.  Le  château  était  armé  de  trois  petites  pièces  de  campa- 
gne. Les  fonctions  de  commissaire  des  guerres  étaient  confiées 
au  sieur  Guilmain,  celles  de  sergent-major  au  sieur  Cuve- 
lier,  Elu.  L'état-major  comprenait,  en  outre,  le  Baron  de 
Hollande,  capitaine  de  100  chevau-légers  en  l'armée  du 
prince,  le  sieur  de  Villelongue,  capitaine  de  100  hommes  de 
pied  dans  le  régiment  du  sieur  des  Autels,  et  le  sieur  de  Beau- 
vais,  gentilhomme  à  la  suite  du  duc  de  Mayenne  (2). 

Le  prince  fit,  à  celte  époque,  un  séjour  au  château  de  Qer- 
mont,  ainsi  qu'en  témoigne  le  compte  rendu  de  la  fête  donnée 
à  Creil  à  l'occasion  d'un  concours  de  tir  à  l'arquebuse  entre 
les  compagnies  de  Clermont,  Senlis,  Mantes,  Pontoise,  Beau- 
vais,  Creil,  Luzarches  et  Verberie  (3).  Creil  avait  une  garni- 
son sous  le  sieur  Raimbaut,  capitaine  du  cliâteau,  en  même 
temps  que  maître  des  eaux  et  forêts  de  Clermont. 

Après  de  longs  pourparlers,  de  vaines  tentatives  d'accom- 
modements, la  guerre  civile  éclata.  L'armée  des  princes 
confédérés,  massée  à  Noyon,  s'avança,  le  8  septembre,  vers 
Beauvais,  en  vue  de  prélever  de  l'argent  dans  les  caisses  des 


(1)  Clergé  :  Etienne  de  Ruptis,  docteur  en  théologie,  prieur  claustral 
en  l'église  et  abbaye  de  Froidmont,  ordre  de  Çiteaux.  Noblesse  :  Jacques 
de  Longueval,  chevalier,  seigneur  de  Haraucourt,  bailli  et  gouverneur 
de  Clermont  et  du  Gastelet,  conseiller  du  roi  en  ses  conseils  d'Etat  et 
privé,  cornette  des  chevau-légers  de  la  reine.  Tiers  Etat  :  M*  Pierre 
Le  Mercier,  conseiller  du  roi,  lieutenant  général  du  Bailliage  ;  Simon 
Vigneron,  sieur  de  Monceaux,  conseiller  du  roi,  lieutenant  particulier, 
civil  et  criminel  audit  Bailliage. 

(2)  Capitulation  du  30  octobre  1615. 

(3)  Mémoire  de  ce  qui  s'est  passé  à  Creil,  près  Clermont  en  Beau- 
voisis,  pendant  le  séjour  de  M.  le  prince.  1615,  à  Paris,  de  l'imprimerie 
d'Antoine  du  Breuil,  A  l'Etoile  couronnée. 


Digitized  by 


Google 


COMTES   ENGAGISTES 

receveurs  du  trésor  ;  elle  comptait  prendre  d'abord  sur 
chemin  Roye  et  Montdidier  ;  mais  le  maréchal  d'Ancre  a 
si  bien  garni  ces  deux  villes  (1)  qu'elle  dut  aller  de  Noy< 
Clermont  sans  entrer  dans  aucune  place.  Près  du  pon 
Hermès,  elle  remporta  un  léger  succès  sur  quatre  cents 
dats  de  nouvelles  recrues  pour  le  régiment  de  Picai 
qu'elle  mit  en  déroute,  leur  tuant  ou  noyant  75  homme 
enlevant  de  nombreux  prisonniers  ainsi  que  les  arm( 
bagages  (2)  ;  mais,  trouvant  devant  elle  les  troupes  roy 
qui  lui  barraient  le  passage  de  l'Oise  vers  Paris  et  celui  ( 
Seine  vers  la  Normandie,  elle  rétrograda  et  se  diriges 
Champagne. 

Ces  troupes  étaient  commandées  par  le  maréchal  de  E 
Dauphin,  qui,  de  Pont-Sainte-Maxence  où  il  était  campé 
voya,  le  2  septembre,  les  comtes  de  Bassompierre  et  de  F 
lin  avec  deux  coulevrines  et  deux  compagnies  de  Sui 
mettre  le  siège  devant  Creil.  La  vue  du  canon  fit  résoud; 
capitaine  Raimbaut  à  se  rendre,  dès  qu'il  en  fut  somm 
Bassompierre,  ayant  pris  possession  de  la  place,  y  cant( 
une  compagnie  du  régiment  de  Piémont. 

Le  prince  de  Condé,  en  se  retirant,  avait  laissé  d'An 
ville  pour  commander  dans  Clermont.  Ce  capitaine  ne  cei 
de  molester  les  habitants  de  Beauvais,  demeurés  fidèles  au 
Les  soldats,  sous  ses  ordres,  pillaient  tout  le  plat  pay 
s'avançaient  jusqu'aux  portes  de  la  ville  (3).  Le  15  octc 
ils  enlevèrent  au  moulin  à  drap  de  la  Mie-au-Roye  plusi 
pièces  de  drap:  le  maire  de  Beauvais,  Yves  Foy,  en  ayan 
prévenu,  écrivit  pour  demander  le  motif  d'un  procéc 
violent  et  réclamer  la  restitution  des  marchandises,  i 
il  ne  put  l'obtenir. 

Cependant,  le  maréchal  d'Ancre,  qui  était  à  Amiens, 
il  possédait  le  gouvernement,  se  résolut  de  profiter  de  r< 
gnement  des  princes  pour  assiéger  Clermont.   Il  en^ 


(1)  Il  en  était  lieutenant  général  en  même  temps  que  de  Pén 
ayant  acheté  cette  lieutenance  du  marquis  de  Créqui. 

(2)  G.  Hermant.  t.  IV,  f  1^6,  ch.  XVI. 

(3)  G.  Hermant,  f  1958,  ch.  XVII. 


Digitized  by 


Google 


38  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN  BEAUVOI8IS 

Charles  des  Champs,  dit  Morel,  seigneur  de  Cressy,à  Beauvais 
pour  demander  le  concours  des  bourgeois  pour  cette  entre- 
prise. Il  fut  délibéré,  le  20  octobre,  à  l'hôtel  de  ville  sur  sa 
demande  et  l'on  décida  qu'on  lui  donnerait  toutes  assistances 
possibles,  tant  pour  la  fidélité  que  l'on  devait  au  roi  que  pour 
se  délivrer  des  vexations  de  la  garnison  qui  ruinait  tout  le 
pays.  En  conséquence,  on  promettait  au  maréchal  150  livres 
par  jour  à  compter  de  celui  où  il  sortirait  d'Amiens  avec  du 
canon.  Le  23  octobre,  sur  une  nouvelle  lettre  de  lui,  on  leva 
40  chevaux  qui  furent  conduits  de  nuit  à  Breteull  avec  plu- 
sieurs hommes  et  quatre  canonniers  ;  on  promit  de  lui  four- 
nir 7  à  8,000  pains  de  munition  pour  chaque  jour,  sitôt  que 
son  armée  serait  devant  Glermont,  de  lui  envoyer  des  vivan- 
diers et  de  faire  tous  les  efforts  possibles  pour  lui  faire 
recouvrer  des  pionniers  «  ce  qui  paraissait  fort  difficile  ». 

Le  24  octobre,  M.  de  Nérestan  partit  du  fort  de  Dom,  devant 
Corbie,  avec  30  maîtres  de  la  compagnie  de  chevau-légers 
du  maréchal,  4  compagnies  de  gens  de  pied  de  son  régiment, 
4  autres  compagnies  du  régiment  de  Portes,  et  20  carabins  (1). 
La  nuit  suivante,  cette  cavalerie  avec  8  compagnies  du  régi- 
ment du  maréchal  arriva  à  minuit  à  deux  mille  pas  de  Cler- 
mont;  là  on  fit  faire  halte  pour  attendre  le  reste  des  troupes. 
Mais  voyant  que  le  château,  la  haute  et  basse  ville  étalent 
avertis  et  remplis  de  feux  et  de  corps  de  garde,  môme  qu'ils 
avaient  envoyé  dehors  des  mousquetaires  attaquer  les  grand* 
gardes,  M.  de  Nérestan  se  décida  à  prendre  l'olTensive.  l'ne 
troupe  de  pétardiers,  soutenue  par  les  mousquetaires,  vint 
attacher  un  pétard  à  la  porte.  Ce  pétard,  jouant,  tua  un  des 
pétardiers  et  fit  à  la  porte  un  trou  par  lequel  entrèrent  quel- 
ques oniciers  et  soldats  qui,  de  barricade  en  barricade,  gagnè- 


(\)  La  prise  des  ville  et  château  de  Clermont,  rendus  le  98  octo- 
bre 4615.  A  Paris,  par  Flcury  Bourriquct,  en  l'Islo-du-Palais,  Aux  Fleurs 
royales,  avec  permission.  Cette  plaquette,  in-18,  de  huit  pages,  ainsi 
qu'une  autre  de  môme  étendue,  La  prise  de  Clermont  par  le  maréchal 
d*Ai\cre,  à  Paris,  par  Jean  Bourriquet,  au  MontSaintHilaire,  près  le 
puits  certain,  Au  Lys  fleurissant,  M  De  xv,  avec  permission,  est  très 
rare.  Elles  sont  toutes  deux  aux  archives  du  château  de  Merlemont,  où 
Iles  sont  venues,  par  acquisition,  de  la  Bibliothèque  du  baron  Taylop. 


é^-^.-ii,*i^-.  DigitizedbyCjOOQlÇ 


,  f^^-W-   «**#'.  ■'-A-. 


COMTES   ENGAGISTES 

rent  la  grande  place  de  la  ville,  mais  non  sitôt  la  p 
Tabbaye,  car  quelques  carabins  s'y  étant  retirés  1< 
traignirent  de  s'y  barricader,  attendant  que  ladite 
fût  forcée,  ce  qui  fut  fait  une  heure  après  —  le  re 
troupes  étant  arrivées  —  par  le  vicomte  de  Bétlu 
et  sa  compagnie,  avec  perte  de  plusieurs  tués  ou  1 
M.  de  Xérestan,  présent  à  tout,  défendit  que  les  sole 
trassent  dans  aucune  maison  jusqu'à  ce  que  tout  fût  p 
ce  qui  fut  observé.  Une  autre  escalade  avait  été  pr 
par  M.  de  Goisy  avec  cinq  hommes  de  sa  compagn 
deux  et  lui  furent  blessés. 

Le  jour  d'après,  le  maréchal  d'Ancre,  avec  grand  i 
de  gentilshommes,  six  compagnies  de  gens  de  pied  d 
ment  de  M.  de  Portes  et  trois  canons,  partit  d'Araiei 
deux  jours  seulement,  avec  cet  attirail,  arriva  le  27 
à  Clermont. 

Les  approches  aussitôt  conlmencées,  par  M.  de  Port 
le  château,  il  avança  jusqu'au  sommet  de  la  montagr 
près»  du  fossé.  Deux  cents  pas  de  tranchées  à  dé 
avaient  été  faites  la  première  nuit  par  le  sieur  Arnai 
nuit  suivante,  une  batterie  de  trois  canons  fut  dn 
portée  de  pistolet  de  la  muraille.  Ceux  de  la  ville  et  ( 
teau,  se  voyant  pris  assurément,  demandèrent  à 
menter;  des  otages  furent  donnés  de  part  et  d'autre  ei 
quelques  contestations,  la  composition  intervenue  e 
maréchal,  le  gouverneur  du  château  et  celui  de  1 
décida  que  la  place  serait  rendue  le  30  octobre. 

Les  sieurs  de  Moulins,  de  Thury,  d'Haraucourt  e1 
freville  eurent  droit  de  sortir  avec  leurs  troupes  en 
enseignes  déployées  et  tambours  battants  ;  il  leur  fut  j 
un  délai  de  six  semaines  pour  rallier,  s'ils  le  voi 
l'armée  des  Princes  ;  des  charrettes  et  chevaux  dure 
être  fournis  pour  le  transport  de  leurs  bagages.  Les 
Raimbaud,  capitaine  de  Creil,  et  Cuvelier  furent  aut( 
rester  à  Clermont  pour  y  exercer  leurs  charges  de 
des  eaux  et  forêts  et  d'Elu.  Le  sieur  Guilmain,  trésc 
commissaire  des  guerres,  obtint  un  passeport  pour  re 
le  prince  son  maître,  en  même  temps  que  l'engageme 
ne  pourrait  être  aucunement  recherché  pour  les  le^ 


Digitized  by 


Google 


Digitized  by 


Google 


COMTES  ENGAGISTES  41 

La  garnison   de  Clermont  se  retira  vers  Noyon  et  les 
troupes  du  maréchal  d'Ancre  se  cantonnèrent  dans  1; 
où,  suivant  une  annotation   mise   au  bas  de   la  coj 
traité  du  30  octobre  dans  le  tome  54  de  D.   Grenier 
demeurèrent  jusqu'à  la  Pentecôte  1616. 

—  A  cette  époque  redit  de  pacification  de  Loudun  (ms 
avait,  par  son  article  48,  ordonné  la  restitution  au  prii 
Condé  des  villes  et  châteaux  de  Craon,  Creil  et  Clei 
en  l'état  où  ils  se  trouvaient.  Les  deux  derniers  toi 
n'appartenaient  plus  au  Prince.  L'année  précédent 
avant  les  hostilités,  il  avait  par  eontrat  passé  le  8  avri 
par-devant  Jacques  Regny  et  Pierre  Briquet,  notaii 
Châtelet  de  Paris,  cédé  à  sa  tante,  la  comtesse  de  Soi 
les  bénéfices  et  charges  du  contrat  d'engagement  d( 
n'en  exceptant  que  l'étang  de  Gouvieux,  «  dont  M.  de 
morency  jouissait  sans  titre  et  sans  approbation  », 
que  la  renie  de  11,433  livres  assignée  sur  la  recette  gé 
d'Orléans  (l).  La  cession  avait  été  faite  moyennant  240 
vres  que  la  comtesse  avait  payées  comptant,  moye 
lequel  payement  le  vendeur  s'était  immédiatement  deî 
démis  et  dévestu  à  son  profit,  du  Comté  de  Clermoi 
appartenances  et  dépendances.  Il  s'était  toutefois  rése 


avancerait  60  sols  pour  trois  jours  et  on  invita  les  vivandiers 
porter  des  vivres  à  ce  siège,  le  chemin  leur  étant  devenu  libre 
prise  du  faubourg.  Le  jeudi  29  on  reçut  de  nouvelles  lettres  du 
chai  d'Ancre  A  qui  l'on  promit  d'envoyer  tous  les  jours  les  p 
munition  qu'il  demandait  et  on  arrAta  de  faire  travailler  promp 
aux  balles  qu'il  désirait  selon  le  calibre  du  moule  qu'il  avait  ei 
cet  effet.  Le  seigneur  de  Nérestan,  ayant  aussi  demandé  de  la 
maréchal  qu'on  lui  cnvoyAt  un  certain  nombre  de  planches, 
conclu  qu'on  les  lui  ferait  tenir,  s'il  s'en  pouvait  trouver  de  la  g 
portée  sur  ses  lettres.  Dès  le  lendemain  de  la  prise  de  la  ville,  I 
maréchal  manda  à  ceux  de  Beauvais  de  lui  fournir  des  chevai 
emmener  l'artillerie  et  le  reste  de  l'attirail  qui  avait  servi  au 
cela  lui  fut  accordé  aussi  bien  que  la  demande  qu'il  fit  de  conti 
lui  apporter  du  pain  de  munition. 

(1)  Cette  rente,   depuis  transférée  sur  la  généralité  de  Boui 
partagea  ultérieurement  entre  les  branches  de  Condé  et  de  ContJ 


Digitized  by 


Google 


Qée  1616,  après  Tédit  de  Loudun,  qu'il 
îullé  moyennant  une  soulte  supplémen- 
s(l). 

esse  de  Clermont  et  dame  de  Crell,  Anne 
it  veuve,  depuis  le  1"  novembre  1612,  de 
i,  comte  de  Soissons  et  de  Dreux,  pair  et 
ance,  et  avait  joué  un  rôle  considérable 
;  termina  l'édit  de  Loudun.  Elle  parait 
séjour  de  Clermont  et  ce  fut  elle  qui  fit 
n  octobre  1639  des  religieuses  ursulines, 
mmunauté  dan^le  faubourg  de  la  Basse 
itruire  sans  aucune  rétribution  les  jeunes 

ant,  la  prise  de  La  Capelle  (9  juillet  1636) 
t)  par  les  Espagnols  et  leurs  incursions 
i  le  commandement  de  Piccolomini  et  du 
rth,  avaient  porté  la  dévastation  et  la  ter- 
Lgnes  avoisinant  Clermont.  Breteuil  ainsi 
l'aient  été  pris,  pillés  et  incendiés  aux 


s  de  1613  cl  1616  furent  ratifiés  par  lettres 
î  enregistrées  au  Parlement  le  29  août.  Le  con- 
iregistré  le  24  Juin  1626  au  bureau  des  finances 

le  Louis,  comte  de  Monta  fié  en  Piémont,  et  de 
ne  de  Bonnétablc  et  de  Lucé,  qui  épousa  en 
de  Bourbon,  prince  de  Carency.  Elle  épousa,  en 
p  de  Soissons.  Elle  portait  pour  armes  :  écartelé 
*.  étoile  de  gueules  chargée  d'un  croissant  mon- 
'  au  lion  d'azur  armé  et  lampassé  de  gueules, 
on  des  Espagnols  se  trouve  indiquée  par  Tin- 
rche  de  l'église  de  La  Uue-Sainl-Pierre  : 

Le  4  d'août  1636  le 

^rince  Thomas  entra  en 

la  Picardie 

Graves,  Canton   de  Clermont 
Verbo  La  Rue-SainlPiern» 


Digitized  by 


Google 


COMTES  ENGAGISTES 

C'est  à  cette  époque  que  se  rapporte  le  document  si 
tiré  du  tome  89  de  la  collection  D.  Grenier  (f  399)  : 

DE  PAR  LE  ROY, 

Sa  Majesté,  voulant  pourvoir  par  tous  moyens  possi 
la  seureté  et  conservation  de  sa  ville  de  Clermont  en 
voisis  sur  les  occasions  présentes,  elle  mande  et  ordon 
capitaine  Vestu,  commandant  pour  son  service  en  1 
place,  d'exhorter  les  manants  et  habitans  des  villages  v 
et  étansaux  environs  d'icelle  de  s'j'  réfugier,  et  y  étans 
pourveoir  à  leur  subsistance,  prenant  pour  cet  efïel 
les  maisons  des  habitants  de  la  dite  ville  qui  sont  ah 
suivant  l'ordre  que  Sa  Majesté  en  a  donné,  du  blé,  ^ 
autres  choses  nécessaires  à  la  vie.  Sa  dite  Majesté  ma 
et  ordonnant,  tant  aux  habitants  de  la  dite  ville  qu'à  cei 
dits  villages  d'obéir  au  dit  Veslu,  et  aux  capitaines  no 
par  la  dite  ville,  en  ce  qu'ils  leur  ordonneront  pour  h 
servation  d'icelle. 

Fait  à  Chantilly  le  XXI  août  1636, 

Lons. 

Et  plus  bas  :  Routhillie 

Les  Mémoires  de  Richelieu  font  connaître  les  mesu 
salut  public  qu'il  prit,  l'activité  qu'il  déploya  en  ces  coi 
tures  critiques,  le  concours  qu'il  dut  au  patriotisme  des 
siens.  Dès  les  derniers  jours  d'août,  une  armée  de 
hommes  de  pied  et  12,000  cavaliers  couvrait  la  capitale 
le  commandement  du  duc  d'Orléans  et  du  comte  deSoij 
elle  investit  Roye  puis  Corble  et  s'en  empara.  Mais  ces  s 
entrepris  contre  l'avis  du  Cardinal,  permirent  aux  en^ 
seurs  de  se  retirer  sans  encombre.  Les  deux  princes  co 
talent  la  ohute  dû  tout  puissant  ministre.  Se  voyant  ci 
verts,  ils  quittèrent  la  cour,  Gaston  d'Orléans  pour  Bb 
comte  de  Soissons  pour  Sedan,  qui  formait  alors  une  p 
pauté  indépendante  aux  mains  du  duc  de  Bouillon. 

Louis  de  Bourbon,  comte  de  Soissons  (1),  était  le  i 

(1)  Le  Gomt<^  <le  Soissons  était  ontré  dans  la  maison  de  Boiirb 
le  mariage  (septembre  1487)  de  Marie  de  Luxembourg  avec  Fran 


Digitized  by 


Google 


44  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN   BEAUVOISIS 

fils  d*Anne  de  Monlafié.  Né  en  1604,  il  avait  succédé  à  son 
père,  en  1612,  dans  les  charges  de  grand  maître  de  France  et 
de  gouverneur  de  Dauphiné.  Chevalier  des  ordres  du  roi  (1620) 
il  prit  une  part  active  aux  guerres  qui  marquèrent  le  règne 
de  Louis  XIII,  et  n'hésita  pas  à  se  mêler  à  toutes  les  intrigues 
de  cour  dirigées  contre  Richelieu.  De  sa  retraite  de  Sedan, 
il  se  trouvait  en  relations  avec  la  reine-mère  et  tous  les  mé- 
contents de  l'intérieur  en  même  temps  qu'il  réunissait  autour 
de  lui  une  foule  d'exilés.  Le  cardinal  intima  au  duc  de 
Bouillon  l'ordre  de  lui  livrer  cet  artisan  de  troubles.  Le  duc 
refusa,  fit  des  levées  et  signa  un  traité  avec  la  maison  d'Au- 
triche, qui  lui  donna  un  secours  de  7,000  hommes.  Le  comte 
de  Soissons  prit  le  commandement  de  ces  troupes  et  infligea 
à  l'armée  royale  une  sanglante  défaite  dans  le  bois  de  La 
Marfée  (6  juillet  1641),  mais  il  périt,  au  soir  de  sa  victoire,  la 
tête  fracassée  d'un  coup  de  pistolet  (1). 

Graves  et,  d'après  lui,  MM.  Debauve  et  Roussel  affirment 
qu'en  punition  de  cette  trahison,  le  Comté  de  Clermont,  qui 
était  le  bien  personnel  de  Louis  de  Bourbon,  fut  confisqué  et 
n'aurait  été  restitué  à  ses  héritiers  que  par  le  traité  de  paix 
du  30  août  1696.  Cette  assertion  est  contredite  par  les  docu- 
ments conservés  aux  Archives  nationales  (2).  Anne  de 
Montafié,  qui  avait  acheté  Clermont  de  ses  deniers,  vivait 
encore  et  ne  mourut  que  trois  années  après  son  fils,  le 
17  juin  1644.  Elle  laissait  pour  héritières  une  fille,  Marie  de 
Bourbon,  qu'elle  avait  mariée,  en  1624,  à  Thomas-François 
de  Savoie,  prince  de  Carignan,  cinquième  fils  de  Charles- 


Bourbon,  comte  de  Vendôme.  CtiHrles  de  Bourbon  en  prit  le  titre,  bien 
que  le  domaine  appartint  à  son  fr^re  atné,  le  prince  de  Condé,  dont  le 
fils  le  vendit,  en  1670,  à  son  cousin-germain,  Louis,  de  Bourbon,  fils  de 
Charles. 

H)  Le  comte  de  Soissons  n'avait  pas  ét(''  marié.  Il  laissa  un  fils  na- 
turel, Louis-Henry,  né  en  1640,  légitimé  en  1643,  et  connu  sous  le  nom 
d'abord  de  chevalier  de  Soissons,  puis  de  prince  de  Neufchâtel. 

(2)  Godefroy  Hcrmant,  qui  écrivait  vers  1677,  dit  de  môme  que  par 
la  mort  du  comte  de  Soissons,  Clermont  fut  possédé  par  sa  sœur  Marie 
de  Bourbon,  veuve  du  prince  de  Carignan,  et  sa  nièce  la  duchesse  de 
Nemours. 


Digitized  by 


Google 


COMTES   ENGAGISTES  45 

Emmanuel,  premier  du  nom,  duc  de  Savoie,  et  une  petite- 
fille,  Marie  d'Orléans,  née  en  1625,  du  mariage  de  Louise  de 
Bourbon,  sa  fille  aînée,  avec  Henri  d'Orléans,  duc  de  Lon- 
gueville.  Cette  princesse  épousa,  en  1657,  Henri  de  Savoie, 
duc  de  Nemours,  qui  la  laissa  veuve  le  14  janvier  1659. 

La  duchesse  de  Nemours  jouit  indivisément,  pendant  près 
d'un  demi-siècle,  avec  sa  tante,  la  princesse  de  Carignan,  de 
la  succession  de  son  aïeule,  notamment  du  Comté  de  Cler- 
mont,  pour  lequel  les  deux  princesses  eurent  à  payer,  con- 
jointement, de  nombreux  suppléments  de  finances  et  d'enga- 
gements (1)  nécessités  pour  les  besoins  du  Trésor  royal. 


(1)  Archives  nationales.  Qi  854-855.  20  avril  1644.  Quittance  du  tré- 
sorier des  parties  casuelles,  enregistrée  au  Contrôle  général  des  finances 
le  1"  Juin.  Reçu  de  M""  les  princesses  de  Carignan  et  de  Longueville, 
propriétaires  des  Greffes  anciens  du  Bailliage  de  Clermont,  La  Ncuville- 
en-Hez,  Bulles,  Reray,  Gournay,  Moienneville  et  Milly  et  des  Tabellion- 
nages  desdits  Clermont  et  Creil,  la  somme  de  800  livres  tournois  à  laquelle 
elles  ont  été  taxées  au  Conseil  du  roi  pour  jouir  de  90  livres  de  gages 
héréditaires  pour  leur  part  des  six  vingt-trois  mil  livres  de  gages  attri- 
bués par  édit  du  mois  de  janvier  1644  aux  greffiers  des  diverses  juri- 
dictions, ensemble  pour  jouir  de  la  confirmation  pour  l'heureux  avène- 
ment du  Roi  à  la  couronne,  avec  dispense  de  prendre  aucunes  lettres  de 
ratiffication. 

20  avril  1644.  Méines  reçus  délivrés  dans  la  môme  forme,  de  300  livres 
pour  15  livres  de  gages  héréditaires  attribués  au  greffe  ancien  de  la 
prévôté  de  la  ville  et  foraine  de  Clermont,  de  100  livres  pour  5  livres  de 
gages  attribués  au  greffe  ancien  de  la  châtellenie  de  Creil. 

15  octobre  1645.  Reçu  do  Mesdames...  propriétaires  du  domaine  de 
Clermont,  la  somme  de  3i,760  livres  17  sols  à  la(iuclle  elles  ont  été 
taxées  au  Conseil  pour  être  déchargées,  à  commencer  du  premier  jour 
d'octobre  1644,  de  la  somme  de  3,476  livres  17  sols  qu'elles  étaient 
obligées  de  payer  pour  chacun  an  à  cause  de  l'engagement  à  elles  fait 
dudit  domaine  pour  lo  payement  des  gages,  droits,  rentes  et  toutes 
autres  charges  que  ledit  domaine  avait  accouslumé  de  porter  et  jouyr 
par  les  dites  dames  annuellement  de  ladite  somme  à  quoy  montent  les 
dites  charges,  tant  ainsi  que  des  autres  revenus  desdits  domaines,  à  la 
réserve  seulement  des  fiefs  et  aumônes  qui  seront  payés  par  les  dites 
dames  en  la  manière  accoutumée,  laquelle  somme  tiendra  lieu  d'aug- 
mentation de  finance  et  demeurera  jointe  et  unie  à  celle  de  l'ancien 
engagement,  sans  pouvoir  être  dépossédées  qu'en  les  remboursant 
comptant  à  un  seul  payement  de  ladite  finance  et  augmentation,  con- 
formément à  la  déclaration  de  S.  M.  du  mois  de  décembre  1643.  (Enre- 
gistré au  Contrôle  général  le  31  octobre  1645.) 


Digitized  by 


Google 


^ 


46  LE  COMTÉ   DE  CLERMONT  EN   BEAUVOISIS 

—  La  succession  de  la  comtesse  de  Soissons  donna  lieu  à  de 
longs  débats.  La  liquidation  n'en  fut  réglée  définitivement 
que  par  arrêt  du  Parlement,  du  12  mai  1688.  Le  procès-verbal 
de  jet  des  lots,  fait  par-devant  les  conseillers  Camus  de  Pont- 


15  octobre  1645.  Même  reçu  et  dans  les  mêmes  termes,  de  la  somme 
de  4,590  livres  pour  le  domaine  de  Creil. 

31  décembre  1656.  Quittance  du  Trésorier  général  de  tous  les  do- 
maines de  France  à  la  princesse  de  Garignan,  propriétaire  de  la  moitié 
des  domaines  du  Comté  de  Clermont,  La  Neuville,  Gournay  et  Moienne- 
ville,  de  la  somme  de  4,000  livres  à  laquelle  a  été  taxé  au  Conseil 
du  roi  le  retranchement  de  demi-année  du  revenu  desdits  domaines 
pour  chacune  des  années  1653  et  1654,  ordonné  être  payé  par  ladite 
propriétaire  par  édit  du  mois  de  décembre  1652,  moyennant  lequel 
payement  elle  sera  maintenue,  gardée  et  confirmée  en  la  pleine  et  en- 
tière jouissance  de  tous  les  revenus  et  droits  dudit  domaine,  nonobstant 
les  interruptions,  empcschemenls,  surcéances  et  arrêts  intervenus  de- 
puis le  1"  Janvier  1648,  conformément  audit  édit. 

31  décembre  1656.  Mômes  reçus  dans  les  mêmes  termes,  de  3,000  li- 
vres pour  le  domaine  de  Croil  ;  de  800  livres  pour  celui  de  Bulles  :  de 
500  livres  pour  celui  de  Milly  ;  de  800  livres  pour  celui  de  La  Hérelle  ; 
de  1,200  livres  pour  celui  de  Bonneuil. 

A  la  date  du  31  décembre  1657,  six  quittances,  au  duc  et  à  la  duchesse 
de  Nemours,  de  mêmes  sommes  pour  la  propriété  de  l'autre  moitié. 

15  avril  1658.  Quittance  à  la  princesse  de  Carignan  de  la  somme  de 
4,000  livres,  pour  la  moitié  de  la  justice  de  Clermont,  moyennant  la- 
quelle elle  demeurera  confirmée  dans  la  jouissance  de  la  moitié  de  la- 
dite justice,  nonobstant  les  déclarations  des  15  janvier  et  8  mars  1657, 
avec  le  quart  en  sus  et  2  sols  pour  livre  du  droit  annuel  et  de  résignation. 
—  Même  quittance  pour  la  duchesse  cie  Nemours. 

20  mars  1664.  Reçu  de  M"«  Marie  de  Bourbon,  princesse  du  sang  et 
de  Carignan,  propriétaire  des  Greffes  anciens,  alternatif  et  triennal  par 
moitié  des  Bailliage  et  prévôté  de  Clermont  en  Be^uvoisis,  et  garde 
scel  des  sentences  dudit  lieu.  1,210  livres  par  forme  de  supplément  et 
augmentation  de  finance  pour  jouir,  en  conséquence  de  la  déclaration 
du  5  novembre  1661,  de  tous  les  droits  et  émoluments  attribués  audit 
office  de  greffier  et  quart  en  sus  d'iceux  à  eux  attribués  par  édit  de 
création  desdits  alternatif  et  triennaux,  comme  aussi  pour  être  con- 
firmée en  la  décharge  cidevant  accordée  par  S.  M.  de  l'établissement 
des  greffiers  et  maîtres  clercs  quatriennaux.  —  Même  quittance  de 
175  livres  pour  moitié  du  greffe  et  tabellionnage  de  Creil. 

Une  note,  qui  figure  au  carton  854  des  Archives  nationales,  chiffre  à 
60,000  livres  l'ensemble  des  suppléments  et  augmentations  de  finances 
payés  au  Trésor  par  les  engagistes  du  Comté  de  Clermont. 


Digitized  by 


Google 


COMTES  ENGAGISTES  47 

carré  et  Guillaume,  les  17  et  18  mai,  attribua  à  la  princesse  de 
Carignan  le  lot  comprenant  le  Comté  de  Clermont  avec  les 
châtellenies  qui  en  dépendaient,  à  l'exclusion  de  celle  de 
Bonneuil  qui  échut  à  la  duchesse  de  Nemours.  Celle-ci  en  fit 
don,  quelques  années  après,  à  son  cousin  germain  naturel  le 
chevalier  de  Soissons  (1). 

—  C'est  au  cours  de  cette  période  que  se  produisit,  dans  l'his- 
toire de  Clermont,  un  fait  considérable,  l'expulsion  des  pro- 
testants, qui  devait  avoir  sur  l'avenir  industriel  de  cette  ville 
une  fâcheuse  influence. 

J'ai  mentionné  l'établissement  à  Clermont,  en  vertu  de  l'ar- 
ticle 8  de  l'Edit  de  Pacification  d'août  1570,  d'un  temple  pour 
l'exercice  de  la  Religion  prétendue  réformée.  Au  temple  avait 
été  annexé  un  collège  en  1609,  et  l'ouverture  de  ce  collège 
annoncée  aux  familles  protestantes  par  une  affiche  ainsi 
conçue  :  «  Il  y  a  un  collège  établi  à  Clermont  en  Beauvoisis,  et 
trois  régents  pour  enseigner  les  langues  latine  et  grecque,  l'es- 
criture,  l'arithmétique,  la  musique,  la  rhétorique,  la  dialecti- 
que et  logique.  Si  quelqu'un  désire  d'y  envoyer  ses  enfants, 
l'Eglise  aura  soing  de  les  mettre  en  pension,  et  le  principal  et 
aultres  personnes  auront  charge  tant  de  leurs  personnes  que 
de  leur  instruction.  Les  pensions  seront  de  40  écus  ou  de  telle 
autre  somme  que  de  raison.  »  (2)  Il  paraîtrait  que  le  collège 
nouveau  ne  prospéra  pas  ;  du  moins,  il  n'existait  plus  en  1628, 
puisque  le  synode  national,  tenu  cette  année  à  Charenton, 
permit  à  la  province  de  l'Ile-de-France  de  prêter  les  400  livres 
qui  lui  étaient  allouées  pour  son  collège,  à  celle  d'Orléans 
pour  l'aider  à  entretenir  celui  de  Châtillon-sur-Loire.  Le 
même  état  de  choses  se  maintint  ainsi  jusqu'en  1631  (3). 


(1)  Sur  cette  duchasse  de  Nemours,  voir  Saint-Simon,  t.  VI,  p.  36  et 
suivantes.  Elle  donna  en  mourant  (1707)  tout  ce  qu'elle  put,  dit-il,  aux 
ûlles  de  ce  bâtard,  qui  avait  épousé,  en  1694,  la  flllc  du  maréchal  de 
Luxembourg,  et  était  mort  lui-même  en  1703.  L'une  de  ces  filles  se 
maria  à  Charles-Philippe  d'Albert,  duc  de  Chevreuse.  Leur  fils  fut  sei- 
gneur de  Bonneuil. 

(2)  Ephémérides  de  Ciizaubon,  UuUeiin  de  la  Société  de  l'Histoire  du 
Protestantisme  français,  t.  III,  p.  454  —  (3)  Ibid.,  t.  IV,  p.  332. 


Digitized  by 


Google 


48  LE  COMTÉ   DE  CLERMONT  EN   BEAUVOISIS 

Aux  termes  de  TEdit  de  Nantes  et  des  règlements  rendus 
pour  son  exécution,  les  protestants  avaient  droit  de  se  réunir 
en  synode  pour  régler  les  questions  de  discipline,  recevoir 
des  pasteurs,  pourvoir  de  ministres  les  églises  vacantes  et 
répartir  les  fonds  levés  pour  les  dépenses  du  culte.  Ces  sy- 
nodes délibéraient,  avec  l'autorisation  du  roi,  en  présence 
d'un  commissaire  à  ce  spécialement  désigné  (1).  Deux  d'entre 
eux  se  tinrent  à  Clermont,  en  avril  1627  et  en  mai  1667.  Ils  se 
composèrent  des  députés  de  l'Ile-de-France,  de  la  Picardie, 
de  la  Champagne  et  du  pays  chartrain.  Ces  députés,  pour  la 
plupart  ministres,  diacres  ou  anciens,  étaient,  en  1667,  au 
nombre  de  près  de  cent,  représentant  quarante-sept  églises. 
Celle  de  Clermont  en  avait  trois  :  Philippe  Tricotel,  ministre, 
Isaïe  du  Cormier,  sieur  de  la  Haie,  et  Pierre  Le  Maistre,  an- 
ciens ;  celle  de  Senlis,  trois  également  :  Maurice  de  Lam- 
bonne,  sieur  de  Montigny,  ministre,  Etienne  de  Saint-Just 
et  BQrtaux,  anciens  :  celle  de  Compiègne,  deux  seulement  : 
Jean  de  Vaux,  ministre,  et  Jacques  de  Dompierre,  sieur  de 
Jonquières,  ancien. 

Rien  de  curieux  à  relever  dans  les  deux  procès-verbaux, 
sauf  le  fait  suivant  consigné  dans  celui  de  1627  par  le  com- 
missaire. «  Le  sieur  Maillard,  ministre  de  Clermont,  pria  la 
compagnie  de  l'assister  de  son  conseil  sur  diverses  pour- 
suites qui  étaient  faites  à  rencontre  de  lui  par  anlmosité  de 


(1)  Ce  commissaire  dressait  procès-verbal  des  délibth'ations  prises  et 
le  transmettait  au  roi.  On  trouve  à  la  Bibliothèque  nationale,  FF',  20964, 
le  procès-verbal  dressé  par  M*  Auguste  Galland,  conseiller  du  roi,  lieu- 
tenant général  du  Bailliage  de  l'artillerie  et  du  château  du  Louvre, 
commis  et  député  par  lettres  de  S.  M.,  du  4  mars  1G27,  pour  assister  à 
l'assemblée  qui  devait  se  tenir  à  Clermont,  prendre  garde  qu'il  ne  s'y 
tint  aucune  chose  importante  à  l'autorité  du  roi  et  empêcher  qu'il  ne  se 
proposât  aucune  chose  autre  ce  qui  concernait  la  discipline  et  religion, 
avec  exprès  commandement  en  ce  cas  de  s'y  opposer.  Le  procès-verbal 
du  synode  de  1667,  rédigé  par  Jacques  de  Caudel,  conseiller  du  roi  en  ses 
Conseils,  commissaire  nommé  par  brevet  du  roi  du  11  mars,  est  aux 
Archives  nationales,  TT  313.  Copie  des  deux  existe  à  la  bibliothèque 
de  la  Société  de  l'Histoire  du  Protestantisme  français.  Manuscrits 
Auzière. 


Digitized  by 


Google 


COMTES  ENGAGISTES  49 

la  part  des  officiers  de  la  ville  par  lesquels,  et  bien  qu'il  ne 
possède  aucun  héritage,  il  a  déjà  été  par  deux  fois  imposé  au 
rôle  de  la  taille,  puis,  après  qu'il  s'est  consommé  en  beaucoup 
de  frais  et  dépenses  extraordinaires,  il  a  été  rayé  parce  que 
par  les  articles  secrets  les  ministres  en  sont  exempts.  La 
compagnie  nous  pria  de  voir  les  officiers,  ce  que  nous  fismes 
avec  peu  de  satisfaction  pour  ce  regard.  Le  dit  sieur  Maillard 
se  plaignit  pareillement  de  ce  qu'un  nommé  Donnedieu, 
sergent  de  Glermont,  s'était  par  diverses  fois  durant  les 
assemblées,  transporté  avec  plusieurs  autres,  armés  de  halle- 
bardes, dans  le  temple  et  commis  plusieurs  insolences,  même 
depuis  ayant  récidivé  avait  excédé  en  pleine  rue  sa  femme, 
que  pour  ce  les  officiers  même  l'avaient  secouru,  le  scandale 
en  étant  parvenu  jusques  à  eux  combien  que  fut  éloigné.  Mais 
que  jusqu'à  présent  il  lui  avait  été  impossible  d'avoir  justice 
ayant  été  chassé  et  rejeté  par  le  Procureur  du  roi  lorsqu'il 
en  voulut  faire  sa  plainte  à  cause  de  l'alliance  et  parenté 
d'entre  le  sergent  et  lui.  Nous  représentâmes  à  la  compagnie 
que  telles  plaintes  ne  devaient  être  traitées  en  telles  assem- 
blées,   qu'ils  voyent   leurs   députés   et  ceux  qui  doivent 

veiller  à  ce  que  les  édits  fussent  observés à  quoi  fut 

répliqué  par  le  sieur  Maillard  que  la  nécessité  qu'il  avait 
d'implorer  l'intercession  de  la  compagnie  envers  MM.  les 
députés  généraux  l'avait  obligé  à  la  représentation  de  son 
fait.  Et  derechef  fusmes  prié  d'en  conférer  avec  les  offi- 
ciers, ce  qui  fut  à  la  sortie  par  nous  exécuté.  Nous  repré- 
sentâmes le  tout  au  Lieutenant  général,  Prévost  et  Procureur 
du  roi,  lesquels  recogneurent  qu'à  la  vérité  le  dit  Mail- 
lard avait  été  tourmenté,  mais  que  la  retenue  avait  empêché 
que  n'aist  satisfaction  joint  qu'à  cause  que  ce  Donnedieu 
appartenait  à  plusieurs  des  officiers,  la  preuve  n'avait 
pu  en  être  entière.  Les  priasmes  qu'à  l'advenir  le  sieur 
Maillard  pour  l'exemple  particulièrement  fut  protégé,  vu 
même  qu'ils  lui  rendaient  témoignage  de  bonne  conduite. 
Ce  qu'ils  nous  promirent,  et  dont  nous  les  remerciâmes.  » 
Si  tels  étaient  déjà  les  sentiments  et  la  conduite  des  ma- 
gistrats de  Glermont  à  l'égard  des  Protestants  en  l'année  1627, 
à  une   époque   de   pacification    religieuse,  que  durent-ils 


Digitized  by 


Google 


^ 


50  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN  BEAUV0IS19 

devenir  lorsque  le  Gouvernement  crut  devoir  tout  mettre  en 
œuvre  pour  ramener  le  royaume  à  l'unité  de  la  foi? 

Au  début  de  l'année  1685,  maître  Jean  Marin,  ministre  de 
la  religion,  prétendue  réformée,  en  exercice  à  Clermont, 
Jacques  de  Sacy,  diacre,  David  et  Daniel  Gorlln,  Isaac  de  la 
Neufve-Maison,  Charles  Dupuis,  anciens  de  la  dite  religion, 
Abraham  de  la  Neufve-Maison,  Paul  Le  Maistre,  maître  Isaac 
Claude,  cydevant  ministre  à  Clermont,  Jean  Dupont,  perverti 
à  ladite  religion,  et  Jeanne  Laurent,  veuve  Couppé,  furent,  à 
la  requête  du  procureur  du  roi,  assignés  au  criminel,  par-de- 
vant le  lieutenant  général  du  Bailliage.  Ils  étaient  inculpés  de 
nombreuses  infractions  aux  ordonnances  (1),  d'avoir  reçu  et 
admis  en  leur  profession  Jean  Dupont,  ouvrier,  perverti  par 
Henry  Couppé,  marchand  mequinier  (tisserand),  demeurant 
à  Warty,  en  omettant  malicieusement  de  consigner  sa  profes- 
sion sur  les  registres  à  ce  destinés,  d'avoir  perverti  Nicolle 
Noielle  et  Charlotte  Hallot,  filles  catholiques,  et  d'avoir  ma- 
rié cette  dernière  au  sieur  Le  Roux,  marchand,  demeurant 
à  Crèvecœur,  faisant  profession  de  la  religion  prétendue  ré- 
formée, d'avoir  souffert  que  les  nommés  Montigny  et  De 
Bryes,  ministres.de  Senlis,  etdeBryes  Travelin,  deBéthisy, 
aient  exercé  le  ministère  à  Clermont  en  1678,  présidé  aux 
actes  du  consistoire  de  1673  et  1678,  et  inscrit  sur  les  registres 
30  baptêmes  et  6  mariages  non  signés  de  ministres,  et  reçu 
pour  ministre  de  la  prétendue  Eglise  réformée  le  sieur  de 
Contrebeleuse,  en  octobre  1673,  sans  ordre  de  synode  ni  col- 
loque assemblé  par  permission  du  roi;  d'avoir  appelé  dans  les 
actes  du  consistoire  l'Eglise  catholique  Eglise  romaine  seu- 
lement et  qualifié  sa  croiance  du  mot  d'erreur,  d'avoir  conU- 
nué,  en  violation  des  déclarations  royales,  à  appeler  leurs 
ministres  pasteurs  ou  ministres  de  la  parole  de  Dieu  et  mi- 
nistres du  Saint  Evangile,  d'avoir  enfin,  au  mépris  de  l'ar- 
ticle 40  des  articles  secrets  de  l'Edit  de  Nantes  et  du  règlement 
pour  son  exécution,  fait  des  impositions  sur  les  sujets  du  roi 
de  la  religion  et  reçu  des  deniers  sans  la  participation  et 


(1)  Archives  nationales,  X^  426.  Arrêt  du  Parlement  du  12  octo- 
bre 1685.  Il  semble  résulter  de  certains  considérants  de  l'arrêt,  qu'une 
première  instance  avait  été  introduite  en  1683. 


Digitized  by 


Google 


COMTES  ENGAGISTES  51. 

autorité  du  premier  juge  du  Bailliage,  d'avoir  continué  de 
faire  des  contributions  générales  pour  tous  les  consistoires 
de  la  province  et  d'en  avoir  reçu  les  deniers  par  les  ordres 
du  synode. 

Le  lieutenant  général  reconnut  fondés  les  griefs  articulés 
contre  les  prévenus  et,  par  sentence  du  4  août,  déclarant 
«  ceux  de  la  prétendue  religion  réformée  de  la  ville  et  du 
Bailliage  de  Clermont  déchus  et  privés  de  l'exercice  public 
de  ladite  religion  en  icelui,  ordonna  qu'il  demeureraient  inter- 
dits à  toujours  et  en  conséquence  que  le  temple  dudit  Cler- 
mont serait  incessament  démoli,  et  ses  matériaux  acquis  et 
confisqués  au  profit  de  l'Hôpital  général  des  pauvres  enfermés 
et  l'Hostel-Dieu  avec  tous  les  autres  biens,  meubles  et  im- 
meubles, deniers,  rentes  mobilières  et  immobilières  et  géné- 
ralement tous  les  autres  revenue  appartenant  audit  consis- 
toire, soit  pour  l'entretien  du  ministre,  réparations  du  temple 
et  subsistances  des  pauvres  de  la  religion  »  (1).  Le  diacre 
Jacques  de  Sacy  fut  condamné  à  trois  années  de  bannisse- 
ment hors  de  la  ville,  banlieue  et  Comté  de  Clermont,  et 
solidairement  avec  les  anciens,  Charles  Dupuis,  David  et 
Daniel  Gorlin  et  Isaac  de  la  Neufve-Maison,  à  3,000  livres 
d'amende  envers  le  roi,  et  1,000  livres  d'amende  envers  l'Hô- 
pital général,  es  mains  des  directeurs  duquel  leur  fut  enjoint 
de  remettre  tous  les  titres  et  registres  du  consistoire.  Charles 
de  la  Neufve-Maison  pour  avoir  souffert  la  profession  de 
Dupont,  son  ouvrier  mercenaire,  fut  taxé  à  200  livres  d'amende 
envers  le  roi,  et  50  livres  à  l'hôpital.  Le  ministre,  maître  Jean 
Marin,  fut  condamné  à  100  livres  d'amende  envers  le  roi,  et 
50  livres  envers  l'hôpital,  pour  avoir  admis  aux  assemblées 
de  la  religion  Marie  Dollé,  fille  bâtarde,  et  reçut  l'ordre  de 


(1)  L'Inventaire  des  archives  de  l'hospice  de  Clermont  permet  de 
constater  quels  étaient  ces  biens.  En  1678,  Paul  Commien,  bourgeois  de 
Paris,  avait  donné  8,000  livres  par  l'entremise  de  Salomon  Donnelieu, 
secrétaire  des  finances  de  S.  A.  R.,  au  ministre  et  aux  anciens  du 
temple  de  Clermont.  Une  rente  de  25  livres  avait  été  donnée  par  la  dame 
de  Fabrice,  dame  de  Cressonsacq.  Une  autre  rente  de  22  livres  4  sols 
avait  été  également  donnée,  en  1654,  par  Isale  de  Commien,  écuyer. 


Digitized  by 


Google 


52  LE  COMTÉ   DE  CLERMONT  EN   BEAUVOISIS 

se  retirer  hors  des  six  lieues  de  Clermont  sous  les  peines 
portées  par  l'ordonnance.  La  peine  de  l'eraprisonnement  était 
prononcée  contre  les  prévenus  jusqu'à  parfait  payement  de 
l'amende. 

La  sentence,  du  4  août,  fut  déférée  par  voie  d'appel  au  Par- 
lement qui  l'examina  en  Chambre  des  vacations.  La  Cham- 
bre, par  arrêt  du  12  octobre,  confirma  l'interdiction  de  la 
religion  prétendue  réformée  dans  les  ville  et  faubourgs  de 
Clermont  (1)  et  l'attribution  à  l'Hôpital  général  des  biens  du 
consistoire,  prescrivit  que  le  temple  fût  démoli  et  abattu  dans 
le  délai  d'un  mois  par  les  protestants  eux-mêmes,  et  que  ce 
temps  passé,  la  démolition  fût  opérée  à  leurs  frais,  modéra 
les  amendes  et  i^nvoya  Abraham  de  la  Neufve-Malson  et  le 
ministre  Marin  de  l'accusation.  Les  anciens  acquiescèrent  à 
l'arrêt  et  l'on  commençait4a  démolition,  le  2  novembre,  nous 
apprend  Graves,  lorsque  les  habitants  voulurent  prendre 
leur  part  de  cette  œuvre.  Magistrats,  artisans,  femmes,  en- 
fants, vieillards,  s'y  employèrent  à  l'envi  :  les  bâtiments  dis- 


(1)  Ce  n'e^t  pas  du  reste  dans  Clermont  seulement  qu'avait  lieu  l'exer- 
cicc  de  la  religion  prétendue  réformée,  mais  aussi  dans  les  pays  d'alen- 
tour, ainsi  qu'en  témoigne  le  Mémoire  suivant  dressé,  en  1681,  par 
l'intendant  du  Soissonnais,  de  Machault,  des  lieux  de  sa  généralité,  où 
l'exercice  de  la  religion  prétendue  réformée  se  faisait  suivant  la  faculté 
accordée  par  les  articles  7  et  8  de  l'Edit  de  Nantes,  aux  seigneurs  posses- 
seurs de  tiefs  ayant  haute  justice,  a  Election  de  Clermont  :  Jacques  de 
Dompierre,  seigneur  de  Jonquières,  exerce  chez  lui  pour  sa  famille  et 
les  habitants  du  village,  lesquels  vont,  pour  la  plupart,  au  temple  de 
Compiègne.  —  La  dame  veuve  du  sieur  de  Fabrice,  dame  de  Sacy-le- 
Grand.  —  Guéhan  de  la  Salle,  seigneur  de  Belleuse  pour  les  deux  tiers.  — 
Les  demoiselles  de  la  Cour  du  Bois,  quoique  professant  la  religion  préten- 
due réformée,  n'en  font  pas  présentement  l'exercice  dans  leurs  terres  et, 
lorsque  ladite  dame  de  Fabrice  a  fait  marier  par  un  ministre,  chez  elle, 
une  de  ses  filles,  le  procureur  du  roi  a  entrepris  contre  elle  un  procès 
à  ce  sujet  qui  est  indécis,  et  de  même  lorsque  le  sieur  Guéhan  de  la 
Salle  a  fait  faire  le  prêche  avec  grande  assemblée  de  plus  de  300  per- 
sonnes, il  a  été  emprisonné  avec  son  ministre  par  le  lieutenant  général 
de  Clermont,  et  néanmoins  élargi  par  arrêt  au  rapport  de  Mgr  de 
ChAteauneuf,  et  l'afTaire  évoquée  par  S.  M.  en  Conseil.  »  Arch.  nat.,TT  284. 
Bulletin  de  la  Société  de  l'Histoire  du  Protestantisme  français. 


Digitized  by 


Google 


COMTES   ENGAGI8TES 

parurent  en  moins  de  huit  jours  et  les  matériaux, 
à  l'hôpital,  servirent  à  la  reconstruction  de  cet  édifice.  ( 
de  s'expatrier,  les  protestants  emportèrent  beauco 
richesses  et  le  commerce  très  considérable  de  toil 
avait  fait  jusqu'alors  la  prospérité  de  Clermont,  d 
avec  eux. 

C'est  précisément  en  ce  mois  d'octobre  1685  que  fi 
mulguée  la  déclaration  royale  portant  révocation  d( 
de  Nantes.  Elle  ne  pouvait  et  ne  devait  avoir  aucun 
Clermont,  la  situation  venant  d'y  être  souverainement 
par  l'arrêt  du  Parlement. 

—  Je  reviens  maintenant  aux  seigneurs  engagistes,  qi 
sodé  qui  précède  a  un  peu  écartés  de  mon  récit. 

Reconnue  comtesse  de  Clermont,  la  princesse  de  Cf 
mourut  quatre  ans  après,  le  4  juin  1692.  Elle  était 
depuis  1656.  De  son  mariage  avec  Thomas-Franc 
Savoie,  elle  avait  eu  plusieurs  enfants  : 

1*  Emmanuel-Philibert  Amédée  ; 

2*  Eugène-Maurice  de  Savoie,  comte  de  Soissons 
en  1673,  laissant  de  son  mariage  avec  la  célèbre  ( 
Mancini  deux  fils,  dont  l'un  Thomas  fut  comte  de  Se 
et  l'autre  est  connu  dans  l'histoire  sous  le  nom  de 
Eugène  ; 

3"  Marie-Jeanne-Baptiste,  dite  M'"  de  Soissons  ; 

4"  Louise-Philiberte,  dite  M'"  de  Carignan. 

A  peine  investis  de  la  succession  maternelle,  qi 
semblent  avoir  acceptée  que  sous  bénéfice  d'inventa 
héritiers  de  Carignan  eurent  maille  à  partir  avec  le  fi 

Le  28  octobre  1692,  un  arrêt  du  Conseil  leur  presc 
justifier  par-devant  l'intendant  de  la  généralité  de  Pî 
litres  en  vertu  desquels  ils  jouissaient  de  l'engagem 
Comté  de  Clermont.  Cet  arrêt  avait  été  rendu  à  la  req 
contrôleur  général  des  domaines  de  S.  M.,  lequel  pré 
qu'il  n'avait  trouvé  à  la  suite  du  contrat  de  1569  que 


(1)  Ils  eurent  à  payer  aux  parties  casueUes,  en  1694,  des  sup] 
de  finances  pour  la  jouissance  des  greffes  et  tabelUonages  de  C 
Creil,  MiUy,  Bulles,   La  Neuville,  La  HOroIle  et  Rcmy. 


Digitized  by 


Google 


54  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN   BEAUVOISIS 

dation  d'un  payement  de  192,000  livres,  et  demandait  aux 
engagistes  de  prouver  l'acquittement  des  168,000  livres  faisant 
complément  du  prix  total  de  360,000  livres  ;  il  faisait  obser- 
ver que  le  Comté  rapportait  plus  de  30,000  livres.  Deux 
arrêts,  des  18  juin  et  1"  octobre,  renouvelèrent  l'injonction  à 
laquelle  les  intéressés  répondirent  en  arguant  que  les  titres 
réclamés  étaient  encore  aux  mains  des  liquidateurs  judi- 
ciaires. Il  est  vraisemblable  que  la  production  ultérieure  des 
quittances  de  1569,  que  j'ai  mentionnées  en  leur  lieu,  mit  fin 
à  la  contestation. 

Une  déclaration,  du  1"  octobre  1693,  avait  ordonné  la  re- 
cherche des  peines  et  amendes  encourues  par  les  engagistes 
pour  n'avoir  pas  réservé  dans  les  coupes  le  nombre  de  bali- 
veaux prescrit  par  les  ordonnances.  Un  rôle  arrêté  en  Conseil, 
le  17  octobre  suivant,  réclama  de  ce  chef  à  la  succession 
delà  princesse  de  Carignan  38,095  livres  et  les  sols  pour  livre 
pour  les  bois  du  Comté  de  Clermont  y  compris  492  arpents 
de  la  châtellenie  de  Bonneuil,  et  12,000  livres  et  les  sols  pour 
livre  pour  les  bois  de  la  Pommeraie,  sis  en  la  châtellenie  de 
Creil.  Le  comte  de  Soissons  protesta,  au  nom  de  ses  cohéri- 
tiers, et  demanda  une  visite  des  bois  ;  elle  lui  fut  accordée 
par  arrêt  du  Conseil  ;  mais  il  y  renonça  et  se  borna  à  solli- 
citer une  modération.  Le  fermier,  chargé  du  recouvrement 
de  la  taxe,  consentit  la  réduction  à  33,175  livres,  en  principal, 
et  les  2  sols  pour  livre,  tout  en  faisant  observer  que  le  nombre 
de  baliveaux  indûment  coupés  était  très  considérable.  Le  roi, 
par  grâce  et  sans  tirer  à  conséquence,  modéra  la  taxe  à 
28,508  livres  5  sols,  en  principal,  et  4,517  livres  10  sols  pour 
les  sous  additionnels,  réservant  les  droits  du  fermier  en  ce 
qui  concernait  le  bois  de  Bonneuil  et  la  réclamation  à  adres- 
ser à  la  duchesse  de  Nemours. 

C'était  le  comte  de  Soissons  qui  était  intervenu  dans  l'ins- 
tance. L'auteur  de  VEssai  sur  l'Histoire  de  Clermont  dit,  en 
efîet,  que  le  Comté  avait  été  donné  par  Louis  XIV  à  ce  jeune 
prince,  à  l'exclusion  de  son  oncle,  Emmanuel-Philibert 
Amédée,  qui  portait  les  armes  contre  la  France.  Il  ajoute  que 
Louis  Thomas  ayant  peu  après  suivi  cet  exemple,  le  roi  pro- 
nonça la  confiscation  de  ses  biens  et  réunit  Clermont  à  la 
couronne,  mais  que  par  le  traité  de  paix  conclu  avec  la 


Digitized  by 


Google 


COMTES   ENGAGISTES 

Savoie,  le  29  août  1696,  le  prince  de  Carignan  fui 
possession  (1). 

Emmanuel-Philibert-Amédée  s'empressa  de  ra 
droits  de  ses  sœurs  et  neveux  sur  Clermont,  par  c( 
27  mars  1697,  20  et  26  août  1698  et  27  février  169! 
ainsi  seul  maître  du  Comté,  il  lui  chercha  un  ac( 
le  trouva,  en  1702,  dans  la  personne  de  la  prince 
court. 

Trois  ans  auparavant,  il  en  avait  distrait  les  deu} 
châtellenie  de  Milly,  par  contrat  passé  le  26  févr 
Demetz,  notaire  à  Paris,  au  profit  du  maréchal  de 
possesseur  de  l'autre  tiers.  Celui-ci  patrimonialis 
velle  acquisition  par  voie  d'échange  avec  la  Couror 
corpora  au  duché  que  venaient  d'instituer  en  sa  1 
lettres  patentes  du  14  septembre  1695  sur  le  comté  ( 

Celle  aliénation  devait  apporter  une  réduction  s 
domaine  seigneurial  de  Clermont,  à  raison  non 
des  biens  démembrés,  donf  le  revenu  était  évalué 
par  les  Commissaires  de  la  Cliambre  des  Comptes  i 
9  sous,  pour  les  deux  tiers  revenant  au  Comté  —  ; 
intrinsèque  actuelle  de  3  fr.  50  la  livre  environ  et  i 
relative  actuelle  de  20  à  25  francs  environ  —  maij 
mouvances.  Le  dénombrement  de  1373  inscrivait  51 
127  arrière-fiefs  comme  relevant  de  la  châtellenie 


(  I  )  Le  traité  du  29  août  ne  contient  aucune  stipulation  < 
sujet  de  cett^  restitution.  L'article  XI  décide  seulement  qu'à 
prétentions  de  Madame  la  duchesse  de  Nemours  envers 
royale,  S.  M.  laissera  entre  ladite  A.  R.  et  ladite  dame  de 
discussion  des  susdites  prétentions  dans  la  vole  ordinaire  d 
sans  s'en  mêler  autrement.  Cet  article  s'appliquait-il 
de  1688,  que  la  princesse  aurait  contesté,  ou  à  la  successi< 
de  Savoie,  son  mari? 


Digitized  by 


Google 


Digitized  by 


Google 


COMTES  ENGAGISTE5 


CHAPITRE  IV 


La  princesse  d'Harcoavt,  comtesse  de  Clermont(1702).  Vei 
au  prince  de  Condé  de  la  chàiellenie  de  Creil  (1704)  et 
comté  (1719).  Confiscation  prononcée  en  1792  contre  Lou 
Joseph  de  Bourbon,  prince  de  Condé.  Consistance  et  reveri 
du  comté  à  cette  époque.  Principales  mouvances.  Restituti 
de  1814.  La  succession  de  la  maison  de  Condé.  Le  o 
d'Aumale. 

Ce  fut  le  7  mai  1702  que  comparut  par-devant  Bonnet 
Jean  Le  Semelier,  notaires  au  Châtelet  de  Paris,  le  comte 
Picon  de  La  Pérouse,  premier  secrétaire  des  commam 
ments  de  T.  H.,  T.  P.  et  S.  prince  Emmanuel-Philibe 
Amédée  de  Savoie,  prince  de  Carignan,  fils  aîné  et  hérili 
sous  bénéfice  d'inventaire,  de  T.  H.,  T.  P.  et  S.  princei 
Marie  de  Bourbon,  princesse  du  sang,  veuve  de  T.  H.,  T. 
et  S.  prince  Mgr  François-Thomas  de  Savoie,  prince 
Carignan,  généralissime  des  armées  de  S.  M.  en  Italie,  gra 
maître  de  France,  pour  vendre  au  nom  de  son  commettî 
à  T.  H.,  T.  P.  et  S.  princesse  Françoise  de  Brancas  et 
Bressan,  épouse  séparée,  quant  aux  biens,  de  T.  H.,  T.  P. 
S.  prince  Alphonse  de  Lorraine,  prince  d'Harcourt,  résidî 
à  Paris,  au  Temple,  les  Comté  de  Clermont  en  Beauvois 
Châtellenies  de  La  Neuville-en-Hez,  de  Remy,  Gournay 
Moïenneville,  de  La  Hérelle,  de  Bulles,  et  Châtellenie  de  Cr( 
leurs  appartenances  et  dépendances,  y  compris  tout  et  tel  dr 
qui  appartenait  audit  seigneur  prince  de  Carignan,  de  nor 
nation  aux  offices  desdits  comté  et  châtellenies  engagés  \ 
le  roi,  en  1569,  à  faculté  de  rachat  perpétuel,  ensem] 
tout  ce  qui  avait  été  aliéné  par  S.  M.  suivant  les  nouvei 
finances  qui  en  avaient  été  payées.  Etaient  seuls  exceptés 
deux  tiers  de  la  châtellenie  de  Milly,  vendus  en  1699  au  n 
réchal  de  Boufflers,  ainsi  que  la  châtellenie  de  Bonneuil,  q 
le  partage  de  1688  avait  attribuée  à  la  duchesse  de  Nemou 

Le  prix  de  vente  était  fixé  à  340,000  livres.  Le  prince 


Digitized  by 


Google 


58 


LE  COMTE  DE  CLERMONT  EN  BEAUV0ISI8 


i 


Carignan  ratifia  le  contrat  le  28  juillet  1702,  et  le  prince  d'Har- 
court  le  24  décembre  suivant. 

Marie-Françoise  de  Brancas  était  la  fille  aînée  de  Charles 
comte  de  Brancas  (1),  chevalier  d'honneur  de  la  reine  Anne 
d'Autriche,  si  célèbre  par  les  distractions  prodigieuses  que 
La  Bruyère  a  immortalisées  dans  ses  Caractères.  Dame  du 
palais  de  la  reine,  elle  avait  épousé,  en  février  1667,  Alphonse 
Henry-Charles  de  Lorraine,  prince  d'Harcourt  (2).  Elle  était 
séparée  de  biens  d'avec  son  mari,  et  le  fut  aussi  de  corps,  à 
en  croire  Saint-Simon  qui  consacra  plusieurs  de  ses  pages 
les  plus  virulentes  (3)  à  retracer  les  singularités,  les  ridicules, 
le  caractère  altier  et  plat  à  la  fois  de  cette  amie  de  M"'  de  Main- 
tenon. 

Tout  autre  elle  parait  avoir  été  à  Clermont,  où  elle  fit  sa 
première  entrée  le  30  janvier  1703  et  fixa  sa  principale  rési- 
dence. Par  ses  ordres,  le  donjon,  qui  avait  jusqu'alors  servi 
surtout  au  logement  de  la  garnison,  fut  aménagé  en  habi- 
tation. De  larges  fenêtres  remplacèrent  les  meurtrières 
d'autrefois.  Les  fossés  et  la  plate-forme  inculte,  qui  servaient 
de  défense  au  château,  furent  convertis  en  promenade  plantée 
d'ormes  et  de  tilleuls.  C'est  ce  qu'on  appelle  aujourd'hui  le 
Chdtellier,  L'église  collégiale,  bâtie  ou  plutôt  rebâtie  par 


â 


(i)  Fils  cadet  de  Georges  de  Brancas,  premier  duc  de  Villars.  Brancas 
portait  d'argent  au  pal  d'azur  chargé  de  trois  tours  de  gueules  et  accom- 
pagné de  4  pattes  de  lion  mouvant  des  flancs  de  l'écu. 

(2)  Il  était  fils  d'Alphonse-Gha ries- Henri  de  Lorraine  qui  prit  le  pre- 
mier le  titre  de  prince  d'Harcourt.  Le  comté  d'Harcourt  était  entré 
dans  la  maison  de  Lorraine  par  le  mariage  de  son  aïeul  au  7'  degré, 
Antoine,  comte  de  Vaudemont  et  de  Guise,  avec  Marie  d'Harcourt,  fille 
et  héritière  de  Jean  VII,  comte  d'Harcourt  et  d'Aumale.  Armes  de  la 
maison  de  Lorraine  :  l'écu  parti  de  trois  traits  et  coupé  d'un  qui  font 
huit  quartiers  où  se  trouvent  renfermées  les  armes  de  4  royaumes  : 
Hongrie,  Naples,  Jérusalem,  Aragon,  et  de  4  duchés  :  Anjou,  Gueldres, 
Juliers,  Bar,  sur  le  tout  d'or  à  la  bande  de  gueules  chargée  de  3  alé- 
rions  d'argent  posés  en  bande  qui  est  de  Lorraine.  La  branche  d'Har- 
court brisait  tout  l'écusson  d'un  lambel  à  3  pendants  de  gueules  et  d'une 
bordure  de  gueules. 

(3)  Mémoires,  t.  H,  p.  238,  et  t.  IV,  p.  ^  et  suivantes. 


Digitized  byVjOO^lC 


COMTES  ENGAGI8TES  5^ 

Renaud  II ,  comte  de  Glermont ,  et  qui,  adossée  au  mu 
d'enceinte  du  château,  faisait  partie  du  système  des  fortif 
cations,  avait  été  rasée  en  1359  par  le  capitaine  de  Buch,  puj 
en  1595  sur  l'ordre  d'Henri  IV,  et  le  Chapitre  l'avait  remplacé 
par  un  bâtiment  sans  caractère  architectural  :  la  princess 
d'Harcourt  fît  construire  à  l'extrémité  du  château,  vers  1 
couchant ,  une  église  plus  vaste ,  que  Mgr  de  Forbir 
Janson,  évêque  de  Beauvais,  vint  solennellement  consacre 
le  14  novembre  1714  (1).  La  nouvelle  comtesse  employait  1 
plus  grande  partie  de  son  temps  à  des  œuvres  de  bienfaisanci 
Par  acte  du  26  mars  1715,  elle  dota  l'hôpital  et  hôtel-die 
d'une  rente  perpétuelle  de  400  livres  pour  Tentretien  de  troi 
sœurs  de  Saint-Thomas  de  Villeneuve  chargées  du  servie 
des  pauvres  et  des  malades.  Elle  mourut  un  mois  après  ass€ 
subitement,  nous  apprend  Saint-Simon,  qui  ajoute  qu'elle  r 
fut  regrettée  de  personne,  à  la  cour  peut-être,  mais  no 
certes  à  Glermont,  où  son  souvenir  fut  longtemps  vivant  < 
honoré.  Voici  son  acte  de  décès  d'après  les  registres  de  ] 
paroisse  de  Saint-Samson,  aujourd'hui  conservés  à  la  mairie 
«  Le  douzième  jour  d'avril  1715  est  décédée  en  la  commi 
nion  de  l'Eglise,  T.  H.,  T.  P.  et  T.  S.  dame  S.  A.  Madair 
Françoise  de  Brancas  de  Brézans,  princesse  d'Harcourt  < 
comtesse  de  Glermont  en  Beauvoisis,  épouse  de  T.  H.,  T.  I 
et  T.  S*  Prince  S.  A.  Mgr  Alphonse,  Henry,  Gharles  de  Loi 
raine,  prince  d'Harcourt,  âgée  de  64  ans  ou  environ,  dont  ] 
corps  a  esté  présenté  en  cette  église  le  14  "de  ce  mois  et  er 
suite  conduit  en  l'église  collégiale  N.  D.  fondée  au  châtea 
de  cette  ville,  pour  y  rester  en  dépôt  jusqu'à  ce  que  le  corf 
soit  conduit  à  Harcourt,  pour  ôtre  inhumé  dans  le  chœi] 
de  réglise  des  Dames  Religieuses  hospitalières  dudit  Ha 
court,  où  ladite  dame  a  élu  sa  sépulture  :  en  présence  d 
Messire  Gharles  Le  Gras,  conseiller  du  roy  et  son  procurei 
au  bailliage  et  autres  justices  royales  de  cette  ville,  de  Mes 
sire  Nicolas  Thouret,  conseiller  du  roy,  prévost  royal  de  1 
Prévôté  foraine  dudit  Glermont,  de  Pierre  Dufour,  chanti 
en  cette  église,  et  de  plusieurs  autres.  » 

{{)  OX  édifie*»  a  H^  dMriiit  en  1794.  Graves,  Debauve  et  Roussel.  ^ 
Qerinont. 


Digitized  by 


Google 


60  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN  BEAUV0I81S 

—  La  princesse  d'Harcourt  n'avait  pas  gardé  tout  entière 
son  acquisition  de  1702.  Elle  en  avait  détaché  la  châtellenie  de 
Creil,  que,  par  contrat  passé  devant  Lauger  et  son  confrère 
notaires  au  Ghâtelet  de  Paris,  elle  avait  vendue  à  Henry-Jules 
de  Bourbon,  prince  de  Condé  (1),  le  16  février  1704,  au  prix  de 
140,000  livres. 

Ce  fut  au  petit-fils  de  celui-ci,  Louis-Henry  de  Bourbon, 
prince  de  Condé,  connu  dans  l'histoire  sous  le  nom  de  Mon- 
sieur le  Duc,  que  le  fils  et  héritier  bénéficiaire  de  la  prin- 
cesse d'Harcourt,  Anne-Marie- Joseph  de  Lorraine,  prince  de 
Guise,  comte  d'Harcourt  (2)  vendit  également,  le  31  dé- 
cembre 1719,  devant  Lorimier  et  son  confrère,  notaires  au 
Châtelet  de  Paris,  le  comté  de  Clermont  avec  les  châtellenies 
de  La  Neuville-en-Hez,  Bulles,  Remy,  Gournay  et  Moïenne- 
ville,  LaHérelle  etMory-Moncrux,  moyennant  760,000  livres. 

Des  lettres  patentes  du  19  juin  1724  confirmèrent  au  profit 
du  duc  de  Bourbon  les  acquisitions  de  1704  et  1719.  (Voir  le 
texte  de  ces  lettres  annexe  F.) 

Ce  prince  (3)  unit  et  incorpora  à  son  nouveau  domaine  la 
vicomte  de  Breuil-le-Vert,  dont  il  s'était  rendu  adjudicataire, 
le  20  septembre  1719,  sur  la  succession  vacante  de  François 
Forget,  grand  maître  des  eaux  et  forêts  de  l'Ile-de-France  (4). 


(1)  Il  était  en  même  temps  duc  de  Bourbonnais,  de  Châteauroux, 
d'Enghien  et  de  Seurre-Beliegardo,  premier  prince  du  sang,  premier 
pair  et  grand  maître  de  France,  gouverneur  de  Bourgogne  et  de  Bresse. 
Fils  du  grand  Condé,  il  naquit  le  29  juillet  1643  et  mourut  lel"avriH709. 
Son  fils  Louis  III  le  suivit  dans  la  tombe  le  4  mars  1710,  ayant  eu  de 
Mademoiselle  de  Nantes,  fille  naturelle  de  Louis  XIV,  de  nombreux 
enfants,  dont  l'atné  fut  Louis-Henry. 

(2)  Né  le  30  avril  1679,  il  avait  épousé,  le  2  fulllet  1705,  à  la  grande 
fureur  de  la  maison  de  Lorraine,  Marie-Louise-Catherine-Jeannin  de 
Castille  et  mourut  le  29  décembre  1739  laissant  un  fils,  Louis-Marie- 
Léopold,  né  le  l7  décembre  1726,  mort  le  20  juin  1747,  le  dernier  de  sa 
branche.  Son  grand-père,  le  prince  d'Harcourt,  était  décidé  en  fé- 
vrier 1719  au  château  de  Montjeu,  qui  appartenait  à  sa  belle-fille. 

(3)  Il  portait  de  France,  au  bâton  de  gueules  péri  en  bordure. 

(4)  Breuil-le-Vert  avait  été  érigé  en  vicomte  par  lettres  de  février  1672 
en  faveur  de  François  Forget.  La  seigneurie  lui  venait  de  son  grand- 
père,  conseiller  au  Parlement,  qui  l'avait  acquise  de  la  famille  d'Argi- 
lière. 


Digitized  by 


Google 


COMTES   ENGAGISTES 

Ils*était  marié  deux  fois,  d'abord  à  Marie-Anne  de  I 
Conti,  dont  il  n'eut  pas  d'enfants,  puis  à  Charlotte  d 
Rheinfelt  qui  le  rendit  père  de  Louis-Joseph  de  Bour 
jeune  princç  n'avait  pas  encore  cinq  ans,  lorsque  la  ; 
son  père,  en  1740,  le  laissa  sous  la  rude  tutelle  de  s< 
le  comte  de  Charolais. 

Le  Coïhié  de  Clermont  en  Beauvoisis  avait  dès  lor 
son  autonomie  pour  prendre  rang  parmi  les  nombi 
maines  (1)  des  princes  possesseurs  de  Chantilly.  Il  I 
pris  dans  la  confiscation  générale,  prononcée  en  \li 
fait  d'émigration,  contre  Louis-Joseph  de  Bourbon-Co 

—  Quelle  était  alors  sa  consistance,  quels  en  étaient  ] 
nus  ?  Des  documents  conservés  aux  Archives  de  l'Oi 
nissentla  réponse  (2)  :  60,000  livres  environ  ;  sur  les  ( 
vres,  la  majeure  partie  était  fournie  par  les  bois. 

Ces  bois  furent  régis,  pour  la  période  de  1771-1779 
tement  par  le  fpndé  de  la  procuration  du  prince  de 
Chardon  du  Havet,  écuyer,  conseiller,  secrétaire 
maison  et  couronne  de  France  et  de  ses  finances.  ] 
venu  moyen  fut  de  33,000  livres.  Il  s'éleva,  en  1779,  à  : 
vres  suivant  le  détail  ci-dessous  : 

Forêt  de  Hez  (150  arpents  adjugés  annuel- 
lement)   21.453  ] 

Bois  Bourbon 1 .395 

Châtellenie  de  Remy  (52  arpents  en  coupes)  6 .544 

Châtellenie  de  La  Hérelle  (59  arpents). ...  2.930 

Bois  de  Bulles  (17  arpents) 1.135 

Bois  de  la  Houssière  (6  arpents) 598 

Bois  de  Rotheleux 525 


(3)  Ces  domaines  s'accrurent  encore  par  l'acquisition,  le  i; 
bre  1787,  moyennant  2,4."i0,000  livres,  du  marquisat  de  Noin 
seigneuries  de  Béronne  et  Gicourt  qui  en  dépendaient.  Cette  a< 
avait  été  faite  pour  le  compte  du  fils  du  prince  deCondé,  Lou 
Joseph,  duc  de  Bourbon,  qui  comparut  par  procureur  à  l'Assc 
1789,   comme  seigneur  de  Nointel. 

(4)  E  37  et  40. 


Digitized  by 


Google 


62  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN  BEAUVOISIS 

Taillis  du  petit  bois  du  Châtellier  et  des 

Coutures,  des  murs  du  jardin  du  château         120  livres. 
Taillis  de  la  Haule-Pommeraie  (1) 960      — 

A  pçirtir  de  1780,  les  bois  de  Remy  et  de  La  Hérelle  furent 
compris  danè  la  location  de  ces  deux  châtellenies.  Voici, 
d'après  le  Sommier  général  des  fermages,  lot/ers/ rentes  du 
Comté  de  Clermont  et  de  la  Chdtellenie  de  Creil,  le  relevé  et 
le  détail  des  baux,  commençant,  pour  le  Comté,  au  24 
juin  1779,  et  pour  la  châtellenie,  au  1"  janvier  1780. 


DOMAINE    UTILE 


Droits  etredeyances 


CLERMONT 

LE  GROS  CENS   DE  CLEHMONT,  78  L.  4  S. 

Les  GREFFES  DU  BAILLIAGE   ET  DE   LA    POLICE   DE    ClERMONT 

affermés  à  titre  de  bail  emphy  tbéotique  pour  quatre-vingt-dix 
neuf  ans  à  commencer  du  24  juin  1779  (bail  7  décembre  1767), 
au  sieur  Jacques  Douay,  greffier  actuel,  moj^ennant  une  rede- 
vance annuelle  de  500  livres. 


MESURAGE  DES  GRAINS  A  CLERMONT 

Le  sieur  Antoine  Duvivler  et  sa  femme  tiennent  à  ferme, 
pour  neuf  années,  les  droits  de  mesurage  des  grains,  ceux 
des  pois  et  fèves  et  les  droits  de  pesage  de  chanvres  et  lins, 
moyennant  la  somme  de  1,600  livres  de  loyer. 


(1)  Le  produit  de  ces  taillis  avait  été  dans  les  années  précédentes  et 
était  d'ordinaire  plus  élevé;  dans  cet  article  figuraient  aussi  jes  taillis 
de  Cannes  appartenant,  pour  la  5"«  partie,  au  prince  de  Condé,  et  les 
taillis,  bordures  et  ormes  dans  les  parc  et  lies  du  château  de  Creil. 


Digitized  by 


Google 


COMTES   ENGAGISTES 
LE   DROIT  DES  CRIS  PUBLICS  ET  DES  PUBLICATIONS  DE  C 

Non  affermé  et  régi  par  Louis  Geflroy,  tambour 
de  Clermont. 

Le  plus  haut  52  livres  en  1781,  le  plus  bas  10  livre 
et  15  livres  en  1784.  Les  autres  années  variant  entre 
et  46  livres. 


LANGUEYAGE  DES  PORCS 


Jacques  Bertrand,  marchand  chaudronnier,  tien 
pour  neuf  années,  les  droits  de  langueyage  des  por 
vendent  à  Clermont  et  à  la  foire  de  La  Neuville,  m 
90  livres. 


LES  GRENIERS  A  SEL  DE  CLERMONT 

Les  fermiers  généraux  jouissent,  par  tacite  recond 
bail  du  27  octobre  1765,  des  greniers  à  sel  de  c 
moyennant  900  livres  de  loyer  et  un  minot  de  sel. 

Un  bail  du  28  octobre  1782  porta  le  prix  à  1,260  li 


LES   BOUCHERS   DE  CLERMONT 


La  communauté  des  bouchers  de  Clermont 
somme  de  60  livres  de  rente  par  an  pour  le  droit  c 
et  de  boucheries,  suivant  les  anciens  titres,  notai 
sentence  rendue  au  bailliage  de  Clermont  le  7  fé\ 


LE  DROIT   D'AFFORAGE   DU   COMTÉ   DE  CLERMOI 
ET  DES  CHATELLENIES  EN   DÉPENDANTE 

Le  sieur  Jacques  Sanielle,  le  jeune,  cabaretier  à  ( 
et  sa  femme,  tiennent  à  ferme  pour  neuf  années 
d'aflorage  du  comté  et  dépendances,  à  la  réserve  d 
tellenie  de  LaHérelle,et  des  grandes  et  petites  crois 
cette  ville,  moyennant  360  livres. 


Digitized  by 


Google 


64  LE  COMTÉ   DE  CLERMONT  EN   BEAUVOI3IS 

LE  TRAVERS  DE  CLERMONT 

En  régie,  en  commun  avec  la  ville,  dont  le  sieur  Louis- 
Nicolas  Renard,  marchand  à  Clermont,  a  été  chargé  de  la 
recette  par  acte  sous  seings  privés  du  22  juin  1770,  ratifié 
par  S.  A.  S.  Produit  le  plus  élevé,  1782  à  1783  :  565  livres  ; 
de  1787  à  1788,  488  livres. 


BIENS  LOUES 


Les  prés  de  Coq-Salle  près  La  Versine,  39  arpents,  loués 
en  détail,  y  compris  trois  loués  à  Rochy-Condé,  rapportant 
2,400  livres. 

Les  Prés  le  Comte  à  Clermont,  30  arpents,  loués  en  détail, 
rapportant  1,237  livres. 


L  ETANG  DE  CRESSY,  VIVIERLE-GOMTE  ET  FOURRIERES 
DE  LA  NEUVILLE-EN-HEZ 

Charles-Guillaume  Duchesne,  fermier  de  l'étang  de  Cressy 
et  garde  dudit  étang,  et  sa  femme,  tiennent  à  ferme  pour 
neuf  années  l'étang  de  Cressy,  le  Vivier-le-Comte  et  les 
Fourrières  de  la  Neuville-en-Hez,  moyennant  1,200  livres, 
six  plats  de  poissons  et  six  anguilles. 


TERRES   DU    CHAMP   VEZIN   ET   DU   VALADIN 

Le  sieur  Antoine  Durieux,  conseiller  du  roy,  son  procureur 
au  grenier  à  sel  de  Clermont,  et  sa  femme,  tiennent  à  ferme, 
pour  neuf  années,  les  terres  du  champ  Vezin  et  du  Valadin, 
moyennant  380  livres. 


LA   NEUVILLE-EN-HEZ 

LE  GROS  CENS   DE  LA  NEUVILLE-EN-HEZ 

Les  habitants  de  La  Neuville-en-Ilez  doivent  la  somme  de 
70  livres  pour  le  droit  d'usage  et  chauffage  dans  la  forêt,  à 


Digitized  by  VjOO^IC 


COMTES   ENGAGISTES  65 

raison  de  10  sols  par  feu  et  ménage,  et  2  sols  et  6  deniers 
pour  le  rachat  du  droit  de  fournage,  suivant  la  transaction 
du  28  février  1752  entre  les  habitants  et  le  comte  de  Charolais. 


GREFFE   DE  LA  NEUVILKE-EN-HEZ 

M.  Pierre-Gabriel-Olivier  Duraaine,  notaire  de  La  Neu- 
ville-en-Hez,  tenait  à  ferme,  pour  neuf  années,  le  greffe  de  La 
Neuville-en-Hez,  moyjennant  12  livres  par  an.  —  Les  offices 
de  prévôt  et  de  procureur  du  roi  de  cette  prévôté  étant 
vacants,  les  officiers  du  Bailliage  de  Clermont  ont  réuni  la 
prévôté  à  leur  siège,  par  sentence  du  30  mars  1784,  et  le  greffe 
a  été  supprimé. 


DROITS   DES  PLACES   AUX   FOIRES   DE  LA  NEUVILLE-EN-HEZ 

Jean-Baptiste  Mallart,  terrassier  à  Etouy,  tient  à  ferme, 
pour  neuf  années,  les  droits  des  places  aux  foires  de  La 
Neuville-en-Hez,  moyennant  14  livres  par  an. 


MOULIN  A  VENT  DE   LA  NEUVILLE-EN-HEZ 

François  Dumoulin  et  sa  femme  tiennent  à  ferme,  pour 
neuf  années,  le  moulin  à  vent  de  La  Neuville  et  dépendances, 
moyennant  200  livres. 


DENIERS   d'entrée  DES  CONCESSIONS 

Reçu  de  Louis  Duchesne,  charbonnier  à  La  Neuville-en- 
Hez,  12  livres  pour  la  concession  d'un  terrain. 


BULLES 

LE  GROS  CENS  DE  BULLES 

Les  habitants  de  Bulles  doivent  81  livres  18  sols  par  an 
pour  le  gros  cens  de  Bulles. 

5 


Digitized  by 


Google 


66  LE  COMTÉ   DE  CLERMONT  EN  BEAUVOISIS 

GREFFE  DE  BULLES 

M.  Nicolas  Guidoux,  notaire  royal  de  Bulles,  tient  à  ferme, 
pour  neuf  années,  le  greffe  de  Bulles,  moyennant  18  livres. 


LES  TROIS  QUARTS  DU  MOULIN  DE  BULLES 

François  Grigan,  meunier  de  Bulles,  y  demeurant,  et  sa 
femme,  tiennent  à  ferme,  pour  neuf  années,  le  moulin  à  eau 
de  Bulles  et  ses  dépendances,  moyennant  1,600  livres  de 
loyer,  dont  1,200  au  prince  de  Condé. 


CHAMPARTS  DU  PLESSIER-SUR-BULLES 

Antoine  Lavisse,  laboureur  au  Plessier-sur-Bulles,  tient  à 
ferme,  pour  neuf  années,  les  champarts  du  Plessier  moyen- 
nant 90  livres. 


FIEF  CATHAREST  AU  FAY-SAINT-QUENTIN 

M.  Nicolas  Legay,  notaire  royal  de  Rémérangles,  tient  à 
ferme,  pour  neuf  années,  le  fief  Catharest  au  Fay-Saipt- 
Quentin,  consistant  en  champarts  et  censives  indivises  avec 
M.  Le  Gay,  curé  de  la  paroisse  de  Rémérangles,  dans  la  por- 
tion qui  appartient  à  S.  A.  S.,  et  le  droit  de  censive  du  fief 
du  Comté  à  Haudivillers,  moyennant  18  livres  par  an. 


TERRES,   PRÉS  ET  CHAMPARTS  DE  ROCHY-CONDÉ 

Charles  Delannoy,  laboureur  à  Condé,  et  sa  femme,  tien- 
nent à  ferme,  pour  neuf  années,  les  terres,  prés  et  champarts 
de  Rochy-Condé,  et  les  12%  13*  et  14'  pièces  de  la  seconde 
ramée  des  prés  de  Coq-Salle,  moyennant  240  livres. 


LE  PRE  BARBANSON 


Etienne  Briet,  laboureur  à  Bailleul,  tient  à  ferme,  pour 
neuf  années,  une  pièce  de  pré  contenant  2  arpents,  moyen- 
nant 120  livres. 


Digitized  by 


Google 


Comtes  engagistes  67 


LE  TRAVERS   DE  BAILLEUL 


Quentin-Michel  Mansar  tient  à  ferme,  pou 
le  droit  de  travers  de  Bailleul,  moyennant  25 


LE  TRAVERS   DE   LONGUEAU 

Rieul  Damien,  laboureur  à  Longueau,  et  s 
nent  à  ferme,  pour  neuf  années,  le  droit  de  ti 
gueau,  moyennant  900  livres  de  loyer  et  de 
Bail  du  21  mai  1783  à  M.  Meusnier,  bourj 
Sainte-Maxence,  des  10  sols  pour  livre  su 
travers  de  Saint-Martin-Longueau,  500  livres 


TERRE  ET  SEIGNEURIE  DE   BRULLEV 

Avec  ses  dépendances  et  le  moulin,  affermée 
Le  Maire  et  sa  femme,  moyennant  9,000  livre 


DOMAINE  DE  REM  Y 


Les  sieurs  Pierre-Geolïroy  Lécuyer  et  Ja 
tous  deux  laboureurs  de  Remy,  tiennent  à  fe 
années,  les  châteaux,  terres  labourables,  pr< 
champarts  avec  trois  arpents  de  bois  en  coui 
de  Caubrière,  et  le  greffe  de  la  prévôté  royj 
2,400  livres,  deux  dindons  et  quatre  paires 
charge  de  payer  le  1"  janvier  de  chaque 
Chapelain,  de  Remy,  deux  muids  de  bled  n 
piègne  ^t  8  livres  10  sols  d'argent. 


LE  MOULIN   DE   BEAUMANOIR   ET  LES  TAILLl 

M.  Pierre-Antoine  Hennon,  notaire  à  Go 
ferme  pour  neuf  années,  sous  la  caution  de 
Hennon,  le  moulin  à  eau  de  Beaumanoir  e 
de  Remy,  consistant  en  cinquante-huit  arpei 


Digitized  by 


Google 


68  LE  COMTÉ   DE  CLERMONT  EN  BEAUVOISIS 

en  coupes  annuelles  à  prendre  dans  la  forêt  de  Remy  et 
dans  les  bois  d'Hautefoy  et  Lauzerois,  moyennant  6,750  livres 
de  fermage,  six  plats  de  poisson  et  six  anguilles. 


PAILLES,   FEURES  ET  HOTTONS  DE  REMY 

M.  le  Prieur  d'Hélincourt,  en  sa  qualité  de  gros  décimateur 
du  territoire  de  Remy,  doit  à  S.  A.  S.  Mgr  le  Prince  de  Condé 
la  somme  de  120  livres  pour  le  droit  de  .wide,  feures,  pailles 
et  bottons  du  territoire  de  Remy,  suivant  la  transaction 
passée  entre  S.  A.  S.  et  Dom  Alexandre  l'Espion  Daucban- 
court,  passée  devant  M.  Roger,  notaire  à  Paris,  le  21  novembre 
1736. 


DOMAINE  DE  GOURNAY 


M.  Pierre-Antoine  Hennon,  notaire  à  Gournay,  tient  à 
ferme,  pour  neruf  années,  sous  la  caution  de  M.  Pierre- Joseph 
Hennon,  écuyer,  les  droits  de  champart  du  domaine  de 
Gournay,  avec  tous  les  droits  de  surcens  et  censives,  et  la 
coupe  des  bois  de  Perinont,  consistant  en  cinq  arpents, 
moyennant  1,500  livres  de  loyer. 


DOMAINE  DE  MOYENNEVILLE 

Le  sieur  Louis  Beauvais  et  sa  femme  tiennent  à  ferme,  pour 
neuf  années,  les  terres  et  prés  de  Moyenneville,  et  les  droits 
de  champart  et  cens,  tant  en  argent  qu'en  grains,  moyen- 
nant 2,400  livres. 


DOMAINE,   BOIS   ET  MOULIN  A  VENT  DE  LA   HÉRELLE 

M.  Pierre-Antoine  Hennon,  notaire  à  Gournay,  tient  à 
ferme  pour  neuf  années,  sous  la  caution  de  Pierre- Joseph 
Hennon,  seigneur  de  Gilocourt,  les  terres,  le  pressoir  et  pille 
à  cidre,  le  moulin  à  vent,  les  droits  d'alïorage,  les  cham- 


Digitized  by 


Google 


COMTES   ENGAGISTES 


parts  et  censive,  et  les  bois  taillis  consistant  en  trei 
neuf  arpents  ou  environ  en  coupes  annuelles,  moyenn 
4,500  livres  et  quatre  paires  de  chapons  de  loyer. 


CHAUFFAGE   DE  BRULLEVERD 


Le  roi  doit  à  S.  A.  S.  Mgr  le  prince  de  Condé,  seigneur 
BruUeverd,  la  somme  de  150  livres  par  an,  au  lieu  de  vir 
cinq  cordes  de  bois,  pour  droit  de  chauffage,  à  raison 
6  livres  la  corde,  à  cause  de  la  terre  de  BruUeverd. 


LES  DAMES   RELIGIEUSES   DE  WARIVILLE 

Doivent  au  comté  de  Clermont  126  livres  3  sols.  8  déni 
pour  cens  et  rentes,  savoir  :  121  livres  13  sols  8  deniers  p( 
deux  parties  de  rente,  dont  une  de  62  livres  11  sols  8  déni 
pour  droit  d'indemnité,  suivant  le  contrat  constitutif  de 
dite  rente  passée  devant  Rigault  et  son  confrère,  notai 
à  Clermont,  le  29  octobre  1684  ;  l'autre  de  59  livres  2  denii 
pour  pareil  droit  d'indemnité,  suivant  le  contrat  pai 
devant  Le  Vasseur  et  Moulle,  notaires  à  Paris,  le  2  avril  K 
—  et  4  livres  10  sols  de  cens  par  les  fermiers  de  la  ferme 
l'Argillière.  Elles  doivent,  chaque  année  au  jour  de  Ne 
vingt-deux  mines  d'avoine  qui  se  paient  par  les  mêmes  f( 
mlers. 


LES   PRIEUR,   ABBE  ET  RELIGIEUX   DE  8AINT-JUST 

Doivent  trente  mines  d'avoine  (par  an),  payées  annuel 
ment  par  les  sieurs  de  la  Hautoy  et  Warré,  fermiers  de  M< 
vUlers,  abandonnées  au  régisseur  général. 


LA  FABRIQUE  DE  SAINT-ÉTIENNE  DE  BEAUVAI8 

A  cause  de  la  réunion  du  Chapitre  de  l'Eglise  collégiale 
Saint-Vast  de  Beauvais,  doit  40  livres  de  rente,  suivant 
titre  nouvel  passé  devant  M.  Severin  et  son  confrère,  notaii 
à  I^auvais,  le  14  septembre  1774. 


Digitized  by 


Google 


70  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN   BEAUVOISIS 

RENTES   DES   DROITS   DE  TABELLIONAGE  ET  NOTAIRES 

Les  notaires  du  bailliage  et  comté  de  Clermont,  pour  la 
réunion  des  droits  de  tabellionage  à  leurs  offices,  doivent  la 
somme  de  270  livres,  en  conséquence  de  TEdit  de  février  1761, 
fixée  par  A.  C.  du  8  mars  1763. 

Les  deux  notaires  de  La  Neuville-en-Hez  ont  été  fixés  à  la 
somme  de  50  livres. 

Les  deux  notaires  de  Liancourt  ont  été  fixés  à  la  somme 
de  52  livres  10  sols. 

Les  deux  notaires  de  la  châtellenie  de  Bulles,  dont  l'un 
résidant  au  Quesnel,  ont  été  fixés  à  la  somme  de  73  livres 
10  sols. 

Les  deux  notaires  de  Remy  ont  été  fixés  à  la  somme  de 
53  livres  5  sols. 

Les  deux  notaires  de  Conty  ont  été  fixés  à  la  somme  de 
42  livres. 

Le  notaire  de  Rémérangles  a  été  fixé  à  la  somme  de  24  livres. 

Le  notaire  de  Wavignies  a  été  fixé  à  la  somme  de  15  livres. 

Le  notaire  de  Marseille  a  été  fixé  à  la  somme  de  16  livres. 

Le  notaire  de  Castillon  a  été  fixé  à  la  somme  de  28  livres 
10  sols. 

Le  notaire  de  Lieuvillers  a  été  fixé  à  la  somme  de  26  livres 
10  sols. 

Le  notaire  d'Avrechy  a  été  fixé  à  la  somme  de  31  livres 
10  sols. 

Le  notaire  de  Sacy-le-Grand  a  été  fixé  à  la  somme  de 

32  livres. 

Le  notaire  d'Arsy  a  été  fixé  à  la  somme  de  22  livres. 

Le  notaire  de  Nointel  a  été  fixé  à  la  ^omme  de  28  livres 
10  sols. 

Le  notaire  de  Gournay  a  été  fixé  à  la  somme  de  41  livres 
15  sols. 

Le  notaire  de  Moyenneville  a  été  fixé  à  la  somme  de 
30  livres. 

Le  notaire  d'Houdenc-en-Bray  a  été  fixé  à  la  somme  de 
26  livres. 

Le  notaire  de  Bailleul-le-Soc  a  été  fixé  à  la  somme  de 

33  livres. 


Digitized  by 


Google 


COMTES   ENGAGISTES  71 

Le  notaire  de  Troussures  a  été  fixé  à  la  somme  de  24  livres. 
Le  notaire  de  La  Neuville-Roy  a  été  fixé  à  la  somme  de 
24  livres. 


CHATELLENIE  DE  CREIL 


CHATEAU   DE  CREIL 

Les  moulins  de  Creil  et  les  prés  à  Montaterre,  consistant 
en  soixante  arpents,  quarante  percliées,  ont  été  donnés  à 
bail  au  sieur  Laurent-Jacques  Carron,  meunier,  et  à  sa 
femme,  moyennant  2,700  livres.  Plus  à  la  charge  d'acquitter 
par  chacun  en  22  muids  et  demi  de  bled,  moitié  froment  et 
moitié  mouture,  savoir  :  aux  chanoines  de  Creil  10  muids, 
au  chapelain  de  Saint-Nicolas  4  muids,  et  au  chapelain  de 
Saint-Eustache  de  Laversines  8  muids. 

Bail  résilié  en  1780  et  passé  moyennant  2,500  livres  à 
J.-L.-F.  Marchand  pour  le  moulin  à  deux  roues  bannal  de 
Creil,  cinq  arpents  de  pré  audit  lieu  et  les  prés  de  Monta- 
terre. 


LE  POTAGER  DU  CHATEAU  DE  CREIL 

Le  sieur  Nicolas-François-Henry  Madou,  aubergiste,  et  sa 
femme,  ont  pris  à  titre  de  cens  le  potager  de  la  seigneurie  de 
Creil,  contenant  cinq  quartiers,  moyennant  65  livres  et 
quatre  septiers,  quatre  boisseaux  de  bled  froment,  mesure  de 
Senlis. 


JARDIN    ET  OZIERS  DU  CHATEAU   DE  CREIL 

Le  sieur  Jean-Baptiste  Obry,  garde  de  S.  A.  S.,  et  sa  femme, 
tiennent  à  ferme,  pour  neuf  années,  les  jardins  et  oziers  dé- 
pendant du  château  de  Creil,  le  droit  de  5  sols  par  courbe  de 
chevaux,  la  tonsure  des  bois  dans  l'Ile  du  château,  la  petite 
lie  de  Canneville,  et  un  petit  jardin,  moyennant  90  livres. 


Digitized  by 


Google 


72  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN  BEAUVOISIS 

M.  Pierre  Juery,  conseiller  du  roi  et  son  procureur  en  la 
chàtellenie  de  Creil,  et  demoiselle  Sedemay,  sa  femme,  doi- 
vent chacun  an  50  livres  de  cens  et  rente  perpétuelle,  suivant 
l'acte  de  concession  passé  devant  M.  Bro,  notaire  à  Paris,  le 
9  février  1782. 


TERRAIN   DE  L  ANCIEN  AUDITOIRE   DE  CREIL 

Le  sieur  Jacques-Henry  de  Selincourt,  receveur  des  ga- 
belles à  Creil,  et  son  épouse,  ont  pris,  à  titre  de  cens  et  de 
surcens  seigneurial,  le  terrain  sur  lequel  était  construit  l'au- 
ditoire de  Creil,  et  le  jardin  en  dépendant,  moyennant 
5  sols  et  2  septiers  d'avoine,  mesure  de  Senlis,  de  surcens. 


MAISON  A  CREIL 


Le  sieur  Louis  Benoise  dit  La  Rivière,  entrepreneur  de  bâ- 
timents à  Creil,  a  pris,  à  titre  de  cens,  une  maison  au-dessous 
du  nouveau  pont,  qui  servait  anciennement  de  boucherie, 
moyennant  2  septiers  d'avoine. 


LE  GREFFE  DE  CREIL 


Le  sieur  Jean-Baptiste  Roguin,  huissier  à  Creil,  et  sa  femme, 
tiennent  à  ferme,  pour  neuf  années,  le  greffe  de  la  chàtellenie 
royale  de  Creil,  moyennant  100  livres. 


CENSIVES   DE  CREIL 


Le  sieur  Antoine-FYançois-César  Bernico,  notaire  k  Creil, 
tient  à  bail,  pour  neuf  années,  les  droits  de  censlve  de  Creil, 
moyennant  120  livres. 


LE  DROIT  DE  TRAVERS  DE  CREIL 

Le  sieur  Jean-Baptiste  Watté,  aubergiste  à  Creil,  et  sa 
femme,  tiennent  à  bail,  pour  neuf  années,  les  droits  de  tra- 


Digitized  by  VjOO^IC 


COMTES   ENGAGISTES 


vers  par  terre  et  par  eau,  les  droits  de  langueyage  d( 
de  places  aux  foires  et  marchés,  moyennant  450  livr 


PRES   DE  CHATILLON,  TERRES   DE  CREIL  ET  DE  CANN 

Le  sieur  François-Louis-Etienne  de  Belleville, 
épouse,  ont  pris  à  bail,  pour  neuf  années,  les  terres 
ci-dessus,  moyennant  320  livres. 


NOGENT-LES- VIERGES 

DROITS   DE  PONTENAGE 

Le  sieur  Louis-Joseph  Lefort,  négociant  à  Noi 
Vierges,  et  sa  femme,  tiennent  à  ferme,  pour  Iroii 
neuf  années,  le  droit  de  pontenage  de  Xogent-les- 
moyennant  360  livres. 


LES   DIXMES   DE  CRA.MOISY 

Le  sieur  Pierre  Desmazures,  laboureur,  tient  à  b 
neuf  années,  les  droits  de  dixmes  de  Cramoisy,  poi 
en  appartient  à  S.  A.  S.,  et  un  arpent  de  terre,  me 
550  livres. 


MONSIEUR  FRÈRE  DU.  ROY 

Doit,  à  cause  de  la  propriété  du  domaine  de  G 
240  livres  7  sols  6  deniers  de  rente  foncière  au  dor 
Creil. 


Digitized  by 


Google 


74  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN  BEAUVOISIS 


MOUVANCES 

Le  contrat  d'engagement  de  1569  avait  attribué  à  Tenga- 
giste  du  Comté  de  Clermont  tous  les  hommages,  vassaux  et 
vasselages  avec  les  quints,  requints,  lods  et  ventes,  profits  de 
fiefs  y  appartenant.  Une  usurpation  du  Bureau  des  finances 
de  Soissons  vint,  en  1674,  enlever  aux  officiers  du  Bailliage 
la  réception  des  fois  et  hommages,  aveux  et  dénombrements  ; 
mais  un  arrêt  du  Conseil,  de  janvier  1725,  les  rétablit  dans 
l'exercice  de  leurs  droits.  Je  n'entreprendrai  pas  Ici  de  dresser 
la  nomenclature  des  mouvances,  que  j'ai  déjà  donnée  en  dé- 
tail (1).  Je  rappellerai  seulement,  d'après  le  manuscrit  de  Bos- 
qulUon,  les  terres  titrées  qui  relevaient  du  Comté.  C'étaient  : 

—  D'abord  le  duché  de  Fitz- James,  ancienne  seigneurie 
de  Warty,  acquise  en  1704,  de  la  maison  de  Gruel  de  la  Frette, 
par  le  maréchal  de  Berwlck.  Des  lettres  patentes,  de  mal  1710, 
l'avalent  érigée  en  duché-palrle  sous  le  nom  de  Fllz-James 
avec  union  des  seigneuries  d'Alrlon  et  de  Fournlval.  Er- 
query  y  fut  Incorporé  en  1711  :  Etouy,  Lltz  et  La  Rue-Salnt- 
Pierre  en  1732  ;  les  fiefs  de  Courlleu,  Luzarche,  Nlquet  et 
Sainte-Barbe,  sur  le  territoire  de  La  Neuville,  en  1749  (2). 
Jacques-Charles,  duc  de  Fltz-James,  pair  de  France,  maré- 
chal de  camp,  comparut,  en  1789,  à  l'assemblée  du  Bailliage 
de  Clermont.  Il  était  arrlère-petlt-fils  du  maréchal. 

—  Puis  l'ancien  duché  de  Boujfiers,  dont  le  nom  et  la  situa- 
tion avalent  changé  deux  fols  depuis  que  des  lettres  patentes, 
du  14  septembre  1695,  avalent  érigé  en  duché,  au  profit  du 
maréchal  de  Boufflers,  son  comté  de  Calgny  avec  union  de 
Bonnlères,  Bulcourt,  Haucourt,  Lhéraule,  Vrocourt,  Trous- 
sures,  et  ultérieurement  de  Molmont,  Courroy,  Foullloy,  La 


[ï]  Le  Dénombrement  de  f573.  La  Réformation  de  la  Coutume, 
(2)  Avant  l'érection,   la  foi  et  hommage  de  ces  terres  se  portait  au 
Comté;  elles  relevèrent  nuemenl  depuis  de  la  Tour  du  U>uvre. 


Digitized  by 


Cookie 


COMTES  ENGAGI8TE8  75 

Tour-d'Auneuil,  ainsi  que  de  la  châtellenie  de  Milly,  dont 
il  possédait  un  tiers  à  titre  héréditaire  et  acheta  les  deux 
autres  tiers,  le  26  février  1699,  au  prince  de  Carignan.  Vendu 
sur  la  succession  vacante  du  troisième  duc  de  Boufflers,  le  du- 
ché fut  acquis,  au  mois  d'août  1757,  par  le  comte  de  Saisseval, 
seigneur  de  Feuquières.  Son  fils  obtint,  en  Juillet  1766,  l'érec- 
tion du  ci-devant  duché  en  marquisat  de  Saisseval.  Des  lettres 
patentes,  d'août  1782,  autorisèrent  le  démembrement  de  cette 
grande  seigneurie  qui,  réduite  à  Caigny,  Milly,  Bonnières  et 
Haucourt,  fut  achetée,  le  30  juin  1783,  par  le  comte  de  Grillon, 
brigadier  des  armées  du  roi.  Des  lettres  patentes  changèrent, 
sur  sa  demande,  le  nom  de  Caigny  en  celui  de  Grillon,  que  le 
bourg  porte  encore  aujourd'hui.  Le  comte  de  Grillon  figura 
à  l'Assemblée  du  Bailliage  de  Glermont  comme  seigneur 
châtelain  de  Milly,  mais  seulement  par  procureur.  Il  prési- 
dait alors,  en  effet,  l'assemblée  du  Bailliage  de  Beauvais  en 
qualité  de  grand  Bailli  d'épée. 

—  Le  marquisat  de  Conti,  dont  la  date  d'érection  est  inconnue 
et  qui,  après  avoir  appartenu  aux  princes  de  Condé,  lesquels 
en  retinrent  le  titre  de  prince  de  Gonti  malgré  l'aliénation 
faite,  en  1628,  aux  Béthune-Sully,  était  possédé,  en  1789,  par 
le  duc  de  Groy  et  d'Havre. 

—  Le  marquisat  de  Franconvllle-aux-Bo/s  et  de  Baillet-en- 
France,  érigé,  par  lettres  de  juin  1619,  pour  Jacques  d'O.  Ses 
possesseurs,  en  1789,  étaient  les  enfants  mineurs  de  Louis  de 
Brancas,  duc  de  Lauraguais,  et  d'Adelaïde-Geneviève-Féli- 
cité  d'O. 

—  Le  marquisat  de  Verderonne,  érigé,  en  octobre  1650,  en 
faveur  de  Glaude  de  Laubespine,  vendu,  en  1759,  au  comte 
d'Andlau,  mestre-de-camp  de  cavalerie.  Il  appartenait  en  1789 
à  sa  veuve  Marie-Henriette  de  Polastron,  qui  comparut  par 
procureur  à  l'assemblée  du  9  mars  1789. 

—  Le  marquisat  de  Nointel,  qui  avait  été  l'objet  de  deux 
érections,  en  1634  et  en  1697,  avec  union  de  Ronquerolles,  Gi- 
court,  Béronne,  Autreville,  Agnetz,  Boulincourt  et  Breuil-le- 
Sec,  et  venait  d'être  acquis  par  le  duc  de  Bourbon  (décem- 
bre 1787). 

—  Le  marquisat  de  Liancouri,  érigé,  en  août  1673,  en  faveur 
de  Roger  du  Plessis,  duc  de  La  Rocheguyon,  avec  union 


Digitized  by 

I m^^ ■*      -■ 


Google 


n 


76  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN  BEAUVOISIS 

pt,  Bailleval,  Brenouille,  Cauffry,  La  Bruyère,  Lal- 
lonneville,  Monchy-Sainl-Eloi,  Monceaux,  Ranti- 
K,  Rozoy  et  Cambronne.  Sa  petite-fille  le  porta  à 
II,  duc  de  La  Rochefoucauld,  et  leurs  enfants  furent 
i  de  Liancourt.  Le  marquisat  appartenait,  en  1789, 
irle  de  La  Rochefoucauld,  veuve  du  duc  d'Estlssac. 
XTquisaLideGournat/sur'Aronde,  érigé,  en  avril  1693 
livement  confirmé  en  1720  et  1760.  Il  comprenait 
étendue  Antheuil,  Margny-sur-Matz,  Neufvy,  Ma- 
otte. 

narquisat  de  Ponceaux,  qui,  avec  Montreuil-sur- 
:  Campremy,  fut  institué,  par  lettres  de  juin  1723, en 
Paris  de.La  Brosse,  président  en  la  Chambre  des 
lont  les  descendants  le  possédaient  encore  en  1789. 
irquisat du  Plessis-Villette,  formé,  en  mars  1763,  du 
ngueau,  de  Sarcus,  de  Bazincourt,  d'Houdancourt» 
de  la  châtellenie  de  Sacy-le-Grand.  Pierre-Charles 
e,  son  propriétaire,  comparut  à  l'assemblée  du 
J9. 

itte  assemblée  comparut  également  le  marquis  de 
mme  seigneur  de  Sarcus,  possédé  pendant  plusieurs 
r  la  famille  de  Tiercelin  de  Brosses,  avec  titre  de 

mté  d*On8-en-Braf/,  érigé  par  lettres  de  juillet  1702, 
n  de  Villers-Saint-Barthélemy  et  Saint-Aubin.  Dé- 
jnné,  en  1789,  contre  son  possesseur, 
comté  de  Breuil-le-Veri,  achetée  en  1719  par  le  duc 
m  sur  la  succession  de  François  Forget,  en  faveur 
le  avait  été  érigée  par  lettres  de  février  1674. 
comté  û'Hannaches,  sans  origine  certaine,  pour  la- 
comte  de  Sarcus  comparut  à  l'assemblée  du  9 

iiomié  de  Cressonsacq,  également  sans  lettres  d*érec- 
le  Guvelier,  veuve  du  conseiller  d'Etat  Ogier,  ci-de- 
assadeur  en  Danemark,  comparut  par  procureur, 
ime  de  Cressonsacq,  à  l'assemblée  du  9  mars, 
î  de  vicomte  était  encore  attribué,  sans  origine 
la  seigneurie  d'Arcy,  possédée  en  1789  par  le  mar- 
ouy,  et  à  la  seigneurie  d'Argenlieu,  qui  compre- 


Digitized  by 


Google, 


COMTES   ENGAGISTES 

naît  Avrechy,  Cuignières,  Le  Metz,  Bizaucourt  et  Lamecoui 
En  1789,  défaut  fut  donné  contre  le  sieur  Gavé  d'Haudicou: 
seigneur  d'Argenlleu. 

—  Trois  baronnies  étaient  dans  la  mouvance  du  Comté 
Clermont,  une  sans  lettres,  celle  de  Gicourt  unie  au  marqi 
Bat  de  Nointel;  celle  d'Houdenc-en-Bray,  érigée  en  ja 
vier  1608  avec  Blicourt,  et  pour  laquelle  le  sieur  de  Go 
quault,  marquis  d'Avelon,  comparut,  par  procureur, 
l'assemblée  du  9  mars  :  celle  de  Belloy,  qui  datait  de  novei 
bre  1646,  dont  le  comte  de  Bernetz  était  seigneur  en  1789. 

A  la  Restauration,  le  prince  de  Condé,  en  conformité  de 
loi  du  5  décembre  1814  (art.  2),  fut  remis  en  possession  de  ce 
de  ses  biens  qui  n'avaient  pas  été  vendus  et  faisaient  partie 
domaine  de  l'Etat  :  c'étaient,  au  Comté  de  Clermont,  les  tail 
de  la  forêt  de  Hez,  les  bois  de  Ronquerolles  et  des  Côtes.  C 
taillis  et  bois  passèrent,  par  sa  mort  (13  mai  1818),  à  son  1 
Louis-Henri- Joseph,  né  le  23  avril  1756,  de  son  maria 
avec  Charlotte-Godefride  de  Rohan-Soubise.  Les  biens  r( 
titués,  en  1814,  l'avaient  été  avec  leur  caractère  primitif 
domaine  engagé.  Le  prince  voulut  en  acquérir  la  proprli 
et  fit,  à  cet  effet,  les  'soumissions  prescrites  par  les  artic 
12  et  14  de  la  loi  du  14  ventôse  an  vu.  Un  procès-verh 
ouvert  le  17  décembre  1827  et  clos  le  10  octobre  1828,  fixi 
1,806,583  francs  la  somme  qu'il'  avait  à  payer  de  ce  cb 
savoir  :  410,920  fr.  25  pour  les  fonds  et  taillis  (1)  et  1, 395,662  fr. 
pour  la  valeur  de  la  futaie,  et  un  arrêté  préfectoral  du  26  : 
vembre  1828  le  déclara  et  reconnut,  en  conséquence  du  pa 
ment  de  cette  somme,  propriétaire  incommutable  (2).  L'; 
née  suivante,  aux  termes  d'une  transaction  passée  devi 
M*  Lefèvre,  notaire,  le  27  mars,  il  céda  à  la  ville  de  Clerm 
l'hôtel  de  ville,  les  vieilles  prisons  sises  rue  de  la  Masquei 


|i)  Ces  fonds  et  taillis  avaient  été  évalués  à  1,613,681  livres,  dont, 
termes  de  l'article  14  de  la  loi  de  ventôse,  l'engagiste  devait  paye 
quart  pour  acquérir  la  propriété  incommutable. 

(2)  Archives  de  l'Oise.  Série  K. 


Digitized  by 


Google 


78      ^  LE  COMTÉ   DE  CLERMONT  EN  BEAUVOISIS 

et  le  Ghâtellier,  moyennant  une  rente  annuelle  de  300  francs, 
au  capital  de  6,000  francs  (1). 

Institué  légataire  universel  de  la  maison  de  Condé,  par 
un  testament  du  30  août  1829,  Henri  d'Orléans,  duc  d'Aumale, 
a  vendu,  en  1886,  les  taillis  de  la  forêt  de  Hez  et  remplace- 
ment de  l'ancien  couvent  de  La  Garde  (2).  Le  31  décembre  de 
la  même  année  il  a  fait  donatioaà  la  commune  de  La  Neuville- 
en-Hez  de  l'emplacement  de  l'ancien  château,  sur  le  tertre 
duquel,  se  référant  à  la  tradition  locale  qui  fait  naître  le  roi 
saint  Louis  en  ce  lieu,  il  avait  érigé,  en  1879,  une  statue  en 
bronze  de  son  illustre  aïeul,  qui,  l'on  s'en  souvient,  constitua 
à  la  Maison  de  Bourbon  le  Comté  de  Glermont  en  Beauvoisis 
comme  premier  apanage. 


(1)  Le  donjon  avait  été  vendu  natlonalement.  Racheté,  en  1805,  par 
l'administration  départementale  au  prix  de  17,000  livres,  il  est  devenu, 
depuis  1826,  le  siège  d'une  maison  centrale  de  correction  pour  les 
femmes.  La  ville,  qui  avait  joui  de  temps  immémorial  des  Immeubles  et 
promenades  énumérés  dans  la  transaction  du  27  mars,  en  avait  d'abord 
prétendu  la  propriété  exclusive.  Dès  1824,  elle  avait  fait  abandon  au 
département  des  anciennes  prisons,  qui  furent  vendues,  le  18  juillet  1829, 
par  le  sous-préfet  en  vertu  d'une  ordonnance  du  5  novembre  1828. 

(2)  Les  bols  des  Côtes  et  de  Ronquerolles  avaient  été  aliénés  en  1849. 


Digitized  by 


Google 


Digitized  by 


Google 


1 


3     ^ 

•9  C 


Sifi 

»  <  =c 

7  g  gt 

Cm    ^    §; 

5  «Il 

s   ? 


« 


Digitized  by 


Google 


COMTES   ENGAGISTES 


CHAPITRE  V 

Clermont  en  1789.  Description  de  la  ville.  Organisation  rel 
(lieuse.  Le  chapitre  Notre-Dame.  L'église  Saint-Samsoi 
Les  Trinitaires.  Les  Ursulihes.  U Hôtel- Dieu.  Enseignemei 
primaire  gratuit.  Le  Collège.  Maîtrise  des  eaux  et  forêt 
Grenier  à  sel.  Élection.  Bailliage.  Le  subdélégué  de  Vlniet 
dant  de  Soissons.  L'assemblée  d'élection  de  1787,  Les  éla 
lions  aux  États  Généraux  de  1789. 

Après  avoir  donné  la  liste  des  seigneurs  qui  possédèren 
comme  engagisles,  le  Comté  de  Clermont,  de  1569  à  1789,  ( 
cherché  à  fixer  pendant  cette  période  les  détails  de  son  hi 
loire,  il  convient  d'indiquer  quelle  était,  au  moment  c 
la  Révolution,  l'organisation  du  Comté  au  quadruple  poii 
de  vue  religieux,  judiciaire,  financier  et  administratif.  Ce 
ce  que  je  vais  essayer  de  faire.  Mais  auparavant,  je  crois  d( 
voir  emprunter  aux  monographies  de  Graves  et  de  MM.  D( 
bauve  et  Roussel,  ainsi  qu'à  l'ouvrage  manuscrit  de  M.  c 
Beauminy  (1),  la  description  de  la  ville  de  Clermont  (2).  El 
se  composait  de  trois  parties  distinctes  :  le  château,  la  vil 
haute,  la  basse  ville. 

Le  château,  à  l'extrémité  N.-E.  et  à  la  cime  de  la  montagni 


(1)  Mort  le  29  mars  1847.  M.  Ghrestien  de  Beauminy  a  laissé  c 
curieuses  anecdotes  de  la  ville,  domaine  et  comté  de  Clermont.  Ell( 
sont  demeurées  manuscrites. 

(2)  Cette  ville  est  située  sur  une  élévation  entre  Beauvais,  Senll 
Gompiègne  et  Montdidier,  sur  la  route  de  Paris  à  Amiens,  à  14  lieui 
de  distance  de  ces  deux  villes.  Aimanach  historique  de  la  ville 
diocèse  de  Sentis,  contenant  aussi  la  nomenclature  des  personnes  ( 
place  des  villes  de  Compiègne,  Pontoise,  Clermont,  Beaumont-sur-Ois 
et  des  principaux  lieux  du  ressort  du  Présidial  de  ladite  ville  de  Senli 

Année  1787.  —  Scnlis.  Des  Rocques,  seul  imprimeur-lib.  de  la  vil 
et  du  diocèse.  —  Se  vend  à  Clermont  chez  M.  Durand,  organiste. 


Digitized  by 


Google 


80  LE  COMTK  DE  CLERMONT   EN   BEAUVOISIS 

occupait  non  seulement  remplacement  de  la  prison  actuelle, 
mais  aussi  l'espace  limité  par  la  rue  de  l'Église  et  par  celle 
du  Châtellier,  où  l'on  voit  encore  une  porte  fortifiée.  Il  avait 
la  forme  d'une  tour  carrée. 

«  L'édifice  le  plus  remarquable  de  Clermont  pour  son  ancien- 
neté et  pour  sa  construction  extraordinaire,  écrivait  Cambry, 
en  1803  (1),  est  le  château  ;  il  est  rare  de  voir  en  France  une 
vue  plus  étendue  que  celle  dont  on  jouit  à  son  sommet,  sur 
quelque  point  de  l'horizon  qu'elle  se  promène.  On  aperçoit 
au  S.-E.  les  bois  de  Senlis  et  plus  loin,  lorsque  l'atmosphère 
est  dégagée  de  toutes  vapeurs,  on  distingue  jusqu'à  la  com- 
mune de  Dammartin.  Vers  le  Midi,  l'on  peut  apercevoir  le 
château  de  Gliamplâtreux,  les  environs  de  Luzarches,  de 
Beaumont,  et  même  de  Méru  en  se  tournant  vers  le  S.-O. 
Au  couchant,  la  vue  se  promène  sur  la  jolie  forêt  de  La 
Neuville-en-Hez  ;  on  distingue  dans  le  lointain  la  cathédrale 
de  Beauvais.  Au  N.-O.,  l'œil  s'arrête  sur  le  parc  et  les  vastes 
ruines  du  château  de  Fitz-James.  On  assure  que  de  la  plate- 
forme du  château  on  peut  apercevoir  trente  paroisses  et  leurs 
environs,  quinze  montagnes,  dix-huit  bois,  parcs  ou  forêts  et 
des  milliers  de  collines,  chargées  d'arbres  fruitiers.  » 

La  ville  proprement  dite,  ou  haute  ville,  qui  comprenait 
dans  son  étendue  l'église  Saint-Samson,  l'hôtel  de  ville,  et 
devant  ce  dernier  édifice  une  place  garnie  dç  deux  puits,  et 
agrandie  au  commencement  du  xixl  siècle  par  la  démolition 
des  boucheries  qui  l'encombraient,  était  bornée  par  le  châ- 
teau au  N.-E.,  par  un  mur  qui  passait  à  l'Ouest  dans  les  jar- 
dins au-dessus  du  chemin  du  tour-de-ville  et  qui  venait 
s'appuyer  à  l'Hôtel  de  ville,  et  à  l'Est  par  un§  clôture  parallèle 
à  l'ancienne  route  de  Compiègne.  Il  y  avait  une  porte  sur 


(1)  Description  du  département  ds  l*Oise,  t.  I,  p.  281.  «  En  se  ren- 
dant de  Paris  à  Clermont,  cette  dernière  ville  n'offre  rien  de  frappant 
aux  yeux  des  voyageurs  ;  mais  son  entrée  par  la  route  de  Beauvais  a 
quelque  chose  d'imposant.  I^cs  prisons,  le  château,  quelques  clochers, 
ia  disposition  de  ses  larges  faubourgs  sur  une  ligne  qui  court  du  nord 
au  midi,  lui  donnent  l'aspect  d'une  des  grandes  cités  de  la  France,  o 
Ibidem,  p.  279. 


Digitized  by 


Google 


CLEHMONl    F.X    1789 

la  courtine  de  l'Est  à  rextrémité  basse  de  la  pi 
lée  porte  du  Bourg;  une  autre  porte,  dite  de 
Vert,  était  ouverte  au  bout  de  la  rue  des  Lombardï 
la  tour  de  Buha  qui  renfermait  les  prisons  ;  une 
dont  il  a  été  déjà  parlé  et  qu'on  nommait  porte  ( 
était  dans  la  rue  du  Cliâtellier  et  conduisait  à  P< 
Maxence  et  à  Gompiègne  par  le  faubourg  du  Pont 
ainsi  appelé  du  pont  sur  lequel  on  traversait  la 
Brèche. 

La  basse  ville  tenait  à  la  haute  ;  elle  descenda 
rue  de  Mouy  jusqu'au  couvent  des  Ursulines,  occi 
d'hui  par  le  collège,  devant  lequel  était  la  porte 
construite,  vers  1544,  sur  l'ordre  de  Charles  de  F 
d'Orléans,  comte  de  ClermonI,  dont  les  armes 
au-dessus  de  celte  pçrte  ;  l'entrée  au  Sud-Est  é( 
par  la  porte  de  Creil,  et  une  troisième  porte,  dil 
taines,  existait  dans  la  rue  de  ce  nom,  au-dessus  i 
voir. 

La  basse  ville  était  appelée  le  faubourg  ou  plus 
ment  le  faubourg  Saint-André,  à  cause  du  cou 
nom  dont  la  maison  conventuelle  est  devenue 
Préfecture  ;  elle  avait  cependant  encore  de  véri 
bourgs  en  deliors  de  ses  portes  :  l'un  dit  de  Saint 
cause  de  la  chapelle  de  l'ancienne  Léproserie, 
l'Equipée,  s'étendant  jusqu'à  la  Brèche  et  conduis? 
didier  d'une  part,  à  Saint-JusL  et  à  Amiens  de  l'ai 

Les  murs  d'enceinte  à  mâchicoulis  étaient  coni 
distance  en  distance  par  des  tours  carrées  ;  les  po 
flanquées  de  tours  rondes.  Un  fossé  rempli  d'eau 
un  boulevard  extérieur,  complétait  les  défenses  c 
Il  était  alimenté  par  un  vaste  réservoir  creusé  su 
actuel  du  Chàtellier  et  qui  recevait  l'eau  élevée  p; 
duils  de  la  Brèche  dans  le  château. 

Clermont  avait  été  déclassé  comme  place  forte,  ( 
fortifications  cessèrent  dès  lors  d'être  entretenues 
étaient  remplis  vers  1762,  et,  à  partir  de  1767,  furen 
concédés  aux  propriétaires  limitrophes,  pour  < 
jardins.  La  porte  des  prisons  ou  de  Breuil-le-Verl 
la  ville  furent  démolies  en  1758,  la  porte  de  Paris 


Digitized  by 


Google 


--f^7S75:T^,^' 


82  l.li  COMTÉ  DE  CLERMONT   EN   BEAUVOISIS 

Le  nombre  des  maisons,  à  Glermont,  était  en  1791  de  480, 
et  la  population  de  la  ville  s'élevait  à  2,051  habitants.  «  Gler- 
mont, écrivait  Cambry  en  1803,  n'est  entretenu  que  par 
l'argent  qu'y  laissent  la  multitude  de  routiers,  de  voyageurs 
qui  le  traversent  ou  s'y  reposent,  et  par  quelques  particuliers 
qui  s'y  sont  retirés  pour  achever  paisiblement  leurs  jours. 
On  n'y  connaît  aucun  genre  d'industrie  ;  il  ne  sert  pas  môme 
d'entrepôt  aux  fabriques  de  Bulles,  de  Mouy,  de  Tricot  qui 
l'environnent.  »  Cependant  le  marclié  aux  grains  de  Glermont 
était  le  siège  d'un  commerce  considérable.  Ge  marché  exis- 
tait d'ancienneté.  Le  traité  de  Police  de  Delamarre  (livre  V, 
titre  xcv,  ch.  IX),  dit  à  ce  sujet  :  «  11  se  tient  toutes  les  se- 
maines un  marché  de  blé  à  Glermont,  où  il  se  fait  un  grand 
commerce;  non  seulement  ceux  du  pays  y  apportent  les 
grains  qu'ils  ont  à  vendre,  mais  il  en  vient  encore  une  plus 
grande  quantité  du  Santerre  qui  n'en  est  pas  éloigné.  Des 
blastiers,  qui  s'y  trouvent  toujours  en  assez  grand  nombre, 
achètent  la  plus  grande  partie  des  blés  ;  les  uns  les  condui- 
sent, à  somme  ou  en  charrette,  à  Gonesse  ou  jusqu'à  l^aris,  et 
c'est  ce  qu'on  nomme  à  la  halle  blé  picard  ;  d'autres  les 
mènent  au  marché  de  Beaumont,  où  les  boulangers  de  Paris 
les  achètent  et  les  font  convertir  en  farine  par  les  moulins 
qui  sont  sur  la  rivière  d'Oise.  »  Le  marché  de  Glermont  s'est 
perpétué  jusqu'à  nos  jours  et  continue  à  se  tenir  le  samedi, 
mais  la  création  des  voies  ferrées  et  la  modification  des 
usages  du  commerce  en  ont  singulièrement  diminué  l'im- 
portance (1). 

—  Au  spirituel,  le  Gomté  de  Glermont  appartenait  tout  entier 


(1)  La  ville  de  Glermont  possédait,  en  outre,  trois  foires  qui  subsis- 
tent encore  :  celle  de  la  Chandeleur,  celle  de  Saint-Laurent,  autrefois 
célèbre  par  le  commerce  considérables  des  poteries  qu'y  apportaient 
les  fabricants  de  Limoges,  celle  de  Saint-André,  pour  les  chevaux, 
bestiaux,  toiles,  poteries  et  plants  d'arbres.  Il  y  avait  aussi  jusqu'à  ces 
derniers  temps,  dans  la  saison  des  fruits  rouges,  un  marché  très  consi- 
dérable ;  le  débit  qu'on  en  faisait  était  prodigieux  et  s'élevait  dans  les 
années  abondantes  à  plus  de  80,000  francs.  On  y  apportait  des  fruits  de 
toute  la  Picardie...  De  Beauminy.  Anecdotes  manuscrites. 


Digitized  by 


Google 


mw^' 


CLERMOXT   KN    1789  83 

au  diocèse  de  Beauvais  et  formait  l'un  de  ses  archidiaconés. 
Cet  archidiaconé,  appelé  aussi  Archidlaconé  majeur  (1),  se 
subdivisait  en  trois  doyennés  :  Beaumonl-sur-Oise,  Mouchy 
et  Clermont.  Le  doyenné^  de  Clermont  comprenait  quatre 
collégiales  (2),  trente-quatre  cures,  un  vicariat,  trente-quatre 
chapelles,  neuf  prieurés  (3),  trois  couvents  (4),  deux  comman- 
deries  (5),  onze  établissements  liospitaliers  (6). 

Au  xiv  siècle,  tous  les  Inonastères,  toutes  les  églises,  qui 
avaient  maisons,  terres,  ressorts  et  possessions  en  la  Comté 
de  Clermont,  étaient  placés  sous  la  garde  du  Comte,  et  rele- 


(1)  Doladreue  et  Pihan,  Géographie  historique  du  déparlemeni  de 
rOiae. 

(2)  Notre-Dame  de  Saint-Arnoul  de  Clermont,  Notre-Dame  de  Melio, 
Saint-Evromont  de  Creil,  Monlalaire. 

(3)  Breull-le-Vert,  ordre  de  Saint-Benoit,  hommes,  dépendant  de 
Saint-Germer  ;  Saint-Léonard  de  Montatairo,  hommes,  ordre  de  Saint- 
Benoit,  dépendant  de  Jumi^ges  ;  Saintes-Maure-et-Brigitte  de  Nogent- 
les-Vierges,  hommes,  ordre  de  Saint-Bcnott,  dépendant  de  l'abbaye  de 
Fécamp  ;  Sainl-Arnoul,  près  Clermont,  hommes,  ordre  de  Saint-Benoit» 
dépendant  de  l'abbaye  de  Sainl-Germor  ;  Saint-Christophc-en-Halatte, 
hommes,  ordre  de  Saint-Benoit,  dépendant  deCluny;  Saint-Leud'Esse- 
rent,  hommes,  ordre  de  Saint-Benoll,  dépendant  de  Cluny  ;  Sainte- 
Madeleine  de  Mello,  hommes,  ordre  de  Saint-Benoit,  dépendant  de  Ve- 
zelay  ;  Saint-Césaire  de  Bantigny,  hommes,  ordre  de  Saint-Benoit, 
dépendant  de  Sainl-Fascien  d'Amiens  :  Saint-ThibauU-en-Hez,  ordre  de 
Saint-Benoit,  dépendant  de  Saint-Symphorien  de  Beauvais. 

(4)  Les  Trinitaires  de  Clermont  les  Ursulincs  de  Clermont,  les  Frères 
mineurs  de  Saint-François  de  la  Garde,  dans  la  forêt  de  Hez,  qui  était 
devenu  une  maison  de  détention  au  xviu'=  siècle.  A  ces  trois  couvents, 
il  convient  d'ajouter,  à  cause  de  leurs  relations  intimes  avec  le  Comté 
de  Clermont,  l'abbaye  do  Froidmont,  de  l'ordre  de  Citeaux,  hommes,  qui 
appartenait  au  doyenné  de  Mouchy,  ainsi  que  l'abbaye  ou  prieuré  de 
femmes  de  VVariville,  dépendant  de  Fontevrault,  qui  appartenait  au 
doyenné  de  Breteuil. 

(5)  La  commanderie  de  Saint-Georges  de  Laigneville  ;  la  comman- 
derie  de  Neuilly-sous-Clermont. 

(6)  Hôtel-Dieu  de  Clermont,  maladrerie  de  Saint-Laurent  à  Clermont, 
flôtelDieu  et  maladreries  de  Creil,  de  La  Neuville-en-Hez,  de  Mello,  de 
Mouy  ;  maladreries  de  Laigneville,  de  Monchy-Saint-Eloi,  de  Nogenl- 
lesVierges,  de  Saint-Leu-d'Essercnt,  du  port  de  Verneuil. 


Digitized  by 


Google 


TE   DE  GLEHMONT  T,N   BEAUVOISIS 

i  qu'en  témoigne  le  premier  chapitre  du 
1373  (1).  Autre  se  trouvait  la  situation  au 
Comte  n'avait  conservé  de  pouvoir  qu'à 
sements  sur  lesquels  les  titres  de  fondation 
droits  spéciaux,  tels  que  ceux  de  collation, 
ir  les  conflus  des  deux  paroisses  de  Breuil- 
z,  n'eut  pendant  plusieurs  siècles  d'autre 
giale  édifiée  dans  l'enceinte  du  château, 
me,  cette  collégiale  avait  pour  second  pa- 
(2).  Elle  se  prétendait  de  fondation  royale, 
antérieure  à  la  seconde  moitié  du  xi*  siècle, 
1  dire  de  Louvct  (Histoire  et  Antiquités  du 
i,  II,  200).  Détruite,  d'abord  en  1359,  par  le 
it  de  nouveau  pendant  les  troubles  de  la 
té  reconstruite  en  1714,  ainsi  que  je  l'ai  dit, 
la  princesse  d'Harcourt.  Les  prébendes 
3  de  treize  ;  elles  étaient  à  la  collation  du 
l'une  à  l'abbé  de  Saint-Quentin  de  Beau- 
bé  de  Froidmont,  lesquels  étaient  tenus, 
IX  fruits,  de  venir  oflicier  à  la  collégiale  à 
L'année,  et  la  prébende  préceptoriale  insti- 
mce  d'Orléans  et  affectée  au  collège.  Le 
aire  depuis  la  suppression  de  la  Trésorerie, 
réséance  aux  chœur  et  chapitre  et  droit 
solennelles.  Il  y  avait,  en  outre,  cinq  cha- 
ition  du  chapitre  et  desservies  chacune  par 


)rmont  en  Beauvoisis.  Le  Dénombrement  de  1373, 

donation  faite,  vers  le  milieu  du  xi"  siècle,  au  cha- 
saint  par  le  prieuré  de  Crépy.  En  reconnaissance 
îuleuse  obtenue  par  l'attouchement  de  cette  re- 
}uibcrt  de  Nogent  avait  institué,  à  perpétuité,  un 
it  des  clercs  qui  assisteraient  à  roffice  de  saint 
fête.  Le  repas  ne  tarda  pas  à  dégénérer  en  abus 
e  de  Bourbon  mit  un  terme  par  lettres  d'août  1347 
festin  une  rente  de  20  livres  parisis.  —  Le  bras  de 
Lé  perdu  dans  l'incendie  de  1359,  le  chapitre  obtint 
au  xvii«  siècle,  l'envoi  d'une  nouvelle  relique. 


Digitized  by  VjOO^IC 


CLERMONT  EN    1789  85 

un  prêtre  particulier  sous  les  titres  de  Saint-Sébastien,  Saint- 
Lucien,  Saint- Jean  l'Evangéliste  et  du  Grand  Autel.  Le  mi- 
nistre ou  supérieur  du  couvent  de  la  Trinité  et  le  curé  de 
Saint-Samson  devaient  et  étaient  tenus  de  porter  la  fierté  ou 
châsse  contenant  une  partie  de  la  vraie  croix,  ainsi  que  les 
reliques  de  saint  Arnoul,  à  la  procession  le  jour  de  l'Ascen- 
sion. 

Les  revenus  du  chapitre,  considérables  à  l'origine  (1). 
avaient  subi  des  réductions  sensibles  au  cours  des  siècles  et 
n'étaient  plus  évalués,  en  1730,  qu'à  6,000  livres.  L'église  collé- 
giale a  été  démolie,  en  1794,  sans  laisser  de  traces  (2).  On 
trouve  à  l'Assemblée  générale  des  trois  ordres,  en  1789, 
deux  chanoines  comme  députés  du  chapitre,  François  Babille, 
licencié  es  lois,  et  Lucien  Waré,  principal  du  collège,  cha- 
pelain de  Saint-Louis  de  Canectancourt. 

—  G'esten  1825  que  par  les  soins  des  chanoines  et  de  Louis  V\ 
duc  de  Bourbon,  fut  construite,  à  l'entrée  du  bourg,  au- 
dessous  du  château,  l'église  paroissiale  que  Jean  de  Marigny, 
évèque  de  Beauvais,  consacra  deux  ans  après  sous  le  vocable 
de  saint  Samson,  évoque  de  Dol,  auquel  saint  Nicolas  fut 
adjoint  dans  le  siècle  suivant  comme  deuxième  patron. 
Le  chapitre  avait  conservé  la  desserte  de  l'église  et  cha- 
cun des  chanoines  faisait  le  service,  à  tour  de  rôle,  pen- 
dant une   semaine.    Une   bulle  d'Innocent  VIII,  en  1489 


(1)  Dénombrement  de  /373,  p.  126.  Les  biens  du  chapitre  étaient 
situés  à  Clermont,  Airion,  BreuilleSec,  Senocourt,  Saint-Remy-en- 
l'Eau,  Nôurard-le- Franc,  Warly.  Il  percevait  les  dîmes  à  Breuil-le-Verl, 
Epineuse,  Catenoy,  Erquinvilliers,  Ars  et  Godenvillers.  Le  département 
fait  par  le  clergé  de  France,  en  11)80,  imposait  au  chapitre  200  livres  de 
taxe  papîile  et  128  livres  2  sols  6  deniers  pour  taxe  royale.  A  la  suite 
de  deux  cents  ans  de  procès,  un  arrêt  du  19  mai  1745  statua  qu'il  serait 
fait  une  masse  totale  de  tous  les  revenus  du  chapitre,  qu'un  tiers 
serait  employé  aux  dépenses  communes,  un  tiers  réparti  également 
entre  tous  les  chanoines  et  un  tiers  distribué  comme  droits  de  pré- 
sence. De  Beauminy,  Anecdotes. 

(1)  Cette  église  n'avait  pas  de  bas-côtés.  On  accédait  par  un  escalier 
superbe  qui  comptait  environ  soixante  marches,  avec  plusieurs  repos, 
et  on  arrivait  sur  une  plateformeoù  se  trouvaient  le  clocher  et  le  portail. 


Digitized  by 


Google 


"'^wpi 


86  LE  COMTÉ  DE  GLERMONT   EN   BEAUVOISIS 

unit  la  cure  à  la  mense  capitulaire.  Un  curé  fut  inslllué 
en  litre  et  le  chapitre  en  eut  la  nomination  après  des 
difficultés  qui  ne  furent  aplanies  qu'en  1540  (1).  En  1789, 
l'abbé  Hauduroy  était  à  la  fois  chanoine  de  la  collégiale 
et  curé  de  Saint-Samson.  Des  fondations  nombreuses  et 
des  donations  avaient  enrichi  la  cure,  qui  ne  comprenait  pas 
dans  sa  circonscription  toute  l'étendue  des  faubourgs  :  une 
partie  de  ces  faubourgs  continuait  à  dépendre  des  paroisses 
de  Breuil-le-Vert  et  d'Agnetz  (2).  L'église  avait  été,  à  la  suite 
de  réparations  et  augmentations,  consacrée  à  nouveau,  en  1506, 
par  Louis  de  Villiers,  évêque  de  Beauvais.  Un  incendie,  causé 
par  la  foudre,  détruisit  le  clocher,  le  4  août  1785,  et  fondit  les 
cloches  (3). 

La  ville  de  Clermont  renfermait  deux  couvents,  l'un  de 
Trinitaires,  l'autre  d'Ursulines  ;  elle  possédait  un  Hôtel-Dieu 
ou  hospice. 

—  Primitivement  établis  au  bois  Saint- Jean,  paroisse  de 
Warty,  aujourd'hui  Fitz-James,  les  Trinitaires  ou  Mathurins 
avaient  été  transférés,  en  juillet  1244,  par  Alphonse  de  Por- 
tugal et  Mahaut.  comtesse  de  Clermont,  sa  femme,  à  l'ancien 
Hôtel-Dieu  de  Clermont,  situé  dan«  la  basse  ville,  sur  le  fief 


(1)  Los  chanoines  continuèrent  à  Mre  considérés,  jusqu'en  1789, 
comme  curés  primitifs. 

(2)  Cet  étal  de  choses  n'a  cessé  qu'en  vertu  d'une  ordonnance  royale 
de  février  1835. 

(3)  La  description  de  l'église  de  Sainl-Samson  a  été  faite  par  M.  le 
curé  Boufïîet,  dans  le  t.  I  de  VInventaire  général  des  Richesses  d'art 
de  la  France.  Voici  ce  qu'en  écrivait  D.  Grenier,  au  xvni*  siècle  : 
«  L'église  de  Sainl-Samson  a  été  bâtie  en  quatre  temps  dilîérenls.  Le 
grand  portail  et  la  tour,  où  est  l'esculier  pour  monter  au  clocher,  pa- 
raissent de  500  ans.  L'aile  gauche,  où  sont  les  fonts  et  les  chapelles,  parait 
avoir  été  ajoutée  au  grand  portail  sous  Charles  VII,  à  cause  de  trois 
fleurs  de  Us  qui  sont  à  la  voûte.  Le  clocher  parait  avoir  été  construit 
du  temps  de  Pierre  de  Bourbon  et  d'Anne  de  France,  sa  femme,  ce  qui 
se  reconnaît  par  leurs  écussom?,  mi-partie  de  Bourbon  et  de  France, 
placés  k  l'entrée  et  en  dehors  du  clocher.  Le  reste  de  l'église  a  été  bâti 
en  1540  avec  le  portail  du  Sépulcre.  C'est  un  édilice  considérable  tant 
par  son  élévation  que  par  sa  délicatesse.  »  (Collection  T  217,  p.  20,) 


Digitized  by 


Google 


CLERMONT   EN    1789 

Saint-André,  sous  la  condition  de  continuer  Thospitalité 
s'y  pratiquait.  Ils  remplissaient  encore  exactement  cette  o 
galion  en  1469.  Un  titre  de  ladite  année  porte  que  l'ég 
Saint-André,  de  l'ordre  de  la  Sainte-Trinité,  est  une  ég 
dévote  et  bien  servie,  et  que  ciiacune  heure  du  jour  les 
nistres  et  frères  de  ladite  église  y  re<;oivent  et  logent 
pauvres.  Les  guerres  du  xV  siècle,  pendant  lesquelle 
monastère  fut  deux  fois  incendié,  la  décroissance  de  le 
revenus  ne  tardèrent  pas  à  mettre  les  Trinitaires  hors  d  i 
de  remplir  les  conditions  de  leur  fondation.  En  1789,  le  l 
de  leurs  charges  montait  à  2,765  livres  ;  leurs  revenus 
argent  s'élevaient  à  3,030  livres  et  ceux  en  nature  comi 
naient  272  mines  de  blé,  72  mines  d'avoine  et  12  mi 
d'orge  (1).  Il  n'y  avait  alors  que  trois  religieux  et  le  minis 
définiteur  général  de  l'ordre,  qui  s'appelait  Pierre  de  Laii 
et  comparut  à  l'assemblée  générale  du  9  mars. 

L'église  construite  vers  1392  était,  dit-on,  un  monum 
d'architecture  remarquable  :  elle  était  située  sur  le  carref 
Saint-André.  Vendue  le  10  juillet  1793  au  prix  de  1  i,050  liv 
elle  fut  détruite  presque  aussitôt.  La  maison  conventue 
relevée  en  1549,  est  devenue  la  Sous-Préfecture. 

—  L'abandon  forcé  de  l'hospitalité  par  les  Trinitaires  dé 
mina  les  habitants  de  Clermonl  à  créer  un  nouvel  asile  p 
le  soulagement  des  pauvres  et  des  malades.  Sur  l'initiai 
d'un  bourgeois  delà  ville,  Raoul  Le  Caron,  sieur  du  Jonc, 
hospice  fut  construit  en  1492,  et  sa  chapelle  consacré 
3  août  1493  sous  l'invocation  de  sainte  Marie-Madelei 
L'administration  en  était  confiée  aux  maire  et  pairs  d 
ville  qui  y  mirent  des  religieuses  bénédictines.  L'élablij 
ment  se  maintint  sans  grands  développements  jusc 
l'union  prononcée  par  lettres  patentes  d'avril  1664  du  Rur 


(l)  Les  religieux  qui  avaient  possédé  jusqu'à  23  maisons  de  Clerm 
n'en  avaient  plus  que  3.  Ils  possédaient  en  outre  le  fief  de  la  Bon 
à  Giencourt,  celui  de  Bois  Saint  Jean  à  Fitz  James,  un  fief  à  Ca 
tancourt,  le  fief  de  GhameroUe  à  Balagny,  et  un  fief  à  La  Rue  Si 
Pierre,  des  terres  à  Cambronne,  Agnotz,  BIzanrourt,  Breuille 
Bailleval  et  Sacy-le-Grand. 


Digitized  by 


Google 


88  LE  COMTE  DE  CLERMONT   EN   BEAUVOISIS 

des  Pauvres,  institué  par  Roger  du  Plessis,  seigneur  de 
Liancourt,  bailli  de  Clermont,  lors  de  la  disette  de  1649.  Le 
nouvel  Hôtel-Dieu  reçut  de  nombreuses  libéralités.  Ses  prin- 
cipaux bienfaiteurs  furent  Daniel  de  Rebergues,  seigneur  de 
Rousseloy,  qui  donna,  en  1697,  200  livres  pour  entretenir  un 
chapelain  ;  Paul  deLaltre,  conseiller  au  Parlement  de  Besan- 
çon, fils  d'un  lieutenant  général  au  bailliage,  qui  lit 
construire  vers  1711  le  bâtiment  principal  ;  la  princesse 
d'Harcourl,  qui  institua  en  1715  une  rente  de  300  livres  pour 
l'entretien  de  trois  sœurs  de  Saint-Thomas  de  Villeneuve  ;  le 
maréchal  de  Berwick,  qui  légua  le  8  juillet  1730  un  capital  de 
8,000  livres. 

Des  lettres  patentes  de  février  1696  unirent  à  l'Hôtel-Dieu 
les  maladreries  d'Angy,  de  La  Xeuville-Hoy  et  de  Saint- 
Laurent  de  Clermont.  Cette  dernière,  qui  était  une  léproserie 
et  portail  aussi  le  nom  de  Saint-Ladre,  datait  du  xiii'  siècle. 
Elle  avait  reçu  de  nombreuses  libéralités  des  comtes  de 
Clermont  de  la  première  race.  La  chapelle  fut  démolie  en 
1794  pour  Talignement  de  la  route  de  Rouen  à  Reims.  La 
chapelle  de  Saint-Arnoult  de  Crépiu,  paroisse  de  Breuil- 
le-Sec,  avait  été  également  unie  quelques  années  aupara- 
vant. Le  budget  de  l'Hôlel-Dieu  s'établissait  ainsi  :  rentes  et 
revenus,  250  setiers  de  blé  mesure  de  Paris,  4,500  livres  en 
rentes  et  fermages,  non  compris  les  vignes,  bois,  jardins, 
terres  et  prés  que  la  maison  faisait  valoir  directement 
estimés  de  400  à  500  livres  ;  charges  :  500  livres  pour  le  cha- 
pelain, 300  livres  pour  le  chantre  et  maître  d'école,  150  livres 
pour  le  médecin  et  chirurgien,  138  livres  payées  aux  pauvres 
de  la  ville,  de  Breuil-le-Vert  et  d'Agnetz,  le  surplus  pour  les 
frais  d'entretien.  Trois  religieuses  de  Saint-Thomas  de  Ville- 
neuve étaient  chargées,  depuis  1727,  du  gouvernement  inté- 
rieur, sous  la  direction  du  bureau  composée  de  quatorze 
administrateurs.  Les  pauvres  et  malades  non  admis  à  l'hôpi- 
tal recevaient  des  secours  à  domicile  par  les  mains  du  curé 
et  des  dames  de  charité.  Les  quêtes  et  aumônes  produisaient 
annuellement  de  8  à  9,000  livres  (1). 


(l)  Archives  de  l'Oise.    Etat   dressé   en    1775   par  le  subdélégué  de 
l'Intendant  de  Soissons.    D'après  cet  état,    il   existait  plusieurs  autres 


Digitized  by 


Google 


CLERMONT  EN  1789  89 

La  donation  faite  par  le  conseiller  de  Laltre  comportait 
rétablissement  d'une  école  gratuite  pour  les  garçons  pauvres 
de  la  ville. 

—  La  même  institution  charitable  en  faveur  des  filles  pau- 
vres avait  été  faite  un  demi-siècle  auparavant  par  Anne  de 
Montaflié,  comtesse  de  Soissons.  La  princesse  avait  obtenu 
dans  ce  but  du  monastère  de  Pontoise  renvoi  d'une  petite 
colonie  d'Ursulines  et  les  avait  établies  dans  les  bâtiments 
qui  sont  occupés  aujourd'hui  par  le  collège  (1).  Deux  dona- 
tions, l'une  d'Antoinette  Gharondas  Le  Caron  :  l'autre,  de 
Louis  de  Saint-Simon,  seigneur  de  Sandricourt,  à  l'occasion 
de  la  profession  d'une  de  ses  filles,  pourvurent  à  leur  entre- 
tien. Une  ordonnance  de  l'évoque,  Choart  de  Buzenval,  en 
date  du  2  mai  1673,  homologuée  le  5  septembre  suivant  par 
le  Parlement,  unit  à  la  nouvelle  maison  la  chapelle  Saint- 
Nicolas  de  Giencourt  avec  les  propriétés  qui  en  dépendaient 
sises  à  La  Neuville-en-Hez,  Lilz  et  La  Rue-Saint-Pierre.  Les 
revenus  en  1740  atteignaient  10,000  livres  (2)  et  elle  comp- 
tait alors  vingt-cinq  religieuses.  Leur  nombre  était  encore 
de  treize  et  celui  des  pensionnaires  de  quatre-vingts  en  1793. 

Ainsi,  avant  1789,  tous  les  enfants  pauvres  des  deux  sexes 
recevaient,  à  Glermont,  le  bienfait  de  l'instruction  primaire 
gratuite. 


établissements  de  bienfaisance  dans  l'étendue  du  Comté  :  deux  hôpi- 
taux, l'un  à  Liancourt,  pour  les  paroisses  du  marijuisat,  et  l'autre  à 
Cuigniéres  pour  les  malades  de  cette  paroisse  ainsi  que  de  celles 
d'Avrechy  et  Lamécourt  ;  des  bureaux  de  charité  k  Gournay,  La 
Neuville-en-Hez,  Bulles,  Cressonsacq  et  Trois-Étots  ;  les  indigents  des 
paroisses  d'Agnetz,  Breuil-le-Vert,  Fltz-James,  BreuilleSec,  Noinlel, 
de  Bucamp,  du  Quesnel-Aubry  jouissaient  de  fondations  plus  ou  moins 
importantes. 

(1)  La  chapelle,  aliénée  en  1793,  a  été  détruite  en  1857. 

(2)  Vignobles  de  Béthencourt,  Giencourt,  Rotteleux,  Canectancourl, 
ferme  du  Tillet  à  Cires,  de  Follemprise  à  Rousseloy,  de  Canectancourt, 
de  Valescourt.  Maison  à  Glermont,  cens  et  biens  épars.  L'église  des 
Ursulines  n'avait  pas  de  nef  ;  elle  était  entièrement  boisée.  Les  dames 
Ursulines  avaient  fait  venir  les  boiseries  de  Paris  ;  les  maîtres  menui- 
siers leur  intentèrent  un  procès  qui  ne  fut  apaisé  que  par  les  donations 
qu'elles  firent  à  la  paroisse  pour  la  réédification  du  clocher  en  1785. 


Digitized  by 


Google 


90  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN  BEAUV0I8IS 

—  Quant  à  V enseignement  secondaire,  il  était  donné  par  le 
Collège.  Ce  collège  existait  d'ancienneté  et,  dès  le  xii*  siècle, 
M.  Couard  Louys,  archiviste  de  l'Oise,  en  a  écrit  l'histoire 
d'après  les  registres  conservés  aux  Archives  départemen- 
tales (1).  C'est,  toutefois,  seulement  à  la  fln  du  xv*  siècle 
que  l'on  rencontre  des  textes  révélant  l'existence,  à  Clermont, 
d'écoles  régulièrement  tenues  par  des  maîtres  ou  recteurs 
nommés  par  le  chapitre  de  l'église  collégiale,  sur  la  présen- 
tation du  corps  de  ville.  L'article  9  de  l'ordonnance  d'Orléans 
stipulant  que,  dans  chaque  collégiale,  le  revenu  d'une  pré- 
bende serait  affecté  à  l'entretien  d'un  précepteur  tenu  d'ins- 
truire gratuitement  et  sans  salaire  les  enfants  de  la  ville  (2). 
vint  consacrer  définitivement  l'organisation  de  ces  écoles. 
L'autorisation  d'enseigner  était  renouvelée  annuellement  (3). 
Le  titulaire  devait  se  présenter  au  chapitre  en  son  assemblée 
de  novembre,  les  verges  en  mains,  pour  les  déposer  sur  le 
bureau  s'il  en  était  requis.  Il  contractait  l'engagement  de 
«  bien  et  suffisamment  instruire  les  enfants  ».  Il  avaU  l'obli- 
gation de  prêcher  le  jour  des  Hameaux  à  l'église  Notre-Dame, 
avec  faculté  de  se  faire  remplacer  par  un  ecclésiastique  à  ses 
frais,  de  venir  le  jour  de  Saint-Arnoul,  avec  ses  écoliers, 
accompagner  le  chapitre  à  la  procession,  et  de  payer  aux 
chanoines  un  banquet.  La  prébende  préceptoriale  était  à  la 
collation  du  seigneur  engagiste  (A.  G.,  23  septembre  1661).  Elle 
rapportait,  en  1791,  1,459  livres  19  sols  6  deniers  à  son  dernier 
titulaire  Lucien  Waré.  Les  élèves  riches  payaient  de  20  à 
îlO  sous  par  mois  ;  les  pauvres  étaient  enseignés  gratuitement. 
On  lit  dans  un  rapport  de  l'abbé  Terray  au  Parlement,  sur 
les  collèges  de  province  non  desservis  par  les  jésuites,  à  la 


(1)  Série  G.  Le  travail  de  M.  Couard  Luys  a  paru,  on  1886,  dans  le 
tome  XIÏÏ  des  Mémoires  de  la  Société  de  Paris  et  de  r Ile-de-France. 

(2)  Le  précepteur  devait  être  élu  par  l'évéque,  appelés  les  chanoines 
et  les  maires,  échevins  et  conseillers  de  la  ville.  Il  était  destituable 
par  l'évéque,  sur  l'avis  des  mômes  autorités. 

(3)  M.  Couard  Luys  a  constaté  l'existence,  au  collège,  d'un  principal 
au  xv«  siècle,  de  neuf  au  xvi«  siècle,  de  quinze  au  xvn*  et  de  dix  au 
xvm'.  Il  y  avait,  en  outre,  A  Clermont,  en  1787,  trois  maîtres  de  pen- 
sion. 


Digitized  by 


Google 


CLERMONT  EN   1789  91 

date  de  1764  :  «  A  Clermont,  où  le  principal  est  à  la  fois  profes- 
seur et  régent,  il  y  a  trois  ou  quatre  élèves  seulement.  »  De 
1711  à  sa  suppression  en  1791,  le  collège  fut  établi  dans  un 
bâtiment  attenant  à  la  tour  de  Buha  et  aux  remparts,  cédé 
par  la  princesse  d'Harcourt  par  voie  d'échange. 

La  ville  de  Clermont  était  le  siège  de  quatre  juridictions 
distinctes  ;  un  Bailliafje,  une  Maîtrise  particulière  des  eaux 
et  forêts,  un  Grenier  à  sel,  une  Élection.  Je  parlerai  d'abord  de 
ces  dernières. 

—  La  Maîtrise  des  eaux  etjbrèts  existait  d'ancienneté.  Il  eu 
est  fait  mention  dans  un  titre  de  1243.  C'était  une  des  plus 
importantes  du  royaume.  357  paroisses  et  fiefs,  ainsi  que  les 
abbayes  de  Saint-Paul,  Marcheroux,  Saint-Lucien,  Saint- 
Quentin,  Saint-Symphorien,  Gomerfonlaine,  Saint-Germer, 
Beaupré,  Launoy,  Froidmont,  Ressens,  Breleuil,  Saint- 
Martin-au-Bois,  Saint-Jusl-eu-Chaussée,  Moreuil,  étaient 
placés  sous  sa  juridiction  (1)  qui  s'étendait  ainsi  aux  quatre 
bailliages  de  Clermont,  Beauvais,  Montdldier  et  Chaumont- 
en-Vexin,  ce  dernier  réuni  par  édit  d'août  1669  (2).  Les  prin- 
cipaux massifs  qui  en  dé'pendalent  étaient  la  forôt  de  Thelle 
et  la  forêt  de  Hez. 

Celle-ci  avait  été  l'objet  de  plusieurs  réformations.  La  pre- 
mière fut  opérée,  en  1377,  par  Pierre  de  Saint-Jean,  chevalier 
du  roi,  et  Jean  de  Crépy,  commissaires  à  ce  établis  parle  duc 
de  Bourbon  ;  la  seconde,  en  1573,  par  Nicolas  Dumoulin,  con- 
seiller au  siège  de  la  table  de  marbre  de  Paris  :  la  troisième. 


(1|  Cette  juridiction  compronuil  le  martelage  et  la  vente  des  bois, 
l'exercice  des  droits  de  panage,  de  pâturage,  glandées  et  chauflage,  la 
police  sur  la  conservation  des  forôts,  ainsi  que  des  cours  d'eau  et 
rivières. 

(2)  Suivant  un  rapport,  fait  en  1787  à  l'Assemblée  d'élection  de  Cler- 
mont, il  y  avait  dans  cette  élection  l,6â6  arpents  de  bois  apparte- 
nant aux  ex;clésiastique^  et  397  aux  communautés.  Les  bois  du  roi 
se  composaient  de  5,000  arpents  de  la  forêt  de  Hez  et  de  800  à  900  ar- 
pents de  buissons  épars.  La  forél  de  Thelle  appartenait  à  l'élection  de 
Senlis.  Une  déclaration  royale  du  12  octobre  1699  supprima  In  capi- 
tainerie  das  chasses    qui  existait  à  Clermont. 


Digitized  by 


Google 


92  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN  BEAUVOISIS 

commencée,  en  1600,  par  Louis  Charondas  Le  Caron,  écuyer, 
seigneur  de  Conty,  subdélégué  du  grand-maltre  surintendant 
général,  enquêteur  et  réformateur  des  eaux  et  forêts  de 
France,  ne  s'acheva  pas.  La  quatrième,  aboutit  au  règlement 
du  16  mai  1666,  qui  convertit  en  argent  la  plupart  des  droits, 
d'usage  et  de  cliauffage  dont  la  forêt  de  Hez  était  chargée  (1). 
Les  taillis  furent  aménagés  à  20  ans,  par  arrêt  du  Conseil 
du  mois  de  juillet  1779.  La  futaie  avait  été  réglée  en  coupes 
de  140  ans,  par  arrêt  du  16  juillet  1765.  On  en  vendait  18  ar- 
pents par  an,  à  raison  de  2,400  livres  l'un. 

Les  officiers  de  cette  juridiction  étaient  un  maître,  un  lieu- 
tenant, un  garde-marteau,  un  procureur  du  roi  et  un  greffier. 
C'était  dans  son  auditoire,  à  Clermont,  que  le  grand-maltre 
des  eaux  et  forêts  de  l'Ile-de-France  procédait  annuellement 
à  l'adjudication  des  baliveaux  de  la  forêt  de  Hez,  que  le 
contrat  de  1569  réservait  au  roi  (2).  L'engagisle  n'avait  droit 
qu'aux  taillis.  On  lui  en  délivrait  annuellement  184  arpents 
dont  le  produit  formait  plus  du  tiers  du  revenu  du  Comté. 
Tous  les  officiers  de  la  maîtrise  étaient  à  ses  parties  ca- 
suelles  et  tenus  de  prendre  sa  nomination  avant  de  demander 
les  provisions  du  roi  (A.  C,  9  janvier  et  4  décembre  1725).  Ces 
officiers  étaient,  en  1789  :  Havart  de  Sessevalle,  maître  par- 
ticulier ;  Huvey,  lieutenant  ;  Boucher  d'Auvergne,  garde- 
marteau  :  Provot,  procureur  du  roi  ;  Bosquillon  d'Amerval 
fils,  greffier  en  chef. 

—  Voici,  d'après  le  manuscrit  de  M.  de  Beauminy,  la  liste 
des  maîtres  particuliers  des  eaux  et  forêts  de  Clermont,  de- 
puis la  fin  du  XV'  siècle  : 

Jean  de  Barthencourt,  seigneur  dudit  Ueudit,  de  Maimbe- 
ville,  du  Fayel,  de  Lieuvillers,  en  partie,  échanson  du  duc 


(i)  Les  titulaires  de  ces  droits  étaient  la  vicomli^,  de  Breuille-Verl, 
la  baronnic  de  Gicourt,  la  seigneurie  de  Ronquerolles,  les  Hospitaliers 
de  Saint-Just,  les  Cordeliers  de  La  Garde.  La  paroisse  de  La  Neuville- 
en-Hez  reçut  la  propriété  de  160  arpents  de  bois  taillis. 

(2)  Ces  baliveaux  produisaient  un  revenu  accidentel  de  90,000  à 
40,000  livr<\s.  Assemblée  provinciale  du  Soissonnats. 


Digitized  by 


Google 


CLERMONT   EN    1789  93 

de  Bourbonnais,  capitaine  de  La  Neuville-en-Hez,  mourut  le 
16  février  1482,  investi  de  ces  fonctions. 

En  1504,  mourut  à  Rezey,  en  Picardie,  François  de  Brelo- 
court,  écuyer,  seigneur  dudit  lieu  et  de  Parville,  maître 
d'hôtel  du  duc  de  Bourbonnais,  maître  particulier  des  eaux 
et  forêts  du  Comté. 

En  1515,  d'après  le  compte  de  Guillaume  Puleu,  rofïice  était 
rempli  par  Lyon  de  Brye,  écuyer. 

1539,  Guillaume  du  Plessls,  seigneur  de  Llancourt,  chevalier. 

1540,  Jean  du  Plessis,  seigneur  de  Llancourt,  chevalier. 
1550,  sur  décès  de  Jean  du  Plessis,  Vespasiende  Carvoisin, 

seigneur  d'Achy,  premier  écuyer  du  roi  (provisions  du  1"  oc- 
tobre). 

1554,  Jean  du  Fay,  seigneur  de  Chàteaurouge,  sur  résigna- 
tion (provisions  du  3  novembre). 

1574,  Hector  de  Mainguet,  conseiller  maître  d'hôtel  de  la 
reine  de  Navarre  (provisions  du  15  septembre). 

157dç  sur  résignation  et  provisions  du  duc  de  Brunswick 
(23  janvier),  Claude  de  Cervaine. 

1602,  Philippe  Creton,  seigneur  de  Villers-lès-Catenoy  et 
du  Plessis-Billebault. 

1603,  Pierre  Rimbault,  agent  du  comte  de  Vaudemont. 

1627,  Jean  de  Muydorge  donne  sa  procuration  et  sa  rési- 
gnation de  l'oftice  de  maître  particulier  des  eaux  et  forêts  à 
Pierre  Forget,  écuyer,  qui  cède  son  droit  à  son  frère,  Jean 
Forget,  seigneur  de  Breuil-le-Vert,  reçu  en  cette  qualité,  le 
10  juillet,  à  la  table  de  marbre  de  Paris. 

En  1654,  28  mars,  mort  d'Annibal  de  Longueval,  chevalier, 
baron  d'Haraucourt,  maître  ancien  et  alternatif  des  eaux  et 
forêts,  inhumé  à  Notre-Dame  de  La  Garde.  Il  eut  pour  succes- 
seur Jacques  de  Longueval,  écuyer  (provisions  du  13  décem- 
bre). 

1667,  Denis  Gauthier,  lieutenant  général  au  bailliage  (pro- 
visions du  28  novembre). 

1680,  Léger  Gauthier. 

1686,  Louis  Gauthier,  avocat  au  Parlement  (provisions  du 
9  mai). 

1698,  sur  résignation,  Louis  Havart  de  Popincourt,  avocat 
au  Parlement. 


Digitized  by 


Google 


94  LE  COMTÉ   1)K   CLERMONT   KN   BEAUVOISIS 

1724,  sur  résignation,  Louis  Armand  Havarl  de  Sessevelle 
son  fils  (provisions  du  8  octobre). 

1758,  Antoine-Louis-Armand  Havart  de  Sessevelle  (provi- 
sions du  2  mars).  Reçu  le  11  mars  à  la  table  de  marbre,  il  fut 
le  dernier  conseiller-maître  particulier  des  eaux  et  forêts 
de  Clerraont  en  Beauvoisis,  pays  de  Vexin,  ressorts  en 
dépendants  et  Bailliage  de  Montdidler. 

—  J'ai  dit  ailleurs  (1)  les  origines  du  Grenier  à  sel  de  Cler- 
mont,  d'abord  seigneurial,  puis  royal,  mais  avec  attribution 
des  profits  et  émoluments  au  duc  de  Bourbon.  La  confisca- 
tion Ue  1523  avait  naturellement  fait  ^  tomber  l'attribution. 
Cette  juridiction  se  composait  d'un  président,  un  grénetier, 
un  contrôleur,  un  procureur  du  roi  et  un  greffier  (2).  En  1740, 
la  vente  de  ce  grenier  s'élevait  à  120,(X)0  livres  ;  71  paroisses, 
parmi  elles  Angy,  Mouy  et  Mouchy,  étaient  de  son  ressort. 
Aux  termes  de  l'ordonnance  de  mai  1680,  sur  les  Gabelles,  le 
minot  de  sel  (39  litres  36)  était  payé  41  livres.  C'était  le  prix 
des  greniers  de  Beauvais,  Greil  et  Compiègne.  • 

La  distribution  du  sel  et  le  recouvrement  des  droits  avaient 
lieu  par  les  soins  des  agents  de  la  ferme  générale,  sous  le 
contrôle  des  officiers  du  roi,  juges  en  première  instance  des 
contraventions. 

—  C'était  en  1483  qu'à  la  demande  de  Pierre  11,  duc  de  Bour- 
bon, des  lettres  patentes  du  mois  de  juillet  avaient  groupé  dans 
une  Élection  distincte  les  paroisses  du  Comté  qui  se  trou- 
vaient jusqu'alors  disséminées  entra  les  Élections  de  Beau- 
vais, Senlis  et  Amiens.  La  nouvelle  Élection  fit  d'abord 
partie  de  la  généralité  d'Outre-Seine  et  Yonne,  dont  Paris 
était  le  chef-lieu.  L'édit  de  1595,  qui  institua  la  généralité  de 
Soissons,  la  comprit  dans  sa  circonscription,  à  laquelle  elle 
demeura  rattachée  jusqu'en  1789. 

Les  élus  procédaient,  dans  leur  circonscription,  à  la  réparti- 


(1)  Les  Comptes  d'un  apanage  de  la  Maison  de  France  au  xvi*  siècle, 
p.  77. 

(2)  En  1789,  étaient  :  Président ,  Viau  Duplessis  ;  Contrêleur ,  Le 
Vavassftur  ;  Grénetier ,  Crotoy  do  Bonval  ;  Greffier  ,  Levasseur  ;  Rece- 
veur ^  DufresDoy. 


Digitized  by 


Google 


iwr^ 


CLEHMONT  EN    1789  95 

tion  ainsi  qu'à  Fassiette  de  la  taille,  sous  l'autorité  de  l'inten- 
dant et  du  Bureau  des  Trésoriers  de  France  de  Soissons  (1)  : 
ils  procédaient  également  à  l'adjudication  delà  ferme  des 
aides  et  droits  de  toute  nature  perçus  sur  les  boissons,  et 
prononçaient  en  première  instance  sur  les  différends  que 
soulevait  cette  perception. 

L'Election  de  Glermont  comprenait  105  paroisses,  hameaux 
et  exploitations  distincts,  comptant  9,946  feux,  et  une  popu- 
lation évaluée  à  36,099  âmes.  Le  contingent  assigné  à  ces 
105  paroisses,  eu  1788,  s'élevait  à  420,8.52  livres,  savoir: 
taille  (2)  et  capitation  (3),  310,376  livres,  vingtièmes  (4), 
110,476  livres. 

Il  y  avait  un  président,  François  Scellier,  un  lieutenant, 
François  Hainsselin  ;  quatre  élus,  Jean-Baptiste  Delamarre, 


(1)  Les  Trésoriers  de  France,  sous  l'autorité  desquels  agissaient  les 
Elus,  faisaient,  chaque  année,  dans  chaque  Election  une  chevauchée 
pour  se  pendre  compte  de  l'état  des  récoltes  et  de  ce  qu'elles  permet- 
traient d'imposer  de  taille.  Il  existe  aux  Archives  de  l'Oise  une  série 
considérable  de  procès- verbaux  de  chevauchées  pour  l'Election  de 
Clermont. 

(2)  La  taille  personnelle  ou  mixte  portait  sur  les  seuls  roturiers  et 
les  atteignait  à  proportion  et  sur  le  pied  de  leurs  biens,  facultés,  com- 
merce et  industrie.  Les  jugements  des  élus  étaient  portés  en  appel 
devant  les  cours  des  aides. 

(3)  La  capitation,  qui  datait  de  1695,  frappait  tous  les  citoyens,  sans 
distinction  de  privilégiés  ou  non,  à  l'exception  du  Clergé  qui  s'était 
racheté  lors  de  la  création.  Lti  capitation  des  nobles  et  privilégiés  était 
fixée  par  l'intendant  auquel  appartenait  également  le  contentieux.  Il 
existait,  en  1789,  17  nobles  et  16  privilégiés  dans  l'étendue  de  l'élection. 
La  capitation  de  ces  33  contribuables  (66£  1.)  représentait  moins  de 
1  p.  0/0  du  produit  total  de  l'impôt  (87.088  1.).  U  capitation  des  tailla- 
bles  se  percevait  additionnellement  au  rôle  de  la  taille. 

(4)  Les  vingtièmes,  impôt  de  quotité  établi  par  l'édit  do  1749,  étaient 
acquittés  par  tous  sur  les  revenus  des  terres,  maisons,  usines,  rentes, 
droits  utiles,  profits  du  commerce  et  de  l'industrie.  Le  Clergé  s'était 
également  racheté.  On  percevait,  en  1789,  2  vingtièmes  et  4  sols  pour 
livre  du  premier.  Il  existait  dans  chaque  généralité  une  administration 
spéciale  des  vingtièmes.  Le  directeur,  établi  au  chef-lieu,  avait  sous 
ses  ordres  des  contrôleurs  ambulants  dans  chaque  élection.  Le  contrô- 
leur de  Clermont  avait  nom  Hazard. 


Digitized  by 


Google 


TE   DE  GLERNfONT  EN   BEAUVOISIS 

der  Meurlne,  François- Aimé- Joseph  Meu- 
irtin  Pigeaux;  un  procureur  du  roi,  N.Poil- 
',  N.  Hévin.  Deux  receveurs  des  finances. 

Le  Mareschal  et  Pierre-Michel  Fombert 
ians  les  exercices  pairs,  l'autre  dans  les 

les  recouvrements  eflectués  par  les  col- 
saient  le  montant  aux  mains  du  receveur 
issons  (i). 

sidents  de  l'Election  de  Glermonl,  depuis 
(9,  qui  les  a  créés  dans  chaque  Election 

n,  pourvu  en  1578. 
avait  encore  en  1614. 

leigneur  des  Fossés,  mourut  au  mois  d'oc- 
t  son  exercice,  un  deuxième  oftlce  de  pré- 
édit  de  décembre  1632  et  fut  levé  par 
sieur  de  Passy  et  de  Parisis,  secrétaire  de 
;  il  devint  premier  président  après  Charles 
e  3  juillet  1676.  Sa  charge  passa  à  Philippe 
5ur  lequel  elle  fut  supprimée  et  convertie 
termes  d'un  édit  de  janvier  1685. 
3igneur  des  Fossés,  fils  de  Charles,  fut 
lé  le    11   décembre   1649,    et  mourut  le 

eur  de  Tubermonl,  pourvu  par  lettres  du 
,  par  arrêt  du  Conseil  du  30  août  1701,  le 
rang  et  séance,  lorsque  la  compagnie  ne 


s  finances  n'étaient  préposés  qu'au  recouvrement 
s  fermes  générales  avaient  pour  les  Gabelles,  à 
:  spécial,  le  sieup  Dufrcsnoy  ;  la  Régie  générale, 
ly,  pour  les  droits  d'aides,  dont  le  directeur  était 
l'administration  dos  Domaines,  un  également,  le 
ut  avait  un  Bureau  de  Poste  qui  recevait  tous  les 
iris.  Son  directeur  s'appelait  Hévin.  Les  habi- 
de  Soissons  et  de  l'Election  de  Clermonl  suppor- 
taxes  directes  et  indirectes  perçues  dans  le 
îalculs  de  Necker  (Administration  des  finances), 
îvait  à  25  livres  17  sols. 
miny. 


Digitized  by 


Google 


CLEUMONT   EN    1789 

serait  pas  eu  corps,  après  le  lieulenaiil  général  du 
]e  lieutenant  général  de  police  et  celui  de  robe  ( 
maire  de  la  ville,  mais  avant  tous  autres  oiïiciers  e 
roi,  aux  bancs  du  chœur  et  du  sennon  à  l'église  p 
et  en  toutes  autres  rencontres.  Il  mourut  en  1709. 

Jacques  Bosquillon,  sieur  de  Fontenay,  avocat 
ment,  subdélégué  de  l'Intendant  de  Soissons  et  pro 
roi  en  l'Election.  Provisions  du  14  juin  1711.  Mouru 
tembre  1727. 

Charles-Jacques  Bosquillon,  sieur  de  Fontenay, 
avocat  au  Parlement,  pourvu,  avec  dispense  d'âge 
vrier  1728,  mort  le  25  juin  1754. 

François  Gamblon. 

Scellier,  en  exercice  en  1789. 

—  La  dernière  juridiction  dont  il  me  reste  à 
Bailliage,  était  la  plus  considéralilo  et  la  plus  anci( 
datait  de  l'institution  du  Comté.  Etabli  pendant 
siècles  à  titre  seigneurial,  —  les  cas  royaux  étant  c 
pétence  du  l^ailli  de  Sentis  ou  de  son  lieutenant, 
d'Angy,  —  le  Bailliage  de  Clermout  devint  royal  au  : 
L'ordonnance  de  février  1531,  qui  lui  conféra  ce  cai 
stipula  que  les  appellation»  du  bailli-gouverneur  e 
lieutenant  seraient,  désormais,  portées  en  toutes  f 
Parlement  de  Paris  (2).  Le  contrat  d'engagement  c 
changea  rien  à  cet  état  de  choses.  11  décida  qm 
ments  seraient  rendus,  à  l'avenir,  au  nom  du  roi 
gneur  engagiste,  et  que  les  charges  et  offices  sei 
parties  casuellesde  ce  dernier.  Ces  charges  étaient 
en  1789,  par  les  titulaires  suivants  : 

Bailli  d'épée  et  gouverneur:  Charles-César  de 
marquis  de  la  Billarderie,  seigneur  de  Saint-Remj 


(i)  Les  Comptes  d'un  apanage  de  la  Maison  de  France  a\ 
p.  77. 

(2)  Sauf  les  cas  pn^sldiaux  portés  en  appol  au  Présidial  d 
cas  étaient,  au  criminel:  les  brigandages  sur  les  grandes 
vols  avec  etTraciion,  les  attentats  commis  par  les  vagabond 


Digitized  by 


Google 


98  LE  COMTÉ    DE  CLERMONT   EN   BEAUVOISIS 

Aiigivillers,  Saiiil-Jusl-en-Beauvoisis,  marécbaj  des  camps  et 
armées  du  roi  : 

Lieiilenaut  général  civil  et  criminel,  commissaire  enquê- 
teur et  examinateur  :  Jean-François  Castoul,  seigneur  du 
Plessis-Saint-Aubin,  reçu  le  19  août  1780; 

Lieutenant  général  de  police,  Jean-Jacques  Bosquillon  de 
Marigny.,  avec  deux  commissaires; 

Lieutenant  particulier  civil,  Louis-Charles  Bosquillon  de 
Fontenay  ; 

Procureur  du  roi,  Cotlu  de  Maillard. 

Il  y  avait,  en  outre,  un  avocat  du  roi,  quatre  conseillers,  de 
Fourcroy,  Chrestien  de  Beaumesnil,  en  même  temps  ^arde 
des  sceaux  de  la  cliancellerie  établie  par  édit  de  juin  1771 
pour  la  purge  des  hypothèques,  les  deux  autres  oflices  de 
conseillers  vacants  ainsi  que  celui  d'avocat  du  roi,  un  gref- 
fier, Denis.  Le  lieutenant  de  maréchaussée  avait  rang,  en  cas 
de  cérémonie,  parmi  les  oniciers  du  Bailliage  (1).  Il  avait  un 
assesseur  et  un  procureur  du  roi.  Il  y  avait  une  brigade  de  ma- 
réchaussée à  Clermont  et  une  brigade  k  Gournay-sur-Aronde. 

Depuis  plusieurs  siècles,  le  bailli,  qui  réunissait,  au  moyen 
âge,  tous  les  pouvoirs  entre  ses  mains,  se  trouvait  réduit  à 
des  fonctions  purement  honorifi(iues.  Il  n'avait,  en  matière 
judiciaire,  que  la  présidence  d'honneur  des  séances  aux- 
quelles il  assistait,  ainsi  que  le  droit  de  faire  intituler  en  son 
nom  toutes  les  sentences  et  les  contrats  des  notaires  et  tabel- 
lions. En  matière  militaire,  il  convoquait  et  commandait  le 
ban  et  l'arrière-ban  ;  mais  ces  convocations  avaient  cessé 
depuis  la  fin  du  xvir  siècle.  Il  devait  être  appelé  à  pré- 
sider lasssemblée  des  trois  ordres  pour  les  Etats  Généraux. 
C'était  au  lieutenant  général  qu'appartenait  l'administration 
de  la  justice.  Celui-ci  avait  eu  fort  à  faire  pour  défendre  cette 
administration  contre  les  empiétements  des  juridictions  voi- 
sines. L'édit  de  décembre  1581,  qui  institua,  à  Beauvais,  un 
siège  présidial,  avait  soumis  à  ce  siège  toutes  les  localités 


(1)  C'était,  en  i786,  Thomas-Louis  Duguey,  seigneur  de  Faysous-Cler- 
mont,  capitaine  de  cavalerie,  qui  devint,  en  1789,  prévôt  général  de  la 
maréchaussée  du  Soissonnais. 


Digitized  by 


Google 


CLKRMONT   EN    1789  99 

sises  dans  un  rayon  de  cinq  lieues.  Les  oflioiers  de  Beauvais 
prétendirent,  en  conséquence,  au  ressort  des  châlellenies  de 
Bulles,  Milly,  La  Neuville-en-Hez.  Ceux  du  bailliage  de  Cler- 
mont  firent  opposition  et  se  pourvurent  au  Conseil,  de  con- 
cert avec  le  duc  de  Lorraine  et  la  ducliesse  de  Brunswiclc, 
seigneurs  engagistes  ;  le  célèbre  Cliarondas  Le  Caron,  lors 
lieutenant  général,  y  vint  défendre  leur  cause.  Un  arrêt 
interprétatif,  du  9  juin  1584,  ordonna  que  les  appellations  des 
^sentences  et  jugements  rendus  par  les  prévôts  de  Bulles, 
Milly  et  La  Neuville-en-Hez  ressortiraient  devant  le  bailli 
de  Clermont  ou  son  lieutenant,  comme  elles  avaient  accou- 
tumé de  faire,  et  qu'elles  ne  seraient  portées  au  présidial  de 
Beauvais  qu'au  cas  de  ledit  des  présidlaux  et  par  le  moyen 
des  appellations  du  l^ailli  de  Clermont.  Le  Présidial  de  Beau- 
vais ne  se  tint  pas  pour  battu  et,  nonobstant  des  lettres  pa- 
tentes du  7  décembre  1596,  un  arrêt  du  Conseil  du  17  dé- 
cembre 1603,  trois  arrêts  du  Parlement,  des  annés  1599,  1616 
et  1628,  la  lutte  se  continua  avec  âpreté  jusqu'à  celte  der- 
nière année.  L'arrêt,  en  date  du  14  février  1628,  renouvelant 
aux  officiers  du  Présidial  inhibition  et  défense  de  distraire 
les  justiciables  du  bailli  de  Clermont  de  sa  juridiction,  ter- 
mina enfin  celte  longue  conleslalion.  Il  y  avait  liuit  avo- 
cats (1),  cinq  procureurs  au  Bailliage  et  quatre  notaires. 

Il  existait  d'ancienneté,  à  Clermont,  une  Prénôté  de  ville  et 
une  Pré oôté foraine,  }uges  en  première  instance  des  roturiers, 
dont  les  appels  se  portaient  au  Bailliage,  ce  qui  imposait  aux 
justiciables  les  frais  et  les  longueurs  de  deux  degrés  de  juri- 
diction (2).  Un  édit,  d'avril  1734,  rendu  à  la  requête  du  duc  de 


(1)  Bosquillon  rt'Amervallo,  doyen,  Lhoyor  p^ro,  Bosquillon  de  Mari- 
gny.  Logras  de  Préviile,  Lhoyer  de  Fresne,  Lhoyer  de  Sainl-Remy, 
Hainsselin,  Bouclier  d'Auvergne. 

(2)  La  prévôté  de  ville  comprenait  dans  son  ressort  Clermont,  Breuil- 
le-Vert  avec  ses  hameaux,  Agnetz  avec  ses  hameaux,  Auvillers  et  le 
hameau  du  Piessis-Billebault,  paroisse  d'Ansacq.  La  prévôté  foraine 
s'étendait  sur  56  paroisses  et  23  hame^jux.  Le  prévôt  forain  de  Clermont, 
en  1734,  était  Robert  Geoffroy.  L'office  de  prévôt  de  ville  était  vacant 
par  la  mort  de  François  Guérin.  Leurs  offices  et  ceux  d'avocats  et  pro- 
cureurs du  roi,  de  lieutenants,  huissiers  et  sergents  furent  réunis  aux 


Digitized  by 


Google 


lOO  l.K  COMTÉ   DK  CLKHMONT   KN    lîlvVÏ  VOlSIS 

Bourbon,  prononça  leur  réunion  au  Bailliage  qui  devint 
ainsi  juge  de  première  instance  pour  les  affaires  précé- 
demment portées  devant  ces  deux  juridictions.  Il  demeu- 
rait, en  même  temps,  juge  d'appel  des  prévôtés  subalternes 
de  Bulles,  de  Milly,  de  La  Neuville-en-Hez  (1)  et  Sacy-le- 
Grand,  des  justices  des  vassaux  du  Comté  au  nombre  de 
plus  de  200  (2). 

Le  contrat  d'engagement  de  1569  reconnaissait  à  l'enga- 
giste  le  droit  de  recevoir  par  ses  officiers  les  fois  et  boni-* 
mages,  aveux  et  dénombrements  et  de  connaître  des  autres 
affaires  contentieuses  du  domaine  dans  l'étendue  du  Comté 
et  dçs  cliâlellenies  en  dépendant.  La  clause  fut  exécutée  sans 
opposition  jusqu'en  1674.  Un  arrêt  du  Conseil,  du  3  février  de 
ladite  année,  transféra  aux  Trésoriers  de  France  du  Bureau 
des  fmances  de  Solssons  la  réception  dea  fols  et  bommages, 
aveux  et  dénombrements,  ainsi  que  la  connaissance  du 
contentieux  du  domaine.  Il  était  fondé  sur  l'attribution  géné- 
rale faite  à  ces  Bureaux  par  les  édits  de  leur  création  de 
tout  ce  qui  concernait  le  domaine  du  roi.  L'usurpation  ainsi 
faite  au  préjudice  des  droits  des  officiers  du  Bailliage  se 
perpétua  jusqu'à  ce  qu'en  1725  un  arrêt  du  Conseil  du  9  jan- 
vier, rendu  à  la  requête  du  duc  de  Bourbon,  les  remit  en 
possession,  comme  seuls  juges  compétents  et  naturels  (3). 


oflicos  similaires  du  Bailliage.  L'olïice  de  prévôt  forain  avait  été  liquidé 
à  4,300  livres.  Le  duc  de  Bourbon  reçut  du  sieur  Chardon,  lieutenant 
général,  une  indemnité  de  3,000  livres  pour  la  réunion  de  la  charge  de 
prévôt  de  la  ville,  qui  était  de  ses  parties  casuellcs.  Le  sieur  Chardon 
fut  autorisé  à  se  récupérer  sur  les  épices  attribuées  aux  juges  des  pré- 
vôtés supprimées.  L'Edit  de  1734  fut  enregistré  le  2  juin  au  Parlement. 
Arch.  nat.,  Xw8737. 

(1)  Une  sentence,  du  20  mars  1784,  réunit  au  Bailliage  la  prévôté  de 
La  Neuville. 

(2)  Parmi  ces  justices  figuraient  les  justices  subalternes  des  fiefs  de 
Peteil,  Le  Cocq,  La  Herche,  La  Rose,  Neuilly,  La  Couronne,  de  Saint- 
André  et  du  Chapitre,  toutes  séant  à  Clermont. 

(3)  Les  Archives  do  l'Oise  conservent  actuellement,  sous  la  cote  E  39  : 
!•  Un  état  des  fiefs  tenus  directement  du   Comté  de  Clermont  en 

Beauvoisis  et  des  châlellenies  en  dépendantes,  avec  la  suite  des  posses*» 


Digitized  by 


Google 


pi'lSPP"' 


CLERMONT   KX    1789  101 

m 

Voici,  d'après  le  manuscrit  de  M.  de  Beauminy,  la  liste 
des  baillis-gouverneurs  de  Clermont  et  de  leurs  lieutenants 
généraux  : 

Liste  des  Baillis  de  Clermont 

1280.  Philippe  de  Beaumanoir. 
1289.  Bernard  de  Moreuil. 
1363.  Jean  de  Mouret,  chevalier. 
1373.  Gilles  de  Nédonchel,  chevalier. 

1379.  Pierre   de  Bournel,   chevalier,  sieur  de  Ploirch-les- 
Oberts  en  Artois. 

1400.  Jean  Foucault,  dit  le  Borgne,  chevalier. 

1401.  Philibert  deDigoine,  chevalier. 


seurs  desdits  fiefs  depuis  l'an  1373  jus(ïu'en  l'an  liîOO,  fait  et  dressé  dans 
l'ordre  que  lesdits  fiefs  sont  déclarés  audit  papier  terrier  dudit  Cler- 
mont, par  m'"  Jean  Dargillière,  greflier-juré  du  Bailliage  dudit  Cler- 
mont. J'en  ai  utilisé  les  indications  dans  le  Dénombrement  de  A17.>  ; 

2*  Etat  des  fois  et  hommages  faites  au  Bailliage  de  Clermont  par  les 
vassaux  tenant  nuement  du  Comté  ducUl  Clermont  et  ehâtellenies  en 
dépendantes,  dressé  sur  un  registre  desdites  foys  et  hommages  com- 
mençant en  1595  et  finissant  en  1607; 

3*  Etat  des  foys  et  hommages  faites  au  Bailliage  de  Clermont 

depuis  1596  jusqu'en  1627,  dressé  par  M*  François  Chardon,  chanoine  de 
Clermont,  sur  les  liasses  et  pièces  par  lui  remises  à  la  Chamhre  des 
Comptes  à  Paris,  en  l'année  1673,  lesquelles  ont  été  ensuite  déposées  dans 
la  chambre  d'Anjou.  Armoire  47  ; 

4°  Etat  des  foys  et  hommages dressé  sur  l'extrait  de  plusieurs 

rogislres^^desdites  foys  et  hommages,  commençant  par  l'année  1572  et 
linissant  par  l'année  1633  ; 

5'  Etat  des  foys  et  hommages  faites depuis  le  15  décembre  16ÎJ3 

jusqu'au  8  février  1648,  dressé  sur  un  registre  desdites  foys  et  hom- 
mages, tenu  par  Louis  Gayant,  présent  procureur  du  roi  au  Bailliage  ; 

6"  Etat  des  foys  et  hommages commençant  en  1648  et  finissant 

en  1669  ; 

7*  Etat  des  foys  et  hommages  faites  au  Bailliage  de  Clermont  par  les 
vassaux  tenant  nuement  du  Comté  dudit  Clermont  et  ehâtellenies  en 
dépendantes  depuis  le  19  juin  1724,  en  vertu  des  lettres  patentes  du 
Roi,  rétablissant  les  ofliciers  du  Bailliage  dans  les  droits  reconnus  par 
le  contrat  du  13  aoftt  1569.  Cet  état  s'arrête  au  19  mars  1776. 


Digitized  by 


Google 


102  LE  COMTÉ   DE  CLERMOXT   EN   BEAUVOISIS 

1420.  Pierre  d'Epineuse,  clievalier,  commissaire  et  cham- 
bellan du  duc  de  Bourbon. 

1430.  Jacques  de  Crèvecœur,  chevalier,  seigneur  de  Crève- 
cœur  et  de  Thoix. 

1438.  Henri  de  Chantelot,  écuyer. 

1443.  Louis  de  Soyecourt ,  chevalier,  seigneur  de  Mouy, 
chambellan  de  M.  le  duc. 

1489.  Guy  Pot,  chevalier,  bailli  de  Vermandois. 

1500.  Guillaume,  comte  de  Montmorency. 

1518.  Philippe  de  BouUainvilliers,  chevalier. 

1519.  Charles  de  BouUainvilliers,  chevalier. 

1524.  Henri  de  BouUainvilliers,  comte  de  Roussillon,  sieur 

dllémévillers. 
1539.  Pierre  de  la  Bretonnière  de  Warty,  chambellan  de 

Fram^ois  I",   grand   maître   des   eaux   et   forêts   de 

France. 
1551.  Joachim-Pierre  de  la  Bretonnière,  seigneur  de  Warty. 
1553.  Pierre  de  Pienne. 

1566.  Louis  d'Ongnies,  comte  de  Chaulnes. 

h'rani^ois  d'Ongnies,  chevalier,  comte  de  Chaulnes,  fils 
du  précédent. 

1567.  Charles  d'Ongnies,  chevalier  de  l'ordre  du  roi,  comte  de 

Chaulnes,  seigneur  de  Méry  et  d'Etouy,  capitaine  de 

50  hommes  d'armes  de  ses  ordonnances,  gouverneur 

et  bailli,  pour  S.  M.,  des  ville  et  Comté  de  Clermont, 

frère  du  précédent. 
1584.  Louis  Le  Caron,  écuyer,  seigneur  de  Conty,  conseiller 

du  roi,  lieutenant  général  au  Bailliage. 
1600.  Antoine  de  Longueval,  chevalier,  baron  d'Haraucourt. 
1614.  Jacques  de  Longueval,  chevalier. 
1650.  Aniiibal-Alexandre  de  Longueval,  chevalier. 
1660.  Roger  du  Plessis,  chevalier  des  ordres  du  roi,  duc  de 

Liancourt. 
1674.  François,  duc  de  la  Rochefoucauld. 
1708.  Le  prince  d'Harcourt. 

1740.  Charles-César  de  Flahaut,  comte  de  la  Billarderie. 
1743.  Auguste-Charles-César  de  Flahault     marquis   de    la 

Billarderie, 


Digitized  by 


Google 


CLERMUNT   KN    1789  103 

Lieutenants  généraux  du  Bailliage  de  Clermont 

1414.  Pierre  Le  Bestot,  licencié  es  lois,  commissaire  de  M.  le 
duc  de  Bourbon,  lieutenant  général  de  M.  le  gouver- 
neur. 

1417.  Clément  Vivien,  lieutenant  général  sur  le  fait  de  la 
justice  de  M.  le  gouverneur. 

1427.  Louis  de  Plé,  lieutenant  général  sur  le  fait  de  la  justice 
de  M.  le  gouverneur. 

1446.  Jean'de  Nelle  de  Gange,  bachelières  lois,  lieutenant 
général  sur  le  fait  de  la  justice  de  M.  le  gouverneur. 

1456.  Jean  Baillet,  commissaire  du  duc  de  Bourbonnais. 

1466.  JeanLouvet. 

1484.  Jean  de  Frappier,  dit  Louvet. 

1500.  Louis  Gayant. 

1502.  Pierre  d'Argillière,  dit  Tillet. 

1522.  Jean  d'Argillière,  seigneur  de  Valescourt  et  Breuil-le- 
Vert,  qui  épousa  Louise  de  la  Bretonnière-Warly. 

1539.  François  d'Argillière,  seigneur  de  Valescourt  et  Mon- 
ceaux. 

1550.  Gabriel  Duverger. 

1584.  Louis  Le  Garon  dit  Charondas. 

1600.  David  Bosquillon,  son  gendre. 

1620.  Pierre  Le  Mercier. 

1630.  Pierre  de  Laistre. 

1656.  Denis  Gauthier. 

1680.  Louis  Bosquillon,  seigneur  d'Armangis  et  Lieuvillers. 

1707.  Joseph  Bosquillon. 

1732.  Pierre-Ambroise  Chardon. 

1758.  François-Pierre  Chardon. 

1769.  Guillaume-Toussaint  Dautel  de  la  Baronnière. 

1780.  Jean-François  Castoul,  qui  fut  le  dernier,  après  fut  juge 
de  paix. 

—  D'après  Tordre  des  gouvernements  et  leur  dénombrement 
arrêtés  aux  Etats  Généraux  de  1614  et  1615,  le  Bailliage 
de  Clermont  en  Beauvoisis,  comme  ceux  de  Senlis,  de  Beau- 
vais,  de  Valois  et  de  Chaumont-en-Vexin,  était  c'ompris  dans 
le  gouvernement  de  l^aris  et  de  l'Ile  de-F'rance.  Il  avait  autre- 


Digitized  by 


Google 


n 


104  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT   EN  BEAUVOISIS 

fois  fait  partie  du  gouvernement  de  Picardie,  mais  en  avait 
été  démembré  lors  du  traité  d'Arras  (1435)  qui  attribua  au 
duc  de  Bourgogne  les  villes  de  la  Somme.  (Voir  Longnon. 
L' Ile-de-France,  ses  or Ifjincs,  ses  limites,  ses(jouverneurs.  1875.) 

La  qualité  de  gouverneur  paraît  avoir  été  quelquefois  dis- 
tincte de  celle  de  bailli.  Ainsi,  en  1708,  d'après  YEiat  de  la 
France,  le  prince  d'Harcourt  était  gouverneur  de  la  ville  et 
château  de  Clermont;  en  1727,  d'après  le  même  document 
était  gouverneur  de  Clermont,  sur  la  nomination  du  duc  de 
Bourbon  tït  les  provisions  du  roi,  M.  de  Belloux,  comte  de 
Thurin,  et  il  y  avait  un  major,  M.  Didier,  chevalier  de 
Saint-Louis. 

Enfin  dans  la  liste  des  gentilshommes  du  Bailliage,  qui  furent 
convoqués  pour  les  Etats  Généraux  de  1789,  figure  Louis, 
marquis  de  Gouy,  seigneur  d'Arcy  et  Avregny,  baron  de  Chars 
et  de  Ressons,  comme  gouverneur  des  ville  et  château  de 
Clermont  en  Beauvoisis. 

C'était  à  l'hôtel  de  ville  de  Clermont  que  tenaient  leurs 
audiences  les  diverses  juridictions  que  je  viens  dénumé- 
rer  (1).  Cet  édifice,  dont  on  a  fait  rémonter  la  fondation  à 
(Charles  le  Bel  et  qui  a  été  récemment  restauré  (2),  était  en 
même  temps  le  siège  du  corps  de  ville. 

J'ai  relaté,  ailleurs,  dans  quelles  condtions  Louis  de  Blois  et 
Catherine  de  Clermont,  sa  femme,  avaient  octroyé,  en  1197, 
une  charte  de  commune  aux  habitants  de  cette  ville  (3).  i:n 
article  de  la  charte  reconilaissait  aux  bourgeois  le  droit  d'élire, 


(1)  L'EIoclion,  lo  hindi  :  le  Bailliago,  le  mardi  et  le  jeudi  ;  la  maîtrise 
des  eaux  et  forcMs,  le  mercredi.  Mmanach  historiqae  de  Sentis. 

(2)  Veacription  de  rhôiel  de  ville  de  Clermont,  par  l'abbé  Boufllel. 
Annuaire  de  l'Oise,  1887.  «  L'hôtel  de  ville  de  Clermont  est  un  des  spé- 
cimens de  celte  architecture  à  la  fois  civile  et  militaire  qui  date  du 
xi«  siècle  et  dont  les  exemples  sont  aujourd'hui  rares  en  France.»  Com- 
mission des  Monuments  historiques.  1874.  Rapport. 

(3)  le  Dénombrement  de  1373,  p.  32  et  266.  Les  armes  de  la  ville  de 
Clermont  étaient  de  gueules  à  la  tour  a  maisonnée  de  sable  au  chef 
d'azur  chargé  de  cinq  fleurs  de  lis  d'or.  Devise  :  Turris  lihiiis  et  tmtis 
fidelissima  Roberti. 


Digitized  by 


Google 


CLRRMONT   EN    1789  105 

chaque  année,  huit  d'entre  eux  pour  la  gestion  de  leurs 
affaires  municipale».  Le  nombre  des  pairs  et  échevins  fui 
successivement  réduit  ;  il  n'était  plus  que  de  quatre  en  1139, 
ainsi  qu'en  témoigne  le  procès-verbal  de  réformation  de  la 
Coutume,  où  IMerre  du  Val,  Jean  Chrestien,  Jean  Pinel  et 
Haoullin  do  Grouchy  figurent  eu  ladite  qualité.  Le  premier 
échevin  prenait  généralement  le  titre  de  maire. 

Ledit  de  1689  qui,  pour  fournir  des  ressources  au  Trésor 
épuisé,  institua  la  vénalité  des  offices  municipaux,  créa,  entre 
autres  à  Clermont,  une  charge  de  conseiller  du  roi,  maire 
perpétuel  et  héréditaire  à  adjuger  au  plus  ofTrant  et  dernier 
enchérisseur.  François  Greylier  s'en  rendit  acquéreur.  Sup- 
primée en  1714  et  1716,  temporairement  rétablie  en  1722,  1733, 
la  vénalité  reparut  encore  sous  le  ministère  de  l'abbé  Terray, 
qui  ne  reculait  devant  aucun  expédient  financier  pourcombler 
le  déficit  du  Trésor.  (Edit  de  novembre  1770.) 

En  1746,  les  habitants  de  Clermont  s  étaient  décidés  à  de- 
mander la  réunion  à  leur  corps  de  ville  des  charges  de  maire 
et  d'échevins,  el  l'avaient  oblenue  sous  condition  de  rem- 
bourser les  titulaires.  (Arrêt  du  27  décembre.)  Le  maire  fut 
alors,  comme  avant  1689,  élu  pour  deux  ans  par  l'Assemblée 
générale  des  habitants  sur  une  liste  de  trois  candidats  pré- 
sentés à  son  choix  par  le  maire  sortant.  Mais  des  protesta- 
tions s'élevèrent  contre  ce  mode  d'élection,  et  un  arrêt  du 
20  septembre  1757,  rendu  sur  le  rapport  du  contrôleur  général 
deBoullongne,quiavailavec  la  ville  de  Clermont  des  attaches 
de  famille  (1),  vint  édicter  une  procédure  nouvelle.  Les  con- 
sidérants de  l'arrêt  signalaient  l'atteinte  portée  à  la  liberté 
par  le  droit  attribué  au  maire  sortant  qui  devenait  ainsi  le 
maître  du  choix  de  son  successeur  et  écartait  les  sujets  qui 
ne  lui  étaient  pas  favorables.  Il  condamnait  l'usage  établi 
d'admettre  à  l'assemblée  électorale  les  habitants  de  toutes 
espèces,  a  ce  qui  en  éloignait  les  officiers  des  juridictions  el 


(t)  L'un  de  808  parents  avait  été,  en  17ti,  maire  perpétuel.  Voir  dans 
le  Semeur  de  l'Oise,  les  Finances  clermontoises  au  milieu  du 
xvni*  siècle,  par  M.  Laurain.  L'airAt  est  conservé  aux  Archives  natio- 
nales, sous  la  cote  £  2360. 


Digitized  by 


Google 


106  LE  COMTÉ   DE  CLERMONT   EN   BEAIVOISIS 

autres  principaux  liabitants,  d'où  il  arrivait  que  la  plupart  de 
ceux  qui  s'y  rendaient  pour  donner  leur  voix  n'étaient  con- 
duits que  par  des  cabales  tumultueuses,  se  portaient  à  donner 
leurs  suffrages  à  des  sujets  qui,  la  plupart  du  temps,  n'étaient 
point  propres  à  remplir  des  fonctions  qui  exigeaient  de  l'in- 
telligence et  de  l'intégrité  ».  Il  déclarait,  en  conséquence, 
qu'à  partir  du  second  dimanche  d'octobre  1757  et  ensuite  de 
deux  en  deux  ans  à  pareil  jour,  la  nomination  du  maire,  des 
trois  échevins,  du  procureur-syudii;  et  du  greffier-secrétaire 
receveur  de  la  ville  de  Clermonl.  serait  faite  par  un  collège 
composé  de  vingt-quatre  délégués.  Douze  de  ces  déléguée 
devaient  être  élus  par  les  différents  corps  de  judicature,  avo- 
cats, procureurs,  notaires  el  médecins,  et  les  douze  autres  par 
les  bourgeois,  marchands  et  artisans  de  la  ville  et  des  fau- 
bourgs, payant  au  moins  20  livres  de  taille  et  capitation.  Le 
maire  et  le  premier  échevin  ne  pouvaient  être  pris  que  parmi 
les  nobles,  officiers  du  Bailliage,  de  la  maîtrise  des  eaux  et 
forêts,  de  l'élection,  du  grenier  à  sel,  ou  les  avocats,  les  deu- 
xième et  troisième  échevins,  parmi  les  notaires,  procureurs, 
greffiers,  bourgeois,  apothicaires  et  chirurgiens.  La  qua- 
trième place  d'échevin  était  réservée  à  un  *narchaud.  L'arrêt 
du  Conseil  attribuait  au  collège  des  vingt-quatre  délégués  le 
droit  de  délibérer  sur  toutes  les  affaires  de  la  ville,  au  lieu  et 
place  de  l'ancienne  Assemblée  générale  des  habitants. 

La  liste  des  maires  de  Glermont  pendant  le  cours  du 
xviir  siècle  a  été  dressée  par  M.  Féret.  La  voici,  avec  les 
corrections  indiquées  par  M.  Laurain.  Elle  est  incomplète  : 

1704,  François  Greylier,  maire  perpétuel,  Denis  Prudhomme, 
assesseur  et  premier  échevin,  (îuillaume  de  Mlrville,  asses- 
seur et  échevin. 

1711,  Philippe  Tavernier  de  Roullongne,  maire  perpétuel. 
Il  était  suppléé,  en  1713,  par  Philippe  de  Rebergue,  avocat 
au  i^arlement,  spécialement  commis  à  cet  effet.  Echevins  : 
Pierre  de  Saint-Fuscien  et  François  Chrestien,  sieur  de 
Sainte-Berthe. 

1717,  Nicolas  Cuvelier,  conseiller  au  Bailliage,  premier 
échevin,  la  charge  de  maire  étant  supprimée. 

1724,  Charles  Le  Gras,  sieur  de  Préville,  conseiller  du  roi, 
lieutenant  particulier  civil  au  Bailliage,  maire  en  titre  d'of- 


Digitized  by 


Google 


r 


CLERMONT   EN    1789  107 

fice;  Charles  de  Cullembourg,  lieutenant  du  maire  ;  Sylvestre 
Lhoyer,  premier  échevin. 

Î736,  Pierre-Oudin  Lefebvre,  maître  barbier  et  perruquier, 
premier  échevin  ;  Jean  Delaage,  huissier  audieneier,  échevin. 

Décembre  1737-octobre  1754,  François-Sylvestre  Lhoyer, 
avocat  au  Parlement,  maire  et  premier  échevin.  On  trouve, 
en  janvier  1743,  Nicolas  Fournier  du  Bellet,  conseiller  au 
Bailliage,  maire.  Echevins,  en  1743  :  IMorre  Honviller,  mar- 
chand, Charles  Longuet,  maître  pâtissier  :  en  1752  :  Charles 
du  Bois,  procureur,  Just  Lescuyer,  marchand  drapier,  et 
Louis  Roussel,  marchand  cloutier. 

1755,  François  Pichereau,  lieutenant  assesseur  criminel, 
maire. 

1758,  Parmentier  de  La  Motte,  procureur  du  roi  en  l'Elec- 
tion, maire. 

1760,  François-Pierre  Chardon,  lieulenant  général  au  Bail- 
liage, maire:  Jean-Baptiste  Dubois,  apothicaire,  Eloy  Dupont- 
Lévèque,  marchand,  echevins. 

1763,  Bosquillon  d'Amerval,  élu  en  l'élection,  maire. 

1765,  Chrestien  de  Beaumini,  procureur  du  roi  en  la  maî- 
trise des  eaux  et  forêts,  maire  par  intérim  ;  puis  GelTroy 
d'Alencourt,  lieutenant  général  de  police,  maire. 

1768,  Havart  de  Sessevalle  (Antoine-Louis-Armand),  maître 
particulier  des  eaux  et  forêts,  maire.  En  1770,  Maximilien- 
Joseph  Blanchet,  receveur  des  consignations  du  Bailliage,  et 
Jean-François  Castoul,  élu  en  l'élection,  echevins. 

1771,  Chrestien  de  Sainte-Berthe  (Claude-François). 

En  1779,  la  cliarge  de  maire,  érigée  en  titre  d'office,  était 
exercée  par  Charles-François  Levasseurd'Armanville,  mestre 
de  camp  de  cavalerie,  ancien  exempt  des  gardes  du  corps, 
chevalier  de  Saint-Louis  ;  celle  de  lieutenant  de  maire,  par 
Antoine-Louis-Armand  Havart  de  Sessevalle.  Etaient  eche- 
vins :  Denis  Guérin  de  Tubermont,  contrôleur  au  grenier  à 
sel,  et  Louis  Cottu,  élu  en  l'élection.  Le  chevalier  d'Arman- 
vllle  mourut  en  novembre  1782  (1),  et  eut  pour  successeur 
Havart  de  Sessevalle,  démissionnaire  en  1790. 


Il)  Voir  Férel,  lo  Prieuré  de  Saint-Àrnout,  p.  2;^. 


Digitized  by 


Google 


3  LE  COMTÉ   DE    CLÉKMONT   EN   BEAUN'OISIS 

Le  corps  de  ville  se  trouvait  ainsi  composé  en  1789. 
Maire  :  Havart  de  Sessevalle  ;  Lieutenant  de  maire  :  Rodri- 
ez  ;  Assesseurs:  Renard,  Durieux  ;  Echeolns  .-Morel  l'àn- 
m,  Morel  le  jeune  ;  Procureur  du  roi  :  Remy  ;  Receveur  : 
nderl  :  Secrétaire-greffier  :  l*ayen. 

Le  budget  de  la  ville  de  CJermont  était  alors  des  plus  mo- 
ques. Les  recettes  consistaient  uniquement  dans  le  produit 
dix-huit  arpents  de  marais  et  pâturages,  et  d'un  droit  de 
ivers,  partagé  avec  le  seigneur  engagiste,  droit  qui  rapporta 
a  Caisse  municipale  150  livres  jusqu'en  1750  et  200  livres  à 
rtir  de  cette  date.  Le  duc  de  Rourbon  avait  concédé  un 
oit  de  chargement  et  de  déchargement  des  grains  à  la  halle, 
i  dut  être  abandonné  k  la  suite  de  contestations.  La  vente 
s  boues  et  immondices  produisait  50  à  60  livres.  In 
os  cens  sur  les  maisons  de  la  ville  rapportait  102  livres 
5ols.  Pour  les  dépenses  extraordinaires,  on  était  obligé  de 
courir  à  des  impositions  additionnelles  à  la  taille,  qu'à 
use  des  vices  de  la  répartition  et  pour  faire  contribuer  les 
blés  et  privilégiés  à  ces  dépenses  on  commuait  parfois  en 
iwes  d'octroi.  Les  maires  se  trouvaient  presque  toujours 
ns  la  nécessité  de  faire  des  avances  et  l'apurement  à  longue 
héance  de  leur  comptabilité  donnait  lieu  à  d'innombrables 
Rficultés,  dont  M.  Laurain  a  tracé  le  curieux  tableau  (l),  et 


i)  Les  Fiimnces  clermontoiseit  au  milieu  du  xviii'  siècle.  Voici 
près  un  état  conservé  actiiollomenl  aux  Archives  de  l'Oise,  l'état 
»ssé,  le  28  mai  1751,  par  les  maire  et  échevins  des  revenus  et  charges 
la  ville  :  Revenus  patrimoniaux  :  Le  revenu  de  la  ville  consiste  en 
)  livres,  à  cause  du  travers  de  ce  qui  entre  dans  la  ville,  le  travers 
la  sortie  appartenant  au  prince  de  Condé.  Plus  en  un  gros  cens 
prendre  sur  la  plus  grande  partie  des  maisons  de  la  dite  ville, 
►niant  à  lOi  livres  4  sols.  Et  en  20  sols  de  rente  sur  une  pièce  de 
re  sise  hors  de  la  ville,  1  livre.  Total,  ^3  livres  4  sols.  Charges  ordi- 
ires  :  La  ville  donne,  tous  les  ans,  à  Mgr  l'Intendant  et  au  Tré^sorier 
France  en  exercice  dix-huit  bouteilles  de  vin  d'honneur,  30 livres;  — 
yerde  la  maison  du  sous-brigadier  de  la  maréchaussée,  30  livres;  — 
"  denier  et  2  sols  pour  livre  de  la  pAture  commune,  8  livres  8  sols;  — 
s  huit  cierges  que  la  ville  est  obligée  de  donner  pour  l'octave  du 
int -Sacrement  avec  les  accessoires  et  rubans,  16  livres.  Entrelien  de 


Digitized  by 


Google 


CI.KHMONT   KN    1789 

que  tribunaux  et  Intendants  avaient  grand'peine  à  résoud 
Il  y  avait,  à  Clermont,  une  milice  bourgeoise.  Les  oflicii 
étaient  nommés  par  le  corps  municipal  et  en  recevaient  le 
commission. Elle  était  commandée  par  détachements  pour 
processions,  et  en  entier  pour  les  réjouissances  publiqi 
ordonnées  par  le  roi. 

—  J'ai  dit  que  l'Election  de  Clermont  avait  été  compri 
en  1595,  dans  la  circonscription  de  la  nouvelle  (iénérali 
alors  instituée  h  Soissons.  Malgré  sa  situation  topograpl 
que(l),  elle  demeura,  jusqu'en  1789,  sous  l'autorité  de  l'i 
tendant  de  cette  Généralité.  Celui-ci  l'e-xerçait  sur  les  1()5  ] 
roisses  de  l'Election  par  l'entremise  d'un  subdélégué.  Agei 
d'instruction,  de  transmission  et  de  surveillance,  les  sub( 
légués  n'avaient  pas  conservé  le  caractère  de  fonctionna 
qu'avait  voulu,  un  instant,  leur  conférer  ledit  fiscal  de  17 
Ils  dépendaient  exclusivement  de  celui  qui  les  avait  choi 
et  qui  restait  maître  de  les  changer  et  déplacer  à  son  g 
Généralement,  ils  étaient  pris  parmi  les  chefs  et  les  memb; 
des  juridictions  locales. 

Ainsi   paraît-il  en   avoir  été   à  Clermont  où,  à  défaut 
liste  officielle  —  il  n'en  existe  pas  dans  les  Archives 
l'Oise  non  plus  que  de  l'Aisne,  —  des  documents  mentionn< 
comme  subdélégués,  en  1700,  Henri  Guérin,  sieur  de  Tub 
mont,  président  de  l'Election;  en  1727,  Jacques  Bosquilb 


l'horloge  et  fontaines,  ann(^e  commune,  25  livres.  Entretien  du  coll< 
année  commune,  45  livres.  Gros  cens  dû  au  prince  de  Condé,  78  liv] 
Total,  227  livres  8  sols.  Charges  extraordinaires  :  Le  bois,  la  chund 
et  lapaillc  pour  le  corps  de  garde  des  troupes  qui  passent  en  cette  vi 
et  le  bois  des  feux  de  joie  pour  les  réjouissances  publiques,  année  c< 
m  une,  15  livres  16  sols. 

A  la  même  date,  les  revenus  de  la  ville  de  Bulles  s'élevaien 
518  livres  10  sols,  les  charges  ordinaires  à  418  livres  8  sols  et  les  chai 
extraordinaires  à  105  Uvres.  Le  patrimoine  de  Bulles  comprenait  300 
pens  de  bois  et  200  arpens  de  marais,  chargés  d'un  cens  de  81  ii^ 
18  s.  2  d.  tournois  au  profit  du  comté  de  Clermont. 

(1)  Elle  était  séparée  par  la  Généralité  de  Paris  des  autres  Electi 
de  la  Généralité  de  Soissons  et  ne  se  trouvait  reliée  à  celle-ci  par  au 
chemin  direct. 


Digitized  by 


Google 


■^^•^■1 


Digitized  by 


Google 


CLEHMONT   EN    1789  111 

Tiers  Etat  :  Villes  :  MM.  Chreslien  de  Sainle-Rerlhe  ;  Le- 
fèvre,  raaire  de  la  ville  de  Bulles  :  lïuvey,  lieutenant  parti- 
culier de  la  maîtrise  des  eaux  et  forêts;  Bosquillon  de  Mari- 
gny,  lieutenant  général  de  police.  —  Campagnes  :  MM.  Prévost, 
laboureur  à  Gaslenoy  ;  Maréchal,  laboureur  à  Mauregard  ; 
Meurinne  de  Vasline,  conseiller  en  l'Election,  propriétaire  à 
Léglantiers  ;  Chevalier,  maître  de  la  poste  aux  chevaux  de 
Gournay-sur-Aronde. 

Substituée  dans  une  large  mesure  au  tribunal  administratif 
de  l'Election  d'une  part,  au  subdélégué  de  l'autre,  l'Assem- 
blée d'élection  avait  pouvoir  et  mission  de  répartir  entre  les 
paroisses  les  impositions  foncières  et  personnelles  de  toute 
nature.  Elle  était  le  lien  de  correspondance  entre  les  Assem- 
blées municipales  et  l'Assemblée  provinciale,  transmettait  à 
cette  dernière  les  projets  qu'elle  estimait  utiles  pour  sa  cir- 
conscription, et  réglait  tout  ce  qui  était  relatif  à  cette  circon- 
scription sous  l'approbation  du  roi. 

La  session  de  l'Assemblée  devait  se  tenir  chaque  année,  en 
octobre,  et  ne  pouvait  dépasser  quinze  jours.  Deux  syndics, 
pris,  l'un  dans  le  clergé  ou  la  noblesse,  l'autre  dans  le  Tiers 
Etal,  étaient  cliargés  de  la  suite  des  alTaires,  concurremment 
avec  une  Commission  intermédiaire  de  quatre  membres,  deux 
des  premiers  ordres  et  deux  du  troisième.  Les  syndics  nommés 
furent  l'abbé  Saunier,  chanoine  de  la  collégiale  de  Clermont, 
et  M.  de  Sessevalle,  maître  des  eaux  et  forêts  et  maire  de 
Clermont.  La  commission  intermédiaire  fut  composée,  pour 
le  clergé,  de  l'abbé  Hauduroy  ;  pour  la  noblesse,  de  M.  de 
Guilbon  ;  pour  le  Tiers  Etat,  de  MM.  Bosquillon  de  Marigny 
et  Hu\  ey. 

Les  Archives  de  l'Oise  conservent  les  procès-verbaux  de 
l'Assemblée  d'élection  de  Clermont  ;  ils  constatent  l'impor- 
tance des  travaux  exécutés  par  cette  assemblée  pendant  sa 
trop  courte  durée  (1),  et  permettent  d'afïïrmer  l'influence 
salutaire  que  ce  régime,  s'il  eût  été  appliqué  plus  tôt,  aurait 
pu  avoir  pour  l'avenir  de.la  royauté  et  de  la  France. 


(1)  Voir  mon  Essai  de  Statistique  rétrospective.  L'Assemblée  d'élection 
de  Clermont  en  Beauvolsis  et  le  Plumitif  de  l'intendant  de  Soissons, 
en  1787.  Bulletin  du  Comité  des  Sciences  économiques  et  sociales,  4885, 


Digitized  by 


Google 


1)2  LE  COMTÉ  DE  CLEIlMONT   EN   BEAUVOISIS 

—  Ce  ne  fut  pas,  on  le  sait,  l'organisation  nouvelle  des  Ad- 
ministrations provinciales,  mais  l'ancien  système  électoral  des 
siècles  précédents,  que  le^  Gouvernement  prit  comme  base 
en  1789,  pour  la  réunion  des  Etats  Généraux.  Des  lettres 
patentes,  adressées  à  chacun  des  Bailliages  du  royaume, 
prescrivirent  la  convocation  des  membres  des  trois  ordres 
«  pour  conférer  et  communiquer  ensemble  tant  des  remon- 
trances, plaintes  et  doléances  que  des  moyens  et  avis  qu'ils 
auraient  à  proposer  à  l'Assemblée  générale  des  Etats,  et,  ce 
fait,  élire,  choisir  et  nommer  un  du  clergé,  un  de  la  noblesse 
et  deux  du  Tiers  Etat,  lesdits  députés  munis  d'instructions 
et  pouvoirs  généraux  et  suffisants  pour  proposer,  remontrer, 
arrêter  et  consentir  tout  ce  qui  pouvait  concerner  les  besoins 
de  l'Etat  et  la  réforme  des  abus  ». 

Ce  fut  le  9  mars  1789  que  le  clergé,  la  noblesse  et  le  Tiers 
Etat  du  Comté  de  Clermont  se  réunirent  en  l'auditoire 'du 
Bailliage  sis  à  l'hôtel  de  ville,  sous  la  présidence  du  marquis 
de  Flahaut  de  la  Billarderie,  grand  bailli  d'épée  du  Bailliage 
et  Comté,  assisté  de  Maître  Jean-François  Castoul,  seigneur 
du  Plessier-sur-Saiut-Aubin,  conseiller  du  roi,  lieutenant 
général  civil  et  criminel  dudit  Bailliage.  Le  marquis  de  la 
Billarderie  était  muni  de  la  procuration  dé  Louis-Joseph  de 
Bourbon,  prince  de.  Condé  (1),  seigneur  de  Clermont,  Breuil- 
•  le-Vert  et  Rotheleux,  et  de  Louis-Henri-Joseph  de  Bourbon- 
Condé,  duc  de  Bourbon,  seigneur  de  Nointel. 

Après  l'appel  des  noms  (2),  les  membres  des  trois  ordres 
se  retirèrent  pour  procéder  séparément  à  la  rédaction  de 


(1)  A  l'assemblée  générale  du  Bailliage  de  Senlis,  tenue  dans  cette 
ville  le  H  mars,  le  prince  de  Condé  comparut  également  par  procureur 
(ce  procureur  fut  le  vicomte  de  Pons),  comme  soigneur  engagiste  de 
Creil,  de  la  mairie  royale  de  Cinqueux,  des  fiefs  de  Chaumontel-la- 
Ville,  La  Morlaye,  La  Versines,  Les  Haycs  et  Villers-SaintPaul. 

(2)  Voir  la  liste,  Annexe  IL  Elle  est  extraite  de  l'ouvrage  de  M.  G. 
Desjardins,  Le  Beauvaisis,  le  Valois,  le  Vexin  français,  le  Noyonnais 
en  1789.  L'auteur  reproduit  le  texte  des  Cahiers  adoptés  par  les  trois 
ordres.  Voir  p.  240  et  492  cette  intéressante  publication. 


Digitized  by 


Google 


CLERMONT   EN    1789  113 

leurs  cahiers  et  à  l'élection  de  leurs  députés,  qui  furent  : 

Pour  le  Clergé  :  François-Joseph  de  La  Rochefoueauld- 
Bayers,  évéque-comle  deBeauvais(l). 

Pour  la  Noblesse:  Alexandre-François  de  La  Rochefou- 
cauld, duc  de  Liancourt  (2). 


(1)  On  lui  donna  pour  suppléant  l'abbé  Michel  Lestuvée,  curé  de  La 
Neuville-en-Hez.  Né  à  Angouléme  en  1735,  François-Joseph  de  La  Roche- 
foucauId-Bayers  était  prêtre,  licencié  en  théologie,  et  archidiacre  du 
Vexin,  au  diocèse  de  Rouen,  lorsque  Clément  XIV  le  préconisa  au  con* 
sistoire  de  juillet  1772.  Il  fil  son  entrée  solennelle  k  Beauvais  le  29  sep- 
tembre de  la  même  année.  Pasteur  vigilant  et  dévoué,  il  se  consacra  tout 
entier  à  l'administration  de  son  diod»se.  C'est  lui  qui,  en  1779,  prit 
l'initiative  de  la  première  caisse  de  secours  en  faveur  des  incendiés,  et 
le  mandement  qu'il  publia  à  celte  occasion  donne,  pour  combattre  un 
fléau  alors  assez  fréquent  en  Beauvoisis,  les  plus  sages  et  utiles  in- 
structions. On  sait  qu'il  refusa  de  prêter  serment  à  la  Constitution  civile 
du  clergé  et  périt  avec  son  frère  Pi  erre- François  de  La  Rochefoucauld, 
évoque  de  Saintes,  le  2  septembre  1792,  dans  l'odieux  massacre  du 
couvent  des  Carmes. 

(2)  Né  le  il  janvier  1747,  François-Alexandre-Frédéric  de  La  Roche- 
foucauld, titré  d'abord  duc  de  Liancourt,  puis  duc  d'Estissac  (1783), 
grand  maître  de  la  garde-robe,  chevalier  des  ordres,  se  consacra  des 
sa  jeunesse  aux  améliorations  agricoles  et  donna,  dans  son  domaine  de 
Liancourt,  le  premier  exemple  de  la  culture  des  prairies  artificielles  et 
des  racines  tuberculeuses  ;  il  y  créait  en  même  temps  des  filatures 
ainsi  qu'une  école  des  Arts  et  Métiers,  qui  a  été  depuis  transférée  à 
Chàlons.  Il  prit  une  part  active  aux  travaux  de  la  Constituante.  Emigré 
après  le  10  août,  il  employa  lo  temps  do  son  eîrti  à  un  voyage  aux 
Etats-Unis.  Rentré  en  France  à  l'époque  du  Consulat,  il  se  retira  à 
Liancourt  et  dévoua  le  reste  de  son  existence  k  l'agriculture,  en  même 
temps  qu'à  toutes  les  œuvres  de  bienfaisance  et  d'utilité  publique.  C'est 
à  son  initiative,  à  ses  soins  persévérants  que  la  France  doit,  entre 
autres,  la  propagation  de  la  vaccine.  11  était  inspecteur  permanent  et 
président  de  ce  service,  membre  du  Conseil  général  de  l'Oise,  du  Conseil 
du  commerce  et  de  l'industrie,  du  Conseil  général  de  l'agriculture,  du 
Conseil  général  des  hospices  de  Paris,  lorsfjue,  mis  en  suspicion  à 
cause  de  ses  opinions  libérales  par  le  gouvernement  de  Charles  X,  il 
fut  révoqué  par  ordonnances  spéciales*  toutes  rendues  le  même  jour,  de 
ces  diverses  fonctions  qu'il  remplissait  à  titre  gratuit.  11   mourut 

8 


Digitized  by 


Google 


114  LE  COMTÉ   DE  CLERMONT   EN    BEAUVOISIS 

Pour  le  Tiers  Etat  :  Luc- Jacques-Edouard  Dauchy  (l),  pro- 
priétaire-cullivateur  à  Saint-Jusl-La  Rue-Prévost,  et  Anne- 
Joseph-François  Meurinne  (2),  conseiller  du  roi,  élu  en  TElee- 
lion  en  raème  temps  que  laboureur  àLéglantiers. 

Tels  sont  les  noms  des  quatre  personnages  que  la  réunion 
des  trois  ordres,  tenue  au  mois  de  mars  1789  à  Clermont, 
choisit  pour  représenter  le  Bailliage  à  l'Assemblée  destinée  à 
substituer  un  régime  entièrement  nouveau  au  régime  sécu- 
laire dont  je  viens  de  chercher  à  retracer  l'histoire.  Ils  de- 
vaient, avec  leurs  collègues  des  Bailliages  voisins,  apposer 
leurs  signatures  au  bas  de  la  carte,  dressée,  en  1790,  par  le 
Comité  de  constitution  et  portant  fixation  officielle  des  limites 
du  nouveau  département  de  l'Oise.  • 

Ce  département  fut  inslilué  par  le  décret  des  20  janvier, 
1"  et  7  février,  et  l'ancien  Comté  et  Bailliage  de  Clermont  fut 
appelé  à  former  l'un  de  ses  neuf  districts. 


27  mars  1827;  11  siégeait,  depuis  1814,  à  la  Chambre  des  Pairs,  avec  le 
titre  de  duc  de  La  Rochefoucauld,  titre  dont  il  avait  hérité  de  soo  cousin 
Louis-Alexandre,  massacré  par  les  Jacobins,  à  Gisors,  le  14  septem- 
bre 1792. 

(1)  Né  à  Saint-Just-en-Chaussée,  le  2  octobre  1757,  Luc-Jacques- 
Edouard  Dauchy  s'était  adonné  à  la  culture.  Il  joua  un  rùle  assez  im- 
portant à  la  Constituante,  fit  partie  du  Conseil  des  Cinq-Cents  ;  nommé 
préfet  de  TAisne,  après  le  18  Brumaire,  il  entra  au  Conseil  d'Etat,  fut . 
ensuite  intendant  du  Trésor  public  dans  les  départements  au  delà 
des  Alpes  et  en  lUyrie.  Le  département  de  l'Oise  l'envoya  siéger  au 
Corps  législatif  pendant  les  Cent  Jours.  Il  est  mort  célibataire,  à  Saint- 
Just,  le  27  juillet  1817.  Il  avait  été  créé  comte  de  l'Empire  par  lettres 
patentes  du  3  mai  1810,  et  était,  depuisj'an  XII,  commandeur  de  la 
Légion  d'honneur. 

(2)  Originaire  de  Léglantiers,  Anne-Joseph-François  Meurinne  de 
Vastine  ou  d'Esvatines  y  exploitait  la  ferme  de  Buzodon,  qu'avait 
cultivée  son  père  avant  lui,  lorsqu'il  fut  élu  député  du  Tiers.  Il  rentra, 
après  la  Constituante,  dans  son  pays  natal,  où  il  mourut  célibataire  il 
l'âge  de  57  ans,  le  14  pluviôse  an  VI.  Son  portrait  est  au  Musée  de 
Clermont. 


Digitized  by  VjOO^IC 


ANNEXES 


Digitized  by 


Google 


Digitized  by 


Google 


LE  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN  BEAUVOISIS        11' 


ANNEXE  A 


Estât  au  vray  de  la  recepte  ordinaire  de  la  chastel 
LENiE  de  creil  au  bailliage  de  Senlis,  fait  par  MMgrs  le 
trésoriers  de  France  à  Jehan  Preudhomme  receveur  ordinair» 
dudil  Creeil,  pour  ung  an  commençant  au  jour  St  Jeliai 
Baptiste  mv"  et  cinquante  en  finissant  à  semblable  jour  mv  e 
cinquante  ung. 

El  premièrement 

Recepte  de  grain  muable. 

Et  est  assavoir  que  au  muy  de  tout  grain  (1)  a  douze  mines 
h  la  mine  quatre  quartiers  et  au  quartier  trois  boisseaux. 

Du  moulin  de  Creeil  baillé  à  Jehan  Cayn  pour  deux  ans 
commençant  au  jour  saint  Jehan  Bap''  mv'  cinquante,  pou 
vingt-deux  muys  six  mines  de  blé  froment  et  moulture  pa 
moictié  par  an. 

Despense  du  dit  blé 

Au  chappelain  de  l'église  de  S.  Evremond  à  Creeil,  di 
muys. 

Au  chappelain  de  la  chapelle  S.  Nicolas  fondée  au  chate 
de  Creeil,  quatre  muys. 

Au  chappelain  de  la  chapelle  de  S.  Eustace  de  Lavercines 
huit  muys  six  mines. 

Pareil  à  la  recepte. 

Autre  recepte  d'avoine  non  muable. 

De  cens  deuz  en  avoine  le  dimanche  prochain  après  le  jou 
des  Morts  audit  Creeil  et  autres  lieux  de  la  présente  recepte 
six  mines  (2)  deux  boisseaux  d'avoine,  produisant  en  argent 
76  sols,  dont  ne  se  reçoit  aucune  chose. 


(1)  Le  muid  était  de  6  hectol.  86. 

(2)  La  mine  d'avoine  était  de  95  litres  39. 


L 


Digitized  by 


Google 


Digitized  by 


Google 


ANNEXE  A  119 

Au  jour  de  Pasques  de  Résurrection  appelé  Pasques  com- 
munaulx  par  les  pêcheurs  de  Creeil  pour  la  pierre  au  poisson 
de  ladite  ville,  48  s. 

Au  jour  S.  Evremond,  pour  cinq  quartiers  d'eaue  au  dessus 
de  la  maistresse  arche  du  pont  de  Creeil,  18  d. 

Au  temps  de  fenoisons,  et  en  Mars  pour  corvées  deues  audit 
Creeil,  estimées  8  s.  par  an. 

(Déduction  :  ne  se  reçoit  aucune  chose.) 

79  1.  19  s.  9  d.  de  cens  pour  la  terre  et  pré  de  la  Morlaye. 

111.  il  d.  de  cens  deuz  à  Montataire. 

79  s.  sur  des  cens  à  Sainqueux. 

17  s.  8  d.  de  cens  en  la  mairie  des  Aigeux  et  Longueaue. 
Total,  301  1.  15  s.  5  d. 

Autre  recepte  non  muable  à  cause  de  terres  vacantes. 

6  s.  pour  un  arpent  de  terre  assis  à  l'endroit  du  port  de 
Lavercines,  baillé  à  toujours  à  Martin  Darcaigne. 

Autre  recepte  de  domaines  et  fermes  muables,  payable  aux 
jours  de  Toussaint^,  Chandeleur  et  Ascension  par  tiers, 
baillés  pour  deux  ans. 

Du  scel  et  escriptures  du  tabellionnaige  de  Creeil,  baillez  à 
Adam  de  la  Haye,  67  1. 

Et  autant  de  cire. 

Du  greffe  de  la  prévôté  du  dit  Creeil,  baillé  audit  Adam, 
duquel  Jehan  Mestaier  a  le  droit,  46  1. 

Du  greffe  du  baillage  de  Senlis  audit  Creeil,  baillé  à  Robert 
Cabourdel,  31 1.  10  s. 

Des  exploits  et  amendes  de  la  prévôté  de  Creeil,  baillés  à 
Robert  de  Malmaison,  55  1. 

Du  travers  par  eaue  dudit  Creeil,  baillé  à  Pierre  Cayn, 
huit- vingt  quatre  liv. 

Cire,  idem. 

Du  travers  par  terre  dudit  Creeil,  baillé  à  Nicolas  Dupré, 
171. 

Cire,  id. 

De  la  chaussée  dudit  Creeil,  baillé  au  même,  12 1. 

Des  fours  banniers  dudit  Creeil.  baillé  à  Michel  Chaulderon, 
311. 


Digitized  by 


Google 


12()  LE  COMTÉ  DE  GLERMONT  EN   BEAUVOISIS 

Du  brassin  à  cervoice  dudit  Creeil,  lequel  n'a  élé  mis  à 
prix. 

Du  tonnellieu,  rouaige  et  foraige  dudil  Creeil,  baillé  à 
Jelian  Cliéron.  34  s.  6  d. 

de  la  foire  audit  Creeil,  qui  se  tient  au  jour 
é  à  Pierre  Broulart,  25  s. 
et  eslalaige  de  la  foire  dudit  Creeil,  qui  se 
Croix  en  May,  non  mis  à  prix. 
e  la  monnoye  audit  Creeil,  aussi  non  mis 

mairie  des  Hayes,  8  1. 

lairies  des  Aigeux,  Longueaue,   des  Aigeux 

Veneurs,  baillé  à  Adam  de  la  Haye,  6 1.  4  s. 

mairie  de  Sainqueux,  baillé  à  Nicolas  Chariot, 

a  mairie  de  Monlataire,  baillé  à  Jehan  de 

10  s. 

(e    de    Nogent-les-Vierges,    baillé   à  Pierre 

e  de  Villers-S'-Paul,  baillé  à  Jasques  Broust. 

3  de  Laigneville,  Sailleville  et  Moncy-S'-Elol, 
ielin,  4  s.  6  d. 
14  s.  6d. 
V.  poids  de  eire/de  laquelle  recette  sera  faite. 

fe  louauje  de  prez,  paiable  auxdiiz  Jours  de 
handeleur  et  Ascension,  par  tierSy  baillez  pour 
mençant  au  Jour  de  S.  Jehan  B'"  1550. 

de  prés  assis  en  la  prairie  de  Thiverny  en 
écéderament  louez  par  ung  seul  bail,  et  de- 
n  dix  baux,  115  1.  12  s. 

pour  le  louage  des  prés  ci-après  : 
is  de  prez  en  la  prairie  de  Verneuil-sur-Oise. 
>  prez  en  la  prairie  de  Montataire  et  Creeil. 

le  moulin  du  prez. 
ré  qui  furent  au  Cardinal  d'Amiens. 
5  pré  en  la  prairie  de  Creil. 
5  pré  k  la  Tomboire. 


Digitized  byLjOO^|£^ 


ANNEXE  A  121 

35  verges  de  pré  au  petit  marais. 

Demi-arpens  de  pré  à  la  Voie-aux-Vaches. 

Deux  arpens  de  pré  nommez  le  pré  du  Ghapperon. 

Un  arpent  un  quartier  de  pré  sis  à  Thiverny. 

10  arpens  et  demi  de  pré  dans  la  prairie  de  Creeil. 

Un  arpent  et  demi  de  pré  en  ladite  prairie. 

Six  arpens  trois  quartiers  en  la  prairie  de  Vaux-les-Creeil. 

Une  pièce  de  pré'et  jardin,  avec  les  arbres  estant  en  icelle, 
le  tout  contenant  deux  arpens  trois  quartiers  huit  verges, 
assiz  dedans  le  Cloz  du  roy,  et  non  compris  ce  qui  fait  sépa- 
ration entre  les  jardins  et  les  vignes  dudlt  cloz  dont  souloit 
joïr  le  cappitaine  et  concierge  du  chasteau  de  Creeil. 

Autre  recepte  de  domaine  muable  baillée  pour  diverses  années. 

De  l'étang  de  Gouvieux  (1)  avec  les  logis  et  travers  de  la 
chaussée  d'icelluy,  la  fosse  aux  anguilles,  la  rivière  et  leurs 
appartenances,  par  cydevant  baillez  à  600  1.  par  an  outre  les 
charges  d'entretenir  lesdits  logis  et  de  paier  la  fondation  du 
chappelain  de  l'hôtel  du  roy  à  la  dite  chaussée,  et  les  gages 
des  gardes  des  grilles  dudlt  étang,  à  Pierre  Bezaufroy  par 
D'"  Marguerite  d'Oyron,  à  laquelle  la  feue  royne  de  Navarre 
jouissant  en  usufruit  du  revenu  de  la  présente  recepte  en 
avolt  fait  don.  —  Néant,  que  le  roy,  par  lettres  patentes 
données  à  S.  Germain  le  12*  jour  de  juin  1550  a  fait  don  de  tous 
les  revenus,  profits  et  émolumens  au  duc  de  Montmorency, 
connestable  de  France,  pour  en  jouir  par  ses  mains  durant 
9  années,  commençant  au  jour  du  trépas  de  ladite  royne, 
advenu  le  21*  jour  de  décembre  1549,  charges  ordinaires  et 
anciennes  estant  sur  ledit  revenu  préalablement  payées,  et 
pourveu  que  ledit  duc  de  Montmorency  entretienne  lesditz 
estang  et  chaussée  en  tel  estât  et  réparation  qu'il  les  trouve- 
roil  à  son  entrée  en  joissance. 


(1)  Cet  étang,  l'un  des  plus  considérables  du  Beauvoisis,  était  ali- 
menté par  la  Nonette  ;  il  s'étendait  depuis  Gouvieux  jusqu'au  delà  de 
Chantilly  vers  Saint-Firmin.  Il  fut  détruit,  en  1658,  lors  d'une  inonda- 
tion qui  emporta  la  digue  de  l'Ouest.  C'est  sur  son  emplacement  qu'a 
été  creusé  le  grand  canal  de  CbantiHy.  (Graves,  Canton  de  Creil,  p.  5.) 


Digitized  by 


Google 


CLERMONT  EN   BEAUV0ISI8 

Roy,  10  arpens  et  demy  ou  environ, 
ment  le  capitaine  de  Creeil,  actuelle- 
5.  2d. 
es  de  terre,  10  s. 

Colombier,  102  s. 

îliaussée  de  Gouvieux,  néant,  parce 
stre  exposée  en  bail. 
ts  Aigeux,  partissant  par  moitié  entre 
>nis,  pour  le  roy,  10  s. 
Inoie  et  de  bruyère,  partissant  comme 

6d. 

iu  roy  au  jour  de  Noël  par  les  habi- 
1,  qui  est  ung  pain  de  quatre  deniers 
pain  ung  denier  pour  chacun  chef 
use  des  usages  qu'ils  ont  en  la  forest 

\T. 

Id.  par. 

cause  des  étaux  de  la  boucherie  de 
es  du  pont,  baillez  à  ferme, 

n'ont  pas  trouvé  preneur,  produi- 

de  France  réclame  du  receveur  un 
ne  sont  pas  en  plus  grand  nombre, 
récédents  états  ils  avaient  produit 


piz,  reliefs,  quinix  et  requiniz,  de- 
sines  et  amendes,  et  autres  projitz 

quints  et   requintz,  deniers  prove- 
e  la  châlellenie  de  Creeil,  néant. 
Lsines  provenant  de  la  vente  d'hérl- 
3  chatellenie,  déduit  le  quart  que  y 
1  s,  9  d. 

aes  provenant  à  cause  de  la  terre  et 
arlissant  comme  dessus,  25  s. 
3s  adjugées  pardevant  le  lieutenant 
eil,  20  s. 


Digitized  by  VjOOQIC 


ANNEXE  A 

Des  amendes  arbitraires  adjugées  par  devant  le  pré\ 
Creeil,  40  s. 

Total  :  16  1.  6  s.  9  d. 

Autre  recepte  de  ventes  de  bois  et  autres  projitz  d'ea 
etforestz. 

Ventes  de  bois  ordinaires  en  la  forest  de  Pomeraie, 
3  s.  8  d.  ob. 

Menues  ventes  des  ditz  bois,  13  1.  6  s. 

Bois  des  Aigeux,  ventes  ordinaires  partissant  comm 
sus,  néant.  —  Menues  ventes,  13  s. 

Paisson  desdites  forestz,  néant. 

Des  amendes  adjugées  par  devant  le  maître  des  ea 
forestz  ou  son  lieutenant  à  Sentis,  néant. 

Des  amendes  adjugées  par  devant  ledit  maître  des 
et  forestz  aux  jours  de  réfTormation  tenuz  le  19  aoul 
déduit  le  tiers  que  y  prend  comme  dessus  le  sergent  D 
reux,  8  1.  6  s.  8  d. 

Des  amendes  de  60  s.  adjugées  à  cause  de  la  forest  ( 
meraie  par  devant  le  gruyer  d'icelle,  baillées  à  Eloi  T 
pour  deux  ans,  17  1.  10  s. 

De  semblables  amendes  adjugées  par  devant  ledit  gi 
à  cause  des  bois  et  buissons  des  Aigeux,  partissant  c< 
dessus,  baillées  pour  6  livres  par  an.' 

Amendes  au  dessus  de  60  s.  néant. 
Total  :  320  1.  2  s.  4  d.  ob. 

Et  23  livres  de  cire. 

Autre  recepte  de  ventes  extraordinaires  de  bois. 

De  ventes  extraordinaires  de  bois  faites  en  la  forêt  de  1 
raye  par  Jacques  Lelièvre,  maître  particulier  des  eaux  et 
de  France,  et  François  Marotte,  s' du  Buisson,  le  8  févriei 

en  vertu  des  lettres  patentes  du  roi  notre  sire 1669 

Autre  recepte,  à  cause  de  la  pèche  de  l'étang  de  Gouo 

Néant,  à  cause  du  don  fait  au  duc  de  Montmorency. 

Autre  recepte  de  vente  'de  grains  et  cire. 

Vente  de  deux  mines  d'avoine  (mairie  de  Montala 
raison  de  13  s.  la  mine,  26  s. 


\sài^. 


Digitized  by 


Google 


ï^^^î^ï 


124  LE  COMTÉ   DE  CLEKMONT   EN   BEAUVOISIS 

Vente  de  512  L  3  quarts  de  cire  à  raison  de  12  d.  par  livre, 
25  1. 12  s.  9  d. 

Somme  toute  de  la  recepte  du  présent  état  quant  à  l'ordinaire, 
1398  1.  4  s.  4  d.       , 

Et  les  deniers  provenant  de  vente  extraordinaire  de  bois, 
montent  à  1669  1.  5  s. 

Dépenses  du  présent  état. 

El  premièrement. 

P'ief  et  aumônes  et  renies  à  héritage  au  eliapellain  de  la 
chapelle  S.  Nicolas  du  châtel  de  Creil,  aux  jours  S.  Jean- 
B''  et  Chandeleur,  pour  sa  robe  et  luminaire,  4 1.  1  s.  —  Au 
jour  de  Toussaint  pour  quatre  muis  de  vinage  à  40  s.  le 
muid,  8  1.  en  tout  pour  ce  12  1.  1  s. 

Au  chapitre  de  l'église  S.  Evremond  audit  Creeil,  au  jour 
des  Morts,  sur  le  travers  par  terre,  44  s.  —  Le  dimanche 
avant  Pâques  llories,  sur  le  travers  par  eaue.  pour  le  lumi- 
naire, 50  s.  —  Au  lendemain  de  Noël,  sur  les  vignes  qui 
furent  à  feu  Porrus  de  la  Versine  et  Colin  Le  Coq,  10  s.  — 
Au  jour  de  Toussaint  pour  la  vigne  du  Clos  du  roi,  2  muys 
8  septiers  de  vin.  —  Au  jour  de  S.  Jean-B'*  et  de  Noël,  16  s. 
de  rente  et  le  jour  de  S.  Remy  2  d.  de  cens  sur  la  maison  du 
roy  estant  audit  Creeil  derrière  l'église  S.  Médard,  en  tout 
11 1.  1  s.  4  d. 

Aux  religieux  chartreux  de  Vauvert-les-Paris,  sur  la  mairie 
des  Haies,  si  tant  elle  peut  monter,  ou  sur  la  masse  de  la 
présente  recepte,  31  1.  par. 

Auxdilz  chartreux  sur  la  censé  de  Brenouille,  pour  la  fon- 
dation de  leur  église  par  feu  Louis  de  Bourbon,  comte  de 
Clermont,  24  1.,  néant. 

Au  chapelain  de  la  chapelle  de  S''  Catherine  fondée  en 
l'hotel  du  roi  à  la  chaussée  de  Gouvieux,  12 1.  —  Mais  à  cause 
du  don  fait  au  duc  de  Montmorency,  néant. 

Aux  doyen,  chanoines  et  chapitre  de  l'église  N.  D.  de  Sentis, 
au  jour  S.  Remy  pour  le  cens  du  chastel  de  Creeil,  100  d. 
Somme,  66  1.  10  s.  8  d. 

Au  chapelain  de  la  chapelle  S'*  Anne  fondée  dans  l'hotel 
Dieu  de  Creeil  pour  dix  charrettes  de  bûches  de  quatre 
mosles  chacune,  dans  la  forêt  de  Pomeraye,  apprécié  ^  15  d. 
par.,  le  mosle,  50  s.  Néant. 


Digitized  by 


Google 


fmr^ 


ANNEXE  A  125 

Gaiges  d'officiers,  paiables  aux  Jours  de  Toussaint, 
Chanaeleur  et  Ascension. 

Au  lieutenant  du  baiiii  de  Senlis,  à  Creeil,  16  1. 
Au  prévôt  en  garde,  20 1. 
Au  procureur  du  roi,  10 1. 
Au  s'  Jelian  Preudliomme,  recepveur,  32  1. 
Au  capitaine  du  cliâtel,  80 1. 
Au  concierge  dudit  cliâtel,  16  1. 

Au  portier  d'icellui  cliâtel,  ordonné  pour  garder  la  porU 
nettoyer  les  gouttières,  11  1.  12  s. 
S.  185  1.  12  s. 

Autres  gaiges  d'officiers  d'eaues  et  forets. 

Au  gruyer  de  la  forêt  de  Pomeraye,  8 1. 

Aux  deux  sergents  de  ladite  forêt,  à  chacun  41 

Au  garde  du  gril  d'en  haut  de  l'étang  de  Gouvieux,  41. 
—  à  la  charge  du  fermier,  néant. 

Frais  de  justice  et  d'arpentage. 

Frais  de  justice  es  sièges  du  bailliage  et  prévôté,  12  1.  H 
Frais  de  mesurage  et  arpentage  des  ventes  ordinaires 
bois,  15  1.  14  s. 
Autres  frais  d'arpentage  T>our  bail  des  vignes,  26  s.  6  d. 

Ouvrages  et  réparations  et  autres  frais. 

Maçonnerie  à  l'étang  de  Gouvieux,  68  1.  2  s.  3  d. 

Autre  maçonnerie  audit  étang,  185  1. 

Maçonnerie  aux  piles  des  ponts  du  moulin  Bannier  de  Grell,  592 1.  \ 

Charpenterie,  maçonnerie  et  couverture  dudit  moulin,  264  1.  16  s.  p 

Frais  des  officiers  et  architectes,  27  1.  8  s. 

Frais  de  visite  des  maîtres  des  œuvres  et  ouvriers  et  de 
des  ouvrages,  au  château,  ponts  et  moulins  de  Creeil,  14  1. 

Réparations   et   augmentations   des  ustensiles,   harnais,   etc.  di 
moulin,  12  1.  p. 

S.  225  1.  18  s.  6  d. 

Voyages  et  taxations  des  clercs  et  du  recepveur,  122 
8  s.  pai;. 

Deniers  payez  à  gens  qui  en  doivent  compter  sur  les 
ventes  de  bois  extraordinaires. 

Au  sieur  Jacques  Marcel,  recepveur  général  des  finance 


Digitized  by 


Google 


Digitized  by 


Google 


ANNEXE  A 

pour  estre  par  luy  employée  aux  frais  exlraordluain 
restent  encore  à  faire  pour  les  ouvraiges  et  répara lioi 
saires  estre  faites  à  l'estang  et  chaussée  de  Gouviei 
sons  et  lieux  qui  eu  dépendent,  que  le  roy  a  ordon 
réparez  et  remis  en  bon  estât,  pour  estre  rendus  tel? 
du  don  que  ledit  seigneur  en  a  fait  au  duc  de  Monti 
connestable  de  France,  dont  mention  est  falste  au 
estât  ;  et  aux  chasteaux,  pontz  et  moulins  de  Cre 
éviter  la  ruine  d'iceulx. 

Et  quant  aux  deniers  provenant  de  ventes  extraor 
de  bois  de  liaulte  fustaye  la  recepte  monte,  1669  1.  5 

Et  la  despense,  y  comprise  une  partie,  monte  27  1. 
pour  les  frais  de  recouvrement  desditz  deniers  c; 
couchés  et  tenus  en  souffrance,  1520 1.  13  s.  8  d. 

Reste  que  doit  cedit  receveur,  à  cause  desdites 
extraordinaires  de  bois,  148 1. 12  s.  3  d. 

Fait  à  Paris  le  18*  jour  de  Mars  l'an  1551.  —  Signé  C 

Grolier,  Preudhomme 
Archives  de  l'Aube,  D.  92. 


Digitized  by 


Google 


Digitized  by 


Google 


LE  COMTÉ   DE  CLKRMONT   KN    UKAUVOISIS   '  I2ÎÏ 


ANNEXE  B 


Contrat  d* Engagement  du  13  août  1569. 

Pardevant  Parque,  Edme  él  Pierre  Poutrain,  notaires  du 
Roi,  notre  dit  seigneur  en  son  cliâtel  de  Paris, 

Fut  présent  en  personne,  T.  H.  T.  P.  prince  monseigneur 
François  d'Alençon,  frère  du  Roi,  assisté  de  messeigneurs 
Nicole  de  Pellevé,  arclievéque  de  Paris,  Chrisloptie  de  Ttiou, 
premier  président  en  la  Cour  de  Parlement ,  Nicolas  Le  Gendre, 
seigneur  de  Villeroy,  Jean-Jacques  de  Mesmes,  seigneur  de 
Roissy,  Gilles  Bourdin,  procureur-général  du  Roi,  notredit 
seigneur  en  son  privé  Conseil,  pour  au  nom  et  comme  ayant 
charge  de  vSa  Majesté  et  de  T.  H.  et  T.  P  Dame  la  Reine  sa 
mère,  par  lesquels  ledit  soigneur  duc  a  promis  faire  ratifier 
et  avoir  le  contenu  en  ces  présentes  pour  agréable,  lequel 
par  advis  et  conseil  desdits  seigneurs,  et  pour  subvenir  aux 
grandes  et  urgentes  affaires  du  Roi  et  du  royaume,  notoires 
à  un  chacun,  a  confessé  avoir  vendu,  constitué  et  assigné 
par  la  teneur  de  ces  présentes,  vend,  constitue  et  assigne, 
promis  et  promet  garantir  délivrer  et  deffendre  de  tous 
troubles  et  empêchements  quelconques, 

A  T.  H.  T.  P.  prince  Eric  duc  de  Brunsvick  et  de  Lune- 
bourg,  elc,  absent,  messire  Ballhazar  de  Vaudrelinde,  capi- 
taine, agent  et  procureur  dudil  seigneur  de  RrunsvicJv,  fondé 
de  procuration  insérée  à  la  lin  des  présentes,  à  ce  présent 
stipulant  et  acceptant  pour  ledit  seigneur  duc  de  Brunsvick, 
ses  héritiers  et  ayant  causes,  30,000  livres  tournois  de  rente 
annuelle  et  perpéluelle,  et  icelle  avoir  et  prendre  par  ledit 
seigneur  duc  de  Brunsvick,  ses  héritiers  et  ayant  causes, 
par  chacun  an,  ainsi  et  en  la  forme  ci-après  déclarée,  c'est  à 
savoir  que  pour  la  somme  de  16,000  tournois  faisant  partie 
des  30,000  livres  tournois  de  renie,  mondit  seigneur  duc 
d'Alençon  audit  nom  cède,  quitte,  transporte  et  délaisse  audit 
seigneur  duc  de  Brunsvick,  absent,  stipulant  comme  dessus, 
les  Comté,  terres  et  seigneurie  de  Clermont  en  Beauvoisis, 

9 


Digitized  by 


Google 


130  LE  COMTÉ   DE  CLERMONT   EN   BEAUVOISIS 

consistant  en  chastel,  ville  de  Clermont,  terres  et  seigneuries 
de  Bonneuil,  la  Warde-Mauger,  la  Hérelle,  Remy,  Gournay, 
Moienneville,  Mery,  Cagny,  Troussures,  Sacy,  Bulles,  Bailleul 
et  la  cliâtellenie  de  Creil  ;  ainsi  que  les  dites  châtellenie  de* 
Creil  et  seigneuries  s'étendent,  poursuivent  et  comportent 
tant  en  villes,  châteaux,  places,  maisons,  forteresses,  fruits, 
profils,  revenus  et  émoluments,  honneurs,  hommages,  vas- 
saux, vassellages  et  sujets,  bois  taillis,  étangs,  rivières,  fours^ 
moulins,  prez,  pâturages,  fiefs,  arrière-lîefs,  justices,  jurisdic- 
tlons,  forfetures,  confiscations  et  amendes,  quints,  requints, 
lods,  ventes,  profits  de  fîefs  et  de  tous  autres  droits  et  débltoi- 
res  quelconques  qui  appartiennent  auxdits  comté,  châtellenie 
et  seigneuries  à  cause  d'icelles,  avec  les  droits  tant  de  patro- 
nage d'église,  collations  de  bénéfice,  dépendant  desdits  comté, 
châlellenie  et  seigneuries  que  des  otîices  ordinaires  d'icelui, 
aux  quels  bénéfices  ledit  seigneur  duc  de  Brunsvick  pourra 
pourvoir  et  présenter  des  personnes  capables  et  comme  le 
comte  de  Clermonl  et  seigneur  desdites  terres  et  seigneuries 
le  peut  faire,  le  cas  de  vacations  advenant,  et  quant  aux 
offices  ordinaires  ledit  seigneur  comte,  advenant  vacations, 
y  pourvoira  de  plein  droit  si  bon  lui  semble  ou  présentera  à 
sa  Majesté  personnes  capables,  suffisantes  et  de  qualités 
requises,  auxquelles  sadite  Majesté,  et  ses  successeurs  rois 
seront  tenus  bailler  provisions,  sans  que  ceux  qui  auront  été 
pourvus  par  ledit  seigneur  duc  de  Brunsvick,  ou  par  le  roi  à 
sa  nomination  puissent  être  révoquez,  encore  que  ledit  comté, 
châtellenies  et  seigneuries  soient  retirés  par  sa  Majesté,  ou 
rachetés  par  ses  successeurs,  par  vertu  delà  faculté  ci-après 
déclarée.  Ains  jouiront  lesdits  officiers  de  leurs  états  leur 
vie  durant  comme  les  officiers  royaux  de  ce  royaume. 

Et  généralement  mondit  seigneur  duc  d'Alençon  a  cédé  et 
transporté  audit  seigneur  duc  de  Brunsvick,  tous  les  droits 
auxdits  comté,  châtellenies  et  seigneuries  appartenants,  sans 
aucunes  choses  en  excepter,  retenir  ou  réserver,  sinon  le  res- 
sort et  souveraineté,  foy  et  hommage  desdits  comté,  châtelle- 
nies susdits,  et  aussi  excepté  les  bois  marmentaux  et  de  haute 
futaie  de  la  forêt  de  liez,  et  autres  forêts,  à  la  charge  de  jouir 
par  ledit  seigneur  duc  de  Brunsvick,  des  bois  taillis  selon  les 
coupes  ordinaires  et  accoutumées,  quand  le  bois  sera  en  âge 
d'être  coupé,  ainsi  que  ces  coupes  ont  été  faites  et  divisées 


Digitized  by 


Google 


ANNEXE   B  131 

d'ancienneté  en  laissant  les  balivaux,  suivant  l'ordonnance 
et  comme  bon  père  de  famille,  sans  souffrir  y  être  fait  ou 
commis  aucune  malversation  ou  abus  ;  et  pour  accomoder 
ledit  seigneur  duc  de  Brunsvick  de  l'usage  et  commodité 
qu'il  pourrait  tirer  de  ladite  forêt,  ledit  seigneur  duc  d'Alen- 
çon  audit  nom  a  accordé  et  accorde  que  ledit  seigneur  duc 
de  Brunsvick  et  ses  héritiers  tant  qu'ils  jouiront  desdits 
comté,  châtellenies  et  seigneuries,  auront  et  prendront  par 
chacun  an  en  la  forêt  de  Sentis  ou  de  Gompiègne,  ou  celle 
qui  pourra  le  mieux  porter,  deux  arpens  de  bois  de  haute 
futaie  par  la  marque  et  montre  des  ofliciers  des  forêts. 

Pareillement  a  réservé  ledit  seigneur  duc  d'Alençon  à  sa 
dite  Majesté  les  confiscations,  en  cas  de  crime  de  lèze-majesté 
divine  et  humaine  et  de  fausse  monnoye,  les  quelles  confis- 
cations appartiendront   à   Sa  Majesté.   A  été  expressément 
accordé  que  la  justice  desdits  comté,  châtellenie  et  seigneu- 
ries devra  être  exercée  par  les  ofliciers  de  présent  pourvus, 
et  qui  cy  après  y  seront  établis,  tant  au  nom  et  par  le  Roi 
que  dudit  seigneur  duc  de  Brunsvick,  comte  de  Clermont, 
ainsi  qu'à  présent  ladite  justice  est  exercée  de  par  le  Roi  et 
la  Reine  sa  mère,  et  pourra  en  ce  faisant  ledit  seigneur  duc 
de  Brunsvick  se  faire  nommer  comte  de  Clermont,  seigneur 
et  châtelain  dudit  Greil,  et  seigneur  des  seigneuries,  auquel 
les  officiers  rendront  tous  devoirs  et   obéissances,  comme 
aussi  tous  les  hommes,  sujets  et  vassaux  desdits  comté  et 
châtellenie  et  seigneuries,  qui  seront  tenus  faire  renouveler 
les  hommages,  foy  et  fidélité,  comme  à  leur  nouveau  seigneur 
et  comte,  ainsi  que  la  coutume  du  pays  le  requiert,  sans  que 
lesdits  vassaux  puissent  ou  soient  contraints  faire  leur  foi 
et  hommage  en  la  Chambre  des  comptes  ni  ailleurs,  que 
pardevant  ledit  seigneur  duc  de  Brunsvick,   ou  ses  officiers 
commis  et  députés  audit  comté  ;  desquels  hommage  et  récep- 
tion en  foi  qui  sera  fait  à  l'avenir  tant  et  si  longuement  que 
ledit  seigneur  duc,  ses  héritiers  et  ayant  causes  jouiront  du- 
dit comté,  sera  fait  registres  par  les  greffiers  ordinaires  desdits 
comté,  châtellenies  et  seigneuries  susdites,  les  officiers  pré- 
sents, lesquels  registres  le  seigneur  duc  de  Brunsvick  sera 
tenu  faire  porter  ou  envoyer  de  trois  en  trois  ans,  avec  les 
comptes  de  la  recette  ordinaire  d'icelui  comté  et  châtellenies 


Digitized  by 


Google 


132  I.E   COMTK    DE   GLEUMONT   EN   BEAUVOlSlS 

et  seigneuries  en  la  chambre  des  Comptes  à  Paris,  duement 
collationnés  aux  originaux  d'iceux  qui  auront  été  clos 
et  arrêtés  par  ledit  seigneur  duc  de  Brunsvick,  ses  commis 
ou  députés. 

Pareillement  a  été  accordé  que  les  châteaux  de  Glermont  et 
de  Creil,  la  Neuville-en-Hez,  et  autres  places  et  maisons  des 
dits  comté,  châlellenieset  seigneuries,  seront  vus  et  visités  par 
les  oflicieris  du  Roi,  sur  les  lieux  appelés  gens  à  ce  connais- 
sanl,  qui  feront  rapport  et  procès-verbal  de  l'état  auquel  sont 
de  présent  lesdits  châteaux,  places,  maisons  manables,  seront 
mis  en  tel  état  et  réparations  que  besoin  est,  pour  les  habiter 
comme  devant,  pour  faire  lesquelles  réparations,  le  roi  fera 
bailler  et  délivrer  les  boismarm'enlaux  et  de  charpente  néces- 
saires :  sera  tenu  ledit  seigneur  duc  de  Brunsvick  avancer 
les  autres  frais  et  dépenses  nécessaires  desdites  réparations 
jusqu'à  la  somme  toutefois  de  10,000  livres  tournois,  pour  une 
fois  et  au-dessous,  non  plus  :  et  que  ledit  seigneur  duc  de 
Brunsvick  sera  tenu  maintenir  et  entretenir  lesdits  édifices 
et  bâtiments  après  réparations  faites,  en  bonne  et  due  répa- 
ration comme  bon  père  de  famille,  et  les  autres  places  et 
lieux  qui  lui  seront  baillés,  laquelle  somme  de  10,000  livres 
ou  autre  moindre  somme,  à  laquelle  se  trouvera  monter  la- 
dite réparation,  le  Roi  et  ses  successeurs  Rois  seront  tenus 
rendre  en  faisant  rachapt  desdits  comté,  châtellenies  et  sei- 
gneuries ainsi  qu'il  sera  dit  cy  après. 

Davantage  a  été  accordé  que  ledit  seigneur  duc  de  Bruns- 
vick pourra  et  luy  sera  loisible  et  à  ses  successeurs  faire  et 
disposer  tant  par  dons  entre  vifs  que  par  mort  desdits  comté, 
châtellenies  et  seigneuries  et  appartenances,  au  profit  de 
l'un  ou  plusieurs  de  leurs  enfants,  ou  héritiers  légitimes  ou 
naturels  et  autrement,  ainsi  que  bon  luy  semblera,  sans  que 
celui  ou  ceux  au  profit  desquels  seront  faites  lesdites  dispo- 
sitions soient  tenus  impélrer  ou  avoir  de  Sa  Majesté  autres 
lettres  de  naturalité  ou  dispense  aucune,  le  tout  toutefois  à 
la  charge  du  rachat  perpétuel,  et  sans  préjudice  dlcelles 
charges  et  conditions  susdites  ;  encore  a  été  accordé  le  cas 
advenant  que  ledit  seigneur  duc  de  Brunsvick,  ses  succes- 
seurs et  ayant  causes,  leurs  officiers  serviteurs  et  domes- 
tiques de  quelque  qualité  qu'ils  soient,  qui  seront  par  lui  ou 
ses  successeurs  envoyés  et  qui  demeureront  eu  France  pour 


Digitized  by 


Google 


ANNEXE   B  133 

le  régime,  gouvernement  et  administration  desdits  comté, 
châtellenies  et  seigneuries  et  leurs  appartenances,  étant  de  la 
nation  dudit  seigneur  de  Brunsvick  et  non  sujets  du  Roi,  ne 
seront  tenus  contribuer  à  aucunes  taille,  aides,  subsides  ou 
imposition  ordinaire  el  extraordinaire,  et  le  cas  advenant, 
que  les  susdits  ou  aucuns  d'eux  étant  au  service  dudit  sei- 
gneur duc  de  Brunsvick  décédassent  en  ce  royaume,  les 
biens  qu'ils  délaisseront,  meubles  el  immeubles  étant  en  ce 
royaume,  seront  et  appartiendront  à  leurs  héritiers  ou  ayant 
causes,  sans  que  l'on  puisse  prétendre  par  ledit  droit  d'au- 
beyne,  ni  autrement,  encore  qu'ils  n'eussent  obtenu  aucunes 
lettres  de  naturalité,  ou  songé  de  tester,  et  afin  qu'aucun  ne 
puisse  abuser  dudit  privilège,  ledit  seigneur  duc  de  Bruns- 
vick baillera  par  chacun  an  au  greffe  de  Clermont,  un  état 
signé  de  sa  main  ou  du  gouverneur,  qui  sera  par  lui  commis 
audit  comté,  contenant  les  noms  et  surnoms  de  ceux  qu'il 
aura  envoyés  habiter  en  ce  royaume  pour  le  service  desdits 
comté,  châtellenies  et  des  terres  et  seigneuries. 

Et  le  reste  desdites  30,000 livres  tournois  de  rente  montant  à 
la  somme  de  14,000  livres  tournois  par  chacun  an,  mondit  sei- 
gneur ducd'Alençon,  audit  nom, a icellesomme de  14,000  livres 
tournois  de  rente  assignée  audit  seigneur  duc  de  Brunsvick  ses 
héritiers  et  ayant  causes  sur  la  recette  générale  de  Paris, 
payable  par  quart  accoutumé  de  chacune  année  en  année,  et 
quinzejoursaprèsletermeéchu,lepremierpayementcommen 
çant  par  portion  de  terme  au  premier  jour  d'octobre  prochai- 
nement venant,  laquelle  assignation  sera  et  demeurera  per- 
pétuelle et  irrévocable,  et  sera  distraite  de  ladite  recette  par 
états  qui  seront  faits  aux  receveurs  présents  et  à  venir,  et 
mise  et  employée  comme  charge  ordinaire.  Au  payement  de 
laquelle  somme  de  14,000  livres  tournois  de  rente  payable  ou 
par  chacun  an  ou  payable  par  chacun  quartier,  ledit  seigneur 
duc  de  Brunsvick,  ses  héritiers  et  ayant  causes  pourront 
contraindre  le  receveur  général  de  Paris  présent  el  à  venir 
par  la  vertu  de  ces  présentes,  et  sans  mandement  et  acquit, 
comme  pour  les  propres  deniers  et  affaires  du  Roi.  Lesquelles 
sommes  de  16,000  livres  tournois  d'une  part,  et  14,000  reve- 
nant ensemble  à  ladite  somme  de  30,000  livres  tournois  de 
rente  ledit  seigneur  duc  d'Alençon  a  promis,  promet  fournir 
et  faire  valoir,  et  bien  payables,  audit  seigneur  duc  de  Bruns- 


Digitized  by 


Google 


134         LE  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN  BEAUVOISIS 

Vick,  par  chacun  an  sans  diminution  ès-mains  du  receveur 
ou  receveurs,  qui  seront  par  lui  commis,  et  ce  jusqu'à  ce 
que  évaluation  soit  faite  du  revenu  dudit  comté  de  Clermont, 
cliâtellenie  de  Greil  et  seigneuries  susdites  ;  et  pour  faire 
laquelle  évaluation,  ledit  seigneur  duc  d'Alençon   et   ledit 
Hallliazar  Vaudrelinde  audit  nom  ont  nommé,  savoir  :  ledit 
seigneur  duc  d'Alençon,  ia  personne  du  seigneur  de  Chan- 
tolou.  Trésorier  de  France,  en   la  charge  d'Oullre-Seine  et 
Yonne,  establi  à  Paris  à  ce  présent  ;  et  ledit  Balthazar  Vau- 
drelinde, audit  nom,  la  personne  de  monsieur  Jean  Lefebvre, 
(lénéral  en  la  généralité  d'Oultre-Seine  et  Yonne  et  comté 
d'Auxerre,  lequel  pour  cet  effet  à  sa  requête  aussi  à  ce  pré- 
sent a  été  habilité  et  dispensé,  sous  le  bon  plaisir  du  Roi  : 
Pour,  icelle  évaluation  faite,  jouir  par  ledit  seigneur  duc  de 
Brunsvick,  du  total   revenu  desdils  comté,  cliâtellenie  et 
seigneuries  sur  et  tant  moins  de  ladite  somme  de  30,000  livres 
de  rente  ci-dessus  vendue  et  assignée,  et  ce  qu'il  se  défaudra 
d'icelle  sera  pris  et  reçu  par  ledit  seigneur  duc  de  Brunsvick, 
sur  la  recette  générale  de  Paris,  en  la  forme  ci-dessus  dicte. 
Celte  présente  vendltion,  constitution,  cession,  transport 
et  assignation  faite  pour  et  moyennant  le  prix  et  somme  de 
300,000  livres  tournois  revenant  à  360,000  florins,  20  palars 
de  Brabant  chacun  florin,  suivant  ladite  procuration  dudit 
seigneur  duc  de  Brunsvick.  Promet  ledit  Balthazar  de  Vau- 
drelinde, audit  nom,  bailler  et  fournir,  savoir  :  en  la  ville 
d'Anvers  8-20,000  florins  valant  9-50,  12,000  livres  tournois 
dedans  la  fin  du   présent  mois   d'août,   ès-mains   du   sieur 
(leFéraz,  résident  pour  les  affaires  de  Sa  Majesté  es  bas  pays 
de  Flandres,  ou  autre  ayant  charge  de  Sa  Majesté  ;  à  Venise, 
40,000  florins  valant  48,000  livres  tournois  dedans  le  huitième 
jour  de  septembre  prochainement  venant,  ès-mains  du  sieur 
de  P'oy,  ambassadeur  pour  le  Roi  devers  la  Seigneurie  de 
Venise,  ou  autres  ayant  charge  de  Sa  Majesté  :  au  lieu  de  la 
part  où  sera  le  camp  ou  armée  de  Sa  Majesté,  la  somme  de 
100,000  florins,  valant  6-20,000  livres  tournois,  en  l'acquit  de 
Sa  Majesté  et  payement  des  reistres  qui  sont  à  présent  à  son 
service  audit  camp,  et  d'icelui  payement  de  100,000  florins, 
fournir  des  quittances  desdits  reistres  dedans  le  dernier  jour 
du  présent  mois  d'août,  et  au  cas  que  dans  ledit  temps,  il 
serait  défaillant  d'apporter  ladite  quittance,  ledit  Sieur  Bal- 


Digitized  by 


Google 


ANNEXE   B  135 

Ihazar  Vaudrelinde,  audit  nom,  sera,  lenu  de  payer  ladite 
somme  de  100,000  florins,  là  par  et  dans  le  temps  qu'il  plaira 
au  Roi,  et  seront  les  quittances  de  payement  transcrites  à  la 
fin  de  la  minute  de  l'original  du  présent  contrat.  En  ce  fai- 
sant et  payant  lesdites  sommes  comme  ci-dessus  est  dict, 
jouira  ledict  seigneur  duc  de  Brunsvick  de  ladite  rente  et 
des  fruits  desdils  comté,  châlellenie  et  seigneuries  à  com- 
mencer du  cinquième  jour  du  présent  mois  d'août,  que  les 
articles  du  présent  contrat  ont  été  accordez  et  signés  de  la 
main  dudit  seigneur  duc  d'Alençon  ;  et  lequel  seigneur  duc 
de  Brunsvick  à  cette  fin,  ledit  seigneur  duc  d'Alençon  audit 
nom,  a  subrogé  et  subroge  aux  dits  lieux,  droits,  noms,  rai- 
sons, actions,  prérogatives,  prééminences,  autorités  et  autres 
droits  quelconques  de  Leurs  Majestés.  Sera  aussi  tenu  ledit 
seigneur  duc  de  Brunsvick,  continuer  et  entretenir  les  otïi- 
ciers  qui  y  sont  de  présent,  ès-dits  comté,  terres  et  seigneu- 
ries, pourra  néanmoins  mettre  tels  capitaines  es  places, 
châteaux  et  lieux  dépendans  desdits  comté,  terres  et  seigneu- 
ries que  bon  lui  semblera.  Lesdites  vendilion,  cession  et 
transport,  faites  sous  la  faculté  de  rachapt  perpétuel  et  de 
pouvoir  par  Sa  Majesté  et  ses  successeur^  Rois,  remettre  en 
ses  mains  ledit  comté,  terres,  châtellenie  et  seigneuries,  leurs 
appartenances  et  dépendances,  et  ladite  somme  de  14,000  li- 
vres de  rente  assignée  sur  la  recette  générale  de  Paris,  tou- 
tefois et  quand  bon  lui  semblera,  en  rendant,  payant  et 
remboursant  en  un  seul  payement  audit  seigneur  duc  de 
Brunsvick,  ses  héritiers  et  ayant  causes  ladite  somme  de 
360,000  livres  tournois  en  espèces  d'or  monnoyé,  pour  le  prix 
qu'elles  auront  cours  lors  du  rachapt  avec  la  somme  de 
10,000  livres  tournois,  ou  ce  que  de  celle  qui  aura  été  payée 
par  ledit  seigneur  duc  de  Brunsvick  pour  les  réparations 
desdits  châteaux  et  places  mentionnés  ci-dessus,  et  ce  en  l'une 
ou  celle  des  villes  d'Anvers  en  Brabant,  Aix  en  Allemagne, 
Strasbourg,  Francfort,  Liège  et  Trêves,  qu'il  plaira  à  Sa 
Majesté  choisir,  à  ses  frais  et  dépens  toutefois.  Et  depuis  a 
été  davantage  accordé  que  le  cas  advenant  que  ledit  seigneur 
duc  de  Brunsvick  soit  empêché  par  les  moyens  des  émotions 
et  guerres  civiles,  en  la  jouissances  desdits  comté,  châtel- 
lenie et  seigneuries,  et  que  à  cause  d'iceux  ne  puisse  jouir 
des  fruits,  profils,  revenus,  émolumens  y  appartenant,  par 


Digitized  by 


Google 


13(3  LE  COMTÉ   DE  CLEHMONT   EN    BEAUVOISIS 

deux  ans  enliers  et  eonséculifs,  que  le  Roi  sera  tenu  lui 
bailler  et  assigner  autres  terres  de  pareille  valeur,  qualité  et 
commodilé  que  ledit  comté  de  Clermont,  pour  en  jouir  par 
ledit  seigneur  duc  de  Brunsvick,  jusqu'à  ce  que  sa  Majesté 
le  fasse  jouir  paisiblement  dudit  comté  de  Clerraont  et  de 
ses  appartenances,  promettant  Monseigneur  duc  d'Alençon 
fournir  et  faire  bailler  audit  seigneur  duc  de  Brunsviclc,  de- 
dans huitaine,  lettres  patentes  de  Sa  Majesté  en  bonne  et  due 
forme,  contenant  autorisation,  ratification  et  approbation  du 
présent  contrat  avec  toutes  autres  provisions  qui  seront  et 
pourront  èlre  nécessaires  audit  seigneur  duc  de  Brunsvick, 
pour  jouir  des  choses  susdites,  avec  toutes  dérogations  aux 
édits,  ordonnances  et  autres  sûretés  k  ce  requises  et  néces- 
saires, et  icolle  faire  entériner,  vérifier,  lire,  publier  et  enre- 
gistrer, tant  en  la  cour  du  Parlement,  Cliambre  des  dits 
comptes  que  Cour  des  aides  à  Paris,  Trésoriers  de  France  et 
généraux  des  Finances  qu'il  appartiendra.  Sera  aussi  tenu 
et  a  promis  mondit  seigneur  dWleuQon,  bailler  et  fournir 
audit  sieur  l^altliasard  de  Vaudrelinde,  audit  nom,  lettres 
de  ratification  de  la  Reine  sa  înère,  par  lesquelles  Elle 
renonce  h  tous  les  droits  qu'Elle  a  et  qui  lui  appartien- 
nent sur  lesdits  comté  de  Clermonl,  châtellenie  de  Creil, 
terres  et  seigneuries,  leurs  appartenances  et  dépendances  en 
chacune  d'icelle  ;  promettant  ledit  seigneur  duc  en  foi  de 
prince  et  en  chacune  d'icelle,  et  ledit  seigneur  Balthazard 
de  Vandrelinde  ès-noms,  chacun  en  droit  soi,  entretenir  et 
faire  accomplir  tout  le  contenu  en  ces  présentes  de  point  en 
point,  sous  l'obligation  et  hypothèque  de  tous  et  un  chacun 
leurs  biens  meubles  et  immeubles,  présen's  et  à  venir  qu'ils 
ont  pour  ce  soumis  et  soumettent,  ès-dits  noms,  chacun  en 
droit  soi,  à  la  correction  et  contrainte  de  toutes  juridictions 
et  justices.  Renonçant  à  toutes  choses  généralement  quel- 
conques à  ces  lettres,  contraires  aux  droits  disant  générale 
renonciation,  non  valoir.  En  tesmoing  de  ce,  nous,  à  la  rela- 
tion desdits  notaires  avons  fait  mettre  le  scel  de  ladite  Pré- 
voté de  Paris  à  ces  dites  présentes  qui  passées  furent  Tan  1569, 
le  samedi  13"'  jour  d'août. 

Archives  nationales,  Ql  8;i4-8o5. 


Digitized  by 


Google 


■r  ^ 


LE  COMTÉ  DE  CLERMONT   EN  BEAUVOISIS  137 


ANNEXE  G 


Chambre  des  Comptes  de  Paris.  Procédure  d'évaluation  du 
Comté  de  Clermoni  en  Beauvoisis  et  autres  domaines  compris 
dans  le  contrat  d'engagement  du  13  août  1569. 

f Archives  nationales,  Q\  854-855.: 

Le  contrat  d'engagement  portait  qu'évaluation  serait  faite 
du  Comté  par  le  sieur  de  Neufville  de  Chantelou,  tréso- 
rier de  France  en  la  charge  d'OulIre-Scine  et  Yonne,  et  Jehan 
Lefèvre  de  Caumartin,  Général  des  finances  on  la  même 
généralité. 

Par  requête  adressée  au  Roi  et  à  son  Conseil  privé,  le 
mandataire  du  duc  de  Rrunswicl^  représenta  que  le  sieur 
de  Chantelou  avait  procédé  seul  à  l'évaluation,  sans  appeler 
son  collègue,  et  avait  fait  monter  cette  évaluation  à  la 
somme  de  20,916  livres  13  sols  picte  tournois.  Il  déclara 
avoir  à  produire  des  observations  et  demanda  une  nouvelle 
évaluation. 

La  requête  fut  renvoyée  par  le  Conseil  k  la  Chambre  des 
Comptes  le  9  octobre  1570  avec  lettres  patentes  du  Roi  en 
mandement. 

La  Chambre,  par  arrêt  du  22  novembre  1570,  commit  deux 
maîtres  des  Comptes  pour,  avec  M"  Jehan  de  Neufville, 
seigneur  de  Chantelou,  et  Jehan  Lefèvre  de  Caumartin,  revoir 
l'évaluation  faite  par  ledit  sieur  de  Neufville,  ouir  les 
remontrances  et  doléances  du  duc,  et  sur  ce  faire  leur  rap- 
port. 

Les  deux  maîtres  des  Comptes  Paris  Hesselin  et  Jean 
d'Argillière  ouvrirent  leur  procès  verbal  le  27  novembre  1571 
pour  revoir  l'évaluation  dressée  en  huit  cahiers  arrêtés  à  la 
date  du  26  décembre  1569  par  le  sieur  de  Neufville,  en  faire 
la  comparaison  avec  les  anciens  registres  des  revenus  du 
Comté,  depuis  1546,  et  apprécier  les  observations  présentées 
par  le  duc  de  Brunswick. 


Digitized  by 


Google 


-■^^^fmfm^^ 


138  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN   BEAUVOISIS 

Leur  travail  fut  interrompu  par  le  décès  du  mandataire  du 
duc,  par  les  travaux  ordinaires  de  la  Chambre.  Des  lettres 
patentes  du  8  février  1572  enjoignirent  aux  commissaires  de 
procéder  sans  désemparer  à  l'évaluation.  Fille  ne  put  toute- 
fois être  reprise  que  le  15  avril  attendu  l'absence  de  d'Argil- 
lière  mandé  à  la  Cour  pour  les  affaires  dti  Roi. 

Quarante-huit  vacations,  du  15  avril  au  9  juin,  furent 
employées  par  les  commissaires  ;  de  plus  amples  vérifications 
avaient  été  faites  tant  sur  les  anciens  comptes  que  sur  les 
lieux  par  lettres  des  commissaires  adressées  aux  Baillis  de 
Clermont  et  de  Senlis  et  à  leur  lieutenant  à  Creil.  Les  re- 
gistres des  eaux  et  forêts  de  1549  k  1559  avaient  été  com- 
pulsés pour  savoir  le  produit  des  bois  taillis  de  la  forêt  de 
Hez  et  des  bois  et  buissons  des  châtellenies. 

D'après  le  procès  verbal  du  maître  des  eaux  et  forêts  du 
Comté,  sur  l'avis  des  marchands  de  bois  dudit  Comté,  le 
meilleur  arpent  de  boîs  de  18  à  20  ans  (l'arpent  de  100  verges, 
la  verge  de  22  pieds,  le  pied  de  12  pouces)  rapportait  16  livres 
environ.  La  coupe  ordinaire  était  de  sept  vingt-quatre  ar- 
pents  produisant  1,440  livres  parisis. 

La  Chambre  des  Comptes,  sur  le  rapport  des  commissaires, 
évalua  la  coupe  ordinaire  de  la  forêt  de  Hez  à  144  arpents  de 
l'âge  préfixé  de  18  à  20  ans.  et,  fixant  le  produit  de  l'arpent  à 
20  livres,  porta  la  recette  totale  de  ce  chef  à  2,880  livres 
parisis  ou  3,600  livres  tournois.  Elle  arbitra  les  treize  arpents 
de  bois  qui  se  coupaient  par  chacun  an  aux  bois  Bour- 
bon près  RonqueroUes,  à  raison  de  8  livres  l'arpent,  à 
104  livres  parisis,  soit  130  livres  tournois. 

Par  acte  du  30  juin  1574,  les  mandataires  du  duc  de 
Brunswick,  Joachim  Goetz,  docteur  es  lois,  Louis  Le  Caron, 
lieutenant  général  au  Comté  de  Clermont,  Girard  Sac,  rece- 
veur dudit  Comté,  Jacques  Petit,  conseiller  et  secrétaire, 
avaient  déclaré  accepter,  en  son  nom,  l'estimation  du  sieur 
de  Chantelou  pour  les  bois  taillis,  afin  d'éviter  les  grands 
frais  résultant  d'une  nouvelle  opération. 

La  même  estimation  attribuait  aux  offices  du  Comté,  tant 
à  gages  que  sans  gages,  une  valeur  annuelle  de  1,817  livres. 
Un  arrêt  du  Conseil  privé  modéra  la  somme  à  1,200  livres, 
non  compris  les  offices  de  Bailli,  Lieutenants  général  et  par- 
ticulier, AdTocat  et  Procureur  du  roi,  pour  la  provision  des- 


Digitized  by 


Google 


ANNEXE  C  139 

quels  le  roi  déclara  qu'il  voulait  que  ne  fut  prise  aucune 
finance. 

En  somme,  toutes  charges  déduites,  les  commissaires 
de  la  Chambre  des  Comptes  évaluèrent  à  18,521  livres  les 
derniers  revenants  bons  du  corps  du  Comté  de  Clermont, 
châtellenies  de  Bulles  et  Bailleul,  Milly.  Caigny  et  Trous- 
sures,  Sacy-le-Grand,  Remy  et  Gournay,  Moyenneville, 
Bonneuil-le-Plessier,  la  Warde-Mauger ,  seigneurie  de  la 
Hérelle,  et  châtellenie  de  Creil. 

C*était  2,400  livres  au-dessous  de  reslimation  du  sieur  de 
Chantelou.  Ses  commis  avaient  déclaré  devant  les  commis- 
saires que  des  recherches  qu'ils  avaient  faites  de  concert 
avec  un  huissier  des  Comptes  dans  les  livres  des  fermiers 
généraux  avec  lesquels  avait  traité  l'Intendant  des  finances, 
maître  des  requêtes  de  la  reine  mère,  ainsi  que  des  dires 
des  ofiQciers,  bons  et  véritables  bourgeois,  marchands  et 
gens  à  ce  cognoissants  du  Comté,  résultait  pour  eux  la 
conviction  que  l'évaluation  ne  pouvait  être  fixée  au-dessous 
de  20,000  livres  sans  préjudice  pour  S.  M.       ' 

L'affaire  traînant  en  longueur,  des  Lettres  du  Roi  datées 
d'Avignon  du  29  décembre  1574  prescrivirent  à  la  Chambre 
des  Comptes  de  procéder  sans  autre  délai,  et  de  transmettre 
au  Conseil  privé  les  résultats  de  l'évaluation  sommaire  faite 
par  ses  commissaires. 

Voici  le  texte  de  cette  évaluation  en  ce  qui  concerne  les 
recettes  : 

[Archives  Nationales,  Qi  854S5,  n*  44. J 

Evaluation  du  revenu  des  Comté  de  Clermont  en  Beauvoisis, 
chastellenie  de  Creil,  leurs  appartenances  et  deppendances 
comprins  les  chasiellenies  de  Bonneuil  le  Plessis,  La  Warde 
Mauger,  terre  et  seigneurie  de  La  Hérelle  J'aicte  par  nous  Paris 
Hesselin  et  Charles  d/Argillière,  conseillers  du  Roy,  maistres 
ordinaires  en  sa  Chambre  des  Comptes  commis  et  depputez 
par  la  Chambre  pour  faire  la  dicte  évaluation  suivant  les  lettres 
patentes  du  dit  sieur  du jour mil  r'  soixante-dix. 

Premièremeiit,  évaluation  de  la  chastellenie  de  Clermont 

Domaine  non  muable  pour  les  cens,  rentes  en  deniers, 
deubz  à  divers  termes,  comprins  les  chappons,  vins,  vinalges. 


Digitized  by 


Google 


140  LE  COMTÉ   DE  GLERMONT  EN   BEAUVOISIS 

selon  rappréciation  des  Comptes,  deniers  de  fief  et  héritages 
demeurez  en  la  main  du  Roy  évalluez  par  évalluatlon  du 
sieur  de  Chantelou,  trésorier  de  France  à  la  somme  de  : 

in"  XVI  l.t.  un  solz,  v  deniers  petits  tournois,  trouvez 
monter  par  les  comptes  anciens  à  la  somme  de  : 

iir  XXVIII  is.  II  st.  par  une  commune  année.  Cy  faict  re- 
cepte  entière  de  la  dicte  somme  à  la  charge  de  reprinse  selon 
qu'il  est  dict  au  procès  verbal  des  sieur  commissaires  pour 
cy  :  iir  xLviii  l.t.  II  s.  et  par  foy. 

Domaine  non  muable  en  grain. 

Des  cens  et  renies  deubz  en  grains  accause  des  terres 
estant  en  labour,  appellées  nouveau  domaine,  évaluez  en 
bled  à  dix-sept  mines  deux  tiers  de  mine  par  Tévalluation 
susdite  et  en  deniers  à  :  xiii  1,  ii  si  v  d.l. 

Kt  en  avoine  à  huict  mines  tiers  de  mine 

Et  en  deniers  k  :  un  1.  ni  s.  m  d.l. 

Cy  pour  les  causes  contenues  au  dit  procès  verbal,  néant. 

Fermes  mua  blés. 

Le  tabelllonage  de  Glermont  alnsy  que  en  l'évaluation  du 
dit  sieur  de  Chantelou  v*  l.t.  cy  :  v  t. 

Le  greffe  de  la  prévosté  de  la  ville  de  Clermont  comme  en 
la  dicte  évalluation  vn^x  x  1.  cy  :  vn»x  x  1. 

Les  exploiclz  et  amendes  de  la  prévosté  de  Clermont  jusques 
à  :  Lx  s.  pour  1.  et  au-dessoubz  cy  :  lxv  L 

Le  greffe  de  la  prévosté  foraine  de  Clermont,  un"  1.  cy  : 

iiip  1. 

Les  exploiclz  et  amendes  de  la  prévosté  foraine  et  du  bail- 
liage jusques  à  :  lx  s.  pour  1.  et  au  dessoubz  ir  iin»!  1.  cy  : 

n'=  nii"  L 

Les  exploiclz,  deffauct  et  amendes  du  Chastelller  jusques 
à  :  LX  s.  pour  1.  et  au  dessoubz,  évalluez  à  x  livres  en  la  dicte 
évalluatlon  :  néant. 

Pour  les  causes  couchées  au  dit  procès  verbal,  cy  :  néant. 

Le  greffe  du  bailliage  de  Clermont  comme  en  Tévaluallon 
dudll  de  Chantelou,  V  1.  cy  :  v  1. 

La  prévosté  de  Breull-le-Sec,  le  greffe  de  la  dicte  prévosté, 
les  champartz  dudit  Breull-le-Sec,  les  dites  trois  fermes 
ensemble  comme  en  la  dite  évalluatlon  x  1.  cy  :  x  L 

De  la  prévosté  de  Ronquerolles  et  du  greffe  de  la  dicte 


Digitized  by 


Google 


ANNKXE  C 

prévoslé  pour  les  causes  et  comme  il  est  dict  en  l'évaluati 
dudit  sieur  de  Ghantelou^  néant  cy  :  néa 

Les  exploictz  de  deffaulx  et  amendes  de  la  prévosté  d€ 
Neufville-en-Hez  comme  en  la  dicte  évaluation  x  1.  cy  :   : 

Le  greffe  de  la  dicte  prévosté  de  la  dicte  Neufville  corn 
en  la  dicte  évalua  lion  lxx  1.  cy  :  lx: 

Du  greffe  dp  la  verderie  de  la  dicte  Neufville  érigé 
office  comme  en  la  dicte  évallualion,  néant  cy  :  néa 

La  prévosté  de  Roisicourt,  comme  en  la  dicte  évaluât 
XX  s.  t.  cy  :  xx  s 

De  la  prévosté  de  Sailleville,  comme  en  la  dicte  évaluât 
néant  cy  :  néa 

Le  travers  de  Glermont  avec  le  droit  de  rouaige  et  ve 
trage,  comme  en  la  dicte  évaluation  viu^x  i.  cy  :         viu^ 

Le.  foraige  de  Glermont  compris  celuy  du  fief  d'Yper 
Goudun,  comme  en  la  dicte  évaluation  l  s.  t.  cy  :  l  i 

Le  jaugeage  de  Glermonl,  comme  en  la  dicte  évaluât 
X  s.  t.  cy  :  X  s 

Le  tonlieu  et  mesuraige  de  grain  au  dict  Glermont,  com 
en  la  dicte  évaluation  cy  :  vu"  x  1.  cy  :  vii^x 

Le  tonlieu  et  rente  de  la  boucherie  dudict  Glermont,  com 
eu  la  dicte  évaluation  lx  1,  cy  :  l 

Le  tonlieu  et  rente  du  sel  estimé  en  la  dicte  évaluation 
dit  de  Ghanlelou  lv  1.  pour  les  causes  contenues  au  dit  pro( 
verbal  lx  1.  cy  :  l 

Le  tonlieu  du  pain  comme  en  la  dicte  évaluation  > 
cy  :  > 

Le  tonlieu  et  rente  de  la  halle  au  dict  Glermont  comme 
la  dicte  évaluation  vu  1.  cy  :  v 

Le  tonlieu  et  rente  du  harenc  un  1.  cy  :  ii 

Le  tonlieu  et  renie  de  la  laine  au  dict  Glermont  comme 
la  dicte  évaluation  x  1.  cy  : 

Le  tonlieu  et  rente  des  besles  à  quatre  pieds  comme  ei 
dicte  évaluation  xxxv  s.  cy  :  xxx 

Le  criaige  du  vin  et  autres  criaiges  au  dict  Glerm 
comme  en  la  dicte  évaluation  xl  s.  t.  cy  :  xl  ! 

Le  tonlieu  des  aulx  et  potz  de  terre  comme  en  la  d 
évaluation  ii  s.  t.  cy  :  n 

De  la  bance  de  Glermont  comme  en  la  dicte  évaluât] 
néant,  cy  :  néi 


Digitized  by 


Google 


142  LE  COMTÉ   DE  GLERMONT  EN   BEAUVOISIS 

Les  ventes  de  la  forest  de  Hez  comme  en  la  dicte  évaluation 
iiii"  1.  cy  :  un"  1. 

Les  menus  cens  de  la  Neufville-en-Hez  comme  en  la  dicte 
évaluation  viii  1.  cy  :  viii  1. 

Le  droict  de  fours  à  boullanger  en  la  Neufville-en-Hez, 
comme  en  la  dicte  évaluation  xxx  1.  cy  :  xxx  1. 

Le  travers  de  Longueaue  comme  en  la  diole  évaluation 
L  1.  cy  :  L  1. 

Le  travers  de  Giencourt,  Senecourl  et  Bailleval  comme  en 
la  dicte  évaluation  xxxvii  s.  cy  :  xxxvii  s. 

Du  travers  de  Nointel  et  Castenoy  baillé  de  tout  temps  et 
ancienneté  pour  le  Roy,  néant,  cy  parce  que  le  roy  n'en  jouit 
de  présent  comme  est  dict  en  la  dicte  évaluation  cy  :    néant. 

Du  foraige  de  la  chaussée  de  Becquerel-les-Clermont, 
comme  en  la  dicte  évaluation,  néant,  cy  :  néant. 

Le  geolage  et  garde  des  prisons  à  Glermont  évalué  en  l'éva- 
luation du  dit  sieur  de  Ghantelou,  et  par  les  susdits  commis- 
saires, modéré  à  xii  1. 1.  x  s.  t.  pour  les  causes  contenues  au  dict 
procès-verbal  pendant  le  temps  du  bail  y  mentionné,  attendu 
qu'à  présent  le  dit  bail  est  expiré  lxxv  1.  comme  en  Téva- 
luation  du  dit  sieur  de  Ghantelou  cy  :  lxxv  1. 

La  geôle  des  prisons  de  la  Neuville-en-Hez,  comme  en 
l'évaluation  du  dit  de  Ghantelou  vi  s.  t.  cy  :  vi  s.  t. 

La  petite  chambre  estant  soubz  la  halle  de  Glermont  en  la 
dicte  évaluation  viii  1.  cy  :  viii  1. 

Le  droict  des  foires  de  St- André  et  Ghandeleur  comme  en 
la  dicte  évaluation  c  s.  t.  cy  :  c  s.  t. 

La  rente  des  avoynes  deubz  par  les  habitans  de  Rieux  au 
jour  de  Noël  qui  est  dune  mine  pour  chacun  feu  et  les  avoue- 
rles  de  Halloy  comme  en  la  dicte  évaluation  xxv  1.  cy  :  xxv  L 

Le  droict  de  cire  non  comprlns  en  l'évaluation  du  dit  sieur  de 
Ghantelou  évalué  au  dict  procès-verbal  à  la  somme  de  iiii^tx 
mil.  cy:  '  iiiixJ^^iiiiL 

Somme  en  m"  ix'  iiii  1.  x  st. 

Revenu  d'héritages  : 

Somme  de  xir  lxvi  1.  xvi  stz. 

Revenu  d'Estangs  : 

Somme  de  ex  1. 

Aultre  domaine  xx  1.  x  st. 


Digitized  by 


Google 


ANNEXE  C 

Rachaplz,  reliefz,  quiulz  et  requintz  deniers,  lolz,  ve 
saisines,  amendes  et  autres  pronfictz  easuels. 

Rachaptz,  reliefz,  quintz  et  requintz,  deniers  proven? 
cause  des  fiefs  mouvans  du  dit  comté  de  Clermont  et  d 
appartenances,  comprins  les  fiefs  mouvans  de  la  Ghastel 
de  Bonneuil  le  Plessis,  la  Warde-Mauger,  la  terre  et  seign( 
de  la  Hérelle^  évalluez  par  chacun  an  par  le  dit  sieu 
Ghantelou  à  la  somme  de  mil  livres  pour  les  causes  conte 
au  dict  procès- verbal  m  1.  cy  : 

Les  lolz,  ventes  et  saisines  provenant  de  la  vente  d'I 
tages  roturiers  au  dict  comté  de  Clermont  seulement 
comprins  les  Chastellenies  qui  en  dépendent  estimés  p 
dit  sieur  de  Ghantelou  iir  par  an,  modérés  par  les  dits 
missaires  à  ii'  lxxv  1.  déduit  le  quart  que  le  recepveur  ( 
naire  a  accouslumé  d'y  prendre,  le  tout  selon  qu'il  est  con 
au  dit  procès-verbal,  n"  x 

Amendes  arbitraires  adjugées  par  devant  le  bailif  de  ' 
mont,  prévost  forain  de  la  ville  et  prévosté  de  la  Neuf\ 
en-Hez,  ou  leurs  lieutenans  comme  en  l'évaluation  di 
sieur  de  Ghantelou  lx  1.  cy  : 

Espaves  aubeynes,  confiscations,  biens  vaccans  et  a 

semblables  évaluez    non    estimez    en    la   dite  évalua 

cy  :  n 

Somme  de  xii"  mi» 

Vente  de  bois  taillis,  aultre  revenu  et  profïit  de  foresl 
Somme  de  iiii'  vu'  x 

Somme  du  revenu  ix'  vi'  un»»  ix  1.  xvi  s.  u 

Despence,  charges,   foretz  et  aumosnes  iiu"   un  1.  \ 
1111  dtz  comme  en  la  dicte  évaluation 
cy  :  1111*=  un  1.  viu  s.  un 

Gaiges  d'officiers  ordinaires  vr  vu  1.  x  stz 
cy  :  VI'  vu  1.  : 

Gaiges  d'officiers  et  gardes  des  eaux  et  forestz  comme 
dicte  évaluation  cy  :     *  v"  lxxviu  1.  : 

cy  :  V'  Lxxviii  1.  } 

Frais  de  justice  tant  au  bailliage  que  prévosté  scelon 
est  contenu  au  dit  procès  verbal  la  somme  de  deux  cens 
quante  livres  tz.  portée  en  la  dicte  évaluation  du  dit  siei 
Ghantelou  cy  :  ii 


Digitized  by 


Google 


144  LE  COMTÉ   DE  GLEIlMONT   EN   BEAUVOISIS 

Frais  de  justice  des  eaux  et  forestz  parce  que  le  Roy  réserve 
à  soy  les  amendes,  restitutions  de  boys  et  intéretz  et  pour  ce 
soin  apporté  par  le  Roy,  néant,  cy  :  néant. 

Nourriture  et  conduicte  des  prisonniers  l  1.  cy  :  l  1. 

Ouvrages,  réparations  parce  que  le  dit  sieur  Duc  est  tenu 
d'entretenir  les  maisons  et  chasteaulx  et  bâtiments,  néant, 
cy  :  néant. 

Réparations  et  entretenement  des  pontz  et  chaussées  qui 
sont  en  l'étendue  du  dit  comté,  estimés  comme  en  l'évaluation 
du  dit  de  Gliantelou  cl.  cy  :  cl. 

Taxations  au  lieu  de  gaiges  tant  au  prévost  de  la  ville  et 
forain  de  Clermonl  qu'au  prévost  et  garde  de  la  Neufville 
Lxv  1.  cy  :  ,  Lxv  1. 

Droictz  de  chauffages  en  l'évaluation  dudit  sieur  de  Chan- 

telou,  néant,  cy  :  néant. 

Somme  de  :  ii"  lv  1.  un  s.  iiii  dt. 

Rentes  deues  à  certains  acquéreurs  du  domaine  du  dit 
Sieur  à  présent  réuny  : 

Somme  de  :  xu''  xxv  1.  i  s.  vin  dt. 

Autres  charges  : 

Somme  de  :  ii«  un"  vu  1. 

Reprise  :  vi"  xv  1.  xvri  st. 

Sommes  des  charges  :  lii'  vu'  ni  L  vu  stz. 

Et  le  revenu  monte  : 

IX'  YV  im"  IX  1.  XVI  s.  1  dtz. 

Revient  bon  :  v"  ix*'  uu«  vi  1.  ix  s.  ii  dtz. 

Faict  à  Paris  le jour  de  l'an  mil  v*  soixante  et  dix. 

Evaluation  du  revenu  de  la  Chasiellenle  de  Bulles  et  Ballleul- 
sur-Thérln  membre  dépendant  du  dit  comté  de  Clermont, 

Somme  des  charges  :  vi"  xi  1.  stz. 

Et  le  revenu  monte  :  xiiii'  Lxxviii  1.  xvu  s.  v  dtz. 

Revient  bon  :  xiii'  xlvii  1.  vu  s.  v  dtz. 

Evaluation  du  revenu  de  la  Chastellenie  de  Milly 
et  Troussures. 

Somme  des  charges  :  ix^x  xiii  1.  u  s.  x  d. 

Somme  de  revenu  monte  :  xiu^  lxxvii  1.  vi  s.  v  d. 

Reste  bon  :  xi'  un»*  nul.  m  s.  vui  d. 


Digitized  by 


Google 


ANNEXE    C  145 

De  laqnelle  somme  de en  convient  distraire  ung 

tiers  appartenant  au  sieur  de  Boufflers  comme  il  a  esté  dit 
au  dit  procès-verbal  montant  le  dit  tiers  :  m' iiux»  xiiii  1.  vi  solz. 

Revient  bon  au  Roy  par  les  deux  autres  tiers  la  somme 
de  :  vir  un"  ix  1.  ix  s.  i  d. 

Evaluation  du  revenu  de  la  Chastellenie  de  Sactj-le-Grand 
membre  dépendant  de  Clermont. 

Somme  des  charges  :  v  1.  vin  s.  un  d. 

Et  le  revenu  monte  :  vnr  nnxx  xv  1.  xvni  s.  x  dtz. 

Reste  de  bon  :  xïV  un"  x  1.  vni  s.  vn  dtz. 

Evaluation  des  Chastellenies  et  seigneuries  de  Motjenneville, 
Gournay  et  Hemij,  membres  dépendant  du  comté  de  Cler- 
mont. 

Somme  totale  desdites  Chastellenies  :  u"  ix"-  Lxvn  1. 

Somme  des  charges  :  n*  lxvi  1.  ix  s.  v  d. 

Reste  bon  la  somme  de  :  n"  vr  nn»»  xv  1.  x  s.  vi  d. 

Evaluation  des  revenus  de  la  Chastellenie,  terre  et  seigneurie 
de  Creily  ses  appartenances  et  deppendances. 

Somme  des  charges  :  m  xnn  1.  xvni  s. 

Et  le  revenu  monte  :  nn"  n'  lxuu  1.  xix  s.  v  d. 

Reste  bon  :  ni"  ir  l  1.  i  s.  iv  d. 

Faict  à  Paris  l'an  mil  cinq  cens  soixante  et  dix. 

Les  officiers  dudit  comté,  tant  à  gaiges  que  sans  gaiges, 
evalluez  par  l'evalluation  dudit  sieur  de  Chantelou  à  la  sojnme 
de  dix  huit  cens  dix  sept  livres  par  chacun  an,  modérez  par 
arrest  du  Conseil  Privé  du  Roy  a  la  somme  de  douze  cens 
livres  tournois,  sans  y  comprendre  les  offices  des  bailly,  lieu- 
tenant général  et  particulier,  advocat  et  procureur  du  roy 
audit  comté,  pour  la  provision  desquels  ledit  sieur  ne  veult 
estre  prins  aucune  finance,  cy xir  livres. 

Somme  toute  des  deniers  revenant  bons  du  corps  dudit 

comté  de  Clermont,   chastellenyes  de  Bulles  et  Bailleul, 

Milly,  etc.,  comprin  la  valeur  des  oflices,  la  somme  de  dix 

neuf  mille  vingt  une  livides,  ung  sol  cinq  deniers  obole  pite 

tournois. 

10 


Digitized  by 


Google 


146  LK  COMTÉ   DE  CLEHMONT   EN    BEAUVOISIS 

Sur  laquelle  somme  est  à  desduir^la  somme  de  cinq  cens 
livres  par  chacun  an,  arbitrée  pararresl  donné  par  la  Cham- 
bre, sur  la  vériflication  des  lettres  de  cession  dudict  Conté 
faicte  par  le  Roy  audit  sieur  Duc,  pour  et  au  lieu  de  deux 
arpensde  bols  de  haulte  fustaye  accordez  audit  sieur  Duc 
pour  son  chaufaige  par  le  contrat  de  ladite  cession,  comme 
est  dict  au  procès-verbal  de  nous,  commissaires  soubsignez, 
par  le  dernier  article  d'icelluy. 

Partant  reste  bon,  la  somme  de  dU  huit  mil  cinq  cens  vint/i 
une  livres  iing  sol  cinq  deniers  obolle  plcte  tournois. 

Faict  à  Paris  les  an  et  jour  contenus  audit  procès-verbal, 
par  nous  commissaires  soubsignez. 

Hesselin,  Dargillière 


Digitized  by 


Google 


LE  COMTÉ   DE  CI.EliMONT   EN    BEAUVOlSlS  117 


ANNEXK    D 


Arch.  nation.,  K.  113,  n"  10. 
30  octobre  1623. 

Certificat  des  greffiers  et  notaires  de  Clermont,  que  tous  les 
papiers  du  trésor  de  la  ville  de  Clermont  avoient  esté  brûlez, 
déchirez,  etc.,  lorsqu'elle  fut  prise  par  Henri  IV. 

Du  Lundi  trentiesme  jour  d'Octobre  J623,  par  devant  nous 
Jehan  de  Saint  Leu  licentiè  es  loix,  conseiller  du  Roy  nostre 
Sire,  prevost  en  garde  et  juge  royal  ordinaire  de  la  ville  et 
comté  de  Clermont  en  Beauvoisis. 

Sont  comparus  M'  Louis  Pulleu,  procureur,  cy- 

devant  greffier  du  domaine  dudict  Clermont,  M"  Phelippes 
Guerin  advocat,  M*  Charles  Voisin  procureur,  M"  Anthoine 

Macqueron  notaire  et  procureur  etc., tous  demeurans 

audict  Clermont lesquelz  ont  concordablemenl  et  unani- 
mement dict  et  affermé  et  attesté  sur  ce,  que  l'année  1590  la 
ville  et  chasteau  de  Clermont  auroient  esté  siégez  et  ladicte 
ville  prise  par  force  par  l'armée  du  feu  Roy,  ycelle  ville  pillée 
et  du  tout  ruynée  par  les  soldats  et  gens  de  guerres  qui  y 
auroient  séjournez  l'espace  de  dix  sept  jours  entiers,  et  en 
ce  faisant  bruslez,  deschirez  et  jettez  en  la  rue  tous  les  pa- 
piers, tant  des  greffes  du  domaine,  bailliage,  eaues  et  forestz, 
que  des  aultres  personnes  publicques  et  praticiens  dudict 
Clermont,  mesmes  en  auroit  ledit  Gaultier  trouvez  aucuns  en 
la  rue  quy  provenoyent  de  l'estude  et  greffe  du  domaine  de 
feu  M"  Anthoine  EîHevé  son  beau  père,  qui  aurait  exercé  le- 
dict  greffe  l'espace  de  quarante  ans  et  plus  ;  et  pareillement 
ledict  Pulleu  lors  greffier  dudict  domaine  quy  en  auroit 
aussy  trouvé  aucuns  sur  le  pavé  dudict  Clermont,  et  lesdictz 
Labbé  trouvez  aussy  plusieurs  autres  papiers  provenans  de 
ceulx  du  greffe  desdites  eaues  et  forestz,  que  deffunct  M' Geof- 
froy Labbé  leur  père  exerçoit  il  y  avoyt  plus  de  trente  ans,  et 
sy  ont  tous  les  susaommez  dict  et  attesté  unanimement  par 


Digitized  by 


Google 


148  ANNEXE   D 

serment  que  toutes  les  armoires  et  coffres  quy  esloient  dans  la 
Chambre  du  trésor  des  Titres  dudict  domaine  dans  le  chas- 
teau  dudict  Clermont,  auroyent  esté  rompues,  et  tous  lesdictz 
tiltres  et  papiers  dudict  domayne  qui  estoyent  en  ladicte 
chambre  pilliez,  deschirez  et  gâtiez  par  les  soldats  tant  de 
ladicte  armée  que  de  ceulx  qui  seroient  demeurez  en  garni- 
son en  ladicte  ville,  en  telle  sorte  qu'il  ne  seroil  demeuré 
aulcuns  tiltres  dudict  comté  en  ic^le  chambre,  tous  ayant  été 
perduz  el  deschirez  par  lesdictz  soldatz,  quy  auroienl  venduz 
plusieurs  desdiclz  papiers  aux  revendeurs  de  sel  el  merciers 
dudict  Clermont,  quy  s'en  seroient  servis  à  meclre  leur  sel 
pour  le  débiter  à  petites  mesures  aux  particuliers  ;  mesme 
auroyent  veuz  plusieurs  feuillelz  en  parchemin  du  dénom- 
bremens  des  fîefz  el  seigneuries  mouvantes  et  rellevantes 
dudit  comté  de  Clermont  quy  servoyent  aux  fallotz  pour 
faire  les  rondes  la  nuicl  par  les  soldalz  de  la  garde  de  ladicte 
garnison,  dont  et  de  ce  que  dessus  avons  donné  lettre....  pour 
servir....  ce  que  de  raison.  Faict  les  an  el  jour  que  dessus. 

La  minute  signée  des  dictz  PuUeu,  Guérin,  Voisin,  Macque- 
ron,de  Guernes,  Gayanl,  Delangle,  Labbé,  Labbé  el  dudict 
Gaullhier. 

Signé  :  De  Sainct-Leu. 


Digitized  by  VjOOQIC 


LE  COMTE  DE  CLERMONT   EN  BEAUVOISIS  149 


ANNEXE   E 


BIbl.  nat.  Dom  Grenier,  T..54,  V  48. 

Articles  et  conditions  de  la  reddition  de  la  ville 

et  château  de  Clermont,  faits  ce  Jourd'hui  30^*  octobre 

1615, 

Art.  I" 

Les  sieurs  de  Moulins  et  de  Thury  désirent  qu'il  plaise  à 
Monseigneur  le  maréchal  d'Ancre  que  les  habitants  de  la 
dille  ville  ne  reçoivent  aucun  acte  d'hostilité,  puissent, 
comme  auparavant,  librement  jouir  de  leurs  biens,  maisons- 
el  privilèges,  attendu  qu'ils  ont  été  surpris  et  contraints  par 
la  garnison,  sans  qu'ils  aient  fait  aucun  guet  ni  garde,  par  la 
méfflance  qu'on  avoit  d'eulx  ;  pour  preuve  de  laquelle  mef- 
fiance  ledit  de  Moulins  les  a  désarmés  depuis  le  siège. 
(Accordé,) 

II 

Que  lesdits  sieurs  de  Thury  et  de  Moulins  avec  tous  les 
gens  de  guerre  de  la* garnison  des  dites  ville  et  château  sorti- 
ront aujourd'hui,  30  octobre  1615,  et  aura  ledit  de  Moulins 
six  semaines  de  temps  pour  se  retirer  avec  son  régiment 
jusqu'à  l'armée  de  Monseigneur  le  prince  :  et  pour  cet  effet 
lui  sera  baillé  le  s'  de  Chanteloup  ou  son  lieutenant,  pour 
sauf-conduit  jusqu'à  Soissons,  à  la  charge  que  par  les  che- 
mins ils  ne  feront  aucun  acte  d'hostilité.  (Accordé,) 

III 

Qu'il  sera  aussi  donné  passeport  par  mondll  sieur  le  Maré- 
chal au  sieur  de  Thury,  lieutenant  au  gouvernement  de  cette 
ville  et  château,  pour  aller  dans  six  semaines  du  jourd'uy 
trouver  mondit  seigneur  le  prince  avec  sa  compagnie,  y  de- 
meurer tant  qu'il  lui  plaira  ;  et,  au  cas  qu'il  veuille  demeurer 


Digitized  by 


Google 


150  LK  GOMTK  DE  CLERMONT  EN  BEAUVOISIS 

dans  sa  maison  de  Thury,  qu'il  le  poura  faire  et  y  faire  ra- 
mener ses  meubles,  vivres  et  provisions  nécessaires  qull  a 
audit  chasteau,  auquel  lieu  de  Thury,  il  ne  lui  sera  fait  ni 
donné  empescliement,  vivant  neutralejnent.  (Accordé.) 

IV 

Qu'il  sera  aussi  accordé  pareil  passeport  que  celui  du  sieur 
de  Moulins  au  sieur  d'Anfrcville,  capitaine  de  50  chevaux 
légers  carabins,  pour  se  retirer  dans  six  semaines  avec  sa 
troupe  auprès  de  la  personne  ou  en  l'armée  de  Monseigneur 
le  prince  :  et  d'autant  qu'il  y  a  plusieurs  compagnons  du  sieur 
d'Anfreville  qui  sont  à  la  campagne,  lesquels  n'ont  rentré  au 
moyen  du  siège,  qu'il  les  poura  recouvrer  dans  le  dit  temps 
de  six  semaines,  à  la  charge  aussi  qu'ils  ne  feront  durant 
iceluy  aucun  acte  d'hostilité.  (Accordé,) 

V 

Comme  aussi,  il  sera  permis  au  sieur  de  la  Revarivise  de 
mener  et  conduire  les  gens  de  guerre  de  la  compagnie  du 
sieur  d'Harauoourt  dans  ledit  temps  de  six  semaines  en  l'ar- 
mée de  Monseigneur  le  prince,  et  à  cette  fin  pareil  passeport 
que  dessus,  sans  faire  acte  d'hostilité.  (Accordé,) 

VI 

Que  mondil  sieur  le  Maréchal  donnera  aussi  passeport  au 
sieur  Guilemain  et  ses  commis  et  commissaires  de  guerre  et 
payeurs  de  la  garnison  des  ville  et  château  de  Clermont,  de 
six  semaines  de  temps,  A  compter  de  la  date  des  présens 
articles  pour  se  retirer  auprès  de  mondit  seigneur  le  prince 
son  maisire.  seurement  et  librement,  avec  deffense  à  tous 
gens  de  guerre  et  gouverneurs  des  villes  de  lui  donner  aucun 
empeschement,  tant  à  sa  personne  qu'à  son  équipage,  et 
outre  que  le  dit  sieur  Guilmain  ne  pourra  en  quelque  façon 
que  ce  soit  estre  recherché  pour  la.  levée  ou  recepte  des  de- 
niers des  aides,  tailles  et  taillon  et  gabelle,  dont  ledit  Guil- 
main a  payé  la  garnison  des  dittes  ville  et  château  de 
Clermont,  attendu  que  ce  qu'il  en  a  fait  a  esté  par  le  comman- 
dement exprès  de  Monseigneur  le  prince,  en  vertu  des  ordon- 
nances, commissions  et  pouvoirs  signés  de  sa  main  :  et  à 
cette  fin  que  les  acquits  de  deniers  qu'il  a  reçus,  valideront 


Digitized  by 


Google 


ANNEXE  E  151 

à  ceux  qui  les  lui  ont  payés,  sans  que  pour  cet  effet  il  lu> 
soit  besoin  de  plus  ample  décharge  que  l'extrait  du  présen 
article.  (Accordé,) 

VII 

Qu'il  sera  aussi  donné  passeport  par  M.  le  Maréchal  ai 
sieur  Raimbaut,  capitaine  de  Creil,  pour  aller  trouver  mondi 
seigneur  le  prince,  et  se  retirer  ensuite,  si  bon  luy  semble 
en  sa  maison  de  Clermont  pour  y  exercer  sa  charge  d( 
maistre  des  eaux  et  forêts  audit  comté  de  Clermont,  où  il  de 
meurera  libre  avec  sa  femme  et  famille,  sans  lui  ostre  donne 
aucun  empeschement,  à  la  charge  qu'il  ne  fera  aucune  action 
contraire  au  service  du  Roy.  (Accordé.) 

VIII 

Que  pareil  passeport  sera  aussi  donné  au  sieur  Cuvelier, 
sergent-major  dudit  Clermont,  pour  aller  dans  ledit  temps  de 
six  semaines  trouver  mondit  seigneur  le  prince,  si  bon  lui 
semble,  ou  demeurer  en  sa  maison  dudit  Clermont  pour  y 
exercer  sa  charge  d'Elu,  sans  qu'il  ne  lui  soit  donné  nul  em- 
peschement, à  la  charge  aussi  qu'il  ne  fera  aucune  action 
contraire  au  service  du  Roy.  (Accordé.) 

IX 

Que  les  gens  de  guerre  tant  du  régiment  du  sieur  de 
Moulins,  que  compagnies  des  sieurs  d'HaraucourI,  de  Thury 
et  d'Anfreville,  sortiront  avec  armes,  bagages,  poudres  et 
munitions  ;  sçavoir  les  compagnies  des  gens  de  pied,  enseignes 
déployés,  tambours  battant,  mesches  allumées  et  balle  en 
bouche;  et  la  cavalerie  avec  leurs  chevaux,  armes  et  équi. 
page,  comme  aussi  le  commissaire  de  guerre,  avec  tous  les 
papiers,  acquits,  armes  et  équipages.  (Accordé.) 

X 

Que  les  trois  petites  pièces  de  campagne  qui  sont  dans  le 
château  demeureront,  sçavoir,  deux  à  la  ville,  et  une  qui  sera 
conduite  par  lesdits  sieurs  de  Moulins,  d'Haraucourt  et  de 
Thury  jusqu'à  l'armée  de  mondit  seigneur  le  prince  ou 
ailleurs,  où  ils  jugeront  plus  à  propos  pour  son  service 
(Néant.) 


Digitized  by 


Google 


152  LE  COMTÉ  DE  GLERMONT  EN   BEAUVOIHIS 

XI 

Que  mondit  sieur  le  Maréchal  fera  fournir  ausdils  de 
Moulins,  d'Haraucourl  et  de  Thury,  charettes  et  chevaux 
pour  porter  leurs  armes  et  bagages  jusqu'à  Château-Thierry 
ou  Soissons.  (Accordé.) 

XII 

Que  les  sieurs  baron  de  Rolande,  capitaine  de  100  chevaux 
légers  en  l'armée  de  Monseigneur  le  prince,  de  Villelongue, 
capitaine  de  100  hommes  de  pied  du  régiment  du  sieur  des 
Autels,  et  de  Beauvais,  gentilhomme  à  la  suite  de  Monsei- 
gneur de  Mayenne,  sortiront  avec  leurs  chevaux,  armes  et 
bagages,  et  pour  cet  elïet  que  mondit  seigneur  le  Maréchal 
leur  fera  donner  passeport  de  six  semaines  pour  se  retirer  en 
l'armée  de  mondit  seigneur  le  prince,  sans  faire  acte  d'hos- 
tilité durant  le  dit  temps.  (Accordé,) 

XIII 

Que  les  soldats  habitants  de  la  ville  et  faubourgs  dudit 
Clermont  et  des  environs,  qui  sont  sous  la  charge  dudit 
d'Haraucourt  et  de  Thury  se  retireront  en  leurs  maisons,  si 
bon  leur  semble,  sans  qu'il  leur  soit  fait  aucun  tort  ni  déplai- 
sir, à  la  charge  qu'ils  ne  feront  aucune  action  contraire  au 
service  du  Roy.  (Accordé,) 

XIV 

La  dite  garnison  supplie  très  humblement  mondit  sieur 
le  Maréchal,  de  luy  vouloir  octroyer  huits  jours  de  temps 
pour  avertir  mondit  Seigneur  le  prince  de  ce  siège;  et  adve- 
nant que  pendant  ledit  temps,  il  arrivât  du  secours  de  mon- 
dit Seigneur,  que  les  présens  articles  demeureront  nuls,  et 
la  dite  garnison  en  pareil  état  qu'elle  étoit  auparavant. 
(Refusé  et  rayé,) 

XV 

Que  les  dits  sieurs  de  Moulins,  d'Haraucourt  et  de  Thury 
auront  trois  jours  de  temps  pour  sortir  eux,  leurs  soldats, 
armes  et  chevaux,  et  munitions  tant  de  guerre  que  de  vivres. 

(Refusé.) 

Communiqué  à  M*  BosquUlon  par  Af'  Fournier,  chanoine  de 
Clermont. 


Digitized  by 


Google 


LE  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN  BEAUVOISIS  153 


ANNEXE  F 


Archives  Nallonales  X^  8729. 
Lettres  patentes  de  confirmation  du  19  juin  1724, 

Louis,  par  la  grâce  de  Dieu  roi  de  France  et  de  Navarre,  à 
tous  présents  et  à  venir  salut  : 

Notre  très  cher  et  très  amé  cousin  Louis-Henry  de  Bour- 
bon, prince  de  Gondé,  prince  de  nostre  sang,  pair  et  grand 
maître  de  France,  duc  d'Anguyen,  et  de  Guise  et  de  Glias- 
teauroux,  comte  de  Glermont  en  Beauvoisis,  gouverneur  et 
lieutenant  général  pour  nous  en  nos  provinces  de  Bourgogne 
et  Bresse,  nous  a  fait  remontrer  que  aux  termes  de  la  décla- 
ration faite  par  Henry-Jules  de  Bourbon,  prince  de  Gondé, 
premier  prince  de  nostre  sang  en  date  du  15  mars  1709  con- 
firmée par  son  testament  du  23  desdils  mois  et  an,  et  dont 
l'exécution  a  été  ordonnée,  par  le  jugement  des  sieurs  com- 
missaires du  Gonseil  du  31  août  1722,  il  est  propriétaire  de  la 
terre  et  chatellenie  de  Greil  dépendante  du  Gomté  de  Glermont 
en  Beauvoisis,  qui  avait  été  acquise  de  la  princesse  d'Harcourt 
par  ledit  Henry-Jules  de  Bourbon  par  contrat  passé  devant 
Lanyer  et  son  confrère  notaires  au  Giiâtelet  de  Paris  le  16  fé- 
vrier 1704.  comme  aussi  du  Gomté  de  Glermont  en  Beauvoisis 
et  des  chatellenles  de  La  Neuville-en-Hez ,  Remy,  Gour- 
nay  et  Moyenneville,  La  Hérelle,  Mory-Moncrux  et  Bulles 
et  toutes  leurs  appartenances  et  dépendances  à  lui  cédées 
et  vendues  et  transportées  par  le  seigneur  comte  d'Harcourt, 
comme  héritier  bénéficiaire  de  ladite  dame  princesse  d*Har- 
court  samèrepar  contrat  passé  devant  Lorimier  et  son  confrère 
notaires  au  Ghâtelet  de  Paris  le  31  décembre  1719  pour  en 
jouir  par  notre  dit  très  cher  et  très  amé  cousin  le  duc  de 
Bourbon  acquéreur  aux  mesmes  droits  qui  appartenaient 
audit  seigneur  comte  d'Harcourt  suivant  le  contrat  d'engage- 
ment du  13  août  1569  consistant  entre  autres  choses  en  fruits, 
profils,  cens,  renies,  revenus,  émoluments,  hommes,  hom- 


Digitized  by 


Google 


a^' 


154  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN  BEACV01S15 

mages,  vassaux,  vasselages,  et  sujets,  bols  taillis,  estants, 
rivières,  fours,  moulins,  prés,  pasturages,  fiefs,  arrière-fiefs, 
justices  et  juridiollous,  forfaitures,  confiscations  et  amendes, 
quint  et  requlnt,  lods  et  ventes  et  profits  de  fiefs,  les  droits  de 
patronage  d'Kglises  et  collations  de  bénéfices  et  des  officiers 
ordinaires  qui  dépendent  dudlt  Comté  et  desdites  chatel- 
lenies  auxquels  le  seigneur  engaglste,  vacations  advenants, 
a  droit  de  pourvoir  de  plein  droit  si  bon  lui  semble,  ou  de 
nous  présenter  personnes  capables  et  de  qualité  requise  et 
générallement  tous  les  droits  appartenants  auxdits  comté  et 
chastellcnies  sans  aucune  chose  en  excepter,  retenir  ou 
réserver  sinon  le  ressort  de  souveraineté,  foy  et  hommage 
desdits  comié  el  cliastellenies  susdites,  des  bois  marraan- 
taux  de  haute  futa>  c,  confiscation  en  cas  de  crime  de  Lèze 
Majesté  divine  et  humaine  el  de  fausse  monnoye,  lesdils 
contrats  d'engagement  portant  en  outre  que  ledit  seigneur 
engagiste  pourra  se  faire  nommer  el  intituler  comte  de  Cler- 
mont,  seigneur  el  châtelain  deCrelletdes  autres  seigneuries, 
et  que  les  ofilclers  luy  rendront  tous  devoirs  et  obéissances, 
comme  aussy  tous  les  hommes  sujets  et  vassaux  desdits 
comIé  el  chatellenies  seront  lenus  de  luy  faire  el  renouveller 
le  serment  de  foy  hommage  el  fidélité  comme  à  leur  nou- 
veau seigneur  et  comte,  ainsi  que  la  coutume  du  pays  la 
requiert,  sans  que  lesdils  vassaux  puissent  ou  soient  con- 
traints de  faire  leurs  foys  et  hommages  que  par  devant  ledit 
seigneur  ou  ses  officiers  commis  et  députés  audit  comté 
ainsi  qu'il  est  plus  amplement  porté  par  ledit  contrat  d'enga- 
gement fait  à  faculté  de  rachat  perpétuel  par  les  commis- 
saires du  roi  Charles  neuviesme  au  seigneur  duc  de  Bruns- 
wiclv  le  13  août  1569  rattifié  par  lettres  patentes  du  17  des 
mêmes  mois  et  an  registrées  en  notre  Cour  du  Parlement 
de  Paris  le  6  octobre  de  la  même  année  1569  et  en  notre 
Chambre  des  Comptes  les  18  novembre  1570  et  6  janvier  1571. 
Et,  pour  jouir  conformément  audit  contrat  d'engagement  dudit 
comté  de  Clermont  en  Beauvoisis  el  desdiles  terres  et  chas- 
tellenles  des  droits  et  devoirs  tant  utiles  qu'honorifiques 
vendus  cédés  et  transportés  par  lesdils  contrats  des  16  fé- 
vrier 1704  et  31  décembre  1719,  se  faire  rendre  et  payer  les 
droits  et  devoirs,  nostre  très  cher  et  très  amé  cousin  le  duc 
de  Bourbon  nous  a  supplié  de  luy  vouloir  obtenir  nos  lettres 


Digitized  by 


Google 


ANNEXE  F  155 

de  confirmation  el  raliflication  nécessaires.  A  ces  causes, 
après  avoir  lait  voir  à  notre  Conseil  lesdits  contrats  de  vente 
faits  par  ladite  dame  princesse  d'Harcourl  le  16  février  1704 
et  par  nostre  dit  cousin  le  prince  de  Condé,  et  par  ledit  sei- 
gneur prince  de  Guise  comte  d'Harcourt  le  31  décembre  1719 
et  nostre  dit  cousin  le  duc  de  Bourbon,  el  copie  colla lionnée 
du  contrat  d'engagement  du  13  août  1569,  arrest  de  vérifica- 
tion en  notre  Cour  du  Parlement  et  Chambre  des  Comptes  à 
Paris,  et  autres  lettres  patentes  pareillement  regislrées  cy 
attachées  sous  notre  contre  scel  et  de  l'avis  de  notre  Conseil, 
science,  pleine  puissance  et  autorité  royale,  nous  avons  loué 
agréé  et  rattifié  et  par  ces  présentes  signées  de  nostre  main 
louons,  approuvons  et  rattifions  lesdits  contrats  d'acquisition 
pour  jouir  par  nostre  dit  cousin  le  duc  de  Bourbon  dudit 
Comté  de  Clermont  en  Beauvoisis  et  Chaslellenies  de  Creil, 
de  la  Neuville-enrHez,  de  Bulles,  Remy,  Gournay  et  Moyen- 
ne ville,  La  Ilérelle,  Mory-Montcrux  qui  consistent  en 
fruits,  profils,  cens,  renies,  revenus,  émoluments,  hommes, 
hommages,  vassaux,  vasselages,  et  sujets,  bois  taillis,  estangs, 
rivières,  fours,  moulins,  prez,  pasturages.  fiefs,  arrière-fiefs, 
justices  et  juridictions,  forfaitures,  confiscations  et  amendes, 
quint  et  requint,  lods  et  ventes  et  profits  de  fiefs,  les  droits 
de  patronage  d'Eglises,  el  collations  de  bénéfices  et  des  ofiî- 
ciers  ordinaires  qui  dépendent  dudit  comté  et  desdites  chas- 
lellenies, auxquelles  nostre  dit  cousin  le  duc  de  Bourbon 
pourvoira  de  plein  droit  ainsi  qu'aux  ofiîces  de  capitaines  des 
places  et  chasteaux  dépendant  desdits  comté  terres  et  sei- 
gneuries, vacations  advenantes,  ou  nous  présenter  personnes 
capables  ou  de  qualité  requise,  auxquels  nous  et  nos  succes- 
seurs roys  donnerons  provisions  sans  que  ceux  qui  y  auront 
été  pourvus  par  notre  dit  cousin  le  duc  de  Bourbon  ou  ses 
successeurs,  ou  par  nous  et  nos  successeurs  roys  à  sa  nomi- 
nation puissent  être  renvoyés  encore  que  lesdits  comté  el 
chaslellenies  soient  retirés  et  racheplés  par  vertu  delà  faculté 
de  rachapt  perpétuel,  et  jouiront  lesdits  ofiiciers  de  leur  estât 
leur  vie  durant  comme  font  les  officiers  royaux  de  notre 
royaume  et  générallement  de  tous  les  droits  appartenants 
aux  dits  comté  et  chaslellenies,  sans  aucune  chose  en  excep- 
ter, retenir  ou  réserver  sinon  le  ressort  de  souveraineté,  foy 
et  Jiommage  desdits  comié  et  chaslellenies  susdites,  des  bois 


Digitized  by 


Google 


.^1 


15f)  LE  COMTÉ   DE  GLERMONT   EN   BEAUVOISIS 

raarmentaux  de  haute  futaye  de  la  forest  de  Hez  et  auslres 
forests,  confiscation  en  cas  de  crime  de  lèze  Majesté  divine 
et  humaine  et  de  fausse  monnoye.  Voulons  en  outre  que 
nostre  dit  cousin  le  duc  de  Bourbon  puisse  se  faire  nommer 
et  intituler  comte  deClermont  seigneur  et  châtelain  de  Creil 
et  des  autres  seigneuries  et  que  les  officiers  luy  rendent  tous 
devoirs  et. obéissances,  comme  aussy  tous  les  hommes  sujets 
et  vassaux  desdits  comté  et  chastellenies  soient  tenus  de  luy  • 
faire  et  renouveller  le  serment  de  foy  hommage  et  fidélité 
comme  à  leur  nouveau  seigneur  et  comte,  ainsi  que  la  cou- 
tume du  pays  le  requiert  sans  que  lesdlts  vassaux  puissent 
ou  soient  contraints  de  faire  leurs  foys  et  hommages  que  par 
devant  notre  dit  cousin  le  duc  de  Bourbon  ou  ses  officiers 
commis  et  députés  audit  comté,  ainsi  qu'il  est  plus  ample- 
ment porté  par  le  contrat  d'engagement  du  13  août  1569 
de  vérification  d'iceluy  en  nostres  Cour  de  Parlement  et 
Chambre  des  Comptes  à  Paris,  le  tout  sous  ladite  faculté 
de  rachapt  perpétuel  et  autres  charges  clauses  et  conditions 
portées  par  ledit  contrat  d'engagement  que  nous  voulons  qui 
soit  exécuté  selon  sa  forme  et  teneur  en  tout  son  contenu  et 
sans  difficulté  pour  et  au  profit  de  notre  dit  cousin  le  duc  de 
Bourbon  ses  successeurs  et  ayants  cause  tout  ainsi  et  de  la 
même  manière  que  si  ledit  contrat  avait  été  expédié  en  son 
nom.  Si  donnons  en  mandement  à  nos  amez  et  féaux  con- 
seillers les  gens  tenant  nôtres  Cour  de  Parlement  et  Chambre 
des  Comptes  à  Paris,  Baillys  de  Clermont  en  Beauvoisis  et 
de  Senlis  ou  leurs  lieutenants  et  tous  austres  nos  justiciers 
qu'il  appartiendra  que  ces  présentes  ils  fassent  lire  publier  et 
enregistrer.  Car  tel  est  notre  plaisir. 

Donné  à  Versailles  le  19  juin  V72i  et  de  notre  règne  le  neu- 
vième. Signé  Louis.  Sur  le  reply  par  le  Roi  Phélyppeaux. 
Scellées  du  grand  sceau  de  cire  jaune  sur  double  queue. 

Registrées  à  Paris  le  26  juillet  1724. 


Digitized  by 


Google 


LE  COMTÉ   l)K  CLEKMONT   EN   BEAUVOlSlS  157 


ANNEXE   a 


BIOGRAPHIES  OL.ERMONTOISES 

Voici,  d  après  MM.  Debauve  et  Roussel,  la  liste  des  pi 
nages  de  marque,  auxquels  Clermont  a  donné  naissance 

GuiBERT,  abbé  de  Nogent. 

Né  en  1053,  à  Clermont,  d'abord  chanoine  de  la  Gollégi 
Notre-Dame,  puis  bénédictin  à  Saint-Germer,  gouverna 
ans  l'abbaye  de  Nogent-sous-Goucy,  diocèse  de  Laon, 
mourut  en  1124.  Son  œuvre  capitale  est  l'histoire  de  1ï 
mière  Croisade  qu'il  publia  sous  le  titre  de  Gesta  D 
Francos ;  son  autobiographie.  De  vitd  sud,  est  l'un  des 
ments  les  plus  curieux  du  xii*  siècle.  On  a  de  lui  un  ' 
sur  l'art  de  prêcher,  des  Commentaires  moraux  sur  la  G 
un  Traité  des  Reliques  des  Saints. 

Beaumanoir  (Philippe  de  Rémi,  sire  de). 

Quoique  originaire  de  Remy,  près  Compiègne,  a  î 
droit  de  cité  à  Clermont,  dont  il  fut  bailli  (1279-1282),  p 
livre  célèbre  :  Les  Coutumes  du  Beauvoisis,  terminé  en 
Ensuite  bailli  de  Vermandois,  de  Touraine  et  de  Sen 
mourut  le  7  janvier  1296  en  son  manoir  du  Moncel,  près 
Sainte-Maxence. 

Charles  IV  le  Bel. 

Né  au  château  de  Clermont  en  1294,  était  le  Iroisièn 
de  Philippe  le  Bel  et  de  Jeanne  de  Navarre.  On  sait  qu 
une  grande  prédilection  pour  le  lieu  de  sa  naissai 
échangea  le  Comté  de  Clermont  contre  celui  de  la  M 
avec  Louis  I",  duc  de  Bourbon.  Mais  après  sa  mort  (3 
vier  1328),  celui-ci  rentra  en  possession  du  Comté. 

Fernel  (Jean-François). 
Médecin  célèbre,  né  en  1506,  fils  de  Laurent  Fern 


Digitized  by 


Google 


158  LE  COMTÉ   DE  CLEKMONT   EN    BEAUVOISIS 

tenait  hôtellerie  dans  le  faubourg  de  Clermont  à  l'enseigne 
du  Cf/gne,  fit  ses  classes  à  Paris  et  s'adonna  d'abord  aux 
mathématiques.  Il  étudia  ensuite  la  médecine,  fut  reçu  doc- 
teur en  1530,  et  devint  premier  médecin  du  roi  Henri  IL  II 
mourut  le  26  avril  1558.  Il  est  le  premier  qui  ait  cherché  à 
déterminer  la  grandeur  de  la  terre  par  la  mesure  d'un  degré 
du  méridien. 

Voici  la  liste  des  principaux  ouvrages  de  celui  qu'on  sur- 
nommait, de  son  vivant,  leGallien  de  la  France  :  Denaturali 
parie  Medlclnce  Ubrl,  septem.  1542,  in-fol  :  De  abattis  rerum 
Causis  Ubrl  duo  déc.  1548,  in-fol,;  Medlcina,  1554,  in-fol.: 
Febrium  curandarum  Met  ho  dus  generalis. 

Carpentier  (Jacques),  aliàs  Charpentier. 

Né  à  Clermont  en  1524.  Professeur  de  mathématiques  au 
Collège  de  France,  philosophe,  premier  médecin  de  Charles  IX, 
mort  à  Paris  le  1"  février  1574.  Ses  principaux  ouvrages  sont  : 
Descriptio  universœ  naturœ  ex  Arlstotele  ;  Orationes  contra 
Ramum. 

Grévin  (Jacques). 

Poète  et  médecin,  né  à  Clermont  en  1538,  mort  à  Turin  le  5  no- 
vembre 1570.  Il  débuta,  encore  adolescent,  dans  la  carrière  poé- 
tique, et  fut  élève  et  ami  de  Ronsard.  On  lui  doit  des  comédies 
et  tragédies  qui  ne  sont  pas  sans  valeur.  (Voir  Gaston  Varennes, 
Essai  sur  l'Œuvre  de  Jacques  Grévin,  Beauvais,  1898.)  Son 
œuvre  là  plus  intéressante  est  la  Description  du  Beauvoisis, 
publiée  en  1558  et  dédiée  à  sa  protectrice  Madeleine  de  La 
Suze,  dame  de  Warty. 

Voici  la  description  qu'il  y  a  insérée  de  sa  ville  natale  : 

L'autre  ville  est  en  croupe  de  montaigne 
Que  pour  le  cler  et  beauté  de  son  nom 
Les  anciens  ont  dénommé  Clermont, 
Voyant  le  lieu  là  où  elle  est  assise 
Tournant  le  dos  au  vent  qui  vient  de  bize 
Devant  Auster  largissant  son  devant 
Contre  Paris  regardant  plus  souvent 
L'eau,  les  poissons  dedans  les  basses  plaines 
Et  près  de  soy  la  liqueur  des  fontaines 
La  douce  vigne  esparse  tout  autour 
Des  tertres  hauts  où  ce  mont  fait  son  toup.> 


Digitized  by 


Google 


mr  ■  *  M 


ANNEXE  G 

Grévin,  ayant  embrassé  le  calvinisme,  di 
relira  en  Italie,  auprès  de  la  sœur  d'Hei 
duchesse  de  Sajoie,  qui  le  nomma  son  i 
Grévin,  indépendamment  de  son  recuei 
livres  de  médecine  sur  l'anlimoine,  sur  1 
sorcelleries. 

Chai^ondas  Le  Caron  (Loi: 

Jurisconsulte,  né  à  Paris  en  1536,  fut  nom 
de  Médicis,  lieutenant  général  du  Baill 
en  1567,  et  joua  pendant  les  troubles  de 
considérable.  Il  mourut  dans  l'exercice  d 
Clermont,  le  18  septembre  1613.  Il  a  laissé  j 
juridiques  très  estimés,  entre  autres  :  Le  G 
France,  1593  ;  La  Coutume  de  Paris  avec  < 
1598:  Questions  et  réponses  de  Droit  françc 

On  peut  citer  encore  Charles -Jacque 
FoNTENAY,  président  de  l'élection  de  Cleri 
qui  a  laissé  des  documents  manuscrits  s 
ville  et  du  Comté,  entre  autres  ï Essai  auj 
à  la  Bibliothèque  nationale  sous  le  n*  25, 
çais  et  dédié  au  comte  de  Charolais,  auqii 
breux  emprunts. 


Digitized  by 


Google 


Digitized  by 


Google 


7-^ 


l.K  f:OMTE  DE  CLKHMONT   KN   BEAU  VOISIN 


ANNEXE    H 


BAILLIAGE    DE    CLERMONT    EN    BEAUVOIS 
»  mars  1789.  —  Assemblée  des  Trois  Ordres 

Les  Trois  Ordres  s'assemblèrent  sous  la  présider 
Charles-César  de  Flahaut,  marquis  de  la  Billardorie, 
chai  des  camps  et  armées  du  Roi,  chevalier  de  Saint- 
Grand  Bailli  d'épée  du  bailliage  et  comté  de  Clermor 
gneur  de  Saint-Remy-en-l'Eau,  Angivillers,  Saint-Ji 
Beauvoisis,  assisté  de  son  Lieutenant  général,  maître 
François  Castoul,  seigneur  du  Plessier-sous-Saint-Aub 

Voici  la  liste  des  comparants  d'après  l'ouvrage  de  M 
tave  Desjardins  (le  Beauvoùnis,  le  Valois,  le  Vexin  fn 
le  Noyonnais  en  1789)  : 

CLERGÉ 

Mgr  de  La  Rochefoucauld,  évêque  comte  de  Beau  va 
gneur  de  Catenoy,  par  Charles-Louis  Havart  de  Sessev 
procureur  : 

Jérôme-Marie  Champion  de  Cicé,  archevêque  d 
deaux,  abbé  commendataire  d'Ourscamps,  seigneur  d< 
na ville,  Logelles  (paroisse  de  Rouvillers),  Kreuse  (p; 
de  Bailleul-le-Soc),  par  le  curé  de  Liancourt  ; 

François-Bureau  de  Girec,  évêque  de  Rennes,  abb^ 
mendataire  de  l'abbaye  de  Froidmont,  par  Dom  Jeai 
prieur  de  l'abbaye  ; 

Nicolas  de  Livry,  évêque  de  Calliniques,  possessi 
bénéfice  de  Saint-Denis,  de  Ladrancourt,  par  de  Laistre, 
leur  général  et  ministre  des  Mathurins  de  Clermont  ; 

Le  Chapitre  calhédral  de  Beau  vais,  parlfavartdeSe 
chanoine  ; 

Le  Chapitre  collégial  de  Notre-Dame  de  Clermo 
Jean-François   Babille,   licencié   es  lois,  et  Lucien 


Digitized  by 


Google 


162  LE  (OMTÉ   DE  CLEllMONT   EN   BEAUVOlSlS 

principal  du  collège  de  Clermout,  chapelain  de  la  chapelle 
Sainl-Louis  de  Canectancourt,  chanoines  ; 

Le  Chapitre  collégial  de  Saint-BarUiélemy  de  Beauvais 
pour  les  fiefs  s'élendant  jusqu'à  Raquet  (paroisse  de  Saint- 
Barthélémy),  absent  ; 

Jean-Antoine  de  Clernet,  chanoine  du  Chapitre  cathédral 
de  Beauvais,  chapelain  de  la  chapelle  de  Saint-Michel  à 
Ralagny,  par  le  curé  de  Noinlel  : 

Ferdinand  Pilon,  curé  de  Saint-Jacques  de  Beauvais,  cha- 
pelain de  la  chapelle  de  Saint-Jean  de  Warly  ou  F'ilz-James, 
par  le  curé  de  P'ouilleuse  : 

Les  ecclésiastiques  de  Clerinont  uon  possédant  bénéfice, 
par  Jean-Nicolas  l'oitcvin,  vicaire  et  premier  liabitué  de 
l'église  Saint-Samson  ; 

L'abbaye  de  Saint-Laurent  de  Beaubec,  ordre  de  Glteaux, 
par  Dom  Ambroise  Hemy,  sous-prieur  de  l'abbaye  de  Lan- 
noy; 

L'abbaye  de  Sainl-Lucien  de  Beauvais,  par  Jean-P>ançois 
Babille,  chanoine  de  la  Collégiale  de  Clermont  ; 

L'abbaye  de  Saint-Quentin  de  Beauvais,  par  Frère  Goi- 
rand  de  la  Chevrière,  religieux  de  l'ordre  de  Fontevrault  : 

L'abbaye  de  Froidmont,  ordre  de  Clteaux,  par  Dom  Jean 
Jolly,  prieur  de  l'abbaye  ; 

L'abbaye  >le  Notre-Dame  de  Lannoy,  ordre  de  Clteaux. 
filiation  de  Beaubec,  ligue  de  Clairvaux,  à  cause  des  fiefs  de 
Saint-Maur  et  Ecorchevache,  parDom  Ambroise-Remy,  sous- 
prieur  ; 

L'abbaye  de  Saint-Martin  de  Ruricourt,  ordre  de  Saint- 
Augustin,  congrégation  de  France,  par  Alexandre-François 
Fourquin,  chanoine  régulier  de  ladite  abbaye  ; 

Le  couvent  des  Mathurins  de  Clermont,  ordre  de  la  Sainte- 
Trinité,  par  Jean-Pierre  de  Laistre,  définileur  général  et 
ministre  dudit  ordre  ; 

Le  possesseur  du  fief  du  prieuré  de  Breuil-le-Sec,  absent: 

Dom  Claude-Pierre  Tempête,  religieux  de  la  Congrégation 
de  Saint-Maur,  prieur  de  l'abbaye  royale  de  Saint- Vincent 
de  Léon,  prieur  régulier  de  Saint-Martin  de  Breuil-le-Vert, 
membre  de  l'abbaye  de  Saint-Germer,  par  Lucien  Warré, 
principal  du  collège  de  Clermont  ; 

Ignace-Joseph  de  Fourmeslraux,   conseiller  en  la  Grand 


Digitized  by  VjOOQIC 


■^T" 


AMNEXK   H  1H;$ 

Chambre  du  Parlement  de  Paris,  prieur  du  Prieuré  de  Bulles, 
par  le  curé  de  Liancourt  ; 

Charles-Philippe  Desjobert,  chanoine  de  la  cathédrale 
d'Amiens,  prieur  du  Prieuré  de  Saint-Antoine  de  Conti,  par 
Lucien  Warré  ; 

Charles-Marie  de  Bourgevin  de  Vialart  de  Moligny,  con- 
seiller clerc  à  la  Grand  Chambre  du  Parlomenl  de  Paris, 
prieur  du  Prieuré  de  Notre-Dame  de  Milly,  ordre  de  Saint- 
Benoît,  par  le  curé  de  Clermont  ; 

L'abbaye  de  femmes  de  Notre-Dame  de  Cbelles,  par  le 
R.  P.  Tribon,  religieux  mineur  conventuel  de  l'ordre  de  Saint- 
François,  gardien  du  couvent  de  Notre-Dame  de  la  Garde  ; 

L'abbaye  de  Notre-Dame  de  Saint-Paul  pour  le  fief  de  Cora- 
postel,  absent  ; 

Le  Prieuré  de  femmes  de  Wariville,  ordre  de  Fontevrault, 
par  Frère  Goirand  de  la  Chevrière,  religieux  dudit  ordre  ; 

Les  religieuses  du  couvent  des  Ursulines  de  Clermont,  par 
Adrien  de  La  Marche,  leur  directeur  et  chapelain  : 

Les  religieuses  du  couvent  de  Sainte-Marie  d'Amiens, 
dames  de  Farivillers,  Peti-Poil  de  la  Treue,  absentes  : 

Le  clergé  des  paroisses. 

Pour  la  liste  des  curés,  voir  plus  loin  le  tableau  de  l'ordre 
du  Tiers-Etat. 

NOBLESSE 

Le  marquis  de  La  Billarderie,  Grand  Bailli  d'épée,  pour  lui 
et  comme  chargé  de  la  procuration  : 

de  Louis-Joseph  de  Bourbon,  prince  de  Condé,  prince  du 
sang,  duc  d'Enghien,  de  Guise  et  Bourbonnais,  seigneur  de 
Clermont,  Breuil-le-Vert,  Hotheleux,  pair  et  grand  maître  de 
France,  gouverneur-lieutenant  général  pour  le  roi  en  ses 
provinces  de  Bourgogne  et  Bresse,  colonel-général  de  l'infan- 
terie française  et  étrangère; 

et  de  Louis-Henri- Joseph  de  Bourbon-Condé,  duc  de  Bour- 
bon, prince  du  sang,  seigneur  de  Nointel,  pair  et  grand 
maître  de  France  en  survivance,  lieutenant  général  pour  le 
roi  en  Champagne  et  en  Brie  ; 

Jacques-Charles,  duc  de  Fitz-James,  pair  de  France 
maréchal  de  camp,   colonel   propriétaire  du  régiment  de 


Digitized  by 


Google 


IH4  l.E  COMTK   DK  CLKKMONT   EN    BEAUVOISIS 

Berwick-infanlerie,  gouverneur  et  lieutenant  général  du  Haut 
et  Bas  Limousin,  pour  lui  et  comme  fondé  de  procuration  : 

de  Louis,  marquis  de  Gouy,  lieutenant  général  des  armées 
du  roi  et  de  la  province  de  l'Ile-de-France,  gouverneur  des 
ville  et  château  de  Clermont  en  Beauvoisis,  baron  de  Chars 
et  de  Ressens,  seigneur  d'Arcy,  Avregny,  Rlcquebourg,  La 
Neuville,  Haut  et  Bas  Matz,  Santeull,  Flrmecourt,  Brignau- 
court,  Briançon,  Le  Haume,  Le  Ruel,  Le  Bremel,  Grîncourt^ 
Liancourt  ; 

Alexandre-Frédéric-Frauçois  de  La  Rochefoucauld,  du(!  de 
Liancourt,  chevalier  des  ordres  du  roi,  pour  lui  et  comme 
fondé  de  procuration  : 

de  Marie-Henriette  Polastron,  veuve  d'Eléonor,  comte  d'An- 
dlau,  l'un  des  premiers  des  quatre  chevaliers  du  Saint- 
Empire,  dame  de  Verderonne,  Le  Fresne,  Pisseleu  et  le  Pont: 

de  M.  de  Noailles,  duc  de  Mouchy,  maréchal  de  France, 
grand  d'Espagne  de  première  classe,  prince  de  Poix,  marquis 
d'Arpajon,  comte  de  Monllhéry,  vicomte  de  Lautrec,  baron 
d'Ambrun  et  des  Etats  de  Languedoc,  seigneur  propriétaire 
du  fief  Dubus  et  dépendances  dans  le  Bailliage  de  Cler- 
mont, chevalier  des  ordres  du  roi,  grand-croix  de  l'Ordre  de 
Malte,  gouverneur  des  ville,  châteaux  et  parcs  de  Versailles 
et  Marly,  lieutenant  général  de  Guyenne; 

du  marquis  de  Grasse,  comte  de  Sermelent,  d'Antibes, 
maréchal  de  camp,  seigneur  du  marquisat  de  Sarcus  et  de 
la  châtellenie  de  Mollens  ; 

de  François-Charles  du  Floquet,  comte  de  Real,  chevalier, 
châtelain  de  Fontalne-Lavaganne,  Haulefontalne,  Mortefon- 
talne,  Gaudechart,  Oudeuil-le-Châtel ,  Ribauvillé,  fief  de 
Heilly,  La  Neuville,  Pisseleu,  Sanguin,  ancien  lieutenant- 
colonel  de  cavalerie  ; 

de  Louis-Charles-Philippe,  vicomte  de  Sarcus,  capitaine  de 
cavalerie,  seigneur  de  la  vicomte  d'Hannaches,  de  Salnt- 
Arnoult  et  fiefs  en  dépendant  ; 

de  Jean-Baptiste-Christophe  de  Cossart,  marquis  d'Esplès^ 
chef  d'escadron  au  régiment  de  Chamborant-hussards,  sei- 
gneur d'Omécourt,  Espaux,  Saint-Arnoult,  Marcoquel,  Mu- 
reaumont,  Saint-Denlscourt,  Brussy,  Ville-sous-Corbie,  Ha- 
dancourt,  Lardencourl,  Salnt-Clalr; 


Digitized  by 


Google 


ANNEXE   H  165 

de  Marie-Elisabeth-Gabrielle-Eugénle  d'Espiès.  veuve  et 
douairière  de  Louis-Alexandre,  comte  d'Auger,  lieutenant 
général  des  armées  du  roi,  seigneur  de  Fresnel  : 

de  Jean-Baptiste,  vicomte  de  Boisgelin,  de  Kergomar- 
Kervran,  commandeur  de  Notre-Dame  du  Mont-Garmel,  de 
Saint-Lazare  de  Jérusalem,  ancien  capitaine  des  vaisseaux 
du  roi,  gentilhomme  de  la  manche  des  petit-Ills  de  France, 
premier  chambellan  de  Monsieur,  frère  du  roi  : 

et  d'Aimée -Victoire  Navilié  de  la  Verteville,  épouse 
d'Ambroise-François-Joseph  Polisset,  chevalier,  baron  de 
Beauvois,  Mingoval,  seigneur  de  Léglantier  et  Vienne.: 

Charles-François  de  Flaliaut  de  la  Billarderie,  maréchal 
de  camp,  procureur  de  Louis-Stanislas-Xavier,  fils  de 
France,  Monsieur,  frère  du  roi,  due  d'Anjou  et  d'Alenc^on, 
comte  du  Maine,  de  Perche,  de  Senonche,  de  Mantes  et  de 
Meulan,  de  Ghaumont-en-Vexin  et  de  Beaumonl-sur-Oise, 
baron  de  l'Isle-Adam,  seigneur-châtelain  de  Ponloise,  mar- 
quis de  Mouy,  seigneur  de  Prestes,  Nogent,  Nointel,  Cham- 
pagne, Villiers-Adam,  Anvers,  Mours,  Ghambly,  Fontenetles, 
Trie-la-Ville,  Villers,  Ansacq,  Janville,  Vaux,  Cambronne, 
Bury,  Angy,  Plessier-Bilbaut,  Grandviller  ; 

Et  de  Louis-Maxim in-Emmanuel  Lancry,  chevalier,  sei- 
gneur de  Pronleroy,  lieutenant  général,  propriétaire  du  fief 
de  Naucourt  (paroisse  de  Lieuvillers)  et  de  Le  Coroy  (paroisse 
de  Noroy)  ; 

Jean-Georges-Claude  Baude,  baron  de  Ponllabbé,  colonel 
du  régiment  de  Royal-Comtois,  pour  lui  et  comme  fondé  de 
procuration  : 

de  Guillaume-Marie  Cavelier,  veuve  de  Jean-François 
Ogier,  chevalier,  conseiller  d'Etat,  ci-devant  ambassadeur  de 
P'rance,  dame  de  Cressonsacq  : 

de  Stanislas  de  Biaudos,  comte  de  Castéja,  maréchal  de 
camp,  inspecteur  d'infanterie,  seigneur  de  Framerville,  Her- 
leville,  Remescourt,  Belleuze  ; 

et  de  François-Nicolas,  vicomte  de  Courtais,  seigneur  de 
la  vicomte  de  Lamotte,  Agronin,  La  Ville-Talle,  Le  Sou- 
ches, Sallevert,  Le  Chassignol,  seigneur  en  partie  de  Fleury 
à  cause  de  dame  Alexandrine-Marie-Geneviève  de  Lozonay, 
son  épouse  ; 

Jacques-Bernard  de  Broé,  chevalier,  seigneur  de  Sainl- 


Digitized  by 


Google 


1 


16H  LK  COMTÉ   DE  CLERMONT  EN   BEAUV01S18 

Himault,  Essuiles,  fief  d'Holon,  Fontenelles,  les  Donjons,  Ban- 
nival,  la  Tour  do  Bulles  et  la  Motte-d'Essuiles,  pour  lui  et 
comme  fondé  de  procuration: 

de  Guy-Charles^Jean  de  Bosthierry,  chevalier,  seigneur  de 
Biercourt  et  en  partie  deCourcelles-Rançon; 

et  d'Augusle-René,  vicomte  de  Maupeou,  clievalier  non 
profès  de  l'ordre  de  Saint-Jean  de  Jérusalem,  seigneur  de 
I^arisisfonlaine,  Berthecourl,  Bretel  ; 

Jean-Fran<;ois-Anselme  de  Pasquier,  seigneur  de  Franclieu, 
meslre  de  camp  de  cavalerie,  seigneur  de  Fouilleuse,  pour 
lui  et  comme  fondé  de  procuration  : 

de  Marle-Marguerite-Frani^ois-Firmin  des  Friclies,  comte 
Doria,  marquis  do  Payen,  soigneur  haut  justicier  des  terres, 
soigueurios  cl  (iofs  de  Cayoux,  Cornois,  Berthencourt; 

ci  de  Louis-Ucnri-Camille  de  Pasquier,  vicomte  de  P>anc- 
lieu,  capitaine  de  dragons,  soigneur  de  Lieuvillors  : 

I.ouis-Anne  do  Gaudochart,  garçon  major,  fils  aîné  d'Adol- 
phe de  Gaudochart,  chevalier  de  Saint-Jean  de  Jérusalem, 
ci-dovant  aide  de  camp  de  S.  A.  Mgr  le  prince  de  Clermont. 
procureur  dudit  prince  do  Clermont,  seigneur  d'Hémévillers, 
Monlmarlin  et  du  fief  do  Lagny  ; 

Jean-Frangois  de  Chassopot,  seigneur  de  Pissy,  pour  lui  et 
comme  fondé  de  procuration: 

d'Alexandre-François,  comte  de  Mareuil,  seigneur  de 
Contre,  tant  pour  la  partie  d'Amiens  que  pour  celle  de  Cler- 
mont ; 

et  de  Charles-Louis  des  Courtils,  chevalier,  seigneur  de 
Merlomont,  Hoz  : 

le  comte  de  Bornetz,  chevalier,  seigneur  du  Bout-du-Bois, 
de  Belloy  et  du  Pré,  ancien  lieutenant  des  vaisseaux  du  roi, 
pour  lui  et  comme  fondé  de  procuration  : 

de  Hugues-Oudart-Isidore-François  de  Siry,  seigneur  du 
marquisat  et  quint  de  Savignies  en  Picardie,  baron  de 
Couches  en  Bourgogne; 

et  de  Nicolas-Henri  de  Couquault,  chevalier,  marquis 
d'Avelon,  seigneur  de  Blicourt,  Villembray,  baron  d'Hodenc- 
en-Bray,  maréchal  de  camp  ; 

Charles-Jean-Baptiste  Bourgevin  de  Vialart,  seigneur  de 
Moligny,  capitaine  de  dragons,  lieutenant  des  maréchaux  de 
France,  procureur  de  Paul-Jean-Bapliste  de  Bourgevin  de 


Digitized  by 


Google 


ANNEXE   H 

Vialart  de  Sainl-Moris,  chevalier,  seigneur  d'Hondai 
Carrières,  conseiller  au  Parlement  ; 

et  de  Dominique-Joseph,  marquis  de  Gassini,  noh 
nois,  chevalier,  maréchal  des  camps  et  armées  du 
gneur  de  Thury,  Filerval,  Les  Blaches,  Ambel  ; 

Louis-Adrien  de  Guillebon,  chevalier,  seigneur  de 
choii,  ancien  garde  du  corps  du  roi,  pour  lui  elcomn 
de  procuration  : 

de  Louis-Joseph  de  Guillebon,  segneur  de  Bertrar 
moulin: 

et  de  Marie-Jeanne  Labbé,  veuve  de  Jean-Joseph  lai 
écuyer,  seigneur  en  partie  de  Mory,  Leuilly,  ancier 
nant  d'infanterie  au  bataillon  de  Noyon  ; 

de  Guillebon,  seigneur  de  Wavignies,  pour  lui  el 
fondé  de  procuration  : 

de  Jacques  de  Viarmes  de  Mauléon  d'Aisegnetz  ( 
de  Brunelir,  chevalier,  marquis  de  Toussaint,  comte  < 
ries,  lieutenant  pour  le  roi  en  Provence,  mestre  d 
commandant  du  régiment  de  Condé-infanterie  : 

de  Joseph-Plaisant,  comte  de  Bouchiat,  chevalier,  ! 
de  Corbeil-Cerf,  Lormaison,  el  du  fief  des  Gham] 
Lardières,  directeur  général  des  haras  du  roi  en  Als 

et  de  Louis  de  Goussencourt,  chevalier,  comte  de  G 
seigneur  de  Catillon. 

Charles-François  Chrétien  de  Sainte-Berthe,  écuyei 
au  Parlement,  seigneur  des  fiefs  et  terres  de  Limoges 
gillière,  pour  lui  et  comme  fondé  de  procuration  : 

de  Jacques,  marquis  de  Dommel,  marquis  de 
commandant  particulier  du  Port-au-Prince  à  Saint-Do 
colonel  d'infanterie,  seigneur  d'Oudard-Boulay  : 

de  François-Joseph  Le  Lièvre,  marquis  de  La  G 
P'ourilles,  ancien  premier  sous-lieutenant  de  la  d 
compagnie  des  mousquetaires  de  la  garde  ordinaire 
lieutenant  général,  gouverneur  de  Brie-Comte-Rot 
gneur  de  La  Grange,  Fournies,  Attilly,  Beaurepaire, 
Châlons  ; 

et  d'Armand-Jean-François-Charles  de  Lescalpiei 
lier,  conseiller  du  roi  en  la  Grand  Chambre  du  Pa 
seigneur  de  Neufmartin.  Quincampoix  : 

r:iaude-François  Chrétien  de  Sainte-Berthe,  écu 


Digitized  by 


Google 


Digitized  by 


Google 


ANNEXE   H  169 

Anloiae-Louis-Armand  Havart  de  Sesseval,  écuyer,  maître 
des  Eaux  et  Forêts  de  Clermonl,  pour  lui  et  comme  fondé  de 
procuration  : 

de  François-Henri  d'Hardivilliers.  clievaller,  seigneur  de 
Monceaux,  Courroy,  Fouilloy,  Le  Kay,  Le  Hornois,  Henne- 
quin,  La  Cour  d'Oise,  Saint-Omeren  partie,  ancien  capitaine 
de  cavalerie  : 

et  de  Louis-Laurent  de  Rimberl  de  Cliâlillon,  chevalier 
seigneur  de  Heuilly,  HardonceL  Neufmaison,  Guisencourl, 
ancien  brigadier  des  gardes  du  corps,  capitaine  de  cava- 
lerie : 

Louis-Frangois  Havart  de  Popincourt,  chevalier,  ancien 
seigneur  de  Réthencourtil,  Peteil,  Arson,  Agnetz  en  partie, 
pour  lui  et  comme  fondé  de  procuration  : 

de  Joseph  Le  Vasseur  d'Armanville,  ancien  exempt  des 
gardes  du  corps  du  Roi,  seigneur  du  fief  de  Laroy,  sis  à  Cler- 
mont  et  environs  : 

et  de  demoiselle  Madeleine-Charlotte  de  Eresne  de  Cour- 
celles,  noble  d'extraction,  demeurant  à  Gonty: 

Jean,  baron  de  L^  Rochefoucauld  duRreuil,  colonel  attaché 
au  régiment  d'Artois-cavalerie,  commandeur  de  Saint-La/are 
pour  lui  et  comme  fondé  de  procuration  : 

de  Marie-Emilie  Verzure,  veuve  de  Claude-Louis-Gharles 
d'Esiut,  marquis  de  Tracy,  maréchal  de  camp  ; 

et  de  Marie  de  La  Rochefoucauld,  duchesse  d'Estissac, 
marquise  d'Halluin  et  de  Liancourt,  veuve  de  Louis-Armand- 
François  de  La  Rochefoucauld,  duc  d'Estissac,  chevalier  des 
ordres  du  Roi,  gouverneur  de  Rapaume  : 

Louis-Charles-Hubert  de  Forceville,  capitaine  au  régiment 
d'Angoulême-Dragous,  procureur  d'Augustin-Louis  Henne- 
quin,  marquis  d'Ecquévilly  et  de  Chemery,  seigneur  de  Fume- 
chon,  Morenvillers,  comte  de  Grandpré,  lieutenant  général 
des  armées  du  Roi  et  chevalier  de  ses  ordres,  lieutenant 
général  de  S.  M.  pour  les  provinces  et  frontières  de  Champagne 
et  de  Brie,  capitaine  de  la  vénerie  des  toiles  de  chasse, 
tentes  et  pavillons  du  Roi,  équipage  du  sanglier  ; 

et  de  Divine-Melchior  de  La  Grené,  chevalier,  garde  du 
corps  du  Roi,  seigneur  propriétaire  de  Chaussay  et  Frin- 
villé. 


Digitized  by 


Google 


s  dont  les  noms  suivent  et 

ir  du  Hamel  ;  le  sieur  Cave 
u,  Goquerel  ; 

seigneur  de  Cempuis;  le 
ux  ;  la  duchesse  de  Fleury, 
xle  Fenyelle,  seigneur  de 
iigneur  en  partie  de  Gannes 
le  Troussures,  Monchy  La 

y: 

[uise  de  Tiamaches.  dame 
icourt  :  le  marquis  de  Feu- 
Roy  : 

avocat  es  Conseils  du  Roi, 
,el-Cleric,  situé  à  Bulles, 
't  seul  seigneur  du  fief  Re- 

ilocourt,  êcuyer,  conseiller 
général  au  Parlement  de 
fiefs  de  Braquemont,  Don- 
partie,  situés  à  Bulles  ; 
ieauvais,  seigneur  de  Vaux  : 
ce  ;  le  propriétaire  du  fief 
eville  ;  le  sieur  d'Epineuse  : 
oisjelin,  à  cause  de  sa  terre 

Montreuil-sur-Bresche  : 
de  la  dame  Le  Bègue  de 
t,  du  Toquet,  Bourselier  et 

elles,  seigneur  d'Auchy-eu- 


apecourt  et  Marguerie; 
3  Villers-Saint-Sépulcre  ; 
ir  de  Marseille  et  Bourbon  ; 
u  Pelit-Cempuis  :  le  sieur 


Digitized  by 


Google 


ANNEXE   H 

Le  marquis  de  Sarcus,  seigneur  de  Saint-Arnoi 
Le  sieur  du  fief  de  Guerbigny  sis  à  La  Hérelle 
Le  sieur  Fouquet,  propriétaire  du  fief  de  La  H 
Le  Pelletier,  seigneur  du  fief  de  Liancourt  ; 
Le  prince  Camille  de  Rohan,  commandeur  de  S 
Le  sieur  de  Caulière  :  Madame  Deuizel,  dame 

Cléry  et  Champ-de-Roses  : 
Le  marquis  de  Vérac,  seigneur  de  Bergicourt  ; 
Le  sieur  de  Bussy,  seigneur  de  I^a  Verrière  : 
La  comtesse  de  Vauchelles  à  cause  des  fiefs  (i 

et  Les  Massis  (paroisse  de  Saint-Omer)  : 
Le  marquis  de  MouUay,  seigneur  de  Noroy  : 
Le  sieur  Hanolet,  seigneur  du  fief  Hazaleux  i 

Halloy)  ; 
Le  sieur  des  Cornetz  ;  le  sieur  de  Parc  d'Arcq  ; 

Fourcroy,  seigneur  de  La  Chaussée  de  Kamécoi 

Dumesnil,  seigneur  de  Fresmontier; 
Le  sieur  du  Vey,  seigneur  du  fief  d'Ameline  (i 

Cempuis)  ; 
Le  sieur  de  Laurç  de  La  Tour,  seigneur  de  1 

d'Arbonnières. 


Digitized  by 


Google 


172  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN  BEAUVOISIS 


TIERS  ÉTAT 


PAROISSES 

«S 

— 

1- 

Clermont  (l) 

494 

Agnelz  (1) 

300 

Airion  (1) 

33 

Angivillers(2) 

93 

Ansauvill"''(8) 

» 

Arcy  (4) 

160 

Auvillers(5) 

24 

CURÉS 


Hauduroy 


Magnier 


Recule  l 
Delafraye 


Daniel 


TIERSETAT 


Casloul,  lieutenant  général  : 
Bosquillon,  lieutenant  gé- 
néral de  police  ;  Bosquil- 
lon de  Fonlenoy,  lieute- 
nant particulier  ;  Rodri- 
guez,  lieutenant  de  maire. 

Duguey,  écuyer,  lieutenant- 
colonel  de  cavalerie  ;  Pil- 
lon,  fermier,    Gavrel,  la- 

*  boureur,  Révelin,  facteur 
de  bois. 

Morel  et  de  Saint-Paul,  la- 
boureurs. 

Claude  et   Louis  Bouclier, 

fermiers  et  laboureurs. 

» 

Ledru  et  Boucher,  labou- 
reurs. 

Soucanye  de  Landevoisin. 
seigneur,  et  Labitte,  son 
fermier. 


(1)  Election  de  Clermont.  Aujourd'hui  canton  de  Clermont.  —  (2)  Mi- 
partie  Election  de  Clermont  et  de  Montdidier.  Auj.  canton  de  Saint- 
Jusl-en-Chaussée.  —  (3|  Mi  partie  Election  de  Clermont  et  de  Montdi- 
dier. Auj.  Clinton  de  Breteuil.  --  (4)  Election  de  Clermont.  Auj.  c^inton 
d'EstrcVs-Saint-Denis.  —  (5)  Election  do  Clermont.  Auj.  cnnlon  de  Mouy. 


Digitized  by 


Google 


Digitized  by 


Google 


174  LE   COMTÉ   DK  CLERMONT   EN   BEAUVOISIS 

PAKOISSES      «g  CURÉS  TIERS   ÉTAT 


Gambronne(l) 

Castenoy  (2), 
Caslillon  (3) 
Gauffry  (4) 

Gaulières^(5) 
Cempuy  (6) 

Cemoy  (7) 
Ghaussoy  (8) 

Golagny-le- 

Bois  (9) 

Gonlre(lO) 

Goiity  (11) 


Gressonsacq 
(12) 
Grillon  (13) 
Guignière'(14) 


130 

196 
140 
162 

1) 
180 

30 
26 

26 

60 

190 

102 

)) 
86 


DelaruedeLé- 

pinoy 

Prévost 

Lecurè,dé/aut 

Madault,    dé 

faut 
Le  curé, défaut 
Dathy,  défaut 

Lesueur 
LecMTé.défaut 

Rohaull,  dé- 
faut 

Le  Moine,  dé- 
faut 

Dumoulin,  P. 


Desplacques 

Défaut 
Lelièvre 


Basquin,  procureur  au  Bail- 
liage, et  Gautier,  fermier. 
Prévôt  elBoucher,  fermiers. 
Warré  et  Hémé,  laboureurs. 
Follet  et  V^neron. 


Dacy,  receveur,  et  Pierret, 
praticien. 

Du  pressoir  et  Gossart. 

Beauvais  et  Descrqix,  la- 
boureurs. 

Depeaux  et  Jeude. 

Retourné  et  Deneulgermain. 

Fauchon,  procureur  fiscal, 
syndic,  et  Lequien,  con- 
trôleur du  domaine  du  roi. 

Prévost,  receveur,  et  Des- 
paux,  maître  en  clilrurgie. 
» 

Bullot  et  Pellieux. 


(1)  Election  de  Clermont.  Auj.  canton  de  Mouy.  —  (2)  Election  de  Cler- 
mont.  Auj.  canton  de  Liancourt.  —  (3)  Election  de  Clermont.  Auj.  canton 
de  Saint-Just-en  Chaussée.  —  (4)  Election  de  Clermont.  Auj.  canton  de 
Liancourt.  —  (5)  Election  d'Amiens.  Auj.  canton  de  Poix.  —  (6)  Elec- 
tion d'Amiens.  Auj.  canton  de  Grandvilliers.  —  (7)  Election  de  Clermont. 
Auj.  canton  de  Saint-Just-en-Chaussée.  —  (8)  Election  de  Montdidier. 
Auj.  canton  d'Ailly  (Somme).  —  (9)  Election  de  Beauvais.  Auj.  canton 
de  Formerie.  —  (10)  Election  d'Amiens.  Auj.  canton  deConty.  —  (il)  Elec- 
tion d'Amiens.  Auj.  chef-lieu  de  canton.  —  (12)  Election  de  Clermont. 
Auj.  canton  de  Saint- Just-en-Chaussée.  —  {13}  Election  de  Beauvais. 
Auj.  canton  de  Songeons.  —  (14)  Election  de  Clermont.  Auj.  canton  de 
Saint-Just-en-Chaussée. 


Digitized  by 


Google 


PAROISSES 

II 

Epineuse  (1) 

67 

Erquiiiviljiers 

29 

(2) 

Krquery  (3) 

93 

Kssuiles  (4) 

160 

Elouy  (5) 

180 

Fameclion 

)) 

près  Poix  (6) 

Farivillers-St- 

35 

André  (7) 

Fay-St-Quen- 

110 

lin(8) 

Filz- James  (9) 

100 

Meury  (10) 

60 

Fouilleuse(ll) 

27 

Fournival  (12) 

90 

Francières(l3) 

96 

ANNEXE   11 
CURÉS- 


17/ 


Le  Rai,  P. 
Mignot 

Fourquierel 

Fasquelle 

Blochet,  P. 

Palliu 

Lefèvre ,    dé- 
.  faut 
» 

Beau  vais 

Prévost,  P. 


Detuiie,rie7flf7/^ 
Le  Gay 
Féron 

Chevalier,  dé- 
■  faut 


TIERS    ÉTAT 


Butté  et  Denain,  fermiers. 

Bailly  et  Fauquet,  labou- 
reurs. 

Beauvais,  fermier,  Delaclia- 
pelle,  vigneron. 

Talion  et  Warmé,  labou- 
reurs. 

Mahieux  et  Devimeux,  la- 
boureurs. 


D'Harclivilllers,  laboureur, 
Vanel,  fabricant  de  toiles. 

Dumoulin,  fermier,  et  Du- 
moulin, laboureur. 

Poileux,  maître  de  la  Poste 
aux  chevaux  de  Glermont, 
et  Beudin,  fermier. 

Thorel,  bailli,  et  Denis. 

Coutellier  et  Lambert. 

Dodé,  fermier,  et  Genaille, 
laboureur. 

Thirial  et  Chevalier,  fer- 
miers. 


(1)  Election  de  Glermont.  Auj.  canton  de  Glermont.  —  (2)  Election  de 
Glermont.  Auj.  canton  de  Saint-Just-en-Ghaussée.  —  (3)  Election  de  Gler- 
mont. Auj.  canton  de  Glermont.  —  (4)  Election  de  Beauvais.  Auj.  canton  de 
Saint-Just-en-Ghaussée.—  (5)  Election  de  Glermont.  Auj.  canton  de  Saint- 
.lust-en-Gliaussée.  —  (6)  Election  d'Amiens.  Auj.  canton  de  Poix.  — 
(7)  Election  de  Glermont  et  de  Montdidier,  mi-partie.  Auj.  canton  de 
Froissy.  —  (8)  Election  de  Beauvais.  Auj.  canton  de  Nivillers.  — 
(9)  Election  de  Glermont.  .\uj.  canton  de  Glermont.  —  (10)  Election 
d'Amiens.  Auj.  canton  de  Gonty.  —  (11)  F^Iection  de  Glermont.  Auj. 
canton  de  Glermont.—  (12)  Election  de  Glermont  et  de  Montdidier,  mi- 
partie.  Auj.  du  canton  de  Saint-,Iust-en-Ghaussée.  —  (18)  Election  de 
Gompiègne.  Auj.  canton  d'Estrées- Saint-Denis. 


Digitized  by 


Google 


176 


I.E  COMTE   DE  CLERMONT   EN   BEAUVOISIS 


PAROISSES 


Frémontiers 

(1) 
Fumechon  (2) 

Gournay-sur- 

A ronde  (3) 
Guizaucou"(4) 

Halloy  (5) 

Hannaches  (6) 

Harmancourt 

(7) 

Ilarmes  (8) 

Herchies  (9) 

Haudivillers 

(10) 

Hémévillers 

(11) 

Hondaiuville 

(12) 

Hodene-en- 

Rray  (18) 


70 
45 

205 
40 

106 


150 

)) 

240 
86 
49 


CURES 


Boucher,   dé- 
faut 
Le  curé 

Chary 

Delatlre,  dé- 
faut 
Desgabet  de 
Sua  me,  P. 

Défaut 
Lardennois 


Lemaire ,   dé- 
faut 
Talion,  P. 

Gaberois, 

prieur,  défaut 

Truberl 

Louvois ,    dé- 
faut 


TIERS   ÉTAT 


Dagne  et  Lelebvre. 

Waré  et  Lefebvre,  labou- 
reurs. 

Chevalier,  maître  de  Poste, 
et  Wattelet,  laboureur. 

Buquerel  et  Prousel,    la- 
boureurs. 

Larcher,  syndic,  et  Robert, 
syndic  de  l'Intendant. 
» 

Ansel  et  Leclercq. 

Bourdon  et  Falluel. 


Beudin,  tonnelier,  Desma- 
rels,  laboureur,  et  Talon. 
Praquin  et  Dorlé. 

P'ortin    et    Mirville,    clerc 
laïc. 


(1)  Election  d'Amiens.  Auj.  canton  de  Gonty.  —  (2)  Election  de  Cler- 
mont.  Auj.  canton  de  Saint-Just-en-Chaussée.  —  (3)  Election  de  Clep- 
mont.  Auj.  canton  de  Ressons.   --   (4)  Election  d'Amiens.  Auj.  canton 
de  Poix.   —   (5)  Election  d'Amiens.   Auj.  canton  de  Grandvilliers.   -- 
(6)  Election  de  Beauvais.   Auj.  canton   de  Songeons.  —  (7)  Election  de 
Compiègne.  Auj.  canton  d'Estrées-Saint-Denis.  -     "■  —    •• 
vais.  Auj.  canton  de  Noailles.  —  (9)  Eleiîtion  de 
de  Beauvais.  ~  (10)  Election  de  C4lermont.  Auj. 
(11)  Election  de  Clermont.  Auj.  canton  d'Estrées-: 
lion  de  Clermont.  Auj.  canton  de  Mouy.   —   [V^ 
Auj.  canton   du  Coudray-Sainl-Germer. 


Digitized  by 


Google 


ANNEXK 

H                                         177 

PAROISSES     ,  ï  S 

-              'ï' 

CURÉS          1 

_                1 

TIERS    ÉTAT 

Lamécourl(l) 

40 

Roussel 

Coulelier,  laboureur,  el 
Hardi,  vigneron. 

La  Neuville- 

176 

Lesiuvée 

Lefèvre,  syndic,  elMaillart, 

eii-Hez  (1) 

laboureur. 

La  Neuville- 

147 

De  La  Marc  lie. 

Bullot  et  Prévôt,  laboureurs. 

Roy  (2) 

P. 

La   Rue -Pré- 

17 

Le  vicaire  en 

Dauchy  el  Dcmouy. 

vost  (3) 

chef 

La  Rue-Saiul- 

140 

)) 

Isoré  et  Blin,  laboureurs. 

Pierre  (4) 

La  Verrière 

27 

Bulteux ,    dé- 

Vasseur et  Poissonnier,  la- 

(5) 

faut 

boureurs. 

Le  Bosquel 

130 

Revoir,  prieur 

Deneufgermain  et  Follet. 

(6) 

P. 

Léglantiers(7) 

90 

Le  curé 

Meurinne  et  Legrand. 

Le  Hamel  (8) 

250 

Bourdon,  P. 

Leroux,  syndic,  Lanquetin, 
fermier,  et  de  La  Greuze, 
laboureur. 

LeMesnil-sur- 

108 

Hennon 

Caron  et  Tarlay. 

Bulles  (9) 

L  e    Plessier  - 

50 

Arachequeshe 

Léluvé  et  Descroizetles,  la- 

sur-Bulles (9) 

P. 

boureurs. 

Le    Quesnel- 

130 

Thourel 

Hémet et Gouy, notaire  royal. 

Aubry  (40) 

(1)  Election  de  Clermont.  Auj.  canton  de  Clormont.  —  (2)  Election  de 
Montdidîer.  Auj.  canton  de  Saint-Jiist-cn-Chaussée.  —  (3)  Election  de 
Clermont.  Auj.  canton  de  Saint-Just-en-Chauss6e.  —  (4)  Election  de 
Clermont.  Auj.  canton  de  Clermont.  -  (5)  Election  d'Amiens.  Auj. 
canton  de  Grandvilliers.  —  (6)  Election  d'Amiens.  Auj.  canton  deConty. 
—  (7)  Election  de  Clermont.  Auj.  canton  de  Maignelay.  —  (8)  Election 
de  Beauvais.  Auj.  canton  de  Grandvilliers.  —  (9)  Election  de  Clermont. 
.\uj.  canton  de  Saint-Just-en-Chaussée.  —  (10)  Election  de  Clermont. 
Auj.  canton   de   Froissy. 

12 


Digitized  by 


Google 


.R   COMTK   IJK   CLHKMONr   KN    nKACVOISlS 


FAHOISSES 


Liancourt(l) 


222 


Ueiivillers  (2)  100 
70 


Lilz  et  Wari 

ville  (3) 
Maimbeville 
(4) 
Marseille  (5) 
Marlineourt 
(6) 
Méry  (7) 
Milly,N.  D.  et 
St-Hilaire  (8) 
Monsures  (9) 
Mont  mar  tin 
(10) 
Montreuil-s'- 
Bresclie(ll) 
Neuilly  (12) 

Nointel  (13) 


102 

» 
» 

220 

» 

60 
34 

180 

58 

180 


CURES 
Verny 

An!  y 

Lauviit 

Défaut 
Défaut 

Millon 
Défaut 

Noviou,  P. 
Heiny  Dubus, 

défaut 
Le  Page,  P. 

Prieur,  curé 

Poilleux 


TIERS    ETAT 


Guiberl,  maître  en  chirur- 
gie, Maupin,  procureur, 
et  Demeur. 

Lemaire,  laboureur,  etPor- 
temer,  clerc  laïc. 

Douche  et  Legay. 

Bourée,  laboureur,  et  Beau 
fils,  vigneron. 
» 

Roussel  et  Lagache. 
» 

De  Rerny  et  Thierry. 
Pracquin,  syndic,  et  Vavelle. 

Pain  et  Pillon. 

Breton  et  Pronnier,  labou- 
reurs. 

Moreull,  laboureur,  et  Ar- 
nault,  notaire  royal,  syn- 
dic. 


(1)  Election  de  Clermont.  Auj.  chef-lieu  de  canton.  —  (2)  Mi-partie 
Election  de  Clermont  et  de  Montdidier.  Auj.  canton  de  Saint-Just- 
en-Chaussée.  —  (3)  Election  de  Beiiuvais.  Auj.  canton  de  Clermont.  — 
('k)  Election  de  Clermont.  Auj.  canton  de  Clermont.  —  (5)  Election 
de  Beau  vais.  Auj.  chef-lieu  de  canton.  —  (6)  Election  de  fieauvais. 
Auj.  canton  de  Songeons.  —  (7)  Election  de  Clermont.  Auj.  canton  de  Mai- 
^nelay.  —  (8)  Election  de  Beauvais.  Auj.  canton  de  Marseille.  —  (9)  Elec- 
tion d'Amiens.  Auj.  canton  de  Conly.  —  (10)  Election  de  Compiègne.  Auj. 
canton  d'Estrées-Saint-Denis.  —  (11)  Election  de  Clermont.  .\uj.  canton 
de  Froissy.  —  (12)  Election  de  Clermont.  Auj.  canton  de  Mouy.  —  (13)  Elec- 
tion de  Clermont.  Auj.  canton  de  Liancourt. 


Digitized  by 


Google 


PAROISSES 


Noroy  (l) 

Ons-en-Bray 

(2) 

Ranligny  (3) 

Réraécourt  (4) 

Réméranffles 

(4) 

Reniy  (5) 


Rouvillers(6) 

Sacy-le- 

Grand  (7) 

Saint-Arnoult- 

en-Bray  (8) 

Saint-Aubin- 

en-Bray  (9) 

Saiiit-Aubins'- 

ClerraoDt(lO) 

Saint-Féllx(il) 


48 


40 
25 
90 

209 


65 

190 

150 

liO 

76 

78 


ANNEXE   H 

CURÉS       ; 


TIERS   ETAT 


Moreau 

Défaut 

Ponchon 

Lenormand,  P. 

Le  Gay 

F'éret,  défaut 


Sénéchal 

Nattler,  dé- 

.faut 

DeVlllers,  dé 

faut 

Défaut 

Serpe 

Jeancourl 


Delaherche  et  Poulai 
boureurs. 


Martin  et  Morainville 
Pollet  et  Demonchy. 
Queste    et   Tanarl ,   1 

reurs. 
P'oiret,  laboureur   et 

veur,    Prévost ,     fei 

Levasseur,  fermier  e 

die. 
Budin,  receveur,  el  11 

det,  laboureur. 
Boucher  el  Tricot,   1 

reurs. 
Derivière,  procureur  ] 

el  Bloquière,  fermie 
Roussel  et  Dappe. 

Prévost    et    Lobgeois, 

miers. 
Feine  et  Pulleux. 


Il)  Election  do  CIcrmont.  Aiij.  canton  de  Saint-.hist-en-Chîn 
(•?)  Election  do  Bciiuvais.  Aiij.  canton  d'Auneuil.  -  (.'>)  Electii 
Clormont.  Auj.  canton  de  Liancourt.  —  (4)  Election  do  CIcrmont 
canton  do  Clormont.  —  (5)  Election  do  Clormont.  Auj.  canton 
Irées-Saint-Donis.  —  (6)  Election  de  Clormont.  Auj.  canton  do  : 
Jusl-en-Chaussée.  —  (7)  Election  de  Clormont.  Auj.  canton  do 
court.  —  (8)  Election  de  Beauvais.  Auj.  canton  de  Former 
('.')  Election  de  Beauvais.  Auj.  canton  du  Coudray-Saint  Gorm 
(*0)  Election  de  Clormont.  Auj.  canton  do  Clormont.  --  (ii)  Elecli 
Clormont.    Auj.  c;inton   do  Mouy. 


Digitized  by 


Google 


ISO 


LK  COMTÉ   DE  CLEHMUNT   EN   BEALVOISIS 


PAROISSES 


Salnl-Maur(l) 

S! -Orner  (2) 
Sainl-Hemy- 
en  l'Eau  elVa- 

lescourl  (I^) 
Sareus  (4) 

Senantes  (5) 
Sommereux 
(<i) 
Songeoiis(7) 
riiieuloy-Sl- 
Anloine  (8) 
Tliioux  (9) 

Thury  (10) 

Trois -Klols 
(11) 
Iroussures 

(12) 
rily-Sainl- 
Georges  (13) 


» 

)) 
188 


191 

» 

120 

120 
21 


25 


CURÉS 


Suplioe,  dé- 
faut 
Bedel 
Delarbre 


Helhoimne, 
défaut 
Défaut 
(iravet 

Défaut 
Davosne,  P. 

Pa((iiK'lHeau 
vais ,  défaut 
Boiivalel,  1*. 

Le^enl 

Danjou,  dé- 

J'aut 

Défaut 


TIERS  ÉTAT 


P'ournier    el    Billard,    fer- 
miers. 


(iravet  et  Delamarohe. 


Loiif^avesue,   bourgeois,  et 

Heuet,  laboureur. 
Quesie  el  Pilloii. 

Dubus,  grenier,  el  Madaré, 

maître  de  pension. 
Paul,  syndic,  et  Boucher. 


Vercl  el  Meuriue, 


(I)  Eliîction  il»'  PoaiiVHÎs.  Auj.  canton  do  Grand viUiors.  —  (t?)  Elec- 
tion Ao  Uoauvais.  Auj.  canton  do  Marsoillc.  —  (3)  Election  do  Clor- 
mont.  Auj.  canton  do  SaintJust-cn-Chaussoo.  —  (4)  Election  d'Amiens. 
.\uj.  canton  do  Grandvilliors.  -  (5)  Election  de  Beauvais.  Auj.  canton 
de  Songeons.  —  (fi)  Election  d'Amiens.  Auj.  canton  de  Grand  vil  Hors.  — 
(7)  FMection  de  Beauvais.  Auj.  chef-lieu  de  canton.  —  (8)  Election  de 
Beauvais.  Auj.  canton  de  Orandvilliers.  —  (9)  Election  de  Clermont.  Auj. 
canton  de  Froissy.  —  (10)  Election  de  Clermont  Auj.  canton  de  Mouy. 
(Il)  Election  de  Clermont  Auj.  canton  de  Saint-Just-en-Chausséo.  — 
(1*2)  Election  de  Beauvais.  Auj  canton  d'Auneuil.  —  (13)  Election  de  Cler- 
mont. Auj.  canton  de  Liancourt. 


Digitized  by 


Google 


^^^r|^^..- 


ANNKXK   H 


t'AKUI>M'..> 

ES    U> 

Villers-Sainl- 

110 

Sépulohre(l) 

Villers-sur- 

» 

Honnières  (2) 

Vrocourl  (3) 

)) 

Wavigiiies  (4) 

93 

CIKES 


Groze  de  Mon- 
trezière 

Le  Besgue,  dé- 
faut 
Défaut 
Lefranc,  1*. 


TIERS    ETAT 


Au  tin,  fermier  el  s: 
et  Bourgeois,  arp( 
roval. 


Lavisse  et  Guesnard. 


La  circonscription  du  Bailliage  de  Clerinont  était  cou 
par  les  Bailliages  voisins.  La  plupart  des  paroisses,  inj 
ci-dessus,  pour  lesquelles  ou  ne  trouve  pas  de  noms,  a 
envoyé  leurs  députés  soit  à  Beauvais,  soit  à  Amiens. 

Les  118  paroisses  du  Bailliage  de  Clermont,  qui  ligure 
cette  liste,  étaient,  avant  1789,  réparties,  au  point  de  vue 
nistralif,  entre  cinq  Elections,  savoir  :  celles  de  Gler 
qui  en  avait  la  majeure  partie,  de  Beauvais,  d'Amicj 
Montdidier  et  de  Compiègne. 

105  appartiennent  aujourd'hui  au  déparlement  de  l'C 
font  partie  de  dix-neuf  cantons:  V,\  appartiennent  au  ( 
tement  de  la  Somme. 


(l)  Election  de  Deauvais.  Auj.  c«inton  de  Noailles.  —  (2)  Elec 
neaiivais.  Auj.  canton  de  Marseille.  -  (3)  Election  de  Reauvai 
canton  de  Songeons.  —  ('i)  EHection  de  Clermont.  Auj.  canton  de 
Just-en-Cbaussée. 


Digitized  by 


Google 


Digitized  by 


Google 


TABLE 

CHAPfTHE  IV.  —  Lh  princessi^  d'Harcourt,  coinloss**  ( 
mont  (1702).  Vente  au  prince  de  Condé  de  la  ChAI 
de  Creil  (1704)  et  du  Comt*^  (1719).  Confiscation  prc 
en  1792  contre  Louis-Josepli  de  Bourbon,  prince  de 
Consistance  et  revenus  du  Comté  à  cette  époque, 
pales  mouvances.  Restitution  de  1814.  La  succcsslc 
maison  de  Condé.  Le  duc  d'Aumale 

CHAPITRE  V.  —  Clermont  en  1789.  Description  de  li 
Organisation  religieuse.  Le  chapitre  Notre-Dame.  ] 
Saint-Samson.  Les  Trinitaires.  Les  Ursulines.  L 
Dieu.  Enseignement  primaire  gratuit.  Le  Collège.  > 
des  eaux  et  forêts.  Grenier  à  sel.  Election.  Bailli 
subdélégué  de  l'Intendant  de  Soissons.  L'Assemblée 
tion  de  1787.  I>»s  Elerrions  aux  Etats  (irnôniux  de 

ANNEXES 

A.  —  Etat  au   vnii   de   la   ChAlellenie   de   Creil.    Corn 

15.TU-51 

B.  —  Contrat  d'engagement  du  i:^  aoiU  15(>9 

C.  —  Chambre  des   Comptes.    Procès- vr-rbal  d'êvaliiat 

Comté 

D.  —   Certificat  constatant  la  destruction,  en  159(),  des  a 

du  Comté 

E.  Articles  de  la  capitulation  du  ?S  octobre  1615... 

F.  —  Lettres  patentes  du  19  juin  1724 

(i.    -    Biographies  clerm(mt«)ises 

H.  -     Bailliage  de  Clermont  en  Beauvoisis.  Assemblée  d 

ordres  du  9  mars  I7?<9.  Liste  des  ctmiparants 

Clergé 

Noblesse 

Tiers  Etat  et  curés 


Digitized  by 


Google 


Digitized  by 


Google 


LE 

COMTÉ  DE  CLER] 

EN  BEAUVOISIS 


ON  REFERENDUM  LÉGISLATIF  AU  X 

LA  RÉFORMATION  DE  LA  COUT 

PAU 

le    comte    DE    LUÇAY 

Correspondant  de  llnstitut,  Membre  du  Comité  des  Ti 
et  de  la  Société  Académique  de  TOia 


BEAUVAIS 

IMPRIMERIE   DU   ((  MONITEUR    DE   l'OISE  )) ,     RUE    DE! 

1898 


Digitized  by 


Google 


Digitized  by 


Google 


LE  COMTE  DE  CLËRSK 

EN    BE4UV0ISIS 
ÉTUDES  POUR  SERVIR  A  SON  HISTOIl 


Un   Référendum  législatif   au   XVI®   Si 
La  Réformation  de  la  Coutume 


Il  est  une  institution  qui,  si  elle  n'a  pas  encore  ej 
ment  pris  place  dans  notre  législation,  tend  cependant 
jour  à  s'introduire  davantage  dans  la  vie  commun 
Référendum,  c'est-à-dire  la  consultation  officielle  de  1î 
lation  sur  une  mesure,  sur  une  question  qui  enga 
intérêts. 

Le  Référendum  existe  en  Suisse  et  y  rend  de  signa 
vices. 

Il  a  existé  dans  l'ancien  droit  français,  et  l'exemple 
mémorable  qui  en  ait  été  donné  est,  ce  me  sem 
concours  demandé  par  le  Pouvoir  central  aux  représi 
des  trois  ordres  pour  la  Réformation  des  Coutumes. 

Les  procès-verbaux  de  réformation  de  ces  coutun 
été  publiés  en  même  temps  que  leur  texte,  et  offrent 
toire  une  mine  inépuisable  de  renseignements  sur  l'étî 
tique,  géographique  et  social  de  la  France  au  xvr 


Digitized  by 


Google 


6  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN  BEAUVOISIS 

C'est  à  ce  point  de  vue  que  j'ai  étudié  le  procès-verbal  des 
Coutumes  générales  du  Bailliage  et  Comté  de  Clermont  en 
Beauvoisis,  rédigé  en  août  1539. 

La  Société  académique  voudra  bien  que  j'arrête  un  instant 
son  attention  sur  les  résultats  de  mon  examen. 

I 

«  Coutume,  dit  le  Grand  Coutumier  général  de  Jacques 
d'Ableiges,  est  un  raisonnable  élablissement  non  écrit  et 
pour  le  commun  profit  mis  au  pays  et  par  le  prince,  gardé 
et  approuvé  notoirement  pendant  le  cours  de  XL  ans.  » 

Et  l'illustre  jurisconsulte  du  Beauvoisis,  Beaumanoir, 
ajoute  : 

«  Coustume  si  est  approvée  par  l'une  de  ces  deux  voies, 
dont  l'une  des  voies  si  est,  quand  elle  est  générale  par  toute 
le  Comté  et  maintenue  de  si  loue  tans  comme  il  put  sovenir 
a  home  sans  nul  débas...  Et  l'autre  voie  c'en  doist  connaître 
et  tenir  por  costumes  si  est  quand  debas  en  a  esté  et  l'une 
des  parties  se  veut  aidier  de  coustume  et  fut  apprové  par 
jugement  (1).  » 

Comment  et  dans  quelles  conditions  la  législation  cou  lu- 
mière a-t-elle  pris  naissance?  A  l'époque  barbare,  sous  la 
monarchie  franque,  le  droit  était  personnel;  c'était  l'état  des 
personnes  qui  déterminait  l'état  des  propriétés  territoriales. 
Dans  l'anarchie  féodale,  les  lois  personnelles  firent  place  aux 
coutumes  territoriales.  «  En  prenant  la  place  des  lois  écrites 
romaines  et  barbares,  les  coutumes  ont  substitué  aux  statuts 
personnels,  qui  suivaient  partout  l'individu,  les  statuts  réels 
dont  l'autorité  s'étendit  à  tous  les  habitants  de  la  même 
contrée,  quelle  que  fût  leur  nationalité  (2).  » 


(1)  «  Coutumes  de  Beauvoisis  Capitros  XXIV  quelo  coze  est  coustume 
et  quele  coze  est  usage  et  lequel  valent  et  lequel  non.  »  Beaumanoir 
distingue  en  ces  termes  la  coutume  de  l'usage  :  «  Si  est  que  toutes  cous- 
in mes  font  à  tenir,  mais  il  y  a  tex  usages  qui  vanrrait  pledier  encontre 
et  mesner  jusques  a  jugement  li  uzages  seraient  de  nul  valeur,  o 

(2)  Beau  ne,  Droit  coutumier  /"mfïfat.s*.  la  condititm  de»  personnes, 
p.  12. 


Digitized  by  VjOOQIC 


LA  REFORMATION  DE  LA  COUTUME 

La  transformation  fut  lente  à  s'opérer  ;  plus  rapprochés  ( 
droit  romain  dans  le  midi,  plus  germaniques  au  nord  de 
Loire  —  de  là,  la  division  de  la  France  au  point  de  vue  du  dri 
en  deux  grandes  zones  (1)  —  les  usages  locaux  ne  prirent  cori 
ne  revêtirent  une  forme  certaine  que  dans  le  cours  des  xi* 
XII*  siècles.  Longtemps,  ils  se  transmirent  par  tradition  da 
les  justices  villageoises  et  les  assises  prévôtales  ;  le  texte, 
moins  qu'il  ne  s*agit  de  chartes,  de  concession  royale  ou  s( 
gneuriale  (2),  n'en  était  ni  rédigé  ni  écrit,  et,  lorsqu'une  dif 
culte  d'interprétation  venait  à  s'élever  dans  une  aiïaire, 
tribunal  saisi  était  obligé  de  prescrire  une  enquête  p 
a  turbes  »  :  c'était  une  procédure  empruntée  à  la  législati< 
carolingienne.  Un  jury  formé  de  dix  à  douze  personnes,  juge 
avocats,  praticiens  et  notables  du  Bailliage  ou  de  la  Sén 
chaussée  (3),  était  réuni  et  consulté  sur  le  point  de  savoir 
la  coutume  invoquée  devait  être  tenue  ou  non  pour  existan . 
Le  jury  devait  se  prononcer  à  l'unanimité.  Dans  le  demi 
état  du  droit,  l'avis  d'une  seule  lurbe  ne  suffisait  pas.  Il  faits 
pour  la  validité  de  l'enquête  ^ue  deux  turbes  au  moins  f u 
sent  consultées. 

Le  développement  progressif  de  la  vie  sociale,  l'accroiss 
ment  des  transactions  qui  en  fut  la  conséquence,  l'institutic 
de  l'appel  et  l'intervention  du  Parlement  dans  les  litigi 


(i)  Le  [mtois  de  la  langue  d'oc  et  le  [mtois  de  la  langue  d'oil  consi 
tuaient  la  ligne  séparative  de  ces  zones.  Il  y  avait  les  pays  de  droit  écj 
où  le  droit  romain  était  considéré  comme  le  droit  commun,  sauf  dai 
les  matières  féodales.  C'étaient  le  Dauphiné,  le  Languedoc,  la  Provenc 
la  Guyenne,  le  Béarn,  l'Alsace,  le  Lyonnais,  la  Bresse  et  le  Bugey.  1 
reste  de  la  France  formait  les  pays  de  droit  coutumier.  Guy  Coquil 
considérait  les  coutumes  comme  «  le  vrai  droit  civil  de  la  France  ». 

(2)  Voyez  dans  mon  étude  sur  le  Dénombrement  de  1373,  Paris  187 
le  texte  des  chartes  de  commune  concédées,  en  H97,  à  Clermont  et 
Creil  ;  en  ii8i,  à  Bulles. 

(3}  a  Nis  appartient  qu'avant  que  coutume  soit  prescrite  qu'elle  se 
telle  que  par  12  hommes  des  plus  sages  et  anciens  du  lieu  ait  é 
approuvée,  tellement  que  jugement  en  soit  issu  et  de  ce  jugement  a 
été  appelé  en  cour  souveraine  de  laquelle  il  ait  été  dit  bien  jugé  et  m 
appelé.  »  Boutellier,  Somme  rurale. 


Digitized  by 


Google 


8  LE  COMTÉ  DE  GLERMONT  EN  BEAUVOISIS 

finirent  par  faire  apparaître  les  côtés  défectueux  de  cette 
procédure,  l'insuffisance  d'un  droit  uniquement  basé  sur  une 
tradition  fugitive  et  souvent  contradictoire;  une  rédaction 
otficlelle  s'imposait;  elle  fut  tentée  dans  plusieurs  contrées  à 
partir  du  xir  siècle,  mais  la  mesure  ne  prit  un  caractère  gé- 
néral qu'à  partir  du  xv%  lorsque  l'expulsion  définitive  des 
Anglais  du  sol  de  la  Patrie  eut  permis  à  Charles  VII  de  s'oc- 
cuper de  la  réorganisation  de  son  royaume. 

L'ordonnance  de  Montilz-les-Tours  (avril  1454)  prescrivit, 
par  son  article  125,  en  vue  d'abréger  les  procès  et  litiges  et 
de  relever  les  plaideurs  des  «  mises  et  dépens  »,  que  les  cou- 
tumes, usages  et  stiles  de  tous  les  pays  fussent  rédigés  et 
mis  en  écrit.  Soumis  à  l'acceptation  des  Coutumiers,  prati- 
ciens et  gens  de  chacun  desdits  pays,  ces  coutumes  et  usages 
devaient  être  présentés  à  l'examen  du  Grand  Conseil  ou  du 
Parlement,  puis  recevoir  l'approbation  royale  qui  lui  don- 
nerait force  de  loi  (1). 


(1)  Lettres  de  Charles  VII  pour  la  r(^formation  de  la  Justice  (125).  Item. 
Et  que  les  parties  en  jugement,  tant  en  nostre  court  de  Parlement,  que 
par  devant  les  autres  juges  de  notre  royaume,  tant  nostrcs  qu'autres, 
proposent  et  allèguent  plusieurs  usages  stiles  et  coustumes,  qui  sont  di- 
vers selon  la  diversité  des  pays  de  nostre  royaume,  et  les  leur  convient 
prouver,  par  quoy  les  procez  sont  souventes  foys  moult  allongez  et  les 
parties  constituées  en  grands  fraiz  et  despenz  ;  et  que,  si  les  coustumes, 
usages  et  stiles  des  pays  de  nostre  dit  royaume  estoient  rédigez  par 
escril,  les  procez  en  seroient  de  tout  plus  briefs  et  les  parties  soublc- 
vées  de  despenses  et  mises,  aussi  les  juges  en  jugeroyent  mieux  et  plus 
certainement  :  (car  souventes  foys  advient  que  les  parties  prennent 
coustumes  contraires  en  un  môme  pays,  et  aucunes  foys  les  coustumes 
muent  et  varient  à  leur  appétit  dont  grandz  dommages  et  inconvénients 
ad  viennent  à  nos  subjeclz).  Nous  voulans  abréger  les  procès  et  litiges 
d'entre  nos  subjectz  et  les  relever  de  mises  et  despens  et  mettre  cer- 
taineté  es  jugemens  tant  que  faire  se  pourra,  et  osier  toutes  matières 
(le  variations  et  contrariétez.  Ordonnons,  décernons,  déclairons  et  sta- 
tuons que  les  coustumes,  usages  et  stiles  de  tous  les  pays  de  nostre 
royaume  soyent  rédigez  et  mis  en  escril,  accordez  par  les  coustumiers, 
praticiens  et  gens  de  chascun  desdiz  pays  de  notre  royaume,  lesquelz 
coustumes,  usages  et  stiles  ainsi  accordez  seront  mis  et  eicritz  en  livres, 
lesquels  seront  apportez  par  devers  Nous,  pour  les  faire  veoir  et  visiter 


Digitized  by 


Goo 


LA  REFORMATION  DE   LA  COUTUME 

Ainsi,  remarque  La  Tliaumassière  (Anciennes  et  m 
Coutumes  du  Berrij),  le  Roi  montrait  aux  comtes  et  sel 
que  les  lois  et  coutumes  n'avaient  aucune  force, 
n'avaient  été  rédigées  par  l'autorité  du  Prince. 

Les  prescriptions  de  l'Ordonnance  de  Monlilz-les-T 
reçurent,  sous  Charles  VII,  guère  d'exécutipn,  sauf  ei 
gogne  où  le  duc  J^hilippe-le-Bon  n'eut  garde  de  reco 
quïl  déférait  à  l'invilation  royale,  mais  procéda  à  la  r( 
tion  de  sa  propre  autorité  «  à  la  requête  et  supplica 
ses  très  chers  et  bien  aimez  les  gens  des  trois  états 
duché  »  (1). 

D'après  Commynes,  LouisXI  désirait  fort  qu'en  son  r< 
«  l'on  usast  d'une  coutume  et  d'un  poiz  et  d'une  mesure 
toutes  ces  coustumes  fussent  mises  en  français  en  ui 
livre  pour  éviter  le  cautelle  et  pillerie  des  avocats  »  (2) 
intention  est  attribuée  au  monarque  par  Choppin,  d 


par  les  gons  de  nostre  Grand  Conseil  ou  de  nostre  Court  de  Pa 
et  par  Nous  les  décréter  et  confermer  ;  et  iceux  usages  cousl 
stiles  ainsi  décrétez  et  confermez,  seront  observez  et  gardez 
dont  ilz  seront,  et  ainsi  en  nostre  Court  de  Parlement  es  causes  ( 
d'iceux  pays  et  jugeront  les  Juges  de  nostre  dict  Royaume  tant  ( 
Court  de  Parlement  que  nos  Baillifz,  Sénéchaux  et  autres  Jug 
iceux  usages,  coustumes  et  stiles,  es  payz  dont  ilz  seront  sans 
autre  preuve  que  ce  qui  sera  escritpt  audit  livre  ;  et  lesquelles  coi 
stile  et  usages,  ainsi  escritz,  accordez  et  confermez  comme  dict 
Ions  estre  gardez  et  observez  en  jugement  et  dehors.  Toutesff 
n'entendons  aucune  déroguer  au  stile  de  notre  Court  de  Parlemen 
hibons  et  défendons  à  tous  les  Advocatz  de  nostre  dict  royaur 
n'allèguent,  ne  proposent  autres  coustumes,  usages  et  stiles  ( 
qui  seront  escriptz,  accordez  et  décrétez  comme  dict  est; 
joi^ons  ausdictz  Juges  qu'ils  punissent  et  corrigent  ceux  qui 
contraire  et  qu'ilz  n'oyent  ni  reçoyvent  aucunes  personnes  à 
proposer  ni  dire  le  contraire. 

(1)26  août  1459,  à  Bruxelles.  Des  Commissaires  nommés  p< 
avaient  préalablement  procédé  à  une  enquête  et  information  à 
furent  appelés  à  concourir  les  membres  du  Parlement  de  E 
officiers  et  praticiens  des  Bailliages  et  des  représentants  i 
nombre  des  gens  du  tiers  Etat.  11  en  fut  de  même  pour  les  C 
de  Franche-Comté  promulguées  en  décembre  1450. 

(2)  Mémoire»,  livre  VI,  chapitre  v. 


Digitized  by 


Google 


10  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN  BEAUVOISIS 

Commentaires  de  la  Coutume  d'Anjou  (1).  Il  apparaît  aussi  des 
Lettres  de  Charles  VIII,  en  date  de  janvier  1493,  qu'il  ordonna 
les  opérations  préliminaires  à  la  révision  des  Coutumes  de 
Mehun-sur-Yèvre  et  de  Troyes,  mais  qu'  «  à  l'occasion  de 
empeschements  et  autres  grandes  affaires  qui  lors  survinrent 
il  ne  pult  bonnement  mettre  à  exécution  la  délibération  par 
lui  prise  en  cette  matière  ». 

Ce  furent  les  Etats-Généraux,  réunis,  en  1484,  à  Tours,  par 
Pierre  de  Beaujeu,  duc  de  Bourbonnais  et  comte  de  Cler- 
mont,  qui  reprirent  le  projet  de  Cliarles  VII  et  demandèrent 
qu'on  «  accomplit  ce  que  par  ledit  Roi  avait  été  advisé  et  or- 
donné trente  années  auparavant  ». 

Les  caliiers  réclamaient  non  seulement  la  rédaction  des 
Coutumes  et  stilles  du  royaume,  mais  encore  leur  enregistre- 
ment dans  les  différentes  juridictions  afin  qu'on  pût  consulter 
sans  frais  les  textes  des  lois  (2).  La  demande  fut  favorable- 
ment accueillie  par  le  Conseil  du  Roi,  mais  il  fallut  attendre 
près  de  dix  ans  pour  que  satisfaction  lui  fût  donnée. 

Le  28  janvier  1493,  Cliarles  VIII  adressa  aux  Baillis  et  Séné- 
chaux des  divers  pays  de  son  royaume  des  lettres  patenter 
pour  la  rédaction  et  la  réformation  des  coutumes  de  leur 
circonscription  (3).  Il  rappelait  les  dispositions  déjà  formulées 
par  son  aïeul  et  son  père,  et,  de  l'avis  des  princes  et  seigneurs 


(1)  M.  Esmoio  [Cours  élémentaire  du  droit  français)  cite  une  quit- 
tance, aujourd'hui  conservée  à  la  Bibliothèque  nationale,  et  datée  du 
26  août  1480,  par  laquelle  un  clerc  de  la  chancellerie  reconnaît  avoir 
touché  une  indemnité  «  h  raison  d'un  voyage  par  luy  fait  alant  porter 
certaines  lettres  de  Mgr  le  Chancelier  du  Roi  nostre  dit  seigneur  avee 
certains  mandements  pour  envoyer  par  tous  les  bailliages  et  séné- 
chaussées de  ce  royaume  afin  que  les  Baillis  et  Sénéchaux  envoyent 
au  dit  seigneur,  signés  de  leurs  mains  les  coutumes  et  les  stilles  de 
leurs  dits  Bailliages  et  Sénéchaussées  pour  en  faire  une  costume  nou- 
velle ». 

(2)  Georges  Picot,  Histoire  des  Etats-Généraux,  II,  p.  57  et  suivantes. 

(3)  Ces  lettres  sont  indiquées  par  les  Ordonnances  des  Rois  de  France 
comme  adressées  au  Bailli  de  Montargis  pour  la  Réformation  de  la  Cou- 
tume de  Lorrls,  laquelle  s'étendait  à  presque  tout  l'Orléanais,  mais 
M.  Pardessus  (Lettres  patentes  de  1497,  note)  établit  qu'elles  avaient 
un  caractère  général. 


Digitized  by  VjOOQIC 


LA  RÉFORMATION  DE  LA  COUTUME  ] 

de  son  sang  ainsi  que  des  gens  de  son  Conseil  auxquels 
avait  réuni  des  Présidents  et  Conseillers  de  la  Cour  du  Pai 
lement,  exprimait  l'intention  irrévocable  d'y  donner  suite. 

En  conséquence,  il  enjoignait  aux  Baillis  et  Sénéchau 
«  sous  peine  d'encourir  grièvement  son  indignation,  incont 
nent  et  toutes  choses  laissées  d'appeler  et  contraindre  à  con 
paraître  par  toutes  les  voies  de  droits,  les  avocats,  procureur 
greniers  et  autres  olTîciers  de  la  couronne,  les  gens  d'Eglise 
nobles,  bourgeois,  tous  coustumiers  bien  famez  et  renomme 
en  nombre  suflisant,  d'en  prendre  serment  de  bien  et  loyi 
lement  conseiller  le  roi  en  cette  partie  »  et  de  s'enquér 
auprès  d'eux  sur  la  vérité  des  Coutumes  «  ainsi  que  de  toi 
temps  et  d'ancienneté  selon  bonne  raison  et  équité,  ell( 
avaient  été  accoustumées  être  gardées,  entretenues  et  obse 
vées  et  sur  les  articles  qui,  à  la  très  grande  foule  du  peupl 
paraîtraient  devoir  être  corrigés,  amendés  ou  retranchés 
Icelles  coustumes  ainsi  accordées  et  interprétées,  le  Bail 
devait  en  arrêter  avec  eux  le  texte  et  l'inscrire  dans  un  cahh 
attesté  et  signé  de  tous  les  assistants.  L'assemblée  devait  êti 
tenue  avant  le  4  août,  jour  auquel  dôs  commissaires,  dépuU 
par  le  roi,  viendraient  pour  les  recueillir  et  s'informer  d( 
«  commodités,  profit  et  advanlage  qu'à  lui  et  à  ses  sujets  pou 
raient  en  advenir  ». 

Le  travail,  ainsi  rédigé,  était  renvoyé  à  l'examen  dur 
commission  spéciale  et,  avant  de  recevoir  Thomologatic 
royale,  encore  révisé  par  une  autre  Commission  sous  la  pn 
sidence  du  Premier  Président  du  Parlement  de  Paris,  Jes 
de  la  Vacquerie.  C'était  une  bien  longue  procédure  et  la  r 
forme  risquait  de  «  cheoir  en  delay  et  rompture  ».  La  mo 
de  Jean  de  la  Vacquerie  vint  à  point  présenter  l'occasion  ( 
la  simplifier.  Les  premiers  Commissaires  nommés  reçureu 
par  lettres  du  2  septembre  1497,  pouvoir  de  se  rendre  dai 
chaque  bailliage,  d'y  convoquer  en  assemblée  plénière  h 
olïiciers  de  la  couronne  et  fi:ens  des  Trois  Etats,  de  leur  donm 
lecture  des  cahiers  révisés  pour  le  tout  être  accordé  par  le 
dits  Etats,  ou  au  moins  la  plus  grande  et  saine  partie  d'iceul: 
les  difTicultés  les  plus  importantes  étant  renvoyées  à  la  déc 
sion  du  Conseil,  et  proclamer  solennellement  les  coutumi 
acceptées. 


Digitized  by 


Google 


12  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN  BEAUV0I8I8 

Les  Lettres  royales  avaient  soin  d'insister  sur  les  condi- 
tions essentielles  de  la  procédure  :  «  c'est  à  savoir  que  les 
trois  estais  soient  assemblés,  que  les  difficultés  el  advis 
soient  luegs  el  ouverts  en  la  présence  desdits  trois  Etats,  à  ce 
que  s'ils  faisaient  quelques  difficultés  ou  ils  eussent  quelque 
discord  ou  différend  entre  eux,  que  lesdits  différends  qui  ne 
se  pourraient  terminer  soient  rapportés  devers  le  roi  pour  en 
être  par  lui  ordonné,  et  que  néanmoins  tous  el  chacun  des 
articles  qui  seraient  accordez  par  lesdits  Etals  ou  la  plus 
grande  et  saine  partie  d'iceux  seraient  publiez  par  les  com- 
missaires et  dès  lors  inviolablement  gardés  et  observés  ». 
Attendu,  ajoutent  les  lettres,  qu'il  n'est  plus  claire  et  évi- 
dente preuve  de  coutume  que  celle  qui  est  faite  par  commun 
accord  et  consentement  desdits  Elats. 

Sept  coutumes  furent  publiées  sous  Charles  VllL  Louis  XII, 
son  successeur,  en  fit  réviser  el  promulguer  plus  de  vingt- 
cinq.  On  trouve  dans  le  Nouveau  Goulumier  Général,  de 
Bourdot  de  Richebourg,  le  texte  des  lettres  qu'il  adressa,  les 
4  mars  1505  et  18  septembre  1509,  aux  Commissaires  par  lui 
délégués  pour  cette  importante  opération.  Le  rôle  de  ces 
Commissaires  se  bornait  alors  à  un  travail  de  contrôle  et  de 
révision  des  articles  préalablement  votés  par  les  Trois  Etats 
sous  la  présidence  des  Baillis.  C'est  du  moins  ce  qui  semble 
résulter  du  procès-verbal  des  anciennes  Coutumes  d'Amiens, 
en  date  de  l'année  1507.  On  y  voit  le  Bailli  ou  plutôt  son  lieu- 
tenant convoquer  à  Amiens,  en  vertu  de  lettres  du  Roi  à  lui 
adressées,  les  gens  des  Trois  Etats,  soumettre  à  leurs  délibé- 
rations les  cahiers  préalablement  rédigés  avec  le  concours 
des  justiciables  par  les  prévois  des  huit  prévôtés  formant  le 
ressort  du  Bailliage  (1),  arrêter  avec  eux  les  termes  des 


(1)  Prévôtés  de  Beauquci^ne,  de  Montreull-sur-Mor,  de  DouUcns,  de 
Saint-Riquicr,  de  FouUoy,  d'Amiens,  d^  Vimcu  et  de  BCauvoisis.  Les 
coutumes  particulières  de  cette  prévôté  se  terminent  par  celte  formule  : 
«  Lues,  consenties  et  accordées  par  devant  nous  Anthoine  de  S*  Deliz 
licencié  es  lois,  seigneur  de  Hencourt,  conseiller  du  Roi  notre  sire,  lieu- 
tenant général  de  M.  le  Bailli  d'Amiens,  commissaire  du  Roi  notre  dit 
seigneur  en  celle  partie,  en  la  présence  des  avocats,  Procureur  du  Roi 
et  autres  conseillers  du  siège  dudit  Bailliage,  des  Prélats,  gens  d'Eglise, 


Digitized  by 


Google 


LA  RÉFORMATION  DE  LA  COUTUME  13 

coutumes  et  les  promulguer,  réservant  les  droits  des  Commis- 
saires ordonnés  par  le  roi  de  se  prononcer  sur  les  ditticultés 
soulevées  et  les  oppositions.  Une  formule  placée  à  la  suite 
constate  que  sur  leur  rapport,  sans  doute,  l'enregistrement 
a  eu  lieu  au  Parlement  (1). 

Le  tome  III  du  Coutumier  de  Ricbebourg,  que  j'ai  déjà 
cité,  contient  les  anciennes  et  nouvelles  Coutumes  du  Bour- 
bonnais, dont  les  procès-verbaux  méritent  de  fixer  l'atten- 
tion, car  les  différences  de  leur  rédaction  permettent  de 
constater  les  progrès  accomplis  d'une  date  à  l'autre  par  l'au- 
torité royale,  en  matière  de  législation,  dans  les  domaines 
des  grands  feudataires. 

Les  anciennes  Coutumes  datent  de  1493.  C'est  Pierre,  duc 
de  Bourbonnais  et  d'Auvergne,  en  même  temps  que  comte 
de  Clermont  en  Beauvoisis,  qui  agit  seul  à  l'exemple  de  Phi- 
lippe le  Bon  en  Bourgogne,  et  qui,  de  l'avis  et  délibération  des 
gens  de  son  conseil  et  à  l'instance,  supplication  et  requête 
des  gens  de  ses  Etats,  auxquels  il  désire  de  tout  son  cœur 
que  bonne  et  prompte  justice  soit  rendue,  commet  son  conseil- 
ler et  chambellan  Charles,  seigneur  de  Saint-Géran,  le  prieur 
commandatairede  Saint-Sibardin,  le  lieutenant  général  et  le 
procureur  général  de  son  duché,  pour  se  transporter  dans  les 
diverses  châtellenies  et  s'enquérir  auprès  des  gens  d'Eglise, 


nobles,  praticiens  et  autres  notables  pour  ce  assemblez  en  l'auditoire  dudit 
Bailliage.  En  témoin  de  ce  nous  avons  signé  lesdites  coutumes  de  notre 
seing  manuel  et  le  fait  signer  par  Jean  Boytel,  greflier  dudit  Bailliage.  » 
C'est  la  même  formule  pour  les  coutumes  des  sept  autres  Prévôtés.  Les 
coutumes  particulières  de  la  Prévôté  de  Beau vaisis  furent  abrogées  lors 
de  la  Réformation  de  1567  sur  la  réquisition  du  prévôt  de  Bciiuvoisis  et 
du  lieutenant  au  siège  de  Grand villier.  Les  justiciables  furent  dès  lors 
en  tout  et  pour  tout  placés  sous  le  régime  de  la  coutume  générale  du 
Bailliage  d'Amiens  .Autant  en  était-il  pour  les  justiciables  de  la  Prévôté 
de  Vimeu,  par  suite  d'une  circonstance  qui  veut  être  rappelée.  Le  ca- 
hier des  coutumes  locales  et  particulières  de  cette  prévôté  n'avait  point 
été  représenté  dans  l'assemblée  des  gens  *  des  trois  Etats  parce  qu'il 
avait  été  rongé  et  déchiré  par  le  lévrier  du  Lieutenant  général. 

(1)  In  sequendo  ordinationem  curiœ   die  15  januarri  anno  Domini 
miliesimo  quinzcentisimo  factum. 


Digitized  by 


Google 


14  LE  COMTÉ  DE  GLERMONT  EN   BEAUVOISIS 

nobles  et  bourgeois,  bons  couslumiers,  en  nombre  suffisant 
assemblé,  sur  la  vérité  et  effet  des  coustumes,  usances  et  stiles 
de  tout  temps  et  d'ancienneté,  selon  bonne  raison  et  équité  y 
observées. 

C'est  en  sa  présence  que  les  articles  recueillis  et  rédigés 
par  les  délégués  sont  accordés  à  Moulins  par  les  Commissaires 
élus  tant  par  lui  que  par  les  gens  des  Etats  du  pays. 

Il  en  fut  autrement  en  1520.  Le  procès-verbal  du  23  février 
enregistre  la  requête  adressée  à  François  I"  par  Anne  de 
Beaujeu,  duchesse  de  Bourbonnais,  et  la  désignation  par  ce 
prince  d'un  Président  et  d*un  Conseiller  au  Parlement, 
commis  pour  se  transporter  à  Moulins,  y  arrêter  et  publier 
les  Coutumes  du  pays.  C'est  par  leur  ordonnance  et  en  leur 
présence  que  l'avocat  de  la  duchesse  promulgue  lesdites 
Coutumes,  et  réserve  expresse  est  stipulée  de  la  décision  du 
roi  sur  les  oppositions. 

L'annotateur  de  la  coutume  observe  même  que  la  requête 
ne  devait  pas  dépendre  du  duc  de  Bourbonnais,  «  qui  n'était 
que  le  premier  des  Etats,  sans  plus  »,  mais  du  propre  mou- 
vement du  roi,  sur  l'initiative  de  son  Procureur  général  ou 
des  gens  des  trois  Elats  de  Bourbonnais. 

Ainsi,  au  xviii'  siècle,  les  droits  régaliens,  jadis  exercés  par 
les  grands  feudataires,  étaient  sortis  de  la  mémoire  des  Lé- 
gistes eux-mêmes,  mais  ceux-ci  conservaient  le  souvenir  du 
droit  des  trois  Etats  à  concourir  à  la  rédaction  des  Coutumes. 
Cette  dernière  doctrine  n'avait,  du  reste,  jamais  cessé  d'être 
professée.  Les  commentateurs  tenaient  même  toute  coutume 
comme  valable,  dès  qu'elle  avait  été  accordée  dans  l'assem- 
blée des  Etals  (1),  et  M.  de  Pastoret  a  pu  dire  avec  raison: 
«  Il  n'y  a  guère  de  lois  plus  régulièrement  faites,  librement 


(i)  Clioppln,  Commentaires  sur  la  Coutume  d* Anjou,  Avant-propos. 
Remarques  communes  sur  les  Coutumes  de  France.  La  coutume  oblige 
dès  qu'elle  a  été  corrigée  par  deux  ou  trois  commissaires  délégués  pour 
la  réformer  et  l'assemblée  des  trois  Etats  de  la  Province,  et  non  du  jour 
seulement  qu'elle  aura  été  homologuée.  Cette  opinion  l'a  emporté  es 
sièges  de  justice  :  car  l'abandon  ou  délaissement  dépend  autant  de 


Digitized  by 


Google 


LA  RÉFORMATION  DE  LA  COUTUME 

consenlles,  que  ces  simples  coutumes  résultant  de  !'( 
des  temps,  de  l'usage  ;  vœu  des  peuples  revêtu  de  1 
royale  et  que  tout  le  monde  respecta  parce  que  tou 
avait  concouru  à  l'établir  »  (1). 

L'œuvre  de  la  réformation  des  coutumes  se  pan 
cours  du  xvr  siècle.  Plusieurs  coutumes  furent  m( 
d'une  seconde  révision,  celles  de  Paris,  d'Orléans, 
entre  autres,  ainsi  que  celle  de  Bourgogne.  «  De 
magistrats,  dit  M.  Beaune  (2),  Christophe  de  The 
de  l'historien,  et  Achille  de  Harlay,  qui  présidèrcK 


l'arbitrage  du  peuple  que  l'établissement  et  coutume,  c' 
droit  nouveau  comme  l'ancien  qui  a  été  introduit  par  l'ancJ 
pays  et  comme  l'ancienne  coutume  a  été  introduite  et  s'e 
par  le  consentement  tacite  des  habitants,  ainsi  les  nouvelh 
et  ordonnances  des  peuples  sont  introduites  par  le  consente 
moyennant  qu'il  soit  recherché  en  général  et  en  assemblé 
de  la  Province.  II  suffit  que  la  Réformation  de  la  Coutume  s 
par  lettres  du  Roi  et  la  charge  de  ce  faire  donnée  à  de 
choisies  d'entre  les  principaux  du  Parlement.  Pour  ce  que  f 
et  par  ces  lettres  l'on  approuve  tout  ce  que  le  peuple  au 
arrêté  touchant  ses  affaires,  comme  par  une  ordonnance  poj 
rondas  le  Caron,  lieutenant  général  du  Bailliage  de  Glermon 
et  réponses  de  droit  français.  «Ce  qui  est  délibéré  par  la  plus 
des  Etats  d'un  pays  sur  la  réformation  d'une  coutume  doi 
de  coutume  et  loi  municipale,  dès  lors  que  les  commissair 
ladite  réformation  ont  prononcé  ce  qui  a  été  délibéré  et 
coutume  a  effet  du  Jour  où  elle  a  été  accordée  et  arrêtée  en 
des  Etats  de  pays  de  leur  consentement  ou  de  leur  plus  g 
par  devant  les  commissaires  qui  représentent  S.  M.,  tellen 
faut  attendre  autre  confirmation  du  roi,  et  le  rapport  du 
coutume  et  registrement  qui  s'en  fait  en  cour  de  Parlemei 
pour  la  reconnaissance  de  l'autorité  d'icelles.  » 

(1)  Ordonnances,  t.  XX,  p.  434,  note  3. 

(2)  La  Condition  des  personnes,  p.  5.  Des  lettres  de  févri< 
rées  au  procès-verbal  de  la  coutume  de  Péronne,  précisent 
bué  à  de  Thou  dans  la  réformation  et  la  procédure  qui 
Henri  II  rappelle  qu'il  l'a  commis  avec  deux  autres  Conseil 
lement,  Barthélémy  Faye  et  Jacques  Viole,  pour  rédiger  el 
écrit  les  coutumes  qui  ne  l'auraient  pas  été,  ou  dont  les  pro 
se  seraient  trouvés  perdus  ou  adhirez,  ou  même,  comme  ( 


Digitized  by 


Google 


16  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN  BEAUVOISIS 

ment  de  Paris,  se  vouèrent,  le  premier  surtout,  à  cette  tâche 
immense  qui  absorba,  pour  Gliristoplie  de  Tliou,  la  meilleure 
part  de  sa  vie  judiciaire.»  Lors  de  l'avènement  de  Henri  IV,  la 
rédaction  des  coutumes  était  un  fait  accompli  ;  cependant  la 
coutume  de  Chauny  ne  fut  confirmée  qu'en  1611,  celles  du 
pays  Messin  ne  le  furent  que  sous  Louis  XIV,  et  celle  de 
Verdun  en  1746  seulement.  Il  y  avait,  en  1784,  60  coutumes 
générales  et  300  coutumes  locales. 

Par  le  fait  de  leur  rédaction  et  de  leur  réformation,  les 
coutumes  changèrent  profondément  de  caractère,  comme  le 
remarque  M.  Esmein  (Cours  élémentaire  de  droit  français)  : 
elles  devinrent  des  lois  écrites  et  ne  purent  plus  être  modi- 
fiées que  dans  la  même  forme.  Le  droit  romain,  qui  avait 
jusqu'alors  agi  sur  elles  par  voie  d'infiltration,  ne  le  put  plus 
que  par  voie  d'interprétation. 


le  Maine  et  la  Tourraine  dont  les  procès-verbaux,  déposés  au  greffe  du 
Parlement,  auraient  été  l'objet  de  plusieurs  renvois  à  raison  de  certaines 
coutumes  dures,  iniques  et  déraisonnables.  En  conséquence,  le  Roi  re- 
nouvelant leur  commission  leur  prescrit  de  vaquer,  sans  désemparer  à 
la  réformation,  soit  ensemble,  soit  à  deux,  par  défaut  ou  empêchement 
du  troisième,  pourvu  que  de  Thou  y  soit  présent.  Ils  se  rendront  dans 
chaque  ville,  convoqueront  et  assembleront  les  gens  des  trois  Etats  de 
la  province,  contraindront  à  comparaître  les  gens  d'Eglise  par  saisie 
de  leur  temporel,  les  gens  lais,  par  saisie  de  leurs  biens  meubles  et 
immeubles  et,  en  présence  et  du  consentements  desdits  Etats,  rédigeront 
et  accorderont  et  si  besoin  est  mueront,  corrigeront  et  abrogeront  les 
coutumes  et  dresseront  procès -verbaux  des  débats  et  oppositions  en  la 
matière  accoustumée,  pour  lesdites  coutumes  ainsi  rédigées,  accordées, 
modérées  ou  corrigées,  être  publiées  et  enregistrées  es  greffes  des  prin- 
cipaux sièges  de  chacune  des  provinces  et  dorénavant  être  gardées  et 
observées  comme  loi  et  état  perpétuel  et  irrévocable.  Les  commissaires 
avaient  pouvoir  détaxer  les  frais  de  rédaction  des  Coutumes  et  do  faire 
recouvrer  ces  frais  sur  les  gens  des  trois  Etats.  Avec  cette  délégation 
générale  la  sanction  ultérieure  du  roi  n'était  plus  nécessaire.  La  ques- 
tion de  la  rédaction  et  éclaircissement  des  Constitutions  locales  et  par- 
ticulières des  provinces  fut  soulevée  aux  Etats  de  Blois  de  1579,  sur 
l'initiative  du  Clergé.  Henri  III,  par  l'article  207  de  l'ordonnance  par  lui 
rendue  en  réponse  aux  vœux  de  ces  Etat»,  s'engagea  à  donner  satisfac* 
tion  d  ce  Aésir. 


Digitized  by 


Google 


LA  REFORMATION   DE  LA 
II 

J'en  viens  maintenant  à  notre  cou 
sa  réformation,  en  1539,  et  je  dois  d 
était  alors  au  point  de  vue  de  la  lé 
quelle  fut  jusqu'à  la  fin  de  l'ancien 
Beauvoisis.  Pierre  Louvet  dans  un  oi 
Beauvais,  et  dédié  au  capitaine  de  ce 
seiller  d'Etat  Desmarest  (1)  l'a  exposé 
les  causes  de  la  variété  des  lois  civil( 
divers  cantons.  La  cause  première  er 
dans  la  division  du  comté  en  1015  et 
due  par  les  Evoques,  qui  se  prévalu 
pairs  de  France  pour  s'affranchir,  ( 
toute  juridiction  royale.  Jusqu'au  : 
Beauvais  aucun  agent  ni  représeï 
tral  (2). 

L'occasion  était  favorable  aux  emp 
voisins  ne  s'en  firent  pas  faute.  «  ( 
Sentis  se  seurent  si  bien  servir  des  o 
d'une  telle  occurence  qu'ils  accreure 
petite  et  peu  congneue,  de  ce  grand 
semble  des  châtellenies  de  Creil,  de 
sorte  que  la  juridicUon  de  Sentis  s'e 
de  Beauvoisis  ;  à  cause  de  quoy  la  i 
qui  surpassait  en  toute  chose  celle  d( 
et  assujettie. 


(i)  Coustifmes  de  divers  bailliages  obser 
Senlis,  Amiens,  Glermont  et  Montdidier  c 
celle  de  Paris.  MDCXV,  chez  Godefroy  V 
demeurant  devant  le  collège,  tenant  sa  b 
Barthélémy. 

(2)  Le  Bailli  de  Senlis,  juge  de  la  Noblei 
la  commune  de  Beauvais,  se  trouvait  su[ 
turières  par  le  prévôt  royal  d'Angy.  Voi 
prévôt  et  l'histoire  de  sa  prévôté,  notre  étu 
histoire,  ses  privilèges,  sa  prévôté  royal* 
archéologique  de  Senlis. 


Digitized  by 


Google 


18  LE  COMTÉ   DE  CLERMONT  EN  BEAUVOISIS 

«  Ceux  d'Amiens  ne  s^endormans  en  sentinelle  voulurent 
avoir  leur  part  du  gasleau  corne  les  autres  en  s'aproprians 
des  deux  prévotez  de  Beauvoisis,  dont  ils  meirent  le  siège  de 
Tune  dedans  Amiens,  continuons  le  ressort  d'icelle  jusques  à 
la  rivière  qui  passe  à  Saint-Romain  (1)  et  mirent  le  siège 
de  l'autre  au  bourg  de  Granvillers,  et  par  ce  moyen  esten- 
dirent  leur  jurisdiction  non  seulement  jusques  à  l'abbaye  de 
Saint-Lucien,  fauxbourgs  de  Beauvais,  mais  passèrent  par 
delà  jusqu'à  deux  lieues  et  depuis  cette  entreprise  ces  deux 
prévostez  ont  retenu  le  nom  de  Beauvoisis. 

((  Ceux  de  Montdidier,  distans  de  dix  lieues,  intervenans  à 
ce  partage  semblablement  s'accomodèrent  de  ce  qui  estait  à 
leur  bienséance,  allongeans  leur  prévosté  jusques  à  la  ville 
de  Beauvais,  voir  selon  qu'ils  vantent  jusques  au  pont  de 
Saint-Laurent.  Et,  comme  telles  ctioses  se  fussent  passées, 
Messieurs  de  Bourbon,  comtes  de  Clermont,  voyant  que 
toutes  ces  juridictions  royalles  prenaient  leur  part  de  ce 
butin,  voulurent  accroître  comme  les  autres  leur  comté  de 
la  dépouille  du  Beauvoisis,  duquel  ils  taillèrent  comme  en 
plein  drap  ce  qu'ils  en  voulurent,  en  sorte  que  le  plus  bon 
du  comté  de  Clermont  et  ses  principalles  chatellenies  sont 
éclipsées  du  comté  de  Beauvoisis. 

«  Il  n'y  eut  pas  jusques  au  comte  de  Gournay  qui,  pour  son 
lot,  emporta  vingt-quatre  paroisses  appelées  conquests  de 
Hugues  de  Gournay  ou  spéciantez  de  Beauvoisis. 

«  Telle  division  et  partage  de  ce  grand  comté  de  Beauvois- 
sis  en  tant  de  parcelles  engendra  puis  après  en  Beauvoisis 
une  si  grande  confusion  en  la  justice  qu'il  y  avait  inflni  de 
villages  (2)  entremêlés  de  trois  ou  quatre  juridictions  et 
Bailliages.  » 

L'établissement  du  Bailliage  royal  et  siège  présidial  de 
Beauvais,  en  décembre  1581,  vint  améliorer  la  situation  au 
point  de  vue  de  la  juridiction,  mais  non  pas  au  point  de  vue 


(1)  Rivière  des  Evoissons  (Somme). 

(2)  La  répartition  des  communes  du  département  de  l'Oise  entre  les 
diverses  coutumes  est  donnée  par  la  Géographie  physique  et  histo- 
rique du  département  de  l'Oise,  de  MM.  les  abbés  Deladreue  et  Pihan 
chapitre  vu.  Voir  annexe  111. 


Digitized  byVjOO^lC 


LA  RÉFORMATION   DE  LA  COUTUME  19 

de  la  variété  et  diversité  des  coutumes  qui  persista  jus- 
qu*en  1789. 

Il  y  aurait  eu  cependant,  au  dire  de  Louvet,  une  coutume 
générale  des  pays  de  Beauvoisis  (1),  dont  il  attribue  la  rédac- 
tion à  Philippe  de  Beaumanoir,  bailli  de  Clermont,  en  1283. 
Mais  les  officiers  de  Montdidier,  de  Sentis  et  d'Amiens  se  refu- 
sèrent à  la  reconnaître  et  imposèrent  à  leurs  justiciables 
d'autres  lois.  «  Il  n'y  eut,  ajoute-t-il,  que  les  officiers  du  comté 
de  Clermont  qui  purent  résister,  se  maintenir  et  conserver  es 
lois  et  coutumes  de  leur  pays.  Ce  qui  fait  que  la  vraye  cous- 
lume  et  originaire  du  Beauvoisis  est  celle  de  Clermont,  la- 
quelle, bien  que  non  réformée  pour  la  seconde  fois,  ne  laisse 
pas  d'être  aussi  bien  faite  qu'aucune  du  royaume  et  laquelle 
celle  de  Paris  n'a  dédaigné  non  seulement  de  suivre  en  beau- 
coup d'endroits,  mais  aussi  d'emprunter  entièrement  d'icelles 
plusieurs  articles.  » 

Dans  le  passage  que  je  viens  de  citer,  Louvet  dit,  «  que  dès 
l'an  1283,  les  coustumes  du  pays  de  Beauvoisis  qui  étaient 
conformes  à  celles  de  la  France  avaient  été  rédigées  par  écrit 
par  Philippe  de  Beaumanoir  ».  C'est  là,  semble-t-il,  une 
méprise,  car  11  parait  bien  que  jamais  le  livre  de  Beaumanoir 
n'aurait  eu  le  caractère  d'un  texte  ou  recueil  officiel. 

Vous  connaissez  le  célèbre   bailli   de    Clermont  (2);  sa 


(1)  Cette  opinion  se  trouve  confirmée  par  l'historien  du  Valois,  Garller, 
qui  dit  (T.  Il,  p.  230)  que  les  points  dans  lesquels  les  coutumes  de  Sentis, 
de  Clermont  et  du  Valois  se  sont  trouvées  opposées,  n'auraient  guère  été 
fixés  que  vers  1497  et  1500,  vers  le  temp-4  où  les  prévôts  devinrent  juges 
ordinaires  après  la  retraite  des  prudhommes.  Avant  l'avènement  de 
Philippe  de  Valois,  ces  trois  coutumes  à  cause  de  leur  conformité  au- 
raient été  réunies  dans  un  même  registre.  Loisel,  dans  ses  Mémoires  des 
pays,  villes,  comtés  et  comtes  de  Beauvais,  dit  qu'il  y  avait  Jadis  des 
coutumes  particulières  et  locales  à  Beau  vais  et  conséquemment  en 
Beauvoisis  et  signale,  d'après  le  procès- verbal  de  la  coutume  de  Senlls, 
les  divergences  qu'elles  présentaient  avec  cette  coutume. 

(2)  Philippe  de  Rémi,  sire  de  Beaumanoir,  né  vers  1244,  prévôt  de 
Nanteuil  le-Haudouin,  bailli  du  comté  de  Clermont  (1279-1282).  Sénéchal 
duPoitou(1284-1288),deSaintonge(1288).  Bailli  de yermandois(1289-1293), 
k  sa  mort,  de  Touraine,  janvier  1296. 


Digitized  by 


Google 


20  LE  COMTE  DE  CLERMONT  EN  BEAUVOISIS 

notice,  par  M.  Bordier,  a  paru  en  1868  dans  les  Mémoires 
de  notre  Société.  Vous  connaissez  le  remarquable  traité 
qu'il  a  consacré  aux  Coutumes  et  Usages  du  Beauvoisis  et 
dont  tous  les  jurisconsultes  du  xvi*  siècle,  Dumoulin,  Loisel, 
Chopin,  Charondas  le  Caron  ont  à  l'envi  proclamé  le  mérite.  " 
LoLsel,  son  compatriote,  n'hésitait  pas  à  affirmer  que  c'était 
«  le  premier,  le  plus  grand  et  le  plus  hardy  œuvre  qui  eût 
été  composé  sur  les  Coutumes  de  France  ».  Car  c'est  luy, 
ajoute-t-il,  qui  en  a  rompu  la  glace  et  ouvert  le  chemin  à 
Jean  le  BoutilUer  (auteur  de  la  Somme  rurale)  et  à  tous  ceux 
qui  sont  venus.  »  Incorrectement  publiées  au  xvii*  siècle,  par 
La  Thaumassière,  les  Coutumes  de  Beauvoisis  ont  été  éditées, 
en  1842,  par  le  comte  Beugnot,  dans  la  collection  de  la  So- 
ciété de  l'Histoire  de  France. 

L'introduction  du  savant  éditeur  présente  un  exposé 
complet  du  sujet  traité  par  Beaumanoir  qui,  dans  son 
prologue,  fait  connaître  lui-même  le  but  qu'il  se  proposait 
d'atteindre.  Il  annonce  «  qu'il  a  eu  pensée  de  trouver 
un  livre  par  lequel  cil  qui  désirent  vivre  en  paix  soient 
enseigné  brièvement  comment  ils  se  délTendront  de  cix 
qui  a  tort  et  par  malve  cause  les  assaudront  de  plet,  et  com- 
ment ils  connaislront  le  droit  de  tout  uzé  et  accoustumé  en 
le  Comté  de  Clermont  en  Beauvoisis.  Et  parce  que  nos 
sommes  d'icel  païs  et  que  noz  sommes  entremis  de  garder  et 
de  faire  garder  les  droits  et  les  coustumes  de  ladite  comté, 
devons-nous  avoir  plus  grand  volonté  de  trouver  selonc  les 
coustumes  dudit  pays  que  d'autres...  Noz  entendons  à  finer 
grand  partie  de  cest  livre  par  les  jugements  qui  ont  été  fet 
en  noz  tans,  en  ladite  Comté  de  Clermont  et  l'autre  partie 
par  clers  usages  et  par  clères  coustumes  usées  et  accoustu- 
mées  de  loncs  tans  pessivlement  et  l'autre  partie  des  cas 
douteux  en  ladite  comté  par  le  jugement  des  Castelleries 
voisines  et  l'autre  partie  par  le  droit  qui  est  commun  à  toz 
es  coustumes  de  France.  »  Ainsi,  fait  observer  le  comte  Beu- 
gnot, Beaumanoir,  sollicité  par  l'amour  de  son  pays  et  par 
les  avantages  de  sa  position  politique  et  judiciaire,  ne  se 
propose  pas  autre  chose  que  d'écrire  sur  les  Coustumes  du 
Beauvoisis,  et  sa  manière  de  s'exprimer  indique  que  son 
intention  formelle  est  de  se  renfermer  dans  ce  cercle  étroit  ; 


Digitized  by  VjOOQIC 


LA  RÉFORMATION   DE  LA  COUTUME  21 

mais  bientôt  on  voit  que  la  vigueur  de  son  esf 
sans  peine  cette  barrière,  car,  par  une  sorte  (i( 
dont  on  ne  peut  assez  s'applaudir,  il  déclare 
de  son  livre  reposera  sur  «  le  droit  qui  est  con 
tîoustumes  de  France  ». 

En  soixante-dix  chapitres,  distribués  sans  gn 
l'auteur  traite  des  diverses  matières  de  l'on 
Il  indique  les  fonctions  multiples  des  Baill 
alors  administrateurs,  hommes  d'épée  et  juges 
à  suivre  devant  eux,  tant  au  civil  qu'au  crimii 
pation  au  jugement  des  hommes  de  fief  et  pai 
dans  les  assises  du  Comté.  11  expose  quel  est 
sonnes,  celui  des  biens  sous  le  droit  féodal  c 
droit  coutumier,  quels  sont  les  pouvoirs  et  les  c 
seigneurs  à  l'égard  de  leurs  sujets,  pouvoirs  ( 
encore  à  peu  près  sans  contrôle  en  ce  qui  conc 
et  mainmortables  dont-ils  ne  sont  «  tenus  à  ré 
Dieu  »,  quelle  autorité,  enfin,  appartient  au  Ro 
rain.  «  Toute  laies  juridictions  du  roiiaume,  d 
du  roi  en  fief  et  arrière  fief...  ni  a  nul  si  grant  de 
puist  estre  trais  en  sa  cort  par  défaute  de  droi 
jugemens.  »  C'est  la  théorie  chère  aux  jur 
l'époque  et  à  l'aide  de  laquelle,  sous  l'action  i 
Parlements,  la  cognée  a  été  portée  dans  le 
Beaumanoir  aborde  aussi  le  droit  canonique, 
chapitres  est  consacré  à  distinguer  les  cas  de 
sance  appartient  à  la  juridiction  ecclésistiqu< 
composent  le  domaine  de  la  juridiction  civile , 
cate  et  source  alors  de  nombreuses  contestatioi 

En  résumé,  le  Bailli  de  Clermonl  a  recuei 
commenté  les  principes  appliqués  dans  la  Fra 
auxiii'  siècle  et,  comme  le  proclamait  en  1690 
de  ses  éditeurs,  La  Thaumassière,  «  son  cruvre  ( 
les  maximes  de  notre  ancien  droit  coutumier  ei 
et  la  source  de  celuy  qui  est  à  présent  en  usage 
qu'on  l'a  justement  fait  remarquer  (1),  les  Couti 


(1)  M.  Paul  VioUet,  Précig  de  droit  coutwmier. 


Digitized  by 


Google 


22  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN  BEAUVOISIS 

voisls  n'ont  jamais  eu  le  caractère  d'un  texte  officiel.  Il  sem- 
blerait toutefois,  d'après  un  passage  du  procès-verbal  de  la 
rédaction  de  la  coutume  de  Clermont  en  1496  (1),  que  les 
règles  posées  par  l'illustre  jurisconsulte  auraient  été  consi- 
dérées comme  faisant  autorité  dans  le  ressort  de  son  ancien* 
bailliage.  11  s'agissait  des  droits  du  suzerain  à  l'égard  du 
vassal  qui  avait  omis  de  lui  rendre  hommage.  Lecture  faite 
de  l'article,  «  il  a  été  dit  par  les  assistants  sur  la  coutume  cy 
dessus  formée  que  du  contenu  en  la  dicte  coutume,  ilz  n'ont 
point  veu  user,  ni  le  cas  advenir.  Et  ce  fait  a  esté  apporté  en 
leur  présence,  l'ancien  coutumier  dudit  comté  fait  jadis  par 
feu  Messire  Philipes  de  Beaumanoir,  chevalier,  lors  gouver- 
neur dudit  Clermont,  en  l'an  mil  deux  cens  quatre-vingts  et 
trois,  auquel  coutumier  sur  le  chappitre  des  fiefz  est  au  long 
escrite  ladite  coustume  telle  et  en  termes  semblables  que 
contenu  est  cidessus.  Si  en  soit  fait  et  ordonné  ce  qu'on  verra 
bon  à  faire  ». 

La  rédaction  de  1496,  dont  je  viens  de  parler,  est,  je  crois, 
inédite;  son  texte  ayant  été  révisé  en  1539  par  des  commis- 
saires royaux,  c'est  le  texte  de  cette  coutume  révisée  qui  a 
été  publié,  annoté  par  Dumoulin,  et  qui  figure  dans  le  cou- 
tumier général  de  Richebourg.  Le  texte  primitif  se  trouve 
en  copie  dans  un  manuscrit  de  la  Bibliothèque  nationale  à 
laquelle  il  est  venu  de  la  bibliothèque  de  Colbert.  Ce  manus- 
crit, qui  porte  le  numéro  4515  du  Fonds  français  et  comme 
intitulé  les  mots  Codex  Colbertinus,  1646,  Régius  9440,  compte 
212  pages,  dont  les  71  premières  sont  consacrées  à  la  coutume 
do  Clermont. 

Viennent  ensuite,  pages  73-93,  Coutumes  du  duché  de  Va- 
lois, 1496  ;  pages  94-116,  Prévôtés  de  Crépy,  Pierrefonds,  Bé- 
thisy  et  Verberie.  Ensuite  un  traité  de  juridiction  et  procé- 
-  dure  devant  le  Parlement.  En  suivant,  pages  106  à  212,  les 
exploits,  droits,  profits  et  émoluments  du  Prévôt  de  Sentis. 

La  page  1  du  manuscrit  du  Fonds  français,  4515,  débute 
ainsi  :  «  Ce  sont  les  Coustumes  de  le  Comté  de  Clermont  en 
Beauvoisis  mises   et   rédigées  par  escript  par  nous  Loys 


il)  Bibliolh^<îlle  nationale.  M"  Fr.  4515,  p.  27. 


Digitized  by 


Google 


LA   REFORMATION   DE  LA  COI 

Gayant,  lieutenant  général  de  Monseign 
dudit  Comté  et  le  grefïler  de  la  dicte  gou 
vant  l'ordonnance  sur  ce  faicte  de  par  1 
certain  mandement  sur  ce  envoyé  à  Mon 
âenlis  soubz  le  ressort  duquel  le  Baillia 
soûlait  estre  et  à  présent  non,  ains  ressorti 
tenans  les  grands  jours  de  Monseigneur 
nais  et  d'Auvergne,  comte  dudit  Clermon 
de  Parlement  (1).  Les  dictes  coustumes  pr€ 
niquées  et  leues.  aux  advocat,  procureur 
officiers  en  chef  dudit  Clermont  et  plus 
nobles  bourgeois,  praticiens  et  bons  ce 
lesquels  par  serment  sur  ce  par  eux  so 
ont  donné  témoignage  sur  lesdites  cousti 
dées  et  interprêtées  vrayes  et  notoires  se 
sur  les  diversités  des  matières  et  actions 
parlé.  » 

Puis  viennent  291  articles  répartis  enti 
un  article  final  ainsi  conçu  :  «  Item  et  qi 


(1)  La  prérogative  de  ressort  par  grands  joi 
princes  de  la  maison  royale  et  aux  pairs  do  Fra 
des  Rois  de  France,  I,  292,  et  Loyseau,  Des  S 
§67. 

(1)  Voici  la  nomenclature  de  ces  rubriques  :  1 
ments  ;  des  Essoines,  des  actions  personnelles,  d 
pothèques,  des  prescriptions,  des  asseurements  ^ 
retrait  de  lignagcr,  de  testament,  des  donations 
sions,  do  succession  es  matière  féodale,  de  gard< 
champarts,  de  donation  et  succession  ;  de  bail  e 
féodales,  de  délit  ;  des  matières  féodales,  de  g* 
cription  ;  de  matière  féodales,  des  droits  du  haii 
sions,  des  donations^  des  chemins  et  mesures,  d 
de  communauté  de  biens  ;  de  matière  d'appel  ;  d 
cution  ;  de  capacité  pour  obligation,  sur  le  fait  i 
leurs  et  curateurs  ;  des  délits,  des  privilèges  des 
que  les  titres  de  plusieurs  de  ces  rubriques  se  r 
plus  rationnel  a  réduit  dans  la  réformation  de  1 
briches  à  22.  Voir  CoHlumier  général  de  Riche 


Digitized  by 


Google 


24  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN  BEAUVOISIS 

lûmes  lesquelles  seraient  ici  obmises  à  coucher  par  inadver- 
tance a  este  dit  par  les  asssislants  que  en  ceste  dicte  Comté 
de  Clermont  l'on  se  règle  communément  selon  l'usaige  et  cous- 
tume  du  bailliage  de  Sentis.  »  A  la  suite  est  écrit  :  «  Et  pour  ap- 
préviaccion  de  ces  choses  avons  signé  ces  présentes  de  nostre 
main,  et  fait  signer  par  les  autres  ofliciers  pareillement,  par 
les  gens  d'Eglise,  nobles,  praticiens  et  marchans  cy  dessoulz 
nommez  le  vingtième  jour  de  juinz  l'an  mil  CGCC  quatre- 
vingt  et  seize.  Ainsi  signé  Gavant,  Dargilière.  » 

Le  reste  du  feuillet  71  du  manuscrit  est  malheureusement 
lacéré  de  telle  sorte  qu'il  est  impossible  de  donner  les  noms 
des  ofliciers,  gens  d'Eglise,  nobles,  praticiens  et  marchans 
qui  signèrent  avec  le  lieutenant  général  Gayant  et  le  grelTier 
Dargilière. 

Le  texte  de  la  Coutume  de  1496  présente,  avec  celui  de  la 
réformation  de  1539,  certaines  variantes.  Le  procès-verbal  de 
cette  dernière  fait  connaître  les  raisons  pour  lesquelles  les 
gens  des  trois  Etats  du  Comté  demandèrent  ou  acceptèrent 
les  variantes.  Je  n'ai  ni  lïntention,  ni  la  compétence  d'en 
entreprendre  ici  l'exposé  juridique  (l).  L'objet  de  mou  travail 


(1)  Je  crois  devoir  cependant  reproduire  en  note  les  articles  n^latifs 
aux  privilèges  des  Clercs  qui  no  figurent  pas  dans  les  coutumes 
de  1539: 

«  Clerc  non  mariez  ne  sont  tenus  se  bon  ne  leur  semble  respondre 
pardevant  le  juge  lay  en  action  personnelle,  mais  bien  en  action  réelle. 
Et  où  il  sucumbe  oudil  cas,  il  peult  eslre  contraint  parla  prinse  de  son 
temporel. 

«  Plus  en  délict  civil  ne  sont  aussy  tenus  de  respondre,  si  ce  n'est  que 
le  délicl  soit  prcvillégié  et  tel  qu'il  soit  tenu  d'amende  arbitraire,  auquel 
cas  le  juge  le  doit  rendre  au  promocleur  qui  le  requiert  à  la  charge  de  le 
rendre  au  'uge  lay  pour  congnoistre  du  cas  previllégié. 

«  Item,  en  matière  criminelle,  clerc  non  marié  n'est  tenu  de  respondre 
par  devant  le  juge  lay  pourtant  qu'il  soit  en  habit  et  doict  estre  rendu 
à  l'église  ;  si  ce  n'est  que  le  cas  et  délict  par  lui  commis  soit  tel  qu'il 
ait  perdu  le  prévillège  de  cléricature  ou  qu'il  soit  trouvé  en  habit  mi 
parly  rayé  de  diverses  couleurs  en  appert  et  non  couvertement,  tou- 
tefois s'il  portolt  tel  habit  my  party  pourtant  qu'il  feusl  de  l'ordon- 
nance du  Roy  ou  d'autre  prince  il  ne  lui  serait  imputé. 


Digitized  by 


Google 


LA  RÉFORMATION  DE  LA  COUTUME  25 

est  autre  d'ailleurs  :  signaler  les  données  que  ce  procès- 
verbal  peut  fournir  au  point  de  vue  historique  et  géogra- 
phique. 

De  1496  à  1539,  la  situation  du  Comté  de  Clermont  s'était 
profondément  modifiée.  A  la  première  de  ces  dates,  il 
faisait  partie  du  riche  apanage  de  la  maison  de  Bourbon  et 
appartenait  à  Pierre  de  Beaujeu,  duc  de  Bourbonnais  et  d'Au- 
vergne, et  à  sa  femme  Anne  de  France.  A  la  mort  de  Pierre, 
survenue  le  10  octobre  1503,  sa  fille  et  héritière  Suzanne  le 
porta  dans  la  branche  de  Montpensier  par  mariage  (février  1505) 
avec  Charles,  chef  de  cette  branche  qui,  en  vertu  d'une  substi- 
tution de  mai  1400,  était  du  reste  en  droit  de  prétendre  à  la  tota- 


«  Par  les  drois  dudit  comté  dont  l'on  a  toujours  usé  comme  encoires 
l'on  fait,  révesquc  de  Beau  vais  pour  quelque  déllcl  que  ce  soil  n'a 
main  manuelle  oudit  conté  et  ne  lui  loist  faire  prisonnier  ni  prendre  au 
corps  aucune  personne  bien  peult  requérir  les  ortiriers  en  ciief  d'icelle 
conté  en  faveur  de  justice  prendre  de  ses  subgectz  clercs  non  mariez 
pour  cause  raisonnable  et  les  mectre  entre  les  mains  pour  les  pugnir 
et  ainsi  se  fait  sou  ventes  fois  quand  le  cas  y  eschet. 

«  Pareillement  les  officiers  d'icellui  évesque  ou  nom  de  lui  ni  autre- 
ment ne  peuent  foire  inventoire  de  biens  à  quelque  cause  que  ce  soit, 
si  ce  n'est  agens  d'église  subgectz  à  sa  juridiction  ouquel  cas  on  le 
permect. 

«  De  plusieurs  autres  drois  et  previllèges  dont  peuent  user  lesditz  clercs 
non  mariez  pour  ce  que  telz  previllèges  gisent  en  disposlcion  de  droit 
plusque  en  coustume  non  plus  n'en  a  icy  esté  tais  par  escript. 

«  Les  clercs  mariez  portans  habit  et  tonsure  posé  qu'ilz  soient  empes- 
chez  par  juge  lay  pour  matière  criminelle  se  doivent  rendre  à  l'église 
pour  en  congnoistre  et  en  décider  et  non  pour  malien*  civile  qui  n'aist 
de  delict  pour  ce  que  le  juge  lay  en  congnoistra. 

«  Item,  un  clerc  marié  pour  la  deuxiesme  femme  est  bigame  aussy  ; 
aussi  est-il  quand  pour  la  première  femme  il  prend  femme  pescheresse 
publique  dont  le  péché  est  tout  notoire  ;  pareillement  quand  il  prend 
femme  qui  autres  fois  ait  este  mariée  à  ung  autre. 

«  Item.  Aussy  quand  en  premières  nopces  ung  se  marie  k  quelque 
femme  et  telle  femme  avec  son  mary  se  gouverne  mal  de  son  corps, 
comme  il  est  notoire  à  lui  et  à  austres,  tel  mary  ipso  facto  s'il  la  prend 
pour  sa  femme  est  repputé  bigame. 

«  Item,  pour  ce  que  ceste  matière  en  autres  plusieurs  poins  gist  en 
droit  en  plus  que  en  coutume  autre  ch^sc  cy  ne  s'en  est  oscript.  i>. 


Digitized  by  VjOOQIC 


26  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN  BEAUVOISIS 

lité  de  l'héritage  de  la  maison  de  Bourbon.  J'ai  parlé  ailleurs 
du  procès  Intenté  au  Connétable,  à  la  mort  de  sa  femme  (1521), 
par  la  mère  dé  François  I",  Louise  de  Savoie,  duchesse  d'An- 
goulême  (1),  et  relaté  les  divers  péripéties  de  cette  latte  judi- 
ciaire. Louise,  arguant  de  sa  qualité  de  cousine  germaine  de 
Suzanne,  se  portait  comme  son  héritière.  «  Le  double  droit  du 
Connétable  ne  paraissait  pas  douteux,  dit  M.  Mignet  (Rivalité 
de  Charles-Quint  et  de  François  I")  ;  il  était  assuré  par  la  loi 
monarchique  des  apanages  en  ce  qui  concernait  les  grands 
fiefs  de  sa  maison,  restés  ou  devenus  masculins,  par  la  loi 
romaine  et  par  l'usage  en  ce  qui  concernait  les  possessions 
dont  les  femmes  pouvaient  être  héritières  ou  donatrices  et 
que  Suzanne  lui  avait  légués.  » 

Cependant,  un  arrêt  du  Conseil,  rendu  à  l'instigation  du 
chancelier  de  Prat,  mit  sous  séquestre  et  provisoirement  en 
la  main  du  roi  tous  les  biens  et  domaines  en  litige.  On  sait 
quelles  tragiques  conséquences  cet  arrêt  eut  tant  pour  le  con- 
nétable que  pour  la  France  elle-même. 

Lorsqu'un  coup  d'arquebuse  eut  frappé  celui-ci  sous  les 
murs  de  Rome  à  la  tête  des  soldats  qu'il  menait  à  l'assaut, 
un  arrêt  du  Parlement,  du  27  juillet  1527,  prononça  la  confis- 
cation, pour  crime  de  lèse-majesté,  de  tous  les  biens  féodaux 
qu'il  tenait  médialement  ou  immédiatement  de  la  couronne. 
Mais  Louise  de  Savoie  protesta  contre  la  reversion  ainsi  or- 
donnée, et  une  transaction  intervenue  entre  elle  et  son  fils  le 
25  août  1527  pardevant  les  notaires  de  la  Prévôté  de  Chauny, 
enregistrée  le  23  déoembre  suivant  au  Parlement,  lui  attribua 
la  presque  totalité  de  l'héritage  de  Suzanne  de  Bourbon  et 
notamment  le  comté  de  Clermont,  sous  la  réserve  qu'après 
son  décès  cet  héritage  passerait  aux  fils  du  Roi.  Louise  de 
Savoie  n'a  laissé  de  son  administration  du  comté  de  Clermont 
qu'un  souvenir,  celui  de  la  suppression  des  Grands  Jours 
dans  l'intérêt  de  l'accélération  des  procès  et  de  la  réduction 
des  frais  qui  écrasaient  les  justiciables  (2). 


(1)  La  Sîtccession  du  Connétable  de  Bourbon^  notice  insérée  dans  la 
Collection  des  notices' publiées  par  la  Société  de  l'Histoire  de  France  à  Toc- 
casion  du  cinquantième  anniversaire  de  sa  fondation.  Voir  appendice  I. 

(2)  :»  juin  1528.  Catalogue  des  actes  de  François  /",  n*  3035. 


Digitized  by 


Google 


LA  REFORMATION   DE  LA  COU 

Par  suite  de  cette. mesure,  Glermonl  i 
pour  la  Juridiction  ordinaire  en  Cour  de 
les  cas  royaux  du  Bailli  de  Senlis  (1).  Loi 
22  septembre  1531,  François  I",  aux  term 
du  25  août  1527,  unit  au  domaine  de  la  ce 
comtés  et  seigneuries  qui  en  avaient  fait  1 

Cette  union  eut  pour  conséquence  i: 
l'érection  en  Bailliage  royal  de  l'ancien  B 
qui  fut  placé  sous  l'autorité  directe  du  l*a 
tière  civile  que  pour  les  cas  royaux.  L( 
sont  du  mois  de  février,  l'enregistrement 


(!)  Procès- verbal  de  la  Coutume  de  Senlis,  lîx 
eDtendait  par  Cas  royaux  les  afTaircs  d'ordre  pi 
paie. 

(2)  Voici  le  texte  de  ces  lettres  conservées  ai 
sous  la  cote  X'«,  8612,  folios  296-297  :  «  Franco^ 
roy  de  France.  A  tous  présens  et  advenir,  salu 
Clermont  en  Bcauvoisis,  chastellenies,  membres,  i 
dances  d'icelluy  despieça  donné  en  appanage  par  1( 
Loys  noslre  prédécesseur  a  Robert  de  France  son 
tenu  et  possédé  par  les  feuz  ducs  de  Bourbon  et 
nostre  très  chère  et  très  amée  dame  et  mère  tant  ( 
dicte  maison  que,  au  moyen  de  la  transaction  d'en 
trogradé  et  retourné  à  nostre  couronne  et  domai 
que  pour  ces  causes  et  autres  Justes  et  raisonnai 
nous  mou  vans  avons  dict  desclairé  et  ordonné  e 
sons,  déclarrons  et  ordonnons  voulons  et  nous  pi 
science,  pleine  puissance  et  auctorité  royale  qu< 
dudict  conté  et  son  lieutenant  aient  la  congnoiss 
cision  soubz  le  ressort  et  souveraineté  de  nostre 
Paris,  de  toutes  causes  et  matières  dont  ilz  ont  ; 
Juger  et  décider  par  cy-devant  durant  le  temp 
semble  de  tous  cas  royaulx  afTérans  audit  cont^ 
pendences  d'icelluy  et  de  tous  telz  autres  droictz,  j 
auctoritoz  et  prééminences  généralement  quelzc 
bailliz,  séneschaulx,  ressortissans  immédiatemei 
du  Parlement  et  les  autres  Juges  inférieurs  et  su 
gouverneur,  aient  la  congnoissance  des  causes  et 
tenans  selon  leur  faculté  et  tout  aussi  par  la  t 
avalent  acoustumé  user  durant  le  temps  dudict  i 
sort  dudit  bidliy  gouverneur  et  son  dit  lieutonai 


Digitized  by 


Google 


28  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN  BEAUVOISIS 

Tel  était  le  nouvel  état  de  choses,  lorsque  le  19  août  1539, 
étant  à  Senlis,  où  ils  présidaient  à  la  rédaction  et  réformalion 
des  coutumes  de  ce  bailliage  (1),  André  Gulllart,  conseiller 
du  roi,  maître  des  requêtes  ordinaire  de  son  hôtel,  et  Nicole 
Thibault,  procureur  général,  reçurent  commission  du.  Roi 


officiers  de  Senlis,  prévosl  d'Angy  ses  gens  ni  autres  soubz  umbre  de  la 
congnoissanc.e  qu'ils  ont  eue  des  cas  royaulx  et  autrement  sur  les  vas> 
saux,  hommes  et  subjectz  dudict  conté  durant  le  temps  que  ledict  conté, 
ses  appartenences  et  dépendences  a  esté  tenu  et  possède  par  les  ducz 
de  Bourbon  et  dernièrement  par  noslre  dicte  dame  et  mère  en  puissent 
plus  avoir  ni  entreprendre  court,  Jurlsdiclion  et  congnoissance  en 
quelque  matière  que  ce  soit  et  laquelle  leur  avons  interdicte  et  défendue, 
interdisons  et  défendons  par  ces  dictes  présentes  par  lesquelles  man- 
dons à  nos  amez  et  féaulx  conseilliers  les  gens  denostre  court  de  Parle- 
ment et  de  noz  comptes  à  Paris,  bailliy,  séne.schaulx  et  autres  noz  justi- 
ciers et  officiers  que  nostre  dicte  présente  ordonnance  et  déclaration,  Hz 
entretiennent,  gardent  et  observent,  facent  entretenir,  garder  et  obser- 
ver, lire  publier  et  enregistrer  en  notre  dicte  court  et  du  contenu 
d'icelle  les  diclz  bailly,  gouverneur,  de  Clermont  ses  lieuxtenans,  juges, 
sergens  et  autres  officiers  et  leurs  successeurs  ausdictz  offices,  chacun 
en  son  regard  joyr  et  user  plainement  et  paisiblement  sans  leur  mettre 
ou  donner  ne  souffrir  estre  faict,  mis  ou  donné  ores  ni  pour  le  temps 
advenir  aucun  arrest,  destourbicr  ou  empeschement  lequel  si  faict,  mis 
ou  donné  avoist  été  ou  estoit  au  contraire,  avons  mis  et  mectons  du 
tout  au  néant  car  tel  est  nostre  plaisir,  nonobstant  quelzconques  lectres, 
ordonnances,  édictz,  restrinctions  ni  aultres  choses  à  ce  contraires  et 
affn  que  ce  soit  chose  ferme  et  estable  à  tousjours  mais  nous  avons 
faict  mectre  nostre  séel  à  ces  présentes  sauf  en  autres  choses  nostre 
droict  et  l'aultruy  en  toutes.  Donné  à  Rouen  au  mois  de  février  l'an  de 
grâce  mil  cinq  cens  trente  ung  et  de  nostre  règne  le  dix-huitiesme.  Sic 
signatum  supra  pluam  :  Par  le  Roy.  Breton  :  visa.  Lecta  publicata  et 
registrata  audito  procuratore  generali  régis  pro  per  balUivum  Guber- 
natorem  Claromontensem  et  ejus  locumtenentem  effectu  et  contente 
presentium  litterarum  gaudendo  forma  et  modo  quibus  ceteri  senes- 
calli  et  bailli vi  régis  hujusce  ressorti  gaudent  ad  onnoquod  predictus 
baillivus  gubernator  claromontensis  infra  sez  septimanos  in  curia  sacra- 
mentum  facturus  veniet  Parisius  in  parlamenlo  nona  die  aprilio,  anno 
Domini,  millésime  quingentissimo  trigesimo  secundo  Post  Pascha.  Sic 
signatum  :  Du  Tillet.  CoUatio  facta  est  cum  originali. 

(I)  A  cette  assemblée  avaient  été  convoqués  par  le  lieutenant  généra 
de  Senlis  les  Etats  de  la  ville  et  Comté  de  Clermont;  ils  s'abstinrent 


Digitized  by 


Google 


LA  REFORMATION   DE  LA  COUTU! 

pour  se  rendre  à  Clermont  et  y  procéder  au 
était  enjoint  aux  commissaires  de  faire  asseï 
ville  (1)  les  trois  Etats  du  Bailliage  ou  la  plu! 
portion  d'iceux,de  reformer  par  leur  avis  et  a 
trouverait  être  à  reformer  es  coutumes  ancien 
y  adjouter  ou  diminuer  par  Tadvis  et  délibérj 
blée  ou  de  la  plus  grande  et  saine  partie  d'icel) 
trait  abusif  et  déraisonnable  au  profit  et  utilit( 
ou  contre  les  droits,  prérogatives  et  autorités  d 
étaient  en  droit  de  recevoir  les  oppositions  c 
mées  et  de  statuer  provisoirement  sur  elles, 
cas  de  désaccord  persistant,  de  la  décision  d 
devaient,  sans  préjudice  de  ces  oppositioni 
publication  des  coutumes  réformées  et  faire  1 
d'en  alléguer  d'autres  désormais  et  d'en  fa 
que  par  l'extrait  du  registre  où  elles  seraiei 
lettres  se  terminaient  en  conférant  aux  comn 
pouvoirs  nécessaires  à  leur  mission,  même 
l'égard  de  ceux  qui  seraient  à  contraindre; 
adoucie  des  anciennes  ordonnances  qui  stip 
éventuelle  du  temporel  des  gens  d'Eglise,  ei 
meubles  qu'immeubles  des  laïcs,  à  défaut  ( 
Ainsi  la  royauté  reconnaissait  et  consacrait  i 
trois  Etats  non  seulement  le  droit,  mais  Tôt 
courir  à  la  rédaction  de  la  loi  civile. 

Ce  fut  le  31  août  qu'André  Guillart  et  : 
arrivèrent  à  Clermont,  et  le  lendemain  ils  oi 
blée  des  Trois  Etats,  dont  les  membres  ava 
convoqués  par  les  olTiciers  du  Bailliage. 


de  comparaUre  et  le  Procureur  du  Roi  requit  que  é 
contre  eux  ;  mais  les  commissaires  du  Roi  s'y  refus 
lettres  et  commission  spéciale  qu'ils  venaient  de 
verbal  de  la  coutume  de  Senlis. 

(i)  La  publication  des  lettres  du  roi  devait  être 
mises  es  lieux  publics  des  diverses  localités  et  à  soi 
public  ;  et  copie  devait  être  signifiée  aux  personnes 
les  ofTiciers  du  Roi.  Procès-verbal  de  la  coutume  de 


Digitized  by 


Google 


)E  CLEHMONT  EN  BEAUVOISIS 

ressé  par  le  sieur  Du  Val,  greffier,  a 

s  comparants. 
l'Etat  de  I'Eglise  »  : 

linal  de  Châlillon,  évêque  et  comte  de 

Ql-Lucien-les-Beauvais,  par  Honoré  de 

ocureur,  assisté  de  M.  I.  Picquet,  son 

mont  ; 

linal  de  Boulongne,  abbé  de  Corbie,  et 

îouvent  dudit  lieu,  P(2); 

de  Sarcus,  évêque  du  Puy,  seigneur 

Exouille,  F  ; 

auvent  de  Saint-Germer-de-Flay,  P  ; 

mp  Anthoine  Loffroy,  abbé  de  Noire- 
personne; 

couvent  de  Notre-Dame  de  Fresmont, 

irt   et  Domp  Bernard  de  Cbaslillon, 

•  de  ladite  abbaye  ; 

ouvent  de  Notre-Dame  de  Lannoy,  P  ; 

abbé  commandataire  de  l'abbaye  du 

uvent  deSaint-Quentin-lez-Beauvais,  P, 
it  de  Picquigny  ;  religieux  et  prieur  de 

ouvent  de  Saint- Just,  P  ; 

3  et  couvent  de  Chelles-Sainte-Vaul- 

î  et  couvent  de  Penthemont,  P; 

chapitre  de  Saint-Pierre  de  Beauvais; 
hanoine  et  sous-chantre  dudit  lieu,  sei- 
rt,  P; 

chanoine  et  curé  de  N-D.  de  Nully,  P; 
le  et  officiai  de  Beauvais,  curé  et  sei- 
s-en-Bray,  P  ; 


Icien  à  Clermoni,  fut  procureur  d'un  grand 
llergé  et  delà  Noblesse  ainsi  que  du  Tiers  Etat. 
P  indique  les  membres  de  l'Etat  de  l'Eglise 
;ureur. 


Digitized  by  LjOO^ LC 


LA   RÉFORMATION   DE  LA  COUTUME  31 

C.  Martin,  chanoine  dudit  lieu,  chapelain  de  Vuarty  et  sei- 
gneur, en  partre,  de  Bailleville,  P  ; 

Les  prévost,  chanoines  et  chapitre  Notre-Dame-du-Chastel 
de  Clermont,  par  I.  Piquet,  prévôt  dudit  lieu  et  curé  de  Buy- 
Saint-Georges;  Louys  de  Hédouville,  trésorier  dudit  lieu, 
Simon  Billouetet  I.  Pulleu,  chanoines  de  la  dite  église; 

Les  chanoines  et  chapitre  de  Saint-Barthélémy  de  Beau- 
vais,  P; 

Les  religieux  et  ministres  de  Saint-André  de  Clermont,  P, 
et  L  Petit,  religieux  dudit  lieu  ; 

Les  religieuses,  prieure  et  couvent  de  Sainte-Croix  sous 
Offemont,  P  ; 

Les  religieuses,  prieure  et  couvent  de  Notre-Dame  de  Vuari- 
ville,  P; 

G.  Thibault,  abbé  commandataire  de  Saint- Vincent  de  Senlis 
et  prieur  de  Breuil-le-Secq,  P  ; 

D.  Aubert  du  Croquet,  prieur  de  BreuiMe-Vert  ; 
Baptiste  des  Ursins,  prieur  de  Saint-Remy-l'Abbaye,  par 

maître  Thomas  Flèche,  son  vicaire  général; 

D'Estienne  de  Crèvecœur,  prieur  de  Moyenneville; 

D.  Pierre  Gayant,  prieur  de  Nully-sous-Clermont; 

D.  Jean  de  Bresche,  prieur  de  Villers-Saint-Sépulchre  ; 

D.  Jean  le  Coq,  prieur  de  NuUy  ; 

Maître  Berthin  de  Mennay,  prieur  de  Conty,  P; 

Maître  Pierre  Judas,  prieur  de  Bosquet; 

M.  Jacques  de  Mayencourt,  prieur  de  Fresnemontier  ; 

Frère  Rodache,  chevalier  de  l'ordre  de  Saint  Jean  de  Jérusa- 
lem, commandeur  de  Sommereux  et  Nully-sous-Clermont,  P, 
assisté  de  Henri  Hanique,  son  bailli  ; 

Philippe  de  la  Mare,  archidiacre  du  Ponthieu  et  chanoine 
d'Amiens,  seigneur  de  la  Motte-d'Essuiles,  par  leditde  Vual- 
licourt  ; 

Le  curé  de  Saint-Samson  de  Clermont,  par  Jean  Voisin  et 
Jean  Cornuel,  commissaires  ordonnez  par  Justice  au  séquestre 
de  ladite  cure; 

Suivent  les  noms  de  nombreux  curés  qui  comparurent  en 
personne  ou  par  procureur  (1). 

(1)  Voir  leurs  noms,  Annexe  11. 


Digitized  by 


Go 


^8^^ 


^^^■PW^ 


32  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN  BEAUVOISIS 

Comparurent  pour  «  l'Etat  de  la  Noblesse  »  :  146  seigneurs 
de  fief,  parmi  lesquels  Jean  de  Humières,  chevalier,  seigneur 
de  Ronquerolles  et  Nolntel  ;  Charles  de  Roye,  chevalier,  comte 
de  Roussy,  seigneur  dudit  Roye,  Bertheul,  Meuret  et  Conty  ; 
Anthoine  de  Halluin,  chevalier,  seigneur  de  Piennes,  d§ 
Saint-Omer,  Bonnières  et  Crèvecœur;  Guillaume  du  Pies- 
sis,  seigneur  de  Liancourt  ;  Adrien  de  Boufflers,  seigneur  de 
Cagny  et  de  la  châtellenie  de  Milly,  en  partie;  François  de 
Sarcus,  évoque  du  Puy,  seigneur  de  Sarcus;  Rocq  de 
Exouille;  dame  Louise  de  Villers,  dame  de  Baillet  en  France 
et  Fraûconville-aux-Bois.  Quelques-uns  des  appelés  furent 
défaillants,  tels  que  François  de  Montmorency,  seigneur  de 
la  Rochepot,  gouverneur  derile-de-France,  lieutenant  général 
pour  le  roi  au  pays  de  Picardie.  On  trouvera  à  Tannexe  II  les 
noms  de  tous  les  comparants.  Je  donne  cette  liste  d'après  le 
registre  coté  E,  39,  des  Archives  de  l'Oise  et  le  procès-verbal 
imprimé  de  1539. 

A  remarquer  que  dans  le  procès-verbal  un  certain  nombre 
de  possesseurs  de  fiefs  figurent  parmi  les  membres  du  Tiers 
Etat  à  la  suite  des  officiers  du  Roi  ;  c'est  que  ces  possesseurs 
n'appartenaient  pas,  sans  doute,  à  la  noblesse  et  que  l'an- 
cienne coutume,  qui  voulait  que  ceux  qui  tenaient  fiefs  fussent 
nobles,  était  déjà  tombée  en  désuétude  (1).  Je  les  ai  distingués 
dans  la  liste  par  un  astérisque. 

Si  l'on  rapproche  cette  liste  de  celle  des  feudataires  du 
comté  de  Clermont  en  1373,  deux  faits  intéressants  se  déga- 
gent :  au  mouvement  de  morcellement,  d'éparpillement  des 
fiefs,  semblent  avoir  succédé  un  mouvement  en  sens  contraire, 
une  concentration  qui  devra  encore  s'accentuer  dans  les 
siècles  suivants,  ainsi  qu'en  témoigne  la  liste  des  comparants 
à  l'assemblée  des  trois  ordres  en  1789.  La  totalité  des  fiefs,  à 
sept  ou  huit  exceptions  près,  a  changé  de  mains,  soit  par  alié- 
nations, soit  par  mariages.  La  guerre  de  Cent  ans  a  été  fatale 
à  l'ancienne  noblesse  du  Beauvoisis  et  en  a  fait  disparaître  la 
plupart  des  représentants  mâles. 


{\)  Ce  mode  d'anoblissement  fut  formellement  interdit  par  l'ar- 
ticle 258  de  l'ordonnance  de  Blols.  Voir  Loisel,  Institutes  couiumiéres, 
1, 14. 


Digitized  by 


Google 


LA   RÉFORMATION   DE   LA  COUTUME  33 

La  liste  des  comparants  du  «  Tiers-Etat  »  peut  se  diviser 
en  deux  :  olïiciers  du  roi,  à  la  suite  desquels  sont  placés, 
comme  je  viens  de  l'indiquer,  les  roturiers  tenant  fiefs  —  re- 
présentants des  paroisses.  Voici,  d'après  le  procès-verbal,  la 
liste  des  officiers  du  Roi,  avocats  et  praticiens  : 

Maître  F.  d'Argillières,  seigneur  de  Valescourt  et  Mon- 
ceaux, lieutenant  général  du  Bailliage  et  Comté; 

I.  Gayant,  advocat  ; 

Pierre  Gayant,  procureur  du  Roi; 

Claude  Billouel,  receveur  ordinaire  du  domaine; 

François  Vigneron,  seigneur  de  Monceaux,  lieutenant  par- 
ticulier; 

P.  Slurpe,  prévôt  ; 

Jean  Filleau,  advocat  et  élu; 

Pierre  de  Ravenel,  grénetier  ; 

Jacques  Petit,  procureur  en  ladite  Election, 

Tous  officiers  du  Roi  audit  Clermont  ; 

Estienne  Pastour,  advocat  et  prévost  en  garde  pour  le  Roi, 
à  la  Neuville-en-Hez  ; 

C.  Selier,  seigneur  de  Fay,  lieutenant  particulier  des  Eaux 
et  Forêts,  audit  Comté  ; 

Antoine  Sturbe,  avocat;  Loys  d'Artois;  Pierre  Gayant, 
Honoré  de  Vuallicourt  ;  François  de  Blois,  seigneur  de  Fay, 
de  Guchan  et  du  fief  de  Parelles  ;  Pierre  le  Couslurier;  Jean 
le  Plat  ;  Adrien  Petit  ;  Nicolas  Brailler  ;  Robert  Thureau  ; 
Loys  de  Bloys,  seigneur  dudil  P'ay;  Pierre  d'Argilière  et 
J.  Voisin  ;  Valenlin  de  la  Croix  ;  Pierre  le  Roy  ;  N.  l'abbé  ; 
N.  Billouet,  sergent  dudit  Fay  ;  Nicolas  Pulleu,  seigneur  de 
Mitry  et  d'Elix,  en  partie;  Laurens  Regnard  ;  Nicolas  Fa- 
luel  ;  Nicolas  Estevé,  greflier  du  domaine  ;  Antboine  le  Seller, 
greffier  de  la  Prévôté  foraine  ;  Jean  Pulleu,  greffier  de  la  ville 
dudit  Clermont;  Laurens  Al'lou;  Loys  Allou;  Jean  Evrard 
et  Pierre  de  Romescamps,  tous  praticiens  es  sièges  dudit 
Comté  ; 

Denis  de  Villes,  prévost  en  garde  pour  le  Roi,  à  Milly  ; 

G.  Desguynegatte,  lieutenant,  commis  à  l'exercice  la  Pré- 
vosté  de  Bulles. 

Jusqu'aux  premières  années  du  xvi"  siècle,  le  Tiers-Etal  ne 
participa  aux  assemblées  de  Réformalion  des  Coutumes  que 

3 


Digitized  by 


Google 


^^^^^^ 


34  LE  COMTÉ   DE  GLERMONT  EN  BEAUVOISIS 

par  les  officiers  du  Roi,  les  liommes  de  loi,  praticiens  et  procu- 
reurs de  chaque  bailliage  ;  les  membres  du  Clergé  et  de  la 
Noblesse  étaient  considérés  comme  représentant  les  intérêts 
de  leurs  sujets  des  campagnes.  Sous  Louis  XII,  des  délégués 
des  villes  furent  appelés  à  l'Assemblée  ;  à  partir  de  Fran- 
çois I",  les  procès-verbaux  constatent  la  présence  des  procu- 
reurs des  manants  et  habitants  des  paroisses  rurales.  Celui 
du  Bailliage  de  Clermont  est  l'un  des  premiers  où  se  mani- 
feste le  régime  nouveau,  où  l'on  voit  figurer  les  diverses 
paroisses  de  la  circonscription  dans  la  personne  de  leurs 
marguilliers. 

L'organisation  municipale  de  la  France,  avant  1789,  présen- 
tait, on  le  sait,  de  grandes  variétés,  de  profondes  disparates. 
L'histoire  n'a  conservé  le  souvenir  que  des  localités  qui,  en 
plus  grand  nombre  que  l'on  ne  l'a  généralement  pensé  jus- 
qu'ici, obtinrent  de  leurs  sei^eurs  ou  leur  imposèrent  la 
concession  d'une  Charte  de  Commune  (1)  ;  mais  il  n'en  est 
pas  moins  certain  que  dans  toute  l'étendue  du  royaume  les 
autres  villes  et  bourgs,  ainsi  que  les  villages  eux-mêmes, 
furent  également  admis  aux  bienfaits  de  l'association  (2)  et 
formèrent  des  communautés  dont  les  membres  s'assemblaient 
à  l'effet  de  délibérer  sur  leurs  affaires. 

Ces  communautés  existaient,  dès  le  xiii*  siècle,  en  Beau- 


(i)  Ed  voici  la  nomenclature  pour  te  Beauvoisis  :  Beauvais,  à  une 
époque  indéterminée,  mais  au  plus  lard  au  commencement  du  xr  siècle; 
Noyon  (1108  et  1140),  Crépy-én-Valois  (1117  et  1215),  Gompiègne  (1153 
et  1186),  Montigny  (1155),  Gournay-sur-Arondo  (1165),  Sentis  (1173  et 
1202),  Poix  (1173  et  1208),  La  Neuvilleroy  (1177  et  1200),  Chambly  (1173 
et  1222)  et  les  paroisses  auxquelles  la  charte  de  Chambly  fut  étendue, 
Beauvillers(1180),  Chauny  (1186),  Beaumont  J1187),  Méru  (1191),  Chau- 
monl-en-Vexin  (1182),  Chevrières  et  Jonquières  (1182),  Angy  (1186),  La 
Neuville-en-Hez  (1187),  Bulles  (1181  et  1319),  Pontoise  (1185),  Méry 
(1191),  Wacquemoulin  (1196),  Clermont  et  Creil  (1197),  Sainl-Jusl- 
en-Chaussée  (xn«  siècle),  Grandvilliers  (1212),  Boran  (1215),  Breteuil 
(1^4),  La  Bruyère. 

(2)  Le  servage  dont  Beau  manoir  c<^tate  l'existence  en  Be^iuvoisis  et 
dont  le  dénombrement  de  1373  conserve  encore  des  traces  {Ce  sont  les 
noms  des  hommes,  des  femmes  et  des  enfants  qui  sont  de  condi- 


Digitized  by 


Google 


LA  REFORMATION   DE   LA  COI 

voisis  et  s'appelaient  «  viles  baleices  »,  î 
noir,  qui  les  déflnit  ainsi  en  son  eliapilr( 
ghie  :  «  L'autre  manière  de  Compaignie  qi 
de  communalté,  si  est  des  habitants  es 
communes  l'on  apele  «  viles  bateices  ».  E 
si  ce  fes  es  frès  et  es  caus  que  leur  con\ 
qui  leur  sont  communes  et  desquelles  il  i 
sans  domace,  si  comme  de  lor  mpustier  réi 
ramander  de  lor  priez  et  de  lor  gué  mai 
cozes  qui  sont  faites  par  l'accord  <lu  com 
coz  qui  sont  mis  en  pies  por  les  droits  m 
coustumes  garder;  en  lez  tex  cas  et  en  au 
tex  manières  de  gens  compaignie  ensen 
aucun  part  son  avenant  des  fres  selonc  di 
manières  d'habitans  ne  se  pot  oster  de  co 
manoir  hors  du  lieu  et  renoncer  as  aisem 
en  cesle  manière  si  convient,  il  fête  comp 
du  lieu  où  il  va  manoir.  » 

C'était  au  prône  de  la  grand'messe  que 
les  pubWcations  oiTicielles  ;  c'était  sous  1< 
que  se  réunissait  l'assemblée  des  habitai 
turel  que  ceux-ci  déléguassent  leurs  mî 
ciens  comme  les  plus  aptes  à  les  représe 
leurs  intérêts  sous  le  nom  de  procureurs  d 
même  qu'ils  étaient  en  possession  de  cha 


lions  es  quelz  Mgr  le  Comte  partial  et  prans  la  i 
et  formariages  contre  l'abbé  de  St-Denis  et  pa 
f"  141  et  suite),  semble  avoir  complètement  d 
guerre  de  Cent  ans.  Le  dernier  document  qui  ei 
charte  du  17 novembre  1400,  par  laquelle,  avec  l'a 
duc  de  Bourbon,  Isabelle  de  Ferrières,  veuve  du  s 
de  Picquigny,  abolirent  les  droits  de  mortema 
possédaient  en  leur  châlellenie  de  Milly.  (Louvet 
(1)  Longtemps  encore,  en  Beau  voisis,  les  marg 
présentants  des  communautés.  Ainsi,  j'ai  dans  n 
Agnan  un  contrat  du  1"  mai  1675,  portant  vent< 
seigneur  d'Hondainville,  d'un  pré  communal,  de 
notaire  ù  Clermont,  par  Pierre  de  Chambly,  lab( 


Digitized  by 


Google 


n 


36  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN  BEAUVOISIS 

La  liste  des  paroisses  dont  les  marguilllers  furent  appelés 
à  la  réformation  de  1539  est  reproduite  au  registre  E,  39,  des 
Archives  de  l'Oise  ;  les  noms  de  ces  marguilliers  sont  inscrits 
tout  au  long  dans  le  procès-verbal  imprimé.  On  les  trouvera  à 
l'annexe  ill  (1).  Je  me  bornerai  à anentionner  les  représentants 
des  deux  localités  pourvues  de  chartes  de  commune  et  qui 
dès  lors  ne  furent  pas  représentées  par  marguillliers  :  Cler- 
mont  et  Bulles. 

Pour  Glermont,  comparurent  Pierre  du  Val,  Jean  Chres- 
tien,  Jean  Pinel,  Raoullin  de  Grouchy,  bourgeois,  pairs  et 
échevins  de  ladite  ville  de  Glermont,  e.t  encore  les  sieurs 
Silleau,  d'Artois,  Vuallicourt,  Mathieu  Lefèvre,  Simon  du 
Fresne  et  Pierre  de  Mauliers,  procureurs  des  manants  et 
habitants  dudit  lieu. 

Pour  Bulles,  comparurent  les  maire,  pairs  et  eschevins  de 
la  ville,  par  Georges  Le  Màygnan,  maire  dudit  lieu. 

A  l'appel  des  camparants,  diverses  protestations  surgirent, 
Gharles  de  Roye,  comte  de  Roucy,  revendiqua,  comme  sei- 
gneur de  la  châlellenie  de  Gonti,  le  droit  d'être  appelé  le 
premier,  à  l'exclusion  de  l'évêque  de  Beauvais.  MaiS^  sa  pré- 
tention fut  écartée  sur  l'observation  des  gens  du  roi  que 
l'évêque  flgurait  à  titre  de  chef  de  l'Etat  de  l'Eglise  et  que  le 
premier  rang  appartenait  à  cet  Etat.  Il  protesta  également 
sur  ce  que  François  de  Montmorency,  lequel  était  défaillant, 
avait  été  appelé  le  second  de  la  Noblesse  et  obtint  lettres  de 
son  opposition.  Enfin,  il  requit  qu'au  lieu  d'être  dénommé 
purement  et  simplement  seigneur  de  Gonti,  il  fut  dit  seigneur 
châtelain  de  Gonti,  par  la  raison  que  cette  terre  était  des 
anciennes  châtellenles  du  Gomté  en  possession  de  tous  droits 
et  prérogatives  appartenant  à  seigneur  châtelain.  Les  gens 


guillier  et  procureur  de  commun  de  ladite  paroisse  tant  en  son  nom 
que  comme  fondé  du  pouvoir  spécial  à  lui  donné  par  les  habitants  dudit 
Hondainville  par  l'acte  d'assemblée,  tenue  le  30  avril,  au  son  de  la 
cloche,  en  la  manière  accoutumée. 

(I)  On  trouve  également  au  procès-verbal  les  noms  de  Jean  Villon, 
maire  d'Hondainville  (la  mairie  d'Hondainville  constituait  alors  un  fief) 
et  de  plusieurs  habitants  du  Bosquet,  de  Boissy  et  de  Frcsnemouticr. 


Digitized  by 


Google 


LA   RÉFORMATION  DE  LA  COUTUME  37 

du  roi  le  dénièrent  et  soutinrent  qu'aucun  d 
Comté,  se  disant  seigneurs  châtelains,  ne 
n'avaient  jamais  joui  de  tels  droits,  ressort  de  ji 
et  tabellionage. 

D'autre  part,  Adrien  de  Boufflers,  co-seigne 
pour  un  tiers  de  la  châtellenie  de  Milly,  intervin 
être  inscrit  en  ladite  qualité  le  premier  avant  le 
au  cas  même  ou  celui-ci  serait  reconnu  seign 
Les  Commissaires  donnèrent  acte  des  protest; 
dèrent  que,  sans  préjudice  des  droits  de  ceux  ( 
formulées,  les  clioses,  par  provision,  demeurer 
Ils  donnèrent  également  acte  au  sieur  de  B( 
réserves  au  sujet  de  la  qualité  attribuée  à  Den 
Prévôt  en  garde  pour  le  roi,  en  la  terre  de  Mil 

Le  procureur  du  curé  d'Abbecourt  déclara  ( 
presbytère  dudit  lieu  étaient  du  Bailliage  de  S 
déclaration  fut  faite  parle  procureur  du  curée 
liers  de  Bazincourt,  qui  soutinrent  qu'ils  ress 
Bailliage  d'Amiens,  et  que  par  suite  ils  n'elaiei 
comparaître  à  la  publication  des  Coutumes,  i 
curé  d'Argueuses  remontra  que  les  habitants 
étaient  tous  du  ressort  du  Bailliage  de  Clerm 
les  gens  du  Roi  de  les  défendre  contre  les  e 
officiers  de  la  prévôté  de  Beauquesne,  membr 
d'Amiens. 

Sur  révocation  de  dame  Femelle  Perdriel,  '^ 
sire  Jean  Brinon,  vivant  premier  président  du 
Rouen,  dame  de  Remy,  Gournay  et  Moyennes 
cureur  exposa  que  ces  terres  étaient  saisies  à 
gens  du  Roi  et  qu'avait  été  établi  commissaire 
tel  il  se  présentait;  que  dans  les  lettres  d'évoc 
terres  étaient  dénommées  simples  seigneuries, 
constituaient  trois  châtellenies,  tenues  du  ch 
mont. 

Dame  Loyse  de  Villers,  dame  de  Baillet  en 
Franconville-au-Bois,  déclina  le  ressort  du 
Clermont,  affirmant  que  ses  terres  étaient  enc 
la  prévôté  et  vicomte  de  Paris  et  en  relevaien 
Roi  s'y  opposèrent,  disant  que  Baillet-en-Franc 


Digitized  by 


Google 


38  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN  BEAUVOISIS 

ville,  étant  de  Tancien  domaine  du  Comté,  avaient  été  donnés 
par  les  comtes,  à  charge  de  retour  (1),  et  demandèrent  qu'il 
fût  passé  outre  h  la  réclamation. 

Le  procureur  de  Jean  de  Mailly,  seigneur  de  Silly  et  de  Til- 
lart,  déclara  que  son  client  ne  se  présentait  pas  pour  ces  sei- 
gneuries, dépendant  du  Bailliage  de  Beauvais,  mais  pour  un 
fief  nommé  Bazantam,  assis  auxdits  lieux.  Autant  en  fii  le  pro- 
cureur de  Pierre  de  Milly,  N.  Boileau  et  Martin  Danse 
appelés  comme  seigneurs  d'Essuiles,  dépendant  du  Bailliage 
de  Beauvais,  tandis  qu'ils  n'avaient  à  comparaître  que  pour 
un  fief,- sis  audit  Essuile,  terre  de  Saint-Rymault. 

Ces  questions  préliminaires  réglées,  les  Commissaires  firent 
prêter,  à  tous  les  gens  des  trois  Etats  présents,  le  serment  de 
bien  et  loyalement  conseiller  le  Roi  et  dire  vérité  sur  le  fait 
des  Coutumes,  remontrer  et  advertir  ce  que  des  choses  con- 
tenues es  dites  Coutumes  en  serait  utile  et  profitable  ou  pré- 
judiciable au  bien  commun  et  utilité  du  pays.  Les  gens  du 
Roi  exposèrent  ensuite  qu'il  n'existait  pas  de  cahier  arrêté 
et  signé  des  anciens  officiers  et  praticiens  de  Clermont  où  les 
Coutumes  existantes  eussent  été  mises  par  écrit  —  (ils  avaient 
donc  perdu  le  souvenir  du  livre  de  Beaumanoir,  ainsi  que  de 
la  réformation  de  1496)  ;  —  que  chacun  s'était  formé,  à  part  soi, 
un  coutumier  ;  que  dans  les  coutumiers  ainsi  composés  se 
trouvait  une  grande  confusion  des  articles  en  mauvais  lan- 
gage et  trop  prolixe,  contraires  et  déçogeants  à  la  raison 
commune  et^u  bien  et  utilité  du  pays,  que  certaines  bonnes 
coutumes  y  étaient,  par  contre,  omises  ;  c'est  pourquoi  le 
lieutenant  général  d'Argilière  avait  cru  devoir  convoquer  dans 
son  auditoire,  conformément  au  mandement  qui  lui  avait  été 
adressé  de  par  le  Roi,  une  assemblée  préparatoire  des  gens 
des  trois  Etats,  officiers  et  praticiens  du  Bailliage,  pour  voir 
et  entendre  les  dits  livres  coutumiers,  les  corriger  et  accorder, 
en  éliminer  ce  qui  semblerait  mauvais  et  superflu,  y  ajouter 
aucunes  bonnes  coutumes  qui  de  tout  temps  y  étaient  obser- 


(1)  A  Hutin  le  Baveux  et  k  sa  descendance,  par  Louis  II,  duc  de  Bour- 
bon. Le  comté  de  Clermont  en  Beauvotsis.  le  dénombrement  en  4573, 
p.  273. 


Digitized  by 


Google 


LA  RÉFORMATION  DE   LA  COUTUME  39 

vées  et  quelques  autres  que  ron  avait  trouvé  expédient  d'in- 
troduire. 

Ce  fut  de  cette  rédaction  nouvelle  que  le  greflier  du  Val 
donna  lecture  par  ordre  des  commissaires,  et  sur  laquelle 
ceux-ci  appelèrent  l'assemblée  à  délibérer. 

Chacun  des  250  articles  fut  successivement  lu,  mis  aux 
voix  et  accordé  du  consentement  et  avis  des  gens  des  trois 
Etals  ou  de  leur  plus  saine  et  grande  partie  ;  82  avaient  été 
amendés,  corrigés  ou  introduits  comme  coutumes  nouvelles. 
Je  n'ai  pas  à  les  examiner  au  point  de  vue  de  leur  valeur 
Juridique,  je  me  contenterai  de  signaler  les  plus  importants. 

L'âge  de  la  majorité,  en  ce  qui  concernait  les  fiefs  et  leur 
administration,  fut  abaissé  de  20  à  18  ans  pour  les  fils  et  de 
15  à  14  ans  pour  les  filles,  en  vue  de  les  défendre  contre  les 
abus  de  jouissance  de  leurs  Gardiensel  Baillistres  (art.  xci);  la 
garde  noble  à  nouveau  réglementée,  dans  l'intérêt  des  mi- 
neurs (art.  cLxx);  le  droit  du  seigneur  de  contraindre  le  reli- 
gieux acquéreur  d'héritages,  dans  l'étendue  de  sa  seigneurie, 
à  en  vider  les  mains  dans  l'an  et  jour  maintenu,  malgré  l'op- 
position de  l'Etat  de  l'Eglise  qui  soutenait  qu'au  bout  de  six 
mois  de  jouissance  la  possession  incommulable  de  l'héritage 
était  acquise  (art.  cxi)  ;  la  donation  mutuelle  entre  époux,  jus- 
qu'alors  interdite,  autorisée  (art.  cxxiii  et  cxxiv);  la  légitime 
des  enfants  réglementée  et  sauvegardée  (art.  cxxix);  l'incapa- 
cité du  religieux  profès  à  recueillir  une  succession  main- 
tenue, nonobstant  l'opposition  de  l'abbé  et  couvent  de  Froid- 
mont  invoquant  un  privilège  contraire  qui  aurait  été  concédé 
par  le  Saint-Siège  (art.  cliv)  ;  la  représentation  admise  en  ligne 
directe  (art.  clv).  La  Coutume  de  1496  stipulait  que  la  représen- 
tation n'avait  pas  lieu,  en  ligne  directe  ou  collatérale,  en  ma- 
tière de  fief  ni  autrement  ;  lanouvelle  rédaction  proposait  l'éta- 
blissement de  la  représentation  en  faveur  des  descendants. 
Guy  de  Belloy  et  A.  de  Ravenel,  seigneur  de  Rantigny,  dé- 
clarèrcAl  s'opposer  à  la  modification  :  par  son  effet,  disaient- 
ils,  les  anciennes  maisons  du  Comté,  riches  et  opulentes  en 
biens,  iraient  par  succession  de  temps,  en  pauvreté  et  ruyne 
tellement  que  les  enfants  puinés  qui,  par  le  trépas  de  leur 
aîné  décédé,  n'ayant  que  filles,  devaient  porter  les  noms  et 
armes  de  leur  maison,  seraient  pauvres  et  n'auraient  de  quoi 


Digitized  by 


Google 


n 


40  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN  BEAUVOISIS 

le  soutenir,  et  viendraienl  les  biens  de  ladite  maison  aux  filles 
de  leur  frère  aîné,  et  ainsi  ladite  nouvelle  coutume  serait 
cause  que  les  aînés  seraient  du  tout  désobéissants  à  leur  père 
et  mère  et  s'en  iraient  où  bon  leur  semble  prendre  alliance 
par  amourettes  ou  autrement,  par  séduction,  n'ayant  regard 
à  la  maison  dont  ils  étaient  issus,  ni  à  l'honneur  de  leur  pré- 
décesseurs, bien  connaissant  que  soit  qu'ils  mourussent  ou 
non  devant  leurs  père  ou  mère,  eux  ou  leurs  enfants  ne  pour- 
raient faillir  au  droit  d'aînesse.  Les  Gens  d'Eglise,  aucuns 
nobles  et  tous  ceux  du  tiers  Etat  répondirent  aux  objections 
ainsi  formulées.  Ils  soutinrent  que  la  Coutume  ancienne  était 
injuste,  déraisonnable  contre  le  bien  commun  et  l'utilité  des 
enfants,  lesquels,  par  le  moyen  d'icelle,  étaient  pauvres  et 
aucunement  contraints  de  mendier  leur  vie.  «  Sur  quoi,  con- 
clut le  procès-verbal,  —  auquel  j'ai  emprunté  la  double  argu- 
mentation qui  précède,  —  par  l'avis  et  délibération  de  tous  les 
assistants  qui  se  sont  trouvés  d'une  même  opinion,  excepté 
les  deux  opposants,  avons  ordonné  que  ledit  article  coté  clv 
demeurera  comme  il  git  introduit  par  nouvelle  coutume  en 
ce  qu'il  est  répugnant  à  l'ancienne,  laquelle  pour  le  regard 
demeurera  abolie  pour  lad  venir,  w  El,  ajoute  le  procès-verbal, 
ce  vote  intervejiu,  les  sieurs  de  Belloy  et  de  Ravenel  ont  dé- 
claré se  désister  de  leur  opposition. 

Les  matières  féodales  tenaient  naturellement  la  première 
place  dans  la  Coutume  réformée  de  Clermont.  Indépendam- 
ment des  règles  spéciales  relatives  à  la  propriété  des  flefs,  à 
leur  transmission,  aux  relations  et  obligations  des  vassaux 
entre  eux,  il  y  avait  à  déterminer  les  droits  de  souveraineté 
encore  attachés  à  leur  possession  à  rencontre  du  suzerain  et, 
comme  ce  suzerain  se  trouvait  être  le  roi,  par  suite  de  l'union 
récente  du  Comté  au  domaine  de  la  couronne,  la  rédaction 
préparée  par  les  omciers  du  Bailliage  pour  la  Rubriche  des 
Justices  et  prééminences  d'icelles  (1)  et  par  celle  des  Délits 
avait  dû  naturellement  aussi  s'en  ressentir. 


(i)  L'article  CCI  constate  l'existence  de  trois  justices  seigneuriales,  la 
haute,  la  moyenne  et  la  basse.  Beau  manoir  n'en  reconnaissait  que  deux, 
la  haute  et  la  basse.  Le  haut  justicier  pouvait  seul  connaître  de  toute 
cause  civile  et  <le  toute  accusation. criminelle  entraînant  une  peine  afllic- 


Digitized  by  VjOOQIC 


LA  RÉFORMATION   DE  LA  COUTUME  41 

Les  articles  cxcviii  et  cxcix  étaient  ainsi  conçus  :  «  Item, 
aucun  autre  que  le  comte  de  Glermont  n'a  par  tout  icelui  comte 
scel  authentique  (1),  ne  pouvoir  de  commettre  auditeurs  (2) 
ou  notaires  pour  recevoir  contrats  par  foi  et  serment  pour 
quelque  chose  que  ce  soit.  Item,  nul  seigneur  dudit  comté  n'a 
aucune  assise  ou  ressort,  sinon  le  comte  dudit  Glermont  qui 
a  accoustumé  les  faire  tenir  par  son  baillif,  d'un  an  à  autre, 
et  à  ladite  assise  sont  tenus  de  comparoir,  quand  ils  ont  suflî- 
samment  adjournés,  tous  les  vassaux  tenants  en  plein  fief  du 
chasteau  dudit  Glermont.  » 

Gharles  de  Roye,  seigneur  de  Gonti,  Adrien  de  Boufïlers, 
co-seigneurs  de  Milly,  les  dame  et  seigneurs  de  Remy,  Gour- 
nay  et  Moyenneville,  avaient  déclaré  s'opposer  à  ces  deux 
articles  pour  la  raison  que,  comme  seigneurs  châtelains,  ils 
avaient  chacun  respectivement  droit  et  autorité  d'avoir  scel 
authentique,  de  commettre  des  auditeurs  et  de  tenir  des 
assises  (3)  dans  l'étendue  de  leurs  terres,  \fais  les  gens  du 


live,  à  l'exception  des  cas  royaux  :  «  Pilory,  Eschelles,  Carfiuant  ol 
Peintures  de  Champions  en  l'auditoire  sont  manfucs  de  haute  justice  »>, 
dit  Loisel  (Institutes  Coutumières,  H,  47).  A  la  basse  justice,  dite  aussi 
Justice  censuelle  ou  foncière,  appartenait  la  connaissance,  en  matière 
personnelle,  des  procès  entre  les  sujets  du  seigneur  pourvu  que  la  valeur 
du  procès  ne  dépassât  pas  60  sols  ;  en  matière  réelle  des  difficultés  pro- 
venant delà  constitution  de  la  propriété;  au  criminel  de  quelques  délits 
ruraux  sansimportance.  La  moyenne  justice,  qui  apparaît  au  xiv*  siècle, 
n'était  pas  autre  chose,  dit  M.  Esmein,  que  la  basse  justice  enrichie  de 
quelques-uns  des  droits  auparavant  réservés  à  la  haute.  La  coutume  de 
Clermont  n'entre  pas  dans  le  détail  des  attributions  de  ces  diverses 
justices,  mais  on  en  trouve  Ténumération  dans  la  coutume  de  Senlis. 
(Art.  96-125.) 

(1)  Ce  scel  devait  être  apposé  non  seulement  sur  toutes  les  sentences 
Judiciaires,  mais  aussi  sur  toutes  lettres  portant  vente,  échange,  con- 
vention. Son  apposition  donnait  lieu  k  la  perception  d'un  droit  sei- 
gneurial. 

(2)  Ces  auditeurs,  dit  Ragueau  {Glossaire  du  Droit  français),  sont 
officiers  pardevant  lesquels  on  reconnaît  et  passe  tous  contrats  de  ven- 
ditlon  ou  d'assignation  de  rente  pour  la  réaliser  et  acquérir  droit  d'hy- 
pothèque. 

(3)  Sur  le  fonctionnement  des  Assises,  voir  l'Assise  du  Bailliage  de 
Senlis  en  1340  et  1341,  d'après  le  manuscrit  du  Comité  archéologique  de 
Senlis,  par  M.  E.  de  Rozière,  membre  de  l'Institut. 


Digitized  by 


Google 


'  :»^  w^ 


42  LE  COMTÉ  DE  GLERMONT  EN  BEAUVOISIS 

Roi  avaient  refusé  à  ces  terres  la  qualité  de  châtellenie  el 
soutenu  que  le  comte  de  Clermont  était  seul  en  possession 
des  droits  prétendus,  et  les  commissaires,  tout  en  réservant 
la  décision  définitive  au  Parlement,  avaient,  de  l'avis  el  déli- 
bération des  gens  des  Trois  Etats,  ordonné  que  les  deux 
articles  demeureraient,  par  provision,  comme  reconnus  par 
tous  les  assistants  pour  coutumes  anciennes. 

Même  décision  intervint  pour  l'article  suivant,  ainsi  conçu  : 
«  Item,  les  vassaux  doivent  à  leurs  périls  et  fortunes  faire  les 
jugements  esdites  assises  ensemble  en  tous  autres  cas  tant 
criminels  que  civils,  dont  les  procès  sont  faits  par  le  Bailli 
gouverneur  et  son  lieutenant.  »  Les  assises  de  chevaliers,  vé- 
ritables tribunaux  de  la  féodalité,  étaient  encore  en  pleine 
activité  en  Beauvoisis  du  temps  de  Beaumanoir  (1),  mais 
elles  semblent  êfre  depuis  lors  tombées  en  pleine  désuétude. 
Du  moins,  tous  les  feudataires  du  comté  protestèrent  à 
l'envi  (2),  renonçant  ainsi  volontairement  à  l'une  des  préro- 
gatives les  plus  appréciées  du  moyen-âge  :  le  jugement  par 
les  pairs.  Effrayés  de  l'obligation  de  payer,  en  cas  de  réfor- 
mation de  leur  jugement,  l'amende  de  mal  jugé,  ils  décla- 
rèrent qu'  «  oncques  ladite  coutume  n'avait  été  pratiquée,  que 
le  Roi  devait  faire  faire  justice  à  ses  dépens  par  des  officiers 
qui  ne  jugeaient  pas  à  présenta  péril  d'amende  ».  Ils  furent 
contredits  par  les  gens  du  Roi  qui  soutinrent  que  le  service 
des  assises  était  une  charge  inhérente  d'ancienneté  aux  dé- 
tenteurs des  fiefs.  Maintenu  en  principe,  le  régime  des  assises 
ne  tarda  pas,  du  reste,  à  disparaître,  il  n'était  plus,  au  xviii* 
siècle,  qu'à  l'état  de  souvenir  en  Beauvoisis.  Le  commentateur 


(1)  Capitro  I  Do  l'oftice  as  Bailli,  d"  13  et  14  «  Tout  aions  nous  parlé 
des  lieus  où  11  Baillis  font  les  jugoniens  il  n'en  est  nul  a  la  Comté  de 
Clermont  qui  les  fnce,  aincois  doivent  eslre  fel  tout  li  jugement  par  les 
homes  de  le  cort  de  fief.  » 

(2)  La  protestation  fut  faite  au  nom  .de  Charles  de  Roye,  seigneur  de 
Conty,  Adrien  de  BoulTlers,  co-seigneur  de  Milly,  la  dame  de  Remy, 
Gournay  et  Moyennevillc,  les  seigneurs  do  SaintRemy,  d'Avrigny  de 
Beronnelle,  d'Ons-en-Bray,  de  Rantigny  et  Pouilleuse,  d'Etouy  el  de 
Méry,  de  Rouvillers  de  Gicourt,  Lilz  el  Boullencourt,  de  Noroy  de  Ro- 
lelen,  de  RonqueroUes  et  Nointcl,  d'Ansac,d'Ars,  d'Auviller,  et  par  les 
abbés  et  couvent  d'Ourscamps  et  de  Froidmont. 


Digitized  by 


Google 


i  ■    V^i 


LA   REFORMATION   DE   LA  CO 

de  la  Coutume  de  Senlls,  l'avocat   du 
constate  qu'elles  furent  tenues  pour  la 
vembre  1662,  dans  cette  ville. 

De  même  que  pour  la  rubrique  des  «  J 
des  «  Délits  »,  la  rédaction  proposée  tend 
accroître  le  droit  du  Comte  de  prendre 
naissance  des  affaires  qui  étaient  de  la 
vassaux.  Ce  droit  fut,  après  discussion,  re 
étroites  limites.  Les  gens  du  Roi  n'avaiei 
aux  vassaux  dans  leurs  fiefs,  au  profit  c 
lice,  moyenne  et  basse. 

La  Coutume  réformée  de  1539  ne  reprod 
de  celle  de  1496,  relative  aux  Clercs  et  à  ] 
article  ccxliv  se  borne  à  préciser  les  obi 
meurs  à  l'égard  des  églises  paroissiales. 

Aux  livres  qu'ils  étaient  tenus,  par  l'ai 
fournir  à  ces  églises  pour  la  célébration 
grec,  le  missel,  l'antiphonaire,  le  légend 
ajoute,  du  consentement  de  tous  les  Etats 
tôlier  (1). 

Après  des  réserves  générales  du  ca 
évèquede  Beauvais,  à  cause  des  prérogal 
lui  appartenant,  en  sa  qualité  de  chef  de 
dans  la  circonscription,  des  seigneurs 
Noinlel,  de  Sarcus,  d'Achy,  de  Grincouri 
pitre  de  Saint-Barthélémy  de  Beauvais  e 
au  nom  de  leurs  droits  patrimoniaux  i 
commissaires  du  Roi  déclarèrent  l'Asseï 
dèrent  à  la  promulgation  des  Coutumes  ( 


(1)  Les  marguilliers  des  Eglises  avaient  droit 
saisie  des  dtmcs  pour  l'exécution  de  celle  dispo 

(2)  Les  ^0  articles  étaient  répartis  en  22  r 
titres  :  des  adjournements,  de  retrait  lignagcr, 
hypothèques  ;  de  complainte  en  cas  de  saisii 
simple  saisine,  d'arrêts  d'exécution  et  de  criée 
matière  féodale,  de  ccnsive  et  champars  ;  d 
entre  vifs,  de  testaments,  de  successions;  de  doi 
de  communauté  de  biens  ;  de  tuteurs  et  curatei 
minences  d'icelles  ;  des  délits,  des  matières  ( 
égouts,  vues  et  autres  servitudes  ;  des  divers 


Digitized  by 


Google 


^ 


44  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN  BEAUVOISIS 

tées  sur  un  registre,  au  pied  duquel  le  greffier  inscrivit  la 
mention  suivante  :  «  Les  Coustumes  et  articles  cydessus 
escrits  ont  été  leues  et  publiées  en  l'auditoire  du  Bailliage  et 
Gouvernement  du  Comté  de  Clermonl,  par  Pierre  Duval, 
greffier  ordinaire  dudit  Bailliage,  par  l'ordonnance  et  es  pré- 
sence de  nous  André  Guillart,  conseiller  du  Roi  notre  sire  et 
maître  des  requêtes  ordinaires  de  son  hôtel,  et  Nicolle  Thi- 
bault, aussi  conseiller  dudit  seigneur  et  son  procureur  géné- 
ral, commis  et  députés  par  ledit  seigneur  pour  faire  l'acte  de 
ladite  publication  et  es  présences  de  maître  François  d'Argi- 
llère,  lieutenant  es  lois,  seigneur  de  Valescourt,  lieutenant 
général  dudit  Baillif,  gouverneur  dudit  Clermont;  Jean  Gayant, 
advocat,  et  Pierre  Gayant,  Procureur  du  Roi  audit  lieu,  et  de 
plusieurs  autres,  tant  prélats,  gens  d'Eglise,  nobles,  officiers 
du  Roy,  advocats,  praticiens,  bourgeois,  et  autres  du  tiers  état 
escrits  et  nommés  en  nostre  Procès  verbal  sur  ce  fait.  Après 
laquelle  publication  avons  enjoint  aux  dessus  dits  et  à  tous 
autres  subjets  et  coulumiers  audit  comté  de  Clermont  de 
doresnavant  garder  et  observer  comme  loys  desdites  Cou- 
tumes publiées  et  arrêtées  et  faicl  delTense  de  n'alléguer 
austres  Coutumes.  Et  outre  avons  fait  deffense  auxdils  lieu- 
tenant, juges  et  officiers  du  Roi,  et  autres  advocats,  practi- 
ciens  et  coustumlers  dudit  Bailliage  que  dorénavant  pour  la 
preuve  des  dictes  coustumes  publiées,  ils  ne  facent  aucunes 
preuves  par  turbes  (1)  ou  tesmolns  particuliers,   que   par 

sures,  autres  coutumes  (formalités  pour  renoncer  à  héritages,  vente  de 
l'héritage  baillé  à  loyer,  cas  de  répit,  obligation  des  gros  décimateurs). 
Les  Coutumes  générales  du  Bailliage  de  Clermont  en  Beauvoisis  et  de 
tout  le  ressort  d'icoluy  ont  été  publiées  par  Galiot  du  Pré  et  Jehan 
André,  libraires  à  Paris,  en  1540,  dans  un  recueil  contenant  également 
les  coutumes  de  Senlis  et  du  duché  de  Valois.  Même  publication  a  été 
faite,  en  1637,  par  Michel  Blageart,  libraire  à  Paris,  (jui  y  a  joint  les 
annotations  de  Charles  du  Moulin.  Les  trois  coutumes  ont  été  com- 
mentées par  Laurent  Bouchel,  avocat  au  Parlement  en  1631.  Elles 
figurent  à  la  suite  l'une  de  l'autre  dans  le  nouveau  Coutumier  de  Ri- 
chebourg,  t.  II.  J'ai  déjà  mentionné  la  conférence  des  coutumes  obser- 
vées en  Beauvoisis  (Amiens,  Senlis,  Clermont  et  Montdidier),  que  Pierre 
Louvet  a  publiée,  en  1615,  k  Beauvais,  chez  Godfroy  Valet,  imprimeur- 
libraire. 

(I)  L'enquête  par  turbes  a  été  abrogée  définitivement  par  le  litre  13 
de  l'ordonnance  de  1667. 


Digitized  by  LjOO^ IC 


45  LA  RÉFORMATION  DE  LA  COUTUME 

l'exlraict  d'icelles  signé  du  grefller  dudit  Bailliage  deument 
expédié  ainsi  que  plus  amplement  il  est  contenu  au  Procès 
verbal  sur  ce  fait.  En  témoin  desquelles  choses  nous  avons  cy 
mis  nos  seings  manuels  et  fait  signer  par  lesdits  Lieutenant 
général,  advocat  et  procureur  du  Roy  et  le  dit  greffier,  le 
sixième  jour  de  septembre  l'an  mil  cinq  cent  trente-neuf, 
signé  :  A.  Guillart,  N.  Thibault,  F.  d'Argilière,  J.  Gayant, 
P.  Gayant  et  Duval.  » 

Le  procès-verbal  auquel  il  était  renvoyé  se  terminait  par  la 
déclaration  des  commissaires  que  la  publication  était  faite 
«  sans  préjudice  des  oppositions  cy-dessus  rédigées  par  escrit 
dont  n'a  esté  par  nous  discuté,  pour  ausquelles  procéder  ainsi 
qu'il  appartiendra  par  raison,  avons  renvoyé  les  parties  en 
ladite  Cour  du  Parlement  au  lendemain  de  la  Saint-Martin 
d'hiver  prochainement  venant  ». 

Le  renvoi  ne  paraît  pas  avoir  été  suivi  d'effet.  J'ai  vaine- 
ment cherché  aux  Archives  nationales,  dans  les  registres  du 
Parlement,  trace  de  la  présentation  et  du  jugement  de  ces 
oppositions  ;  même  lacune  existe  en  ce  qui  concerne  l'homo- 
logation de  la  Coutume  de  Glermont. 

Elle  n'en  a  pas  moins  été  suivie  et  appliquée,  conformé- 
ment à  la  doctrine  rappelée  en  ces  termes  par  l'ancien  juris- 
consulte Louet  :  «  Les  Coutumes  ne  s'apportent  pas  au 
Parlement  pour  y  être  homologuées  et  vérifiées,  mais  seule- 
ment pour  y  être  gardées  par  forme  de  dépôt  public.  » 

Consultée  par  voie  de  référendum  sur  la  législation  civile 
qui  la  devait  régir  et  qu'avalent  progressivement  constituée 
les  usages  de  ses  pères,  la  ptjpulation  avait  répondu  et  sa  ré- 
ponse eut  force  de  loi  pendant  deux  siècles  et  demi  (1). 

Comte  DE  LUÇAY. 


(i)  «  Les  coutumes  ont  droit  à  la  reconnaissance  de  la  postérité  non 
seulement  parce  qu'elles  fixèrent  le  droit  civil,  mais  parce  que,  seules 
entre  toutes  les  lois  de  leur  temps,  elles  régirent  la  législation  française 
pendant  trois  siècles  et  qu'elles  préparèrent,  en  fortifiant  le  droit  coutu- 
mier,  le  bienfait  inappréciable  de  l'unité  législative.  »  Gorges  Picot, 
Histoire  des  Etats  Généraux,  t.  II. 


Digitized  by 


Google 


46  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT   EX   BE.\CVOISIS 

ANNEXE    I 
La  Succetsioii  du  Connétable  de  Boorfoon  (1) 

L'histoice  tragique  du  connétable  de  Bourbon  est  trop  uni- 
versellement connue  pour  que  nous  puissions  avoir  la  pensée 
d'en  présenter  ici  le  résumé  même  le  plus  succinct  Si  quel- 
que lecteur  désirait  s'en  remettre  les  détails  en  mémoire, 
nous  ne  saurions  d'ailleurs  mieux  faire  que  de  l'engager  à  se 
reporter  au  récit  tracé  de  la  main  de  Brantôme. 

Il  est  toutefois  un  côté  du  tableau  que  généralement  les 
contemporains,  et  plus  encore  les  écrivains  modernes,  ne 
semblent  pas  avoir  peut-être  mis  autant  qu'il  convenait  en 
lumière.  Nous  voulons  parler  de  la  grande  contestation  judi- 
ciaire (2)  qui  fut ,  sinon  l'origine  des  mécontentements  du 
connétable,  du  moins  l'une  des  causes  déterminantes,  pour  ne 
pas  dire  la  principale,  du  parti  désespéré  qu'il  embrassa 
en  1523,  parti  qui,  pour  la  France  comme  pour  lui-même,  eut 
les  fatales  conséquences  que  l'on  sait. 

C'est  à  cette  contestation  que  se  rapporte  le  document  qui 
fait  l'objet  du  présent  mémoire.  Il  est  inédit,  nous  le  croyons 
du  moins,  et  se  trouve  actuellement  conservé  aux  Archives 
nationales.  Pour  sa  complète  intelligence,  il  est  nécessaire 


(1)  Notice  extraite  du  Recueil  publié  eu  1884  par  la  Société  de 
l'Histoire  de  France,  à  l'occasion  du  cinquantième  anniversaire  de  sa 
fondation. 

(2)  Sur  cette  question,  cf.  Pasquicr,  Les  Recherches  de  la  France  ; 
Dupuy,  Traitez  concernant  l'histoire  de  France,  Ifôi,  et  touchant  les 
droits  du  Roy,  lfô5  ;  La  Mure  et  Chantelauze,  Histoire  des  comtes  de 
Forez,  ducs  de  Bourbon  ;  Mignet,  Rivalité  de  Charles-Quint  et  de  Fraf^- 
,çois  I*^.  Huillard-Bréholles  et  M.  Lecoy  de  la   Marche  ont  publié  an 

Inventaire  des  titres  de  la  Maison  de  Bourbon,  auquel  nous  avons 
emprunté  la  mention  de  la  plupart  des  actes  cités  dans  le  présent  mé- 
moire, sans  croire  nécessaire  d'indiquer  sous  chacun  d'eux  la  cote  qu'ils 
portent  audit  inventaire. 


DigitizedbyVjOO^lC     ._^ 


LA  SUCCESSION   DU   CONNETABLE 

d'entrer  dans  certaines  explications  pré 
rons  en  sorte  de  les  étendre  aussi  peu  ( 

Issue  de  Robert,  comte  de  Clermont-ei 
fils  de  saint  Louis,  la  maison  de  Bourbo 
dernières  années  du  xv*  siècle,  en  trois 
celle  des  ducs  de  Bourbon,  celle  des  coi 
et  celle  des  comtes  de  Vendôme. 

Cette  troisième  branche,  qui  s'était 
du  tronc  commun,  avait  alors  pour  ( 
Charles,  comte  de  Vendôme,  de  Soissoni 
versan,  seigneur  de  Condé.  Créé  en  fév 
de  Vendômois,  gouverneur  de  l'Ile-de-F 
cardle  (1519),  qu'il  défendit  avec  succè 
des  Impériaux  et  des  Anglais,  il  mou 
laissant,  au  dire  de  Brantôme,  la  répula 
et  sage  prince  et  bon  capitaine.  «  11  esto 
écrivain,  premier  prince  du  sang,  et  pj 
de  Bourbon  en  tout.  »  Le  fils  aîné  de  ( 
Antoine,  devint  roi  de  Navarre  par  son 
d'Albret.  A  la  môme  branche  de  Vendôi 
de  Bourbon,  prince  de  la  Roche-sur-Y< 
21  mars  1503,  d'autres  disent  1504,  Loui 
pensier,  sœur  aînée  du  connétable. 

Quant  aux  ducs  de  Bourbon  et  aux  co] 
ils  avaient  pour  même  auteur  Jean  I" 
d'Auvergne,  comte  de  Çlermont,  de  Moe 
seigneur  de  Beaujolais,  de  Bombes  et  de 
mariage  avec  Marie  de  Berry  (24  juin  1^ 
lièrement  accroître  les  domaines  de  la 
en  même  temps  qu'il  avait  profondémei 
lions  et  le  caractère  de  son  apanage  prin 
duc  de  Berry,  se  voyant  sans  enfants  m 
de  novembre  1386,  disposé  en  faveur  d( 
son  décès,  de  tous  ses  biens  et  apanages 
sidération  du  mariage  de  sa  fille  Mari( 
bon,  Charles  VI,  par  lettres  patentes  de 
ce  que  les  duché  d'Auvergne  et  comté  < 
taisaient  partie  de  ces  biens,  fussent  aj 
priété  aux  nouveaux  époux,  sous  la  seul 


Digitized  by 


Google 


48  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT   EN   BEAUVOISIS 

retour  en  cas  d'extinction  de  leur  descendance  masculine.  La 
concession  royale  n'avait  pas  eu  toutefois  lieu  à  litre  pure- 
ment gratuit.  Louis  II,  duc  de  Bourbon,  avait  dû  s'engager  en 
échange  à  la  réversion  éventuelle  au  domaine  royal  du  Bour- 
bonnais, du  Forez  et  du  comté  de  Glermont-en-Beauvoisis, 
pour  le  cas  où  son  fils  Jean  ou  les  enfants  mâles,  issus  du 
mariage  de  ce  dernier  avec  Marie  de  Berry,  iraient  de  vie  à 
trépas  sans  hoirs  mâles  (1). 

Jean  I"  et  sa  femme  confirmèrent,  par  déclaration  du  mois 
de  Juillet  1400,  les  dispositions  prises  par  Louis  II.  Autant  en 
fit,  le  13  août  1425,  Charles,  comte  de  Clermont,  leur  fils  aîné. 
Devenu  en  1433  duc  de  Bourbon  et  d'Auvergne,  celui-ci  assi- 
gna à  son  frère  cadet  Louis,  comme  apanage,  divers  bien  de 
la  succession  paternelle,  entre  autres  le  comté  de  Montpen- 
sier.  Mais  le  jeune  prince,  ne  considérant  pas  comme  suffi- 
sante la  part  héréditaire  qui  lui  était  attribuée,  protesta  et 
porta  la  question  devant  le  Parlement.  Le  procès  était  encore 
pendant  àrla  mort  du  duc  Charles  (décembre  1456).  Une  trans- 
action du  22  mars  1459  le  termina.  Moyennant  un  supplé- 
ment d'apanage,  le  comte  de  Montpensier  renonça  à  tous  ses 
droits  successoraux  au  profit  de  son  neveu  Jean  IL  Cette  re- 
nonciation, dans  les  termes  où  elle  était  conçue,  eût  semblé 
pouvoir  s'étendre  même  â  la  substitution  prévue  par  les  lettres 
de  mai  1400.  Elle  provoqua,  en  1489,  de  la  part  de  Gilbert,  fils 
et  héritier  de  Louis,  une  protestation  par  voie  judiciaire, 
protestation  à  laquelle  Pierre  II,  duc  de  Bourbon,  consentit 
à  faire  droit,  par  un  acte  récognitif  du  19  mars  de  ladite 
année.  Gilbert,  comte  de  Montpensier,  mourut  en  novem- 
bre 1496,  au  royaume  de  Naples,  où  Charles  VII  l'avait  établi 
vice-roi.  Il  laissait  de  Claire  de  Gonzague,  entre  autres  en- 
fants :  Louis,  comte  de  Montpensier,  mort  en  1501,  sans 
alliance  ;  Louise,  mariée  en  1503,  comme  nous  l'avons  dit, 
au  prince  de  la  Roche-sur- Yon  ;  Renée,  qui  épousa,  le  26 
juin  1515,  Antoine,  duc  de  Lorraine  et  de  Bar  ;  et  Charles  III, 


(i)  Les  lettres  de  Louis  II,  eo  date  du  mois  de  mai  1400,  ont  été 
reproduites  dans  notre  Etude  sur  le  comté  de  Clermont-en-Beau^ 
voisis,  1878, 


Digitized  by 


Google 


LA   SUCCESSION    DU   CONNKT/*"' »•'   '^«''   otMivtor.^- 

le  connétable,  né  le  17  février  1489 
de  sa  branche,  en  mai  1505,  ceux 
Bourbon  par  son  mariage  avec  Si 
branche,  aoni  il  nous  reste  maintei 

Charles,  duc  de  Bourbonnais  et  « 
premier  comte  de  Montpensier,  n 
ayant  eu  d'Agnès  de-Bourgogne  un( 
de  ses  filles,  Isabelle,  épousa  Char 
Bourgogne;  l'autre,  Catherine,  A( 
Gueldres;  la  plus  jeune,  Margue 
Baugé  et  seigneur  de  Bresse,  qui  de 
Cette  dernière  donna  naissance,  en 
qui,  le  16  février  1488,  fut  fiancée  e 
lois,  comte  d'Angoulôme,  par  les 
Beaujeu,  laquelle  devait  un  jour  a^ 
repentir.  Gréée  duchesse  d'Ango 
aussitôt  son  avènement  à  la  couron: 
en  outre  de  son  fils,  le  15  avril  1524 
d'Anjou  et  de  Nemours,  ainsi  que  ( 

Deux  des  fils  de  Charles  de  Boui 
après  l'autre,  dans  ses  biens  et  apaii 

Jean,  l'alné,  mourut  le  1"  avril  14: 
dance  légitime,  bien  qu'il  eût  été  n 
contraint  et  forcé  il  est  vrai,  il  aval 
son  frère  Pierre,  sire  de  Beaujeu, 
Beauvoisis  et  la  baronnie  de  Beauj 
vait  alors,  et  depuis  les  premiers  ir 
de  France,  fille  aînée  de  Louis  XI, 
qui,  suivant  la  juste  remarque  de 
dextremenl  choisir  ses  advantages 
parchemin,  que  ses  prédécesseurs 
eu  garde  de  ne  pas  faire  insérer  da 
du  3  novembre  1473  la  clause  aux  te 
biens  patrimoniaux  de  la  maison  d( 
1400,  transformés  en  simples  apana, 
singulièrement  restreindre  les  term 
des  droits  de  la  branche  de  Montpe 
ronne  pour  le  cas  où  Pierre  et  sa  f 
d'héritiers  mâles. 


Digitized  by 


Google 


50  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN  BEAUVOISIS 

La  mort  de  Jean  II  et  la  renonciation  de  Charles  de  Bour- 
bon, cardinal-archevêque  de  Lyon,  son  autre  frère  plus  âgé, 
rendirent,  en  148Ç,  Pierre  de  Beaujeu  maître  de  tout  l'héri- 
tage de  la  branche  aînée  de  Bourbon,  dont  il  s'empressa  de 
rendre  hommage,  le  29  avril,  à  Charles  VIII.  Les  libéralités 
royales  avaient  du  reste,  à  cette  époque,  notablement  accru 
ses  possessions  et  celles  de  sa  femme.  Malheureusement  leur 
union  n'avait  pas  été  féconde,  et  le  décès  en  bas  âge  de  leur 
fils  unique,  Charles,  comte  de  Clermont,  menaçait  d'ouvrir 
au  profit  du  domaine  royal  la  réversion  stipulée  dans  leui\, 
contrat  de  mariage.  Ils  se  pourvurent  auprès  de  leur  frère  \ 
et  beau-frère  et  en  obtinrent  des  lettres  dérogatoires,  datées 
d'août  1488,  les  autorisant  à  disposer  de  leurs  biens  par  telle 
donation  mutuelle  et  perpétuelle  qu'ils  jugeraient  à  propos. 
Ce  furent  ces  lettres  qui  provoquèrent  la  protestation  de 
Gilbert  de  Monlpensier  et  l'acte  récognitif  dont  nous  avons  \ 

parlé.  i 

La  naissance  d'une  fille,  Suzanne  (10  mai  1491),  ne  pouvait 
que  faire  désirer  davantage  au  duc  et  à  la  duchesse  de  Bour- 
bon la  reconnaissance  et  la  confirmation  par  Louis  XII,  à 
son  avènement,   de    la    faculté   que    leur  avait  concédée 
Charles  VIII.  Disposé  à  prouver  à  la  dame  de  Beaujeu  qu'il 
ne  songeait  pas  à  venger  les  injures  du  duc  d'Orléans,  le 
nouveau  roi  s'empressa  de  déclarer  que,  sans  égard  au  con- 
trat du  3  novembre  1473,  non  plus  qu'à  la  donation  éventuelle 
consentie  par  Louis  II,  Suzanne  et  les  filles  à  naître  du  ma- 
riage du  duc  et  de  la  duchesse  de  Bourbon  seraient  aptes  à 
succéder  aux  duchés  de  Bourbonnais  et  d'Auvergne  en  même 
temps  qu'au  comté  de  Clermont-en-Beauvoisis.  (Mai  1498.) 
La  déclaration  royale  suscita  une  double  opposition,  l'une 
du  procureur  général  au  nom  de  la  couronne,   l'autre  de 
Louis,  comte  de  Montpensier,  l'alné  des  héritiers  de  Gilbert. 
Le  Parlement  donna  acte  à  ce  dernier  de  son  Intervention 
et  n'enregistra,  après  plusieurs  lettres  de  jussion,   qu'in- 
complètement, et  seulement  en  ce  qui  regardait  les  droits 
du  roi. 

Pierre  II  mourut  à  Moulins  le  10  octobre  1503,  ayant  fiancé 
sa  fille,  par  traité  de  mars  1501,  à  Charles  de  Valois,  duc 
d'Alen<;on.  Le  12  août  1504,  le  prince  de  la  Roche-sur- Yon^ 


Digitized  by 


Google 


LA  SUCCESSION   DU   CONNÉTABLE   I>E  BOUHBON  51 

au  nom  de  son  beau-frère,  Charles  de  Bourbon,  devenu 
chef  de  la  branche  de  Monlpensler  par  la  mort  du  comte 
Louis,  obtint  des  lettres  royaux  l'autorisant  à  ajourner  la 
duchesse  de  Bourbon  pour  faire  valoir  les  droits  que  la  sub- 
stitution de  1400  pouvait  lui  conférer  sur  la  succession  du  feu 
duc  Pierre. 

Louis  XII  résolut  d'éloulïer  le  différend  et  de  confondre  les 
droits  respectifs  des  deux  branches  en  unissant  Charles  et 
Suzanne,  à  la  main  de  laquelle  il  lit  renoncer  le  duc  d'Alen- 
çon.  Le  contrat  fut  signé  le  26  février  1505.  Les  deux  futurs* 
époux,  de  l'exprès  agrément  du  roi,  se  firent  donation  mu- 
tuelle de  tous  et  chacun  leurs  biens  présents  et  à  venir,  au 
survivant  l'un  de  l'autre,  comme  pareillement  fit  la  duchesse 
Anne  de  tous  les  biens  dont  elle  n'aurait  pas  disposé  à  l'époque 
de  son  décès. 

Duc  de  Bourbonnais  et  d'Auvergne,  comte  de  Clermont- 
en-Beauvoisis,  de  Montpensier,  de  Forez,  de  la  Marche  et 
de  Clermont-en-Auvergne ,   dauphin  d'Auvergne,     vicomte 
;  de  Châtellerault,  de  Cariai  et  de  Murât,  seigneur  souverain 

î  de  Bombes,  seigneur  de  Beaujolais,  de  Combrailles,  de  Mer- 

cœur,  d'Annonay,  de  la  Roche-en-Reinier  et  de  Bourbon- 
!  Lancy,  Charles  de  Montpensier  se  trouvait  à  seize  ans  le  plus 

J  grand  seigneur  terrien  du  royaume.  Possesseur  d'un  véri- 

J  table  Etat,  il  y  exerçait  des  droits  quasi-régaliens,  et  faisait  la 

'  figure,  comme  il  avait  la  puissance,  d'un  des  anciens  grands 

I  vassaux  de  la  couronne.  Au  moment  de  son  mariage,  Louis  XII 

j  l'investit  de  l'ofTice  de  grand  chambrier  de  France,  hérédi- 

taire depuis  le  quatorzième  siècle  dans  la  maison  de  Bour- 
.  bon  :  il  lui  donna  encore  le  gouvernement  du  Languedoc. 

I  François  I",  en  montant  sur  le  trône,  lui  confla  l'épée  de 

I  connétable  (12  janvier  1515).  «  Jamais  seigneur  en  ceste  France, 

dit  Pasquier,  n'estant  fils  de  Roy,  n'estoit  arrivé  à  si  haut 
degré  de  fortune  que  luy.  »  Sa  valeur  à  la  journée  de  Mari- 
gnan,  sa  conduite  comme  vice-roi  du  Milanais,  témoignèrent 
1  qu'il  n'en  était  pas  indigne. 

Mais  le  monarque,  qui  lui  avait  d'abord  «  fait  merveilleu- 
sement bonne  chère  »  à  son  retour  d'Italie,  ne  tarda  pas  à 
changer  de  sentiment  à  son  égard.  L'existence  fastueuse  et 
indépendante  du  connétable,  la  liberté  avec  laquelle  il  cen- 


Digitized  by 


Google 


•v-wp 


52  LE  COMTE  DE  CLEHMONT   EN   BEAUVOISIS 

surait  les  actes  du  gouvernement,  offusquaient  et  irritaient 
François  I",  trop  enclin  d'ailleurs  à  céder  aux  suggestions  de 
sa  mère,  laquelle  poursuivait  à  la  fois  la  vengeance  d'une 
passion  dédaignée  et  la  revanche  de  l'ascendant  exercé  par 
Anne  de  Beaujeu  à  la  cour  sous  les  règnes  précédents.  La 
mort  prématurée  de  Suzanne  (23  avril  1521)  vint  fournir  à  la 
duchesse  d'Angoulême  l'occasion  la  plus  favorable  qu'elle 
eût  pu  souhaiter.  La  jeune  duchesse  de  Bourbon,  qui  suivait 
de  près  dans  la  tombe  trois  enfants  décèdes  en  bas  âge,  avait, 
par  testament  du  15  décembre  1519,  inslitué  son  mari  pour 
héritier  universel,  confirmant  expressément  sur  ce  point  les 
conventions  portées  en  leur  contrat  de  mariage.  Afin  de  mieux 
assurer  à  son  gendre  la  succession  de  la  branche  aînée  de 
Bourbon,  Anne,  tout  en  lui  consentant  la  délivrance  de  son 
legs,  se  porta  héritière  ab  intestat  de  sa  fille.  En  même 
temps,  par  testament  du  1"  juillet  1521,  elle  instituait  à  son 
tour  Charles  pour  légataire  universel,  lui  substituant,  s'il 
venait  à  mourir  sans  enfants,  Louis  de  Bourbon,  fils  aîné 
du  prince  de  la  Roche-sur- Yon  et  de  Louise  de  Bourbon- 
Montpensier.  A  la  même  date,  le  connétable  fit  un  acte  iden- 
tique, en  faveur  tant  de  sa  belle-mère,  pour  le  cas  où  elle  lui 
survivrait,  que  de  son  neveu. 

Nonobstant  toutes  ces  précautions,  malgré  les  titres  incon- 
testables que  conféraient  à  Charles  de  Bourbon  la  substitu- 
tion de  1400  et  les  clauses  insérées  dans  son  contrat  de  ma- 
riage avec  l'approbation  de  Louis  XII,  ainsi  que  les  disposi- 
tions testamentaires  de  sa  femme  (1),  malgré  les  titres  que 
pouvait  subsidiairement  invoquer  la  duchesse  douairière 
Anne,  Louise  de  Savoie,  arguant  de  sa  qualité  de  cousine 
germaine  de  la  défunte  (2)  et  plus  proche  lignagère,  prétendit 


(i)  ((  Le  double  droit  du  connétable  ne  paraissait  pas  douteux  ;  il  lui 
était  assuré  par  la  loi  monarchique  des  apanages  en  ce  qui  concernait 
les  grands  fiefs  de  sa  maison,  restés  ou  devenus  masculins,  par  la  loi 
romaine  et  par  l'usage  en  ce  qui  concernait  les  possessions  dont  les 
femmes  pouvaient  être  héritières  ou  donatrices.  »  (Mignet,  Rivalité  de 
Charles-Quint  et  de  François  /".) 

(2)  La  qualité  de  cousin  germain  appartenait  également  à  Charles 
d'Egmont,   duc  de   Gueldres,  flls  de  Catherine  de  Bourbon.   Mais  ce 


Digitized  by  LjOO^ IC 

.     -^ J  JiiMhJMiri 


LA  SUCCESSION   DU   CONNÉTABLE  DE   BOURBON 

à  sa  succession,  el,  dans  l'an  et  jour  de  son  décès,  se 
complaignante  en  cas  de  saisine  et  de  nouvellelé.  Elle 
soutenue  et  poussée  dans  cette  voie  par  le  chanceli( 
Prat,  lequel  lui  donnait  à  entrevoir,  outre  l'éventuali 
faire  prévaloir  les  droits  qu'elle  tenait,  soit  de  la  (;oi 
générale  de  France,  soit  des  coutumes  particulière 
pays  où  les  biens  étaient  assis,  la  possibilité  de  réduii 
adversaires  à  merci  par  l'intervention  du  roi ,  réch 
l'exécution  du  contrat  de  1473  en  même  temps  que  Tap 
tion  préalable  du  principe,  consacré  par  les  légistes,  ( 
souverain  ne  plaidait  jamais  dessaisi. 

Après  de  vaines  tentatives  d'accommodement,  l'alTai 
portée  devant  le  Parlement,  le  1i  août  1522,  puis  b 
ajournée  au  lendemain  de  la  Saint-Martin,  sur  arrêl 
cour  ordonnant  qu'entre  temps  communication  des  titi 
faite  au  procureur  général,  lequel  l'avait  réclamée, 
qu'il  pourrait  advenir  que  nul  que  le  roi  n'eût  droit  aux 
contestés. 

La  duchesse  Anne  était  intervenue  dans  cette  pre 
instance.  Elle  mourut  avant  que  le  procès  n'eût  été  reï 
14  novembre  1522,  au  château  de  Chantelle-en-Bourbo 
à  l'âge  de  soixante  et  un  ans.  Le  6  du  même  mois,  elle 
par  acte  entre  vifs,  fait  de  nouveau  une  donation  univi 
à  son  gendre  de  tous  ses  biens. 

La  cause,  appelée  le  11  décembre,  fut  défmiliv 
plaidée  le  22  février  1523.  Guillaume  Poyel,  avocat 
reine  mère,  depuis  chancelier  de  France  (1538),  parla 
la  proximité  de  lignage  :  François  de  Montholon,  q 
nommé  en  1542  garde  des  sceaux,  soutint  les  droits  ( 
masculinité  et  la  substitution  de  1400  donnaient  à  la  bi 
de  Montpensier.  Pierre  Lizet,  avocat  du  roi,  expos? 
que  la  couronne  tenait  des  institutions  contractuelles  d 
Il  requit  la  réunion  immédiate  des  comtés  et  seigri 


prince  n'intervint  pas  à  l'instance,  peut-être  à  cause  de  son  ca 
û'aubain.  C'est  du  moins  la  fin  de  non-recevoir  que  Louise 
voie,  dans  l'un  de  ses  mémoires,  opposa  à  l'éventualité  de  ses  i 
cations. 


Digitized  by 


Google 


54  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN   BEAUVOISIS  ' 

que  Louis  XI  avait  concédés  au  sire  de  Beaujeu  et  à  sa 
femme,  mais  dont  celle-ci,  disait-il,  n'avait  pas  eu  la  faculté 
de  disposer  eu  faveur  de  Charles  de  Bourbon. 

François  I"  n'attendit  pas,  sur  ce  dernier  point,  la  décision 
des  juges.  Dès  le  11  décembre  1522,  considérant  la  réunion 
comme  acquise,  il  avait  attribué  à  sa  mère  la  jouissance  du 
comté  de  Gien.  Le  26  juin  1523,  il  lui  fit  don  du  comlé  de  la 
Marche,  des  vicomtes  de  Murât  et  de  Cariai,  ainsi  que  de 
la  seigneurie  de  Montaigu-en-Combrailles.  Montholon,  au 
nom  de  son  client,  s'opposa  à  l'entérinemenl  des  lettres  pa- 
tenles  de  ce  don  ;  mais  il  n'obtint  qu'un  ajournement,  et, 
quelques  semaines  après,  au  commencemenl  du  mois  d'août, 
un  arrêt  appointait  les  parties  au  Conseil  pour  la  justifica- 
tion de  leurs  droits,  et  cependant,  par  provision,  ordonnait 
que  tous  les  biens  en  litige  seraient  placés  sous  séquestre. 
«  Ce  n'estoil  pas,  fait  observer  Pasquier,  saisir  le  Roy,  mais 
bien,  mettant  toutes  ces  duchez,  comtez,  vicomlez,  baronnies 
et  seigneuries  en  main  tierce,  c'estoit  une  provision  qui 
sembloil  réduire  au  petit  pied  deninitivement  la  grandeur 
du  connestable.  Quoy  faisant,  combien  que  la  mère  du  Roy 
deust  avoir  la  moindre  part  au  gasteau,  si  obtint-elle  vic- 
toire de  ses  pensées,  s'estant  par  ce  moyan  vangée  de  celuy 
que,  pour  avoir  desdaigné  son  mariage,  elle  avoit  sur  tous 
les  hommes  du  monde  à  contre-cdnir.  Vengeance  qui  fut  de- 
puis chèrement  vendue  à  la  France.  » 

Nous  ne  saurions  suivre  Pasquier  dans  l'intéressant  récit 
qu'il  continue  des  tragiques  aventures  du  connétable  de 
Bourbon,  lorsque,  poussé  h  bout  par  l'arrêt  de  séquestre  (1). 


(I)  Cet  arrôt  était-il  justifié?  Lo  violl  auteur  que  nous  venons  de 
citer  se  pose  la  question,  et  la  résout  anirinativcment,  mais  par  des 
considérations  qui  veulent  être  indiquées  :  «  J'estime  que  l'arrest  esloil 
juste,  encores  qu'un  espinocheur  pourroit  par  avanture  dire  qu'il  n'y 
avoit  pas  grand  lieu  de  séquestrer,  ...ny  de  déposséder  par  provision 
ce  prince...  Et  peut-être  adjoustera  t-il  que  Dieu,  pour  venger  celte 
injuro,  permeïl  que  nous  receusmes  depuis  le  désastre  de  la  journée  de 
Pavie.  Jà  à  Dieu  ne  plaise  «fue  je  sois  de  cesle  opinion  :  car,  quand  un 
arrest  est  passé,  je  seray  des  disciples  de  Pythagorns  :  il  l'a  dit,  doncques 
il  faut  y  ad  jouter  foy.  » 


Digitized  by 


Google 


LA  SUCCESSION  DU  CONNÉTABLE  DE  BOURBON  55 

ce  prince  se  fut  décidé  à  prêter  l'oreille  aux  propositions  de 
l'empereur  Charles-Quint,  et  à  signer  avec  lui  et  avec 
Henri  VIII  d'Angleterre  les  coupables  traités  que  l'on  con- 
naît (18  juillet  et  13  septembre  1523).  Nous  dirons  seulement 
qu'en  même  temps  que  ses  complices  étaient  appréhendés 
et  traduits  en  jugement  (1),  il  fut  décrété  de  prise  de  corps, 
ajourné  à  comparaître  dans  les  trois  jours  en  personne  de- 
vant le  Parlement,  sous  peine  de  bannissement  et  de  confis- 
cation de  corps  et  de  biens,  et  la  cour  autorisée  à  instruire 
contre  lui,  nonobstant  sa  qualité  de  pair  de  France,  son  procès 
pour  rébellion,  félonie  et  crime  de  lèse-majesté  au  premier 
chef.  (Lettres  patentes  du  25  juin  1524.) 

Le  procès  se  poursuivait  quand  survint  le  traité  de  Madrid 
(14  janvier  1526).  Un  article  de  ce  traité  stipulait  la  réinté- 
gration du  duc  de  Bourbon  dans  tous  les  duchés,  comtés 
et  seigneuries  qu'il  possédait  à  son  départ  de  France,  avec 
faculté  de  continuer  à  en  jouir  hors  du  royaume,  même  au 
service  de  l'Empereur.  Le  roi  et  sa  mère  s'engageaient  à  sur- 
seoir, sa  vie  durant,  à  toutes  réclamations  et  actions  relatives 
à  l'héritage  de  la  branche  aînée  de  Bourbon.  Les  procédures 
entamées,  les  sentences  prononcées  contre  ses  amis,  alliés 
et  serviteurs,  devaient  être  considérées  comme  nulles  et  de 
nul  effet. 

Les  conventions  qui  concernaient  le  connétable  avaient  été 
déclarées,  par  le  traité  de  Madrid,  exécutoires  dans  un  délai 
de  six  semaines.  Elles  n'étaient  pas  encore  exécutées,  lors- 
qu'une arquebusade  retendit  mort, le 6  mail527,  surle*murs 
de  Rome,  à  la  tête  des  troupes  qu'il  menait  à  l'assaut.  Aussi- 
tôt qu'il  en  fut  informé,  François  I"  donna  plus  libre  cours 
qu'il  n'eût  convenu  peut-être  à  son  ressentiment.  La  cour  du 
Parlement,  réunie  sous  sa  présidence,  garnie  de  pairs  et  princes 
du  sang,  déclara  Charles  de  Bourbon  atteint  et  convaincu 
des  crimes  de  lèse-majesté,  félonie  et  rébellion ,  «  ordonna 
que  les  armes  et  enseignes  affixées  en  lieux  publicques  à  son 


(i)  Sur  le  sort  des  complices  du  connétable,  voir  Georges  Guiffrey  : 
Procès  criminel  de  Jehan  de  Poy tiers,  seigneur  de  Saint-Vallier.  Voir 
aussi  Bibliothèque  nationale,  mis.  coll.  Dupuy,  t.  484  et  485. 


Digitized  by 


Google 


^'W^^W 


56  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN   BEAUVOISI3 

honneur  en  ce  royaume,  terres  el  seigneuries,  seraient  rayées 
et  elTacées,  el  le  priva  de  la  oognominalion  de  ce  nom  de 
Bourl^on,  comme  ayant  iiotoiremenL  dégénéré  des  mœurs  et 
fidélité  des  antécesseurs  de  ladicle  maison  de  Bourbon,  en 
damnant  et  abolissant  sa  mémoire  et  renommée  à  perpétuité; 
et  déclara  au  surplus  tous  et  chacuns  les  biens  féodaux  qui 
appartenaient  audit  de  Bourbon,  tenuz  de  la  coroune  de 
F'rance  médiatement  ou  immédiatement,  estre  relouruez  à 
icelle,  et  tous  et  chacuns  les  autres  biens  meubles  et  immeu- 
bles confisquez  »  (i). 

L'arrêt,  signé  du  roi  el  du  chancelier  de  France,  fui  pro- 
noncé par  ce  dernier  le  27  juillet  1527,  les  portes  de  la 
chambre  où  se  tenait  le  lit  de  justice  grandes  ouvertes,  en 
présence  des  principaux  baillis  et  sénéchaux  du  royaume, 
spécialement  à  ce  mandés,  ainsi  que  d'un  nombre  infun  de 
gens,  non  seulement  de  diverses,  mais  de  toutes  nations  (2). 
Un  conseiller  fut  spécialement  commis  à  son  exécution  el  y 
procéda  dans  toutes  les  seigneuries  qui  avaient  appartenu  au 
connétable.  Toutefois  la  prise  de  possession  au  nom  de  la 
couronne  souleva  des  protestations  de  la  part,  tant  de  la 
princesse  de  la  Roche-sur- Yon  et  de  la  duchesse  de  Lorraine, 
S(eurs  et  hérilières  naturelles  du  duc  Charles,  que  de  Louise 
de  Savoie  et  du  du(!  de  Vendôme.  Ce  dernier  revendiquait, 
comme  devenu  l'aîné  de  la  maison  de  Bourbon,  le  comlé  de 
Clermonl-en-Beauvoisis  ainsi  que  celui  de  la  Marche,  et 
n'avait  consenti  à  siéger  au  lit  de  justice  que  sous  la  condi- 
tion *de  lettres  de  non-préjudice.  François  I"  les  lui  avait 
octroyées,  mais  n'en  tint  ensuite  aucun  compte. 

Il  devait  naturellement  réserver  un  tout  autre  accueil  aux 
réclamations  de  sa  mère.  Tel  fui  l'objet  d'une  transaction 
qu'il  passa  avec  elle  le  27  août  1527,  et  dont  nous  reproduisons 
intégralement  les  termes,  d'après  le  registre  U  796,  conservé 
aux  Archives  nationales. 


(1)  Archives  nationalos,  registre  U  796  el  81.*). 

(2)  Du  Tillol  :  Recueil  dea  rangs  dea  (irands  de  Fr(nu:e,  I60(î. 


Digitized  by  VjOOQIC 


LA  SUCCESSION  DU  CONNETABLE   DE  BOURBON  57 

TRANSACTION  FAICTE  ENTRE  LE  ROY   ET  MADAME 

A  tous  ccus  (jui  CCS  prcsontos  lectros  verront  Loys  Carquillault,  se- 
crétaire et  clerc  dos  offices  de  madame  Renée  de  France  (!)  et  parde 
du  scel  royal  de  la  baillie  de  Vermandois  estably  de  par  le  Roy  npstre 
sire  en  la  ville  et  prevosté  de  Chauny  (i  ,  salut.  Savoir  faisons  que, 
pardevanl  Symon  du  Blocq  et  Loys  (iuybon  le  jeune,  notaires  jurez 
commis  et  eslabliz  de  par  le  Roy  nostredit  seigneur  en  ladicte  ville  et 
prevostê  de  Chauny,  ont  esté  personnellement  establiz  tr^s  hault,  très 
puissant  et  excellant  prince  l'rançoys,  par  la  grâce  de  Dieu  Roy  de 
France,  d'une  part,  et  très  haulte  et  tn'^s  illustre  princesse  madame 
Loyse  de  Savoye,  duchesse  d'Anjou,  de  Nemoux  et  d'Angoulmois,  con- 
tesse  du  Maine  et  de  (iyen,  mi're  dudit  seigneur,  d'autre  ;  lesquelles 
parties  et  chascuno^'icelles  ont  rccongnou  et  confessé,  recongnoissent 
et  confessent  avoir  fait  passé  et  contracté,  font,  passent  et  contractent, 
avec  les  stipulacions,  acceptacions,  consentemens  à  ce  requis  et  néces- 
saires, les  traicliez,  transactions,  appoinctemens  et  conlractz  cy  après 
declairez.  C'est  assavoir  que,  comme  procès  se  fut  meu  et  introduict 
et  soit  encores  pendant  et  indécis  en  la  court  de  Parlement  ii  Paris, 
entre  ladicte  dame  Loyse  de  Savoye,  demanderesse  et  complaignant  en 
cas  de  saisine  et  de  nouvelleté,  d'une  part,  et  feu  Charles  jadis  de 
Bourbon,  d'autre,  pour  raison  et  à  cause  des  biens  et  succession  dé- 
laissez par  feue  madame  Suzanne  de  Bourbon,  femme  d'icelluy  Charles, 
auffuel  procès  estoient  intervenuz  ledit  .seigneur  Roy  pour  l'interesl  et 
droictz  par  luy  pretenduz  à  iceulx  biens  à  cause  de  la  counmne,  et 
aussi  feue  madame  Anne  de  France,  mère  de  ladicte  Suzanne,  moyen- 
nant l'usulTruit  par  elle  prétendu  esdictes  terres;  et  depuis  seroit  de- 
cedée  ladicte  Anne  de  France,  laquelle  auroit  donné  audit  Charles  jadiz 
de  Bourbon,  ainsi  «lu'il  pretendoit,  tous  les  biens  meubles  et  immeu- 
bles, droitz  et  actions  h  elle  appartcnans  en  ladicte  maison  de  Bourbon; 
sy  auroient  depuis  les  biens  feudaulx  et  retrofeudaulx  appartenans 
audit  Charles  esté  retournez  A  la  couronne,  et  le  demeurant  de  ses 
biens,  tant  meubles  et  immeubles,  conlisciuez  par  arrest  et  jugement 
de  la  court  de  Parlement  h  cause  du  crime  de  leze  majesté  par  luy 
commis  et  perpétré  ;  et  par  ainsi  ledict  seigneur  Roy  auroit  esté  et  est 
au   lieu   d'icelluy  Charles  jadis  de   Bourbon  es  biens  et  drolz  par  lui 


(\)  ((  Seconde  fille  de  Louis  XII  et  belle-sœur  de  François  P'.  Elle 
épousa,  le  28  juin  1528,  Hercule  d'Est,  duc  de  Ferrare.  Voy.  Brantôme, 
t.  VIII,  p.  108-114.  » 

(2)  «  La  chîUellenle  de  Chauny  sur-Oise  se  trouvait  réunie  au  d(»maine 
de  la  couronne  par  lettres  patentes  de  1378  et  1411.  » 


Digitized  by 


Google 


:.  rf>Ç 


58  LE  COMTÉ  DE  CLERMONT  EN   BEAUVOJSIS 

prétendus  en  ladicte  maison,  et  aossi  à  ceulx  que  ladicte  Anne  de 
Franco  pretendoit  luy  compecter  en  icelle  maison  moyennant  les  dona- 
tions et  testament  par  elle  faitz  audit  feu  Charles  Jadis  de  Bourbon  ;  et 
par  conséquent  tous  les  droitz  d'icelle  succession  de  Bourbon  sont 
escheuz  et  advenuz  ausditz  seigneur  Roy  et  dame  sa -mère,  laquelle 
dict  que  icelle  succession  luy  appartient  comme  héritière  ab  intestat 
fl'icelle  Suzanne,  sa  plus  proche  lignaigière  au  temps  de  son  décès  et 
saisie  par  la  genéralle  coustume  de  France,  par  laquelle  le  mort  saisit 
le  vif  plus  proche  et  habille  k  succéder.  D'autre  part  disoit  ladicte  dame 
iceulx  biens  luy  appartenir  par  les  testamens  et  traictiez  de  mariage 
faitz  par  les  ancestres  d'icelle  maison  et  coustumes  des  pays  où  lesditz 
biens  sont  scituez  et  asssis  mesmemenl  par  le  traictié  d'appenage  fait 
par  feu  de  bonne  mémoire  Charles  de  Bourbon  à  feu  Loys  de  Bourbon 
son  frère,  par  lequel  icelluy  Loys  rononçoil  moycif^ant  son  appenage  à 
Ctids  les  droitz  qui  luy  pourroicnt  appartenir,  ou  à  se^  successeurs,  en 
ladicte  maison  de  Bourbon,  fut  par  les  traictiez  de  mariage  ou  autres 
faitz  p^  ses  ancestres,  esquelz  renonçoit  et  consentoit,  voulloit  et  accor- 
doit  qu'ils  appartinssent  et  demeurassent  audit  Charles  et  à  sa  posté- 
rité ;  et  si  la  postérité  d'icelluy  Loys  vonoit  à  femelles,  elles  seroient 
forcluses  dudit  appanaige  en  leur  donnant  suffisant  mariage,  et  devoit 
retourner  icelluy  appanaige  k  ladicte  maison  de  Bourbon  et  successeurs 
dudit  premier  Charles  ;  et  par  ainsi  ledit  feu  Charles  jadis  de  Bourbon 
ne  se  povoit  ayder  desditz  traictiez  et  convenances  faictes  par  ses  an- 
cêtres, et  que  Loys,  son  ayeul,  et  dont  il  estoit  héritier,  avoit  renoncié  : 
et  aussi,  depuis  son  décès,  les  filles  descendues  dudit  Loys  ne  peuvent 
prétendre  aucune  chose  à  icelluy  appanaige,  d'autant  que,  par  les  con- 
venances d'icelluy,  en  sont  forcluses.  Ledit  Charles  jadictz  de  Bourbon 
mectoit  en  avant,  pour  le  fondement  de  son  droict,  le  traictié  de  son 
mariage  et  testament  d'icelle  Suzjinne,  les  anciens  traictiez  et  conve- 
nances faictes  par  les  ancestres  de  la  maison  de  Bourbon,  par  lesquelles 
pretendoit  que  les  maslcs  forcluent  les  filles  encores  qu'elles  feussent 
plus  proches.  A  quoy  respondoit  ladicte  dame  que  les  convenances 
dudit  mariage  estoient  nulles  pour  la  mynorité  d'eage  où  estoit  lors 
constituée  ladicte  Suzanne,  et  aussi  par  les  coustumes  des  pays  où  le« 
biens  sont  scituez  et  assiz,  et  n'y  faisoit  riens  le  testament,  car  en 
icelluy  avoit  pretermis  et  obmis  sa  mère,  et  aussi  par  autres  deflaulx 
et  solempnitez  de  droit  non  gardées.  Et  (fuant  aux  anciens  traictiez  de 
la  maison,  disoit  qu'il  ne  s'en  trou  voit  point  à  son  avantaige,  et,  là  où 
il  s'en  trouveroit,  ledit  Loys  de  Montpensier,  ayeul  dudit  Charles  Jadiz 
de  Bourbon,  trespassé  sans  aucuns  masles  d'icelluy  stoc,  et  n'y  a  qne 
femelles,  qui  sont  forcloses  d'icelluy,  comme  dit  est  cy  dessus.  Ledit 
seigneur  Roy  disoit  que  la  duché  d'Auvergne  est  appanaige  auquel  les 
tilles  ne  succèdent,  et  que,  si,  par  nécessité  de  temps  ou  autrement  par 


Digitized  by 


Google 


LA  SUCCESSION   DU  CONNETABLE   UE   BOURBON 

importunité  des  requèrans,  elle  estoit  demeurée  à  la  maison 
bon,  cela  n'empeschoit  qu'elle  n'apartint  audit  seigneur,  et  la 
Bourbonnois  estoit,  par  consentement  des  ancestres  d'icellc 
redduicte  à  appanaige  comme  Auvergne  ;  et,  louchant  la  Ma 
estoit  advenue  par  confisracion  ù  fou  de  bonne  mémoire  le 
unziesme,  qui  l'avoit  donnée  audit  Pierre  de  Bourbon  et  à  sa  c 
et  aux  enfans  qui  descendrolent  d'eulx,  et,  au  delTault  de  a 
droit  à  la  couronne.  Si  est  le  cas  escheu  qu'ils  sont  decede 
postérité  ;  si  sopoit  aussi  advenu  depuis  audit  seigneur  la  coi 
d'icelluy  Charles  jadis  de  Bourbon,  et  par  ainsi  tous  les  droitz 
ceulx  de  la  maison  de  Montpensier,  de  Bourbon  ou  de  mada 
de  France,  telz  que  icelluy  jadiz  de  Bourbon  y  povoit  avoir  d< 
appartenoient  audit  seigneur,  comme  aussi  faict  la  comté  de  ( 
qui  est  appanaige  de  France.  Ladicte  dame  disoit  que  Clern 
ancien  domaine  de  la  maison  de  France,  et  que  la  plupart 
estoit  composé  de  plusieurs  acquisicions  partirulliéres  faictes 
de  la  maison  de  Bourbon  (1).   Et  oultre  disoient,  d'un  cAté  e 


(1)  «  Louise  de  Savoie  ne  s'était  pas  bornée  aux  plaidoiries 
pour  l'établissement  de  ses  droits  à  l'héritage  de  la  branche 
Bourbon.  Elle  avait  fait  rédiger  aussi  des  mémoires,  dont  u 
nombre,  ayant  fait  autrefois  partie  des  papiers  de  Groslier,  soi 
lement  conservés  aux  archives  de  l'Aube,  s(»us  les  cotes  B  81 
y  trouve,  entre  autres,  un  récolement  de  pièces  opéré  dans  les 
de  la  Chambre  des  comptes  de  Moulins,  h  la  reipiéte  de  la  < 
rosse,  par  Charles  Guillart,  président  au  Parlement,  et  Jacq 
Barde,  conseiHor  en  ladite  cour,  commis  par  arrêt  du  12  t 
De  ces  pièces  il  résulte  qu'en  effet  les  ducs  de  Bourbon  avaien 
leur  apanage  primitif  de  Clermont-en-Be^uvoisis  par  de  no 
acquisitions.  Voici  l'indication  des  principales  :  seigneurie  de 
Grand  (1284  et  1492);  village  du  Vivier  (i:«7);  chAtellenie 
(1378);  terre  do  Courroy  (1386)  ;  seigneurie  de  Remy  (1392);  cl 
de  Bulles,  seigneurie  de  BonneulMe-Plessier  et  la  Warde-Mau 
1426)  ;  chAtellenie  de  La  Hérelle  et  seigneurie  de  Moyennovil 
terre  de  l'Epineuse  de  Warty  (1403)  ;  terres  d'Ons-en-Bra; 
Aubin,  Villers-Saint-Barthélemy,  Allonne  et  autres  (1443).  L 
de  ces  domaines  avaient  été  cédés  et  transportés,  ave«  l'hôtel 
bon  k  Paris  et  diverses  terres  en  Bourbonnais,  par  le  duc 
Anne  de  France,  sa  femme,  pour  le  payement  et  restitution 
de  cent  mille  écus  qui  lui  avait  été  constituée  en  1473,  ainsi  qi 
de  Jeanne  de  France,  première  femme  du  duc  Jean  II,  dont  la 
était  nièce  et  héritière  ;  ils  avaient  été  compris  par  cette 
dans  la  donation  entre  vifs  qu'elle  fit,  le  1*'  juillet  1521,  k  C 
Bourbon.  » 


Digitized  by 


Google 


t>0  LE  COMTÉ  DE  GLERMONT   EN   BEAUVOISIS 

plusieurs  autres  raisons,  ung  chascun  en  droict  soy,  pour  le  soustene- 
medl  de  son  droit.  Lesquelles  clioscs  considérées  par  ledit  seigneur  et 
dame,  et  que  icelluy  procès,  querelles  et  questions  ne  seroienl  conve- 
nables, u tilles  ne  honnestes  entre  eulx,  et  que  madicte  dame  ne  pré- 
tend avoir  autre  lieritier  que  ledit  seigneur  son  filz  et  mess"  ses 
enfans,  et  aussi  que  icelui  seigneur  vouldroit  fere  trop  plus  grant  bien 
à  ladicte  dame  sa  mère  que.  le  prottit  ([ui  luy  pourroit  advenir  dudit 
procès  ;  pour  ces  causes  et  autres  k  ce  les  mouvans,  ont  transige^,  pa- 
ciiric  et  accorde,  transigent,  pacifient  et  accordent  lesditz  procès  et 
dilTerendz  ainsi  et  par  la  forme  et  manière  «jui  s'ensuit.  C'est  assavoir 
que  le  duché  d'Auvergne  dès  à  présent  sera  et  demeurera  audit  sei- 
gneur comme  appanaigc  de  la  maison  de  France,  sans  ce  que  ladicte 
dame  y  «jucrelle  ne  demande  aucune  chose.  Et  jaçoit  ce  que  ladicte 
dame  peult  disposer  à  son  plaisir  et  voulcntc  des  biens  à  elle  escheuz 
et  appartenans  à  cause  de  ladicte  succession,  neantmoins,  dès  à  présent 
comme  pour  lors  et  dès  lors  comme  «les  à  présent,  elle  veult  et  consent 
(ïue,  tout  incontinent  après  son  décès,  à  cause  de  la  présente  transaction, 
iceulx  biens  directement  viennent,  compcctcnt  et  appartiennent  en 
tout  droit  de  seigneurie  et  possession,  et  soient  ditz  et  reputez  vray 
appanaige  de  la  maison  de  France,  uniz  et  incorporez  inséparablement 
à  ioelle,  c'est  assavoir  :  Dombes,  Beaujolois,  Forestz  et  Rouannoiz,  au 
niz  aysné  dudit  seigneur,  tellement  et  en  telle  sorte  et  manière  que 
tous  ceulx  qui  succéderont  et  viendront  à  la  coronnc  auront,  et  leur 
compeclra  et  appartiendra  iceulx  biens  uniz  et  incorporez  à  icellc.  Et 
le  demeurant  desdiz  viendront,  seront  et  demeureront  à  mons'  le  duc 
d'Angoulesme,  tiers  filz  dudit  seigneur  (1),  et  luy  tiendront  lieu  de  la 
part  et  portion  qui  luy  poUrroit  appartenir  pour  son  appanaige  ;  les- 
quelz  seront  tenuz,  reputez,  et  sortiront  vraye  nature  d'«1ppnnaige,  ainsi 
et  par  la  forme  et  manière  comme  l'ancien  domaine  de  France  qui  sera 
ou  pourroit  eslre  baillé  à  luy  ou  à  ses  Itvtcs  en  appanaige.  A  quoy 
s'est  consenty  et  accordé  ledit  seigneur,  avec  la  réservacion  que  faict 
ladicte  dame,  de  pouvoir  disposer  jusques  à  douze  mil  livres  de  rente 
seulement,  non  obstant  ce  «jue  dessus,  en  œuvres  pies  ou  pour  rému- 
nérer ses  serviteurs.  Toutesfoiz,  moyennant  ladicte  reserve,  ne  pourra 
ladicte  dame  demanbrer  les  grosses  pièces,  chastellenies,  de  la  duché 


(1)  «  Charles,  troisième  (ils  de  François  I"  et  de  Claude  de  France, 
reçut,  par  lettres  du  12  juin  1540,  pour  apanage,  les  duchés  d'Orléans 
et  d'Angouléme,  les  comtés  de  Clermont-cn-Beauvoisis  et  de  la 
Marche,  puis,  le  o  février  1543,  le  duché  de  Bourbonnais;  mais  il  mou- 
rut le  9  septembre  1546,  sans  alliance,  et  tous  ses  biens  firent  retour  a 
la  couronne.  » 


Digitized  by 


Google 


LA   SUCCESSION   Dl'   CONNÉTABLE  DE  BOURBON  61 

de  Bourbonnois  ou  fonté  do  la  Marche,  et  pareille] 
et  est  en  la  conté  de  Clormont,  do  l'anoien  domai 
France.  Et  par  ainsi  et  moyennant  les  choses  susdi 
ceddé  et  délaissé,  cedde  et  délaisse  à  ladicte  da 
droicl  et  action,  part  et  porcion  que  luy  compecU 
compecter  et  appartenir,  pour  quelque  cause,  till 
soit,  esditz  biens,  soient  meubles  ou  immeubles,  no 
en  quelque  part  qu'ilz  soient  scituoz  et  assis,  c 
chose  et  heritaige,  et  pour  en  disposer  ainsi  et  par 
que  dessus,  et  non  autrement  ;  parmy  ce  que  ladi 
les  debtes  de  ladicte  maison,  et,  là  où  il  se  trou 
estre  si  grans  qu'ilz  excédassent  la  vallcur  des  m( 
pour  y  satisfaire,  oultre  les  douze  mil  livres  qu'ell 
disposer,  et  non  obstant  la  reservaeion  susdicte,  p 
place  de  la  valleur  et  conçu rrance  d'iceulx  debtes 
ainsi  qu'elle  verra  estre  k  faire.  Lesquelles  choses 
lesditz  seigneur  et  dame,  sur  leur  honneur,  foy  ei 
de  garder  et  observer,  sans  enfraindre  ne  aucun( 
traire,  et  à  ce  s'obligent  avec  les  stl  pu  lacions  et 
saires,  avec  et  chacuns  leurs  biens,  presons  ( 
pourroit  faire  en  tel  cas  ;  renonçans  à  toutes  exc( 
que  de  fait,  par  lesquelles  l'effect  de  ces  présent 
pesché,  et  mesment  au  droict  disant  la  generalle  r 
si  la  specialle  ne  précède.  Et  ont  promis  et  promei 
et  dame  faire  esmologuer  ces  présentes  aux  co 
lesditz  biens  se  trouvent  scituez  et  assis  et  en  la  C 
En  tesmoing  de  ce,  nous,  à  la  relacion  desditz  n 
ces  présentes  le  scel  royal  de  ladicte  baillte.  Ck 
chastel  de  la  Fore  sur  Oize,  le  dimanche  vingt  cin(, 
d'août,  l'an  mil  cinq  cens  et  vingt  sept.  Ainsi  si{ 
L.  Gi'YBON  ;  et  scellé  de  cyre  vert. 

La  transaction  de  1527,  enregistrée  au 
décembre  de  la  même  année^  ne  demeu 
entière. 

Dès  le  10  juin  1529,  pour  obtenir  la  reno 
de  Bourbon-Montpensier,  duchesse  de  Lo 
qu'elle  pouvait  prétendre  sur  la  successic 
roi  et  sa  mère  durent  lui  faire  abandon 
Mercœur,  ainsi  que  des  terres  de  FromentaJ 
en  Auvergne. 

Moins  de  deux  mois  après,  le  5  août,  le 


Digitized  by 


Google 


t>2  .    LE  COMTÉ   IJ|£  CLEUMONT   EN    BEAUVOISIS 

imposait  à  François  I*'  l'obligation  de  réhabiliter  la  mémoire 
du  connétable,  d'annuler  toutes  procédures  faites  contre  lui 
et  ses  adhérents,  enfin  de  rendre  raison  à  ses  héritiers  dési- 
gnés, Louise  de  Bourbon-Montpensier,  princesse  de  la  Roche- 
sur-Yon,  et  Louis  de  Bourbon,  fils  de  cette  princesse,  des 
biens  composant  sa  succession,  à  l'exception  du  duché  d'Au- 
vergne et  du  comté  de  Glermont-en-Beauvoisis,  dont  l'Em- 
pereur admettait  la  réunion  à  la  couronne  d'après  la  loi  des 
apanages. 

En  exécution  de  ce  traité,  la  princesse  et  son  fils  reçurent, 
par  accord  du  27  mai  1530,  à  titre  de  provision  et  en  attendant 
le  règlement  des  litiges  pendants  au  Parlement  depuis  1523, 
le  duché  de  Châtellerault,  le  Forez,  le  Beaujolais  et  le  pays 
de  Bombes.  Mais,  Louise  de  Savoie  étant  morte  le  22  sep- 
tembre 1531,  François  I"  cassa  le  contrat  de  mai  1530,  comme 
lui  ayant  été  extorqué  par  l'Empereur,  remit  les  choses  en  l'état 
où  elles  étaient  avant  ce  contrat,  et,  aux  termes  de  la  trans- 
action intervenue  avec  sa  mère,  unit  au  domaine  royal,  par 
lettres  patentes  de  janvier  1532,  les  duchés,  comtés  et  sei- 
gneuries qui  avaient  fait  l'objet  de  ladite  transaction.  Cepen- 
dant, quelques  année*  après  (août  1538),  ayant  égard  à  la 
proximité  de  lignage  et  moyennant  l'engagement  pris  par  la 
princesse  de  la  Roche-sur- Yon  et  sou  fils  de  se  désister  de 
toutes  réclamations  ultérieures,  il  leur  consentit  cession  du 
dauphiné  d'Auvergne,  du  comté  de  la  Tour,  ainsi  que  de  celui 
de  Montpensier,  que  des  lettres  patentes  de  février  1539  éri- 
gèrent en  duché-pairie. 

Cette  quatrième  transaction  ne  fut  pas  encore  la  dernière 
k  laquelle  donna  lieu  la  succession  du  connétable.  Le  nouveau 
duc  de  Montpensier  présenta  à  Henri  II,  lors  de  son  avène- 
ment, une  requête  tendant  à  l'itératif  examen  des  droits  qu'il 
prétendait  à  ladite  succession,  et,  grâce  au  crédit  dont  Jac- 
queline de  Longvvic,  sa  première  femme,  jouissait,  tant  auprès 
du  monarque  et  de  ses  fils  que  de  Catherine  de  Médicis,  il 
obtint  enfin  que  cet  examen  eût  lieu  et  fût  confié  à  une  com- 
mission spéciale  formée  de  membres  du  Parlement.  A  la  suite 
d'une  longue  procédure,  Charles  IX,  assisté  de  sa  mère  et  de 
son  Conseil,  d'une  part,  et  la  duchesse  de  Montpensier,  pro- 
curalrice  de  son  mari,  d'autre  part,  signèrent  à  Orléans,  le 


Digitized  by 


Google 


LA  SUCCESSION   DU  CONNÉTABLE  DE  BOUHBON  63 

27  novembre  1560,  une  transaction  définitive,  liomologuée 
par  le  Parlement  le  25  juin  1561,  et  qui  attribua  à  Louis  de 
Bourbon  et  à  ses  hoirs,  en  outre  des  biens  déjà  spécifiés  dans 
l'acte  d'août  1538,  le  Beaujolais  et  la  principauté  de  Dombes, 
cette  dernière  principauté  en  toute  souveraineté,  «  fors  la 
bouche  et  les  mains  »,  c'est-à-dire  l'hommage  au  Bol. 

La  seconde  branche  de  Bourbon-Montpensier,  issue  de 
Louis,  prince  de  la  Boche-sur- Yon,  s'éteignit  en  la  personne 
de  Marie  de  Bourbon,  première  femme  de  Gaston,  duc  d'Or- 
léans, et  mère  de  la  Grande  Mademoiselle. 


Digitized  by 


Google 


■•"^'T?^ 


64 


LE   COMTK   UK  GLEHMONT   EN   BEAUVOSIS 


ANNEXE  II 

Etat  des  Fiefs  du  Bailliage  et  Comté  de  Clermont 

appelés  à  la  Réformation  de  la  Coutume 

en  1539 

[Archivesi  de  l'Oûe,  E,  59.  Et  Procès-verbal  de  la  Coutume. J 


Auviller. 

Ars. 
Aiisacq. 

Auchy-en-Bray. 


Argenlieu. 
Avrechy. 


Audalnville. 

Aiigivillier. 

Archies. 

Assv-en-Bray. 


Avrigny. 
Belhencourtel. 


Denis  d'Arquinviller. 

Vuast  de  Hédouville,  P.  (1)    . 

Nieolle  Popillon ,  auditeur  des 
comptes,  P. 

Pierre  de  Baulgis,  P. 

Gilles  de  Hangest,  seigneur  de  Hargen- 
lieu,  Avrechy,  Lejonc  et  Laraescourt 
en  partie. 

D"'  Louise  de  la  Rrelonnière  comme 
ayant  la  garde-noble  des  enfanfs  mi- 
neurs de  feu  Martin  de  Hangest  et 
Françoise  d'Argillière,  en  leur  vivant 
seigneur  et  dame  d'Argenlieu,  Avre- 
chy, Lejonq  et  Lamescourt,  P. 

D'"  Agnès  Le  Sieurs,  P. 

*  Philippe  le  Thoillier. 

*  Jean  Caignart,  seigneur  d'Archies  et 
de  Buicourt,  P. 

Jean  Goquery,  Pierre  le  Garon  et  Jean 
Hémart,  seigneur  d'Assy-en-Bray,  en 
partie. 

Gharlcs  de  Vignacourt. 

Jean  de  Bourges. 


(1)  La  lettre  majuscule  P  Indique  que  la  comparution  eut  lieu  par 
procuration  ;  l'astérisque,  que  le  seigneur  du  fief  appartenait  au  Tiers 
Etat. 


Digitized  by 


Google 


FIEFS  APPELES  A   LA   REFORMATION   DE   LA  COUTUME 


65 


Belloy. 

Beronne. 

Bosquel  (Le). 

fielleuse. 


Buisson  (Le). 

Brassy. 

Bos- Robert  à   Se- 
uanles. 

Boulalncourt. 

Bois-Liebaut. 

Bairfeul-s'- Terrain. 

Baillel  en  France. 

Béthencourt-Saint- 
Nieolas. 

Buisancourt. 

Buicourt. 

Bonnlères. 
Boileau. 


Gui  de  Belloy,  seigneur  de  Belloy  et  de 

Rouviller. 
M.  Florent  CoUesson,  lieutenant  à  Roye. 
Charles  de  Baulgis. 
Jean  de  Soyeeourt.  seigneur  d'Espaux, 

Contre  et  fielleuse,  P. 

Jacques  de  la  Chaussée,  seigneur  du 

Buisson  et  de  Crouze. 
Nicolas  Gaignet,  seigneur  de  firassy  et 

Frenemoutier. 
Jean  de  Lespinay,  seigneur  de  la  Neuf- 
ville,  fioulay  et  du  fios  Robert  séant 

à  Senentes,  P. 
François  du  Breuil,  seigneur  de  Gicourl 

et  fioulaincourt. 
Roger  Raynel,  seigneur  du  fiois-Lie- 

baut,  P. 
Arthur  d'Agombert,  seigneur,  en  partie, 

de  fiailleul-sur-Terrain. 
Dame  Louise  de  Villers,  damedefiaillet 

en  France  et  Franconville-au-Bois,  P. 
Nicole  Charles,  seigneur  du  Plessier, 

Parequet  et  de   Béthencourt-Saint- 

Nicolas,  P. 
*  G.  Le  Seller,  seigneur  de  Buisan- 
court, P. 
Jean  Caignart,   seigneur  de  Buicourt 

et  d'Archies. 
Antoine  de  Halluin,seigneur  de  Piennes, 

Saint-Omer,  Crèvecœur  et  Bonnlères 

en  partie,  P. 
Alix  de  Lignières,  dame,  en  partie,  de 

Bonnlères,  P. 
Guillaume  Bracquet,  commissaire  au 

fief  de  M.  Hugues-fioileau  séant  à 

Villers  et  Sacy. 


Digitized  by 


Google 


LE  CX)MTK   DE  CLERMONT   EN   BEAUVOISIS 


everd. 

)uis. 
leuse. 

llOQ. 

Lre. 
ty. 


ery. 


ny. 


mis. 

isacq. 

^onne. 

aces, 
ecourt. 

ière. 
elleSw 

dé. 
mis. 

ont. 
nbes. 

ville. 


Nicole  d'Argillière,  chanoine  et  sous- 
chanlre  de  Saint-Pierre  de  Beauvais. 

Charles  de  Paillard. 

Le  dit  de  PaiUard. 

François  Parent,  seigneur  de  Cas- 
tillon,  P. 

Jean  de  Soyecourt,  seigneur  d'Espaux, 
Contre  et  Belleuse. 

Charles  de  Roye,  chevalier,  comte 
de  Roucy,  seigneur  du  dit  Roye, 
Bertheul,  Mouret  et  de  Conty,  P. 

François  de  Bocquaux,  chevalier,  sei- 
gneur de  Reglise  et  de  Cauffery,  P. 

Marie  de  Hédouville,  dame  de  Cauf- 
fery, parMartindeCernoy  son  fils  et  P. 

Adrien  de  Bouflers,  seigneur  dudit  lieu 
de  Milly,  en  partie,  et  de  Cagny. 

Nicolas  Clément,  pour  son  lîef  de  Cem- 
puis,  P. 

D"'  bonne  Fournier,  dame  dudit  Cem- 
puis,  P. 

Gille  du  Fay,  seigneur  de  Château- 
Rouge  et  Cressonsacq,  P. 

Loys  de  Piennes,  seigneur  de  Rouseloy 
et  de  Camberonne,  P. 

Jean  du  Breuil. 

Nicolas  d'Aigoudessent,  seigneur  de  La- 
laque  et  de  Cannettecourt. 

Charles  de  Gomer,  P. 

Jean  du  Micault,  seigneur  de  Lépine 
Henry,  Fresnoy  et  Courcelles,  P. 

*  M"  Pierre  Aubert,  P. 

*  Henry  Hainques,  seigneur  de  Cem- 
puis,  en  partie. 

*  Jean  Bouchean,  dit  le  prince,  P. 
Jean  le  Fèvre,  seigneur  de  Coulombes, 

près  Laidon,  P. 
N.  Bethicy ,  dame  de  Candeville. 


Digitized  byVjOO^lC 


1 


FIEFS  APPELES  A   LA   HKFOHMATION   DE   LA  COUTUÎ 


Crouze 

Jacques  de  la  Chaussée,  seig 

Buisson  el  de  Crouze. 

Estouy. 

Louis  d'Ongnies,  seigneur  de  Cl 

Eslouy  el  Méry. 

Erquery. 

Jean  Le    Clerc,    seigneur   en 

d'Erquery. 

Essuille. 

*  Pierre  de  Milly  el  Nicolas 

seigneurs  d'Essuile  el  d'un  1 

à  Saint-Rimaull,  P. 

Foulleuses. 

Anloine  de  Ravenel,  seigneur 

ligny,  de  Foulleuses  el  de  Bi 

Francière. 

Jean  de  Francière,  P. 

Frosnemonliers. 

Nicolas  Caignel,  seigneur  de  E 

de  Fresnemonliers,  P. 

Franconville-au- 

Dame  Louise  de  Villers,  dame  d 

Bois. 

et  I*>anconville. 

*  Charles  Seller,  lieutenant  pa 

des  eaux  et  forêts. 

"ay(prèsClermoûl), 

François  de  Blois,  seigneur  du 

Guéchain  et  du  fief  des  Para 

Louis  de  Blois,  seigneur  dudit 

Fricamps. 

*  Jean  Varlet. 

Fourchault. 

*  Antoine  Loppart,  commissaii 

de  Fourchault,   séant  à  Vil 

Catenoy  et  Rotheleu. 

Gournay. 
Gicourl. 

Jean  Courtin,    conseiller  du 

correcteur  de  ses  comptes  à  1 

D'"  Geneviève  Dubois,  dame  c 

nay,  en  partie. 

François  du  Breuil,  seigneur  de 

et  de  Boullaincourt. 

Giiéohain. 

François  de  Blois,    seigneur 

Chain,  Fay  et  des  Parelles. 

Goincourt. 

*  Pierre  Lebastier,  seigneur  ( 

court,  P. 

Grandvillier. 

*  Hanconnet  du  Coulombiers,  ! 

de  Granviller. 

Hez. 

Pierre  de  Malingre,  P. 

Digitized  by 


Google 


^!^j^J80^    ifjy;i\^  Digitizedby  Google 


FIEFS  APPELES  A  LA   REFORMATION  DE  LA  COUTUME 


Le  Quesnel-Aubry. 

Le  Quesnoy  (à 

Contres). 

Lesglantler. 

Lils.  i 

Lamotte  (à  Ha- 

naches). 

Lits. 

Le  QuesneL 

La  Trompe  d'Or. 

Lépinette. 

Lamotte -d'Essuile. 

La  Mairie  de  Sacy- 
Grand. 

Milly. 

Méry. 

Moimont. 
Mainbeville. 

Marseilles. 


Louis  de  Gouy,  seigneur  de  Campre 

et  du  Quesnel-Aubry. 
Jacques  et  Gaspard  d'Estrées. 

Charles  de  Moyencourt,  P. 

Jean   de    Vuignacourt,    seigneur 

partie  de  Lils  et  du  fief  Monseign( 
François  du  Breuil.  seigneur  de 

court,  Lits  et  Boullaincourt. 
Georges  Alexandre,  seigneur  du  fie 

Lamotte  à  Hanaches,  P. 

*  Nicolas  Pulleu,  seigneur  de  Mitr 
Lits,  en  partie. 

Gui  du  Bois,  seigneur  de  Saint-R< 
et  du  QuesneL 

*  Jacques  Aux  Cousteaux,  seigi 
de  la  Trompe -d'Or,  à  Oudeuil 
Châtel,  P. 

*  Jean  Fôsselin,  commissaire  au  fie 
Lépinette,  appartenant  au  selgi 
de  Genlis. 

Philippe  de  Lamarre,  archidiacr 
Ponthieu,  chanoine  d'Amiens, 
gneur  de  Lamothe-d'Essuille. 

D"'  Geneviève  du  Bois,  dame  de 
seleu,  Rozoy  et  La  Mairie  de  Sac; 
Grand. 

Adrien  de  Boufflers,  seigneur  dudit 
MlUy  et  Caigny,  P. 

Louis  d'Ongnles,  seigneur  de  Chaul 
Etouy  et  Méry. 

Adrien  de  Moyencourt. 

Galarche  de  Béthencourt,  seigneu 
Mainbeville  et  de  Sacy,  en  partie 

Dame  Antoinette  de  Yaucourt  cor 
ayant  la  garde  noble  des  enfants 
neurs  de  feu  Messire  Antoine 
Pisseleu  et  d'elle,  seigneurs  de  î 
seilles,  P. 


Digitized  by 


Google 


LE  COMTE   DE  GLERMONT   EN   BEAUVOISIS 


)ntreuil-sur- 

Bresche. 

[artincourl. 


VIonceaux. 

Méry. 

Maucourl. 
lil-sur- Bulles. 
Mire. 


Mitry. 


Monceaux. 


Mouloiles. 


Neuilly. 


Noinlel. 


Nourroy. 

ille-surleVault. 
)ûs-en-Bray 


Jean  de  Gouy,  seigneur  de  Ponceaux  et 

de  Moulreuil-sur-Brêche. 
Jean  de  Moncheaux,  seigneur  de  Hou- 

denc,  Blacourt,  Glaligny,  Hanvoile  et 

Martincourl,  P. 
Jean  de  Milly,  P. 
Daraoiselle  Jeanne  de  Hangesl,  dame 

de  Méry. 
Louis  d'Ongnics,  seigneur  de  Cliaulnes, 

d'Etouy  et  Méry. 
N.  d'Abouval. 
Gilles  du  Chemin,  P. 
Jean  de  Vignacourt,  seigneur,  en  partie. 

de  Lits  et  du  fief  de  Mire,  P. 

*  Nicolas  Pulleu,  seigneur  de  Mitry  et 
Lits,  en  partie. 

*  M.  François  Vigneron,  lieutenant 
particulier,  seigneur  de  Monceaux. 

François  d'Argillière,   lieutenant  gé- 
néral, seigneur  de  Valcscourt  et  de 
■  Monceaux. 

*  Jean  d'Averville  l'aîné,  Henri  Du- 
rant, Charles  ViUain  et  Jeanne  de 
Duin,  seigneurs  et  dame  de  Monloiles 
à  Rochy,  P. 

Frère  Rodache,  chevalier  de  l'Ordre 
de  Saint- Jean-de- Jérusalem ,  com- 
mandeur de  Sommereux  et  de  Neuilly 
sous-Clermont. 

Jean  de  Humières,  chevalier,  seigneur 
dudit  lieu,  de  Ronquerolles  et  de 
Nointel,  P. 

Jean  Bochard,  avocat  en  la  cour  du 
Parlement. 

Hutin  de  Lespinay,  P. 

*  Pierre  Bochard,  chanoine  et  officiai 
de  Beauvais,  seigneur  d'Ons-en- 
Bray,  en  partie,  et  curé  dudit  lieu. 


Digitized  by 


Google 


f 


FIEFS  APPELES  A   LA  REFORMATION   DE   LA  COUTUME 


71 


Ons-en-Bray. 
(Suite.) 

Pisseleu. 


Pélell. 

Pisseleu. 

Quièvremoiit. 

Ronquerolles. 

Ranllgny. 
Rouviller. 


Remy. 


Rotheleux. 
Rozoy. 


Pierre  de  Hacqueville,  conseiller  du 
Roi,  notre  sire,  en  sa  cour  du  Parle- 
ment à  Paris,  seigneur  d'Ons-en-Bray . 

*  Jacques  BouUet,  seigneur,  en  partie, 
de  Pisseleu. 

François  du  Mesnilet  Adrien  de  Coclie- 
rel,  seigneurs  en  partie  de  Archies, 
Vuarty  et  Peteil. 

(Loys  de),  seigneur  en  partie  desdils 
lieux. 

Damoiselle  Geneviève  du  Bois,  dame 
de  Pisseleu,  Rozoy  et  de  la  Mairie 
de  Sacy-le-Grand,  P. 

Pierre  Lemaire,  seigneur  de  Parisis- 
Fontaine,  Quièvremont  et  Lon- 
gueil,  P.  .   . 

Jean  de  Humières,  chevalier  et  sei- 
gneur dudlt  lieu  de  Ronquerolle  et 
de  Nointel. 

Antoine  de  Ravenel,  seigneur  de  Ran- 
tiguy,  de  Foulleuses  et  de  Bury. 

Gui  de  Belloy,  seigneur  de  Belloy  et  de 
Rouviller. 

DamePernellePerdriel,  tant  en  sonnom 
que  comme  ayant  la  garde-noble  des 
enfants  mineurs  de  feu  Messire  Jean 
Brinon,  en  son  vivant  chevalier,  con- 
seiller du  roi,  premier  président  en 
sa  cour  du  Parlement,  à  Rouen,  et 
garde  des  sceaux  du  duché  d'Alençon, 
et  d'elle  seigneur  et  dame  de  Remy, 
Gournay  et  Moyenneville,  P. 

*  Etienne  Tourtel,  seigneur  de  Remy, 
en  partie,  P. 

Gabriel  du  Vergier. 

D""  Geneviève  du  Bois,  dame  de  Pisse- 
leu, Rozoy  et  de  la  mairie  de  Sacy- 
le-Grand. 


Digitized  by 


Google 


ITE  DE  CLERMONT  EN   BEAUVOISIS 


Antoine  de  Halluln,  chevalier,  seigneur 
de  Tienne,  de  Saint-Omer,  Bon- 
nières  et  de  Crèvecœur. 

Galarehe  de  Bélheneourt,  seigneur  de 
Mainbeville  et  de  Sacy,  en  partie. 

Dame  Françoise  de  Bourgoigne,  dame 
de  Buqueux,  de  Villers-les-Catenoy 
et  de  Sacy-le-Grand,  en  partie,  P. 

*  Guillaume  Bracquet,  commissaire  au 
flef  de  maître  Hugues  Boileau,  séant 
à  Villers-les-Cattenoy  et  à  Sacy-le- 
Grand,  ledit  Bacquet,  commissaire 
au  fief  appartenant  à  Gilles  du  Mes- 
nage,*  séant  à  Sacy. 

*  Nicolas  du  Change,  seigneur,  en  par- 
tie, du  fief  de  Gilles  du  Mesnage. 

*  Jean  AUard,  commissaire  au  fief , 
séant  audit  Sacy,  appartenant  à  I.ouis 
de  Gouy,  seigneur  d'Arcy-en-la-Cam- 
pagne. 

D'"  du  Bois,  dame  de  Pisseleu,  Rozoy 
et  de  la  mairie  de  Sacy-le-Grand. 

Olivier  d'Erquinviller. 

Hervé  de  Milly. 

Jean  de  Mailly,  seigneur  de  Rumesnil, 
Marest,  Silly  et  Tillarl,  P. 

*  Jean  de  Neulx,  seigneur  de  Silly  et 
Tillart,  en  partie,  P. 

Gui  Dubois,  seigneur  de  Salnt-Remy  et 

Du  Quesnel. 
Jacques  de  Foulleuses,  seigneur  de  Fia" 

vacourt  et  de  Saint-Aubin-en-Bray,  P. 

*  Christophe  Cochet,  seigneur  de  Sall- 
leville,  en  partie. 

Charles  Martin,  chanoine  de  Beauvais, 
chapelain  de  Vuarty,  seigneur,  en 
partie  de  Sailleville. 

Frère  Rodache,  chevalier  de  l'Ordre  de 
Saint- Jean-de-Jérusalem ,  comman- 
dant de  Sommereux  et  de  Nully. 


Digitized  by 


Google 


FIEFS  APPELES  A   LA   REFORMATION  DE  LA 


Sarcus. 
Trouville. 


Troussui^. 


Thieux 


Tillart. 

Vuallly. 

Vlllers-les-Caste- 
noy. 

Vlllers  Saint-Bar- 
thélémy. 
Vuallon. 
Villerabray. 

V'uault  (Le). 
Valescourt. 


Vaulx. 
Wavignles. 

Vuarty. 


François  de  Sarcus,  év 

*  Simon  Bouteroye,  se 
ville,  près  Laydon,  P 

*  Charles  Richard,  sei 
sure,  en  partie,  P. 

*  Jacques  de  Monchy, 
et  G.  Marcel,  selgn 
sures,  en  partie,  P. 

Pierre  Parent,  seigneu 
Louis  de  Liévin,  seigne 

partie. 
Jean  de  Mailly,  seigne 

Ma'rest,  SiUi  et  Tillai 

*  Jean  de  Neulx,  seig 
TiUart,  en  partie. 

Louis  de  Halluin,  sei 
quebu  et  de  Vuailly, 

Dame  Françoise  de  Bc 

.  de  Buqueux,  de  Vill( 

et  Sacy-le-Grand,  en 

Nicolle  de  Hacquevilli 
cour,  P. 

Loys  Perrin,  P. 

Robert  d'Aubourg,  sei 
villetle,  Villembray  ( 

Pierre  de  Clément. 

M.  François  d'Argillièr 
néral  du  bailliage,  i 
lescourt  et  de  Monce 

*  Jean  Poileux,  soigne 
partie,  P. 

*  Robert  Guillart,  seig 
gines,  en  partie. 

François  du  Mesnil  et 
seigneurs,  en  partie 
Vuarty  et  Peteil. 

Louis  de  Sericourt,  seij 
desdits  lieux. 


Digitized  by 


Google 


74 


LE  COMTE  DE  CLERxMONT  EN   BEAUVOISIS 


ANNEXE  III 

< 

Curés  et  Marguiiliers  appelés  à  la  Réformation  de  la  Coutume 
LISTE     DES     PABOISSBS 


[Archives  de  rOise,  E,  59.J 


Abbecourl 

(Mattancourt). 

Angiviller. 

Auchy-en-Bray. 

Argueuse. 

Airion. 

Arcy-en-Campagne 

Avrechy. 

Avrigny. 

Arquinviller. 

Agnès. 

Auviller. 

Bulles. 

BailIeul-sur-Ter- 

rain. 

Blacourt. 

Bernier. 

Bergicourt. 

Brancourt. 

Breuillevert. 

Belloy. 

^       Breuillesecq. 

Bocquet. 

Belleuses. 

Boissy  -  St-Georges. 

Bucamp. 

Clermonl-Sainl- 

Samsou. 


Cempuis. 

Caux. 

Courcelles-Moyen- 

courl. 

Cernoy  el  Noroy. 

Caguy. 

Cressonsacq. 

Cauffery. 

Conty, 

f  St-Marlin. 
paroisses  <  ^,^  .    ^  . 
^  I  St-Antoln» 

Goulres. 

Qugiiières  et  La- 

mecourl. 

Caslillon. 

Gamberonne. 

Gaulières. 

Eslouy. 

Erquery. 

Essuile. 

Estrée. 

Fournival. 

Fresnemonlier. 

Fouilleuses. 

Francières. 

Famechon. 

Fariviller. 

Fay-Saiul-Quenlin. 


Fumechon. 
Gournay. 
Hamel. 
Hauaches. 
Hambles. 
Harchies. 
Hammur. 
Hondainville. 

Halloy. 
Harmancourt. 
Liancourl. 
Lieuviller. 
La  Neuvilie-en-Hez. 
La  Neuville-le-Roi. 
Lesglentier. 
Laversine. 
Lits. 
Montreuil- sur- 
Brèche. 
Mesnil-sur- Bulles. 
Marseille. 
Milly. 
Mathancourt. 
Martincourl. 
Mainbeville. 
Méry. 
Monsure. 
Noiutel. 


Digitized  by 


Google 


LISTE  NOMINATIVE   DES  CURES   ET  MAKGUILLIEHS 


Neuilly. 

Nourroy. 

Ons-en-Bray. 

Plessier-sur-Bulles. 

Quesnel-Aubry. 

Reuil-sur-Arré. 

Rémérangle. 

Remy. 

Rantigny. 

Rochy. 
Rouvillers. 


St-Remy-en-l'Ea 
Sommereux. 
Saulsoy. 
Sacy-le-Grancl. 
Saint-Félix. 
Saint-Aubin. 
Sl-Aubin-en-Bra 
Sainl-Arnoult. 
Tliory. 
Trois-Elots. 
Thilloy.     . 


Liste  nominatiYe  des  Curés  i 
d'après  le  procès-verba] 


CURÉS 

Angivillers. 

J.  Boulanger. 

Laui 
dii 

Aucby  -  en  - 

Jean  Le  Brasseur 

Raoi 

Bray. 

P. 

rei 

Argueuses. 

Gilles  Vivant. 

Pasq 
Rc 

Airion. 

Galien  de  la  Cui- 
sine. 

Fren 

Arcy- en-Cam- 

Blanchel  -  Bou- 

G.H 

pagne. 

delle,  par  Pierre 
Le  Caron,  son 
vicaire. 

ye 

Avrecby. 

Jean  Coppin. 

Loyî^ 
Mi 

Avrigny. 

Jean  Antboine. 

Jean 

Arquinvilliers 

» 

J.  G( 
va] 

Agnelz. 

» 

P.  V 

roi 

Auvillers. 

i> 

Antc 

Bailleul-sur- 

G.  de  Villers,  P. 

Benc 

Thérain. 

F\i 

Digitized  by 


Google 


76 


LE  COMTE  DE  CLERMONT  EN  BEAUV0ISI8 


Blacourl. 

Bernier. 
Bazicouri. 

Brancourt. 


Breuil-le-Verl 
Belloy. 

BreuiHe-Secq 

Bosquet, 
fielleuses. 

Boissy. 
Bucamp. 

aermont  (St- 

Samson). 
Cempuls. 

Canly. 

Courcelles-s"- 
Moyencourt 
Cernoy-Noroy 
Cagny. 

Cressonsacq. 

Cauffery. 
Conty  : 

Saint-Martin* 


CURÉS 
G.  Paris. 

Nicole  Cuvelier. 

Jean  de  Rien- 
court. 

P.  Crochet,  par 
Toussaint  Frère 
son  vicaire. 

Jean  Le  Clère. 

Jean  Lermynier. 


» 
» 

Séquestre  ordon- 
né par  justice. 
JeanDesquennes 

P. 
D.  Nicoïe  Paris, 

P. 
G.  d'Estrées.    P. 

» 


MARGUILLIERS 

Jean  de  Roue,  Philippot  Lfe 

Mire. 

» 
Jean   de   Pichi,     Hypolite 

Petit. 


P.  Vualel,  Honoré  Lecoas. 

Colin  du  Chastel,  Marin  Cas- 
tille  dit  Lamy. 

N.  Foré,  Jacques  Petit,  I. 
Hubert. 

Marin,  Noël  de  la  Porte. 

Pierre  le  Rebec,  Jean  Au- 
bert,  Jean  le  Berquier. 

Jean  Bailledier, 

Michel  Talion,  Jean  Four- 
nler. 


I.  Plebaut,  Petit  Robinet, 
Beaupigné. 


Robinet  de  Crespy. 
Jacques  Huymes,  Adrlan  de 
Halingues,  I.  Desmarquées. 
Vallantin    du   Pont,    Noël 

Deroy. 
Jean  Goulchan,  N. 

Augustin    Lebbasseur,    P., 
de  Rymery. 


Digitized  by 


Google 


LISTE  NOMINATIVE  DES  CURES  ET  MA 


Saint-Antoine 

Contres. 

Cugnières. 

Castillon, 

Cambronne. 

Cauliëres. 

Cempuy. 
Estouy. 

Erquery. 
Essuille. 

Estrées. 

Fournlval. 

Fresnemon- 

liers. 
Pouilleuse. 
Francières. 
Faumechon. 

Farivillers. 

Fay-St-Quen- 

tin. 
Gournay. 
Hamel. 

Hanaches. 

Hambles. 


CURÉS 


Louys  d'Erquin- 

villlers. 
Jean  Lemaire. 


Jean  Desquenne. 


Jean  de  la  Mare 
Giles  de  la  Mare. 
JeanLeMoyne,P 


Hugues    de    Li- 

gars,  P. 
Nicole  le  Clerc, 

P. 
JeanTousfreuille 

P. 


Jean  Lee 

F.  de  h 
Nicolas  I 

Caron. 
Jourdain 

Boye. 
Fedrix  Ti 

clerc. 
Gilles  G 

de  la  C 
P.,  Mahii 

fèvre. 

P.,  Tesec 

Nanqu 

M.  Cann( 

Michel 

Roissel 

I.  Bontei 
Colin  Ni< 

reau. 
Robert  de 
JeanToui 
Gabriel 

Merle. 

J.  de  Bh 

Flichoi 
P.  de  Lit 

Michel  S 
P.  Trass 

doux  d 
Jacques 

Baudoj 


Digitized  by 


Google 


Digitized  by 


Google 


LISTE  NOMINATIVE  DES  CURÉS   ET  MARGUILLIERS 
CURÉS 


79 


Marlhancourl 
(paroisse  d'Âb- 
becourt). 

Martincourt. 

Mainbevllle. 

Méry. 
Moussures. 

Moyenville. 
Noiatel. 

Nourroy. 

Ons-en-Bray. 

Plessler-sur- 

Bulles. 
Quesnel  -  Au  - 

bry. 
Rueil-sur-Aré. 

Rémérangles . 

Remy. 

Rantigny. 

Rochy. 
Saint- Remy - 

en-l'Eau. 
Sommereux. 

Saulsoy. 

Sacy-le-Grand 

Saint-Félix. 


Mathieu   Ber- 

thault. 
Maurice  Moyen  t. 
Anthoine  Gres- 

set,  P. 
» 


» 
» 
Nicole  Villaigne. 

Jean  Vuibert,  P. 

Thomas  Fliche, 
P. 
» 

Guillaume  Canet, 
Anthoine  Pillan 
» 

Charles  Caveller. 


J.  Gambart,  P. 

Commissaire  Ni- 
cole Lalué. 
Arthur   Boullet, 
P. 


MARGUILLIERS 
P.  Guide. 


P.  Mahiot,  Jean  Foullon. 
» 

Marquet  Boures. 

CoUinet  Gillon,  O.  Boquet. 

Jean  Le  Thailleur. 
Bernard  le  Guillebert,  P.  de 

Bergues,  Pierre  Ruelle. 
P.  de  Villers. 
A.  Roùsset,  P.  Petit. 
Hutin  de  Plessier. 


Pierre  Parmentier. 

Anthoine  de  la  Porte,   J. 

Peaucellier,  J.  Leroy. 
Machu     Aniet ,     Anthoine 

Tourtel. 
Pierre  Piedemer,  Nicolas  le 

Long. 
N.  Le  Matier,  N.  Guyngart. 
I.  Faine,  N. 

I.   de   la    Marche,    Pierre 
L'Aisne,  Colin  Durant. 

Pierre  de  Paris,  Nicole  Pou- 
lain. 

N.  Ménoncenne,  Honoré  Le- 
fèvre. 

» 


Digitized  by 


Google 


Digitized  by 


Google 


LES  COUTUMES 


Les  Coutumes  i 
leur  diversi 

Le  Beauvoisis  étail  rég 
dont  le  ressort  présentait  d 
ficiles,  parfois  impossibles 
loi  eux-mêmes  et  les  supi 
les  justiciables. 

C'étaient,  indépendamn 
celles  de  Senlis,  d'Amiem 

24  paroisses  du  pays  de  '. 
de  Gournatj,  suivaient  la  ( 

I.  -  COUT 

Le  Bailliage  de  Senlis 
xiir  siècle,  qu'il  fut  sépai 
placé  sous  râutorité  d'un  U 
menée  ment  du  xvr  siècle, 
son  ressort  primitif  que  M; 
en  Bailliages.  Sa  coutume 
en  juin  1506,  par  les  soins 
lieutenant  pour  le  Roi  à  S( 
lieu  en  août  1539.  Les  comi 
André  Guillarl  et  Nicole  "\ 
plix  à  Clermont  le  même  t 

Les  neuf  premiers  titres 
division  des  duchés,  conii 
liar/e  de  Senlis  et  anciens  r 
cent  par  constater  que  le  c 
comté  de  ce  nom  et  des  ci 
et  Verberie,  et  le  comté  d( 
cien  ressort  de  Senlis,  q 
Bailliages  et  par  stipuler 
toutes  réserves  au  sujet 
juridiction  desdits  duché  ( 


Digitized  by 


Google 


82  LE  COMTK   DE  CLEHMONT   EN   BEAUVOISIS 

Puis,  vient  rénuméralion  des  châtellenies  royales  du  Bail- 
liage (1): 

—  Seulis,  siège  capital  de  la  juridiction  et  dont  'dépen- 
daient, comme  cliâlellenies  subalternes,  le  comté-pairie  de 
Beauvais,  les  baronuie  et  châtellenie  de  Mello  (2),  les  ba- 
ronnie  et  chàtellcnie  de  Moucy-le-Châtel  et  la  cbâtellenie 
■  et  justice  de  l'abbaye  Saint-Lucien  de  Beauvais,  toutes  quatre 
avec  bailli  et  assises  particulières.  Le  prévôt  forain  de  Sentis 
était  juge  ordinaire  de  la  châtellenie  ;  pour  supporter  le  peuple, 
car  la  châtellenie  était  grande,  avaient  été  faits  d'ancienneté 
de  la  prévôté  deux  membres  :  la  prévôté  d'Angy,  dont  les 
pouvoirs  s'étendaient,  pour  les  cas  royaux,  jusqu'à  Beau- 
vais (3)  et  la  mairie  de  Brenouille.  Ces  deux  prévôts 
subalternes  n'avaient  point  connaissance  des  gens  d'Eglise, 
nobles  et  communautés. 

Les  prévôts  royaux  et  baillis  subalternes  ressortissant  à 
l'assise  de  Sentis  étaient,  outre  le  prévit  forain  de  Sentis  et 
les  prévôt  d'Angy  et  maire  de  Brenouille,  le  prévôt  de  Pont- 
Salnte-Maxence,  devenu  royal  par  ancienne  association  des 
seigneurs  châtelains  (4)  avec  le  roi,  le  prévôt  de  Pontpoint, 
domaine  appartemint  aux  religieuses  du  couvent  royal  du 
Moncel,  le  prévôt  de  la  ville  de  Sentis. 


(1)  Il  résulte  du  procès -verbal,  (juc  dans  chacune  des  chAtellenies  les 
gens  des  trois  Etats  furent  appelés  à  tenir  d'abord  des  assemblées  pré- 
paratoires et  que  plusieurs  chAtellenies  se  bornèrent  ensuite  à  envoyer 
des  délégués.à  la  réunion  pléniére  de  Senlis. 

(2)  La  Baronnie  de  Mello  appartenait  à  Messire  François  de  Mont- 
morency, seigneur  de  la  Rochepot,  frt're  du  Connétable,  conseiller 
chambellan  ordinaire  du  Roi,  chevalier  de  son  ordre,  gouverneur  de 
Paris  et  Isle-de-France;  il  était  aussi  seigneur  de  Malsel  et  d'Oflfemont, 
SaintCrespin,  Tracy,  HoUencourt  dans  la  châtellenie  de  Gompiègne.  La 
Baronnie  de  Moucy-le-ChAtel  appartenait  à  S.  de  Maricourt,  écuyer. 

(3)  Voir  Angy  en  Beauvoisis,  son  histoire,  ses  privilèges,  sa  prévôté 
royale.  Mémoires  du  Comité  archéologique  de  Senlis,  1876. 

(4)  La  châtellenie  de  Pont  était  possédée,  par  indivis,  par  Gilles  de 
Fay  et  E.,  seigneur  de  Pippcmonl,  k  cause  de  Y.  et  Marie  de  l'Orfèvre, 
leurs  femmes.  La  qualité  de  chAtellenie  contestée  par  les  gens  du  roi 
fut  maintenue  à  la  seigneurie  de  Pont. 


Digitized  by  LjOO^ IC 


LES  COUTL'MIvS  DL'  PAYS  I)K  HKAUVO*  " 

—  Compiègne,  avec  un  lieutenant  particuliei 
raln  et  le  prévôt  de  l'Exemption  de  Piorrefond 

—  Pontoise,  avec  un  lieutenant  particulier,  ui 
tal  et  un  prévôt  maire  de  Pontoise.  Kcssortiss 
le  prévôt  de  la  Villeneuve-le-Roy  et  la  châtelle 
de  risle-Adam  avec  bailli  ;  celle  cliâlellenie 
connétable. 

—  Chaumont(i),  avec  un  lieutenant  parliculi( 
ville  et  la  cliâlellenie  subalterne  de  la  Hoc 
bailli.  La  seigneurie  de  la  Hoche-Guyon  était 
la  duchesse  d'Eslouteville  et  L.  de  Silly,  déput 
des  Etats  de  Ghaumont. 

—  Beau  mont-sur-Oise,  comté  appartenant  pai 
Anne,  baron  de  Montmorency,  connétable  e 
de  France,  avec  bailli  et  otïiciers  royaux,  et  r 
tellenies  subalternes  de  Persan  (2)  et  de  Méri 
table  était  en  outre  seigneur  de  Chantilly, 
Chavercy,  dans  la  châtellenie  de  Senlis,  et  de 

—  Greil,  à  laquelle  châtellenie  ressortissai 
royales  de  Montataire  et  de  Saint-Queux.  Lî 
Creil  unie  a,u  comté  de  Clermont  en  a  va: 
en  1394  pour  être  placée  dans  le  ressort  de  î 
en  1483,  par  Charles  VIII,  à  titre  viager,  à  s; 
France,  duchesse  de  Bourbon,  elle  fut  cédée,  ( 
conditions,  par  François  I"  à  Louise  de  Sî 
elle  à  Marguerite  de  Valois,  reine  de  Navarre 
réformation  comme  dame  usufruitière  de  Cre 

—  Chambly,  petite  (îhâtellenie  appartenant 
dames  religieuses  du  Moncel.  l^hilippe  de  V 
donnant  (juillet  1333)  en  avait  conservé  la  ( 
maine  utile  avait  été  aliéné,  en  1520,  par  h 
Charles  Paillart,  écuyer. 


(i)  Chaumont  fut  érigé  on  Bailliage,  an  1543,  avec 
Magny  (Soine-etOise). 

i2)  Damoisellc  F.  «le  Ferriores,  dame  châtelaine  d( 
selle  C.  Olivier,  dame  chAlelaine  de  Persan,  comparu 
lion  par  procureurs. 


Digitized  by 


Google 


l.K  r.OMTK   HK  CI.KHMONT   ES   HKAl  VOlî?IS 

jort  et  juridli'lion  prétendus  par  les  ofllclers  du 
e  Seulis  ne  furent  pas  sans  soulever  des  protesta- 
serves.  De  ces  protestations,  je  ne  signalerai  que 
fvî^que  de  Beauvais. 

inal  de  Cliâtillon,  par  l'organe  de  maître  Jean  le 
)ro(ureur,  et  Fran(;ois  Piochet,  son  bailli,  reven- 
t  i)our  lui  que  pour  ses  sujets,  les  droits  et  privi- 
la  qualilé  de  pairie  conférait  au  comté  de  Beauvais, 
ceux  (|ui  y  résidaient  de  toute  oljligalion  de  com- 
l  de  répcmdrc  en  l'assise  de  Senlis:  il  déclara  que 
M  le  vidamé  de  (îerberoy  avaient  des  coutumes 
)arllculières,  auxquelles  il  s'opposait  qu'il  fûtaucu- 
rogé.  Les  gens  du  Hoi,  sans  contester  les  préroga- 
•hécs  à  la  pairie,  ni  la  possession  des  coutumes 
utinrentciue  la  ville  et  comté  de  Beauvais  étaient 
iipris  et  endos  es  mètes  et  limites  de  la  châtellenie 
en  dépendaient  pour  la  juridiction  ordinaire  et  les 
:  :  ils  rappelèrent  que  c'était  par-devant  le  bailli  et 
général  de  Senlis  que  lévéque  de  Beauvais,  à  son 
t,  était  tenu  de  requérir  la  main-levée  du  temporel 
ché  saisi  et  mis  en  la  main  du  Roi,  par  la  mort  de 
•esseur.  Les  commissaires  duTloi,  sans  conclure, 
èrent  d'enregistrer  au  procès-verbal  les  arguments 
e  part  et  d'autre  et  renvoyèrent  au  Parlement  le 
cider  sur  les  oppositions. 

après  la  Géographie  du  département  de  l'Oise,  de 
bbés  Dcladreue  et  Pilian,  la  liste  des  paroisses  de 
■î  le  ressort  du  bailliage  de  Senlis  : 

Bailliage  principal  de  Senlis 


,  en  partie 

Bailleul-le-Soc. 

Bélhancourt-Saint- 

Bailleval. 

Nicolas. 

Balagny-s'-Aunette. 

Blaincourt. 

sur- Oise 

Balagny-s'-Thérain. 

Blincourt. 

). 

Baron. 

Boasme    (Monté- 

. 

Beaurepaire. 

pilloy). 

Bémont. 

Boissy  (Saint-Leu) 

Bertrand  fosse 

Borest. 

Léonard). 

(Plailly). 

Brasseuse. 

Digitized  by 


Google 


Bn 
Br( 
Ca 
Ca 
Ch 
Ch 
Ch 
Ch 
Ch 

Ch 
î 
Ch 
Ch 
Ch 
Cil 
Cil 
Co 
Co 
l 
Di( 
Dr 

Du 

I 

En 

Esl 
Ev 
Fie 
Fo] 
Foi 
Foi 
Foi 
l 
Go 
Gn 
Gu 
Ho 


Digitized  by 


Google 


Digitized  by 


Google 


LES  COUTUMES   DU   PAYS   DE   BEAUVOISIS 


87 


Margny-sur-Malz. 

Marquégllse. 

Méllcocq. 

Meux  (Le). 

Monchy-  Humières. 

Montmacq. 

NeulTonlaines  (ha- 
meau de  Cuise-la- 
Molte). 

OITemont  (hameau 
(te  Saint -Crépln- 
aux-Bois). 

Palesne  (hameau  de 
Pierrefonds). 

Pimprez. 

Plessis-Brion. 


Plessis-de-Roye. 

Remy. 

Ressens. 

Rethondes. 

Ribécourl. 

Rivécourt. 

Rucourt. 

St-Crépin-aux-Bois. 

Saint-Germain-les- 

Gompiègne. 
Saint  Jeau-aux-Bois. 
Saint  -  Léger  -  aux  - 

Bois. 
Saint -Nicolas -de - 

Courson  (hameau 

de  Morienval). 


Saint-Sauveur. 

Thourolte. 

Tracy-le-Mont. 

Tracy-le-Val. 

Trosly. 

Touvent  (  hameau 
de  Pierrefonds). 

Vandelicourl. 

Vaudrempont  (ha- 
meau de  Morien- 
val). 

Venelle. 

Vieux-Moulin. 

Vignemonl. 

Villers-s'-Coudun. 


Ghatellenie  de  Greil 


Agueux(Brenouille) 

Bazicourt. 

Beaumanoir(l\emy) 
(fief  à). 

Blaincourt. 

Boulleux  (fief)  (Xo- 
genl). 

Bouqueval(S.-"-0.). 

Brenouille,  en  par- 
lie. 

Gandilly(fiefàMon- 
ehy-Saint-Eloi). 

Ghaumontel  (S.-et- 
O.). 

Ginqueux. 

Goulombier  (fief  à 
Gramoisy). 

Gramoisy. 


Greil  (mairie,  Ocf s  Bâ- 
ton, (lo  Chatillon,  du 
Clos  Blandin,  du  Scr- 
genl-Mairo,  des  Mau- 
vinots,  (iuidel,  Pail- 
lard, Veaux). 

Desgranges    (fief  à 

Damars  (fief  à  Vil- 

lers-Sainl-Paul). 
Krcuis,  en  partie  (et 

fief  Laurence). 
Feeamps(fiefàLon- 

gueau). 
Houdancourt  (fief  à 

La  Morlaye). 
Lassigny(fiefàMon- 

chy-Saint-Eloi). 


Laversine  (paroisse 
de  Sl-Maximin). 

Mesnil  -  Gliatelain 
(prèsPont-Sainle- 
Maxence). 

Mogneville  (fief  de 
Sepoix). 

Monchy-Saint-Eloi. 

Monlalaire,  en  par- 
tie (mairie,  fief  St- 
Léonard,  prieuré, 
fief  Torcy). 

Morlefontaine(fiefà 
Villers-St-Paul). 

Nogenl-les-Vierges 
(Saulcy). 

Plessier-Longueau. 


iMt^z 


)N'r  KN   BEACVOISIS 


lU(riefà). 

Thiverny  (excepté  le 

iii-Lon- 

fief  de  Saint-Oer- 

maln  qui  était  de    • 

imin. 

Senlis). 

IX    (Ciii- 

Torcy,  paroisse  de 

f  de  Pau- 

Sainl-Maximin. 

line). 

s  Luzar- 

et-0.) 

1 

:    PONTOISE  (1) 

ve-*'-Roy. 

Neuville-Bosc. 

,commu- 

Nourard-le-Frane. 

avignies. 

Chaumo] 

S'T  (2) 

Fay-les-Etangs. 

ainl-Ger- 

Flavacourt. 

Fleury. 

Fresneaux. 

Fresiies-Léguillon. 

rt  (Séri- 

HadaiK*ourt-''-Haut- 

Cloclier. 

-Léage. 

Halaincourt(ParDes). 

-le-Sec. 

Hardivillers. 

r-Epte. 

Ivry-le-Teinple. 

s  -  Bou  - 

Janiéricourt 

Jouy-sous-Thelle. 

i  tout  soixante  paroisses,  dont 
'hui  au  département  de  Seine-et- 

•ut  soixante-quinze  paroisse^s,  dont 
ppartiennent  aujourd'hui  au  dé- 
Boisjeloup,  Bouchcvilliers,  à  celui 


Digitized  by 


Google 


LES   COUTUMES   DU    PAYS   DE   BEAUVOISIS 


La  Bosse. 
La  Glorielte. 
Laillerie     (Gliau- 

monl). 
La  Lande-en-Sou. 
Lalandelle. 
Laltalnville. 
La  Villetertre. 
Levemonl  (Hadan- 

courl). 
Liaiicourt-S'-Pierre. 
Lierville. 
Loconville. 
Marcheroux  (Beau- 

monl-les-Nonains) 
Marquemoiil  (Moii- 

neville). 


Mesiill-Théribus 

(Le). 
Monlagiiy. 
Montherlant. 
Monljavoult. 
Monts. 
Parnes. 
Porclieux. 
Pouilly. 

Puiseux-en-Bray. 
Heilly. 

Uessons-l'Abbaye. 
Saint-Brlee  (Chau- 

mont). 
Saint -Crépin-d'I - 

bouvillers. 


Saint-Cyr-sur-Chars 
(La  Villetertre). 

Senots. 

Serans  -  le  -  Bouteil- 
lier  et  Serans-le- 
Gast. 

Sérlfontaine. 

Talmontiers. 

Thibivillers. 

Tourly. 

Trye-Château. 

Trie-la-Ville. 

Valdampierrc. 

Vaudeneourt. 

Vaumain  (Le). 

Vauroux  (Le). 

Villers-sur-Trie. 


Ghatei.lenie  de  Beaumont-sur-Oise  (1) 


de 


Anserville  (fief 
la  Landelle). 

Beau  mont. 

Belléglise. 

Boran. 

Bornel. 

Crouy. 

Ercuis,  en  partie. 

Esches. 

Fercourt,   en   par 
lie. 


Belléglise. 
Boran-Morancy. 
Bornel. 
Coye. 


P'renel. 

Fresnoy-en  -Thelle. 

Fosseuse. 

Houdancourt,  près 
Pont. 

Jouy-le-Comte. 

Landrimont. 

Mesnil- Saint -De- 
nis. 

Morancy-la-Ville. 

Morangles. 

Comté  de  Chambly 
Crouy-en-Thelle. 
Gouvleux,  en  partie. 
Le  Lys. 
Méru. 


Mortefontaine. 

Xeuilly- en -Thelle, 
en  partie. 

Nointel. 

Plessier-Cornefroy, 
près  Crépy. 

Précy-sur-Oise,  en 
partie. 

Puiseux. 

Villers,  fief  à  Bellé- 
glise. 


Morangles. 
Neuilly-en-Thelle. 
Villers-sous  -  Saint- 
Leu. 


(!)  La  chAteMonic  comprenait,  on  outre,  vingt  et  une  localitc^s  d«^pon- 
dant  aujourd'hui  de  Selne-et-Oise. 


Digitized  by 


Google 


DNT   EN  BEAUVOISIS 

[E    D'AMIENS. 

renail  huit  prévôtés  royales  : 
é  de  Beauquesne,  la  prévôté 
mllens,  la  prévôté  de  Saint- 
la  prévôté  de  Fouilloy  et  la 

tnée  parce  que  la  plus  grande 
se  composait  appartenait  au 
deux  sièges,  l'un  principal  à 
andviiliers,  résidence  du  lieu- 
objet  de  deux  réformations  (2). 
sous  la  présidence  du  lieute- 
ine  de  Sainl-Delys,  en  verlu 
ivril.  Les  prévois  avaient  préa- 
?a  circonscription,  les  gens  des 
r  concours  à  la  rédaction  des 
ocales.  Ces  travaux  prépara- 
discutés  et  arrêtés  dans  une 
liens  le  25  août. 
)plic  do  Tliou,  premier  prési- 
rs Harlliclemy  Paye  et  Jacques 
s  des  13  septembre  1560  et  29 
3nde  réformation  dont  ils  pro- 
lu  même  mois. 

î  1506,  en  prévision  des  difli- 
les  pairs  de  France,  à  raison 
mt  le  bailli  d'Amiens,  conte- 
dice  en  faveur  de  ceux  d'entre 
>semblée  pour  y  procéder  à  la 
s  coutumes  de  leurs  terres  et 
l  du  bailliage.  Otte  comparu- 
pe  opposée  comme  reconnais- 
alliage. 

ofc6sc  ressorlissaicnl  k  la  prévôté 
y^trg,  l.  I,  p.  113  cl  suivantes. 


Digitized  by 


Google 


LES  COUTUMES   DU   PAYS   DE   BEAUVOISIS  91 

Nonobstant,  en  1507  comme  en  1567  (1),  l'évêque  de  Beau- 
vais  crut  devoir  protester  par  l'organe  de  ses  procureurs.  Il 
remontra  qu'il  avait  toutes  ses  causes  commises  au  Parlement 
duquel  relevait  nûment  son  bailli  et  revendiqua  les  privilèges 
de  la  pairie  pour  son  vidamé  de  Gerberoy,  qu'il  tenait  à  un 
seul  hommage  en  même  temps  que  son  comié.  Il  déclara  que, 
conformément  au  mandement  du  Roi,  il  avait  réuni  les  gens 
des  trois  Elats  du  vidamé  pour  la  rédaction  de  la  coutume 
locale  et  requit  l'homologation  de  cette  coulume. 

Les  gens  du  Roi  répondirent  que  le  vidamé  de  Gerberoy, 
distinct  du  comlé  de  Beauvais,  avait  été  de  tout  temps  subal- 
terne et  ressortissant  au  siège  du  bailliage,  qu'un  arrêt  du 
Conseil  privé,  en  date,  à  Châlons,  du  22  mai  1504,  avait  dé- 
claré l'intention  formelle  du  Roi  que  Gerberoy  de  la  prévôté 
de  Monstreul  et  du  bailliage  de  Hesdin  ressortît  à  Amiens. 

L'annotateur  du  Coutumier  (jénéral  dit  que  l'évêque  ne  per 
sista  pas  dans  son  opposition  et  que  les  habitants  du  vidamé 
demeurèrent  sujets  à  la  coutume  générale  d'Amiens;  celle  d( 
Gerberoy  était  passée  en  non  usage,  ayant  été  reconnue  sans 
autorité  par  arrêt  du  Parlement. 

Cependant,  le  Coutumier  général  ^\\  a  reproduit  le  texte 
ainsi  que  le  procès- verbal  (2)  auquel  il  paraît  inléressan 
d'emprunter  quelques  indications.  Ce  fut  le  23  août  1507  que 
Guillaume  Chotïlard,  licencié  es  lois  et  bachelier  en  décret 
bailli  de  Beauvais  et  Gerberoy,  ajourna,  en  vertu  de  lettres 
de  l'évêque,  les  gens  d'Eglise,  nobles,  leurs  olïiciers  et  prati- 
ciens à  comparaître  en  l'audience  tenue  par  lui  à  Gerberoy 
pour  arrêter  la  rédaction  des  coutumes.  L'assemblée  se  tin 
le  23.  Elle  comprenait  les  représentants  des  doyens,  chanoineî 
et  chapitres  de  Saint-Pierre  de  Gerberoy,  de  Saint-Pierre  d( 
Beauvais,  des  religieux,  abbé  et  couvent  de  Saint-Germer  de 
Flaix,  de  Notre-Dame  de  Beaupré,  des  religieuses,  abbesse 


(!)  Le  prévôt  de  Beauvoisis  était,  en  1507,  Pierre  Villain  ;  en  1567 
André  Danival  qui  avait  pour  lieutenant,  à  Grandvilliers,  Adrien  Heu 
Le  substitut  du  Procureur  du  Roi,  à  ce  dernier  siège,  s'appelait  Jeai 
Penel. 

(2)  Tome  II,  p.  22L 


Digitized  by 


Google 


ouluiiie  de  Normandie:  elles  relevaient  de  la  châ- 
de  (iournay,  possédée  au  xvr  siècle  par  le  duc  de 
nlle.  La  liste  de  ces  paroisses  est  reproduite  à  la 
du  toni<»  IV,  du  Coutumier  général. 

d'après  la  GéofjrajJiie  du  déjtariement  de  l'Oise,  la 
88  paroisses  de  ce  départemenl  qui,  avec  7  paroisses 

iue-Inférieure  et  38  de  la  Somme,  formaient  la  pré- 

ale  de  Heauvoisis  : 


irl. 

Rouvresse. 

Colagnies  -  le  -  Bas 

en  partie. 

Briot. 

(Mureaumont). 

un. 

Brombos. 

Grillon. 

luit. 

L 

Broquiers. 
Campeaux. 
Ganny. 
Catheux.» 

Croissy. 

Damereaucourl. 
Dargies. 
Enencourt-Léage. 

il. 

Cempuis,  en  partie. 

Escames. 

es. 

Choqueuse- 

les- 

Bé- 

Es  pau bourg. 

nt. 

nard. 

Feuquières. 

'  Géographie  du  déparlement  de  l'Oise,  pages  200-201,  la  liste 
ssos  (l(''pon(1iint  do  Gorboroy. 


Digitized  by 


Google 


LKS  COUTLMKS    DU    PAYS   I)K   BEAUVOISIS 


m 


Fontaine  -  Bonne - 
leau. 

FonlainQ  -Lava- 
ganne. 

Fontenay. 

Formeycie. 

Francaslel. 

Gaudechart. 

Gerberoy. 

Grandvilliers. 

Grémévillers. 

Grez. 

Grocourt. 

Hétomesnil,  en  par- 
lie. 

IIodenc-en-Bray. 

Juvignies. 

La  Cliapelle-sous- 
Gerberoy. 

La  Neuville  -  Mo- 
liens. 

La  Neuville -sur - 
Oudeuil. 


Lavacquerie. 
Laverrière,  en  par 

lie. 
Le  Galet. 
Le  Hamel. 
Lihus. 
Loueuse. 
Maisoncelle- Saint - 

Pierre. 
Marseille,  en  partie 
Marlincourt. 
Moliens. 

Monceaux-l'Abbaye 
Morvillers. 
Muidorge. 
Mureaumont. 
OfToy. 
Ornécourl. 
Prévillers. 
Komescamps. 
Rotangy. 
Rolhois. 
Roy-Boissy. 


Salnt-Arnoult. 

Saint-Deniscourl. 

Saint-Maur. 

Saint-Samson. 

Saint-Thibault. 

Saint-Quentin-des- 
Prés. 

Sarcus. 

Sarnois. 

Senantes,  en  partie. 

Sommereux. 

Songeons. 

Sully. 

Thérines. 

ïhieuloy, 

Verderel. 

Viefvillers,  en  par- 
lie. 

Villers-sur-Auchy. 

Villers  -  sur  -  Bon  - 
nières. 

Villers-Vermont. 

Wambez. 


ÏII.  -  COUTUME  DE  PÉRONNE, 
ET  ROYE  (1). 


MONTDIDIER 


La  Réforniation  de  la  coutume  de  Péronne,  Monldidier  et 
Roye,  confiée  au  premier  président  de  Tbou  et  à  ses  deux 
assesseurs  ordinaires,  les  conseillers  Faye  et  Viole,  se  Irouva 
relardée  par  les  prétentions  rivales  de  Péronne  et  de  Monl- 
didier. La  première  de  ces  villes  invoquait  sa  qualité  de 
capitale  pour  être  choisie  comme  lieu  de  réunion  de  l'assem- 
blée des  trois  Etats,  Monldidier  celle  de  siège  principal  et  de 
plus  grande  étendue.  Des  letlres  patentes,  de  1566,  remirent 
le  choix  aux  commissaires.  Ceux-ci  se  prononcèrent  pour 


(1)  youveau  Coutumier  général,  II,  p.  627  et  suivantes. 


Digitized  by 


Google 


COMni   Dli  CLKllMONT   EN    liEALVOKSlS 

tinrent  assemblée  le  15  septembre  1567.  Lassis- 
ibreuse.  Dans  ré(al  de  l'Eglise,  le  procès  verbal 
►mparulion  par  procureur  de  Jean  de  Hangesl, 
ie,  évêque  et  comte  de  Noyon;  du  cardinal  de 
îque  el  comte  de  Beauvais,  vidame  de  Gerberoy  ; 
î  Humières,  évoque  de  Bayeux,  abbé  de  ^ainl- 
Jeauvais  et  de  Saint-Martin-aux-Bois  ;  —  dans 
blesse  delà  Reine-Mère,  comparant  par  Romain 
i  bailli  eu  ses  châtellenies,  terres  et  seigneuries 
le  Plessier,  le  Warde-Mauger,  la  Hérelle,  Mory- 
sises  en  la  prévôté  de  Montdidier  :  le  prince  de 
n  son  nom  que  comme  père  et  légitime  admi- 

Messieurs  ses  enfants  pour  les  châtellenies  de 
ancastcl,  Villiers  le-Comte,  la  vicomte  de  Bre- 
iiries  des  grandes  el  petites  Tournelles  de  Monl- 
Sourdon,  Broyé  et  Guerbegny,  prévôté  de  Mont- 
3  Roye,  terres  et  seigneuries  de  CrapeaumesniU 
efs  de  Clermont,  Estangs  de  Tricot,  Clabaul  el 

et  seigneuries  assises  en  la  prévôté  de  Roye, 
ar  Maître  Pierre  du  Pré,  prévôt  forain  du  Roy, 
harles  de  Halluin,  chevalier  de  l'Ordre  du  Roi* 

50  hommes  d'armes,  seigneur  de  Piennes,  à 
1  marquisat  de  Maignelets,  Ferrières,  Rollot, 
oy,  Tronquoy,  Vaux,  Royaucourt  et  Godainvil- 
de  Montdidier  et  de  Roussoy,  Puyart  et  le  Tem- 
•d:  prévôté  de  Péronne,  par  Maîtres  Laignier  et 
advocat  et  procureur. 

;le  des  communes  de  l'Oise  régies  par  la  coutume 
et  Montdidier,  d'après  la  Géographie  de  l'Oise  : 

Prévôté  de  Péronne 
I  Sorel  (Orvillers). 


Prévôté  de  Montdidier 


linl  Lu- 


Auchy  -  la  -  Monta- 
gne. 
Angivillers. 


Ansauvillers  -  en  - 

Chaussée. 
Bacouel. 


Digitized  by 


Google 


LES  COUTUMES    DU    PAYS    DE  BEAUVOISIS 


95 


Bains  (Boulogne-la- 

Grasse). 
Beaupuits  (Grand- 

villers-aux-Bois). 
Beauvoir. 
Bierinonl. 
Blaiiefossé. 
Boulier. 
Boniieuil  (château, 

le  Warde-Mauger 

et  le  Plessis). 
Bouvillers. 
Boulogne-la-Grasse. 
Brunvillers. 
Breteuil  (bourg). 
Broyés. 
Campremy. 
Gaply. 
Catheux    (châtelle- 

iiie). 
Chepoix. 
Goivrel. 
ContevilleetleMes- 

nil. 
CormelUes. 
Courcelles-Epa- 

yelles. 
Grèvec(x*ur. 
Crèvecœur-le-Pelit. 
Cuvilly. 
Doméliers  (Royau- 

court). 
Doméliers. 
Dompierre. 
Domfronl. 
Esquennoy. 
Epayelles     (Gour- 

celles. 


Evaussaux  (  Beau- 
voir). 

Farivillers. 

Ferrières. 

Fonlaine-Sainl-Lu- 
cien. 

FouruivaU 

Fléeliy. 

Fraucastel. 

Fresueaux  (Bucamp) 

Fresloy  (Le). 

Froissy. 

Garnies  et  Bliii. 

Godeiivillers. 

Grandvillers  -  aux  - 
Bois. 

llardivillers. 

Harrissart  (Welles- 
Péreimes). 

Hédencourl  (Sainl- 
André-Farivillers. 

La  Fosse-Thibault, 
en  partie  (Plainval). 

La  Morlière  (Wel- 
les  Pérennes). 

Lataule. 

Le  Bois-d'Ecu  (La 
Ghaussée). 

La  Fraye. 

Le  Gallet. 

Le  Plessier-Saint- 
Nicaise  (Gonchy). 

Le  Ployron. 

Le  prieuré  de  Mer- 
les. 

Le  Quesnoy. 

Lieuvillers. 

Luchy. 

I 


Digitized  by 


Google 


96 


Li:  COMTK   liL:   CLKK.NfONT   i:N    BKALVOI.SIS 


Reuil-sur-BrècIie. 

Sains. 

Sainl-Just. 

Saint  -  Martin  -  de  - 

Ruricourt. 
Sainte-Eusove. 


Anny. 

Anny-le-Petil. 

Boulogne.  ' 

Canny. 

Goncliy. 

Crapeaumesnil. 

Devicourt. 

Gury. 


Saulchoy  -  sur  -  Do  - 

méliers  (Gallet). 
Séchelles  (Cuvilly). 
Sérivillers. 
Sorel. 
Vendeuil. 

Prévôté    de   Roye 

Hainvillers. 
L'Abbaye-aux-Bois 

(OgnoUes). 
LaMotte-Havet(Ma- 

reuil). 
La    Neuville  -  sur  - 

Ressons. 
Le  Montel. 


Vlllers-Vlcomte. 
Wacqucmoulin. 
Warmaise  (Chepoix). 
Wavignies. 
Welles. 


Mareuil-Laraotte. 

Margny-sur-Matz. 

Ognolles. 

Ressons  (bourg). 

Ricquebourg. 

Roye-sur-Matz. 

Solenle. 

Valtleury  (hameau). 


—  Le  Beauvoisis  ne  fut  pas  le  seul  à  former,  en  1791,  le 
département  de  l'Oise;  ce  département  reçut  aussi  un  dis- 
trict du  Valois  (Crépy)  et  un  du  Vermandois  (Xoyon). 

—  Les  usages  et  coutumes  du  bailliage  et  duché  de  Valois  (1), 
c'est-à-savoir  des  chûtellenies  de  Crespy,  La  Ferté-Milon, 
Pierrefonds,  Béthisy  et  Verberie,  furent  rédigés  et  réformés 
par  les  trois  Etats  de  ces  circonscriptions,  le  14  septembre  1539, 
sous  la  présidence  d'André  Guillart,  maître  des  Requêtes  de 
l'hôtel,  et  Nicolas  Thibaut,  procureur  général,  qui  les  pro- 
mulguèrent le  même  jour. 

—  L'ancien  bailliage  du  Vermandois  ne  comprenait  plus, 
au  XVI'  siècle,  dans  son  ressort  que  le  Laonnais,  le  Rémois,  les 


(I)  Nouveau  Coutumier  général,  II,  p.  796.  —  Le  Valois  avait  d'abord 
forin*^  un  comt<^-  composé  des  quatre  chàtellenies  de  Crépy,  La  Ferté- 
Milon,  Béthisy  et  Verberie.  En  juillet  1407,  Ciiarles  VI  en  fit  un  duché 
pour  son  frère  Louis  d'Orléans.  Louis  XII  et  François  I"  le  possédèrent 
l'un  et  l'autre  k  titre  d'apanage  avant  leur  avènement  à  la  couronne. 
De  1562  à  1582,  il  appartint  à  (iilherine  de  Médicis.  Louis  XIV  l'érigea 
de  nouveau  en  apanage,  par  lettres  de  mars  1662,  en  faveur  de  son 
frère  Philippe  d'Orléans,  dont  les  descendants  en  demeurèrent  titulaires 
jusqu'en  1789. 


Digitized  by 


Google 


pays 
La  r^ 
lasse 
Chiis 
Faye 
cequ 
et  rei 
à  réi 
habit 
parti 
<!ahle 
sous 
lieut( 
figur 
bouri 
Av 
évêq 
ville 
Arch 
pitre 
ricou 
Hum 
des  ] 
delà 
de  la 
roiss 


U) 
ppépc 
Baill 


Digitized  by 


Google 


Digitized  by 


Google 


TABLE 


PA.tîKS 

I.  —  Co  qu'ôlaionl  les  Couluinos.  —  Comment  elles  se  sont  for- 
mées. —  Projets  de  codification  et  de  révision.  —  Ordon- 
nance de  Montils-lès-Tours  (avril  1454).  —  Ordonnance 'de 
janvier  1493.  —  La  revision  des  Coutumes  du  Bourbonnais 
en  1493  et  en  1520.  —  Mode  de  procédure  adopté.  —  Com- 
missaires du  roi  envoyés  dans  les  provinces.  —  Convoca- 
tion, sous  leur  présidence,  des  gens  des  trois  Etats  de 
chaque  Bailliage.  —  Concours  obligatoire  et  pouvoirs  de 
cette  Assemblée.  —  Ses  délibérations  ont  force  de  loi r»-lG 

H.  —  Diversité  des  (Coutumes  en  Beauvoisis.  —  Ce  qu'en  dit 
Pierre  Louvet.  —  Philippe  de  Rémi,  sire  de  Beaumanoir, 
bailli  de  Clermonl.  —  Son  recueil  des  Coutumes  de  Beau- 
voisis (1283).  —  Quelle  est  l'autorité  de  ce  recueil.  — 
Béformation  inédile  de  1496.  —  Réunion  «lu  Comté  de 
Clermont  à  la  couronne.  —  Erection  du  Bailliage  seigneu- 
rial en  Bailliage  royal,  (février  1531).  —  Lettres  d'août  1539 
commettant  André  Cuillart  et  Nicolas  Thibaut  pour  pro- 
céder à  la  revision  des  Coutumes.  —  Assemblée  du  1"  sep- 
tembre 1539.  —  Principaux  comparants  à  cette  Assemblée. 
—  Les  paroisses  rurales  y  sont  '  représentées  par  leurs 
marguilliers.  —  C'est  un  des  prt^niiers  exemples  du  droit 
reconnu  aux  populations  des  campagnes  de  concourir  k  la 
rovision  de  la  Coutume.  —  Principaux  articles  discutés 
et  réformés.  —  Promulgation  des  nouvelles  Coutumes  par 
les  Commissaires  du  roi 17-V.» 

ANNEXES 

L  —  lAi  succession  du  Connétable  de  Bourbon W» 

IL  -    Etat  des  fiefs  du  Bailliage  et  Comté  du  Clerm<mt  appelés 

à  la  réformation  de  la  Coutume f»i 

IlL  —  Curés  et  Marguilliers  appelés  à   la  Réformalion   de   la 

Coutume,  en  1589 74 

IV.  --  Les  Coutumes  du  pays  de  Beauvoisis;  leur  diversité,  leur 
réformation 81 


Digitized  by 


Google 


Digitized  by  LjOO^ IC 


DigitizedbyCjOOQie 


Digitized  by 


3 

Google 


Digitized  by 


Google 


Digitized  by 


Google 


Digitized  by 


Google 


Digitized  by 


Google